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au 04 Déc 08 :
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Sortir Des Ténèbres
Par BlackNemesis
Harry Potter  -  Romance/Angoisse
17 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 13     Les chapitres     13 Reviews    
Sirius

SORTIR DES TENEBRES.


 

CHAPITRE TREIZE : SIRIUS.

 

Too many tears have had to fall.
Don’t you know I’m so tired of it all.
I have known terror dizzy spells.
Finding out the secrets words won’t tell.
Whatever it is it can’t be named.
There’s a part of my world that’s fading away.
You know I don’t want to be clever.
To be brilliant or superior.
True like ice, true like fire.
Now I know that a breeze can blow me away.
Now I know there’s much more dignity.
In defeat than in the brightest victory.
I’m losing my balance on the tight rope.
Tell me please, tell me please, tell me please…
If I ever feel better, remind me to spend some good time with you.
You can give me your number.
When it’s all over I’ll let you know.
(Phoenix United, « If I ever feel better. »)



 

 

Il était une chose que Harry détestait plus que tout. C’était cette rapidité avec laquelle les évènements qu’on redoute arrivent, avant même qu’on ait pu s’y préparer. Le soleil s’était levé alors qu’il avait l’impression que cela faisait seulement dix minutes qu’il admirait le visage endormi de Draco, afin d’en graver chaque détail dans son esprit. Le moment était venu pour Harry de parler, tous deux le savaient.

 

Draco ouvrit lentement les yeux et Harry se pencha sur lui en caressant doucement sa chevelure soyeuse, et il déposa un baiser sur son front. Draco soupira d’aise et il attira Harry contre lui. Le Survivant posa sa tête sur l’épaule de son ange et il respira son odeur fraîche et incomparable.

 

« Il est grand temps, murmura Draco en frôlant le dos de Harry du bout des doigts. Il est temps que nous ayons cette conversation. »

 

Harry approuva d’un signe de tête et il se mordit la lèvre inférieure pour ne pas hurler. Il se releva lentement et il se rendit dans le coin cuisine pour préparer le petit déjeuner, son dernier repas en tant que condamné à subir l’absence de Draco. Il était déjà douché et habillé, ce qui lui permit de profiter de quelques instants de solitude, le temps que Draco se prépare. Il en profita pour répéter le discours qu’il avait préparé pendant la nuit. Plus un mot, plus une conjonction de coordination ne lui revinrent en mémoire et sa réaction première fut de s’enfuir de cette salle, de laisser Draco faire la conversation tout seul.  

 

Il était pourtant toujours là lorsque Draco sortit de la salle de bains, élégant dans son uniforme de préfet des Serpentard ; impeccable avec ses cheveux soigneusement coiffés en arrière.

 

« Oh non, ça devrait être illégal d’être aussi sexy, pensa tout haut Harry.

 

- Ouais je sais, je suis une vraie bombe, » plaisanta Draco en s’installant à la table.

 

Il versa un verre de jus d’orange à Harry avant de se servir, puis il alluma une cigarette. Il étira ses longues jambes devant lui pour les croiser au niveau des chevilles. Harry retourna sa chaise et il s’installa en face de Draco, les bras croisés sur le dossier.

 

« Ok, tu n’étais pas censé entendre ma remarque, déclara Harry avec un sourire. Mais je ne retire pas ce que j’ai dit. Tu es d’une beauté inouïe.  

 

- Tu penses tourner longtemps autour du pot ? Demanda Draco en lui faisant un sourire goguenard. Viens en aux faits, Potter.

 

- Avant tout, n’oublie pas que je t’aime Draco. Plus que je n’aurais imaginé pouvoir aimer un jour.

 

- Formidable. Les faits, Harry. »

 

Harry prit une profonde inspiration. C’était là que tout se jouait entre eux. Toutes les phrases qu’il avait imaginées s’étaient envolées, son esprit n’était plus qu’un trou noir et il chercha longtemps ses mots. Draco attendit patiemment, la peur au ventre malgré son attitude détachée.

 

« Ok, le jour de la sortie de Pré au Lard, commença Harry, j’aurais vraiment aimé que tu viennes, mais tu avais du travail, tu t’en souviens ? »

 

Draco hocha la tête et il lui fit signe de continuer.

 

« Et bien voilà, en fait, j’étais en train de boire un verre chez Mme Rosmerta quand tu m’as rejoint.

 

- J’en doute.

 

- Je t’en prie, ne dis rien, supplia Harry qui sentait ses mains trembler sur le dossier de la chaise. Tu m’as rejoint en m’affirmant que tu en avais assez de travailler et nous sommes allés à l’hôtel. »

 

Les yeux de Draco s’agrandirent et Harry détourna le regard au moment où le mot « polynectar » se formait silencieusement sur les lèvres du blond. Il alluma une nouvelle cigarette et il replia les jambes. Il reposa ses coudes sur ses genoux écartés et il se massa la tempe d’une main, trop conscient de ce qu’il allait entendre.

 

« Là, nous avons fait l’amour…Tu m’as dit que tu m’aimais et, quand je suis sorti de la salle de bains…Draco…

 

- Qui ? Demanda Draco avec un regard haineux, une moue dégoûtée sur le visage. Qui était-ce ?

 

- Ton père, » répondit Harry d’une voix à peine audible.

 

Les lèvres de Draco remuèrent mais aucun son n’en sortit. Il écrasa sa cigarette d’un geste rageur et il fixa Harry si durement que le Gryffondor préféra regarder ses mains. Harry se sentait vraiment au bord de la crise de nerf, si tendu qu’il pouvait entendre les propres battements de son cœur bourdonner dans ses oreilles.

 

« Je suis tellement désolé Draco. J’aurais dû me rendre compte que ce n’était pas toi. Il était évident que ce n’était pas toi…Je veux dire, tu m’as demandé de te prendre sauvagement et, au lieu de penser que ça ne te ressemblait pas, j’ai bêtement obéi…

 

- Epargne moi les détails…Surtout, épargne moi ça, lança Draco d’une voix sèche.

 

- Excuse moi. Draco je t’en prie, il doit y avoir un moyen pour nous de surmonter ça. Nous avons déjà traversé tant d’épreuves. Je sais que je t’écoeure et c’est normal. J’ai vraiment merdé sur ce coup là, mais…

 

- Qu’est ce que tu racontes, Harry ? » Interrogea Draco dont le visage s’était considérablement radouci.

 

Il tendit la main et Harry la prit en retenant son souffle. Draco l’attira à lui et il le fit asseoir sur ses genoux, entourant sa taille de ses bras réconfortants. Harry enfouit son visage dans le cou délicat de Draco et il dû faire appel à toute sa force de caractère pour ne pas sangloter.

 

« Ce n’est pas à toi que j’en veux, Harry, expliqua Draco d’une voix éraillée et traînante. J’en veux à mon père, et à Voldemort. Je leur en veux parce qu’ils salissent ce qui est beau…Ils te salissent toi, Harry.

 

- Je suis vraiment désolé, si tu savais comme je m’en veux. J’aurais dû savoir.

 

- Harry, regarde moi, » ordonna Draco en plongeant ses prunelles grises dans le vert infiniment profond des yeux de Harry. « Nous sommes ensemble depuis peu et je ne m’attends pas à ce que tu me connaisses par cœur, comme je ne te connais pas encore totalement. C’est là-dessus que mon père a misé. Je n’arrive pas à croire que cet enfoiré se soit servi de moi, de mon corps, pour te nuire. Harry, c’est à moi d’être désolé, pas à toi. C’est moi qui suis l’Héritier de l’autre dingue. Il veut te livrer une guerre psychologique, il veut te descendre avant que la vraie guerre ne commence, alors tu ne dois surtout pas le laisser t’atteindre. »

 

Harry hocha la tête, les yeux rougis par les larmes qu’il retenait avec peine. Il ne s’était pas attendu à cette réaction. Pas une seconde il n’avait imaginé que Draco puisse se montrer aussi compréhensif et il pensa à ce qu’il avait vu dans la Pensine. Il sentit une boule se former dans sa gorge alors qu’il comprenait que ce massacre aurait pu être évité, si seulement il avait parlé.

 

Draco caressa sa joue, puis il effleura ses lèvres avant de le regarder à nouveau. Il semblait soudain si fragile que son cœur se serra. Draco savait que Harry avait une mission à remplir, mais il savait aussi que toute sa vie n’avait été que maltraitance et rejet avant qu’il ne vienne à Poudlard. Draco voulait que Harry soit enfin heureux, enfin libéré du poids d’une guerre qu’il n’avait pas choisie. Il n’avait même pas pu choisir son camp ! Il passa une main derrière la tête de Harry et il l’attira contre lui pour le serrer, comme si cette étreinte pouvait lui transmettre un peu de sa force. Il voulait que son compagnon comprenne qu’il pouvait se permettre de montrer ses faiblesses sans se sentir diminué, qu’il pouvait se reposer un peu sur son épaule avant de repartir se battre.

 

« Harry, reprit-il d’une voix grave. Te rends tu compte qu’il a abusé de toi ? Je veux dire, sexuellement abusé de toi. »

 

Harry fit un signe de tête positif.

 

« Et ce qui t’angoissait le plus, c’était la possibilité que je t’en veuille, c’est ça ? »

 

Harry fit un autre signe de tête positif.

 

« Ok, tu dois vraiment revoir ton sens des priorités, lança Draco avec un sourire sans joie. Il faut que tu parviennes à ne plus dépendre de mes réactions, parce que c’est une attitude qui te rend vulnérable, Harry. Il faut que tu apprennes à penser à toi et à prendre soin de toi. Je ne suis pas une petite chose qu’il faut protéger alors concentre toi sur toi. Ce n’est pas moi qui suis harcelé par Voldemort et quelque chose me dit que ce n’est pas fini. Tu dois apprendre à te reposer un peu sur les autres quelquefois, sinon tu vas craquer à tout garder pour toi. Et je ne veux pas que Voldemort ou mon père puissent te faire mal.

 

- Draco, j’ai dit à ton père que tu avais choisi ton camp, déclara Harry à toute vitesse. Tu es en danger à présent, à cause de ma connerie. Ça fait presque quinze jours que je me torture l’esprit pour trouver un moyen de te protéger contre Voldemort.

 

- Oui, et bien j’ai effectivement choisi mon camp, je savais ce que je risquais ce n’est pas le prob…Attends une minute…Juste une minute. »

 

Draco prit Harry par la taille et il le souleva. Il se leva à son tour et il alluma une cigarette. Son visage était fermé, livide alors qu’il s’éloignait de Harry.

 

« Résumons la situation si tu veux bien, dit-il d’une voix lente et trop calme. Tu as attendu quinze jours pour me parler de cette histoire, me mettant par là même, en danger. Et tu ne m’as rien dit, pas parce que tu avais peur que je t’en veuille, mais parce que tu étais CERTAIN, dans ta petite tête d’œuf, que je t’en voudrai et que je te quitterai. C’est ça, Harry ?

