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TRAUMA « For the longest while we jamming in the Party And you're wining on me Pushing everything Right back on top of me (Yea - hey- ai) But if you think you're gonna get away from me You better change your mind You're going home... You're going home with me tonight » (Kevin Lyttle : Turn Me On) CHAPITRE TROIS : KARIM Sirius rentra chez lui très tôt dans la matinée. Il trouva Harry assis sur les marches de sa somptueuse villa. « Je croyais qu’on devait se parler, » remarqua Harry en se relevant. « Tu m’as attendu toute la nuit ? Excuse moi, j’avais une affaire urgente à régler. » Il étreignit son filleul et Harry fut troublé par l’odeur de Sirius. Une odeur familière, agréable, une douce odeur de lait de palme, celle du gel douche de Draco ! Sirius sembla plutôt surpris de recevoir le poing de Harry en pleine figure. Il vacilla mais il parvint quand même à garder son équilibre. Ses yeux bleus métalliques lancèrent des éclairs alors qu’il tenait sa mâchoire endolorie. « Entre immédiatement pour m’expliquer le pourquoi du comment, ordonna-t-il d’un ton qui ne souffrait aucune contradiction. Je n’ai pas envie que tout le monde pense que le Ministre se laisse faire par ses Aurors. » Harry le suivit à l’intérieur en serrant les poings et aussitôt, il attaqua. « Tu as baisé avec Draco cette nuit ! » Sirius soupira pour marquer son exaspération puis il fit apparaître deux cafés. Il en tendit un à Harry et son regard s’adoucit. « Alors, mon fougueux filleul adoré, oui, j’étais avec Draco cette nuit, et non, il ne couche pas à la chaîne, contrairement à ce que tu as l’air de croire. En ce qui me concerne, je suis déçu que tu puisses penser que je soies capable de faire l’amour avec quelqu’un que tu as aimé plus que ta propre vie. » Harry se laissa choir sur le canapé, la tête entre les mains. Sirius s’installa confortablement dans un fauteuil en face de lui et il attendit que Harry parle. « Excuse moi. - Bon, ça arrive de se méprendre. Et puis crois moi, si j’aimais quelqu’un comme Draco, je serais maladivement jaloux moi aussi. » Harry releva brusquement la tête et il lança un regard stupéfait à son parrain. « Mais, je ne suis pas amoureux de Draco. Je suis juste un peu déstabilisé par son retour. - Admettons, répondit Sirius avec un sourire énigmatique. Tu sembles avoir passé la nuit sur les marches de la maison, pourquoi ? Ne me dis pas qu’après deux jours de vie commune, Ginny en a déjà assez de toi et qu’elle te renvoie chez toi ! - Tu sais bien que non. Je voulais te parler c’est tout. Il y a trop de questions sans réponses et j’ai besoin de savoir, Sirius. - Tu veux savoir pourquoi je ne t’ai pas dit que Draco était en vie ? - Oui, et je veux toute l’histoire. Pas juste des bribes, parce que là, je t’en veux à mort. - Pose tes questions, mais je me réserve le droit de ne pas répondre si certaines peuvent mettre Draco mal à l’aise. Mais Harry, avant tout, sache qu’il a été très difficile pour moi de garder se secret et de te voir souffrir un peu plus chaque jour. Ça m’a complètement rongé à l’intérieur mais je n’avais pas vraiment le choix. Je t’assure Harry que chaque fois que je te tenais dans mes bras pour te réconforter, je me maudissais de ne rien pouvoir t’avouer.» Harry observa son parrain en se répétant qu’il avait une chance inouïe qu’une personne aussi formidable soit dans sa vie. Il avait vécu tant d’horreurs, et pourtant, il gardait son coté enfant intacte. Il était grand et séduisant, ses longs cheveux noirs tombaient en cascade soignée et brillante dans son dos. Ses yeux opales étaient plein de bonté mais ils pouvaient devenir dangereusement menaçants si on le contrariait. Presque toujours habillé de noir, il était le Ministre de la Magie le plus jeune et le plus apprécié qu’ait connu le monde de la magie. Il méritait ces honneurs plus que quiconque. « Depuis quand sais tu que Draco n’est pas mort ? Commença Harry. - Je suis tellement désolé Harry, j’avais promis à Draco de ne rien dire à personne. Il m’a fait jurer et je n’ai pas pensé aux conséquences à ce moment là. J’avais une dette de sorcier envers lui car tu sais qu’il m’a sauvé la vie. Je ne pouvais pas faire autrement. Je le sais depuis le jour où il est sorti de sa catatonie à l’hôpital. Le guérisseur, tu te souviens de ce gosse qui était tombé amoureux de Draco rien qu’en le regardant dormir et qui avait été gueuler sur tous les toits que le Sauveur avait été violé ? » Harry hocha lentement la tête en se remémorant à quel point il avait détesté ce médicomage pour cela. « Et bien, poursuivit Sirius en se resservant un café, il m’a fait appeler lorsque Draco a commencé à parler. - Pourquoi toi ? Demanda Harry en ne résistant pas à la tension et en allumant une cigarette. - Parce que Draco m’a demandé, tout simplement. Harry, si tu l’avais vu. J’en rêve encore quelquefois, comme je rêve du moment maudit où je l’ai sorti de la cabane de Hagrid. Bref, Draco était terrorisé car, si pour nous la bataille finale avait eu lieu trois mois avant, pour lui, elle datait de la veille. Il était complètement