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TRAUMA CHAPITRE CINQ : PARLE MOI. Je sens déjà que tu m’en veux Un mot de plus et je serai mort. Je le vois bien dans tes yeux bleus. De toute façon j’ai toujours tort. (De Palmas, Déjà) Draco ouvrit péniblement les yeux. La pluie s’était mise à tomber, il pouvait l’entendre et sentir cette odeur particulière de l’eau sur le goudron. Il leva la tête et il se demanda depuis combien de temps Olivier était là, assis à coté de lui, à lui caresser les cheveux pendant qu’il dormait. « Bonjour le beau au bois dormant, déclara Olivier d’une voix douce. Sais tu que si j’étais doué en peinture, j’aurais pu ouvrir une galerie de portraits de toi endormi. Tu es à couper le souffle, si paisible. » Draco réprima un sourire ironique et, à la place, il vint se nicher dans les bras de son amant qui embrassa son front. « Depuis quand es tu esthète, Dubois ? Demanda Draco avec un petit sourire. N’avais tu pas un entraînement de Quidditch ? - Oui mais j’ai abrégé, répondit il en posant un baiser sur le petit nez de Draco. J’avais envie de passer du temps avec toi. On pourrait aller manger dehors ce soir, à moins que tu ne voies Charlie Weasley. - Je l’ai quitté ce matin. C’est d’accord pour la sortie, mais je devrai être à 21h à St Mungo, je suis de garde cette nuit et, comme j’ai déjà quitté le travail ce matin, je ne vais pas me faire mal voir la première semaine. - Tu es parti plus tôt ? Il y a eu un problème ? Tu ne te sentais pas bien ? Quelqu’un t’as dit quelque chose ? - J’ai juste été un peu paresseux, c’est tout, lança Draco, irrité. Et puis je me suis disputé avec Ginny Weasley, ça m’énerve parce que l’aimais bien. - Tu l’aimais bien ? Demanda Olivier avec un sourire amusé. Tu vas vite pour tirer un trait sur les gens toi ! Les choses vont s’arranger non ? - Non, ça m’étonnerait vu que j’ai couché avec son mec hier soir. » Des vagues de jalousie et de rage traversèrent le corps d’Olivier mais il parvint à garder son sang froid, même si sa main s’était figée dans les cheveux de son amant. « Harry Potter est gay ? Draco, tu as baisé avec Harry Potter hier soir ?! Je comprends qu’elle t’en veuille. - Surveille ton vocabulaire Dubois. Je n’ai pas vraiment envie qu’elle me pardonne en fait, vu sa façon de réagir. Pour ma part, je ne suis pas responsable du désir de son fiancé. - Ecoute Draco, tu n’es peut être pas responsable du désir de Harry mais tu y as répondu. Ce que tu fais de ta vie ne me regarde pas je pense, puisque tu l’as voulu ainsi. Mais je ne suis pas Charlie Weasley. Je refuse de passer pour une loque aux yeux du monde, alors s’il te plait, sois discret avec tes conquêtes parce que les médias sont quand même au courant pour nous deux. » Draco leva vers lui ses yeux gris si troublants et, aussitôt, Olivier senti toutes ses défenses se morceler devant tant de beauté. Draco identifia rapidement la lueur qui brillait dans le regard d’Olivier comme étant un désir ardent, mais il choisit de l’ignorer et d’agir innocemment. Il y avait bien longtemps qu’il avait perdu son innocence pourtant. Il se leva et il fit claquer sa langue sur son palais, comme s’il avait une idée judicieuse. Olivier s’enfonça dans le canapé, se sentant étrangement serré dans son jean, et il attendit que Draco lui fasse part de son illumination. « Ce soir, dit il en souriant et en pointant un doigt en l’air à la façon d’un génie qui demande l’attention de la foule, nous allons manger italien. » Olivier partit dans un fou rire phénoménal. Il attrapa Draco et il l’embrassa en souriant. O O Draco dû admettre qu’il avait passé une excellente soirée avec Olivier. Il n’était pas seulement un virtuose du Quidditch, il était aussi un brillant interlocuteur. Toujours au fait de l’actualité, il avait un avis intelligent sur tout et Draco lui était reconnaissant de ne pas le traiter comme une petite chose prête à casser à tout moment. De son coté, Olivier se demandait encore comment il avait pu détester autant un être aussi agréable. Bien entendu, il avait gardé ses cotés capricieux et sarcastique que tout le monde lui connaissait, mais il était plus nuancé, plus posé. Ses sarcasmes n’étaient plus systématiquement dirigés pour blesser. Olivier était fou des changements qu’il voyait en lui. Sa façon sensuelle de se mouvoir mettait Olivier dans tous ses états mais il savait qu’il devait tempérer son excitation s’il voulait apprendre à vraiment connaître le jeune blond. Les choses commencèrent à être plus claires pour Draco au dessert, quand il pensa à Charlie. Charlie qui lui parlait toujours comme à un enfant, Charlie et son amour inconditionnel, qui acceptait tous ses écarts sans rien dire, gardant toujours son sourire indulgent. Avec sa manière de ne pas se rebeller quand Draco couchait avec quelqu’un d’autre, parfois même sous son nez, Charlie avait été le complice de cette habitude que le blond avait de répondre à toutes les avances. Il lui trouvait toujours de bonnes excuses pour ses écarts de conduite et Draco savait que le roux lui pardonnait tout à cause du viol et Draco en était fatigué car lui, ne justifiait rien en fonction de cela. Il se sentait toujours plus minable au fur et à mesure des mois qui passaient, et cela à cause de la trop grande indulgence de Charlie. Olivier était différent. Il avait plus de caractère et Draco savait que bientôt, Olivier n’accepterait plus la situation car il voudrait plus, il voudrait une chose que Draco ne savait plus donner. Il souhaiterait être aimé en retour, comme Karim l’avait souhaité. Cependant, Draco savait que s’il n’était pas tombé amoureux de la perle rare qu’était Karim, il n’aimerait jamais personne. Draco se doutait que tôt ou tard, Olivier mettrait un terme à cette relation vouée à l’échec, comme l’avait fait Karim, et que lui, retournerait dans les bras grands ouverts de Charlie, en se sentant de plus en plus rongé par la culpabilité. En tous cas, c’est ce qu’il pensait au moment où Olivier prenait