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SORTIR DES TENEBRES. DISCLAIMER : JK Rowling possède tout et moi, j’ai juste mon histoire et mes yeux pour pleurer si elle me fait un procès, voilà. CHAPITRE NEUF : JOYEUX NOEL ? I called you brazen, called you whore right to your face. And watched you silently and publicly disgraced. I didn’t notice when you strentghened like a vice. That you were trembling and burned beneath the ice. Why don’t you weep when I hurt you ? Why don’t you weep when I cut you ? You don’t bleed and the anger builds up inside. (Skunk Anansie, “Brazen”) O « Vous ne devinerez jamais qui j’ai vu dans les cachots, la main dans le pantalon de Rogue !! » Tous les élèves présents dans la Salle Commune se turent et attendirent patiemment que le garçon parle. Ils connaissaient tous Colin et ils savaient qu’il ne mentait jamais, et qu’il ne pourrait pas se retenir longtemps, alors autant éviter le jeu des devinettes. « Draco Malfoy !!! » Hurla Colin avec un air particulièrement satisfait. Seamus éclata d’un rire malsain, et il se tourna immédiatement vers Harry et ses amis. « Quant je vous disais que Malfoy, c’était le must des salopes ! Pas étonnant qu’il ait d’aussi bonnes notes avec Rogue. - Non mais t’es con ou quoi ? Demanda Angelina hors d’elle. Tu crois aussi qu’il se fait les autres profs ? Il a des bonnes notes partout ! - Ce que Malfoy fait de sa vie ne regarde que lui, constata Harry d’une voix beaucoup trop calme. S’il se fait Rogue, c’est son problème. » Il tourna lentement le dos et, aussi droit que la justice, il se rendit dans son dortoir. Un froid sibérien s’était abattu dans la Salle Commune. Ron et Hermione se lancèrent un regard désespéré alors que les élèves paraissaient surexcités par la nouvelle. Colin, en bon petit paparazzi, racontait la scène dans les détails. Ron sentait monter en lui une colère sourde qui lui mit le feu aux joues. « Alors il a mit la main dans le pantalon de Rogue et il a dit qu’il voulait le lécher ! S’écriait Colin trop heureux d’avoir un public attentif et ébahi. - Je suppose que tu as pris des photos, déclara Ron. - Bien sûr, elles sont bien au chaud dans mon appareil ! Je te les montrerai si tu veux. - Non, tu ne me montreras rien du tout, tu vas me donner ton appareil illico, ordonna Ron en grinçant des dents. Ton attitude a tout de celle d’un Serpentard Colin, tu me fais honte et tu fais honte à tous les Gryffondors ! En tant que Préfet, j’exige que tu cesses de répandre des rumeurs infectes ! - Et depuis quand tu défends cette chienne de Malfoy ? Demanda Seamus avec un rictus mauvais. - Je me fous pas mal de Malfoy et de ses activités sexuelles ! Ce qui m’importe, c’est le comportement et l’image que nous allons donner des Gryffondors en répandant de telles rumeurs sur un élève et un professeur. Malfoy n’a pas besoin de ces photos et du témoignage de Colin pour passer pour un sale petit con. Son comportement parle pour lui alors évitons de gaspiller notre salive…il ne le mérite pas. - Vous m’écoeurez tous, lança Angelina en se précipitant dans son dortoir, immédiatement suivie par Alicia Spinnet. - Ron a raison, remarqua Hermione. Colin, donne moi immédiatement ton appareil sinon nous en informerons Mc Gonagall. » Colin s’exécuta sans grand entrain. Une fois que Hermione eut saisi l’appareil, elle hocha la tête en direction de Ron et ils allèrent rejoindre Harry. Celui-ci était assis sur son lit, l’air étonnamment calme, ce qui ne lui ressemblait pas du tout. Harry était un volcan et quand les émotions étaient trop fortes, il réagissait toujours très vite, parfois sans réfléchir. Or, à cet instant, Harry avait un air étrange. Il bouillonnait intérieurement, Ron le savait, mais il ne bougeait pas. Il lança un regard absent au rouquin et il respira profondément. La pièce semblait étouffante. Elle contenait cette atmosphère particulière qui suit les combats acharnés, sanglants et un silence pesant régnait. Ron baissa les yeux et il vit les mains de Harry trembler alors qu’il les joignait. « Harry, s’il te plait, parle moi. - Tu m’avais prévenu, dit le brun d’une voix monocorde. Tu m’avais dit qu’il était incapable d’aimer. Et moi, j’ai pensé qu’il le pouvait. Mais il ne peut pas. Il ne s’aime pas lui-même. - Peut être que Colin a mal vu, risqua Hermione. - Je m’en fiche… » La voix de Harry se brisa. Il resta un long moment prostré, comme abattu. Il se concentra sur ses mains tremblantes. Pourquoi tremblait-il ? Il se sentait pourtant très calme. Presque détendu. Après tout, il ne pouvait rien y faire. Il savait depuis le début qu’il était tombé amoureux de la mauvaise personne, d’une personne dangereuse pour son équilibre intérieur. Une multitude se sentiments contradictoires l’envahirent. Il l’aimait et il le haïssait en même temps. Il l’aimait tant qu’il avait envie de le battre à mort pour la trahison qu’il lui faisait expérimenter. Il voulait lui faire mal, très mal. Il avait simplement envie de le tuer. Oter toute vie dans ce cœur de glace, puisqu’il avait échoué à le réchauffer. Le faire souffrir comme Harry souffrait à cet instant. Le frapper jusqu’à ce que son souffle ne soit plus qu’un souvenir pour celui qui respirait pour Draco Malfoy. Les choses merveilleuses qu’il aurait pu accomplir par amour pour le blond devenaient des points obscures à l’horizon. Il n’avait plus qu’une envie. L’entendre supplier. S’excuser du mal qu’il faisait. Harry respira profondément pour chasser ces pensées violentes de son esprit. Son regard absent se posa sur Hermione et l’appareil photo qu’elle avait dans les mains. « Il a pris des photos. » Constata-t-il sèchement. Hermione et Ron hochèrent la tête. « Je veux les voir. Développe les Hermione. - Harry, je ne pense pas que ce soit une bonne idée, supplia Hermione qui n’avait pas du tout envie de voir Malfoy et Rogue roucoulant ensemble. - Et moi, je te demande de le faire. Je veux le voir de mes propres yeux, pour ne plus être indulgent avec lui. J’ai besoin de ça. On se retrouve au dîner. » Il prit sa cape et, alors qu’ils allaient le suivre, il leur fit signe de ne pas bouger. Il voulait rester seul et affronter ce qu’il ressentait, cette impression que son cœur se déchirait, se disloquait morceau par morceau. Dès qu’il eut quitté le dortoir, Ron se tourna vers Hermione. « Je vais tuer Malfoy. Je vais lui laver le visage à l’acide ! - Ron, tu ne vas rien faire à part m’aider à développer ces photos. Peut être qu’elles nous diront que Malfoy n’a rien fait de mal. - Tu m’excuseras Mione, mais ‘Malfoy’ et ‘rien fait de mal’, ça ne va jamais ensemble dans la même phrase. » Hermione lui fit un triste sourire et un geste de la main qui signifiait ‘suis moi’. O O « Vous êtes amoureux…de Sirius Black ! » Les yeux du professeur Rogue s’emplirent de larmes et il hocha la tête. Il plongea son regard dans celui de Draco et ce qu’il y vit le terrassa. L’étonnement, l’intelligence et l’indulgence. « Comment as-tu deviné ? - Monsieur, vous n’êtes plus vous-même depuis la rentrée. Vous êtes plus agressif encore, et vous avez des absences. Sirius Black étant la dernière personne à être morte aux dernières nouvelles, et comme vous vous connaissiez bien, je me suis dit que ça devait être lui. - Oh pas Merlin, Draco ! Je suis tellement honteux, tellement désolé. Je…on se disputait et j’ai eu l’impression de quitter mon corps, de me retrouver à 16 ans, au cours d’une de mes innombrables querelles avec Sirius. Je suis vraiment, réellement, sincèrement désolé Draco. Je n’aurais jamais pensé qu’un jour, je verrai la peur dans tes yeux, à cause de moi. Pourquoi ne vas-tu pas voir Dumbledore pour lui expliquer ce que j’ai fait ? Je le comprendrai car je le mérite. Pourquoi es tu là, à discuter avec moi alors que je viens de t’agresser ? » Une fois encore, des larmes silencieuses roulèrent sur les joues du professeur. Draco était hypnotisé par la peine de celui qui avait toujours pansé ses blessures, et pas seulement celles du corps. La souffrance l’avait conduit à agir de manière inconsidérée et Draco comprenait cela. Il se pencha un peu et il prit le menton du professeur dans sa main encore tremblante, afin de le forcer à le regarder. « Severus, je vous connais