 

- Oui, mais ton père…

 

- Laisse le où il est ! Je te parle de nous ! Je te parle de confiance ! Je te parle du fait que tu n’as aucune confiance en moi !

 

- Parce que toi, tu as confiance en moi peut être ?

 

- Putain Harry ! Je me suis donné entièrement à toi, qu’est ce que tu imagines ?! Je n’aurais jamais dû te laisser prendre une place aussi importante dans ma vie, parce que tu ne me connais pas du tout. Tu as ta petite idée préconçue du fier Draco, tellement fier qu’il a des œillères, mais tu te trompes sur toute la ligne. Tu veux que je te dise ? Ne crache pas trop sur mon père, parce que tu es comme lui ! Tu ne sais rien de moi et tu penses que je ne peux pas me débrouiller seul. Tu veux me protéger, mais contre qui ? Tu n’es même pas capable de te protéger toi-même ! Comme mon père, tu me dis que tu m’aimes et tes actes me prouvent le contraire. Ne t’approche plus de moi, Harry. J’en ai marre d’être un pourri à tes yeux. »

 

Il jeta sa cigarette encore allumée par terre et Harry se précipita pour l’éteindre. Puis il attrapa le poignet de Draco alors que celui-ci ouvrait la porte.

 

« Tu ne peux pas tout arrêter pour un motif aussi dérisoire, déclara Harry. J’ai confiance en toi, et je t’aime.

 

- Tais toi, siffla Draco. Ton amour n’a aucune valeur. J’avais quelque chose à te dire moi aussi, et je craignais ta réaction, mais je n’ai pas eu la prétention de l’anticiper.

 

- Que voulais tu me…

 

- Considère que c’est le cadet de tes soucis à partir de maintenant, coupa Draco. Je t’en veux, Harry, et j’aimerais que tu me lâches le bras, afin que je puisse me rendre en cours. »

 

Harry le libéra, passablement excédé, sans bien savoir pourquoi. Il lui semblait que Draco réagissait de manière un peu trop épidermique, pour une broutille.

 

« Oh, avant qu’on en reste là, je voulais te rappeler de ne pas complètement te reposer sur la magie sans baguette, lança Draco. Elle est importante et elle te servira, mais n’oublie pas qu’avec elle, on ne peut pas lancer de sortilèges impardonnables, ni même des sortilèges très importants. Evite donc de te faire prendre ta baguette lors des derniers combats contre Voldemort. Et avec un peu de chance, il n’aura pas intégré cette information. »

 

Il tourna les talons et il sortit sans un regard en arrière. Harry retomba lourdement contre le mur. Il replia les jambes contre son torse et il prit sa tête dans ses mains en respirant aussi calmement que possible. Il ne comprenait pas ce qui venait d’arriver. Il ne pouvait pas avoir perdu Draco…Pas pour une simple histoire de confiance.

 

O

O

 

Severus Rogue sortit de la douche et il s’habilla lentement, le cœur plein d’appréhension. Ses cheveux mouillés gouttaient sur son cou et il maudit Draco d’avoir insisté pour qu’il se les lave tous les jours.

 

Perte de temps considérable, pensa Severus en frottant sa chevelure noire avec une serviette. Je n’arrive même pas à comprendre comment moi, Professeur craint et respecté de cette prestigieuse école, je laisse ce gamin effronté  m’entraîner dans ses délires. Ok Severus, ne pars pas sur ce terrain, tu connais la réponse. Elle s’appelle Sirius Black ta réponse.

 

Le professeur coiffa ses cheveux avant de prendre une profonde inspiration. Il y avait peu de chances que Sirius soit réveillé mais il appréhendait le moment où l’Animagus reprendrait conscience. Il s’étira, le dos douloureux d’avoir dormi sur le canapé, et il se rendit dans la chambre en faisant le moins de bruit possible.

 

Son cœur manqua un battement lorsqu’il vit la silhouette squelettique de son aimé. Le drap et la couverture avaient glissé, révélant une partie de son dos fin. Severus dû faire appel à toute sa concentration pour ne pas aller caresser cette peau attirante, pour ne pas passer sa main dans cette chevelure interminable. Combien de temps resta-t-il à contempler l’objet de son désir avant de s’apercevoir qu’il avait bougé ? Il n’aurait su le dire mais la compréhension le frappa avec la force d’un bulldozer. Il fit un pas en arrière, une main inconsciemment posée sur son cœur. Sirius s’était retourné dans son sommeil. Il était donc sorti du coma dans la nuit.

 

Avec tristesse, Severus réalisa que s’il était la première personne que Sirius voyait en ouvrant les yeux, l’Animagus allait certainement s’emporter et imaginer que le Professeur était en train d’élaborer des plans diaboliques pour nuire à son précieux filleul. Il se mit à courir hors de ses appartements, dans les couloirs de l’école, comme un élève en retard à son cours de potions. Il arriva essoufflé dans la Salle Commune des Serpentard où il ne trouva pas Draco. Il vit alors le groupe d’amis du Préfet et il s’approcha de leur table de travail. Il fit semblant de ne pas voir Blaise Zabini cacher le devoir de potions de Draco, sur lequel il copiait sans scrupules.

 

« Professeur, déclara Blaise avec le sourire figé de l’enfant pris la main dans le pot de confiture. Que nous vaut l’immense honneur de vous voir si tôt ?

 

- Il va falloir vous baisser un peu plus que ça, si vous voulez me cirer les chaussures correctement, Zabini, répondit Rogue.

 

- Je suis désolé Monsieur, mais ma sciatique m’empêche d’aller plus bas que vos genoux, » rétorqua Blaise avec une lueur mutine dans le regard.

 

Le Professeur se retint d’éclater de rire. Il ne comprenait décidément pas pourquoi les autres élèves ne voyaient pas le potentiel de ses Serpentards. C’étaient des enfants agréables et intelligents…Si on enlevait de l’équation les QI de Crabbe et de Goyle.

 

« Où est votre Préfet ? Demanda Rogue.

 

- Draco ? Interrogea Blaise en retour. Et bien…Il est…Dans les douches ! Oui, c’est ça, il se douche ! Il transpire beaucoup des pieds vous savez (Goyle éclata de rire, suivi par Pansy.)

 

- Et ça a l’air de vous faire très plaisir, remarqua Rogue avec un sourire qui en disait long sur le fait qu’il n’était pas dupe. Quand on parle du loup. Et regardez, il arrive de l’extérieur ! Monsieur Zabini, avez-vous une explication ? Peut être s’est-il douché chez les Gryffondor, par exemple. »

 

Draco venait d’entrer dans la Salle Commune, le visage fermé, les yeux brillants.

 

« D’où venez vous, Draco ? Questionna le professeur.

 

- D’un enfer émotionnel, Monsieur, rétorqua Draco. Y a-t-il un problème avec Siri…Heu…la potion, Monsieur ?

 

- Oui, en effet. Je vais laisser une note à Monsieur Zabini afin que votre absence de la journée soit excusée auprès de vos professeurs. J’ai besoin de vous pour surveiller la…potion. »

 

Draco hocha la tête, trop fatigué moralement pour dire à son professeur qu’il avait autre chose à faire que de surveiller un comateux. Son cœur était comprimé dans sa poitrine et il avait du mal à respirer. Il avait mal, tout simplement. Mal d’être pris pour ce qu’il n’était pas. Mal que le manque de confiance des autres le touche à ce point. Il se sentait trahi par son père et mal aimé par Harry.

 

 Il suivit Rogue dans ses appartements où le professeur lui offrit un café.

 

« Que se passe-t-il, Draco ? Demanda Rogue en prenant son menton entre son pouce et son index. Quelqu’un t’a blessé ?

 

- Professeur, répondit le jeune homme en évitant le regard qui le transperçait, vous feriez mieux d’aller en cours. Je m’occupe du toutou-sitting. »

 

Rogue hocha la tête et il sortit à contrecoeur. Il aurait voulu rester auprès de Sirius pour voir ses étonnants yeux gris foncés s’ouvrir sur lui. Il aurait voulu trouver un moyen d’effacer la tristesse que Draco semblait ressentir. Il entra dans sa salle de Potions à reculons. Pour la première fois de sa vie, il n’avait que faire des potions. Heureusement que le cours comprenait les Serpentard et les Gryffondor, ainsi il pourrait relâcher la pression en punissant joyeusement les rouge et or, en particulier Potter, qu’il suspectait d’être directement responsable du regard voilé de son élève préféré.

 

Harry était déjà installé depuis dix minutes lorsque Hermione et Ron le rejoignirent main dans la main. Blaise arriva au moment où Rogue pénétrait dans les cachots. Il poussa Ron pour s’asseoir entre eux et le rouquin grogna pour la forme car il adorait Blaise et son manque de tact légendaire.

 

« C’est pour vous empêcher de vous reproduire au milieu du cours, plaisanta Blaise en tirant les cheveux d’Hermione. Harry, qu’est ce que tu as encore fait à Draco ? »

 

Blaise souriait mais lorsqu’il vit l’air absent de Harry, son regard figé sur la chaise vide de Draco et ses yeux rougis, les coins de ses lèvres retombèrent et il le secoua. Aussitôt, Ron passa à coté de Harry pour être plus près de son ami.

 

« Il y a un problème, Harry ? Interrogea Ron en lui saisissant l’avant bras.

 

- Draco ne veut plus me voir, rétorqua Harry d’une voix blanche. Et le pire, c’est que je ne comprends pas pourquoi il me fait tout un scandale pour pas grand-chose finalement. Il est vraiment chiant.

 

- Raconte et laisse nous décider s’il est chiant ou non, lança Blaise d’un air morose. Il avait l’air complètement choqué tout à l’heure, et mon ami n’a jamais l’air choqué, même pas lorsque je lui parle de mon impressionnant diamètre burnaire. »

 

Harry soupira et il raconta toute l’histoire tout en faisant semblant de travailler sur sa potion. Il parla de Lucius Malfoy, de sa découverte terrifiante du futur - en passant certains détails concernant Blaise - et enfin, de la réaction de Draco. Etrangement, le Professeur Rogue ne l’interrompit qu’une fois pour le rappeler à l’ordre. Une fois son récit terminé, Hermione le toisa d’un air consterné en croisant les bras sur sa poitrine alors que Blaise secouait la tête d’un air incrédule. Seul Ron semblait être d’accord avec le Survivant.

 

« T’es naturellement débile ou tu as pris des cours ? Questionna Blaise.

 

- Bravo Blaise, bien amené, reprocha Hermione en lui tapant sur la tête. Tu vas tout nous l’énerver et après il ne voudra plus rien entendre.

 

- Si vous pouviez éviter de parler de moi comme si je n’étais pas là, ça m’arrangerait, maugréa Harry en se rongeant les ongles. Je ne vois pas ce que j’ai fait de mal, bon sang ! Non mais ne me dites pas que Draco a raison ! Il ne voit pas d’inconvénient à ce que j’aie couché avec son père sans me rendre compte qu’il ne s’agissait pas de Draco, mais il m’en veut de ne pas le lui avoir dit dès que je suis rentré. Il exagère.

