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au 20 Nov 08 :
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pour 1388 fics écrites
contenant 3547 chapitres
qui ont générés 7129 reviews
 
     

     
 
Aena et les Terres de Missionnaire
Par froucle
Originales  -  Humour/Fantaisie
9 chapitres - Rating : T (13ans et plus)
    Chapitre 3     Les chapitres     1 Review    
Chapitre 3

Cela faisait maintenant plusieurs minutes que la petite troupe se dirigeait vers la sortie de la ville, les passants ce faisaient plus rares et les maisons aussi. La verdure reprenait ses droits ; les pavés gris laissèrent place au vert majestueux du parterre mousseux. Les 3 personnages se trouvaient maintenant en pleine nature, la ville était derrière eux, les arbres poussaient de tous côtés, grands, feuillus et certains complètement tordus. Ils continuèrent sur le chemin sinueux, escarpé, raide, étroit, enfin un chemin de montagne en pleine plaine. Il fallait faire attention où l’on mettait les pieds car les petits cailloux étaient nombreux, c’est ce que Tey prouva à maintes et maintes reprises en s’étalant de tout son long dans la poussière ocre du chemin.

Ils continuèrent un moment dans cet étendu de verdure avant de rentrer dans une forêt. Les arbres étaient plus nombreux, plus denses, plus serrés. Il faisait plus sombre, et la litière de feuilles au sol étouffait le son de leurs pas. De temps en temps, on apercevait au loin un cerf ou une biche qui s’enfuyait très vite. Plus ils marchaient, plus l’odeur de la mousse leur montait aux narines, se mélangeant avec une agréable odeur de sous-bois et de champignons.

Soudains, la lumière sembla percer, comme si le soleil venait de faire un trou dans les feuilles, les arbres se clairsemèrent et l’herbe commença à leurs lécher les pieds. Les végétaux disparaissaient et faisaient place à une immense clairière, remplie de fleurs multicolores qui formaient des motifs sur l’herbe aux couleurs claires. Aena, ravie par ce magnifique spectacle pressa le pas ; Mais pourquoi donc les avait-ils amenés ici ? Pour les tuer ? Dans un si bel endroit ?

Aena souri à cette pensée, elle préférait cent fois mourir dans ce magnifique lieu de plaine, que dans une petite ruelle sombre de Druaror, ici, les fleurs lui tiendraient compagnie avec Tey. Elle préférait ça aux lépreux.

Un hennissement la fit sursauter. Une licorne passa devant elle, elle cria d’effroi ! L’animal se cabra et partit au galop. La superbe créature aux reflets blancs argentés, disparue dans les bois avec une grâce inégalable.

- Je n’en avais jamais vu … si j’avais su qu’il en existait si près de moi … déclara solennellement l’adolescente.

Aena était à son comble de l’extase, elle n’avait jamais vu un animal aussi beau et la perspective d’être une rare personne à en voir une la fit rire.

- Pff, j’en vois souvent … renchérit Aaron avec son habituelle voix glacée.

Tey avait aussi aperçut l’animal, il n’avait rien dit, mais resta bouche bée. Aaron en le voyant dit seulement :

- Referme la bouche, tu vas gober les mouches !

Tey rougit légèrement et ferma la bouche sans mot dire.

Ils marchaient depuis quelques minutes dans la clairière et des odeurs de soupes commencèrent à se firent sentir, ils approchaient donc d’une source de vie. Le médaillon d’Aaron poussa un petit crissement et l’or se mit à étinceler. Le vieux comme seul geste passa la main sur l’amulette et celle-ci s’arrêta immédiatement. L’épisode du Médaillon rappela à Aena les 2 hommes qui s’étaient arrêtés dans son auberge, ils avaient tous les deux la même cape de voyage noir en lambeaux et exactement la même amulette, avec la même lettre un M doré ! Et voilà, elle avait vite fait le rapprochement, enfin, ils avaient un rapport entre eux, mais lequel ?

- Quels rapports as-tu avec les hommes qui sont venus dans mon auberge ?

- Quels hommes, répondit simplement Aaron, sans une once d’émotion, comme s’il savait de quoi elle parlait mais ne voulait pas se risquer à en dire plus.

- Ils avaient la même cape que toi et le même médaillon !

Aaron comme seule réponse, il fit silence. Après une minute d’attente, il murmura tout bas en se lamentant.