depuis mon plus jeune âge. D’aussi loin que remontent mes souvenirs, vous étiez là. Je sais qui vous êtes, et j’avais une seule certitude dans la vie : celle que jamais, jamais vous ne me feriez de mal. Alors aujourd’hui, je tombe des nues, je suis choqué, mais je vous accorde le bénéfice du doute, parce que vous avez toujours été là pour moi et parce que l’homme qui m’a sauté dessus n’était pas vous. Vous, vous êtes la personne qui sermonne mes parents quand ils…quand… - Quand ils te blessent, Draco. Il faut que tu puisses le dire : tes parents te font du mal. Et je m’en veux de ne rien pouvoir faire d’autre que guérir tes blessures. Mais pour pouvoir veiller sur toi, je me dois de jouer les bons mages noirs au service de la beauté de l’Héritier. Ça me rend malade mais c’est tout ce que je peux faire. Tu sais que tu es le fils que j’ai toujours rêvé d’avoir et que je m’en veux d’autant plus que j’ai perdu ta confiance, n’est ce pas ? - Elle reviendra un jour, déclara Draco en lui faisant un sourire réconfortant. Mais pour l’instant, ne me demandez pas de vous pardonner. Pas tant que je ne comprends pas quel lien il existe entre Sirius Black et moi. J’ai vu des photos de lui quand il s’est évadé d’Azkaban et l’analogie entre nous deux se révèle insultante pour moi. » Il s’autorisa un léger sourire et Rogue lui répondit de la même façon. « Azkaban l’a beaucoup abîmé, mais il avait quand même gardé ses incroyables yeux et son élégance naturelle…comme toi. A ton âge, Sirius avait cette classe, ce maintien et cette désinvolture presque hautaine qui te caractérisent. Il avait aussi le même sens de la répartie que toi et ton intelligence. Il est ce que tu aurais pu devenir si tes parents t’avaient moins façonné, et si tu avais eu le choix. Sirius a eu le choix d’être un Gryffondor, avec le père de Potter comme ami, toi tu n’as pas eu les amis qu’il fallait. Admets que les tiens ont tendance à te mettre sur un piédestal et que tu as du mal à en descendre pour te mesurer au commun des mortels. Mais sinon, vous avez la même vivacité, le même sens de la déduction, le même humour grinçant. Psychologiquement, vous vous ressemblez beaucoup. Vos réactions sont très similaires à l’exception que lui avait le sens du sacrifice alors que toi, tu as l’instinct d’autoconservation. Tu es son portrait version magie noire. Et puis, physiquement, vous avez des traits en commun. Plus que tu ne le crois. Vos visages et vos yeux ont la même forme, la même couleur, vous êtes tous les deux grands et élancés, vos mains sont presque identiques. Et ce sourire goguenard ! Après, bien entendu, tu es blond, il est brun. Dans vos relations aussi vous vous ressemblez. Toi tu insultais Potter, lui il m’insultait, moi. Mais je préférais cela à son horrible indifférence, cette indifférence qui me glaçait le sang et le cœur un peu plus chaque jour. - Quand vous êtes vous rendu compte que vous l’aimiez ? - A la seconde même où il est monté sur l’estrade lors de la cérémonie de Répartition, j’ai su qu’il était le plus bel homme que j’avais jamais vu. J’ai même croisé les doigts pour me retrouver avec lui à Gryffondor après ça. Mais je suis un Serpentard et cela a largement joué contre moi. Nous sommes devenus des ennemis, comme Potter et toi. Je ne pouvais pas faire un pas sans que ses amis ne me tombent dessus et m’humilient. Lui n’a jamais rien fait de vraiment méchant, mise à part la fois où il a juste failli me faire tuer, il se contentait d’ouvrir la bouche et de laisser sortir ses remarques cinglantes, tout comme toi. - Détrompez vous, j’ai été à l’origine de blagues et de coups vraiment méchants, mais je ne me suis jamais sali les mains, c’est tout. Je suppose que vous n’avez jamais pu lui parler de vos sentiments. » Le professeur secoua la tête et il soupira fortement. « Jamais. Je n’ai pu me retrouver qu’une seule fois seul avec lui. Le reste du temps, sa bande de sangsue était à un mètre de lui, jamais plus. Je maudis ce James Potter, le pire de tous, Remus Lupin et Peter Pettigrew. Le jour où nous nous sommes retrouvés seuls dans la bibliothèque, en troisième année, j’ai su que j’étais tombé amoureux de lui. - Racontez, demanda Draco en mettant les coudes sur ses genoux et en posant son menton sur ses index. - Tu es bien curieux…Oh, après tout je te dois bien ça. J’étais dans la bibliothèque et je cherchais un livre de potions…original non ? Lui cherchait le même livre, alors on s’est retrouvé comme deux abrutis devant le rayon avec en choix numéro un : s’insulter jusqu’à ce que Mme Pince nous renvoie et qu’on ait une mauvaise notre à notre devoir ; deux : travailler ensemble sur le même livre. On s’est donc installé. Il m’a ordonné de parler le moins possible. Je ne sais pas pourquoi ça m’a fait rire et lui aussi. On a travaillé pendant plus d’une heure, j’étais stupéfait par son intelligence. Et puis ces imbéciles qui lui servaient d’amis sont arrivés et ont ruiné le moment qu’on vivait. Complètement dépendant de Black ces pauvres abrutis. Alors je me suis mis à les suivre partout, pour avoir la chance d’apercevoir Sirius, et il est devenu très nerveux. Il pensait que je leur cherchais des problèmes. Maintenant que je sais qu’il était un Animagus et Lupin un loup garou, je comprends qu’il ait été un peu paranoïaque à l’idée que je les dénonce. » Draco resta un instant muet, réfléchissant à l’histoire pathétique de son professeur. Il avait mis toute sa vie entre parenthèses à cause d’un amour impossible. Draco trouvait cela si triste qu’il s’inquiéta pour sa santé mentale étant donné qu’il n’était pas du tout habitué à s’apitoyer sur qui que ce soit. « Pourquoi ne lui avez vous rien dit ? Mieux valait un rejet qu’une vie de regrets, non ? - Non, j’ai préféré les regrets au rejet. Et crois moi, je le regrette, chaque jour un peu plus. J’ai gâché toute ma vie pour un amour qui n’existait que de mon coté. Sirius lui, aimait les femmes, c’était évident. Heureusement que toi, tu es arrivé. Tu étais mon petit bonhomme avec tes cheveux de lumière et tes sourires incroyables. Quand tu avais un an, je tombais littéralement à genoux devant ton sourire…et puis il s’est fait de plus en plus rare, jusqu’à se transformer en rictus. Enfin, Draco, tu avais tout pour devenir l’ange le plus doux et tes parents ont tout gâché pour l’amour du Seigneur des Ténèbres ! - Peu importe, rétorqua Draco en se redressant, prêt à mordre. J’aurais pu devenir la personne la plus gentille du monde, je ne me serais jamais transformé en Sirius Black, si c’est ce que vous vouliez. - Non, ce n’est pas ce que je voulais. Sirius Black n’avait rien d’un saint. Tout ça pour te dire, Draco, que tu dois prendre le bonheur où il se trouve. Et si ton bonheur est avec Potter, ne laisse personne te faire croire le contraire, pas même moi et Merlin sait que je vais essayer car je déteste ce gamin. - Vous ne le détestez pas, vous détestez son père. Imaginez qu’il réagisse comme vous et qu’il me fasse payer pour toutes les atrocités que mon père lui a faites. Penseriez vous que cela est juste ? Sincèrement, Harry est quelqu’un de très bien et vous devez arrêter de lui faire payer des crimes qu’il n’a pas commis. Faites ça pour moi, s’il vous plait, Severus. » Le professeur prit une profonde inspiration et il plongea ses yeux noirs dans ceux de Draco. Il lui semblait qu’il se noyait dans une banquise qui fondait petit à petit. Draco n’était pas le genre de garçon à faire des yeux de petit chien battu, non, lui gardait des yeux froids, déterminés, et c’est cette détermination qui vous faisait dire oui. « Ok, je vais essayer, céda Rogue. - Je voudrais que vous repreniez votre vie en main, Severus. Vous ne pouvez pas rester à pleurer un amour mort. Black s’est éteint, c’est dommage, mais il y a d’autres bougies à allumer. Prenez le professeur Lupin, je suis persuadé qu’il aimerait être plus intime avec vous. - Lupin ?! - D’accord, rappelez vous que cette conversation n’est pas celle d’un élève avec un prof parce que, Severus, ce que vous pouvez être con ! Il vous dévore des yeux depuis ma troisième année ici. Il fait tout pour être gentil avec vous. Vous n’avez pas envie de vous rapprocher du…grand méchant loup ? - Draco, tu es complètement