abattu, des larmes plein les yeux et pourtant, il essayait de lever son petit nez pour faire le fier. On aurait dit un animal blessé qui ne veut pas se laisser attraper, même si c’est pour qu’on le soigne. Il m’a dit qu’il ne supporterait pas que le monde sache et, quand je lui ai avoué que le monde savait déjà, ça a été trop dur à gérer pour lui. Il n’arrivait même pas à me regarder dans les yeux alors que j’étais pour lui une personne de confiance, imagine ce qu’il ressentait par rapport au reste de la population. Dans la cabane de Hagrid, ils lui ont volé sa dignité, sa virginité et son sourire ; sa fierté était la seule chose qu’il lui restait et, par fierté, il ne pouvait pas rester. - Ok, mais pourquoi l’as-tu aidé à se sauver, pourquoi ne lui as-tu pas dit qu’ils serait soutenu ici ? Interrogea Harry en ôtant ses lunettes pour se frotter les yeux. - Je l’ai aidé à fuir et je le referais s’il le fallait, même si je n’étais pas d’accord. Je voulais le garder près de moi pour veiller sur lui. J’avais une dette envers lui, il m’avait sauvé d’un enfer où j’allais mourir. Ne vois tu pas qu’il devait partir, c’était une question de survie psychique pour lui ? Il savait que tout le monde voudrait connaître les détails les plus sordides et il n’était pas prêt pour cela. Il paniquait littéralement à l’idée d’aller témoigner au Ministère car confronter ses agresseurs signifiait les entendre prétendre qu’ils n’avaient rien fait de mal et que Draco voulait que ça arrive. Il avait tellement honte, Harry. Il me suppliait de l’aider à fuir ou alors de le tuer. Il se sentait humilié. Il a mis un moment avant de me regarder à nouveau dans les yeux. - Donc tu l’as non seulement aidé mais tu l’as, en plus, revu après ça ?! Raconte ! Parce que je ne comprends pas comment tu as pu me cacher cela en voyant à quel point je souffrais. J’ai voulu me laisser crever et toi, tu me prenais dans tes bras en me disant de faire le deuil bordel ! S’écria Harry, des larmes de rage dans le yeux. - Surveille ton vocabulaire, Potter. » Récita Sirius avec un petit sourire entendu. L’allusion à Draco et à sa manie du vocabulaire arracha un rire à Harry. Son parrain était très doué pour détendre l’atmosphère et personne ne pouvait lui en vouloir plus de dix minutes. « Crache, Black. - Ok, reprit Sirius. J’ai persuadé le guérisseur de nous aider, puisqu’il était responsable de la fuite aux média. Il a suffit d’un regard implorant de Draco pour qu’il accepte d’annoncer sa mort. J’ai ensuite eu l’idée de le faire aller en Suisse. Je m’y étais caché quand tout le monde me prenait pour un tueur psychopathe et je savais que les sorciers étaient peu impressionnés par les rumeurs là bas. Bien sûr, au début ils ont reconnu Draco et leur Ministre de la Magie l’a questionné. Draco lui a dit la vérité et le Ministère l’a soutenu dans sa démarche, pour le remercier d’avoir vaincu Voldemort. Et tout le long, Draco et sa grande gueule braillaient que c’était toi qui avait battu Voldemort et que lui n’avait fait qu’achever le travail. Et il a raison, Harry, il faut que tu admettes que c’est toi qui as tué Voldemort en l’affaiblissant au point qu’il ne pouvait plus que regarder Draco le tuer. C’est ta baguette, donc toi, qui as lancé l’Avada Kedavra. Et puis, il y avait ce lien entre vous : tu lui avais donné ton cœur, c’était ton cœur qui battait en lui au moment où lui, ne se sentait plus humain, voilà pourquoi c’est toi, qui a tué Voldemort. J’étais là, Harry. J’ai vu une lumière blanche sortir de ton corps pour envelopper Draco. Pour en revenir au sujet, Draco a étudié la médicomagie et il est devenu l’un des meilleurs praticiens du pays. Il se réfugiait complètement dans les études et dans le travail. C’était très inquiétant. Il refusait de parler et il prétendait que tout allait bien. Il s’isolait complètement et je crois que j’étais son seul contact pendant près de six mois. Il vivait chez les Moldus, qui n’étaient au courant de rien, alors il s’est fait de nouveaux amis, car avec eux, il respirait. Il pouvait être lui-même, sans baisser les yeux. Et puis il a commencé à ressortir dehors, pour d’autres raisons que les cours. Il voyait enfin un peu de lumière dans tout le noir qu’il broyait. Parfois, il faisait des crises de rage terribles, sans raison apparente, il cassait tout, il se blessait, et puis une heure après, tout allait mieux. C’était impressionnant. Mais il a repris le dessus. Tout ça pour dire que, vu son état et vu comme il était devenu sauvage, je ne pouvais pas le trahir en t’avouant tout. Il n’avait personne d’autre que moi. - Mais j’étais en train d’en mourir ! Tu m’as regardé perdre le goût de vivre ! - Je n’ai jamais pensé que tu te laisserais vraiment dépérir car tu as en toi une force de vie impressionnante. Je te faisais confiance. Et, Harry, j’ai promis cela alors que Draco était à l’hôpital, honteux et haineux. Il n’arrêtait pas de dire qu’il avait été pris comme une vulgaire chienne, que jamais il ne pourrait sortir dans la rue ; c’était trop difficile de le voir souffrir ainsi et, quand il m’a demandé de l’aider, j’admets que je n’ai