 

- C’est vrai qu’il abuse, intervint Ron.

 

- Toi tu ne m’approches plus, tu m’entends ? S’écria Hermione. Finis les câlins pour toi, Ronald Weasley. Vous n’avez pas de cœur ou quoi ?! 

 

- Mademoiselle Granger, Messieurs Zabini, Weasley et, bien entendu, Potter, cracha le professeur Rogue. Chacun de vous vient de perdre cinq points et je rajoute deux heures de retenue. Les Gryffondor nettoieront mon laboratoire et vous, monsieur Zabini, j’ai entendu dire que vous aviez fait des miracles avec les Pouffsouffle de première année. Vous leur donnerez donc deux heures de cours de soutien en Potions. En attendant, vous perturbez mon cours. Veuillez sortir. Vous serez évidemment, interrogés sur la potion du jour dès demain. Dehors à présent ! »

 

Les quatre amis récupérèrent leurs affaires et ils sortirent. Ils s’installèrent dans le Grand Hall et Hermione entama la conversation.

 

« Harry, Ron, mettez vous à la place de Draco. Il n’est pas en colère parce que tu n’as pas parlé assez vite, Harry. Ce n’est pas ce qu’il te reproche. Il est déçu parce que tu t’es permis d’anticiper sa réaction et parce que tu ne le connais pas bien finalement. Que ressentirais tu à sa place ?

 

- Je serais énervé, c’est vrai. C’est comme quand il me prenait pour une star qui cherche à tout prix à faire parler de lui, j’étais fou de rage parce qu’il ne savait pas qui j’étais vraiment. Je comprends qu’il ait été vexé. Mais quand même, il m’a comparé à son père !

 

- Il voulait juste te blesser, remarqua Blaise. Ecoute, ça fait dix ans que je pratique le Draco Malfoy en deuxième langue, et je t’assure qu’il ne pense pas vraiment que tu es comme son père. Ton seul point commun avec Lucius, c’est la faculté que vous avez à faire mal à Draco, c’est tout.

 

- Toi tu es toujours de son coté de toutes façons, déclara Harry avec une mine déconfite.

 

- Ce n’est pas faux. Tu l’aimes non ? Alors va rattraper le coup et prouve lui que tu l’aimes au lieu de le lui dire. Il a besoin de le voir, pas de l’entendre. Tu sais qu’il tient à toi, n’est ce pas ?

 

- Je ne sais pas. J’ai l’impression qu’il a prit ce prétexte pour me quitter. Et dire que dans dix jours, l’attaque à Pré au Lard va avoir lieu ! Il faut que je puisse le protéger.

 

- Il n’a pas besoin de ta protection mais de toi, tout simplement, constata Hermione en lui prenant la main. Harry, il sait que tu n’es pas aussi fort que tu le montres, mais tu dois savoir que lui non plus n’est pas un roc. Vous êtes faits l’un pour l’autre, il suffit de vous regarder pour le savoir.

 

- C’est vrai, surenchérit Blaise. Vous êtes deux imbéciles bornés mais vous êtes heureux ensemble. Ça me dépasse, mais c’est la réalité. Regarde ta pauvre vieille tête, tu as l’air de suffoquer sans lui. Et je peux t’assurer qu’il n’est pas en meilleur état que toi.

 

- Il va me le faire payer, lança Harry en souriant faiblement.

 

- Tu peux compter sur lui pour te rendre la vie infernale pendant quelques jours, prédit Ron. Mais il te suffira de lui faire ton plus beau sourire et de baisser la tête en lui faisant tes petits yeux de chien battu et ça passera tout en douceur.

 

- Ronald, tu es un monstre calculateur, tu aurais dû être envoyé à Serpentard, déclara Hermione en l’embrassant.

 

- Vous rigolez, il n’est pas assez méchant pour être parmi les grands de ce monde, ricana Blaise. Bon Potter, si tu veux trouver ton sexy boy, il est dans les appartements de Rogue.

 

- Pardon ?!! S’exclama Harry en se levant d’un bond. Il est où ?

 

- Ah merdouille ! Non ce n’est pas aussi glauque que ça en a l’air. Il s’occupe d’une potion. Fais lui un peu confiance !

 

- Mais je lui fais confiance ! S’écria Harry avec sarcasmes. Après tout, il est tout à fait normal qu’un élève zappe les cours pour rester dans l’appart d’un professeur qui lui a déjà sauté dessus !  D’ailleurs, je vais aller de ce pas lui dire que j’ai confiance en lui !

 

- Je crois plutôt que tu vas le surveiller.

 

- Hermione, tais toi ! Ordonna Harry en partant à grandes enjambées.

 

- Ok, qui veut m’arracher un bras pour me taper dessus avec ? » Demanda Blaise.  

 

O

O

 

Draco était installé tranquillement sur une chaise, les pieds sur le lit où dormait Sirius. Il avait trouvé un livre de Potions Avancées et il le feuilletait distraitement. Trop énervé pour apprendre, il referma le livre avec fracas. Il se frotta les yeux et il renifla avec dédain.

 

« Ne vous réveillez surtout pas pour moi, dit-il à Sirius d’une voix rauque. Après tout, c’est mon travail de veiller sur un chien à poil. Je n’ai que ça à faire. Vraiment. Ce n’est pas comme si je devais voir votre satané filleul. On ne se verra plus. Vous voulez que je vous dise, Sirius ? Il est bloqué sur le mode « ne fais confiance à personne. » Je me demande si vous êtes pareil. Le professeur Rogue m’a dit que vous étiez quelqu’un d’agréable…Avant. Je le crois. Mais me retrouver avec vous n’est pas agréable, je suis désolé. J’ai besoin d’être en cours avec Harry, j’ai besoin de lui faire mal pour me sentir mieux. Avez-vous déjà eu l’impression qu’on vous plantait un couteau dans le dos en vous demandant gentiment si ça ne faisait pas trop mal ? C’est ce que je ressens avec Harry. Il me fait des sourires angéliques mais il me blesse. Ses « je t’aime » ne sont que des mots. Et pourtant, je me sentais aimé dans ses bras. Il a ce je ne sais quoi qui vous rend important quand il pose les yeux sur vous. Je crois que je ne suis pas aussi important que je le croyais. »

 

Il regarda l’homme endormi en souriant amèrement puis il alluma une cigarette.

 

« Vous connaissez mon père ? Oui, certainement, tout le monde le connaît. Le parfait enfoiré. Le chienchien à son Voldemort. Il a abusé de Harry, je suppose que vous l’ignorez. Je suis fou de rage. J’ai envie de le tuer pour ça. Il s’est servi de moi, il a pénétré dans mon intimité, pour faire mal à Harry. C’est inadmissible et, même si j’aime mon père, les choses ne seront plus jamais comme avant. C’est bien, on peut vous parler, Sirius, vous avez une qualité d’écoute indéniable, ironisa Draco en tirant sur sa cigarette. C’est terrible car je laisse tomber Harry au moment où il a besoin de moi. Mais je ne peux pas renier ce que je ressens et j’ai mal Sirius, j’ai tellement mal quand il ne me fait pas confiance. »

 

Il éteignit sa cigarette et il toisa longuement Sirius. L’Animagus était allongé sur le dos à présent. Draco remonta la couverture sur son torse décharné et il se coucha à coté de lui.

 

« Il me rendra fou, Sirius, murmura Draco en sentant ses yeux le piquer. Vous croyez que je suis normal ? Je veux dire, j’aime un homme qui ne sait même pas qui je suis. Et je suis là, à en parler avec un gentil toutou, tout ça parce que je suis incapable de dire ce que je ressens. Si vous ne dormiez pas, vous n’en sauriez rien. J’ai parfois l’impression que seul Blaise peut me comprendre, et pourtant, ce type prétend savoir communiquer avec ses testicules ! Ça vous en dit long sur ses troubles psychiques. Tout cela me fatigue tellement. »

 

Il ferma les yeux, juste pour se relaxer et, avant qu’il n’ait eu le temps de se sentir partir, il s’endormit contre l’épaule de Sirius.

 

Il se réveilla une demie heure plus tard et, au début, il lui sembla qu’il avait juste cauchemardé sa dispute avec le Survivant. Mais la douleur était toujours là, cette impression d’avoir été poignardé dans le dos par son père et d’avoir été piétiné par Harry. Il fit un prodigieux bond en arrière lorsqu’il s’aperçut que deux prunelles gris foncé le fixaient avec intérêt.

 

« Oh bordel, articula-t-il avec difficulté. Sir…Je veux dire, Monsieur Black, vous êtes réveillé.

 

- Je m’appelle Sirius, pas Monsieur Black, déclara l’Animagus d’une voix rauque et faible. Tu es le fils Malfoy, n’est ce pas ? Draco ?

 

- Comment le savez vous ? Demanda Draco en servant un verre d’eau à Sirius.

 

- Tu as cette couleur de cheveux indéfinissable, la marque de fabrique des Malfoy ; et les yeux des Black. Et accessoirement, le Baron Sanglant m’a dit que tu cherchais à me faire revenir, aidé par Rogue. Je pense que vous ne vouliez pas parler de cela avant d’être certains que j’étais bel et bien en vie (Draco hocha la tête.) Tu dois être un sorcier très doué pour être parvenu à me sortir de là bas.

 

- Je n’étais pas seul, le professeur Rogue m’a vraiment bien épaulé. Mais je suis, effectivement, très doué. Le Baron Sanglant m’a expliqué que vous n’aviez pas confiance en Rogue, mais vous devez savoir que vous pouvez mettre votre vie entre ses mains, jamais il ne cherchera à vous nuire.

 

- Je ne peux pas le supporter, c’est physique. James et Lily m’ont pourtant affirmé que je devais ouvrir mon esprit en ce qui le concerne, mais je n’y arriverai jamais.

 

- Et bien il faudra essayer Médor, parce que c’est à lui que vous devez votre retour parmi nous. A lui et à ce chat hideux, Pattencercle ou en rond, peu importe. Alors dites vous bien que si vous blessez, de quelque manière que ce soit, le professeur Rogue, je vous renvoie jouer sous l’arche, c’est bien compris ? »

 

Sirius éclata d’un rire qui s’apparentait à un aboiement et Draco recula un peu, certain qu’il avait perdu la raison. Sirius lui saisit le poignet, sans serrer, et il observa longuement Draco avec une lueur de malice au fond des yeux. Draco ne pu s’empêcher de remarquer que son visage conservait les vestiges de ce qui avait dû être une très grande beauté, avant qu’Azkaban ne la gâche. Sirius lui fit un grand sourire et Draco pensa immédiatement qu’il devait lancer un sortilège pour blanchir ses dents jaunies, ce qu’il fit d’un geste désinvolte de la main.