sa main pour l’embrasser au dessus de la table, avant de quitter le restaurant. Olivier le raccompagna chez lui et à peine eurent ils franchi la porte d’entrée que Draco se retrouva plaqué contre le mur dans une étreinte passionnée. La langue d’Olivier vint caresser lentement la sienne et ils ne se séparèrent que lorsque le manque d’air se fit sentir. La main du brun retraçait lentement les contours réguliers du visage de Draco et une lueur de désir naquit dans ses yeux. Draco allait y répondre langoureusement lorsque son amant l’arrêta. « Il faut que tu ailles travailler, lui glissa-t-il à l’oreille, mais on aura tout le temps pour ça demain. J’ai passé une excellente soirée, Draco. - Je sais, je suis formidable, plaisanta Draco et lui faisant un sourire en coin. - C’est vrai, » constata Olivier sans plaisanter. Draco poussa un soupir résigné et il partit prendre sa voiture pour se rendre à St Mungo. Il adorait conduire. Il mettait la musique assez fort et il pensait à tout et n’importe quoi. C’était une façon bien à lui de se détendre. Il était arrêté à un feu rouge lorsque la compréhension le frappa de plein fouet. Il aimait la compagnie d’Olivier car il était comme Karim avant que celui-ci ne tombe éperdument amoureux de Draco. Olivier était naturel et pas une seule fois Draco ne s’était senti mal à l’aise face à lui. Olivier agissait comme si rien n’était jamais arrivé à Draco, et Karim, lui, ne savait pas ce qui était arrivé. Et avec eux, Draco était bien. Tout était relatif cependant car deux minutes plus tard, en suivant son association d’idées, Draco en arriva à se souvenir de toutes les questions que Karim lui posait, comme s’il se doutait de quelque chose, et il se remémora à quel point il était destructeur pour lui de mentir, de jouer la carte de l’ignorance alors que les images maudites défilaient dans sa tête. Il soupira bruyamment en entrant dans le vestiaire pour revêtir sa robe blanche de médecin. Il détestait toutes ces pensées conflictuelles qui l’assaillaient sans arrêt. Il débuta sa tournée et tout se passait relativement bien. Pas d’urgences particulières, l’hôpital était étonnamment calme. Il finit sa garde en passant devant une grande porte bleue, celle de l’aile réservée aux malades victimes de sortilèges puissants, qui n’avaient pas récupéré leurs facultés mentales. Il se concentra pour respirer calmement et il ouvrit la porte d’une main tremblante. Immédiatement, il vit une infirmière qui essayait de remettre au lit un jeune homme de son âge. Elle semblait agacée au plus haut point et Draco l’interpella d’une voix glaciale. « Mademoiselle, ces gens sont, pour la plupart, des blessés de guerre alors je vous prie de faire votre travail plus consciencieusement ou d’aller pointer à l’Agence Sorcière pour l’Emploi, cracha-t-il en prenant la main du patient et en le reconduisant dans son lit. - Qui êtes vous ? Demanda le jeune homme. - Je suis ton médecin, Finnigan. - Vous vous appelez Finnigan ? - Non, toi tu t’appelles Seamus Finnigan et moi, je suis Draco Malfoy. Allonge toi. » Il resta un instant avec Seamus, horrifié par les ravages de certains sortilèges dont seuls les Mangemorts avaient le secret. Draco et Neville avaient décidé de travailler sans relâche pour aider les victimes à retrouver leurs esprits. Pour Seamus, la tâche s’avérait difficile mais il n’était pas seul. Son fiancé Dean Thomas était constamment là pour lui, répétant chaque jour les mêmes choses dans l’espoir que la mémoire de Seamus recommence à fonctionner correctement. Draco passa ensuite à coté d’un rideau blanc qu’il ouvrit et referma aussitôt. L’homme derrière le rideau ne méritait aucun traitement correct. Il avait subi le baiser du Détraqueur. Le poing de Draco se serra. Il ne pouvait pas aller le voir, car peu importe combien il demanderait pourquoi, son père ne pourrait pas lui répondre. Sa mère ne valait pas mieux car elle avait toujours été sa complice. Tout son corps voulait hurler, demander pourquoi mais il était tétanisé à la simple idée de regarder ses parents. La honte qui pesait sur lui à cause de leurs agissements était encore vivace, douloureuse. Le médicomage quitta le périmètre immédiat de son père et il se rendit dans une petite chambre, au fond de la salle. Il caressa la joue de Severus Rogue en tremblant. « Je trouverai un moyen de vous ramener, Severus. Je vous le promets. » Murmura-t-il en faisant demi tour. Il était fatigué de chercher sans trouver la bonne potion. Celle qui ramènerait les esprits égarés. Mais Neville Londubat était le meilleur herboriste du pays et ensemble, ils avaient toutes les chances de réussir. Oui mais dans combien de temps ? Combien de larmes seront versées par les familles avant qu’on ne trouve le remède ? Combien d’années de jeunesse Dean Thomas perdra-t-il encore avant de retrouver l’homme de sa vie ? Se demanda Draco en regardant sa montre. Elle indiquait sept heures du matin. Sa garde finirait dans une demie heure et il ne pensait qu’à une seule chose : dormir. C’est à ce moment qu’une infirmière accouru pour lui dire que l’Auror Potter était dans la salle deux du troisième étage. Draco s’y rendit à reculons, peu désireux d’affronter son amant d’une nuit. Dès qu’il vit les vêtements, les mains et le visage de l’Auror maculés de sang, il cria son prénom en se précipitant vers lui. « Je vais bien, déclara Harry d’une voix cassée alors que Draco cherchait la provenance de l’hémoglobine. C’est Ron qui a été touché, c’est son sang. Sauve le, je t’en prie Draco. » Draco hocha la tête et il suivit Harry dans la salle où Ron agonisait sous l’effet d’un cruciatus prolongé. Le médicomage fit le tour des blessures de Ron et il brandit sa baguette, en chantonnant une incantation en latin. Harry fut étonné de constater que cette langue semblait être la langue maternelle du blond tellement il la maîtrisait à la perfection. Il se mit à danser d’un pied sur l’autre, tyrannisé par l’inquiétude. Ron sembla s’apaiser et Draco