- Je leur avais dis d’être discret …

- Mais vous n’avez toujours pas répondu à ma question ; ce plaignit Aena.

- Tais-toi ! Tu sauras bientôt tout ce que tu dois sav…..

- … Et dîtes, est-ce que je rêve où y’a un campement devant nous ! Les coupa Tey.

Il avait raison, les deux, tellement occupés à se chamailler n’avait pas vu le campement. L’expression « champs de tentes » sembla bien convenir pour ce qu’elle avait sous les yeux. Le camp grouillait de monde, de guerriers, pour la plupart avec de grosse armure métallique ainsi qu’une cape noire et … des médaillons doré. Aena n’avait pas besoin de voir ce qu’il y avait écrit dessus pour savoir exactement ce qu’ils représentaient. Donc, Aaron faisait parti de ces « hommes », enfin, on ne pouvait pas appeler ça un « ensemble d’hommes » car on pouvait distinguer plusieurs sortes d’elfes, des elfes noirs par exemple, ceux-là, il était difficile de les voir car ils se fondaient dans l’obscurité avec une parfaite aisance. Aena remarqua aussi des elfes à la peau jaune. Comparé à ceux là, un guerrier bien bâti faisait plutôt penser à un nain. Ainsi que des hommes au corps de cheval et même du sable qui bouge ! Elle poussa un soupir, mais qu’elle cruche ! Ce n’était pas du sable mais des êtres couleurs terres qui n’étaient pas plus hauts que trois pommes. Elle n’avait jamais vu autant de concentration de peuples magiques, en tout cas, ils avaient l’air de tous bien s’entendrent. Un détail de plus alerta alors son attention. S’il y avait autant d’hommes, en armure et avec des armes, pas de doute, c’était une armée. Mais, depuis quand trouvait t-on une Armée dans l’empire ?

Tey fut aussi surpris, mais garda encore et toujours le silence avec sa béante bouche entre ouverte. Aaron ne semblait pas choqué le moins du monde.

- Mais vous avez vu ça, une armée magique !!!! Cria presque la jeune fille

- Quoi ? Déclara le vieux d’un ton amorphe

- Rien, laissez tomber

Aena lâcha le morceau, Avec Aaron, mieux valait parler à un mur ! Rien ne le surprenait, même l’apocalypse devait sûrement lui sembler fade.

Elle comptait bien avoir le morceau et se remettre à la chasse aux réponses, mais heureusement pour Aaron ; alors qu’elle allait ouvrir la bouche, les soldats poussèrent de grands cris de joie et s’attroupèrent autour des nouveaux arrivants, en faisant un cercle parfait.

- Hep, patron, vous êtes en r’tard, et d’hab, vous êtes jamais en retard ! Déclara un homme dans le tas

- Ouais, mais là, j’ai été retardé ! Déclara froidement Aaron, en fixant les deux jeunes gens de son regard glacial.

Un autre, qui semblait plus intelligent déclara :

- Mais on aurait déjà du être partis depuis 11 heures, il est déjà 12 heures !

- C’est à cause des 2 là !

Un autre, déclara en souriant ironiquement tout en changeant littéralement de sujet.

- On ne vous connaissait pas comme ça, moi, j’veux bien prendre la fille !

La foule tomba dans l’hystérie générale.

- Vous pouvez vous gardez le garçon, nous, on se fait la fille !

- Vous les voulez tant que ça ? Déclara, avec une voix mielleuse Aaron.

- Ouais, passez les nous, dirent tous les soldats en riant d’avantage.

Aaron ne se fit pas répéter deux fois et donna un coup de pieds dans les fesses d’Aena qui se trouva projeté dans la foule. Elle crut qu’elle allait tomber dans la boue mais un guerrier la rattrapa de justesse. Elle se retrouva la tête contre l’armure froide et les mains dans le dos, pas très confortable cette position.

- Elle est à moi cria le guerrier, qui l’avait rattrapée.

C’est à ce moment que le pauvre Tey fut lui aussi projeté la tête la première dans la foule. A son passage, tous les hommes s’écartèrent et Tey se retrouva par terre. Ce n’est qu’après avoir supplié longuement qu’on lui coupa les cordages qui lui entravaient les poignets. L’adolescent pu enfin se mouvoir et un groupe de guerrier l’invita à manger avec eux. Tey se dépêcha d’y aller et partagea une bonne assiette de soupe bien chaude pendant qu’il racontait son histoire qui faisait rire tous les gens autour de lui.

