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Titre : Damned Rating : T (13+) par précaution Résumé : Quand la vie ne tient qu'à un fil, c'est incroyable les secrets de famille que l'on peut découvrir. Disclaimer : Tout l'univers HP à JKR, je ne fais que faire un peu mumuse avec.
Note : il s'agit d'un TWOSHOT. En voici la première partie, pour la seconde ça sera plus tard. Il ne tient pas compte du Tome 7. Un TRES grand merci à Yume_no_kuni qui a lu et corrigé ce chapitre (et me connaissant, ce n'est pas une mince affaire). Une dédicace aussi à BoudahMIM qui a été la première à lire une partie de ce chapitre.
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Eté, début du tome 5…
Draco regardait discrètement sa mère. Elle était dans sa chambre, à sa coiffeuse perdue dans ses pensées alors qu’elle balayait ses cheveux blonds et fins avec sa brosse. Quant à lui, il était caché derrière l’entrebâillement de la porte. C’était une vieille habitude de gosse qu’il avait d’ainsi espionner sa mère. Ce n’était pas quelque chose de malsain en soi, juste la curiosité d’un enfant qui ne comprenait pas pourquoi sa mère était toujours en train de songer avec un air mélancolique.
On était le cinq juin, jour d’anniversaire de Draco et l’école s’était finie quelques jours auparavant. En effet, les sorciers avaient la chance d’avoir trois mois de grandes vacances car durant l’année scolaire ils avaient moins de vacances que les moldus.
Cinq juin, jour d’anniversaire de Draco. Et comme à chacun de ses anniversaires sa mère se montrait particulièrement distante ce jour-là. Elle s’isolait et c’était tout juste si elle lui souhaitait une joyeuse fête. Comme-ci elle préférait oublier ce jour honni. C’est donc comme chaque année que Draco se sentit particulièrement triste le jour de ses quinze ans…
Eté, début du tome 6…
Il avait peur, et encore, c’était un euphémisme. Le seigneur des ténèbres l’avait fait venir à lui le jour de ses seize ans. Il était terrifiant, monstrueux. Et Draco n’avait osé faire ne serait-ce qu’un mouvement. Il avait écouté le Lord parler de sa voix sifflante et ne pût qu’accepter les ordres qui lui furent donnés. Il devait tuer Dumbledore…C’était impossible, jamais il n’y arriverait ! Il sentait le regard fixe de sa mère sur lui. Sa mère qui l’aimait même si elle était d’apparence froide. Par Merlin, qu’allait-il bien pouvoir faire ?
Ce soir là il vit sa mère pleurer, ce qui était rare. Sa mère le serra contre elle et lui promit de tout faire pour l’aider, pour que le seigneur des ténèbres soit fier de lui et ne le punisse pas. Draco était à la fois touché et triste. Touché parce que sa mère l’aimait, triste parce qu’elle ne croyait pas qu’il réussirait sa mission.
« Mère, je réussirai ma mission » Dit-il d’une voix qui se voulait forte mais qui était tremblante.
« Oh Draco… Je sais que tu n’es pas quelqu’un de froid, tu n’es pas un assassin et tu le sais… » Murmura-t-elle. « Non…Tu n’es pas comme ton père » finit-elle pour elle-même si bas que le jeune homme ne l’entendit pas. Certes elle aimait son mari, mais elle n'approuvait pas tout à fait ses idéaux et méthodes. Quant à Lucius...avec le temps elle s'était fait à l'idée qu'il aimait à sa façon certainement. Pas la plus douce des façons, mais il l'aimait...il LES aimaient...autant que Lucius Malfoy pouvait en être capable.
Eté, début du tome 7…
Il avait échoué ! Mais il n’avait pas pu ! Non, il avait essayé, mais tuer le vieux fou lui avait été impossible. Il avait même baissé sa baguette et était prêt à le suivre. Mais Rogue était arrivé et l’avait tué à sa place, l’entraînant ensuite avec lui. Et à présent il devait se cacher avec sa mère au manoir Jedusor. Cet endroit lui foutait la trouille. Et de savoir le seigneur des ténèbres en permanence à côté d’autant plus.
Draco n’était plus que l’ombre de lui-même. Il avait déjà beaucoup maigri durant l’année mais là c’était pire que tout. En l’espace de trois semaines il était devenu un cadavre ambulant. Toute son ancienne grâce avait presque disparue. Ne subsistait que cette aura altière qu’il avait depuis sa naissance. Mais tout le reste…aux oubliettes ! Il n’avait plus que la peau sur les os. Son visage était émacié et l’on apercevait sans difficultés ses côtes. A coté de lui les mannequins moldues était bien portantes, c’est dire. Il ne dormait plus et ne mangeait plus. Son estomac était bien trop serré pour ça.
« Severus, fait quelque chose pour lui je t’en supplie » murmura Narcissa. « Il va mourir s’il continue comme ça. Mon unique fils… »
Cette journée-là le seigneur des ténèbres était parti régler quelques affaires. Pendant ce temps là, les partisans présents au QG étaient un peu plus libre que d’habitude et surtout en profitaient pour parler discrètement.
« Et jusqu’où serais-tu prête à aller Narcissa pour sauver Draco ? » Demanda-t-il les yeux fermés.