 

« Tu me plais beaucoup, déclara Sirius en lâchant son poignet. Tu as du caractère, comme moi à ton âge.

 

- Tant que je ne me transforme pas en sac à puces. Je vais vous chercher de quoi manger, profitez-en pour prendre un bon bain. Je vous apporterai mes vêtements, parce que ceux de Rogue seront un peu courts.

 

- Je te remercie. Où sommes nous exactement ?

 

- Nous sommes chez le professeur Rogue et c’est là que vous allez vivre pendant quelques temps. »

 

Sirius eut une moue écoeurée et Draco se retint de lui lancer une remarque cinglante.

 

« Ne bougez surtout pas d’ici, » ordonna-t-il en sortant des appartements.  

 

Il manqua de tomber lorsqu’il rentra dans Harry. Le Gryffondor l’attrapa par la taille pour le retenir et aussitôt, la chaleur du blond transperça le corps et l’esprit de Harry. Il était face à celui qu’il aimait et dont chaque expression du visage était un ravissement pour les yeux. Il voulait hurler, supplier mais au lieu de cela, il recula un peu.

 

« Que fais tu chez Rogue ? Demanda-t-il d’un air grave.

 

- Je t’emmerde, et tout bien considéré, je t’emmerde partout où je me trouve, pas seulement chez Rogue. Lâche moi la jambe et va jouer à compter les bonbons collés sur la barbe du vieux sénile qui nous sert de Directeur.

 

- Je t’ai connu plus incisif que ça.

 

- Il faut croire que tu ne m’inspires plus, Potter. »

 

Draco s’éloigna à grandes enjambées et Harry ne chercha pas à le retenir. Il était trop tôt pour eux deux. Draco se rendit dans les cuisines et il retourna chez Rogue les bras chargés de gâteaux et de jus de fruit qu’il posa sur la table du salon. Il fit ensuite un crochet par son dortoir pour y prendre un jean noir, une ceinture et un pull gris clair. Il prit également une robe noire, parce que tout sorcier qui se respecte se doit d’avoir une robe.

 

Alors que Draco fouillait dans ses affaires pour trouver la tenue idéale pour Sirius et que Harry était en train d’énumérer ses erreurs en contemplant les collines du haut de la Tour d’Astronomie, le professeur Rogue entrait dans ses appartements, le cœur au bord des lèvres. Il ne parvenait pas à se concentrer et il avait besoin d’avoir des nouvelles de Sirius, même s’il devait, pour cela, arriver en retard pour son prochain cours. Il pénétra sans faire de bruit dans la chambre et son souffle se bloqua dans sa poitrine. Par la porte de la salle de bains restée ouverte, il voyait Sirius, le corps et les cheveux ruisselants. L’Animagus était debout devant le miroir mural et il s’observait avec dégoût, comme s’il prenait conscience pour la première fois de sa beauté perdue.

 

Il caressait ses cotes apparentes d’une main tremblante, comme s’il voulait palper son corps pour s’assurer que ses yeux ne le trompaient pas. Il lissa ensuite ses longs cheveux avec lenteur, une tristesse immense se lisait sur son visage émacié. Il se regarda dans les yeux avant de baisser la tête, les épaules voûtées alors que le poids de sa jeunesse perdue semblait l’écraser.

 

Severus expira lentement. Il ne voyait pas la nudité de Sirius, il se moquait de l’attrait sexuel qu’avait toujours exercé sur lui l’Animagus, il ne percevait que sa tristesse et sa solitude. Severus voulait se poster derrière Sirius et entourer sa taille de ses bras réconfortants, lui murmurer à l’oreille que tout irait bien et que, pour lui, Sirius serait toujours l’être le plus beau qui ait jamais existé. Il avait besoin de le serrer contre lui, de respirer ses cheveux, d’enfouir son visage dans le cou de l’Animagus et de lui crier qu’il ne pouvait pas respirer correctement sans lui, qu’il l’aimait si intensément qu’il en avait mal.

 

Sirius entoura sa taille d’une serviette et il chercha un peigne. Severus rêvait de coiffer les cheveux lisses du brun. Il rêvait de pouvoir émettre ne serait-ce qu’un son pour signifier sa présence, mais l’émotion lui nouait la gorge. Il tremblait comme une feuille, et ses bras manquaient cruellement du corps tant aimé. Sirius agrippa l’évier à deux mains et il secoua la tête, comme pour chasser sa propre image de son esprit.

 

Une délicieuse odeur d’eau de toilette que Severus n’identifiait que trop bien le sortit de sa contemplation. Draco lui fit signe d’aller vers Sirius mais Severus mit un doigt sur sa bouche pour imposer le silence à son élève.

 

Comme il le connaissait mal !

 

Draco toussota et il fit son plus beau sourire alors qu’il approchait de la salle de bains, les vêtements propres à la main. Sirius se retourna vivement, toute trace de tristesse effacée de son visage. Il offrit à Draco une mine radieuse, même s’il avait toujours l’air très fatigué.

 

Tellement différents mais si ressemblants, constata intérieurement Severus.

 

« On ne peut que se rappeler que tu fais partie d’une des plus riches familles du pays si tu t’habilles comme ça, constata Sirius en admirant la coupe parfaite et l’étoffe luxueuse du pantalon que Draco lui tendait.

 

- C’est le but recherché, lança Draco en faisant claquer sa langue devant l’évidence. Professeur, ne restez pas à l’écart, venez saluer votre invité. »

 

Severus dû faire un effort considérable pour ne pas jeter un sortilège très douloureux au jeune homme. Il approcha lentement et Draco dû également se faire violence pour ne pas lui hurler dessus en voyant que le professeur abordait un visage fermé.

 

« Black, lança-t-il en hochant la tête.

 

- Snivellus, rétorqua Sirius en enfilant rapidement le pantalon et la chemise. »

 

- Magnifique réunion d’adultes qui savent mettre de côté leurs antagonismes pour vaincre le mal, » lança Draco en soupirant.

 

Il avait autre chose à faire que d’assister à ces pitoyables retrouvailles entre deux adolescents de trente et quelques années. Il avait tant de choses à faire. S’écrouler sur son lit pour maudire Harry était en tête sur sa liste. Les deux « adultes » devant lui se contentaient de se jeter des regards haineux en reniflant d’une manière qu’ils voulaient dédaigneuse mais qui, pour Draco, s’apparentait plutôt à des bruits de gorets.

 

« Bon, comment fait-on ? Demanda-t-il en croisant les bras. Vous vous tapez dessus et je compte les points ou vous vous conduisez en gentlemen ?

 

- On se tape dessus, » choisit Sirius en observant avec attention Severus.

 

Quelque chose avait changé en lui et Sirius en était estomaqué. Ses cheveux étaient brillants de propreté et, même s’il portait toujours ses robes noires qui volaient gracieusement autour de lui, il avait mis une chemise claire et ce détail le rajeunissait considérablement. Il remercia intérieurement Draco de lui avoir prêté des vêtements qui avantageaient autant sa longue silhouette.

 

Minute, minute, depuis quand ces questions purement esthétiques m’intéressent ? Se demanda Sirius sans quitter Severus des yeux.

 

« J’ai un cours à donner, déclara froidement Severus. Je n’ai pas le temps de me battre avec toi comme un gosse.

 

- C’en est trop ! S’écria Draco en attrapant son professeur par l’épaule. Vous allez devoir vous entendre, d’une manière ou d’une autre, parce que je vous signale que vous allez cohabiter. Il est hors de question que je vous prenne avec moi, Sirius. Les animaux sont interdits dans les dortoirs.

 

- Tu es aussi Animagus, Draco, » remarqua Rogue en souriant.

 

Sirius éclata de rire une fois de plus.

 

« Décidément, tu me plais de plus en plus, dit-il en se tenant les côtes. Tu es exactement comme moi à ton âge : la bouche grande ouverte pour dire…rien, en fait ! 

 

- Ok, démerdez vous entre vous, répliqua sèchement Draco dont le regard s’était considérablement assombri. Je n’ai pas la force de vous supporter aujourd’hui et vous me rendez malade avec vos querelles. Quant à vous, Sirius, je ne suis pas vous, alors ayez l’amabilité d’éviter de vous foutre de moi ! Ce n’est pas le moment, vous m’entendez ?! Ce n’est pas le moment ! »

 

Il ne pouvait plus se contrôler et des larmes de rage naquirent dans ses yeux obscurcis par la colère et la douleur. Il n’avait pas pleuré depuis une éternité et voilà qu’il sentait arriver le point de rupture, à cause de Harry. Sirius passa un bras autour de ses épaules et il serra Draco plus fort lorsque ce dernier tenta de se débattre. Il le fit asseoir sur le lit et il s’accroupit devant lui. Severus s’installa à côté de son élève et, au moment où il voulut lui prendre la main, Sirius avança la sienne. Leurs doigts se frôlèrent et aussitôt, un courant électrique passa dans le corps du professeur.

 

« Ecoute moi, Draco, déclara Sirius d’une voix rauque et basse. Je ne voulais pas te blesser, c’était juste une plaisanterie. Tu me fais penser à moi parce que tu es doué, beau en plus d’être intelligent, comme moi à ton âge. »

 

Draco plongea ses prunelles grises claires dans les yeux gris foncés de Sirius et il s’autorisa à sourire lorsqu’il vit que l’Animagus ne pensait pas un mot de sa dernière phrase. Sirius ne comprenait pas pourquoi le jeune homme avait le don de l’émouvoir à ce point. Peut être était ce parce qu’ils étaient deux membres de la même famille, peut être était ce simplement parce qu’ils aiment tous les deux Harry. Sirius comme un père, et Draco comme un amant.

 

« Je veux que tu saches que je te suis reconnaissant de m’avoir ramené parmi vous, poursuivit Sirius, j’ai une dette de sorcier envers toi et envers Severus. Nous sommes liés tous les trois à présent et je t’assure que je vais faire un effort, mais donne moi un peu de temps. J’ai perdu depuis bien longtemps l’habitude de communiquer. Severus, tu peux aller donner ton cours, je ne casserai rien chez toi. »

 

Severus hocha la tête et il se leva.

 

« Je voudrais que vous vous serriez la main, » murmura Draco.

 

Sirius se leva et il fit face à Severus. Tous deux s’observèrent longuement, comme pour savoir lequel devait tendre la main en premier.

 

« Vous êtes lourds, tonna Draco. Celui qui tend la main en premier n’a pas forcément le plus petit pénis, vous saviez ça ? »

 

Les deux hommes sourirent et ils se serrèrent la main, un peu trop fort pour sceller une réelle réconciliation.

 

« Je serais comblé si vous vous embrassiez.

 

- Dis donc mon grand, tu pousses le bouchon un peu loin. Ce n’est pas parce que tu es homosexuel qu’il faut chercher à convertir tout le monde, déclara Sirius à un Draco médusé.

 

- Je le suis aussi, » lança Severus sans pouvoir croire à sa propre audace.