Pendant ce temps, Aena était avec le guerrier qui l’avait rattrapé, il l’avait emmené dans sa tente. Un petit habitacle confortable en forme de cercle. Le sol était poussiéreux et quelques coussins faisaient office de chaises. Aena du s’asseoir contre son gré. Elle n’avait pas eue le temps de protester. Plusieurs de ces copains combattants étaient là, que des hommes. Ils tâtaient le terrain, prêt à fondre sur leur proie innocente. Aena n’était pas bête, elle comprenait très bien leurs sous-entendus, mais elle attendait le moment propice pour les remballer, c’était une occasion pour en savoir plus et puis … la soupe était si gentiment proposée ! Elle se mit donc à questionner l’homme :

- Vous êtes une armée ?

- T’as vu tout juste petite ! Déclara le guerrier qui l’avait rattrapé en bombant fièrement le torse.

- Je ne savais pas que l’empire avait une armée ?

- Mais de quoi me parles-tu là ? l’empire a une armée ? Il lui fit une moue tirée avec une expression idiote.

Ou cet homme était bête, ou il était très malin et était entrain de faire semblant de ne rien comprendre, en clair, de jouer aux idiots

- Cette armée là, c’est l’armée impériale ? Recommença Aena.

- Bon, Dit le guerrier en chuchotant, si Aaron t’as laissée en vie, je pense que je peux te le dire.

Il se pencha pour lui chuchoter un mot dans le creux de l’oreille, Mais au lieu d’entendre le son de sa voix. Elle sentit un contact chaud remonter le long de sa cuisse. Elle mit quelques secondes avant de comprendre que l’homme était entrain de lui caresser les jambes. Elle n’aimait pas les mains baladeuses de ce dernier ; et son premier geste fut d’envoyer l’assiette de soupe sur lui et de s’enfuir. Elle ne le regarda même pas ; Aena entendit seulement son cri de surprise et de douleur mêlée qu’il poussa alors que ses amis, ébahi, regardaient sans rien faire. La soupe était peut être assez chaude mais, j’ai loupé l’occasion d’en savoir plus. Elle continua de se lamenter, en fait, il n’avait pas été si bête ! Aena grogna, elle aurait du juger d’abord l’instinct primaire de son ennemi avant de réfléchir et là ; elle avait complètement négligé ce point on ne peut plus important.

Une phrase célèbre de la bonne sœur de l’orphelinat lui revint, elle se souvenait, 2 ans plus tôt, la veille de son départ de l’orphelinat qu’elle avait connu toute son enfance.

- Méfie toi ma petite, tu as eue 14 ans, les hommes ne te regarderont plus de la même façon et …

- J’en suis heureuse ! Avait déclaré Aena avec une malice dépassant l’entendement de la religieuse. Celle-ci avait simplement déclaré sévèrement avant de refermer définitivement la porte de l’orphelinat :

- Méfie-toi Aena, un homme reste toujours un homme.

Et c’était comme ça que la jeune fille était partie, avait définitivement rayé sa vie d’enfant, dans l’orphelinat de Druaror, sous le regard anxieux de sœur Augusta. Elle avait ensuite sillonné les rues de la ville. Pendant 3 jours, malgré son jeune âge, elle avait cherché dans toutes les auberges un travail. Pendant ce court laps de temps, Tey l’avait accueilli chez lui et lui avait parlé de l’auberge de Roberto, là où il travaillait. Et voilà comment, Aena avait eue, 2 ans auparavant son travail de serveuse.

Aena se remémora ses joyeux souvenirs avec mélancolie, mais le moment n’était pas à la flânerie, elle avait du pain sur la planche, déjà, elle devait arriver à s’enfuir ! Mais comment ? Aaron avait du prévenir qu’elle était un otage car où qu’elle allait, des gardes la suivait du coin de l’oeil, impossible de s’échapper et en plus, elle n’en savait toujours pas plus sur ces hommes ni de leur destination. Elle retrouva Tey en pleine conversation avec ses « nouveaux amis ». Elle le prit alors par un bras et l’attira près d’une tente à peu près déserte.

- Tu as appris quelque chose ? Lui demanda t-elle

- Qu'est-ce que j’aurais du apprendre ? Questionna le jeune homme.