prononça le sortilège de nettoyage afin de voir correctement les coupures. Alors qu’il appliquait une pommade pour les refermer sans cicatrices, il sourit. « J’ai bien envie de lui laisser une ou deux balafres, dit il d’un air mauvais. Alors que s’est il passé ? - Nous avons été pris en embuscade par des mages noirs, nostalgiques de Voldemort, répondit Harry en se frottant le front. Ron était derrière moi et je n’ai pas vu qu’il était blessé. Il était furieux contre moi à cause de Ginny et Charlie. Il n’était pas attentif à ce qui nous entourait, je n’aurais pas dû insister pour aller sur le terrain en voyant son état. » Draco lui lança un sortilège de nettoyage et il vérifia qu’il n’avait aucune blessure. « Tu as eu de la chance, dit il en inspectant les os du crâne de Harry pour être sûr qu’il n’avait pas de traumatisme. - Je le pense aussi, murmura Harry en frissonnant sous les mains légères et douces du blond. Draco, je suis désolé que tu croies que j’aie voulu profiter de toi. - Ce n’est ni le lieu, ni le moment de parler de cela, Potter, » siffla Draco entre ses dents. Il retourna au chevet de Ron et il lui fit boire une potion de sommeil sans rêves. Juste avant de sombrer dans l’inconscience, Ron ouvrit les yeux et il lui attrapa le poignet. Draco resta immobile, impassible alors que le roux tentait vainement de parler. Au grand soulagement de Draco, la porte s’ouvrit et Hermione, Lee, Ginny, Fred et Charlie entrèrent en trombe. A tout bien considérer, Draco préférait encore les balbutiements incompréhensibles de Ron. Le visage de Ginny se décomposa lorsqu’elle vit Harry et Draco dans la même pièce. Aussitôt, Draco se détourna. « Il va s’en sortir, lança-t-il en pointant son pouce au dessus de son épaule en direction de Ron. Je vous laisse à votre réunion de famille, ma garde est terminée. Merci Merlin. » Il était presque arrivé à la porte lorsque Harry mit sa main sur son ventre pour l’arrêter. Draco sentit la chaleur de la paume de Harry se diffuser dans tout son corps et il lutta contre l’envie de sourire. « Draco, il faut vraiment qu’on parle. Je te rejoins chez toi dès que j’ai terminé ici, souffla Harry dans son cou, sous le regard blasé de Ginny. - J’ai besoin de dormir alors un autre jour, veux tu. » Répondit Draco en se dégageant. Il avait la main sur la poignée de la porte lorsque Charlie lui saisit le poignet, plongeant son regard de velours dans les brumes orageuses des yeux de Draco. Il attendait un signe, une expression de regrets ou alors un sourire qui voulait dire « nous sommes amis, je ne te quitte pas pour toujours, » Draco le savait. Il lui fit un sourire sans joie et Charlie lui répondit de la même manière. Il claqua presque la porte en sortant…et il tomba nez à nez avec Luna Lovegood Weasley. Il hésita entre l’envie de l’éviter et celui de la revoir. Elle semblait étonnamment lucide, son air rêveur effacé de son visage inquiet. Elle se jeta dans les bras de Draco qui l’étreignit maladroitement. « Il va bien, dit il d’un ton rassurant. Ton œuf fera malheureusement la connaissance de son père indigne. » Luna le regarda, atterrée, et elle mit dix secondes avant d’éclater de rire en pointant son doigts vers son ventre arrondi. « Oh, tu veux dire lui ? Mon œuf ?! Alors ça c’est drôle ! Draco tu n’as pas changé. » Draco eut presque envie de l’embrasser tant ELLE n’avait pas changé. Rien dans son comportement n’était différent. Elle avait toujours agi ainsi avec lui et elle continuait, comme s’ils ne s’étaient jamais perdus de vue pendant ces années. « Franchement Luna, Ron Weasley ? Demanda Draco avec dédain. - Je te rappelle que tu n’étais pas disponible ces dernières années, constata-t-elle d’un air absent. Ron est quelqu’un de bien, Draco. Il est honnête, fidèle, gentil et je l’aime. Il s’en veut tu sais ? Il n’a pas dormi de la nuit lorsqu’il a été aussi insultant avec toi. J’ai dû attendre le lendemain pour qu’il ose me raconter à quel point il t’avait malmené. Tu te doutes qu’il sera privé de tendresse pendant un bon moment, ce sera sa punition à ce lubrique. Mais il t’admire beaucoup. Il a juste peur pour sa famille et Harry. - J’ai déjà entendu la chanson du pauvre Harry qui a tant souffert par ma faute, merci bien, remarqua Draco d’une voix morne. Ecoute Luna, je ne suis pas revenu pour créer des ennuis mais pour travailler. Je ne force personne à rester en contact avec moi si je suis aussi destructeur que les gens l’insinuent. - Ne dis pas n’importe quoi mon chou, déclara Luna comme si elle rêvassait, tu es un rayon de soleil dans la vie des gens. Tu l’as toujours été, même quand tu nous gratifiais de tes sarcasmes si rafraîchissants. Tu es un ange sur terre, je te l’ai déjà dit il y a quelques années. Tu sais à quel point je crois aux incarnations angéliques et tu sais que je pense que toi, tu es l’incarnation d’un ange. - Ouais, je te rappelle que les anges n’ont pas de sexe, et que moi, comme le dit ton mari, je suis une pute. C’est un peu paradoxal non ? Et mes sarcasmes n’étaient pas rafraîchissants mais blessants, nuance. - Je suis désolée mon Dragon, insista-t-elle avec un sourire innocent qui le fit fondre, mais en ce qui me concerne, tu étais si émouvant et drôle quand tu attaquais. Tu voulais toujours cacher tes faiblesses, comme un enfant qui tombe et à qui on dit de ne pas pleurer, c’était touchant. - Décidément, tu es un mystère pour moi, Luna. C’est agaçant, » conclut-il en plantant un baiser délicat sur sa joue. Elle comprit immédiatement que la conversation était terminée et elle entra dans la pièce, alors que Draco disparaissait au détour du couloir. Luna entra dans la chambre au moment où Harry, Hermione et Lee en sortaient. Tous trois firent apparaître des cafés qu’ils sirotèrent en silence, jusqu’à ce que Hermione tende des vêtements propres à Harry et qu’elle se décide enfin à parler. « Ginny a fait un scandale à Draco ce matin. Vous avez couché ensemble alors ? - C’est ma vie, Hermione. - Il a raison Mione, intervint