pas pensé à ta douleur. Je n’ai pensé qu’à le sortir de son état dépressif. Putain Harry, c’était un gosse de 18 ans, terrorisé et humilié, je ne pouvais pas le laisser comme ça. Je ne pouvais pas m’empêcher de songer que ça aurait pu être toi. Et tu sais quoi ? J’étais soulagé que ce soit lui et pas toi à sa place. Te rends tu compte de l’impression immonde que ça me faisait lorsque j’avais ce genre de pensées dans la tête ? Je me sentais terriblement coupable de réagir ainsi. Alors j’ai fait pour lui ce que j’aurais fait pour toi. Tu comprends ? Questionna Sirius en se massant les tempes. » Harry hocha la tête. Il était fier de l’être d’exception qu’était son parrain, même s’il lui en voulait encore d’avoir gardé le secret. « Savait-il ce qui se passait ici ? - Oui, il me posait une ou deux questions de temps en temps, mais rarement. - Il a su que ses parents avaient reçu le baiser des Détraqueurs ? - Tout à fait, répondit Sirius. Il en a été très peiné et ça l’a énervé car il est clair que ses parents sont des monstres qui l’ont blessé toute sa vie, encore aujourd’hui, même s’il refuse d’en parler. Quand je pense que ce salaud de Lucius a laissé son enfant se faire torturer de la sorte, ça me rend malade. » Sans trop comprendre pourquoi, Harry fut jaloux de la relation que Sirius entretenait avec Draco. Peut être était ce parce que Sirius était SON parrain et qu’il ne voulait pas qu’il soit accaparé par quelqu’un d’autre que lui. Ou alors était ce parce que Harry voulait être celui dont Draco avait eu besoin dans ses moments noirs. Or, il avait été évincé de la vie de l’être qu’il aimait à la folie, et en même temps, d’une partie de la vie de son parrain. Il passa une main dans ses cheveux avant de se rallumer une cigarette. « Tu fumes trop, constata Sirius. Ces trucs Moldus tuent. - Je sais, mais là, tu m’excuseras, j’en ai besoin. J’arrêterai dès qu’on aura fini de discuter, ça te va ? - Je suis aux anges, plaisanta Sirius en rejetant sa longue chevelure noire en arrière. - Draco sait il que Zabini, Crabbe et Goyle en ont pris pour vingt ans et que Flint est mort ? Questionna soudain Harry. - Oui, je le lui ai dit, mais il s’en fiche, répondit Sirius avec une voix étrangement sombre. En tout cas, c’est ce qu’il prétend. - As-tu demandé à Kingsley de mentir sur la mort de Draco ? - Tout à fait. - Ok, comment Draco en est il arrivé à être le ‘papillon’ de Charlie Weasley, il hait les Weasley. - Il y a deux ans, Charlie a eu ce grave accident avec un dragon en Roumanie. Les médicomages ont préféré l’envoyer à Genève pour qu’il consulte le meilleur guérisseur et c’est comme ça qu’il a connu et qu’il est tombé fou amoureux de Draco. Au début, Draco repoussait les avances de Charlie et ils sont devenus amis. Et puis Charlie a persuadé Draco qu’ils étaient sur la même longueur d’ondes et que lui non plus ne voulait pas d’amour, que du bon temps. - C’est n’importe quoi et je crois que Draco le sait, parce qu’il faut être aveugle pour ne pas voir tout l’amour que Charlie éprouve pour lui, remarqua Harry en soupirant. - Exact. Je crois que Charlie espère gagner le cœur de Draco, mais il se fait des illusions. Draco se sent coupable par rapport à ça mais, visiblement, ça ne l’empêche pas de rester avec Charlie et de sortir avec d’autre. - Olivier Dubois notamment, constata Harry. Ouais, en gros, il brise les cœurs partout où il passe. - A mon tour de poser des questions maintenant, déclara Sirius en faisant apparaître une nouvelle tasse de café. Que ressens tu au sujet de son retour parmi nous ? » Harry toussota, puis il s’éclaircit la gorge. Il repensa à la façon écoeurante dont il avait fait l’amour avec Ginny cette nuit. Il s’en voulait tellement d’avoir utilisé son corps pour posséder Draco. Il n’avait pas vraiment eu le temps de tout analyser et il ne voulait surtout pas le faire. Sirius l’observa longuement, en silence, et il attendit patiemment. « Je ne sais pas trop ce que je ressens, Sirius. C’est très confus. J’aime Ginny. - Je ne t’ai pas demandé si tu aimais Ginny mais si tu aimais toujours Draco. - Je…c’est…je ne pense pas. Je crois que j’ai envie de lui. - Alors dans ce cas, tiens toi loin de lui, conseilla Sirius. Parce que, soit tu vas vouloir essayer avec lui et, toucher sa peau c’est ne jamais pouvoir l’oublier, j’ai vu l’effet qu’il fait aux hommes de sa vie ; soit tu vas lui faire du mal, et là c’est moi qui t’empêcherai de l’oublier. Il faut que tu comprennes qu’il ne réagit pas normalement affectivement parlant. Il a vécu des moments difficiles et je crois que son retour parmi nous, le regard que les gens lui portent, sont en train de le replonger dans ces moments. - Explique moi ça. - Je ne peux pas, je t’en ai déjà trop dit. Pourquoi n’es tu pas avec Ginny en ce moment ? Pourquoi es tu là, en train de me questionner au sujet de ton ancien amour ? » Harry resta interdit un instant, puis il préféra prendre congé afin d’éviter ce genre de conversation. Il rentra chez lui et il fut presque soulagé de constater l’absence de Ginny. Elle était déjà partie à l’hôpital, travailler avec Draco. Un sentiment