Aena grogna, comme d’habitude, il n’avait pensé qu’à son ventre ! Quel imbécile quand il s’y mettait. Elle n’eu pas le temps de continuer de le sermonner car les soldats commencèrent à ranger les tentes et les 2 otages furent évidemment réquisitionnés pour ce travail. Grâce à leur aide, la quasi-totalité du campement était enlevé en moins de 2 heures.

La troupe allait bientôt partir, Tey aidait un soldat pendant qu’Aena se promenait au milieu du grand champ de terre battue, encadrée de loin et de près par un garde à l’allure très persuasive. Aucun des deux otages n’était au courant de leur situation actuelle. Ils avaient l’impression de se trouver dans une grotte, totalement noire, sans torche, ils étaient en territoire inconnu !

Tey arriva vers elle ; il lui chuchota au creux de l’oreille :

- J’ai entendu Aaron parler de nous, il a dit un truc et un autre soldat a répondu : Non ! Tu ne vas pas faire ça ? T’es vraiment horrible !

Aena frissonna, Tey avait l’air très sérieux et anxieux, et, pour faire paniquer Tey, il fallait se lever de bonne heure. La jeune fille réfléchit, elle avait l’impression que ; plus le temps filait, plus leurs chances de survie s’amenuisaient. Elle réfléchit avec le peu de matière grise qui lui restait ; Qu’est-ce qu’il va faire ???

Cette question revenait sans arrêt, et pourtant, la réponse était inexistante, son esprit était vide de toutes formes de pensées ; pour une fois …

Elle soupira, Elle avait un très mauvais pressentiment, surtout vu la tête que Tey faisait, comme s’il assistait à l’enterrement de Naya ! Sa mère.

Depuis ce matin, elle n’avait pas vraiment eue peur mais là, elle était terrifiée par ce qu’Aaron aurait l’intention de leur faire !

Avec une synchronisation exubérante, le vieux arriva à cet instant précis et il déclara tout aussi froidement qu’habituellement :

- On va partir, et bonne nouvelle, on se sépare tous en groupe de 4 ou 5. Vous viendrez avec Moi et Angello, nous serons le premier groupe, il vous faut donc un cheval et, j’ai enfin réussi à vous en trouvez un.

Venez !

Aena n’avait pas eu le temps de répondre que déjà, il était partit, traînant dans son sillage, Tey.

Elle se résigna donc à les suivre. Ils traversèrent l’ancien campement et arrivèrent aux enclos des chevaux, bâtis à la va-vite. Il n’en restait plus, sauf un. Dedans, un magnifique étalon noir, au pelage luisant et aux muscles puissants paissait. Il avait la crinière tombante et ses yeux intelligents étaient d’un rouge sanglant à faire peur. Aena failli s’étrangler quand elle vit de petites canines blanches pointer de la bouche du cheval. Il était plus beau que la licorne, plus majestueux, plus fier. Aena le comparait au roi des chevaux. Il n’arrêtait pas de la regarder et elle lui rendait son regards ; autrefois, il avait du appartenir à un guerrier, son encolure était énorme et son squelette, bâti pour l’endurance et la vitesse, ses pattes, osseuses lui garantissaient un appui solide sur tout les terrains. Ce cheval avait sans doute toutes les qualités que l’ont puisse espérer d’un vrai destrier digne de ce nom, même s’il était plus qu’un simple cheval.

Elle allait directement sauter dans l’enclos pour monter sur son dos, bien qu’elle n’ait jamais monté à cheval quand Aaron lui dit :

- Je te le donne

Aena failli s’étouffer sur le coup ; c’était impossible.

- Quoi ?!!!

- Tu as très bien compris ! Dépêchez vous de monter Ténèbre, on doit tout de suite partir !

Aena discerna une lueur sadique dans ses yeux, bizarrement, c’était étrange qu’il lui donne un cheval aussi beau, ça sentait le roussi.

- Tu es sur ? Le questionna t-elle.

Aaron, toujours pareil à lui-même ne répondit pas et fit comme si de rien n’était.