fou. Il est hors de question que je voie Lupin, je pense trop à Sirius. - Je ne vous demande pas de vous jeter sur Lupin ! Je vous demande de vous faire tout beau ce soir et de discuter de manière CIVILISEE avec lui. Découvrez l’homme qui se cache derrière la bête et vous oublierez peut être votre peine. Assez discuté, je m’occupe de vous ! » O Le soir au repas, les conversations cessèrent dès que le professeur Rogue entra dans la Grande Salle. Il ne s’était pas transformé en Prince Charmant, mais il avait changé. Harry bouillonnait intérieurement en se demandant s’il voulait rajeunir pour Draco. En effet, Draco avait sorti toute la panoplie pour rendre son professeur moins austère et plus jeune. Ses cheveux étaient propres, brillants, et Draco avait conjuré un sort qui avait fait apparaître deux mèches marron clair autour du visage du professeur, ce qui l’avait considérablement rajeuni. S’il avait gardé sa cape noire, les habits qu’on voyait en dessous étaient beiges, plutôt élégants et plusieurs élèves se rendirent pour la première fois compte que le professeur Rogue était séduisant. Plus important encore, Draco avait ordonné au professeur d’éviter d’avoir l’air de faire une crise de foie à chaque fois qu’il regardait le professeur Lupin. Ainsi, Rogue paraissait dix ans de moins et, surtout, moins aigri. Harry vit l’étincelle dans les yeux de Lupin et il eut envie d’aller frapper le professeur Rogue. Hermione, assise à coté de lui se raidit soudainement. « Harry, je t’en prie, garde ton calme. » Harry suivit le regard de son amie et il se retrouva face à Draco…non, Malfoy, qui venait d’entrer et qui tenait séance devant la porte, avec Blaise, Pansy et Theodore Nott. Il semblait jubiler en parlant avec ses amis et Harry sentit le sang affluer dans ses tempes, jusqu’à devenir presque sourd aux rires des Gryffondors qui se moquaient discrètement de Malfoy. Il se leva d’un bond et marcha d’un pas décidé vers le groupe de Serpentards. Draco vint à sa rencontre, son doux visage toujours souriant. « Il faut qu’on parle, » ordonna sèchement Harry en pointant son doigt sur Draco. Tout se passa avec une rapidité déconcertante. Sans qu’il ne contrôle rien, un éclair énergétique très puissant sorti de son doigt et toucha Draco en pleine poitrine, l’envoyant voler puis s’écraser sur la table des professeurs, à quelques centimètres de Lupin qui se précipita pour évaluer ses blessures. Le blond ne parvenait plus à respirer et il lui fallut un sortilège d’Oxygène pour pouvoir retrouver une respiration correcte. Alors que le professeur Mc Gonagall tempêtait contre Harry, Draco se releva très lentement, avec un regard complètement neutre. Harry s’approcha de lui, et, en voyant un rictus méprisant se former au coin des lèvres du blond, il senti son sang froid s’évader à la vitesse de la lumière. « Tu n’es qu’une pute, Malfoy ! J’aurais tout fait pour toi ! Tout ! - Ben si c’est là tout ce que tu es capable de faire pour moi, j’aime autant que tu évites, constata Draco en essuyant le sang qui lui coulait dans la bouche. - Tu m’as trahi ! - Je ne vois pas de quoi tu veux parler mais je prends tous les torts à ma charge si ça peut te faire plaisir, mon amour. » En entendant ce ton ironique, Harry perdit tout contrôle. Sa main s’abattit violemment sur la joue de Draco, qui recula d’un pas alors que l’expression de son visage restait impassible. « Et là, Harry, quelle est la différence entre mes parents, et toi ? hum ? » Harry vit les mâchoires du Serpentard se crisper et il recula de quelques pas, horrifié d’avoir pu lever la main sur l’homme qu’il aimait. Il resta là, les bras ballants, l’esprit complètement déconnecté. Draco ferma les yeux, pour les ouvrir avec peine. Il ramassa sa chaîne en or blanc, qui était tombée lors de sa chute et il fit volte face pour sortir. Alors qu’il passait devant la table des Gryffondors, il entendit Seamus l’interpeller. « Eh Malfoy ! Quand tu auras nettoyé tout ce sang sur ton visage, tu viendras dans mon dortoir me faire une petite gâterie. Ton prix sera le mien ma belle ! » Draco dû rassembler toute sa force mentale pour ne pas se jeter sur lui et le tuer. Au lieu de cela, il se planta devant lui, les mains sur la table, le visage à quelques centimètres de celui du Gryffondor. « Tu es très fort pour faire le malin devant tes copains mais tu riais moins quand j’ai voulu t’apprendre à voler. Je suis bien trop cher pour toi, Finnigan, et j’ai bien trop classe aussi. Alors arrête de rêver et tape dans ta catégorie. Je suis sûr que Hagrid te laissera t’amuser avec un Veracrasse, c’est tout ce qui peut te correspondre. Et si tu m’insultes encore une seule fois, menaça Draco en pointant un doigt en l’air, je te tue, c’est compris ? » Seamus voulut parler mais Draco fit un signe de la main, en resserrant les doigts et les lèvres du Gryffondor se retrouvèrent scellées. Draco sortit sans se retourner, sourd aux hurlements de Blaise à l’encontre de Harry, et il se réfugia dans la douceur de ses draps. Il ôta ses vêtements et il s’allongea, le dos endolori par sa chute. Il n’avait pas compris ce qui venait d’arriver et il n’avait pas réagi comme il aurait dû le faire à l’encontre de Harry. Il aurait dû être plus incisif, violent peut être…au lieu de cela, il n’avait rien compris et il avait été trop fier pour demander des explications. Décidément, les gens avaient de drôles de façons de lui prouver leur amour et Draco se demanda s’il avait vraiment envie d’être aimé à ce prix là. Et dire que toute cette histoire avec Rogue était arrivée parce qu’il avait voulu plaider la cause de Potter ! Il était fatigué. Fatigué de recevoir des coups de la part de ceux qui étaient supposés l’aimer. Fatigué de sentir la douleur dans son corps meurtri. Fatigué de ne pas comprendre pourquoi l’amour faisait si mal physiquement. Méritait il ce qui lui arrivait ? Etait il aussi horrible que ses parents et Harry semblaient le penser ? Il se rendit soudain compte qu’il ne s’était jamais senti en sécurité nulle part, à part en présence du professeur Rogue, et il n’avait plus confiance en lui non plus à présent. Harry ne l’aimait pas, ses parents l’aimaient mal. Il avait tout, mais il n’avait rien. Tout l’argent qu’il voulait, aucun amour véritable. Il se sentait tellement seul que lorsque Blaise vint lui caresser le dos, comme il le faisait toujours lorsqu’il souffrait, Draco enroula ses bras autour de sa taille et il se serra contre lui, comme un enfant. Blaise ferma doucement les rideaux du lit et il s’allongea à coté de son ami. « C’est Crivey, ce sale petit têtard t’aurait soit disant vu faire une fellation à Rogue, répondit Blaise à la question muette de Draco. Et maintenant, tous les Gryffondors et les Serdaigles te traitent de prostituée. - Quoi ? S’écria Draco en se redressant un peu. Tu me connais Blaise, j’ai toujours assumé avec fierté les conneries que je faisais…mais là, je n’ai rien fait du tout. Ce petit cloporte va mourir. - Je te crois. Je sais très bien que Rogue n’est pas ton genre, mais que s’est il passé dans les cachots ? - Nous avons parlé. Il m’a dit une chose qui m’a ouvert les yeux. Il parait que je ressemble assez à Sirius Black psychologiquement parlant et je crois que c’est pour cela que Potter s’intéresse tant à moi. Il veut retrouver ce mec en moi. - C’est étrange. J’ai l’impression qu’il est fou de toi parce que c’est toi. Mais bon, je ne connaissais pas Black non plus. Au fait, Crivey dit qu’il a pris des photos. Je vais aller les développer demain matin avec Hermione, et je vais les faire bouffer à ce misérable rat, à Potter et à Finnigan. - Laisse moi m’occuper de Crivey et de Finnigan. Quant à Potter, il n’existe pas pour moi. Ignorons le, il va détester ça, ce petit m’as-tu vu qui se prend pour un héro des temps modernes. - Tu ne peux pas l’ignorer, Draco. Il te plait trop. Et il t’aime trop pour te laisser partir. Il va voir qu’il a fait une erreur et il s’excusera. Mais Draco, que plus jamais il ne lève la main sur toi, sinon je te jure qu’il le regrettera. » Draco ferma les yeux, son dos le faisait atrocement souffrir et la pensée que Harry ait pu croire Crivey sans même lui demander une explication était également très