« Que…Que veux-tu dire par là ? » Demanda-t-elle avec un brin de frayeur dans sa voix.
« Serais-tu prête à…mettre le lord en colère ? Serais-tu prête à mettre Lucius en colère ? »
La noble Narcissa Malfoy se mit à trembler. S’il y avait bien deux personnes qu’elle n’aimait pas mettre en colère s’était ces deux-là. Bon, personne n’aimait mettre le seigneur des ténèbres en colère. Car au mieux ça se finissait par une séance très douloureuse de doloris, et au pire c’était un allé simple parmi les morts. Quant à Lucius…Même si elle aimait réellement son mari, elle n’aimait pas le mettre en colère. Celui-ci avait en effet un tempérament assez explosif. Mais là, il s’agissait de Draco. Et pour lui, elle était prête à faire n’importe quoi.
« Oui, je serais prête à le faire » murmura-t-elle.
« Bien… Dans ce cas je vais sortir Draco de là…Mais…Tu dois savoir qu’il y a des chances que sa tête soit mise à prix par les mangemorts. »
Elle le regarda horrifiée mais ne fit que hocher de la tête en signe d’acquiescement.
« Et je veux un serment inviolable pour être certains que tu ne parleras de tout ceci à qui que ce soit »
Elle accepta aussi et tendit sa main.
Draco n’avait pas compris ce qu’il se passait. Sa mère était venue le trouver les yeux clos. Elle lui avait pris les mains et lui avait dit qu’ils partaient. Il avait senti son cœur battre à une vitesse folle mais n’avait pas bougé. De toute façon il n’en avait plus la force. Ses membres étaient trop faibles pour le porter convenablement. Il avait enfilé sa cape et sa mère l’avait aidé à se mettre debout. Il se sentait minable, obligé d’être soutenu par elle pour avancer. Discrètement ils avaient marché jusqu’au milieu du bois attenant et y avaient retrouvé Rogue.
« Tu vas partir avec lui Draco… » Lui dit-elle en le serrant fort une dernière fois.
« Et toi ? » Demanda-t-il paniqué.
« Je ne peux pas venir aussi, ce serait trop dangereux pour toi…
« Mère ! » s’exclama-t-il.
« Non Draco » le coupa-t-elle. « C’est beaucoup mieux ainsi… Mais avant, j’aimerais te confier un secret. Tu…Tu est mon unique fils… »
« Je le sais mère »
« Attend je n’ai pas fini » dit-elle les larmes aux yeux. « Mais tu n’es pas mon unique enfant… »
Draco ouvrit ses yeux en grand. Qu’est-ce que c’était que cette histoire ?
« Il y a près de 17ans j’ai mis deux enfants au monde. Toi, et ta sœur jumelle…Seulement, c’était une fille et…ton père ne voulait pas d’une fille. Un fils était bien suffisant. Pour lui le mieux était de s’en débarrasser à la naissance. Mais je n’ai pas pu faire ça… Alors j’ai menti à ton père et j’ai pris sur moi la décision de la cacher, de la mettre à l’abri là où elle ne risquerait rien : dans un orphelinat moldu. Je ne sais pas si elle a été adoptée. Sûrement... Et d’ailleurs, il y a de grandes chances qu’elle ait été avec toi à Poudlard. Je lui ai lancé un sortilège qui cache son apparence de Malfoy…»
« Je… »
« Non, ne dis rien Draco s’il te plaît…Prends soin de toi mon fils » dit-elle comme un adieu.
Son esprit fut ensuite trop vague pour qu’il ne se rende compte de ce qu’il se passait réellement. Il se souvint vaguement que Snape l’avait soutenu à son tour, à la place de sa mère qui était partie. Il se souvint d’avoir transplané avec son ancien directeur de maison, d’avoir aussi erré un bout de temps jusqu’à arriver dans une rue moldu. Il était à bout de force et les dernières révélations de sa mère avaient pompé le peu d’énergie qu’il lui restait. Ils étaient à présent devant un mur et Rogue lui murmura quelque chose mais il ne comprenait rien. Son esprit était trop embrouillé.
« Dra…Square…Mault... » Il fronça les yeux et essaya de comprendre mais c’était beaucoup trop dur…
« Fait un effort » articula très lentement Rogue.
« Tu. Dois. Retenir. 12. Square. Grimmault. Compris ? »
«…Je…J’ai compris… » Murmura-t-il faiblement, mais le maître des potions n’en était pas du tout certains.
Néanmoins, la porte de la demeure apparue à ses yeux. La porte s’ouvrit alors. Draco avait du mal à pouvoir clairement percevoir la personne leur faisant face. Sa vue était de plus en plus brouillée, preuve des efforts qu’il faisait pour rester conscient.
« C’est une blague ?! » S’exclama une voix que le blond ne connaissait pas.
« J’aimerais bien Tonks, mais non » maugréa Rogue.
Il entendait vaguement d’autres bruits de pas venants vers eux mais à présent tout n’était qu’un grand flou qui grandissait. Puis, à bout de force, son corps tomba dans l’inconscient.
oOo
Rogue avait devant lui une bonne partie de l’ordre du phœnix qui le menaçait de leur baguette. Bon…Il était vrai qu’il avait tué Dumbledore quelques semaines auparavant. Ce qui était loin, très loin, de plaider en sa faveur.
