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La jeune fille se réveilla, il faisait encore nuit noire et elle ne percevait que la respiration lente de Tey ainsi que les ronflements d’Angello et d’Aaron réunis. Son esprit réunissait les dernières touches finales qui manquaient à son plan d’évasion. Le vieux les avait laissés sans surveillance, comme si les 2 otages étaient assez bêtes pour ne pas tenter le coup ! Quelle naïveté cet Aaron ! La jeune fille murmura à mi-mots, comme pour elle-même : - Ca doit être la vieillesse qui le rend gâteux ! Et maintenant, les 2 adolescents allaient partir et retrouver leurs petites vies tranquille, Tey retrouverait sa mère et elle … Une petite larme argentée coula le long de sa joue, Tey avait sa mère mais elle, elle n’avait personne ! Depuis ces plus lointains souvenirs, elle se rappelait l’orphelinat de Druaror, elle y avait vécut, on lui avait juste dit que sa mère l’avait abandonnée sur une marche. Et un jour, elle devait avoir 8 ans. Tey, qui, ayant le même âge, se promenait et il était rentré dans la cour où les orphelins jouaient. Les 2 enfants avaient tout de suite sympathisés et s’étaient régulièrement retrouvés. Et voilà, depuis, ils étaient meilleurs amis. Aena se rappela plus en détail de son orphelinat, elle se souvenait des 4 bonnes sœurs qui s’occupaient des enfants, elles n’étaient pas très câlines mais au moins, ils avaient de quoi manger et boire ainsi qu’un lit. Plusieurs familles étaient venues la voir, mais, personne ne l’avait adoptée, on voulait des garçons pour les fermes ! C’est ainsi que le temps avait passé, à ses 14 ans, elle avait quitté l’orphelinat et avait très vite trouvé sa place de serveuse. Nourrie, logée, et c’était elle qui blanchissait ! La paye était petite, elle avait dû voler pour avoir un peu plus et voilà où sa la menait ! Chez des inconnus qui la trimballaient sur les routes. Si seulement elle avait su … Elle grogna, elle ne devait plus penser, fermer son esprit, arrêter le fil des évènements ! Elle devait s’échapper, pas rêver et puis, elle s’était jurée de ne jamais repenser aux souvenirs, le passé était fini, il fallait le laisser où il était. Mais un jour … il survenait, remplissant la tête de flashs incontrôlés ! Aena n’arrivait plus d’arrêter de penser, ça lui arrivait ces temps-ci, lui donnant de la fièvre et l’empêchant de réfléchir ; des milliers d’images venaient au même instant dans son cerveau, elle ne comprenait plus rien, elle n’avait pas le temps, elle devait arrêter. Elle s’entendait crier dans sa tête « COUPE LE FIL !!! ». Et bizarrement, au bout d’un petit moment, sa tête lui sembla plus légère, lui obéir, enfin, et la libérer. Mais il lui fallu quelques minutes pour se remettre, Mais qu’avait-elle ? Depuis cette rencontre avec Aaron, des choses bizarres arrivaient. Les médaillons magiques, le campement, un armée illégale, une licorne, un cheval vampire, et surtout, de la magie ! Tout le monde savait qu’elle existait, mais depuis que l’empereur ne faisait rien et avait fermé toutes les écoles qui la pratiquaient, à par pour certains nobles. Plus personnes n’en faisaient ! Mais qui étaient-ils ? Un petit ronflement de Tey la remit directement sur la bonne planète, et plus précisément le pays Moona ! Elle se souvint de son évasion, elle devait réveiller Tey. Elle se mit à le secouer énergiquement ; le garçon, toujours endormi, s’enroula de plus belle dans le tissu chaud qui lui servait de couverture. L’adolescente lui souffla à mi-mots en chuchotant : - Tey, on y va, lève toi - Ummhmm Le jeune homme bâtit légèrement des paupières, il ne semblait pas déterminer à se lever. La jeune fille continua : - Allez, fait le pour moi ! Il n’émergeait toujours pas du dessous de sa couverture, elle l’entendit simplement murmurer : - J’ai faim. Aena voulut l’étrangler, mais, on ne faisait pas ça à son meilleur ami, ça aurait été une erreur et puis, il pouvait servir ! - Bon alors, ça tombe