douloureuse. Quoi qu’il arrive, il était Draco Malfoy donc il avait toujours tort. Il sentit le massage de Blaise sur son corps et il se relaxa un peu. Lentement, le sommeil eut raison de lui et il fit un rêve des plus doux, dans lequel Harry s’excusait et lui disait qu’il avait confiance en lui. Il lui disait qu’il l’aimait pour lui, et pas pour une quelconque ressemblance avec Sirius Black. Le cœur de Draco explosait de joie et il embrassait Harry passionnément. Harry passait une main tremblante et chaude dans ses cheveux, sur sa nuque. Il sentait son souffle dans son cou alors que Harry répétait inlassablement : « Draco, je t’aime tant. Tu représentes tout pour moi. Je t’aime plus que tout et j’aimerais tant pouvoir te le prouver correctement au lieu de faire n’importe quoi. Je ne voulais pas…je ne voulais pas.» Draco disait à Harry qu’il ne voulait pas être un remplaçant de Black et Harry caressait doucement son dos alors que ses lèvres se perdaient sur sa nuque. Un frisson parcourut le corps tout entier de Draco et il comprit qu’il ne rêvait pas les mains sur lui, le souffle dans ses cheveux et les mots d’amour. Il ouvrit grand les yeux et il se retourna vivement. Harry était assis sur le bord de son lit, les yeux rougis, les mains jointes en une prière muette, les cheveux en bataille. Il se mordit la lèvre et il plongea son regard océan dans la tourmente au plus profond des joyaux verts de Harry. Son cœur fit un bond au moment où il entendit à nouveau la voix de Harry. « Je n’ai pas contrôlé ma magie sans baguette, je ne voulais pas te projeter. Je suis désolé. Tellement désolé. - J’avais remarqué que tu ne contrôlais pas la magie sans baguette. Par contre je n’avais pas compris pourquoi tu étais aussi haineux, répondit Draco en s’asseyant à l’écart de Harry. Comment es tu entré ici ? - J’ai convaincu Blaise. Draco, j’étais fou de jalousie et je n’ai pas essayé de communiquer. Je m’en veux tu sais. Cette gifle me restera en mémoire à jamais, pour que jamais je ne recommence une telle chose. Je ferai tout pour que tu me pardonnes, promit Harry en passant ses doigts sur la joue meurtrie du blond. - Ce sont des choses qui arrivent. Tu étais énervé, c’est tout. » Harry faillit tomber à la renverse...pas de joie, mais d’effroi. « Non Draco, ce sont des choses qui ne doivent pas arriver, dit il en prenant son visage entre ses mains et en caressant ses joues avec ses pouces. Je n’ai aucune excuse pour t’avoir frappé. L’amour ne doit pas être douloureux, l’amour ce n’est pas gifler quelqu’un. Je pourrais te dire que je t’aime tant que j’en perds mon sang froid, et c’est un peu vrai, mais je t’aime aussi au point de refuser une seule seconde l’idée de t’avoir fait souffrir. Tu ne méritais certainement pas cela, personne ne mérite cela. » Il approcha ses lèvres de celles du Serpentard et il murmura, son souffle sur la bouche du bond : « Je t’aime tellement. Je n’avais aucun droit de te frapper mon doux joyau. Je ne comprends pas pourquoi je m’y prends si mal avec toi. - C’est parce que je ne suis pas… » Harry le coupa en posant délicatement ses lèvres sur celles de son aimé. « Je ne veux pas entendre que tu n’es pas une personne de qualité, Draco, parce que tu es mieux que tous les Gryffondors réunis. » Murmura Harry avant de reprendre ses lèvres. Draco se laissa emporter dans le tourbillon d’émotions que lui procurait la langue de Harry, qui passait lentement sur ses lèvres, pour s’insinuer entre elles et danser contre son palais. Draco plaça ses mains sur le torse de Harry et il le repoussa doucement. « Va t’en à présent, murmura-t-il. - Draco, je t’en prie. - Je suis fatigué, Harry. J’ai besoin de réfléchir alors on se verra demain si tu veux bien. Pour l’instant, je ne veux pas être avec toi. » Harry sentit son sang se glacer dans ses veines, il ne voulait pas laisser Draco mais il hocha quand même la tête. Bientôt mon être de pureté, susurra Voldemort dans la tête de Draco, bientôt nous serons réunis et nous règnerons. Viens à moi mon enfant des Ténèbres. « Demain matin, avant le petit déjeuner, au bord du lac, si j’en ai envie. » Déclara Draco alors qu’il se recouchait sans lui accorder un regard. O Harry remonta dans la Salle Commune des Gryffondors avec le cœur lourd, et un immense dégoût envers lui-même. Il trouva Hermione, Ron et Blaise qui buvaient un thé alors que Dobby passait le chiffon sur les tables. L’elfe de maison l’accueillit avec son enthousiasme habituel alors que Blaise et Hermione le fusillèrent du regard. Ron, lui, détournait les yeux. « Harry Potter, Monsieur ! S’écria Dobby. Vous êtes enfin revenu, Dobby peut aller soigner Draco Malfoy Monsieur ! - Pourquoi ne m’as-tu jamais parlé de Draco, Dobby ? Demanda Harry. Tu le connais bien, non ? - Draco Malfoy Monsieur a donné à Dobby la bonne idée pour être libre grâce à Harry Potter Monsieur. Draco Malfoy a le cœur abîmé, Monsieur. Quelqu’un lui a fait du mal aujourd’hui, Monsieur ? - Oui Dobby, c’est moi qui l’ait frappé, reconnu Harry en sentant une boule se former dans sa gorge. - Harry Potter, Monsieur ! C’est mal ! C’est très mal, Monsieur ! Harry Potter est un héro qui aide les autres, Monsieur. Harry Potter doit faire le bien ! » L’elfe disparut avec un « pop » sonore et Harry s’avachit dans son fauteuil préféré, la tête entre les mains. « Le gnome a raison, Potter, lança Blaise avec calme. C’est mal de blesser Draco Malfoy Monsieur, surtout quand on prétend l’aimer. Moi, à ta place, je chérirais chaque seconde qu’il m’offre et j’attendrais de connaître la vérité au lieu de le juger coupable. Il m’a dit qu’il ne s’était rien passé avec Rogue, et je le crois. - Il te l’a dit ? Demanda Harry avec un pincement au cœur. Il n’a rien voulu me dire. - Il est déçu, c’est normal. On le serait à moins, tu ne trouves pas ? Demanda Hermione. Blaise nous a raconté que pour Draco, si tu prétends l’aimer, c’est parce que tu retrouves Sirius en lui. - Sirius ?! Mais qui a pu lui mettre une idée pareille dans…ok, c’est Rogue. C’est bien son genre de créer des tensions. Et Draco qui lui fait confiance ! - Et alors ? Interrogea Blaise avec un sourire amusé. Toi tu fais bien confiance à Dumbledore alors que Draco ne lui confierait même pas son chien mort ! - Je crois que je vais aller me coucher, j’ai trop de questions sans réponses, je dois comprendre, je dois être seul, marmonna Harry en se dirigeant dans les dortoirs d’un pas résigné. » Les trois élèves le regardèrent partir puis ils se tournèrent les uns vers les autres. « Vous pensez la même chose que moi ? Demanda Blaise avec un rictus satisfait. - Je crois que oui, répondit Ron en se levant. Allons développer les photos du petit cafard. » C’est avec discrétion qu’ils se rendirent dans la chambre violette, qui servait à développer les photos magiques. Hermione prononça le sortilège de développement et aussitôt, les photos prises par Colin s’animèrent sous leurs yeux. La dernière fut la bonne et Hermione poussa une exclamation en mettant une main sur sa bouche. « Oh mon Dieu, Draco a bien la main à l’endroit où Colin le disait ! Balbutia Hermione. - Il m’a menti, éructa Blaise. Il m’a dit qu’il ne s’était rien passé et on a la preuve qu’il avait bien la main…là ! » Ron resta muet, tétanisé. Il fixa longuement la photo, hypnotisé par l’image, en proie à une fascination qui le terrifiait. « Remontez vos cerveaux d’un mètre, articula-t-il lentement, d’une voix presque aussi traînante que celle de Draco. Il a effectivement la main…là, mais il n’est pas consentant. Son visage, regardez son visage. » Hermione et Blaise remarquèrent alors la larme qui mouillait le papier, cette larme de désespoir que Draco avait versée quelques heures auparavant dans les cachots. Ils virent toute la tristesse et les dents serrées du Prince des Serpentards, que toute l’école traitait à présent de prostituée. Ils comprirent alors ce qui était arrivé et Ron sortit en trombe de la chambre violette, la photo à la main, sourd aux protestations de ses deux amis…car Blaise Zabini était devenu un ami pour eux. Il entra dans le dortoir et il secoua Harry qui, par chance, ne dormait pas, ressassant sans cesse les mêmes idées noires, se repassant en boucle l’image de lui, frappant son