« Que fais-tu ici Rogue ? » Demanda agressivement Remus Lupin.
Severus allait lui répondre au moment où il senti le poids de Draco se multipliait. Il n’eut pas besoin de le regarder pour comprendre. Il sut instantanément que le jeune blond s’était évanoui.
« Lupin, je pense que tu ne tiens pas à ce que toute la rue entende mes explications. Ensuite, comme tu dois le voir, le jeune Malfoy qui m’accompagne n’est pas au mieux de sa forme. Je vous serai donc gré de nous laisser entrer pour commencer ».
Il y eut des murmures, des exclamations, des consternations, des contestations.
« Bien, qu’il en soit ainsi mais un seul faux pas et on vous tue sans remords » beugla Maugrey.
« C’est insensé ! Qu’on ne les laisse pas rentrer ! » Gémit l’un des jumeaux Wesley, mais Rogue ne l’écoutait pas et soulevait Draco à bout de bras avant de pénétrer dans la demeure.
Rien n’avait changé, le portrait s’était mis à hurler, réveillé par les cris de colère des membres de l’ordre.
« Du calme s’il vous plaît ! » S’exclama Lupin. « Ecoutons d’abord ce qu’il a à nous dire » Le loup-garou se tourna vers Nymphadora Tonks et parla d’une voix plus basse « Va chercher Mme Pomfresh s’il te plaît, je pense que le jeune Malfoy a besoin de ses soins » Elle acquiesça et appliqua ses ordres.
Les choses sérieuses commençaient et Severus en avait pleinement conscience. Il sorti alors un parchemin cacheté du sceau de Dumbledore de sa cape, sous le regard méfiant de l’assemblée.
« Lis-ça avant de dire quoi que ce soit »
Remus prit suspicieusement le rouleau, le décacheta, le déroula et en commença la lecture. Petit à petit son visage pâlit, si c’était encore possible à cette période proche de la pleine lune.
« C’est impossible… » Murmura-t-il.
Et pourtant, la signature magique de Dumbledore était la preuve que c’était bel et bien la vérité.
« S’il vous plaît » Se mit à crier le lycanthrope. « J’aimerais que ne reste dans la pièce qu’un minimum de personnes. A savoir : Alastor, Arthur, Molly, Minerva, Kingsley, Charlie et j’aimerais que quelqu’un aille chercher Harry ».
Il y eu une fois de plus des rugissements. Les personnes ne comprenant pas pourquoi elles étaient mises à l’écart. Cependant, tout le monde obéit aussi incroyable que cela puisse paraître. Remus fit ensuite lire aux personnes restantes le parchemin et il y eu un lourd silence qui s’en suivit.
« Si je comprends bien Albus a tout planifié » finit par demander ébahit Minerva McGonagall.
« Il semblerait » maugréa Maugrey.
« Mais pourquoi ? » Demanda Molly.
Severus allait répondre mais au même moment la porte s’ouvrit laissant place à Tonks, Mme Pomfesh et Harry Potter accompagné de ses deux meilleurs amis : Hermione Granger et Ronald Wesley.
« Rogue ! Que fait cette pourriture ici ? » Hurla le survivant. Son regard perçant restant fixé sur l'homme qu'il haïssait depuis bien des années à présent.
« Harry, avant de t’énerver j’aimerais que tu vienne lire ceci » prononça Lupin tout en tendant le rouleau de Dumbledore au brun.
Pendant ce temps là, PomPom, comme l’appelait Dumbledore encore de son vivant, se dirigea vers le blond et l’ausculta. L’état du jeune Draco la préoccupait quelques peu car elle n’arrivait à déceler comme ça ce qu’il avait. Il y avait plus que de la fatigue ou même une anorexie ça se voyait au premier coup de baguette, mais elle avait besoin de faire des examens complémentaires. Hors, elle n’avait pas vraiment de matériel à disposition et même pas le dossier médical du jeune homme. Autant dire qu'elle avançait dans un grand flou à l'heure actuelle.
Elle se décida alors à le réveiller, il n'y avait pas grand chose à faire d'autre dans l'état présent.
« Enervatum » prononça-t-elle d'une voix ferme.
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Il senti ses yeux le piquer et eut du mal à les ouvrir, la lumière l’éblouissait et il se sentait toujours très faible. Petit à petit il réussit à mieux discerner les objets autour de lui même si au niveau des voix ce n’était toujours pas ça.
« Mr Malefoy » finit-il par comprendre. « Mr Malefoy » répéta la voix et il vit alors le visage de l’infirmière de Poudlard. « Est-ce que vous comprenez ce que je dis ? »
« Oui… » Murmura-t-il si bas que la femme eu du mal à l’entendre.
Il vit alors Potter et ses amis qui semblaient le remarquer pour la première fois.
« Je n’y crois pas ! En plus vous ramenez la fouine » hurla le rouquin si fort que Draco cru que sa tête allait exploser.
« Moins fort Mr Wesley je vous pris ! » Demanda Mme Pomfresh d’un ton sec. « Mr Malefoy, comment vous sentez vous ? » demanda-t-elle plus doucement.
« Très bien comme vous pouvez le voir » répondit Draco d’une voix qu’il voulait narquoise mais qui était faible et cassée. Effet raté…
« Commencez par boire ceci » lui dit-elle tout en lui versant dans la bouche un épais liquide blanchâtre qu’il avala comme il put : c'est à dire en s'étouffant à moitié.