Lee. Il fait ce qu’il veut et nous n’avons pas à nous en mêler. Et puis Draco est un beau mec, comment veux tu qu’on lui résiste ? » Hermione s’étouffa avec son café et Lee éclata de rire, vite suivi par Harry. « Vous êtes des malades, constata Hermione en souriant. Je ne voulais pas dire que c’était mal, Harry, mais juste que tu dois respecter Draco et Ginny. C’est avec Ginny que tu es fiancé. - Je sais tout ça, Herm. Je me mords les doigts de m’être laissé aller avec Draco. - Personne ne me demande mon avis mais je vais vous le donner quand même, déclara Lee avec un sourire éclatant. Je pense que tu n’aimes pas autant Ginny que tu le dis, Harry. Elle te fait du bien, elle te fait oublier la mort de Draco…sauf que, pour le coup, il est vivant et ça te terrifie. A ta place, j’irai voir Draco et je me battrais pour lui. Car lui, ce n’est pas le genre facile à avoir, il lui faut des preuves, des milliers de preuves. Libère Ginny, Harry. Elle a perdu assez de temps comme ça, elle est forte et elle se reconstruira. Et en plus, elle tombera sur un mec ou une fille comme cette Lana, qui l’aimera vraiment, parce qu’elle est formidable. - Je sais qu’elle l’est, soupira Harry. Et j’ai vu que le courant passait bien avec Lana. Je ne comprends pas comment j’ai pu me tromper à ce point sur mes sentiments pour elle. Quant à Draco, très honnêtement, je n’ai pas envie d’être avec lui. Pas dans l’état d’esprit dans lequel il se trouve maintenant. Je ne supporterai pas de le partager, comme le font Olivier et les autres. Mais je ne veux pas le perdre non plus, comprenez moi. Ma situation est difficile et je pense avoir besoin de temps pour me retrouver seul et faire le ménage dans ma vie. - Alors commence dès maintenant, lança Lee en montrant du menton Ginny qui sortait de la chambre. Viens Mione, on va aller faire l’amour dans la salle des potions ! - Je croyais que tu n’aimais pas l’odeur de cette salle, » remarqua Hermione en faisant un clin d’œil à Harry. Harry sourit faiblement. Son cœur se serra. Il savait que sa discussion avec Ginny n’aurait rien de romantique et, en voyant son visage plein d’espoir, il eut envie de s’enfuir le plus loin possible. Il resta à sa place cependant, trop conscient d’avoir été lâche durant toutes les années où il avait voulu croire qu’il pourrait aimer quelqu’un d’autre que Draco. « Alors ? Demanda Ginny avec un petit sourire gêné. On ne s’est pas vus depuis hier matin. Je me disais qu’on pourrait peut être parler tranquillement de tout ça ce soir à la maison, à moins que tu aies enfin compris que tu ne m’aimais pas. » Harry passa une main nerveuse dans ses cheveux avant de regarder intensément celle qui avait partagé sa vie pendant un an. « Je pense qu’il serait égoïste de ma part de te dire que je veux qu’on se retrouve ce soir. J’en ai envie mais je sais que ce n’est pas la chose à faire. Je suis tellement désolé pour tout ça. Je pensais sincèrement que ma vie était avec toi Ginny, mais dès que j’ai revu Draco…je ne peux pas me mentir plus longtemps. - Tu l’aimes ? - Là n’est pas la question. Tu sais à quel point tu comptes pour moi mais je ne peux pas imaginer qu’on revive ensemble comme si je ne t’avais pas trompée. C’est ce que tu veux non ? - Oui. Nous pourrions au moins essayer Harry, dit elle en se frottant le front, comme pour mieux réfléchir. Nous sommes bien ensemble, on se comprend et on se complète. - Je sais tout ça ma puce. Ce serait la solution de facilité pour moi comme pour toi, parce que Ginny, je le vois dans tes yeux, tu ne m’as pas pardonné. Je ne me vois pas vivre avec toi alors que tu as envie de m’arracher les deux bras et de me les faire bouffer. » Ginny ne pu s’empêcher de rire. Il avait raison. Elle détestait l’idée de se séparer de lui, mais il avait raison. Peut être leur amitié résisterait à la rupture, elle l’espérait. « Je pense qu’on devrait arrêter là le massacre, soupira Ginny. Je vais retourner vivre chez mon père mais, Harry, je ne veux pas que tu sortes de ma vie. - Je ne le souhaite pas non plus Ginny, affirma Harry en l’étreignant tendrement. Tu es l’une des personnes les plus importantes à mes yeux et je ne conçois pas ma vie sans toi. Je pense qu’il te faudra du temps pour me pardonner d’avoir tout foutu en l’air entre nous mais je t’en prie, ne m’en veux pas si je t’appelle de temps en temps. - Ne m’en veux pas si je te raccroche au nez au début. C’est étrange, remarqua-t-elle en se blottissant encore un peu plus, j’ai toujours pensé que si on se quittait, je ne m’en remettrais pas mais je me sens soulagée. Je crois que je suis moins énervée que si tu m’avais trompée avec une fille. Peut être est ce juste un sentiment lié au moment et que demain, je souffrirai, mais pour l’instant, c’est comme si un poids m’était retiré du cœur et de l’esprit. - Vas y, traite moi de boulet aussi ! Plaisanta Harry. J’ai vraiment de la chance d’être tombé sur une fille comme toi. - Tu peux le dire ! Une autre t’aurait réduit en bouillie ! Allez, va retrouver ton prince, espèce de vieux pédé. - Ginny, je ne me sépare pas de toi pour aller avec lui mais pour faire le point et rester seul. Pour le moment. Et ne me traite pas de vieux pédé, parce qu’à mon avis, tu ne dirais pas non pour le faire avec une femme, petite goudou ! S’exclama Harry en souriant avant de reprendre un ton plus sérieux. N’en veux pas à Draco, d’accord ? Il n’a rien fait de mal, je t’assure. Il pensait que tu avais donné ton aval pour la nuit qu’on a passé ensemble, sinon il n’aurait pas…enfin je ne te fais pas de dessin. Il est vraiment remonté contre moi à présent. - Bien fait pour toi. A vouloir jouer sur les deux tableaux, tu as perdu et je ne te plaindrai pas. Mais je m’en veux terriblement, je n’ai pas été tendre avec lui et je l’ai tenu pour responsable de ce qui est arrivé entre vous. Je crois que c’était plus facile que de t’en vouloir à toi. Peu importe ce qui se passe, ou pas, entre vous, je te demande de prendre soin de lui, Harry. - Tu