ange. Il se releva d’un bond et Ron lui glissa la photo sous le nez, sans ménagement. « Il n’a rien fait du tout ! S’écria-t-il. Nous avons préféré croire la petite sangsue plutôt que ton mec ! Regarde, Harry, il pleure ! » Harry comprit soudain l’émotion qui submergeait son ami. Draco Malfoy avait toujours été le parfait gosse de riche, débordant de suffisance et de méchanceté. Et jamais, jamais ils n’auraient pensé voir cette larme sur ce visage angélique, torturé par la trahison, ce diamant qui roulait le long de sa joue pour mourir sur le front du professeur Rogue. Harry se perdait dans l’image de son amour, fasciné par cette larme qui l’attirait et le répugnait. Colin avait fait une photo qui ne serait pas montrée à l’école, mais dont tout le monde parlait, salissant la réputation du Serpentard. Car parce qu’il était le Serpentard, et Colin le Gryffondor, les élèves croyaient Colin. Un poignard frappa le cœur de harry, en même temps qu’un soupçon horrible. Inimaginable. C’était impossible. Et pourquoi pas ? Après tout, Peter Pettigrew, cet infâme traître, avait bien l’air d’un petit saint, tout comme Colin. Harry courut dans le dortoir des cinquièmes années, Ron sur ses talons. Il empoigna Colin qui hurla de terreur en ouvrant les yeux. Il lui colla littéralement la photo sur le nez et il lui frotta le visage avec, jusqu’à ce qu’il soit baigné des larmes de Draco. Il lui saisit ensuite les cheveux et il tira fort, de façon à ce que Colin le regarde. « Petite merde infecte, tonna Harry entre ses dents. Misérable gnome, tu as vu que Draco Malfoy avait des problèmes et, au lieu de l’aider, tu as pris ta photo immonde et tu es vite venu raconter tes salades ! C’est de la non assistance à personne en danger. - En tant que Préfet, je t’informe que tu risques d’être renvoyé, Colin, déclara froidement Ron. Alors on te laisse vingt quatre heures pour réparer le mal que tu as causé. Tu vas dire à tout le monde que tu as menti et si j’entends une seule fois « Malfoy est une pute » comme vous l’avez chanté toute la soirée, je raconterai tout à Dumbledore, je montrerai la photo et tu seras renvoyé directement à la case Moldu. C’est bien clair ? » Le cloporte hocha la tête, les larmes aux yeux alors que la main de Harry serrait sa gorge. « Autre chose, si tu ne fais pas ce que je te dis, tu auras un problème plus grave que Dumbledore. Je te promets que je ne retiendrai pas Harry, et tu vas souffrir…beaucoup…longtemps. » Sur ce, il desserra la main de Harry et il le poussa tant bien que mal hors du dortoir. Harry était trop abattu pour se débattre mais il ne voulait pas en rester là. Il voulait faire très mal à Colin. Mais avant toute chose, il voulait Draco. Il se recoucha et il attendit le lendemain matin, les yeux grands ouverts, l’esprit fonctionnant à deux cent à l’heure. O Draco se dirigeait d’un pas tranquille dans les couloirs de l’école. Il ne montrait rien. Il ne ressentait plus rien. Il était vide de toute émotion. Fatigué. Un septième année de Poufsouffle avait essayé de le coincer dans l’escalier pour obtenir ses faveurs, et un autre de Serdaigle, qui lui avait mis la main aux fesses, s’était battu avec un quatrième année de Serpentard, qui était venu défendre son Préfet. Draco avait toujours été le bourreau à l’école. Jamais la victime et il détestait être du coté des persécutés. Heureusement que les vacances commençaient le lendemain pour les autres, le matin même pour lui. Il marchait sans rien voir lorsqu’un première année de Gryffondor vint à sa rencontre, très poliment, pour lui demander s’il faisait aussi les fellations aux plus jeunes et si, dans ce cas, il voulait bien s’occuper de lui et de ses amis. Draco n’avait qu’une envie, celle de fuir très loin et de ne plus revenir. Au lieu de cela, il prit son air le plus hautain et il fit un sourire suffisant en prenant le garçon par les épaules et en s’approchant du petit groupe. « Je réserve un traitement très spécial aux premières années, dit il d’une voix doucereuse. Vous allez adorer ça. Je vais vous prendre tous en même temps. » Il sourit de plus belle en voyant les regards envieux qui parcouraient son corps. Il tendit la main vers eux, sans les toucher, puis il décrivit un petit cercle dans les airs. Enfin, il fit un geste brusque en tendant le bras en direction de la porte et les gamins volèrent à travers la porte pour retomber lourdement, douloureusement dans la neige. Draco avança lentement vers eux, sous les regards stupéfaits des autres élèves. « J’espère que ça a été aussi bon pour vous que ça l’a été pour moi, » lança-t-il avant de rire méchamment. Il prit alors le chemin du lac. La neige tombait toujours et le froid lui caressa le visage. Il aimait l’hiver, c’était une saison qui lui ressemblait. Harry était déjà au bord du lac et Draco ne pu s’empêcher de constater à quel point il était beau, même habillé d’un vieux jean élimé et d’un manteau noir bien trop grand pour lui. Il se mit à le relooker mentalement, avant de se souvenir que s’il lui avait dit de venir, c’était pour arrêter toute cette mascarade. Harry grelottait en contemplant la surface plane du lac, sur laquelle venaient mourir les flocons de neige. Il se retourna en entendant les pas derrière lui et soudain, le froid n’avait plus aucune importance. L’image magnifique de l’Héritier suffisait à réchauffer son corps. Il était d’une beauté renversante avec ses cheveux qui brillaient comme des fils de lune, coiffés en arrière, son visage aussi glacial que le temps et ses yeux de la couleur du ciel tourmenté. Il portait une longue veste trois quart en cuir marron sur un pull à col roulé beige, très près du corps. Si on ajoutait à cela le pantalon de la même couleur que la veste, on obtenait la vision enchanteresse d’un Prince dans toute sa splendeur. Il a tout ce que l’argent peut acheter, pensa tristement Harry. Et pourtant, il n’a rien. Il resta muet devant tant de grâce, effrayé à l’idée de briser le silence, comme si sa voix risquait de salir la pureté du Serpentard. « Je pense que nous devrions arrêter là le massacre, déclara Draco de sa voix traînante et froide. Nous n’avons rien en commun, tu n’as aucune confiance en moi et… - J’ai vu les photos de Crivey, coupa Harry. Je ne comprends pas, il n’avait jamais menti avant. - Tu ne comprends pas ?! TU NE COMPRENDS PAS, HARRY ?! Ce petit merdeux malfaisant est amoureux de toi depuis sa première seconde à Poudlard. Rectification faite, je crois qu’il t’aimait avant d’entrer à Poudlard. Ne le prends pas mal, mais tu es d’une naïveté surprenante. Ce gamin faisait partie de ceux qui croient que nous avons une liaison, alors il a sauté sur l’occasion de nous séparer. Et tu sais quoi, Harry ? Il a réussi. - Je ne crois pas qu’il ait pensé à ça. Il n’est pas amoureux de moi, il voulait juste se faire remarquer dans l’école, c’est tout. - Ok, pense ce que tu veux, mais dis toi que la moitié de cette école veut coucher avec toi. Ne fais pas cette tête là, tu sais que j’ai raison. J’ai toujours raison. Regarde Parvati Patil, Mark Andrews, Julian Mc Dern, Emily Fishman, Justin Flinch machin et j’en passe. Ne me dis pas que tu ne les vois pas ? - Je suis navré, je ne vois qu’une seule personne…qui ne veut pas de moi, murmura Harry en s’approchant de Draco. - Ne fais pas ça, Harry, implora Draco en détournant le regard. - Je suis désolé Draco, vraiment. Je ne voulais pas que les choses dérapent à ce point. Tu vas dénoncer Rogue ? - Pardon ? Dénoncer Rogue ? Merlin, quelle drôle d’idée, lança Draco avec un sourire mauvais. Rogue est la seule personne que je respecte dans cette école. Il a fait une erreur, ça arrive à tout le monde. - Il te saute dessus, il te fait croire que tu es la pâle copie de Sirius et toi, tu le respectes et tu le relookes en plus ? Demanda Harry en sentant son calme l’abandonner. - Ceci ne regarde que moi, Harry. Ecoute, je n’ai pas beaucoup de temps à t’accorder, une voiture vient me chercher dans une heure alors parlons d’autre chose que de Rogue. - Tu…tu pars ce matin ? Tu rentres chez toi ? - Non, je comptais plutôt passer les fêtes de Noël sous les ponts, c’est tellement plus fun, ironisa Draco en le gratifiant d’une sourire narquois. - Reste ici, s’il te