étrange lui noua l’estomac. Il prit une douche rapide et il se rendit au Ministère où il devait interroger un suspect dans une affaire de meurtre avec magie noire. O O On sonnait à la porte. Draco soupira et il finit d’attacher sa cravate avant d’aller ouvrir. Charlie se trouvait tout penaud sur le pas de la porte. Draco lui fit un sourire et aussitôt, le roux vint se jeter dans ses bras. « Je suis vraiment désolé, Draco, sanglota Charlie en essayant de reprendre contenance. Tout ce qui est arrivé hier est…mon frère, ce crétin, et moi qui entre chez toi sans prévenir…excuse moi. - Tu n’es pas responsable de ton frère. Viens prendre un café. Mais je n’ai pas beaucoup de temps, je dois me rendre au Ministère, puis à l’hôpital pour mettre en place les équipes. Je crois que je vais demander à Hermione Jordan de m’assister, elle est très compétente d’après ce qu’on dit. - C’est amusant, remarqua Charlie en sortant des tasses, j’ai toujours pensé que mon frère se marierait avec Hermione. - Ah bon ? Demanda Draco en haussant un sourcil. C’est étrange, moi je le voyais plutôt avec un scroutt à pétard ou un verracrasse. Avec un truc aussi répugnant que lui, pas avec une femme aussi adorable que Luna Lovegood. - Draco, tu es un incorrigible rancunier, constata Charlie en lui déposant un petit baiser sur le nez. Tu es adorable quand tu es sarcastique. - Je suis adorable tout le temps, corrigea Draco avec un sourire mutin qui fit littéralement fondre Charlie. - J’ai une surprise pour toi. Sans vouloir décider pour toi, j’ai pensé que ça te ferait plaisir. Passe chez moi à 19 heures. J’ai invité Ginny, Harry, Hermione et Lee. - Potter sera là ? En quoi c’est censé me faire plaisir ? Et ta sœur ? Je me sens mal à l’aise en sa présence. » Charlie l’entoura de ses bras puissants et il embrassa son cou. « Je sais que c’est difficile Draco, je sais que tu ne supporte pas qu’elle ait vu…ce qu’elle a vu. Mais ce n’est pas de sa faute. Et puis tu sais qu’elle t’adore. Je te promets que cette soirée ne sera pas éprouvante pour toi. » Draco lui jeta un regard noir avant de siffler entre ses dents : « Qui t’a autorisé à me parler de…de ça ? Qui t’as dit que je voulais en parler ? Je viendrai ce soir, mais j’avais rendez vous avec Olivier Dubois. J’espère que ça ne te dérange pas s’il vient aussi. » Il toisa le roux en le défiant du regard et Charlie baissa la tête, soumis. Draco l’embrassa violemment, comme pour montrer sa supériorité, avant d’enfiler sa robe noire qui flottait autour de lui, à la manière des robes du professeur Rogue. Charlie décrocha un sourire compréhensif à Draco et tous les deux quittèrent l’appartement. O Harry et Ron étaient assis dans leur bureau et ils buvaient un jus d’orange. Le sorcier accusé du meurtre de sa femme était passé aux aveux et, à présent, Harry avait le temps de dire à Ron ce qu’il pensait de son comportement. Il inspira profondément, prit une cigarette qu’il cassa en deux, et regarda Ron intensément. « Ce que tu as fait hier était ignoble. Je ne pense pas que quiconque puisse se permettre de traiter quelqu’un de salope et de pute, comme tu l’as fait avec Draco. Peut importe s’il couche avec toute une équipe de Quidditch, joueurs titulaires, remplaçants et espoirs compris, ça ne fait pas de lui une…tu vois quoi. Je ne comprends pas ce qui t’est arrivé. Tu voulais protéger Charlie ? » Ron baissa la tête et il contempla longuement ses chaussures. « Oui, répondit-il. J’adore mon frère et je ne voulais pas qu’il passe pour un con. Et quand j’ai su qu’il était au courant des écarts de Malfoy et qu’il laissait faire, j’ai bondi. - Qu’était il supposé faire ? Me séquestrer pour que je ne voie personne ? Demanda une voix glaciale derrière eux. » Tous deux se retournèrent vivement et ils rougirent violemment à la vue de Draco Malfoy, droit comme la justice, un sourire goguenard sur ses lèvres roses et bien dessinées. Il était accompagné de Kingsley Shacklebolt, le chef des Aurors, qui leur lançait un regard lourd de reproches. Le cœur de Harry remonta dans sa gorge et un frisson polaire parcouru son échine lorsque Draco posa ses yeux gris sur lui. Ron se confondit en excuses et Draco resta de marbre, figé comme une statue. « J’accepte tes excuses, dit il enfin, mais ça ne fait pas de nous des amis, bien entendu. Nous n’avons jamais pu nous supporter, Merlin fasse qu’on se croise le moins souvent possible. Quoi qu’il en soit, Kingsley était venu faire les présentations. Je suis le nouveau consultant du Ministère dans le domaine de la santé publique, ce qui signifie que si vous avez le moindre doute en la matière vous devrez en référer à moi. J’attends que votre travail soit irréprochable. Merci messieurs. » Il sembla penser à une chose qu’il avait oubliée et il se retourna en lançant : « A ce soir, Potter. » Harry se redressa sur sa chaise, une question muette sur le visage. Draco sourit légèrement, malgré la froideur persistante de ses prunelles. « Potter, es tu au courant de la soirée organisée chez Charlie et à laquelle, évidemment, ton collègue ici présent n’est pas invité ? » Ron serra les poings et il se