« Avez-vous la moindre idée de quoi vous souffrez ? » demanda-t-elle ensuite.
« A part de débilité ? » se moqua Potter derrière. Mais déjà un des adultes le reprenait et une discussion vive avec Rogue repartait en arrière le laissant seul avec l’infirmière.
« Je n’en ai pas la moindre idée » articula-t-il difficilement. « Ça fait juste un moment que je suis fatigué…très fatigué » prononça-t-il avant de vouloir repartir dans un profond sommeil mais la femme l’en empêcha.
« Mr Malefoy » le secoua-t-elle. « Restez conscient s’il vous plaît ! Hé ! » Continua-t-elle à le remuer sans ménagement mais déjà il s’en retournait à ses rêves, ou plutôt à ses cauchemars.
L’état de son nouveau patient préoccupait grandement Mme Pomfresh. Elle avait effectué divers tests notamment celui de l’empoisonnement mais il s’était montré négatif. Et là, elle était à court d’idées sur ce dont souffrait le blond.
« Excusez-moi de vous interrompre mais j’ai besoin de vous » s’exclama-t-elle envers la petite troupe dans la pièce.
« Severus, vu que c’est vous qui l’avait amené ici, avez-vous la moindre idée de ce qu’à ce jeune homme ? »
Le maître des potions fronça les sourcils avant d’hocher de gauche à droite la tête. « Pas la moindre idée, je peux juste vous dire qu’il n’a presque rien mangé au cour des dernières semaines. Je pensais que ce n’était que ça. »
« Et bien non. S’il n’y avait eu là qu’une anorexie passagère la potion énergisante et nourrissante que je lui ai donnée l’aurait remis instantanément sur pieds pour quelques heures. Hors, il est retombé inconscient ce qui prouve qu’il y a un problème sous-jacent bien plus sérieux. J’ai pensé à un empoisonnement, mais aucune trace de poison. Je vais procéder à une analyse de sang mais il va me falloir utiliser un nom d’emprunt pour envoyer les échantillons à Ste Mangouste. Je ne peux pas faire grand chose d’autre pour l’instant. »
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Lorsque Draco ouvrit de nouveau les yeux deux jours plus tard, il était dans une pièce assez sombre – sans fenêtre – et il était branché à diverses machines médicales magiques. L’une servait à enregistrer ses battements cardiaques, une autre son rythme respiratoire, une sorte de tube fin entrait dans son nez et il pouvait sentir le prolongement le long de sa gorge très certainement jusqu’à son estomac. Il y avait aussi en plus diverses perfusions. Et lui, il se posait beaucoup de questions. Car autant de surveillance médicale, en plus de sa grande fatigue, ne pouvait signifier seulement que son état était mauvais… Enfin, ça il le savait déjà.
Quelques inquiétudes plus tard les portes s’entrouvrirent doucement pour laisser apparaître Molly Weasley. Elle fut étonnée de voir qu’il avait les yeux ouverts. Draco tenta de se relever, ce qui ne se fit pas sans une grimace de douleur.
« Bien, je vais dire à Pomela que tu es réveillé » Dit-elle d’une voix légèrement froide, ce qui ne lui était pas habituel vous aurait dit une personne la connaissant.
Elle n’ajouta rien de plus et repartie aussi vite qu’elle était venue, prenant juste le temps de refermer la porte derrière elle. Draco n’était pas le bienvenu ici et il le savait. D’ailleurs, il comprenait la réaction de la femme car après tout ce qui était arrivé à Bill Wesley était sa faute. A sa place il se serait insulté, frappé, traîné plus bas que terre. Mais au lieu de ça elle gardait un minimum de calme et de prestance. Qui l’eut cru pour quelqu’un qu’on lui avait apprit à qualifier de misérable ? Il resta encore perdu dans ses pensées quelques instants, jusqu’à que l’infirmière arrive aux cotés de Remus Lupin.
Mme Pomfresh s’occupa tout d’abord de lui sans un mot, vérifiant les données de chaque machine tandis que Lupin commençait à lui parler.
« Draco » entama-t-il « Rogue nous a demandé que nous nous occupions de toi et te protégions. Pour sa part, il est reparti auprès de Voldemort. – tressaillement de Draco – Tu dois te douter qu’à présent nous ne pouvons prendre le risque de te laisser un quelconque contact avec l’extérieur » Expliqua le loup-garou.
Comme s’il ne s’en était pas douté… Il quittait une prison pour une autre. Mais au moins celle-ci lui causerait moins de souffrance. Du moins, c’est ce qu’il espérait. Espérer…Espoir… En avait-il seulement encore ?
« Je… Je ne sais pas trop comment te l’annoncer » Reprit l’ancien professeur de défense contre les forces du mal. « Mais ta mère est décédée. Je suis vraiment désolé ».
La respiration de Draco s’arrêta, son monde s’écroulait, sa mère… Elle n’était peut-être pas parfaite mais c’était sa mère et il l’aimait. Sa mère qui venait de donner sa vie pour lui. Car il n’en doutait pas, elle s’était faite tuée à cause de sa fuite. Encore une vie gâchée par sa faute… Sur le monitoring le rythme s’accéléra subitement et Draco ne retint qu’avec difficulté ses larmes. Incapable de dire quoi que ce soit ou de ne bouger le moindre muscle. Il y eut quelques minutes de silence, les adultes laissant le blond accepter la situation.