 

Sirius fit un signe de la main qui signifiait qu’il s’en fichait et Rogue sortit avant de voir la stupeur se dessiner sur les traits de l’ancien Gryffondor. Draco se rendit dans la cuisine avec Sirius et ils se mirent à dévorer tout ce qui leur passait sous la main.

 

« Tu sais, reprit Sirius en avalant un énorme morceau de poulet froid, j’ai entendu ce que tu disais avant de t’endormir. Tu as eu une dispute avec Harry ? Quand pourrai-je le voir d’ailleurs ?

 

- D’ici deux ou trois jours, quand vous serez reposé. Quant à mon histoire avec Harry, elle ne regarde que Harry et moi, même si dès demain, toute l’école saura qu’on s’est séparés. Je trouve que pour quelqu’un qui revient d’aussi loin, vous n’êtes pas très déstabilisé.

 

- C’est normal, je suis au courant de pratiquement tout. James et Lily Potter m’ont raconté beaucoup de choses. Comme ta liaison avec mon filleul, ma réhabilitation aux yeux du monde sorcier et j’en passe. D’ailleurs, je n’en reviens pas d’être simplement décoré de l’Ordre de Merlin première classe à titre posthume. Le Ministère n’a même pas reconnu ses erreurs en ce qui me concerne.

 

- C’est inadmissible, en effet. Quelque chose m’intrigue. Les morts peuvent vraiment nous voir ? Je veux dire, ils peuvent vraiment TOUT voir ?

 

- Bien sûr que non. Ta vie intime ne les concerne pas. Ils ne voient rien, en fait. Ils sont juste informés de certaines choses. Ne me demande pas comment, je ne le sais pas moi-même. On dirait qu’ils reçoivent les nouvelles par télépathie. Ecoute Draco, je connais bien mon filleul et je sais que s’il a mal agit avec toi, c’est uniquement parce qu’il ne sait pas comment communiquer, il n’en a pas l’habitude. Il est comme moi sur ce point.

 

- Les parents de Harry vous ont-ils parlé du professeur Rogue ? Questionna Draco en croquant dans une poire.

 

- Oui, ils m’ont juste dit que je devais lui donner une chance car il n’est pas aussi mauvais qu’on le pensait. Enfin, que James et moi le pensions, parce que Lily et Remus Lupin, eux, ils ont toujours dit qu’il y avait du bon en lui. Il me faudra du temps pour trouver ce qu’il peut y avoir de bon dans cet homme, mais qui sait ?

 

- C’est quelqu’un de bien, je peux vous l’assurer. L’homme qui partagera sa vie sera choyé et heureux, je le sais, répondit Draco en fixant intensément Sirius. Severus Rogue est le genre de personne qui se saignerait pour l’être qu’il aime.

 

- Draco, pourquoi deux Serpentard m’ont-ils fait revenir ?

 

- Parce que je voulais réaliser le rêve de Harry, et parce que vous manquiez à Severus.

 

- Je manq…quoi ?

 

- Oops, ce n’est pas ce que je voulais dire, » répondit Draco avec une mine faussement contrite.

 

Les deux cousins passèrent la journée à discuter et à imaginer les plans les plus abracadabrants pour se débarrasser de Voldemort. Dès que le professeur Rogue rentra, Draco prit congé et il retourna dans son dortoir, ignorant les appels de Pansy et Gregory quand il traversait la Salle Commune. Il prit une douche puis il enfila un boxer et il tira les rideaux. Il s’effondra sur son lit, la tête enfouie dans l’oreiller. La voix de Blaise le tira de ses mornes pensées.

 

« Entre, » lança Draco d’une voix éteinte.

 

Blaise se coucha à coté de lui et il caressa ses cheveux soyeux.

 

« Harry m’a raconté, commença Blaise. Je suis désolé Draco.

 

- Pas de problème, grommela Draco en tournant le dos.

 

- Menteur, rétorqua Blaise en remontant la couverture sur eux et en entourant la taille de Draco. Alors tu vas quand même partager tes pouvoirs avec lui ?

 

- Non, c’est un procédé qui nécessite de la magie noire et Dumbledore refuse. Quant à moi, je pense qu’une telle cérémonie serait inutile étant donné qu’on a déjà le même genre de pouvoirs. Et puis ça le lierait à Voldemort, c’est trop dangereux. Je n’ai pas du tout envie de parler de Potter. Tu ne veux pas aller jouer avec tes testicules ?

 

- Non, elles ne veulent plus me parler depuis qu’elles ont réceptionné le livre de cette élève de Pouffsouffle, le jour de ma retenue. Tu sais, quand elle a tout fait exploser. (Il entendit Draco pouffer de rire). Sérieusement, petit prince exigeant, tu ne vas tout de même pas tout arrêter avec Harry ?

 

- Si.

 

- Je ne te crois pas. Je sais qu’il a été maladroit, mais essaye de te mettre à sa place. Tu es imprévisible et il est normal qu’il ait craint ta réaction au point de l’anticiper en imaginant le pire.

 

- Je ne suis pas un méchant démon qui bouffe tout le monde, quand même !

 

- Tu n’es pas non plus un ange qui suce gentiment tout le monde.

 

- Tu es un porc, Blaise.

 

- Tu es adorable, Draco. Je sens bien que quelque chose te blesse. Si ce n’est pas uniquement Harry, qu’est ce…Ok, excuse moi de ne pas avoir pensé à ça plus tôt. Bien entendu, tu es sous le choc parce que tu ne pensais pas ton père capable d’une telle ignominie, donc tu as réagi de manière irrationnelle avec Harry.

 

- J’étais tout à fait rationnel avec Potter, mais oui, je suis choqué au-delà des mots en ce qui concerne mon père. »

 

Blaise resserra son étreinte autour de la taille de Draco et il fit son possible pour le réconforter. Puis il lui expliqua que le samedi suivant, ils seraient attaqués à Pré au Lard. Draco ne sembla même pas s’en inquiéter et il s’endormit en pensant à toutes les horreurs qu’il pourrait dire à Harry, pour soulager sa propre peine.

 

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Au même moment, Severus contemplait le visage endormi de Sirius. Ils s’étaient difficilement adressés trois mots au cours de la soirée, et ils avaient fini par se plonger dans la lecture. Severus prit le livre des mains de son aimé et il le posa sur la table. Il remonta les couvertures sur son corps et il résista à l’envie d’embrasser son front. Il ferma la porte de la chambre et, comme la veille, il se coucha sur le canapé.

 

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Cette nuit là, Harry ne ferma pas l’œil. Il comprenait ses erreurs mais il doutait que Draco accepte de l’entendre. Il était jaloux de le savoir chez Rogue et tout ce ressenti se mélangeait en lui. Il s’insinuait en lui tel un poison et Harry passait de l’euphorie à l’espoir, puis la déprime, en passant par la jalousie brûlante et venimeuse. Il voulait pleurer mais il n’y arrivait pas. Peut être sa peine aurait-elle pu être soulagée si seulement il avait pu extérioriser ce qu’il avait en lui.

 

Les deux jours suivants ne furent qu’une répétition du premier. Harry naviguait dans un flou désagréable et il avait du mal à se concentrer. Il ne dormait pas, il mangeait peu et il lui semblait qu’un poids énorme lui pesait sur le cœur. Toute l’école était au courant de sa rupture avec Draco et certains élèves s’étaient permis de lui faire des avances. Harry n’imaginait pas qu’il plaisait à tant de personnes au sein de l’établissement. Il les repoussait sans faire preuve de tact, il n’avait plus la force ni l’envie d’avoir du tact. Il voulait Draco.

 

Draco qui évoluait gracieusement au milieu de sa cour d’admirateurs. Draco qui l’ignorait superbement à un moment, et qui lui jetait des remarques douloureuses à la figure juste après. Harry savait qu’il était champion dans l’art de la défense par l’attaque mais il avait mal. Il lui semblait que sa relation avec Draco était en complète régression et que le blond ne voulait pas qu’ils soient proches à nouveau.

 

Le Préfet des Serpentards avait quand même dit à Hermione qu’il ne changerait pas de camp sous prétexte que Harry était un « immonde bâtard » et Harry était rassuré à ce sujet. Pourtant, il avait l’impression que rien n’allait. Le pire était que Draco semblait tout à fait à l’aise. Il était toujours impeccablement vêtu et il portait toujours fièrement son apparence froide et détachée. Le Prince de Glace riait et plaisantait quand même avec ses sujets, ce qui avait le don de mettre les nerfs de Harry à rude épreuve. Il supportait mal que les sourires de Draco soient dirigés vers quelqu’un d’autre que lui. 

 

Le jour et la nuit, il ne pensait qu’à la voix de Draco, à ses yeux troublants, et à son corps parfait. Il était obsédé par sa peau d’une pâleur et d’une douceur indécente, par ses cheveux qui rivalisaient avec les rayons du soleil tant ils illuminaient la vie de Harry. Tout lui manquait, de sa façon de bouger à ses petits sons sensuels qu’il produisait lorsque Harry se mouvait dans son corps, entre le souffle et le gémissement. Il voulait sentir Draco en lui à nouveau, ses lèvres contre les siennes pendant qu’il prenait tout son temps pour faire monter le plaisir chez Harry, rendant le brun fou d’impatience. Il voulait entendre les remarques sarcastiques du blond…tout mais ne pas subir son absence plus longtemps.

 

Le matin du quatrième jour, Harry déjeunait dans la Grande Salle en compagnie de Ron et Hermione, plus inquiets que jamais. Blaise vint les saluer, comme à son habitude. Il observa avec un air atterré le visage fatigué de Harry et ses gestes nerveux, seuls signes apparents de son mal être.

 

« Ressaisis toi, Harry, ordonna-t-il avec un regard doux qui contrastait avec le ton de sa voix. Tu ne dois pas subir mais agir. Attrape le par le col et plaque le contre un mur. Mets lui ton pied au cul et force le à t’écouter.

 

- Brillante idée, ironisa Harry. Ça suffit Blaise. C’est fini et je suis en train d’essayer de m’y faire, alors toi aussi, aide moi et habitue toi ! ? Ne rends pas les choses plus difficiles qu’elles ne le sont.

 

- Les choses ne sont pas difficiles. Se prendre ma bite sur la tête, ça c’est difficile, parce qu’elle pèse lourd, mais se disputer avec Draco est une chose facile. Ridiculement facile. Vous vous disputez depuis que vous vous connaissez. Et, sincèrement Harry, tu en connais beaucoup des gens qui se séparent et qui portent encore la bague et le bracelet de leur ex ? »

 

Harry se tourna brusquement vers Draco et il constata qu’en effet, l’homme de sa vie n’avait  enlevé ni la bague, ni le bracelet que Harry lui avait offerts.