Elle arriva dans l’enclos par la porte de bois ; ses pieds collaient à la boue du sol. L’étalon, en la voyant, arriva vers elle, d’abord d’un pas tranquille, puis au triple galop, fonçant sur elle, comme pour l’écraser. La jeune fille paniqua, elle ne savait pas quoi faire et ce cheval était … tellement bizarre, elle n’avait pas connu beaucoup de chevaux mais celui-là qui ce précipitait sur elle … Ce n’était à vrai dire pas un très bon signe. Elle se retourna, elle voulait quitter l’enclos. Elle allait sortir par la porte quand celle-ci refusa de s’ouvrir. Elle essaya encore et encore, impossible, elle était bloquée ! Le cheval tueur était très proche d’elle ; sans réfléchir, dans une poussée d’adrénaline, elle se mit à détaler le plus vite qu’elle pouvait. Elle regardait Tey, pourquoi ne l’aidait-il pas ? Aena vit très vite que le garçon était plaqué au sol par Aaron. Alors son instinct avait vu juste : c’était bien un piège, et Aaron était dans le coup, c’était donc de cela qu’il parlait !

Elle continua sa course effrénée, l’étalon avait l’air de s’amuser, il courait à sa hauteur, il avait trouvé son rythme de croisière, lui au moins ! Elle haletait mais le cheval ne s’en préoccupa pas, il préféra essayer de la coincer contre un bord de la clôture. Heureusement pour la jeune fille, il n’y parvint pas. Elle se dépêcha donc de prendre un peu d’avance. Son cœur semblait avoir triplé de volume, comme si le poids de son organe vital la ralentissait. L’étalon assoiffé de sang revenait à la charge, il ne souffrait pas, il était beaucoup plus endurant que la jeune fille. Celle-ci frémissait sous le souffle chaud de l‘animal, elle sentait ses canines lui effleurer la peau. Elle se glaça, elle n’avait aucune chance ! Il fallait se rendre à l‘évidence, c’est ce monstre qui allait la tuer ! L’étalon lui donna un violent coup de tête et la jeune fille décolla, ses pieds se détachèrent du sol, elle était comme en lévitation jusqu’au moment pénible ou elle sentit le contact désagréable de la terre battue. Elle roula à terre, et sa tête toucha une pierre. Elle crut entendre un petit craquement d’os et Aena commença à sombrer dans l’inconscience. Sa vue se brouillait et déjà, elle entendait le renâclement sourd de la bête qui revenait à la charge.

 

 

***

 

Elle bâtit des paupières, elle sentait la chaleur du soleil la pénétrer, finis le noir froid. Aena ouvrit totalement les yeux, le soleil l’aveuglait. Elle sentait sous elle un mouvement régulier sur une petite musique.

‘Ploc, plic, ploc’.

Le bruit ressemblait à celui de la pluie, mais en plus doux, et sans les gouttes. Elle réussit enfin à ouvrir complètement les yeux, elle vit un magnifique ciel bleu, parsemé de quelques joyeux nuages. Elle sourit en découvrant ce ciel qui n’avait jamais été, selon sa conscience, si beau, elle avait l’impression de nager dedans, de sentir les nuages flotter autour d’elle ; était-elle morte ? Elle n’arrivait pas à penser, son esprit était comme verrouillé par un gros cadenas doré. Elle entendit une voix, qu’elle pensa être masculine, une voix familière :

- Elle s’est enfin réveillée ! Quel miracle !

- Pff

Ce soupir était plus rude, plus lourd, c’était donc une voix différente que l’autre qui parlait ! Elle essaya de se mettre debout pour savoir qui parlait, elle n’y arriva pas alors la première voix dit doucement :

- Essaye de te reposer encore un peu !

Un visage vint éclaircir le ciel. Elle ne voyait pas bien, elle discerna juste une peau blanche, des yeux verts et une tignasse marron. Cette personne lui était familière, mais qui pouvait-ce être ? De grosses lettres capitales se mirent à bouger dans son esprit et ce plaça sur un fond blanc, faisant un joli contraste.

‘ T.E.Y, Mais Tey, bien sur !’

Elle se laissa de nouveau vagabonder dans le temps, au rythme du pas du cheval, dérivant dans les méandres de son imagination.

Le soir arriva avec la vitesse d’un ouragan, le ciel s’assombrit et Aena pu enfin se mettre debout, les forces lui revenaient. Elle découvrit alors avec peine qu’elle était sur un cheval, derrière Tey, et pas n’importe quel cheval ; Ténèbre, l’étalon tueur. Celui-ci marchait paisiblement, rechignait de temps en temps et commençait à vouloir prendre le dessus sur Tey. Le jeune garçon lui proposa gentiment :

- Tu veux essayer ? C’est trop bien, et c’est facile en plus, mais ne laisse pas le cheval prendre ses droits, il partirait tout de suite plus vite !