mordit la lèvre pour ne pas insulter Draco. Harry était incroyablement gêné. Les images de la nuit précédente lui revinrent en mémoire. Son baiser échangé chez Draco et le moment où il lui avait fait l’amour, dans ses fantasmes. « Non, je n’en savais rien, répondit-il. - Et bien maintenant tu le sais. Ginny a dû oublier de t’en parler. Inutile de te questionner, nous avons tous compris qui a le pouvoir décisionnel dans votre foyer. » Harry vit Kingsley menacer d’éclater de rire et il eut envie de lui jeter son verre de jus d’orange au visage. Et, surtout, il voulait effacer ce sourire satisfait du visage de Malfoy à coup de gifles, comme dans le bon vieux temps, le temps où ils se détestaient. « Je ne pense pas que tu soies en position de tirer des conclusions sur mon couple, rétorqua Harry avec une lueur insolente dans le regard. Tu as refait surface depuis trois jours seulement, je te le rappelle. C’est bien peu pour prétendre connaître les gens. - Il faut croire que c’est assez long pour que je me fasse une idée juste et précise, répliqua Draco avec un sourire suffisant. Quoi qu’il en soit, rendez vous ce soir chez Charlie, robes de sorciers interdites, n’amène rien, Charlie se charge de tout. Voilà, j’ai passé le message. - Tu es trop grand Malfoy, intervint Ron. On devrait dresser une statue à ta gloire pour avoir passé le message qui changera la face du monde. - J’ai déjà une statue à ma gloire, juste dans l’entrée, merci, lança Draco. Quant à changer la face du monde, tu étais où quand Potter et moi avons tué Voldemort ? Sur ce, je vous laisse. A ce soir Harry. » Il fit demi tour, ses robes flottant autour de lui et, dans un bruissement d’étoffe, il quitta le bureau. Harry était troublé par l’odeur élégante et sensuelle de l’eau de toilette de Draco. Il ferma les yeux. Il aurait un mal fou à survivre à une soirée avec sa petite amie et celui qui avait hanté ses pensées pendant plus de sept ans. Sans parler de Charlie, l’amoureux transi qui allait dévorer Draco du regard. Harry fit une prière silencieuse pour que cette maudite soirée soit annulée. Et comme toujours, dans ces cas là, la soirée eut bien lieu. Harry passa une heure à choisir quoi porter, sous le regard mi amusé, mi inquiet de Ginny. Elle avait revêtu une jolie robe verte, qui faisait ressortir sa chevelure rousse. Harry opta finalement pour un pantalon marron et une tee shirt beige. L’ensemble donnait au hâle de sa peau un éclat particulièrement sensuel. Il était parfait des pieds aux cheveux, dans lesquels il passa une main stressée afin de les ébouriffer un peu plus. Il mit des lentilles de contact et il se tourna vers sa compagne qui leva un pouce en signe d’approbation. Il la saisit par la taille et ils se rendirent chez Charlie, qui vivait lui aussi dans la partie Moldue de Londres. Le quartier était un peu moins chic que celui de Draco mais il était d’un bon standing. Le dresseur de dragons était à présent maître de conférences à l’université de la magie où il enseignait tout sur ces créatures fascinantes. Il leur ouvrit, un verre de gin tonic à la main. Il était plutôt séduisant dans son costume vert foncé, sans cravatte. Il leur servit à boire et il les prévint immédiatement qu’il avait invité trois amis proches de Draco, trois Moldus qu’il côtoyait depuis deux ans et qui ignoraient tout du monde de la magie. « Vous comprenez donc qu’il est interdit de parler ou de faire de la magie ce soir, prévint il. » Hermione éclata de rire en pointant un doigt en direction de Lee, pour faire comprendre à ses amis que son mari allait mettre les pieds dans le plat. Lee se mit à lui courir après et s’en suivit une magistrale partie de chatouilles à laquelle Harry, Ginny et Charlie se joignirent. Ils ne durent leur salut qu’à la sonnerie de la porte. Draco fit son entrée. Il était à tomber à la renverse avec son pantalon noir qui moulait à la perfection ses jambes bien dessinées et sa chemise blanche près du corps qui donnait une envie et une seule : celle de l’arracher. Il était accompagné d’Olivier qui le tenait par les épaules, ce qui sembla plutôt mal venu aux yeux des autres convives. Mais personne ne fit la moindre remarque. Draco embrassa rapidement Charlie, sous le regard torve d’Olivier, puis il se servit une Pina Colada, imité par son dernier flirt en date. Le capitaine des Canons de Chudley était plus grand que Draco et il sembla à Harry que le blond aimait particulièrement cette différence de taille. La sonnerie de la porte retentit une nouvelle fois, brisant le silence gêné. Charlie se rua dans l’entrée et il revint accompagné de deux hommes et une femme. La femme était châtain aux cheveux courts, ronde et plutôt jolie. Son sourire était lumineux et Harry la suspecta d’être une briseuse de cœurs avec son regard marron clair qui caressait tous ceux qui l’entouraient, et particulièrement Ginny. Ginny ! Harry vit sa compagne rougir et faire un petit signe de tête en direction de la jeune femme. Le second homme devait avoir 25 ans passés et il était grand, châtain aux yeux bleus. Il regardait partout autour de lui, cherchant désespérément