 

« C’est un message, intervint Ron. Harry, Blaise a raison. »

 

Se sentant observé, Draco se retourna à son tour et il toisa Harry avec haine. Harry se contenta de lui sourire. Puis il se leva, prévint Hermione et Ron qu’il n’irait pas en cours, et il monta dans la Tour Gryffondor. Il se coucha et, pour la première fois en quatre jours, il trouva le sommeil en pensant que tout s’arrangerait.

 

Il fut réveillé deux heures plus tard par un coup de pied donné dans son matelas. Il ouvrit les yeux, chercha ses lunettes à tâtons, et il se demanda s’il ne rêvait pas encore lorsqu’il aperçut Draco devant lui. Il dardait sur lui un regard hautain et las, comme se le fait de se trouver face à Harry l’ennuyait profondément.

 

« Habille toi, ordonna Draco d’une voix dure en lui lançant sa robe à la figure. Je vais te présenter le nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal.

 

- Comment t’y es tu pris pour faire renvoyer Lupin ? Questionna Harry en se rendant dans la salle de bains pour se passer de l’eau sur le visage et se laver les dents.

 

- Ne dis pas n’importe quoi, tu sais que je n’ai aucune influence sur Dumbledore, rétorqua Draco en s’accoudant sur l’encadrement de la porte. Lupin va faire cours avec l’aide du nouveau professeur, ça nous évitera de rater des séances lorsqu’il est malade à cause de ses transformations. Pour ma part, je trouve toujours inacceptable que le vieux nous ait collé un loup garou dans les pattes mais qu’y puis-je ? Maintenant bouge toi, je n’ai pas toute la journée devant moi.

 

- Draco, un jour il faudra qu’on parle, lança Harry en le prenant par la taille.

 

- Dans tes rêves. »

 

Draco fit demi-tour et il sortit du dortoir en trombes, sans s’inquiéter de savoir si Harry le suivait ou non. Harry suivait bel et bien, intrigué et inquiet dans la mesure où Draco le conduisait dans les cachots, plus précisément dans les appartements de Rogue.

 

« C’est ça que tu faisais avec Rogue ? Vous laviez le cerveau du nouveau prof ? Demanda Harry. 

 

- Forcément, Potter. Je suis tellement mauvais qu’il est logique que je prévienne le professeur. Je l’ai bien mis en garde que s’il couchait avec mon père, je le prendrai très mal, puisque tu veux que je le prenne mal. Bête et discipliné, c’est ce que je suis. 

 

- Communication impossible, remarqua Harry avec tristesse.

 

- Tu fais bien de le dire. »

 

Draco le fit entrer et la première chose que vit Harry fut le professeur Rogue installé dans le salon, seul. L’esprit de Harry hurlait « non, pas lui » mais il garda une attitude détachée. Rogue lui lança son éternel regard dédaigneux avant de se concentrer sur son livre. Draco prit Harry par la manche et il le conduisit dans la cuisine. Harry tomba sur Remus Lupin qui étreignait un homme de dos. Le loup-garou semblait sur le point de se mettre à pleurer.

 

Le cœur de Harry battait follement et ses mains devinrent soudain moites. Cet homme de dos, à la longue silhouette, aux cheveux noirs tombant dans le bas de son dos, Harry le connaissait. Il l’avait vu dans la Pensine d’Hermione. Son esprit lui disait pourtant que c’était impossible. Il avait tant voulu y croire auparavant, et à présent, il se trouvait en présence de Sirius. Ses jambes se dérobèrent et Draco le retint par la taille avant qu’il ne s’effondre. Harry ôta ses lunettes et Draco vit que ses yeux verts brillaient à cause des larmes qu’il retenait.

 

« C’est…Lui ? Interrogea Harry à voix basse.

 

- Oui, Harry, c’est Sirius. 

 

- Comment… ?

 

- C’est une longue histoire, et j’ai déjà assez de problèmes avec Dumbledore pour ça. Sirius te racontera tout. »

 

Remus ouvrit les yeux, qu’il avait fermés pour mieux apprécier le parfum de son ami serré contre lui. Lorsqu’il vit Harry, il repoussa doucement Sirius et il lui fit signe de se retourner. L’Animagus observa alors son filleul en état de choc. Harry pleurait et riait en même temps. Sirius s’approcha de lui et il le prit par les épaules pour l’étreindre avec émotion. Draco se sentit soudain heureux d’avoir pu contribuer à rendre Harry heureux. Il sortit en silence de la cuisine pour rejoindre les professeurs Lupin et Rogue dans le salon.

 

Harry était submergé par des émotions si fortes qu’il n’arrivait pas à les contrôler. Il palpait frénétiquement les épaules et le visage de Sirius, pour s’assurer qu’il était bel et bien là, en vie et souriant. Harry ne voulait plus lâcher le cou de son parrain, il le serrait aussi fort qu’il le pouvait pour lui faire comprendre qu’il comptait énormément, et qu’il l’aimait, même s’il n’avait jamais su le lui dire.

 

« Je sais, murmura Sirius à son oreille alors que ses mains caressaient son dos. Je sais que ça a été dur pour toi, mais je suis là et je compte rester ici pour qu’enfin tu aies un adulte à qui parler. »

 

Il fit asseoir Harry et il s’assit en face de lui, en prenant ses mains dans les siennes. Il avait oublié à quel point son filleul lui avait manqué. Il le regarda intensément avant de poursuivre.

 

« Tu sais, j’étais avec tes parents et ils veulent que tu saches à quel point ils t’aiment. Ils sont si fiers de toi, pas parce que tu es le Survivant, mais parce que tu as eu la force de reconnaître tes sentiments pour Draco et de les assumer pleinement. Ils étaient tellement inquiets. Ils craignaient que tu n’oses jamais te déclarer et que tu soies malheureux, comme l’est Servilus.

 

- Tu…Tu es au courant pour Rogue ? Demanda Harry, la gorge nouée par l’émoi.

 

- Je ne sais pas ce qu’ils ont voulu dire à propos de Rogue et, sincèrement, je ne veux pas le savoir. »

 

Harry était tenté de tout lui dévoiler au sujet des sentiments que son professeur de potions éprouvait pour lui, mais sa conscience le retint juste à temps. Rogue n’était pas le sujet du jour et seul comptait Sirius et son incroyable retour. Harry sentit ses mains trembler dans celles de son parrain et Sirius lui fit un sourire apaisant. Harry le lui rendit alors qu’une joie immense mêlée de tristesse envahissait son esprit. Il était comblé de revoir Sirius et d’avoir la réponse à la question qu’il se posait depuis qu’il se savait homosexuel, à savoir qu’il ne décevait pas ses parents, mais en même temps, il se sentait coupable d’avoir souhaité le retour de Sirius plus que celui de ses propres parents. Peut être cela venait-il du fait qu’il connaissait Sirius alors qu’il ne se souvenait même pas de ses parents. Il serra plus fort les mains de Sirius, réfrénant son envie de se blottir à nouveau dans ses bras.

 

« Nous avons des milliers de choses à nous dire, poursuivit Sirius. Allons faire un tour au bord du lac, j’ai besoin d’air, ces cachots me rendent claustrophobe. Encore deux ou trois jours et mes appartements seront prêts, je pourrai enfin quitter cette atmosphère pesante.

 

- Que veux tu dire ?

 

- Je ne sais pas si tu as déjà remarqué, Harry, mais Severus Rogue n’est pas exactement le genre de personne qui communique facilement. On s’est décroché trois phrases en trois jours, c’est très stressant. Il n’a pas plus envie de me voir chez lui que moi d’être chez lui.

 

- Je crois que tu es aveugle, Sirius. Rogue se protège juste contre toi, parce que vous ne pouvez pas parler sans vous sauter à la gorge.

 

- Il devrait sortir avec Remus, ça le rendrait meilleur, constata Sirius.

 

- C’est déjà fait, et ça n’a pas marché. » Rétorqua Harry en sortant de la cuisine un grand sourire sur les lèvres.

 

Enfin, il n’avait plus l’impression d’être un orphelin, sa figure paternelle la plus fiable était de retour. Il réprima son envie de courir dans les couloirs pour hurler et il se contenta de marcher, aussi près de Sirius que possible, juste au cas où il tenterait de s’échapper.

 

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Il ne fallut pas plus d’une demie journée pour que toute l’école soit au courant du grand retour de Sirius Black et du fait qu’il allait donner des cours à Poudlard. La majorité des élèves attendait l’heure de Défense contre les Forces du Mal avec une fascination et une impatience à peine dissimulée. Etrangement, les Serpentard étaient les plus excités à l’idée de se trouver en présence du légendaire Sirius Black, en particulier après que le Baron Sanglant leur ait raconté les mille et unes facéties de Sirius en tant qu’élève dans cette école.

 

Le lendemain, Blaise et Théodore Nott se trouvaient à présent dans le cours de Hagrid et ils parlaient de toutes les questions qu’ils avaient à poser au professeur Black. Draco se tenait éloigné, agacé par toute cette effervescence et encore très contrarié du mois de retenue que Dumbledore lui avait donné pour avoir pratiqué de la magie noire au sein de l’établissement.

 

Vieux con sénile, pensa Draco en jouant avec les cheveux de Pansy. Il était bien content de revoir son précieux Sirius Black pourtant. Un mois de retenue pour avoir rendu tout le monde heureux, c’est à vous dégoûter de vouloir aider les gens.

 

« Aujourd’hui, fanfaronna Hagrid, nous allons nous intéresser aux Licornes ! J’en ai même ramené une ! Tadam !

 

- Sans vouloir faire retomber votre belle excitation, nous avons déjà travaillé sur les Licornes l’année dernière, siffla Draco avec dédain. Vous savez, le professeur Gobe Planche était très compétente, elle.

 

- Tais toi Malfoy, ou tu vas manger tes dents, prévint Ron.

 

- J’ai peur, ricana Draco. Tu sais, Weaslaid, tu n’es pas obligé de lécher les pieds des professeurs, tu ne gagneras rien à le faire…Dommage, ta famille aurait bien eu besoin d’un gallion ou deux.

 

- Arrêtez ça immédiatement, tonna Hagrid. Je vais chercher une autre créature, personne ne bouge une oreille !

 

- ça va être dur pour Weaslaid, au moindre coup de vent, ses oreilles flottent tels de grands étendards…

 

- Draco arrête ! » S’écria Hermione en rattrapant Ron au moment où il allait se jeter sur le blond.

 

Draco resta tranquille un moment, le temps que Hagrid revienne avec un hippogriffe. Dès lors, Draco se releva d’un bond et il fit quelques pas en arrière.

 

« Vous avez perdu la raison !? Hagrid, ce machin est dangereux ! Faites moi disparaître cette bestiole merdique ! »

 

L’hippogriffe se jeta sur Draco qui poussa un cri avant de plonger ventre à terre. Il ferma les yeux, attendant la lacération mais, au lieu de cela, il sentit un poids se coucher sur lui et un bras protéger sa tête. Le corps au dessus de lui se tendit et Draco reconnu l’odeur incomparable de Harry. Il se sentit soudain minable. Heureusement pour lui, l’hippogriffe en question n’était autre que Buck et, connaissant Harry, il ne l’avait pas attaqué.