Elle frémit mais elle fit quand même un petit hochement de tête pour dire oui. Tey la fit passer devant lui sur la selle. Elle apprit comme arrêter le cheval et le faire tourner, les bases quoi ; Tey n’en savait pas plus qu’elle. C’était Aaron qui lui avait dit comment faire pour réussir à guider le cheval. La troupe venait de déboucher sur un chemin, assez large pour accueillir les 3 boeufs. Aaron était à gauche, sur son cheval, un bai balzane à la crinière cendrée et aux yeux … bleu glacier ; Etrange ! Angello était à droite, un colosse de plus de 2 mètres qui semblait, à vu d’œil, très persuasif. Il montait un cheval à la carrure aussi impressionnant que son propriétaire, comme le dit le proverbe ‘Tel maître, tel cheval !’. Le canasson avait une robe grise pommelée, assez sombre cela dit, avec de grands yeux bruns, des sabots aussi gros qu’une patte de taureau, une bonne encolure et une crinière en brosse. La jument de trait avait une docilité effrayante et un calme absolu, marchant paisiblement le long du chemin tortueux. Et entre l’armoire à glace et Aaron ; les 2 otages ; coincés.

Aena avait maintenant repris ses entièrement ses esprits et l’expérience de cavalières lui donnait des sensations qu’elle n’avait jamais ressentie, le vent dans ses cheveux, le pas régulier du cheval. Elle aimait tout cela, elle sentait les muscles puissants de l’étalon vampire remuer sous la selle, elle entendait la respiration lente de l’animal, elle sentait ses moindres gestes, sa crinière couleur ébène lui effleurait ses mains et rien que de pouvoir monter cet animal, cette force de la nature, et qu’il était à elle ! Elle n’avait jamais rien possédée de plus beau, même sa vie semblait valoir beaucoup moins que celle de son cheval. La jeune fille se mit à se tortiller, ses muscles fessiers se plaignirent ; cela faisait plusieurs heures qu’elle avait intégrée la selle, et Tey aussi avait l’air de souffrir de cet étrange mal. Elle et son meilleur ami n’avait jamais touché à un équidé. La selle leur paraissait bien dure !

Le paysage changea, de la plaine verte sans fin, ils passèrent à la forêt en très peu de temps. On aurait dit que les arbres avaient poussé très vite. On aurait même pu prendre une craie et faire une limite entre la forêt et la plaine, cela faisait un contraste pour le moins étrange. Ils entrèrent alors dans la forêt dense, remplie de lianes, de broussailles et au sol, d’un tapis de ronces infranchissables. . Les arbres étaient tellement touffus qu’il y faisait nuit noire et qu’il était impossible de quitter le chemin de terre battue. D’ailleurs, Aaron expliqua que ces bois étaient tellement serrés qu’aucun mammifère n’y vivait, seuls les insectes et les oiseaux y pullulaient. Angello poussa un grognement sinistre, on aurait dit un ours mal léché. L’homme à la carrure de bête poussa un second grognement en passant sa main gauche dans ses épais cheveux noirs, il détestait les moustiques. Aaron stoppa le convoi d’un signe de tête et déclara froidement :

- Arrêtez vous sur le chemin, on campe ici cette nuit, Angello, monte la tente des otages, je m’occupe de la notre et des chevaux.

Angello, aussi silencieux que son supérieur s’exécuta et se mit à fouiller ses bats alors qu’Aaron attachait les chevaux. Angello finit par en sortir une toile de tente, rigide et sale, mais assez grande pour accueillir 2 personnes. Le colosse parla pour la première fois et leur demanda d’une voix de stentor:

- Aidez-moi à mettre votre tente.

Aena et Tey se dépêchèrent et commencèrent à monter leur tente pendant qu’Aaron faisait la sienne. Après avoir dressé les 2 habitacles, le petit groupe alluma un feu entre les 2 huttes. Aaron venait de chercher du bois qu’Angello, prévoyant, en avait déjà retiré de ses bats, Aaron s’exclama avec douceur :

- Ah, si je n’avais pas déjà Ko, je te prendrais à sa place comme apprenti, tu es un des seuls élèves que je n’ai pas réussis encore à tuer !

- Merci beaucoup monsieur, mais ce n’était pas la peine.