quelqu’un. Il semblait être l’extraverti de la bande. Le troisième homme devait avoir l’âge de Harry et ce dernier se retint de siffler son admiration. Les cheveux noirs, la peau brune, il était plus petit que la moyenne et très mince. Il avait l’air calme, serein. Son visage était d’une beauté douce et on aurait facilement eu envie de le protéger s’il n’avait pas eu ces yeux noirs et volontaires. Harry se demanda de quel pays du Maghreb il était originaire. « Excusez moi, avez-vous vu un sexy blondinet dans les parages ? Demanda le grand avec un fort accent américain. » Draco vit volte face et Harry fut littéralement sidéré de le voir bondir de joie, un vrai sourire illuminant son visage angélique. C’était une autre personne, totalement différente du Draco Malfoy qu’il connaissait. « Oh putain Jared ! » S’écria-t-il en se jetant dans ses bras et en l’étouffant. Surveille ton vocabulaire, Malfoy, pensa Harry. « Surveille ton vocabulaire, Draco, déclara le petit en faisant un clin d’œil à Draco. - Karim, je ne peux pas croire que tu soies là. » Murmura Draco en l’étreignant, les yeux fermés, comme pour apprécier le moment. Harry sentit une douleur violente lui comprimer l’estomac. Il y avait entre les deux hommes une intensité érotique presque palpable et Harry en conclut qu’ils avaient dû être amants, s’ils ne l’étaient pas toujours. Karim avait l’air gentil mais Harry su à la minute où Draco l’avait étreint, qu’il le détesterait, lui qui était capable de faire naître des sourires radieux sur le visage de Draco, lui qui connaissait Draco d’une façon que Harry ne soupçonnait pas, lui, enfin, qui vous faisait voyager rien qu’avec son regard. Sans s’en rendre compte, Harry broya la main de Ginny. « Sympa de me laisser en plan, déclara la jeune femme en souriant. - Viens là que je te mette une fessée ma grande, plaisanta Draco en l’embrassant. Comment est ce possible ? Que faites vous ici ? - Tout d’abord, laissez nous vous présenter Jared, Karim et Lana, dit Charlie en les embrassant tous. Jared était le voisin de Draco. Nous avons fait des fêtes de fous en leur compagnie. Les bars de Genève s’en souviennent encore ! - Vous nous manquiez tellement, avoua Karim en regardant uniquement Draco. Ces trois jours nous ont semblé mornes et vides sans vous alors nous voilà, prêts à mettre le feu à Londres. » Il prit la main de Draco et ce dernier lui fit un sourire resplendissant, un sourire qui adoucissait considérablement son visage. Un sourire pour lequel Harry se serait damné. Un sourire pour lequel Harry haïssait Karim de toutes ses forces. Un regard vers Olivier et Harry comprit qu’il n’était pas le seul. Il ne manquait plus qu’un troisième amoureux pour que le tableau soit complet, songea Harry. Voyons voir, avec qui Draco finira-t-il la nuit ? Karim ? Charlie ? Olivier ? Comment peut il faire autant de mal à Charlie ? Et comment Charlie peut il laisser faire ? Et Olivier, je l’ai connu avec plus de caractère que ça. Pas partageur normalement le Dubois. Et en quoi ça me regarde, hein ? Il sorti de ses rêveries et se dirigea vers le balcon pour se rafraîchir. Il tomba sur Charlie et Karim, en pleine conversation. Il allait faire demi tour mais Karim le rappela. « Nous parlions de Draco, déclara Charlie avec un sourire désolé, ce n’est pas un sujet tabou, Harry. Tu peux te joindre à nous. - Puis je te poser une question Harry ? » Demanda Karim d’un air décidé. Harry hocha la tête, incertain. « Tu connais Draco depuis longtemps non ? A ton avis, Charlie a-t-il raison de se laisser faire de la sorte ? Toi, si tu étais avec Draco, tu accepterais tous ces mecs qui tournent autour ? - Si j’étais amoureux, je ne sais pas ce que je serais prêt à faire. Draco est quelqu’un de bien. Mais je ne pense pas que j’accepterais d’organiser une soirée avec deux autres de ses amants. - Tu parles de ce beau mec, Olivier, et de moi ? Interrogea Karim en souriant. - Oui. - Je ne suis pas avec Draco. Je l’ai été, il y a deux ans et demi. Il découvrait juste son homosexualité et je n’avais jamais vu quelqu’un refuser avec une telle violence le fait d’être gay. Nous sommes restés ensemble quelques mois. Et puis il s’est mis à devenir sarcastique, blessant et il m’a proposé cette connerie de relation sans attaches ou on s’amuse et point. Il y a un truc qui s’appelle « fierté » et qui ne mérite pas d’être piétinée comme ça. C’est pour ça que je voudrais savoir si tu pourrais laisser ta fierté de coté par amour, comme le fait Charlie. - Je crois que non, répondit Harry. - Ecoutez, je sais que je ne devrais pas accepter tout ça, reconnu Charlie. Mais je veux profiter de chaque minute que je passe avec Draco. On a déjà eu cette conversation, Karim, et tu m’as déjà dit de ne pas me laisser marcher dessus, mais je n’ai pas l’impression de me faire piétiner. Draco ne fait pas ça pour me blesser. Tu ne connais pas toute l’histoire Karim. On fait ce qu’on veut c’est tout. Lui veut aller papillonner, moi je veux être avec lui. C’est aussi simple que ça. Allons manger. » Il n’attendit pas la réponse et il alla rejoindre Draco qui avait une discussion animée avec