 

« Putain Draco, combien de fois faudra-t-il te répéter que l’hippogriffe est une créature fière qui ne supporte pas les insultes, » pesta Harry en se relevant.

 

- Désolé, » murmura Draco en époussetant sa robe, le rouge aux joues.

 

Harry se rapprocha soudain de lui et il prit son visage entre ses mains. Plus personne n’existait autour de lui, il ne voyait que les yeux gris qui caressaient les siens, il ne sentait que le souffle de Draco contre son front. Il posa une main sur la taille du blond en approchant ses lèvres à quelques centimètres des siennes.

 

« J’ai cru qu’il allait vraiment te faire mal cette fois, chuchota Harry contre la bouche de Draco. Je n’aurais pas supporté de te voir souffrir.

 

- Je…Je souffre déjà, Harry, répondit Draco contre son oreille. Je suis désolé.

 

- Moi aussi, » soupira Harry en écrasant ses lèvres contre celles de Draco.

 

Il lui sembla qu’un feu d’artifice explosait dans sa tête. Enfin il retrouvait la douceur des lèvres de Draco contre les siennes, enfin il goûtait à sa saveur. Ils s’embrassaient avec ce mélange de passion et de douceur qui colorait leur relation. La langue de Harry s’introduisit lentement entre les lèvres de Draco et ce dernier ouvrit légèrement la bouche pour le laisser entrer, serrant avec désespoir le corps de Harry contre le sien.

 

Ils avaient oublié qu’ils n’étaient pas seuls et ils ne virent pas Blaise tendre la main à Ron qui sortit un gallion de sa poche pour le donner au Serpentard. Parvati Patil fit un signe à Pansy Parkinson qui lui donna également un gallion. Visiblement, tous les élèves avaient parié sur les éventuelles retrouvailles entre Harry et Draco. Aucun élève ne savait que le soir même dans la salle des professeurs, Severus Rogue et Remus Lupin devraient un gallion chacun à Minerva Mc Gonagall.

 

Harry prit Draco par la main et il l’entraîna loin de la lisière de la forêt interdite, où Hagrid donnait son cours. Le professeur les regarda s’éloigner sans rien dire, il aimait trop Harry pour l’empêcher de trouver un peu de réconfort, même si c’était auprès de Draco Malfoy, même si cela lui coûtait un gallion.

 

« Où va-t-on ? Interrogea Draco.

 

- Parler. » Dit simplement Harry en le faisant entrer dans le château, pour le mener jusqu’au sommet de la Tour d’Astronomie, là où tout avait commencé pour eux. Il jeta un sortilège pour en bloquer l’accès et il se tourna lentement vers Draco. Il embrassa la paume de sa main et son poignet avant de lui lancer un regard brûlant.

 

« Merci pour tout ce que tu as fait pour Sirius. Ça compte énormément pour moi.

 

- Je sais, répondit Draco en embrassant son front.

 

- Draco, je ne veux pas que tu imagines que je n’ai pas confiance en toi ; parce que je mettrais ma vie entre tes mains s’il le fallait. C’est en moi que je n’ai pas confiance. Vois tu, quand je te regarde, j’aperçois quelqu’un d’une grande beauté, intelligent et subtil. Quand je me regarde, je ne vois qu’un garçon banal, et j’ai l’impression de ne pas être à la hauteur avec toi. Alors j’imagine toujours le pire, pour ne pas souffrir.

 

- Je sais tout ça, Harry, murmura Draco en le serrant contre son corps magnétique. Dis toi que tu n’es pas le seul à avoir cette impression et à réagir de la sorte. Je ne me trouve pas beau, contrairement à ce que je montre, mais toi, Harry, je te considère comme l’homme le plus séduisant qu’il m’ait été donné de voir. J’aime ton visage, tes yeux si expressifs et tes cheveux aussi sauvages que toi. J’aime ta façon de rester en retrait quand je veux jouer les stars, et ta façon de te mettre en avant quand je veux me faire oublier. J’ai beaucoup réfléchi ces derniers jours et…Tu me connais, Harry. Je pensais le contraire mais tu sais qui je suis. Si tu ne le savais pas, tu ne m’aurais jamais regardé, compte tenu de l’image lamentable que je donne de moi.

 

- Draco, je ne veux plus que tu doutes de moi. C’est trop difficile de t’entendre me jeter mon amour à la figure, comme si je ne savais pas ce que je ressens ! Je t’aime, tu le sais ? »

 

Draco baissa la tête, jusqu’à ce que leurs lèvres se frôlent.

 

« Je le sais, dit-il en caressant la lèvre inférieure de Harry. Je sais aussi ce qui va arriver samedi, à Pré au Lard. Fais ce que tu dois, Harry. Si tu juges qu’il faut tuer mon père, alors fais le.

 

- Je serai prêt et il n’y a aucune raison pour que je perde mon sang froid. Je ne le tuerai pas. Mais je veux que tu fasses attention à toi et que tu ne te laisses pas impressionner. Il n’est pas plus fort que toi et il ne peut rien contre toi. »

 

Draco hocha la tête et il posa délicatement ses lèvres sur celles de Harry, les entrouvrant avec sa langue. Harry caressa avec sensualité la langue de Draco en l’étreignant de toutes ses forces.

 

« J’ai cru que je t’avais perdu, » dit-il alors que les lèvres de Draco descendaient dans son cou.

 

Il frissonna lorsqu’il sentit les mains de Draco sous sa robe, tirant sur sa chemise pour la sortir de son pantalon. Il ôta ensuite la robe, la faisant glisser le long des épaules de son amant, puis il déboutonna la chemise qu’il entrouvrit afin d’admirer le torse parfaitement dessiné de son beau brun. Les yeux verts de Harry brillaient d’une lueur indéfinissable, mélange de désir, de force, d’admiration et d’amour. Draco se débarrassa de sa robe et il fit tomber sa chemise sur le sol. Il embrassa Harry avec passion et il mordilla le lobe de son oreille.

 

« Je veux que plus jamais tu ne me confondes avec un autre, murmura-t-il.

 

- Jamais, promit Harry, tu es unique. »

 

Draco lui fit un petit sourire et il prit son temps pour dénuder totalement Harry, puis lui-même. Harry pressa son corps contre celui de Draco et, sans comprendre pourquoi, il rougit violemment en sentant l’érection du blond contre son ventre. Il avait douloureusement envie de lui, et il mordit doucement l’épaule de Draco afin de lui faire comprendre son empressement. Draco fit un sourire en coin et il poussa Harry contre le mur, le corps brûlant malgré la fraîcheur du mois de mars. Sa langue se mit à dessiner des courbes humides dans le cou et sur le torse du brun qui poussa un long gémissement.

 

« J’ai envie de toi, maintenant, s’impatienta Harry.

 

- As-tu confiance en moi, Harry ? » Demanda Draco en caressant le ventre de son amant.

 

Harry hocha la tête et il se retourna. Il prit appuis contre le mur alors que Draco plaçait une multitude de baisers sur son dos. Il murmura le sortilège de lubrification et Harry sentit un doigt glisser en lui, lentement alors que l’autre main de Draco caressait son membre dressé. La sensation de la pression en lui et sur son sexe arracha un gémissement rauque à Harry. La langue de Draco vint frôler l’arrière de son oreille, le faisant violemment frissonner. Il lui semblait qu’il avait attendu des années avant de sentir à nouveau les mains de Draco sur lui, son corps chaud contre lui et ses lèvres contre les siennes. La sensation du deuxième doigt en lui le fit crier de surprise, de douleur et de plaisir mêlés.

 

Draco fit tourner ses doigts à l’intérieur de son amant, étirant l’anneau de muscle le plus patiemment possible malgré son envie de ravir le corps qui lui était offert. Il attendit que Harry bouge les hanches pour s’empaler plus profondément sur ses doigts avant d’introduire le troisième. Le vent se leva alors pour caresser les corps nus de ces deux Princes de la sensualité, comme pour célébrer leur beauté et leur union.

 

« Maintenant Draco, » ordonna Harry. 

 

Draco soupira d’aise et il prit Harry par les épaules afin de l’amener à lui faire face. Il observa avec délice ce visage hâlé, rougi par l’anticipation du plaisir, ces yeux brillants de désir et ses cheveux en bataille. Harry était d’une beauté rare et il ne comprenait pas comment le Gryffondor ne voyait pas l’évidence. Il l’embrassa tendrement, sa langue jouant lascivement avec celle de Harry, puis il prit la taille de Harry dans ses mains et il le souleva.

 

Aussitôt, les jambes de Harry se nouèrent autour de la taille de Draco et le blond s’introduisit dans ce corps qui lui appartenait, comme le sien appartenait à Harry. Harry exprima son bonheur de le recevoir enfin en soupirant fortement. Il prit appui sur les épaules de Draco afin que le blond n’ait pas à le porter uniquement par la force des ses bras. Draco se mit à bouger en douceur, laissant à Harry le temps de s’habituer à l’intrusion. Quelques gouttes de sueur se mirent à perler sur le front de Draco et Harry les admira comme s’il s’agissait de diamants. Il embrassa le front de Draco, s’abreuvant de cette eau salée avec la même passion que s’il goûtait à un nectar divin.

 

Les mouvements de hanches de Draco s’intensifièrent et Harry ne pouvait s’empêcher d’enfoncer profondément ses doigts dans la peau délicate. Draco stoppa net, puis il plongea ses prunelles devenues bleues dans les yeux brillants de son partenaire. Il resta réfugié à l’intérieur du corps qu’il vénérait mais il le serra plus fort contre lui.

 

« Me fais tu vraiment confiance, Harry ? Demanda-t-il d’une voix rendue rauque par la montée du plaisir. Mettrais tu réellement ta vie entre mes mains ?

 

- Oui, sans hésitation, » répondit Harry en l’embrassant avec fougue.

 

Draco garda Harry contre lui, ses jambes autour de sa taille, et il avança, ignorant le râle de surprise qui s’échappa des lèvres pulpeuses de son amant. Harry ne chercha même pas à se dégager lorsque Draco s’approcha du petit muret qui les séparait du vide. Harry savait que son corps ne serait pas retenu si Draco le lâchait mais il savait également que Draco ne le lâcherait pas.

 

« Je veux que tu prennes appui sur le muret sans t’asseoir dessus, déclara Draco d’une voix qui trahissait son émotion.

 

- Je t’aime, souffla Harry en mettant ses mains sur le muret pour sécuriser son appui, le haut de son corps détaché de celui de Draco et du muret, offert au vide.

 

- Encore, murmura Draco en embrassant son cou.