Aena aurait eu envie de pouffer de rire, apparemment, avoir un compliment d’Aaron devait être très rare et … très recherché. Mais les mots « apprenti » et « élèves » résonnaient encore dans sa tête. Apparemment, Aaron, vu sa démonstration de magie dans la ville et sa façon d’être ne devait pas être le premier paysan venu !

Après le feu allumé, la petite troupe se mit à dîner ; enfin, pas la totalité ! Tey et Aena furent privés de nourriture et restèrent à voir Angello et Aaron s’empiffrer devant eux avec des bruits de mastications étonnement élevé. Les 2 hommes les narguaient et Aena et Tey salivaient devant la viande et le pain. Au bout d’un moment, l’adolescente se désintéressa du repas, elle voulait éclaircir un point :

- Mais, Ténèbre, il est à moi ?

- Ben, euh … ouais aller ! Réussit à articuler le vieux avec son habituelle aptitude pour énerver les gens, tout en continuant de grignoter un gros morceau de jambon.

- Euh, c'est-à-dire que, un animal comme ça, ça se donne pas ! Renchérit la fille.

- Mais c’est que, soit je le tuais, soit on lui trouvait un cavalier qui ne finisse pas en steak !

- QUOI ???? Cria Aena.

- Ben, j’ai eu 3 morts, rien qu’avec ce cheval, on a perdu 3 soldats avant la bataille ! J’ai besoin de tous mes effectifs moi ! Commençait à s’énerver Aaron.

- Quelle bataille ?

Le vieux n’ajouta rien de plus, il ne voulait pas en parler.

Aena avait une étonnante envie d’exploser de rire mais, elle décida de se retenir, en mémoire aux 3 morts, qu’elle aurait du rejoindre dans la journée !

- Mais quelle bataille !!!

Aena s’énervait tandis qu’Aaron restait étrangement stoïque. Même en le torturant, le quadragénaire n’aurait pas avoué. Aena décida de commencer un autre thème, sans doute pour détendre l’atmosphère :

- Pourquoi j’ai pas finie en steak ?

Aaron du expliquer à contrecoeur :

- Tu demanderas au ch’val, j’sais pas moi, il allait te bouffer et après, il est tranquillement reparti, comme si de rien n’était ; Alors, on vous a mis dessus vite fait avant qu’il change d’avis !

- Ah, ok … Mais en fait, c’était prémédité quoi ! Vu que Tey n’était pas plaqué au sol pour rien !

- …

Sa question resta encore et toujours sans réponse, ce qu’Aena prit pour un « oui » malgré elle. Mais, vu le caractère d’Aaron, il ne devait pas avoir de remords et encore moins s’excuser, ça lui écorcherait littéralement la langue ! L’adolescente aurait encore voulue poser une demi-douzaine de questions en plus mais Angello les poussa de force dans leur tente. Aaron lui, se leva et se promena autour de campement, enfin, sur la route ; Aena ne vit pas ce qu’il faisait, elle remarqua juste qu’il s’approcha très prés du sac de nourriture et crut le voire y déposer quelque chose. Elle se passa la main sur le front, elle avait un peu de fièvre, elle commençait à divaguer …

Elle rentra dans la tente, de la terre et du tissu, voilà les 2 seules choses que l’ont y trouvaient. Et chose inespérée, Angello leur offrit une magnifique couverture en patchwork qui fit rire Aena, elle ressemblait à celle de sa chambre à Druaror.

Les 2 enfants se couchèrent à même le sol, aussi serrés l’un contre l’autre que les arbres de la forêt, se donnant mutuellement la chaleur que leur couverture n’arrivait pas à leurs donné ! On put entendre les pas d’Angello qui se posa devant la tente ; il la gardait :

- Je prends la première partie de la nuit chef !

- Non Angello, tu n’en auras pas besoin, je m’en occupe !

- Mais ….

Aaron haussa le ton :

- Je m’en occupe moi-même ! Tu n’as pas à répliquer !

Aena distingua les pas lourds de l’armoire à glace s’éloigner, elle entendit également le bruit du tissu qu’on écartait, Angello était donc dans sa tente. Au bout de 5 minutes, Aaron fit de même et bientôt, on n’entendit que le silence de la forêt, accentuée par les bruits des animaux. Aena, couché se mit à sourire, elle avait une idée : Elle allait s’échapper, … cette nuit !

 
 
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