n’es pas obligée de te montrer gentille avec moi Ginny, j’ai été monstrueux et égoïste, je le sais. - Ne pense tu pas qu’en vivant avec toi en sachant que tu n’étais pas totalement heureux, en te voyant triste et en savourant mon bonheur, j’ai fait preuve d’égoïsme ? Harry, j’ai toujours su qu’un jour, je te perdrai, pas à cause de Draco, ça c’était la surprise du chef puisque je le croyais mort, mais je pensais bien qu’un jour, tu reprendrais ta liberté. Va-t’en à présent, sinon je vais me mettre à pleurer. » Harry l’étreignit une dernière fois et il quitta l’hôpital. O O Draco conduisit vite pour rentrer chez lui. Il monta le volume de la radio, assez pour vibrer au son de la musique, pas assez pour ressembler à ces gnomes qui se croient malins en polluant la rue à grand renfort de «boom boom » tonitruants. Un orage éclata, presque aussitôt suivi par une pluie fine et battante. Un sourire étira les coins de ses lèvres. Il était fasciné par la pluie et l’orage. Emporté par une vague de positivisme égale à celle qu’il avait connue à Genève, il se mit à chanter en tapant du doigt sur le volant pour battre la mesure. Il gara sa voiture sur un stationnement interdit. « Un Malfoy est chez lui partout » tonna à ses oreilles la voix glaciale de son père ; plus glaciale encore que sa propre voix. Il redémarra et il parqua sa voiture sur un emplacement autorisé. Un peu tardive ta crise d’adolescence, Malfoy, pensa-t-il. Et papa ne risque pas d’être en colère puisque papa végète tranquillement, avec un QI égal à celui d’un bulot. Tout cela aux frais du contribuable sorcier. Navrant. Vraiment navrant. Il prit tout son temps pour atteindre son immeuble, nullement gêné par l’averse à cause de laquelle il était trempé jusqu’aux os. Une fois chez lui, il se glissa sous la douche, en fredonnant une chanson qu’il se passait en boucle lorsqu’il vivait en Suisse. Il sourit en revoyant l’image de Karim et Jared, les mains sur les oreilles, fatigués de l’entendre sans arrêt, alors que Draco et Lana hurlaient les paroles de Corneille en se tenant par les épaules, comme deux compères ivres. Il reconnaissait sans peine que son père avait été bien inspiré de le forcer à parler français dès son plus jeune âge, en hommage à la branche hexagonale des Malfoy, puissante et valeureuse tout au long des siècles précédents. Une bande de dingues comme lui, qui se croyait au dessus de tout le monde et qui, pourtant, volait bien bas, pensa-t-il en se remémorant ses innombrables voyages en France, dans une famille aussi froide et hautaine que la sienne. Les seuls membres intéressants avaient été reniés à cause de leurs amitiés avec les Moldus. Mais en Suisse, le français lui avait permis d’être quelqu’un d’autre, chez les Moldus. Quelqu’un qui n’avait pas de passé, et un avenir radieux devant lui. Son appartement et ses connaissances de Genève lui manquaient cruellement, jamais il n’aurait imaginé cela. Il avait été pressé de retourner à Londres mais il ne s’y sentait plus chez lui. Il sortit de la douche et il s’habilla simplement d’un boxer noir et d’un peignoir qu’il laissa ouvert sur son torse. Il se prépara ensuite un thé, il alluma des bougies dans le grand salon, et il s’installa devant la baie vitrée de la terrasse. Il se perdit dans la contemplation fascinée de la pluie qui faisait luire sa terrasse et du vent qui secouait la cime des pins qui entouraient son immeuble. La sonnerie de la porte le fit sursauter. Il ne répondit pas. Son visiteur sonna à nouveau, gardant obstinément le doigt sur le bouton de la sonnette, ce qui eut le don de faire monter la tension du maître des lieux. « Quoi ?! » Lança-t-il sèchement en ouvrant la porte d’un geste las. Harry se tenait devant lui, trempé de la tête aux pieds. « Je te dérange ? Demanda-t-il en ôtant ses lunettes pour les essuyer contre son tee shirt mouillé. Tu es seul ? » Draco soupira pour montrer à quel point il était excédé. « Non, Potter, je ne suis pas seul. J’étais en train de m’envoyer en l’air avec les chœurs de l’Armée Rouge, ironisa-t-il. Mais prends un ticket, tu passeras juste après la Garde Royale. - Ce n’est pas drôle. Laisse moi entrer, s’il te plait. Je voudrais qu’on parle. - Ce n’était pas censé être drôle, déclara froidement Draco. Je n’ai pas envie de parler, je suis fatigué et j’allais me coucher. J’ai une réunion à 14 h au Ministère et il est bientôt neuf heures. Bonne nuit Potter. » Harry bloqua la porte avec sa main et il entra dans l’appartement, son corps frôlant celui de Draco au passage. Il réprima un frisson et il empêcha ses yeux de détailler le torse et les jambes exposés du blond. Dire que pendant une nuit, leurs corps s’étaient mêlés, jusqu’à ne faire qu’un dans la douceur et le plaisir. Il secoua la tête et un rictus amusé vint se dessiner sur ses lèvres pleines. « Ne fais pas cette tête, Draco, lança Harry en ôtant sa chemise et son pantalon sous les yeux médusés du blond. Tu vois, j’enlève les objets du délit, comme ça, je ne mouillerai pas tout ton joli appartement, tellement propre qu’il semble n’avoir aucune âme. - Si tu aimes vivre dans la crasse, c’est ton problème, rétorqua Draco en le fusillant du regard. Bonne nuit. » Il se détourna et entra dans sa chambre, alors que Harry se débattait avec les lacets trempés de ses chaussures. Merde et remerde, qu’est ce qu’il fout ? Pensa Harry en se dirigeant vers la chambre de Draco. Il frappa trois coups à la porte puis, voyant que Draco ne lui répondrait pas, il entra. Le prince de glace était en train de s’allonger, remontant le drap sur le haut de son corps nu. Harry se posta dans l’encadrement de la porte, bras croisés. Draco s’assit et, d’un mouvement sec, il rabattit le drap sur ses jambes. Harry se retint de baisser les yeux sur son torse, ce que Draco remarqua avec un sourire en coin. « A quoi tu joues là ? Demanda Harry. - Je te retourne la question. Puisque tu fais comme chez toi, je te laisse t’amuser parce que, Potter, je n’ai pas envie de me disputer