Jared, Ginny et Lana. Harry remarqua que Draco ne regardait jamais Ginny et cela lui brisa le cœur. Il se tourna vers Karim et son visage parfait. Dieu qu’il le haïssait. « Je ne sais pas comment il fait pour vivre en sachant que demain sera peut être son dernier jour dans les bras de Draco, lança Karim en allumant une cigarette. - Tu crois que si Draco tombe amoureux il arrêtera de papillonner comme dit Charlie ? - Je crois que Draco Malfoy est incapable de tomber amoureux. J’y ai longtemps cru, mais il est bloqué. Je ne sais pas, il y a un mystère qui l’entoure, quelque chose de dramatique mais jamais il ne parle. Enfin bref, jamais je ne pourrais supporter ce que Charlie supporte. Je lui ai dit que si Draco me proposait une relation véritable, exclusive, je me précipiterais. Tu sais ce qu’il a dit ? - Aucune idée. - Rien. Il n’a rien dit. Moi je me serais cassé la gueule à sa place. » Harry éclata de rire. Karim était très intéressant, et gentil, et il s’inquiétait pour les autres. Décidément, Harry le détestait. Il retourna dans le salon et le dîner fut servi. La conversation à table était agréable et Harry vit naître une relation amicale entre Hermione et Lana. Les deux femmes étaient toutes les deux brillantes et Lana était aussi délurée que Hermione était sage. Il passait son temps à jeter des coups d’œils à Draco qui poussait distraitement sa nourriture avec le bout de sa fourchette alors qu’il parlait avec Olivier et Karim. Harry haïssait ce qu’il voyait dans le regard de Draco : de la tendresse pour Karim, et ce dernier le lui rendait au centuple. Le sang de Harry bouillonnait dans ses veines, la jalousie se répandait en lui comme une maladie mortelle. Il ferma les yeux. Lorsqu’il les ouvrit à nouveau, il vit que deux pupilles grises le fixaient intensément. Draco passa sa langue sur ses lèvres pour les humecter et Harry faillit s’étouffer tant ce geste était emprunt d’une sensualité débordante. Il intima à son cœur l’ordre de cesser de battre aussi vite mais rien n’y fit. Ses yeux verts brillaient d’un désir violent, vibrant et oppressant. Il enfouit sa tête dans ses mains et il chercha à retrouver une respiration normale. Les images de sa nuit dans Draco lui revinrent et il s’en voulut pour Ginny. Il suffoquait de tant vouloir un homme qui n’était pas pour lui. Il étouffait d’avoir trompé Ginny au moment où il faisait l’amour avec elle. Une main se posa délicatement sur son épaule et il releva la tête. « Tout va bien, Potter ? » Demanda Draco en pressant son épaule. Harry ne l’avait pas vu se lever et venir vers lui. Il ne l’avait pas vu se pencher sur lui, les yeux emprunts d’inquiétude. Un courant chaud traversa son corps et il hocha la tête. La main de Draco frôla sa joue, puis il retourna s’asseoir. Harry parvint à se contrôler et à agir comme si tout se passait normalement. Il accepta même d’aller en boite de nuit lorsque Jared émit cette idée. Seul Ginny, qui travaillait tôt le lendemain, et Olivier, qui avait un entraînement de Quidditch à l’aube, refusèrent poliment. Ginny embrassa passionnément Harry, comme pour lui rappeler qu’il était amoureux d’elle, puis elle étreignit Draco qui se raidit visiblement à son contact. Elle prit son visage entre ses mains et le força à la regarder. « Tout va bien, Draco, murmura-t-elle en embrassant son front, sous le regard interrogateur de Jared et Karim. - Je n’ai jamais dit le contraire, » rétorqua-t-il en la toisant froidement. Dès qu’elle fut sortie, raccompagnée par Olivier, Harry se sentit vulnérable. Trop vulnérable au charme dévastateur du blond. Ils prirent la voiture de Harry et celle de Lee pour se rendre dans une discothèque « géniale » dixit Charlie. Il s’agissait d’un endroit surpeuplé, interdit à toute discrimination, dans lequel homosexuels et hétérosexuels dansaient jusqu’à l’aube, sans juger personne. Draco parut être rapidement séduit par l’endroit mais Harry, lui, était mal à l’aise face à ses hommes qui s’embrassaient. Ils lui rappelaient trop le baiser qu’il avait échangé avec Draco et dont le goût semblait perdurer dans sa bouche. « Tu es sûr que ça va, Potter ? Demanda Draco en se penchant vers lui pour entendre sa réponse. Tu n’as pas l’air bien. - Je vais bien, merci de t’en inquiéter. Je suis juste un peu fatigué, dit Harry en sentant le souffle doux du blond sur son visage. » Draco ne parut pas convaincu mais il s’en contenta. Il commanda des bouteilles de rhum et de gin et ses amis se jetèrent sur la boisson. Harry n’eut aucun mal à imaginer à quoi devaient ressembler leurs soirées en Suisse et il fut déçu de constater que seul Karim s’était servi un jus d’orange, comme lui. Décidément, Karim n’avait pas de défauts apparents et Harry le détestait un peu plus à chaque minute. Inconscient du tumulte qui secouait l’Auror, Karim posa sa tête sur l’épaule de Draco qui lui caressa les cheveux gentiment. Il murmura quelque chose à l’oreille du blond et ce dernier éclata de rire. La musique de Kevin Lyttle débuta et Draco, Jared, Karim et Lana se levèrent d’un bond en poussant des cris de sauvages pendant que Charlie, Hermione et Lee riaient