bien parce que moi aussi, je vais chercher les provisions d’Aaron … Et dès que je reviens dans la tente, tu as intérêt à être prêt ! Le jeune homme approuva en sortant de la couverture. Il commença à se lever pendant qu’Aena était sortie de l’habitacle à pas de velours. Le sol était sec sous ses pieds, cela lui faisait un avantage. La fraîcheur agréable d’une nuit d’été lui fit pousser un petit soupir de bien-être. Il faisait bon, au milieu de cette forêt impénétrable, l’air avait des odeurs de sapins, on sentait la sève. La forêt vivait et avait un air accueillent. Aena était bien loin de chez elle, à des kilomètres de l’enceinte de la ville ; elle avait été traînée depuis ce matin, des quartiers de Druaror jusqu’à cette forêt profonde. Elle l’avait bien aimée d’ailleurs, en cette journée chaude et mouvementée, lui donnant fraîcheur et sécurité. Elle réalisa alors qu’elle avait plus voyagée que jamais dans sa misérable vie passée dans sa ville natale. Elle secoua sa petite tête et commença à avancer discrètement. Avançant de plus en plus de la tente des 2 hommes, bien cachée, dans l’ombre. Elle prit un pan de tissus et rentra dans la tente en faisant très attention de faire le moins de bruit possible, même si les 2 hommes ne devaient pas être du genre à avoir le sommeil léger. Surtout à cause de leurs ronflements sonore qui permettaient à Aena de rester totalement discrète ; d’ailleurs, elle aurait peut-être pût crier, ils n’auraient rien entendus tellement ils faisaient du brouhaha à leur 2 ! La jeune fille, sans l’avoir prévu commença à avoir une quinte de toux qu’elle avait du mal à arrêter. Elle enjamba les 2 hommes d’une foulée et atterrit devant le petit sac miteux à provision. Elle le prit et entreprit de faire le voyage en sens inverse. Mais hélas au moment où elle passa, Angello se retourna, manquant de la faire tomber. Mais elle ne put retenir un petit cri anxieux. Heureusement, aucun des 2 hommes ne se réveillèrent. Elle se dépêcha donc de sortir, sans regarder derrière elle, respirant mal et suffoquant à moitié. Elle sentait la sueur glacée couler jusque dans son dos et tremper sa chemise déjà sale. Elle refit le chemin inverse vers sa tente, en passant, elle admira son cheval, quel bonheur d’avoir un animal pareil ! Tey sursauta presque quand elle entra et il se mit à pousser un petit soupir de soulagement. Le jeune homme toisa ensuite avec envie le sac de nourriture. Aena lui murmura dans le creux de l’oreille : - c’est pour le voyage, viens, on y vas ! L’adolescent ne se fit pas prier et se leva. Il était habillé et décida de lui-même de porter le sac. Le petit groupe sortit dehors en quelques fractions de secondes, incognito, en prenant bien soin de ne pas faire craquer la moindre brindille alors qu’à côté, Aaron et Angello ronflait comme 2 taureaux. La jeune fille défit la bride de son cheval. Tey lui, attendait à l’écart. Il ne faisait pas trop confiance aux chevaux, et surtout pas aux chevaux vampires. L’étalon renâcla, il sentait l’anxiété de la cavalière et piaffait nerveusement. Tey monta derrière Aena à contrecoeur non sans légers tremblements. Ténèbre n’avait pas du tout envie de manger, en tout cas, de l’humain. Il ne fit donc pas attention aux 2 adolescents qui s’empressèrent de quitter le camp au triple galop. Aena dirigea les rênes vers l’ouest, vers Druaror. Ils passeraient sur le même chemin qu’ils avaient pris la veille. Le cheval avait à peine parcourus quelques mètres qu’il s’arrêta, brusquement. Impossible de le faire avancer plus ! Aena eu beau tout essayer, il resta droit comme une statue, ne hennissant même pas. Tey finit par lui chuchoter. - Je descends. - Ouais, pour une fois que tu proposes quelque chose d’utile ! Tey sauta de la selle et prit fermement la bride de l’étalon. L’adolescent se mit à tirer le plus fort qu’il pouvait, l’étalon ne cilla toujours pas, même Aena était perdue ; Mais comment fallait-il faire pour qu’il se décide