ce matin. Alors je me couche, et toi, tu fais ce que tu veux. Il y a trois chambres d’invités ici, tu en choisis une ou alors tu rentres chez toi, je m’en fiche. L’important, c’est que tu me laisses en paix. - Ok, dès qu’on aura fini de discuter, je te laisserai tranquille. » Draco soupira et il fit signe à Harry de parler. Ce que le brun ne fit pas, par pur esprit de contradiction, et aussi parce qu’il ne savait pas par où commencer. Il avait tellement voulu cette discussion qu’il en avait complètement oublié le contenu. « Qu’est ce que tu attends de moi ? Questionna Draco en se passant la main dans les cheveux, geste qui fascina Harry. - Je voudrais qu’on soit amis, répondit Harry en reproduisant inconsciemment le geste de Draco. - Amis ?! Nous n’avons jamais été amis et je ne vois pas pourquoi cela changerait. Retourne auprès de Ginny, et fais toi pardonner. C’est mon conseil du jour. » Sur ce, il se recoucha et il se tourna sur le coté. Loin d’être déstabilisé, Harry prit un oreiller et il s’installa en tailleur sur le sol, afin que son visage soit à la même hauteur que celui de Draco. Il posa ses coudes sur ses genoux et il fit un petit sourire goguenard à Draco. « Tu n’abandonnes donc jamais ? » Interrogea Draco en lui renvoyant son sourire. Harry prit un moment pour contempler le visage délicat posé sur l’oreiller qu’il tenait dans ses bras. Oreiller, ça c’est un super job, pensa Harry. « Si, il m’est arrivé d’abandonner, avec toi, répondit-t-il franchement. Mais pas cette fois. Pas maintenant que tu es de retour. Il s’est passé quelque chose, Draco, quelque chose de fort entre nous et je ne veux pas qu’on tire un trait dessus. Mais je ne veux pas non plus que tu imagines que je m’intéresse uniquement à ton corps, parce que c’est faux. Je ne nie pas que tu aies un corps parfait, mon Dieu, regarde toi. Je voudrais juste qu’on apprenne à se connaître au-delà des apparences. - Et après ? Coupa Draco. Si je n’ai pas envie que tu entres dans mon cerveau ? Tu connais déjà mes secrets les plus sordides, comme toute la population sorcière, et je n’ai pas l’intention de t’en révéler plus. Quand à moi, qu’est ce que je sais de toi ? Pas grand-chose et c’est bien comme ça. J’ai déjà des amis. Rentre chez toi. » Harry se leva, fit quelques pas dans la pièce, puis il se ravisa et s’installa à l’identique. « Quand j’étais adolescent, confessa-t-il, j’aurais pu gagner les olympiades de la masturbation. - Pa…Pardon ? Demanda Draco en ouvrant grand ses yeux gris et en se redressant un peu. - Voilà, maintenant tu connais un de mes secrets les plus sordides. » Contre toute attente, Draco éclata de rire. C’était un rire grave, agréable et trop rare. Un rire que Harry avait vénéré pendant les deux années où ils s’étaient côtoyés dans l’Ordre du Phénix. « Le grand Harry Potter ? Saint Potter ? Champion de masturbation ! Alors ça c’est amusant, admit Draco. Ecoeurant, mais amusant. Et tu pensais à quelqu’un en particulier quand tu t’adonnais aux plaisirs solitaires ? - Oui mais je ne te dirai pas son nom. C’était juste le mec le plus beau et le plus intelligent que j’avais jamais vu. - Un homme ? Questionna Draco en se redressant encore. Je ne comprends pas, Harry. Tu as toujours été attiré par les hommes et tu vis avec une femme. Tu es bisexuel ? - Je ne vis plus avec Ginny. Nous avons rompu. - Tout cela est de ma faute. Je n’aurais jamais dû te ramener chez moi pour discuter, j’aurais dû choisir un endroit neutre. Et puis j’avais cru que Ginny et Lana s’étaient plues lors de la soirée, alors j’ai pensé que vous étiez le genre de couple dans lequel chacun fait ce qu’il veut de son coté. - Tu n’y es pour rien, Draco. Quant tu m’as demandé de te prouver que tu me rendais fou, j’aurais pu faire autre chose que t’embrasser. Et quand bien même, j’aurais juste pu t’embrasser et arrêter. Je suis un adulte responsable et j’ai fait un choix cette nuit là. - Tu le regrettes à présent ? - Je m’en veux pour Ginny. Elle ne méritait pas cela. En ce qui nous concerne, je ne sais pas. Je le regretterais si cela devait nous éloigner. Autrement non. - Oublions tout ça, d’accord ? Demanda Draco d’un air las. - Si toi tu peux le faire, moi j’en suis bien incapable. Mais ça ne m’empêchera pas de vivre. Peux tu franchement me dire que tu oublieras cette nuit ? Peux tu me dire que tu n’en avais pas envie avant de me faire entrer chez toi ? » Draco soupira, puis il fixa longuement Harry, comme s’il voulait dire quelque chose mais qu’il ne savait pas par où commencer. Il mordilla nerveusement sa lèvre inférieure puis il ferma les yeux un instant. Il les ouvrit à nouveau pour se perdre dans l’immensité verte et caressante des prunelles de Harry. « Je ne fonctionne pas comme toi ou comme…d’autres, déclara-t-il enfin avec une voix qui avait perdu toute sa froideur. J’aime plaire, mais je me fiche d’aller plus loin ou pas. Je ne désire que lorsque je me sens désiré. - Je ne comprends pas, avoua Harry en balayant lentement une mèche de cheveux qui cachait les yeux de Draco. - Ne le prends pas mal, Harry. Ça n’a rien à voir avec toi, ni avec les autres. Je reconnais que tu es très séduisant, vraiment. Et tu as un corps à tomber à la renverse et un visage magnifique. Mais je ne te désire pas. Pas comme tu sembles désirer. Je n’ai eu envie de toi que lorsque j’ai senti que toi, tu étais excité. Je ne sais pas pourquoi je suis comme ça et je ne pense pas être le seul dans ce cas. Je suis vraiment désolé si tu as cru que j’avais prémédité la nuit qu’on a passé ensemble. - Non, Draco, c’est moi qui suis désolé de t’avoir prêté des intentions que tu n’avais pas, affirma Harry en frôlant la joue du blond avec le bout de ses doigts. Peut être ne désire tu pas parce que tu n’as aucun sentiment. Je comprends très bien cela et je ferai attention à ne plus te désirer à l’avenir. » Il fit un sourire innocent et Draco fit mine de lui frapper l’épaule. « Toujours est il que nous deux, c’était spécial pour moi, admit Harry. Et