« Si vous me permettez » Se mit à parler l’infirmière. « Je suis navrée de vous déranger dans un tel moment mais nous devons parler de votre état de santé » Dit-elle.
Il hocha simplement la tête en signe d’accord.
« Pendant que vous étiez inconscient j’ai effectué une série de tests pour découvrir de quoi vous souffriez. Et les résultats ont révélés une maladie de Sicélia.
S’en fut trop pour Draco qui se mit à rire nerveusement en même temps que les larmes coulaient. Quelle ironie du sort. Sa famille lui avait toujours clamé que seuls les sangs purs étaient puissants, qu’ils étaient au dessus des autres… La Sicélia s’avérait être une maladie en quelques sortes équivalente au cancer moldu. Seulement, elle ne touchait que les sorciers de sang pur. Il s’agissait d’une dégénérescence du flux magique. Les sorciers de sang pur ne pouvaient vivre sans magie. Hors, avec la Sicélia celle-ci disparaissait petit à petit jusqu’à la mort du malade. Aujourd’hui on lui apprenait que son sang pur allait le tuer… Oui, quelle ironie !
« Votre stade est déjà avancée mais si l’on vous soigne rapidement vous avez des chances de vous en sortir » Reprit l’infirmière. « Il faut juste trouver un donneur compatible avec vos propres souches magiques. C’est là où ce n’est pas évidant car vous devez savoir que mis à part les membres directs d’une même famille, il est très rare de trouver des donneurs compatibles sur le plan sanguin et à la fois magique. »
Oui, il le savait. A quoi bon lui dire qu’il pouvait peut-être s’en sortir alors qu’il se savait foutu ?
« Avez-vous un membre de votre famille qui puisse vous aider ? »
Il se mit à soupirer d’un ton las « Mis à part mon père à Azkaban ? Ou encore ma chère tante Bellatrix Lestranges qui lèche les bottes du seigneur des ténèbres ? » Répondit-il avec sarcasme, du moins essaya-t-il mais sa voix tremblait plus qu’autre chose. Tous ce qu’il savait c’est que sa mère venait de mourir pour rien car il n’allait pas tarder à la suivre…Sa mère…A moins que ? Son aveu juste avant qu’il ne parte…Peut-être que… ?
Il ferma les yeux quelques instants et les rouvrit. « Il se peut que peut-être…il y ai t quelqu’un » Murmura-t-il plus pour lui-même si bien qu'il fut difficile pour d'autres de l'entendre.
« Comment ça ? » Demanda Mme Pomfresh.
Draco se retourna vers Lupin qui était restait et le fixait sans un mot depuis le début de l’échange avec l’infirmière. « Seriez-vous capable de retrouver quelqu’un dont le nom a été changé à la naissance ? Quelqu’un dont on a effacé les origines ? »
Le Serpentard put voir que Lupin était surpris par ses questions. Qu’il n’était pas certain de comprendre.
« Hé bien…ça doit dépendre. Je ne peux rien promettre mais l’on peut essayer. Pourquoi ça ? »
Draco se prépara mentalement à avouer ce que lui-même ignorait quelques jours auparavant. « Avant que je ne parte, ma mère m’a révélé que j’avais une sœur jumelle dont elle aurait cachée l’existence à notre naissance. Tous ce que je sais c’est qu’elle a était placée dans un orphelinat moldu il y a donc près de dix-sept ans et qu’un puissant sortilège masque sa véritable apparence de Malfoy »
Le loup-garou ouvrit en grand ses yeux où l’on pouvait voir clairement la surprise se mêler à…une pointe d’angoisse ? Quant à Draco il était trop fatigué, ne comprenait pas, ne captait rien et n’avait pas la force de chercher plus loin à cet instant. Les deux adultes semblèrent le deviner. Lupin sortir de la pièce en premier. Puis, Mme Pomfresh la quitta à son tour après au préalablement avoir débranché quelques machines qui n’étaient plus nécessaires depuis qu’il était sorti de l’inconscient comme le monitoring, la machine qui enregistrait le rythme respiratoire ou encore la sonde parentérale. Il ferma ses yeux remplis de larmes et se rendormit presque instantanément dans un pays peuplé de cauchemars.
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Remus était redescendu sans un mot, il était songeur. La révélation du garçon le mettait mal à l’aise car il avait de très grands doutes. Il se dirigea vers la grande salle à manger où la plupart se restauraient. Quand il ouvrit les portes, plusieurs regards se tournèrent vers lui mais les conversations – sérieuses pour la plupart – ne s’arrêtèrent pas pour autant. Remus alla s’asseoir à la place libre pas loin d’Harry avant de se servir d’un geste lent des plats sur la table. Une fois son assiette remplie, il se tourna vers Hermione et lui demanda tout doucement s’il pouvait lui parler après le repas.
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Elle n’avait pas la moindre idée de quoi le dernier des maraudeurs voulait lui parler et se demandait ce que ça pouvait être. Sûrement quelque chose à voir avec Malefoy vu que Remus venait de le voir. Mais quel lien avec elle ? Peut-être avait-il besoin de son aide pour faire des recherches ? Le reste du repas passa à une vitesse affligeante pour elle tant elle était impatiente de savoir de quoi il était question.