plait, dit Harry en prenant la main du blond et en embrassant sa paume. Nous devions aller à Pré au Lard ce week end. - Ne fais pas ça, je t’en prie, ordonna Draco en retirant sa main. Je ne veux pas que les choses aillent plus loin entre nous. Nous n’irons nulle part ensemble. On arrête tout, c’est clair ? » Harry observa longuement le Serpentard, dans les yeux duquel il ne lisait rien d’autre que de l’indifférence. Le Gryffondor commençait à se sentir agacé et il soupira bruyamment avant de passer une main dans ses cheveux, les ébouriffant de manière sensuelle au passage. « Ecoute, je suis vraiment désolé pour ce que j’ai fait hier. - Harry, tu dois comprendre que je me moque pas mal de cette gifle, déclara impatiemment Draco. Ce n’est pas ça l’important. - Et toi, tu dois comprendre que je ne m’en fous pas. Je suis choqué d’avoir pu lever la main sur toi. - Je suis navré, Harry, mais ce n’est pas mon problème, lança froidement le blond. Ce n’est pas à moi de t’aider parce que tu te sens mal de m’avoir traité de pute et giflé en public. Débrouille toi avec ta conscience, soulage la comme tu veux, ce n’est pas mon problème, je te le répète. Je ne veux plus qu’on se côtoie à cause de ce que tu recherches en moi. - Sirius, c’est ça ? » Draco hocha lentement la tête et Harry enfonça les mains dans ses poches de jean, son regard soutenant celui de Draco. « Sache que j’y ai pensé toute la nuit, poursuivit Harry, et j’en suis arrivé à la conclusion que tu as peut être quelques points communs avec Sirius, en particulier votre élégance naturelle et la forme de vos visages. Mais Draco, vous êtes aussi tellement différents ! Sirius a sacrifié sa vie pour une cause dont tu te fous royalement. Toi Draco, tu as l’instinct d’auto-conservation et tu n’irais pas mourir pour quelqu’un d’autre. Sirius était spontané et impulsif, toi tu es réfléchi et calculateur. Je pense que Sirius, tel que je le connaissais, n’avait que peu de points communs avec toi. Je ne cherche pas Sirius en toi. Tu sais, pour moi, il était le père que je n’avais jamais eu et, je ne suis pas du tout branché relations incestueuses. Le chercher en toi reviendrait à dire que je voulais coucher avec mon substitut paternel, c’est horrible. - Très oedipien comme concept, lança Draco en retrouvant une moitié de sourire. En tous cas j’ai été ravi de constater que ta magie sans baguette se portait bien. - Je ne la contrôle toujours pas, grommela Harry avec un air maussade. Il faut croire que je ne contrôle pas grand-chose ces temps ci. Je me fais l’effet d’être une bombe à retardement. - Sans vouloir t’offenser, ça fait un an que tu sembles être constamment sur le point d’exploser. - Il n’y a qu’avec toi que je me sente serein, remarqua Harry en lui faisant un faible sourire. A part quand on se dispute, cela va de soi. » Draco fixa le lac derrière Harry pendant de longues secondes avant de soupirer. « Je ne suis pas celui qu’il te faut, Harry. Regarde qui je suis ! Je suis l’Héritier de Voldemort qui veut te voir souffrir le martyre ; mon père n’a qu’un seul but dans la vie c’est celui de te tuer ; ma marraine a tué ton substitut paternel. Comment peux tu me regarder et trouver de la beauté en moi quand je ressemble tant à ceux qui te veulent du mal ? Comment peux tu supporter l’idée que les lèvres qui t’embrassent, embrasseront aussi la joue de Lucius Malfoy ? Harry, souvent, quand nous sommes ensemble, Voldemort nous observe et plus tu tiens à moi, plus il est heureux car il sait que tu sortiras affaibli de cette relation. Il est sadique, il veut que tu souffres autant que possible. C’est pour cela qu’il me laisse passer du temps avec toi, sinon tu penses bien qu’il aurait fait quelque chose contre…ce qui nous arrive. - Il peut nous voir ? Demanda Harry en sachant pertinemment que cela était possible. Tu veux dire que quand tu étais avec moi…enfin…dans les douches, il était là ? - Pas cette fois, non. Hier soir, quand tu es venu t’excuser, il était là et il jubilait. - Ok, peut importe Voldemort. Ce n’est pas ce qui compte à mes yeux pour l’instant. Réponds moi franchement, lança Harry en prenant garde de ne surtout pas toucher Draco, même s’il en mourait d’envie. En faisant abstraction de tous les facteurs qui font entrave à notre relation, voudrais tu être avec moi ? Est-ce qu’il y a quelque chose en moi qui te plaise assez pour que tu veuilles être…mien ? » Il baissa la tête, trop gêné d’avoir osé envisager l’éventualité que le Serpent indomptable puisse lui appartenir. Lentement, Draco vint relever son menton avec ses doigts glacés et il plongea son regard soudain bleu intense dans celui de Harry. Ses lèvres vinrent réchauffer celles du Gryffondor dans un baiser doux et à peine appuyé. Juste une caresse afin de sentir le goût de sa peau, puis il étreignit fermement le Survivant. « Je ne t’appartiens pas, Harry, murmura Draco dans son cou, mais oui, je voudrais qu’on puisse être ensemble. - Alors ne me repousse pas, Draco, plaida Harry en se relevant pour le regarder intensément. Je me moque des risques ou des conséquences, tout ce qui compte, c’est que depuis qu’on se connaît mieux, je me sens en vie, je me sens libre et plus fort. Bien entendu, je ne veux pas te forcer la main, si tu t’en fiches, restes loin de moi, c’est clair…après tout, nous sommes dif… » Les lèvres de Draco vinrent le faire taire, et il serra sa taille avec possessivité alors que l’Héritier passait une main derrière sa nuque et l’autre sur ses épaules larges. Leurs langues se mêlèrent d’abord lentement, puis passionnément. L’esprit entier de Harry hurlait « je t’aime » au Prince de Glace alors que ses lèvres descendaient pour laisser des frissons voluptueux dans le cou de Draco. « Reste ici. Demanda Harry dans son cou. Je ne veux pas que tu t’en ailles, pas avec eux. - Je ne peux pas. Mais ne t’inquiète pas, je ne crains rien. Je suis bien trop important pour Voldemort, mes parents n’oseront pas abîmer son jouet. - Tu me donneras de tes nouvelles ? » Draco répondit par un nouveau baiser. Certains élèves pouvaient les voir par les fenêtres mais aucun d’eux ne s’en préoccupait. Seul l’instant présent comptait. L’instant de leurs retrouvailles et de leur séparation. Draco se détacha et il se dirigea d’un pas résolu vers le château. Suivi par Harry, le visage fermé, les mains dans les poches, le pas traînant, le regard braqué sur le dos de son aimé dans une supplique muette. Il resta dans l’encadrement de la Grande Porte et il fut le premier à voir la limousine noire arriver. Draco dit au revoir à Parkinson, Crabbe, Goyle, Zabini et Nott en leur rappelant qu’ils se verraient dans cinq jours pour la fête de noël au Manoir Malfoy. Harry eut un pincement au cœur. Il éprouvait de la tristesse à être éloigné de Draco ainsi qu’une jalousie brûlante. L’Héritier avança en direction de la voiture en laissant sa grosse valise aux bons soins de Crabbe, qui la porta jusqu’au coffre. Certaines choses ne changeront jamais, pensa Harry en souriant intérieurement. Narcissa Malfoy sortit de la voiture et elle serra son fils contre elle, dans un simulacre d’affection maternelle affligeant. Harry fut, une fois de plus, touché par la grâce et la beauté de Draco, cette beauté froide et délicate tellement bien mise en valeur par les vêtements qu’il portait. Le blond jeta un coup d’œil dans la limousine et il hocha la tête, pour dire bonjour à quelqu’un. « Je vais prévenir le Directeur de ton départ, déclara Narcissa en disparaissant dans le Grand Hall. » Draco se tourna vers Harry et il lui fit un sourire rayonnant, pour le rassurer, ce qui ne fit que l’inquiéter d’avantage. Draco s’approcha de lui et il le fit entrer dans le Hall. Il dessina un rectangle dans l’air et aussitôt, une porte apparut. Il pénétra à l’intérieur d’une pièce blanche, simple, et il y entraîna Harry. Il le plaqua contre le mur, une jambe entre celles du Survivant et il l’embrassa violemment, passionnément. Leurs dents s’entrechoquèrent et Harry passa ses mains sur le dos de Draco avec frénésie. « Prends soin de toi, Harry, murmura Draco en lui mordillant le lobe de l’oreille. Et pense à moi. - A chaque seconde, promit le brun en caressant le torse du blond. Et toi, tu penseras