puis, Draco, tu es doué, très doué. - Je sais, plaisanta Draco. - Ecoute, déclara Harry d’un air sérieux. Il y a une chose que j’ai omise lorsque tu es revenu et je m’en veux, parce que c’est la première chose que j’aurais dû faire. Il faut croire que le fait de voir un revenant m’a tellement mis sur le cul que j’en ai oublié l’essentiel. - Vocabulaire Potter. Qu’est ce que tu aurais dû me dire ? - Comment vas-tu ? » Draco se releva lentement et il s’assit sur le bord du lit, les jambes écartées pour éviter de marcher sur celles de Harry. Il ne portait qu’un boxer et Harry commença à regretter son idée de relation platonique avec le blond. Il respira lentement, conscient que lui aussi était dans la même tenue et que cela gênait un peu son hôte. « Tu veux que je te dise Harry ? Tu es le premier à me demander ça, si on oublie Sirius, parce que Sirius dit toujours ce qu’il faut, quand il le faut. - Et Karim ? Il est tellement parfait qu’il doit te le demander trois fois par jour. » Draco plongea son regard gris dans celui de Harry et il lui fit un triste sourire. « Tu n’as pas l’air de l’aimer. Tu es libre de penser ce que tu veux de lui, mais sache que Karim est un être exceptionnel. - Alors pourquoi tu n’es pas avec ce petit saint ? Questionna froidement Harry. - C’est un ami, voilà pourquoi. Très franchement Harry, il vaut mieux m’avoir comme ami que comme petit ami. Je suis pourri et je pourris tout ce que je touche. - Je n’y crois pas. La façon dont tu as sauvé Ron, c’était un toucher en or, et pas autre chose, reconnut Harry en se levant pour s’asseoir à coté de Draco sur le lit. Alors, dis moi, comment tu vas ? - Bien, je pense. - Tu penses ? » Draco toussota, mal à l’aise et il s’installa en tailleur sur le lit. Harry fit de même en face de lui et il attendit patiemment que le blond trouve ses mots…des mots qui n’en diraient pas trop. « C’est difficile, confessa Draco en fixant ses mains. J’ai l’impression que les gens attendent que je m’effondre ou que je parle de ce dont je n’ai pas envie de parler. J’ai vécu comme un prince en Suisse, j’ai fait la fête, je me suis fait des amis formidables – pas un mot sur Karim, Potter – et tout allait bien. Mais revenir ici, je ne sais pas, c’est…destabilisant et je n’aime pas ça. Tu n’as pas idée du nombre de personnes qui fuient mon regard. - Laisse leur le temps de s’habituer au fait que tu soies de retour, ils sont curieux mais ça leur passera. - Tu parles comme Sirius. Mais si moi, j’ai envie qu’ils ME donnent du temps ? Pourquoi devrais je les accompagner dans leur malaise, les aider à se sentir mieux ? Ils attendent peut être des excuses de ma part. Je rêve ! S’écria Draco en se levant et en s’appuyant contre la fenêtre, perdu dans la contemplation de la pluie. Où étaient ils quand on se battait ? Tranquillement barricadés chez eux pendant que notre école était attaquée et que des adolescents tombaient. J’estime qu’ils nous doivent bien un minimum de respect. - Je comprends, murmura Harry en le rejoignant pour entourer sa taille de ses bras. - Va leur dire, Harry. Dis leur que le v…que ce n’est pas contagieux. - Ils savent, déclara Harry en resserrant son étreinte. Nous savons que le viol n’est pas contagieux. » Il sentit soudain le corps de Draco se raidir et Harry embrassa son épaule pour le détendre. « Je pense que nous allons changer de sujet maintenant, lança froidement Draco. Je n’ai pas envie de remuer des choses qui sont enterrées et oubliées. - Elles ne sont pas oubliées Draco puisque tu réagis violemment lorsqu’on les mentionne. Parle moi. - De quoi veux tu que je te parle ? Demanda Draco d’un air las. Il n’y a rien à dire. » Harry hocha la tête. Draco avait certainement l’impression d’en avoir trop dit et il aurait été maladroit d’insister. Harry préféra donc laisser le sujet de coté, conscient qu’il risquait de perdre la confiance de Draco au moindre faux pas. Il observa le blond qui semblait fasciné par la pluie, comme si le bruit de l’eau l’apaisait. « Ok, je ne t’importune plus, lança Harry en le lâchant. - Merci, répondit Draco avec un sourire sans joie. Que vas-tu faire maintenant que tu es célibataire ? Tu vas essayer de reconquérir Ginny ? - Non, je ne l’aime pas assez pour ça et elle mérite mieux…Lana peut être. - Qui sait ? Elle m’a dit qu’elle avait trouvé Ginny très mignonne, mais elle a aussi été impressionnée par Hermione. Lana croit au grand amour, la pauvre. - Pas toi ? - Si bien sûr, ironisa le blond. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants et tout et tout. - Tu as peur de l’amour alors tu le tournes en ridicule, constata Harry. C’est classique. Mais il te tombera dessus et, avant que tu ne t’en rendes compte, tu seras fou amoureux. - Par Merlin, j’espère bien que non ! - Nous en reparlerons le jour de ton mariage, plaisanta Harry. Je vais te laisser dormir à présent. » Draco hocha la tête et il se glissa sons son drap. « Dors avec moi, » proposa-t-il. Harry le regarda avec étonnement, pas vraiment certain d’avoir compris le sens de la demande. Il avait réellement envie de Draco et il avait peur que son corps le trahisse mais, heureusement pour lui, il resta de marbre. Constatant le trouble du beau brun, Draco s’autorisa un sourire amusé. « Je ne parle pas de sexe, Potter. Je veux juste que tu restes et que tu me prouves que tu es prêt à être un ami. - Ok, c’est un genre de rituel de passage ou un truc comme ça ? Jared, Karim et Sirius sont passés par là aussi ? Putain c’est dur ! - Surveille… - …ton vocabulaire, ouais. Tu devrais l’enregistrer cette phrase. - Excuse moi de parler correctement. Et pour répondre à ta question, non, ce n’est pas un rituel de passage. J’imagine mal Jared partager mon lit sans me sauter dessus. - Ok, ironisa Harry. Tu es le plus beau, le plus sexy et tout le monde veut être avec toi… - Tais toi, ordonna Draco. Ce n’est pas drôle. Je ne comprends pas moi-même ce que ces mecs me trouvent…peut être mon coté anorexique affectif, qui sait ? - Ecoute, je ne vais pas te faire la liste de ce qui est attirant chez toi, ça prendrait trop de temps et les amis ne font pas ça. Je préfère dormir ailleurs, si ça ne te dérange pas. » Draco sembla satisfait de sa réponse et Harry en conclut qu’il s’agissait, en effet, d’un test. Il se passa une main dans les cheveux, heureux d’avoir réagi correctement et frustré de ne pas passer quelques heures dans la chaleur du lit de Draco. « Bonne nuit, Harry. » Harry se pencha et il remonta le drap sur le torse de Draco. Puis il frôla doucement ses lèvres avec les siennes, juste pour sentir sa saveur incomparable. « Qu’est ce que tu fais ? Interrogea Draco. - Je t’embrasse, en ami, susurra Harry contre sa bouche. - Je doute que tu fasses ça avec Weasley, et ce n’est pas comme ça que je dis au revoir à Karim. - C’est bien, tu vas innover alors, » rétorqua Harry en appuyant un peu plus ses lèvres sur celles, chaudes et satinées de Draco. Il sortit ensuite de la chambre en essayant de ne pas se laisser trahir par ses jambes chancelantes. Il entra dans la première pièce qu’il trouva et se laissa lourdement choir sur le lit. Il respira l’oreiller et il ferma les yeux. Il savait qu’il ne pourrait pas dormir…pas avec l’homme qu’il aimait dans la pièce voisine. Pas avec ce corps parfait qu’il pourrait étreindre, si seulement ses sentiments étaient partagés. Des images de sa nuit avec Draco lui revinrent en mémoire et il frissonna. Il lui semblait avoir dormi cinq minutes lorsqu’il fut tiré de son sommeil par un grand fracas. Il jeta un coup d’œil à sa montre qui indiquait midi. Il bondit hors du lit et il se précipita dans le salon. Draco s’y trouvait, en jean sans tee shirt, au milieu d’un capharnaüm sans nom, le téléphone à la main. Tout était sans dessus dessous, les placards et la grande bibliothèque avaient été vidés sur le sol, les tiroirs étaient retournés et, visiblement, ils avaient été projetés contre les murs. « Il faut que tu viennes immédiatement ! Criait Draco dans le combiné. J’ai besoin de toi tout de suite Karim ! Je l’ai perdu !...ok…ok…Je ne panique pas…A tout de suite. » Le téléphone n’eut pas l’air d’apprécier le fait d’aller dire bonjour au mur et des morceaux se mirent à voler. Harry ne pu s’empêcher de se sentir jaloux. Draco appelait Karim à la rescousse alors que lui était présent. Il héla doucement Draco qui l’ignora complètement. Il passa à coté de lui pour se rendre dans la cuisine qui allait certainement connaître le même sort. Harry se précipita au moment où Draco entreprenait de vider le placard à vaisselle. Il attrapa un verre au vol et il entoura Draco par derrière en immobilisant ses bras. « Qu’est ce que tu cherches ? Demanda-t-il en haletant alors que le blond se débattait comme un diable. - Mon cahier bleu ! Il me le faut ! Je ne peux pas l’avoir perdu ! » Harry lâcha Draco et il le regarda, abasourdi. « Tu veux dire que tu fais tout ce bordel pour un cahier ?! Il y a quoi dedans ? Les résultats de la loterie pour les dix prochaines années ou quoi ? - Le contenu ne te regarde pas, siffla Draco en tombant sur une chaise. - Ok, excuse moi, déclara Harry en se radoucissant et en s’accroupissant devant Draco en prenant appuis sur les genoux du blond. Tu te rappelles la dernière fois que tu t’es servi de ce cahier ? Où étais tu ? - A Genève. Je l’ai rangé dans un carton avant mon déménagement. J’ai lancé un sortilège pour le retrouver mais rien n’y fait. Va te laver et t’habiller, tes affaires sont sèches. Karim et les autres vont arriver et je n’ai pas envie de subir leurs railleries s’ils te trouvent dans cette tenue. Je vais me calmer. » Harry se releva et il embrassa le front de Draco avant de se diriger vers la salle de bains. Il était en train de passer son jean lorsque la sonnerie de la porte retentit. Karim, Jared et Lana entrèrent sur invitation de Draco, qui avait passé une chemise noire, et ils constatèrent avec tristesse dans quel état se trouvait l’appartement. « Tu ne l’as pas retrouvé ? Demanda Karim en étreignant Draco qui secoua la tête. - C’est bien le cahier bleu sur lequel tu gribouillais souvent ? Interrogea à son tour Jared. - Oui, c’est celui là, affirma Draco. Il est resté à Genève, dans un carton lorsque je suis parti. Vous vous êtes occupés de l’envoi du reste de mes affaires ; êtes vous certains que les déménageurs ont tout emporté ? - Certains, lança Karim en lui faisant un sourire réconfortant. Ne t’en fais pas, nous allons le retrouver et…oh, pardon Harry, je ne t’avais pas vu, bonjour. » Il s’avança vers Harry pour lui serrer la main. Harry lui écrasa les doigts et il fut stupéfait de voir que Karim souriait d’un air entendu. « Salut beau gosse, dit Jared en l’étreignant. - Oui oui, salut, grommela Harry en se concentrant sur Draco et son carnet bleu. - Laisse tomber Jared, plaisanta Lana, il préfère les grands blonds aux yeux gris. » Harry leva les yeux au ciel, de même que Jared. Ils passèrent deux heures à chercher le bien de Draco dans tout l’appartement mais rien n’y fit : le cahier avait bel et bien disparu. Draco était calme, beaucoup trop calme, presque apathique. Il se mit devant la fenêtre et il contempla de paysage. « Qu’y avait-il dans ce cahier, Draco ? Questionna Karim. - Karim, ça ne te regarde pas, répondit faiblement Draco. Mais merci d’avoir cherché avec moi. Vous pouvez y aller, je suis désolé de vous avoir fait perdre votre temps. Je vais me préparer pour ma réunion à présent. » Le message était clair, il avait besoin d’être seul. Harry fut le dernier à rester chez Draco. Il caressa doucement sa joue et il plongea son profond regard vert dans le ciel orageux des yeux du Médicomage. « Appelle moi si tu as besoin de moi, » dit il en replaçant une mèche blonde derrière l’oreille de Draco. Draco hocha la tête, assommé, puis il s’enferma dans sa chambre où il se recoucha. Harry se rendit à l’hôpital pour voir Ron. Le cahier bleu et le regard gris assombri de Draco le hantèrent toute la journée. A suivre… |