Lorsque le repas fut enfin finit, la plupart restèrent dans la salle pour continuer d’importantes discussions. « Je reviens » Souffla pour sa part Hermione tout en faisant un petit signe de la tête à Remus qui sortit peu après elle. Ils se dirigèrent vers une petite pièce tranquille afin de pouvoir discuter en toute discrétion.
Le lycanthrope ne semblait pas des plus à l’aise et cela angoissait quelques peu la Gryffondor. « Qui a-t-il ? » Demanda-t-elle.
« J’aimerais aborder avec toi un sujet délicat… Je me souviens il y a quatre ans, lorsque j’étais professeur, avoir lu dans ton dossier scolaire que les Granger n’étaient pas tes parents biologiques n’est-ce pas ?
Le visage de la jeune fille se figea instantanément. Sa respiration se bloqua et sa bouche s’ouvrit en grand sans qu’elle ne puisse dire quoi que ce soit.
« Je…Je n’étais pas au courant » Murmura-t-elle si faiblement que même Remus avec ses sens développés de loup-garou eut de la peine à l’entendre.
« Tu n’étais pas au courant ? » Demanda-t-il étonné et surtout un peu gêné.
« Non, je n’étais pas au courant » Répéta-t-elle faiblement. Son teint était à présent si livide que Remus avait bien peur qu'elle ne tombe dans les pommes. « Est-ce que...vous êtes sûr ?...je veux dire, n'y a-t-il pas d'erreur possible ? » murmura t-elle dans une complainte mêlée d'espoir;
« Je suis désolée Hermione...Mais tout était authentique, On ne peut pas mentir avec ça dans les dossiers de Poudlard. J'aurais souhaité que tu l’apprennes autrement. Je ne me doutais vraiment pas que tu n'étais au courant de rien » s'excusa le maraudeur. Il eut un profond air désolé avant de reprendre. « Et...J'ai bien peur de devoir en rajouter une couche à présent Hermione ».
La jeune fille le regarda d'un air mi-contrit, mi-étonnée. Etait-ce seulement possible d'en rajouter une couche à l'heure actuelle, après avoir entendu ça ?
« Si je suis venu te parler de ça en premier lieu ce n'est pas sans raison importante tu dois t'en douter ». Remus prit alors la décision de ne pas tourner autour du pot, d'aller directement à l'essentiel. « La vérité c'est que des éléments récents laissent à penser que tu puisses être une Malfoy » lâcha-t-il en bloc.
« C'est...une mauvaise blague n'est-ce pas ? » souffla-t-elle si doucement que le lycantrope eut du mal à l'entendre. « Une farce de Fred et George ? » questionna-t-elle dans un supplice.
Remus soupira profondément. « Comme je le disais, je ne rigolerais certainement pas avec un tel sujet. Il te faut un peu de temps pour accepter tout ça je m'en doute. Une fois que...tout sera plus clair, alors si tu le souhaite nous pourrons trouver confirmation de tout ça. Nous en reparlerons plus en détails. Pour le moment, juste, repose-toi ».
L'ancien professeur posa alors sa main sur l'épaule de la jeune fille en signe de réconfortement.
« Qui, qui est au courant à part vous ? » demanda-t-elle d'une voix troublée.
« Pour l'adoption, toute l'équipe professorale de Poudlard. Pour la suspicion de ta réelle famille, il n'y a que moi pour le moment. Du moins, c'est ce que je pense mais il n'y a pas de certitude ».
Hermione hocha la tête puis se laissa glisser contre le mur derrière avant de prendre sa tête entre ses mains. La vérité, c'est que quelques anciens faits lui avait fait douter de sa réelle filiation avec ses parents à quelques reprises depuis son enfance. Alors cette nouvelle... tout laissait à y croire pour de bon même si son esprit voulait garder quelques réticences et quelques espoirs.
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« Qu'est-ce qui ne va pas avec 'Mione depuis hier au juste ? » Questionna Ron Wesley avant de croquer à pleine dent dans sa tartine de rillettes de Dragon. Il se trouvait avec Harry dans les cuisines bien que ce ne fut pas encore l'heure du déjeuner.
« C'est vrai qu'elle est distraite » ajouta Harry pensivement. « ça ne lui ressemble pas ». Il sembla réfléchir quelques instants. « Je pense qu'il y a un rapport avec ce que Remus à du lui dire. Je ne sais pas ce que c'était, mais ça se colle ».
« Ouais » Ron haussa les épaules et englouti le reste de sa tartine.
« En parlant de Remus » reprit Harry. « Je ne comprends toujours pas pourquoi il prend ainsi Malfoy sous son aile. On ferait mieux de ne pas le garder ici si tu veux mon avis. Un mangemort au QG de l'ordre c'est une vraie connerie. Je n'ai pas du tout confiance en lui même si je sais qu'il est peut-être lui aussi victime de Voldemort dans l'histoire ». Il soupira quelques instants et passa distraitement une main dans ses cheveux. « Je ne parle même pas de Rogue... Je ne sais pas quoi penser de toute cette histoire. D'un coté, il semble indéniable que ce soit la signature magique de Dumbledore sur le parchemin. Mais je me demande si la magie noire ne peut pas falsifier ce genre de documents. J'ai vu Dumbledore mourir sous mes yeux... et ça, crois moi, je ne l'oublierais jamais ». Finit-il amèrement.