d’avancer ? La jeune fille prit le sac de nourriture, et l’ouvrit. Elle venait d’avoir une idée de génie. Elle en sortit une carotte, bien orange et la passa à Tey en lui disant. - Essaye avec ça de l’attirer ! Tey fit oui de la tête et mit la carotte sous les naseaux du cheval, celui-ci fit comme si de rien n’était. - Allez Ténèbre ! Ce n’est pas le moment ! L’étalon le regarda et soudain, prit la carotte. Tey poussa un soupir de soulagement. Mais, Ténèbre lui, préféra s’amuser à jeter le légume bien plus loin, il s’en servait comme d’une balle et la carotte finit bien vite dans les broussailles. Tey se mit à se lamenter. - On est de nouveaux au point de départ. Aena descendit elle aussi et se mit à quatre pattes, à ausculter le cheval, le ventre, le dos, les jarrets, les pattes et les sabots, rien, aucune plaies. Tey, à bout de patience, commença à marcher vers sa ville natale. Peu lui importait de mettre plus de temps, tans pis avec ce stupide canasson. Il avançait résolument quand une douleur lui transperça le visage. Il venait de se prendre un mur, où du moins, avait-il l’impression. Son nez le lançait et se mit un peu à saigner, comme si Aena lui avait envoyé une pierre en plein visage. Il se remit en marche, et tans pis pour le nez, si il arrivait sain et sauf chez lui. Il se prit encore un mur, et pourtant ; rien, le calme silencieux. Il réessaya et buta encore contre l’obstacle. Il y avait bien un mur devant lui ; mais invisible. Le jeune homme jura à voix basse tout en appelant Aena qui était occupée avec la bourrique. Elle arriva tout de suite et regarda. - Qu’est-ce qu’il y a encore ? - Essaye d’avancer … - Quoi ? - Marche lui dit-il sévèrement. Elle ne posa pas d’autres questions et le regarda avec un regard curieux son meilleur ami. Devenait-il fou ? Où avait-il une idée derrière la tête ? Aena mit un pied devant l’autre, avec assurance. Le choc fut terrible. Elle se fracassa contre l’obstacle et essaya de retenir un cri de douleur. Elle devenait écarlate. - Tu aurais pu me le dire. - Je voulais être sûr que c’était pas mon imagination qui … Aena venait en 2 misérables secondes de passer d’une assez bonne humeur à une humeur massacrante ! Au bout d’une minute, quand elle finissait de reprendre son souffle, elle déclara. - Mais c’est quoi ? Je vois rien ! - Ca doit être un mur invisible, sans doute mis par Aaron ! Aena cette fois ne put pas arrêter le cri de rage qu’elle poussa. Encore ce Aaron, mais qu’avait-il toujours à leur barrer la route, espérons qu’il n’avait pas crée un mur de l’autre coter. - Ténèbre l’a sûrement sentit ; c’est pour ça qu’il s’est arrêté ! Aena regarda son meilleur ami, il venait de passer les 5 dernières minutes à parler comme quelqu’un de normal et de lucide, ce qui ne lui arrivait pas souvent. Elle jeune fille examina de plus prêt les occasions qui se présentaient à elle : La forêt était impénétrable, il était donc impossible de passer à travers les arbres pour revenir vers Druaor. Elle se dépêcha de monter sur son cheval qui renâcla bruyamment. Angello et Aaron n’avait pas l’air réveillé ; on pouvait encore entendre leurs ronflements. Tey lui, se positionna derrière la jeune fille et ils lancèrent le cheval vers l’avant. Ils devraient donc aller droit devant et s’arrêter au prochain village, ensuite, ils devraient se payer un éclaireur : Aena serait sans doute d’une précieuse aide pour ce travail ; et enfin, ils retrouveraient Druaror. Les enfants se mirent à prier secrètement, en silence pour qu’Aaron ait oublié d’invoquer un mur de l’autre côté ! Ténèbre passa sans encontre, sans s’arrêter. Il avait la tête haute et ne se fatiguait pas. Aena éclata de rire, elle prit une grande bouffée d’air frais et commença enfin à se détendre, il était passé. Tey lui se dit dans sa tête. « J’arrive Maman ! ». Les enfants se concentrèrent ensuite sur le cheval et le chemin ; leurs yeux se fermaient tout seuls et l’aube ne tarderait pas à éclater à