à moi ? - Pour quoi faire ? » Demanda Draco avec un sourire goguenard. Harry éclata de rire et il embrassa Draco de plus belle avant que le blond ne rompe leur étreinte pour se rendre dehors. Harry resta nonchalamment adossé à la porte alors que Narcissa Malfoy montait dans la voiture. Draco la suivit de près, sans un regard en arrière. Harry voulut hurler la douleur de la séparation. Il avait l’impression qu’il voyait Draco pour la dernière fois et il resta un long moment ainsi, contre la porte, le regard flou, les mains obstinément dans les poches. Il sentit soudain une main rassurante se poser sur son épaule voûtée. « Il reviendra, Harry, promit le professeur Dumbledore. Le professeur Rogue veillera sur lui. » Harry eut un haut le cœur mais il resta de marbre. Personne ne pouvait comprendre la force de ses sentiments envers Draco, personne ne pouvait savoir la déchirure qu’il ressentait au niveau de sa cage thoracique. Il pensait qu’il ne pouvait pas connaître de pire Noël que ceux passés chez les Dursleys et il se rendait compte qu’il avait eu tort. Le pire Noël serait celui qu’il passerait à s’inquiéter pour Draco. O O « Bienvenue chez toi, mon fils, » déclara Lucius Malfoy en serrant la main de Draco. Draco observa la maison et il fut soulagé de voir que rien n’avait changé. Il monta dans sa chambre, jeta ses affaires sur son lit et il prit une longue douche. Voldemort était chez lui, il sentait sa présence flotter sur toute la maison. Il passa une serviette autour de sa taille et il retourna dans sa chambre, retenant un cri de stupeur en voyant Bellatrix se tenir debout devant son lit. Il ne l’aimait pas du tout, avec ses manières étranges et ambiguës. Elle s’approcha lentement et elle déposa un baiser sur ses lèvres. « Héritier, quelle joie immense de me trouver en ta présence, susurra-t-elle en caressant son torse avec un doigt. - Le plaisir est pour moi, marraine, répondit-il en reculant. Que me vaut l’honneur de ta visite dans mes appartements ? - Le Maître m’a dit de veiller sur toi, alors je ne te quitte pas d’une semelle, mon cher neveu. - Tu m’en vois ravi, siffla-t-il alors que son visage exprimait un profond dégoût. Mon père m’attend dans son bureau, nous reparlerons de tout cela plus tard, veux tu ? » Il n’attendit pas de réponse et il se dirigea vers les quartiers de son père, le regard froid, le visage fermé, la respiration calme. Il sentait que ces vacances allaient être très longues. Il se posta devant son père, sachant pertinemment quelle orientation prendrait la conversation et quelles en seraient les conséquences. Il vivait cette scène à chaque fois qu’il venait en vacances chez ses parents, rien n’était nouveau pour lui. Il contrôla sa respiration, cela lui servirait à rester calme lorsque le premier sortilège s’abattrait sur lui. Le cruciatus, probablement. Lucius Malfoy observa longuement son fils, laissant la pression monter. La question qu’il se posait en voyant le regard glacial et le visage insondable de Draco était pour qui la pression montait-elle le plus ? Il lui sembla pour la première fois que son fils était supérieur à lui, de par sa condition d’être Elu du Seigneur des Ténèbres, mais aussi par sa puissance d’acceptation. Lucius avait fait pleuvoir les sortilèges douloureux et les pires humiliations sur son fils, et pourtant celui-ci ne se rebellait pas. Il se résignait fièrement à son sort et Lucius savait qu’en cela, l’enfant était supérieur à son père, car jamais Lucius n’aurait accepté de souffrir sans plaider sa cause. Décidément, je l’ai bien élevé, pensa Lucius. « Parle moi de tes notes, dit il a haute voix. - Père, je suis second au tableau d’honneur. J’ai obtenu la mention Optimal partout sauf en Soins aux Créatures Magiques, répondit Draco en sachant que le rang de second n’était pas digne d’un Malfoy. - La Sang de Bourbe est-elle toujours première au tableau d’honneur ? - Oui, père. » Lucius Malfoy sembla livrer un combat intérieur intense avant de déclarer : « C’est très bien mon fils. Je suis fier de toi. Nous irons faire les magasins pour te récompenser de tes si bons résultats. » Si Draco n’avait pas été entraîné à être arréactif dès son plus jeune âge, il en serait certainement tombé à la renverse. Pourtant, son visage et sa gestuelle ne révélaient rien et il hocha poliment la tête avant de tourner les talons. Il croisa sa mère qui lui fit un sourire chaleureux et, comme un enfant qui teste les limites, il ne pu s’empêcher de l’interpeller. « Mère, la Sang de Bourbe a encore eu de meilleurs résultats que moi ce trimestre. » Il vit clairement un éclair de folie meurtrière traverser le beau visage de sa mère mais elle ne bougea pas, se contentant de lui faire un sourire très exagéré. « Ce n’est pas grave mon petit Dragon, tu feras mieux la prochaine fois. Je t’aime. - Je vous aime aussi mère, » répondit-il machinalement. Il entra dans sa chambre en proie à des sentiments mitigés. Certes, il était content de n’avoir pas eu à souffrir des punitions habituelles de ses parents, mais il était aussi déçu. Peut être Voldemort avait il ordonné qu’on ne touche pas à son Héritier et peut être que maintenant, ses parents ne l’aimaient plus. Il soupira et il se terra dans sa chambre, sursautant quand Bellatrix sortit de sa salle de bains. Il la congédia d’un regard noir et d’un geste de la main. Il ferma les yeux et le doux visage de Harry vint danser sous ses paupières closes. Merlin que le Survivant était beau. Sa peau était si douce. Se pouvait il que Harry Potter soit vraiment, réellement tombé amoureux de lui ? Draco haussa les épaules et il commença à lui écrire un mot. Au bout d’un quart d’heure et d’innombrables parchemins froissés, il abandonna l’idée. Il ne savait pas dire ce qu’il ressentait lorsque cela était sincère, alors qu’il n’avait eu aucun mal à convaincre Chang et Jonhson qu’elles étaient importantes pour lui. Il se frotta les yeux. La journée avait été longue et la lassitude le gagnait. Dormir. C’était tout ce qu’il voulait. Un elfe de maison apparu avec un « pop » significatif et il s’inclina bien bas devant l’Héritier. « Draco Malfoy, Monsieur, votre père demande à vous voir dans le salon. - J’arrive, lança Draco sans bouger. - Draco Malfoy monsieur, Lucius Malfoy, monsieur, a dit à Button de faire venir Draco Malfoy immédiatement dans le salon. Si Draco Malfoy ne vient pas, Button aura failli à sa tâche. » Il se mit soudain à se taper la tête contre la bibliothèque de Draco. Le jeune homme attendit patiemment que la séance d’auto mutilation se termine avant de regarder l’elfe d’un air écoeuré. « Je t’ai dit que je descendrai et je le ferai, stupide créature ! » Il poussa un long soupir et il se rendit au rez de chaussée. Il pouvait entendre plusieurs voix dans le salon, dont une particulièrement familière. Il entra, la tête haute et il toisa tous les Mangemorts présents. Il fit un signe du menton au professeur Rogue et il attendit que Voldemort vienne à sa rencontre. Le Seigneur des Ténèbres prit son visage délicat entre ses deux mains et il le fixa longuement. « C’est un plaisir de te revoir mon enfant des Ténèbres. J’ai conscience que notre première rencontre n’a pas été très agréable pour toi mais nous devions entamer la cérémonie de partage des pouvoirs. A présent, c’est un honneur pour moi de me retrouver en ta maléfique présence. Quelle pureté tu dégages. Ton sang est aussi pur que ton visage, tu es digne d’être mon Héritier. Tu as subi et accepté la cérémonie sans faillir et je t’en félicite. » Aussitôt, les Mangemorts applaudirent et Draco eut l’impression d’être Gilderoy Lockhart devant ses fans. Il ne regarda personne d’autre que Voldemort. Il était au dessus d’eux. Il était l’être élu et il savait comment agir en conséquence. « Tu sembles fatigué mon enfant, » déclara Voldemort avec une gentillesse qui fit sursauter tout le monde, sauf Draco qui réprima un fou rire car même son propre père ne lui avait jamais dit qu’il semblait fatigué. Débraillé, idiot, affamé oui, mais fatigué, jamais. Son propre père s’était toujours moqué de son état de santé et voici que le Seigneur des Ténèbres en personne s’inquiétait pour lui. C’était une ironie pure. Un comble. C’était risible. Oh