Ron le regardait sans rien dire. Il savait que c'était encore un sujet bien délicat pour son meilleur ami. Pour qui cela ne le serait-il pas d'ailleurs ?
La porte s'ouvrit et laissa place à Mrs Weasley, venu pour préparer le repas. « Ron » gronda t-elle en le voyant. « Quand arrêteras-tu enfin de grignoter entre les repas ? ».
« Ne compte pas là-dessus maman » s'exclama une voix derrière. C'était Ginny qui arrivait suivi d’Hermione. « N'oublie pas qu'on parle d'un ventre à pattes »
« Hé ! » s'offusqua le rouquin. « Faut bien que je nourrisse mes 1m90 ».
Molly leva alors les yeux au ciel. « Dis que je ne te nourris pas assez » gronda-t-elle faussement.
« Mais non maman »
« Mes enfants pensent que je suis une mauvaise mère »
« Mais non, mais non... »
Harry tourna le visage vers sa meilleure amie. La brune était comme ailleurs. Son regard était fuyant. Tous ce qu'il pouvait faire, c'est attendre qu'elle veuille se confier.
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Il avait fallut quelques jours à Hermione avant de seulement commencer à entrevoir une acceptation de tous ce qui se passait autour d'elle. Elle n'était pas très assurée mais alla tout de même voir Remus pour en savoir un peu plus, savoir qui elle était réellement... Quelles étaient ses origines. Ses parents étaient-ils réellement des sorciers ? Pourquoi l'avait-on abandonnée ? Tant de questions et plus encore.
« Je... » Entama-t-elle la voix tremblante. « Je veux en savoir plus » acheva-t-elle avec autant de forces qu'elle le pouvait.
« Je sais que ce n'est pas facile » acquiesça Lupin. « Si tu es d'accord, le plus simple est de commencer par faire une comparaison sanguine et magique avec le jeune Malfoy. Si les tests sont positifs, alors il ne fera aucun doute que vous êtes frères et sœurs ».
La brune crispa les poings de toutes ses forces « D'accord ».
« C'est le bon choix » dit le maraudeur tout en frottant le dos de la jeune fille comme le ferait un parent avec son enfant pour l'apaiser.
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Près de deux semaines s'étaient écoulées depuis son arrivée de cette demeure. Il était cloîtré dans cette pièce fermé par un sortilège de verrouillage. On lui avait retiré sa baguette bien évidemment (enfin, de toute façon avec ou sans, compte tenu de la Sicélia, ça ne fait guère de différence) ce qui faisait qu'il était prisonnier. Ses seules visites étaient celle de Mme Pomfresh et du loup-garou. L'infirmière ne faisait que lui poser quelques questions pour vérifier sa santé. Le seul qui échangeait quelques bribes avec lui était son ancien professeur. Les repas étaient amenés par un elfe de maison qui apparaissait et disparaissait dans un « pop » tout aussi vite que possible.
Ce jour-là quelle ne fut alors pas sa surprise quand il vit entrer dans la chambre Lupin accompagné de Granger – qui tirait une sale tronche soit dit en passant - .
« Bonjour Draco » s'exclama l'ex professeur avec un de ses pseudos sourires compatissants – qui ressemblaient plus à un rictus qu'autre chose aux yeux du jeune homme au regard d'acier - .
La jeune fille, quant à elle, avait une attitude fuillante, fixait le sol et refusait de lever la tête une seule seconde. L'air était passablement tendu, et encore, ce n'était qu'un optimisme.
« Je crois qu'il serait mieux que l'on soit tous assis avant de commencer une discussion, une discussion importante » tiqua Lupin. Il tira alors deux chaises près du pied de lit de sorte que le malade puisse rester semi-allongé et qu'il reste une certaine distance à la fois.
« C'est un sujet délicat mais vous êtes assez grands pour qu'on ne tourne pas trop autour du pot je pense. Draco, l'enfant que Narcissa à cacher il y a de cela près de dix-sept ans se trouve devant toi actuellement ».
Le Serpentard se releva d'un coup et dévisagea la Gryffondor plus que jamais. « Vous rêvez là ? Par Merlin, comment une seule seconde Granger pourrait être ma soeur; Et, qui plus est ma soeur jumelle. On n'a rien en commun, absolument rien en commun. Ce n'est qu'une sang-de-b... » Il s'arrêta de lui-même et donna un coup de poing sur le lit à la place.
De son coté, Hermione n'avait pas bougeait d'un seul milimètre. Elle ne disait rien non plus et se contentait de respirer doucement, trop doucement.
« Les analyses magiques sont pourtant formelles... Il n'y a pas de doute possible sur votre parenté ».
Draco redonna un coup de poing sur le lit. « Qu'attendez-vous de moi ? » fumina-t-il. « Tout ça n'est qu'une mascarade pour espérer me faire dire je ne sais quoi n'est-ce pas ? » demanda-t-il hargneusement. J'en ai ma claque, je me tire ! » Termina-t-il tout en arrachant les quelques appareillages médicaux qu'il restait. Lupin voulut l'arrêter mais avant qu'il n'en ait eu le temps le jeune blond avait déjà franchit la porte. Cependant, il n'eut pas long chemin à faire avant de le rejoindre. Dans l'état qu'il était, quelques pas trop rapides suffirent avant que Draco ne commence à faire un malaise.