 

- Je t’aime, Draco. »

 

Draco poussa un grognement satisfait et il enroula ses bras dans le dos de Harry en recommençant à bouger en lui d’une manière lente et sensuelle. Seuls ses bras empêchaient Harry de tomber et Draco en était pleinement conscient. Cette preuve de confiance dont il avait tant besoin lui donna presque envie de pleurer. Il accéléra le mouvement de leurs corps, frappant sans relâche le point si sensible qui faisait danser des étoiles devant les yeux de Harry. Harry jeta un coup d’œil derrière lui et il ne vit que le vide et le ciel bleu à l’horizon. Il ne craignait pas la chute car il avait une foi inébranlable en Draco. Et même s’il tombait, il n’imaginait pas de mort plus douce. Le risque excitait Harry d’une manière surprenante. Draco sentit Harry se resserrer autour de son membre et il su qu’il allait jouir. La semence de Harry se répandit sur son ventre et Draco se retira, laissant enfin les pieds de Harry toucher le sol.

 

Harry lui lança un regard étonné car il n’avait pas explosé en lui et Draco lui fit un sourire amusé.

 

« Si je me laisse aller, je ne suis pas certain de pouvoir te retenir de tomber, » expliqua Draco en accompagnant Harry contre la porte de la Tour.

 

Harry lui rendit son sourire et il embrassa Draco alors que sa main descendait entre ses jambes pour caresser son membre tendu. Il ne fallut pas plus de quelques minutes pour conduire Draco aux portes de l’extase et il se répandit sur la main de Harry dans un long râle, reposant sa tête sur l’épaule du brun.

 

« T’ai-je déjà dit que tu étais incroyable, haleta Draco.

 

- Oui, et t’ai-je déjà dit que toi aussi tu l’étais ?

 

- Non mais je le sais, c’est le principal, » plaisanta Draco.

 

Ils se rhabillèrent rapidement avant la fin des cours et ils se rendirent dans la salle de bain des Préfets où ils se baignèrent en criant et en riant comme des enfants. Harry avait son amant et son parrain auprès de lui. Il se sentait invincible.

 

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Le reste de la semaine fut un ravissement pour les deux jeunes hommes, même si la menace du samedi planait sur eux avec insistance. Comme toujours, le samedi arriva trop tôt et le matin, Draco s’habilla avec soin. Il voulait être impeccable pour affronter son père. Harry, lui, se moquait de son apparence, il voulait persuader Draco de ne pas se rendre à Pré au Lard. Draco lui rappela que la prophétie parlait de lui comme d’une aide précieuse et qu’en ce jour de confrontation, Harry avait besoin d’aide.

 

Sirius, de son côté, était resté plus longtemps chez le professeur de Potions car, selon Remus, l’appartement de Sirius était infesté de Doxies, ce qui étonnait le nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal. Il devait prendre possession des lieux dans la journée et il attendait ce moment avec impatience. La cohabitation avec Severus était difficile, car plus les élèves aimaient Sirius, plus Severus se renfermait et ignorait l’Animagus.

 

 Sirius n’avait pas envie de devenir ami avec Severus mais son obstination à lui battre froid le lassait. Il ne se rendait pas compte que lui-même parlait on ne peut plus sèchement au professeur de Potions. Ce samedi matin, les élèves de Serpentard de deuxième année l’avaient invité à prendre son petit déjeuner à leur table et Sirius avait accepté avec entrain. Sirius était un professeur adulé et respecté, chose qui choquait l’Animagus au-delà des mots. Il n’était pas habitué à être traité avec autant d’égards.

 

Le petit déjeuner se déroula dans le chaos le plus strict, la table des Serpentard étant de loin la plus bruyante, pour une fois. Le Baron Sanglant soutenait Sirius dans toutes ses explications et les élèves s’amusaient beaucoup. Draco était assis à coté du parrain de Harry et, comme les autres, il participait énergiquement à mettre l’ambiance dans la Grande Salle. Lorsque Sirius tourna les yeux vers la table des professeurs, il vit Dumbledore et Remus qui l’observaient avec amusement, puis il croisa le regard noir de Severus. Le professeur de potions le toisa avec hauteur avant de quitter la Salle.

 

Sirius, fatigué par son attitude, se rendit dans ses appartements d’un pas pressé. Severus était assis sur le canapé, la tête entre ses mains.

 

« Quel est ton problème ? Interrogea Sirius d’une voix forte. Tu passes ton temps à m’ignorer et tu me lances des regards assassins, alors si tu as quelque chose à dire, dis le une bonne fois pour toutes ! »

 

Je t’aime, hurla Severus intérieurement, je veux vivre avec toi. Il n’est pas question que tu partes d’ici ! Ne vois tu pas que je suis jaloux des gens à qui tu souris, quand moi je n’ai droit qu’à ton visage fermé et tes remarques blessantes !

 

« Je n’ai rien à te dire, déclara Severus tout haut. Tu fais ce que tu veux mais sache que tu es professeur dans cette école, ce qui implique la nécessité d’adopter une tenue correcte avec les élèves. Tu n’es pas là pour en faire tes amis, tu es là pour leur transmettre un savoir.

 

- Oh c’est donc ça ! Alors il faudrait que je me transforme en être morose, méprisant et effrayant comme tu peux l’être ? Tes élèves ont peur de toi, à part Draco, personne ne t’aime ! Je suis professeur ici, je connais les limites à ne pas dépasser, mais jamais je ne pourrai être aussi lugubre que toi !

 

- Sors d’ici ! Va prendre possession de tes appartements et laisse moi en paix !

 

- Avec plaisir, siffla Sirius avant de se radoucir. Tu pourrais presque être agréable si tu le voulais. Je t’ai entendu parler avec Draco et tu l’as même fait rire. Peut être voit-il en toi ce que personne d’autre ne voit. Je ne sais pas qui t’as abîmé au point de te rendre aussi taciturne.

 

- C’est toi, Sirius. Toi et ton copain James Potter. Maintenant sors d’ici ! Ordonna Severus en sortant sa baguette.

 

- Si tu crois que tu m’impressionnes. »

 

Sirius fut à quelques centimètres de lui en deux enjambées et il lui saisit le poignet pour lui faire lâcher sa baguette. Leurs corps étaient trop proches au goût de Severus et le visage de Sirius, baissé vers le sien était trop tentant. Severus leva la tête et ses lèvres frôlèrent celles de Sirius. L’Animagus se figea et il enroula son bras autour de la taille de Severus avant d’écraser ses lèvres contre celles du professeur de potions. Severus se sentait au bord de l’évanouissement tant il avait rêvé de ce moment. Il n’imaginait pas que la bouche de Sirius puisse être si douce, que ses lèvres pleines pouvaient épouser aussi parfaitement les siennes.

 

Des vagues de désir et de joie submergeaient son corps et il passa ses bras autour du cou de Sirius pour l’étreindre comme il l’avait fait des milliers de fois dans ses fantasmes. Sirius recula vivement, choqué et troublé. Il porta ses doigts sur ses lèvres et il fixa intensément Severus.

 

« Alors c’est ta manière de punir les gens qui ne sont pas d’accord avec toi ? » Demanda sèchement Sirius sans attendre la réponse.

 

Il sortit en claquant la porte.

 

Au moment où Sirius découvrait ses appartements, Harry, Draco, Blaise, Crabbe et Goyle arrivaient à Pré au Lard. Ils allèrent boire une bierraubeurre chez Madame Rosmerta et lorsqu’ils sortirent, Crabbe se mit à parler de Chocogrenouilles qui étaient meilleures que les Chocolézards. Harry entendit une sonnette d’alarme résonner dans sa tête.

 

« Tu sais Crabbe, déclara Draco en lui faisant un sourire goguenard, tu vas finir par tous nous endormir si tu ne trouves pas de sujet plus intéressant que les chocogrenouilles pour nous distraire.

 

- Quoi ? C’est bon les chocogrenouilles, intervint Ron.

 

- Mais oui Weaslaid, c’est passionnant, parle moi encore, ironisa Draco alors que Harry le prenait par la taille pour le serrer contre lui et, par la même occasion, le faire taire.

 

- Qu’est ce que…, » commença Blaise mais les mots moururent dans sa bouche au moment où une vingtaine de Mangemorts apparaissaient devant eux.

 

Harry choisit d’ignorer complètement Lucius Malfoy et de se concentrer sur Voldemort. Il ne devait pas donner libre cours à sa haine. Il saisit sa baguette et ses amis firent de même alors que Sirius, Remus et Hagrid se joignaient à eux. Il jeta un coup d’œil vers Draco et il faillit hurler en le voyant s’approcher de son père, une haine indescriptible sur son beau visage d’ange trahi.

 

« Espèce de traître, siffla Lucius en lui agrippant le bras. Tu vas recevoir le châtiment que tu mérites.

 

- Père, pour être un traître, il aurait fallu que j’adhère un jour à votre cause, ce qui n’est pas le cas, corrigea Draco avec un sourire mauvais. Quel est le châtiment réservé aux pères qui prennent l’apparence de leurs enfants pour coucher avec les amants de ces derniers ? Hum ? »

 

Le regard de Lucius se posa sur Harry avec incrédulité. Harry lui fit un sourire hargneux pour lui faire comprendre que oui, il avait tout raconté à Draco. Il tendit sa baguette en direction de Lucius mais celui-ci tenait Draco en joue. Il risqua un coup d’œil vers Voldemort qui semblait aussi surpris que Lucius.

 

« Ne lui fais pas de mal, ordonna Voldemort. J’ai mis trop d’espoir et d’énergie en lui pour que tu le supprimes. »

 

Draco comprit immédiatement et il tenta de se sauver mais Lucius fut plus rapide. Harry voulut lui jeter un sortilège de protection mais Voldemort l’envoya voler à quelques mètres de là. Harry se releva prestement mais Draco était déjà ligoté. Son visage restait froid et hautain mais Harry lut la peur dans son regard.

 

« Vous n’êtes pas un père espèce d’enfoiré ! Hurla Blaise. Relâchez le ! »

 

Pansy Parkinson accouru vers eux en criant à Lucius de laisser Draco. Harry la poussa au sol au moment où le sortilège du Crucio allait l’atteindre. Remus prit la main de Pansy et Harry voulut se lancer dans la bagarre pour sauver son aimé. Hermione le retint.

 

« Rappelle-toi ce que la Pensine t’a montré. Voldemort ne fera rien à Draco, ne le mets pas en danger en provocant une altercation, dit-elle.

 

- Nous avons ce que nous voulons, Lucius. Nous pouvons y aller, » lança Voldemort en fixant Harry.

 

Lucius prit Draco par les épaules et le jeune homme ne fit rien pour se défendre. Il se retourna une dernière fois pour regarder Harry et lui sourire pour le rassurer. Harry lui envoya un baiser, se retenant de toutes ses forces pour ne pas courir derrière lui et tuer ses aissaillants. Les lèvres de Draco bougèrent sans produire de son et le cœur de Harry se fendit en deux.

 

« Je t’aime, » prononça silencieusement Draco.

 

Quelques secondes plus tard, il disparaissait.

 

A suivre…

 

 

 
 
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