putain, Voldemort qui se conduit comme mon grand père, songea Draco en se mordant la lèvre pour ne pas rire du ridicule de la situation. Il y a en face de moi, les pires tueurs du monde, et l’assassin en chef veut savoir si j’ai bien dormi ? Je me croirais devant Dumbledore. Dumbledore, Voldemort, tiens, ça rime. Bravo Draco, c’est bien de penser à ça en ce moment. Mais bon sang pourquoi n’ai-je pas peur de lui ? Regardez moi tous ces minables qui tremblent devant Voldemort, pardon père, et moi, je pense que le Saigneur des Ténèbres se prend pour mon grand père ! Adieu ma santé mentale ! Il laissa Voldemort lui caresser la joue et il se surprit même à apprécier cela. « J’ai fait un long voyage, répondit Draco pour justifier les cernes qui soulignaient son regard. - Alors va te reposer, mon être de pureté. Je souhaitais juste te rencontrer une fois encore, avant la suite. » Draco hocha la tête et il remonta dans sa chambre où il s’endormit sans se poser de questions, car s’interroger signifiait immanquablement passer une nuit blanche. O O Harry passa des jours terribles après le départ de Draco. Le Serpentard n’avait donné aucune nouvelle et malgré l’enthousiasme de Ron et de Hermione quant à sa relation avec lui, Harry n’arrivait pas à refaire surface. Il expérimentait le manque dans ce qu’il avait de plus atroce. Sa douleur était presque physique. Il avait passé cinq jours à faire des sourires forcés à ses amis alors que son esprit suppliait Draco de revenir. S’il ne pensait pas à Draco, il imaginait les mille et une façons de se venger de Colin Crivey. Il voulait réellement lui faire payer ce qu’il avait fait et il ne savait pas comment s’y prendre. L’idéal aurait été de lui casser la figure, mais Crivey était plus petit que lui et le combat n’aurait pas été loyal. Il avait fait ce que Harry et Ron lui avaient ordonné et, à présent, toute l’école le prenait pour un menteur et beaucoup d’élèves semblaient chercher Draco du regard, comme pour s’excuser. Harry savait que le soir même, Crabbe, Goyle, Zabini, Parkinson et Nott auraient la chance de passer le réveillon de Noël avec Draco et cela le brûlait à l’intérieur. Il regrettait presque de ne pas être un ami de la famille Malfoy. Dès qu’il éprouvait ces regrets, il se giflait mentalement en se rappelant que jamais il ne changerait de camp, pas même pour les beaux yeux de Draco. Ron vint le chercher dans le dortoir alors qu’il regardait avec insistance le petit paquet qu’il avait entre les mains. Son ami s’installa à coté de lui et il attendit que Harry parle le premier. Les premiers mots ne vinrent jamais. « Tu sais, commenta Ron, si tu ne lui envoies pas, il ne le recevra pas. - C’est d’une logique implacable, ironisa Harry avec un sourire. Je ne sais pas, Ron, après tout, ne n’ai aucune nouvelle de lui. - Harry, il s’agit de Draco Malfoy. Ne compte pas sur lui pour faire le premier pas. Ecoute, tu l’as acheté pour lui, alors offre lui et ne te morfonds pas de cette manière. Je suis sûr qu’il sera enchanté par ton cadeau, moi je l’adore. » Harry soupira et il fit tourner le paquet entre ses doigts. Peut être était il trop tôt pour offrir un bijou à Draco. Mais dès qu’il avait vu ce bracelet en or blanc dont les mailles changeaient suivant les humeurs de son propriétaire, sophistiqué et complexe, comme Draco, Harry avait craqué et il s’était rué dans la bijouterie pour l’acheter. Il prit un bout de parchemin et il y rédigea ces simples mots : Tu me manques. A peine Edwige s’était elle envolée en direction du manoir Malfoy, que Ron interpella Harry en lui montrant la fenêtre. « Ce n’est pas le hibou de Malfoy ? » Le cœur de Harry explosa dans sa poitrine. C’était en effet, le hibou Grand Duc, majestueux, de Draco. Le même hibou que Harry avait rêvé qu’il chevauchait alors qu’il était en quatrième année. Le message de son inconscient avait été clair, mais Harry n’avait pas su le déchiffrer. A ce moment là, déjà, il avait envie de Draco Malfoy. Harry se précipita à la rencontre de l’animal qui se laissa dépouiller de son petit paquet avant de s’envoler sans même un regard pour les deux garçons. « Son hibou est aussi snob que lui, » constata Ron en souriant. Harry ouvrit fébrilement le paquet, qui se mit soudain à grandir. A l’intérieur se trouvait un pantalon noir, une veste de cuir de la même couleur et un pull à col roulé vert sombre. Harry était ébahi devant la beauté de l’ensemble et la douceur des matières. Ron poussa une exclamation admirative. « Harry, ça vient de chez Angus Mc Cormack, c’est le plus grand couturier du monde sorcier ! Si après ça tu dis que Malfoy ne pense pas à toi, je t’arrache l’intestin et je te pends avec ! - Hum, encore une expression de Zabini ? » Demanda Harry avec un sourire amusé. Ron hocha la tête et Harry éclata de rire, le cœur soudain léger. Le cadeau était trop beau, trop cher, trop élégant pour lui mais, une fois que Ron l’eut convaincu d’essayer les vêtements, Harry constata avec joie que Draco avait visé juste. La taille, la coupe, la matière, tout était fait pour Harry. Les mains tremblantes, Harry voulut ranger la veste dans la boite et c’est là qu’il tomba sur le morceau de parchemin qui dévoilait l’écriture élégante du Serpentard. Harry, Ne m’en veux pas si je t’offre ce modeste présent, pour souligner ta beauté. Je ne remets pas en cause tes goûts très sûrs en matière de mode, mais dès que j’ai vu cet ensemble, je t’ai imaginé avec. Il est fait pour toi alors garde le, porte le et ne me fais pas le coup du « c’est trop bien pour moi ». Ici, tout se passe pour le mieux et je reviendrai certainement avant la rentrée, disons le 2 janvier. En attendant, je te souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année. A bientôt. D.A. Malfoy. « Tu sais à quoi correspond le A ? Interrogea Ron . - Pas la moindre idée, reconnu Harry. Le comble si c’était Albus ! » Ils éclatèrent de rire et Harry se sentit déborder d’amour. Il ne pouvait croire qu’après tant d’années de solitude et de manque affectif, il était aussi bien entouré d’amis et d’un ange blond aux incroyables yeux bleu gris. « Regarde, il avait écrit autre chose mais c’est effacé, remarqua Ron. » Harry jeta le sortilège adéquat et il lut avec bonheur la dernière ligne qui s’écrivait lentement devant ses yeux. P.S : Je pense sans arrêt à toi, Harry. Le Survivant se rendit dans la Grande Salle pour un réveillon heureux. Il fut réveillé à cinq heures du matin par une impression de déchirure au niveau de sa cicatrice. Voldemort était satisfait. Harry tint son front en hurlant. Il ferma les yeux et il vit Draco dans sa salle de bains. Ce fut la dernière image qu’il eut en tête avant de sombrer dans l’inconscience. O O Il était trois heures du matin. La fête venait de prendre fin et seuls les Mangemorts restaient. Les amis de Draco lui dirent bonne nuit avec appréhension et Blaise le serra contre lui comme si c’était la dernière fois. Draco ferma la porte très lentement, en se concentrant sur sa respiration. Il espérait juste que la cérémonie serait moins douloureuse que la précédente. Lord Voldemort apparu et lui tendit la main. L’Héritier la saisit et il suivit le Seigneur des Ténèbres dans le grand salon. Les espérances du Dragon furent comblées car, bien que plus longue, la cérémonie fut moins douloureuse. A cinq heures, l’Héritier était dans sa chambre, le poignet étroitement bandé, l’estomac complètement retourné. Il sentait le sang du Seigneur des Ténèbres circuler en lui. Une sensation de puissance et de domination prenait naissance dans sa tête et elle irradiait tout son corps. Sa tête tournait. Il sentit son estomac protester violemment et il courut dans la salle de bains, en proie à une nausée vertigineuse. Voldemort suivit le jeune homme, fasciné par la faiblesse qui émanait de son corps alors qu’il était sur le point de devenir un des sorciers les plus puissants de sa jeune génération. Bellatrix caressa les cheveux de Draco. Il leva les yeux vers elle et il s’évanouit. Elle le fit léviter jusqu’au lit et elle s’allongea à ses cotés. Le Maître lui avait dit de prendre soin de la santé de l’Héritier juste avant de sortir. Elle se mit à le bercer délicatement et à lui fredonner des chansons. A suivre… |