Il s'était arrêté au milieu du couloir et s'appuyait à présent contre le mur pour que sa vision arrête de valser. Les murs qui tanguent ce n'est pas tout à fait normal, même dans le monde sorcier. Il soupira avant de fermer les yeux quelques instants et de se résigner à suivre Lupin qui le reconduisait à sa chambre (ou cellule, ça dépend du point de vue).
Hermione resta sur le pas de la porte jusqu'à que celle-ci ne soit refermé par Remus. Elle leva alors son regard vers lui.
« Hermione... Je sais que tout est précipité, mais il faut que tu réfléchisses à ce que je t'ai dit. A toi de prendre la décision d'accepter d'être donneur ou non ».
Elle se retourna bien trop doucement, sans un mot fit demi-tour et descendit les escaliers de la demeure.
Remus se massa les tempes. C'était bien trop pour lui aussi. Pourquoi tout était en permanence si compliqué ?
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Deux autres semaines s'étaient écoulées plus mortellement que jamais si on peut dire. Il restait cloîtré dans cette pièce sans fenêtre, sans un rayon de soleil ou de lumière naturelle. Certes, il était habitué aux cachots à Poudlard – lieu de résidence des Serpentards - mais ce n'était pas comparable. Près d'un mois sans voir la lumière du jour, ça a de quoi rendre fou quelqu'un sain d'esprit.
S'il n'y avait eu que ça... Jour après jour il voyait les sourcils de l'infirmière se fronçait de plus en plus quand elle venait le voir. Il n'avait pas besoin d'être médicomage pour sentir ses forces le quitter, pour sentir la fièvre augmenter et sa respiration se faire difficile. Son état se dégradait assez rapidement à présent. Les potions curatives n'étaient pas de grand effet sans donneur compatible.
Un donneur...Il y en avait un, ou plutôt une, il le savait très bien. Il avait comprit qu'ELLE était compatible. Mais il savait aussi que dans le cas contraire après tous ce qu'il s'était passé au cours des sept dernières années il ne l'aurait peut-être pas aidé. Il gardait cependant encore un infime espoir...
« Je t'ai amené d'autres livres pour te distraire » énonça le lycantrope. « Je... » il s'apprêtait à dire autre chose mais un brouhaha extérieur le coupa. Il hésita quelques instants avant de s'exclamer un « je reviens » et de quitter la pièce.
Plusieurs minutes, dizaines de minutes passèrent sans que l'homme ne revienne. Draco remarqua alors qu'en sortant dans l'empressement il n'avait pas prit la peine de refermer la pièce pour une fois. Il ne lui restait que peu de forces mais tant bien que mal le blond sortit du lit et se mit debout. Il s'appuya contre le mur pour avancer pas à pas.
Il ne sut pas trop pourquoi il faisait ça, ni vers où il se dirigeait au juste. Il se contentait d'user les maigres forces qu'il lui restait. Il y avait de l'animation au rez-de-chaussée, des voix qui s'élevaient. Tant bien que mal il descendit marche par marche les escaliers pendant ce qui lui semblait être des heures. Son corps tremblait, il était plein de transpiration (l'accumulation de l'effort et de la fièvre). Arrivé en bas il se dirigea près de la porte derrière de laquelle la discussion semblait avoir lieu et là il entendit le grand débat...
« Depuis le début il se fout de nous oui ! Que des foutaises j'en suis convaincu ! »
« Harry ! C'est impossible ouvre les yeux »
« Pourquoi le défends-tu Remus ? Ce n'est qu'une pourriture qui mérite de crever bon sang ! »
« En tout cas c'est clair que Hermione n'aidera jamais ce rat »
« Ca c'est à elle d'en décider. Je croyais que nous étions censé êtres les bons, mais écoutez-vous un peu ! »
« Je... Ce n'est pas ça mais...Je, je suis désolée mais je ne... le ferais pas. Désolée Remus »
Le lycantrope en eut assez et d'un geste vif il ouvrit la porte pour partir. Il s'arrêta alors brusquement et les autres s'avancèrent à leur tour pour voir ce qu'il l'avait retenu si soudainement.
Face à eux se trouvait Draco Malfoy dans un état plus piteux que jamais qui se tenait à bout de forces contre le mur. Mais ce qui les figea plus que jamais fut lorsque le blond leva son visage vers eux. Son regard était ce qu'il y avait de plus troublant. Pas de haine, pas de colère, pas même de tristesse. Juste un air de lassitude et de résignation. Une expression d'abandon comme si il acceptait simplement la situation. Ses yeux se fermèrent alors et comme au ralenti son corps glissa le long du mur, atterrissant sur le sol.
Il fallut quelques secondes avant que l'assemblée ne réagisse. Remus fut le premier à se diriger vers le jeune homme. « Je ne sens pas son pouls » murmura-t-il. « Appelez Mme Pomfresh vite ! » s'écria-t-il plus vivement tandis qu'il tenait toujours le corps inconscient du jeune homme entre ses bras. -*-*- A suivre... |