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Oraison funeste Il fut, disparaissant avant même d'apparaître. Naissant puis mourrant tout du long de sa minable petite survie, il pleura. A jamais, pour ce vide de plus qui s'efface, peu à peu peuplé d'inconnus. Pauvre petit humain, pauvre petit Roi. Je suis le feu !
Feu de votre passion et de votre peine, Feu de votre amour et de votre haine. Vous profitez à outrance de moi, Vous, êtres sans foi ni loi.
Vos larmes sont le pris à payer Pour tout ce que je vous apporte. Vous m'utilisez, bande de cloportes, Mais jamains ne me maîtriserez.
Vous luttez, mais jamais ne gagnerez. Voilà ce que je suis, mais peu vous importe, Vous n'en avez cur, et je vous emporte ! Et alors, seulement, vous mourrez.
Je suis le feu ! Doucement, le mal-être s'installe, pervers et sanglant. Son emprise d'acier vaut tout empire pour sa force, et toute torture pour sa douleur. Le noir teint l'esprit de fragments diffus, le rouge hausse quelque peu les couleurs. Tout est gris. La citadelle d'or ne s'élèvera pas, cette nuit encore. Ses murs resteront parmi les ruines de l'esprit stérile. Inefficace et tellement faible, sa lumière n'éclairera pas l'horizon, les ténèbres s'étendront encore un cycle, un cycle de plus. Je ne veux pas de cette nuit. |