aux éclats. Ils se précipitèrent sur la piste et Harry fut stupéfait de voir à quel point Draco dansait bien. Il bougeait à peine, mais ses hanches avaient pris un rythme d’une sensualité presque surnaturelle. Nombreux furent ceux qui se tournèrent vers lui. Il ferma les yeux et il chantonna le refrain : « Let me hold you, girl caress my body, you got me going crazy you turn me on, turn me on » Harry était incendié par les mouvements du corps du blond, qui semblait étinceler sur la piste, ses cheveux brillant à la lueur des néons. Draco tira Karim vers lui et il passa un bras autour de sa taille en lui imprimant un rythme précis. Il se dégageait de leurs corps une onde érotique très puissante et Harry voulut hurler sa rage. Le DJ semblait lui aussi hypnotisé par le corps parfait et le visage délicat et pourtant tellement masculin de Draco car il brailla dans le micro : « Le beau blond, petit nouveau, qui danse du coté droit de la piste est prié de venir en cabine se faire offrir un verre. » Draco n’écoutait pas, mais Karim se figea. Il dit quelque chose à l’oreille de Draco qui se tourna vers le DJ en haussant un sourcil, comme pour dire « qui, moi ? » Le DJ hocha la tête et il fit un clin d’œil au blond qui le lui rendit avec un sourire éclatant. Karim allait quitter la piste, la colère se lisait sur ses traits fins, mais Draco lui attrapa le bras et il le colla à lui, le dos contre son torse pour danser encore plus langoureusement. Harry pouvait presque entendre les battements du cœur du jeune brun et il serra les poings. Lorsque Draco vint s’asseoir, Karim le suivit et le blond lui dit quelque chose qui le fit éclater de rire. Harry détourna le regard. Cette nuit allait être la plus longue de son existence et il réalisa que voir Draco flirter avec le beau Karim, sans exploser de jalousie, était un des combats les plus durs qu’il avait eu à mener jusqu’à présent. Il ne pouvait pas être jaloux. Il ne le voulait pas. Il avait Ginny. Il lui avait fallu un an pour apprendre à l’aimer, pourquoi avait il fallu dix minutes à Draco pour le mettre en danger ? Harry se surprit à poser des yeux haineux sur Draco. Tout était de sa faute si Harry se sentait aussi mal. Draco avec ses superbes prunelles grises, son odeur enivrante, ses cheveux inoubliables qui avaient l’air de scintiller sous les néons, ses lèvres attirantes, sa personnalité troublante. Draco et sa manière désinvolte de flirter avec tout le monde. Draco et son cœur en béton armé. Va au diable, pensa Harry en le fixant rageusement, tu n’es rien pour moi. Dieu comme je te méprise toi et ta main posée délicatement dans SES cheveux. Tu peux coucher avec lui, et avec qui tu veux, je m’en fiche. Je n’ai rien à attendre d’un égocentrique tel que toi. Tu as raison, regarde le tendrement, et épouse le dans la foulée. Continue à faire comme si je n’existais pas. Continue à m’ignorer. Ce n’est pas comme si on s’était embrassés hier. Ce n’est pas comme si, pour moi, ça voulait dire quelque chose. Toi qui embrasses comme d’autres disent « bonjour » ! Je voudrais que tu vives une journée, une seule, à ressentir ce que je ressens depuis 4 ans. Je voudrais que Karim n’existe pas afin que la jalousie ne me consume pas. Je ne veux pas le haïr, mais comment pourrait il en être autrement, quand il me force à ouvrir les yeux sur ce que tu me fais à l’intérieur ? Je ne veux pas de toi Draco Malfoy. Je te déteste. Je te déteste tant que j’étouffe. Et voilà que tu me regardes à présent. Tu as l’air songeur, inquiet peut être ? Il est vrai que je ne dois pas avoir d’amour béat dans les yeux en ce moment, et toi, tu es habitué à ce qu’on te vénère. Et bien non, Malfoy, je ne t’adore pas tel un dieu, je n’attends rien de toi. Tu hausses un sourcil ? Ça te va bien, je l’avoue. Ta beauté est presque indécente, enfoiré. Je sais, tu n’as rien demandé, mais les faits sont là : tu es d’une beauté à couper le souffle et je me noie. Comme je te hais. Comme je voudrais te faire mal comme tu me fais mal en ce moment. Tu t’approches de moi ? Quel est le problème ? Tu veux des enfants de moi ? Ok, je suis ton homme. Draco se posta devant lui, une main tendue. « Danse avec moi, Potter » Alors là, si tu crois que je vais t’obéir quand tu me donnes des ordres…tu as raison. Harry saisit la longue main blanche, divinement sensuelle, et il suivit Draco sur la piste. « Hey, mon beau blond est de retour ! » S’exclama le DJ. Draco leva les yeux au ciel et Harry, excédé, fit demi tour, comme Karim un peu plus tôt. Draco le retint par le poignet et il le força à lui faire face. « C’est quoi le problème Potter ! Cria-t-il pour couvrir le bruit de la musique. Ignore le, comme moi je prétends ne pas voir la moitié de la salle qui bave sur toi. » Harry le regarda avec de grands yeux étonnés. « Tu t’en serais rendu compte si tu n’avais pas passé la soirée à me fusiller du regard ! Hurla Draco. - Qu’est ce que ça peut te faire ? » Demanda Harry en élevant la voix. Draco se pencha vers lui, un air étonnement fatigué sur le visage. « Ok, j’en ai assez. Ramène moi chez moi s’il te plait. » Dit il en soupirant. A suivre … |