l’horizon. Et ils seraient désormais loin. Aena imagina Aaron et Angello dans le campement, entrain de s’exciter et de crier dans tout les sens et sans provisions en plus ! Quelle bonne blague, ça leurs apprendra à kidnappés des personnes. Au grand étonnement d’Aena, la forêt ne tarda pas à disparaître, laissant à la place, un ciel violacé ainsi que de grandes plaines déserte de toutes vies humaines. Silencieuses, spacieuses, infinies et puissantes, s’étendant sur des kilomètres carrés à la ronde. Prenant des airs de jardin d’éden, avec les quelques majestueux arbres. L’herbe verte devenait orange sous le soleil levant. Celle-ci était grasse, ondulant sous la brise légère du vent, montrant très loin devant, des pitons rocheux et d’abruptes montées. Ce spectacle de grandeur n’aurait pu exister que dans les rêves les plus fous de la jeune fille. Une agréable sensation d’euphorie commença à circuler dans ses veines, la relaxant. Elle venait de comprendre ce qu’était la vraie liberté. Celle qui vous donne l’impression de voler et de crier toute l’air de vos poumons, salis par l’odeur et la saleté de la ville. Pendant que la troupe avançait à bonne allure ; toutes les 5 minutes, de la nourriture sortait du sac pour finir dans leur estomac. Aena eue juste le temps de prendre 2 bouts de pains et 1 lard que Tey avait déjà tout finis. Même si la jeune fille aurait passée au peigne fin le fond du sac, elle n’aurait rien trouvée, même les miettes avaient disparu. La jeune fille excédée jeta le sac par-dessus l’encolure de l’étalon et elle le regarda s’affaler dans l’herbe, comme un tas de terre molle. Elle concentra son attention sur l’auteur du méfait ; Tey, et le sermonna : - Tu aurais pu me laisser la moitié ! Tu fais chier ; vraiment ! J’en ai marre, maintenant, on a plus rien à manger et on ne sait pas où on est, ni dans combien de temps se trouve le prochain village ! - Mm… ais calme-toi, j’avais faim moi … - QUOI ? TU OSE ME CONTREDIRE, SI J’ETAIS PIRE, JE TE BALANCERAIS DU CHEVAL MOI, TU M’ENTENDS ? C’est à ce moment là qu’un noyau se coinça dans sa gorge, il n’arrivait pas à respirer ! Il virait à l’écarlate tandis qu’Aena lui criait dessus. Au bout d’un moment, la jeune fille remarqua que son ami s’étouffait, elle lui donna un violent coup dans le dos et il avala, sur le coup de la surprise, le responsable de sa suffocation. Il n’en fallu pas plus à Aena pour se remettre à crier, et encore plus fort. Même Ténèbre, apeuré par l’adolescente se mit au triple galop, poussant des hennissements de fureur. Aena tira sur les rênes tellement fort que le cheval saigna un peu de la bouche, poussant encore un second hennissement de rage, qui acheva Aena. Tey essaya de la calmer mais dans ces moments de crises, c’était impossible. Ces paroles firent plus de dégât. Aena le terrorisait, et c’était de sa faute, Le pauvre jeune homme, venait de faire passer Aena, d’une mauvaise humeur généralisée à -6 sur l’échelle de la très mauvaise humeur ! Et dire qu’il devrait la supporter comme ça longtemps encore, maintenant, une chose à faire, attendre que ça passe sans faire la moindre faute. Il ne fallait pas non plus parler, toutes paroles, même bénigne pouvait entraînée sur lui, horreur, cris et calamités ! Dès qu’il entendit Aena finir sa phrase, il fit signe que oui de la tête, ne la regardant même pas dans les yeux ; mais quelle idée d’avoir une meilleure amie caractérielle ! C’est alors que Tey eue une bonne idée, un truc pour faire baisser la pression, il demanda gentiment à sa meilleure amie : - Tu ferais mieux de dormir, je prends les commandes ! Pour la première fois depuis 10 minutes, la jeune fille accepta, sans cri, sans même parler, elle s’effondra sur la selle, à bout de force et laissa Tey manœuvrer, elle murmura juste avant de s’endormir : - Toujours sur le chemin. Il dû donc prendre les commandes, lui aussi voulait dormir, lui aussi voulait fermer les yeux, lui aussi voulait, l’espace d’un instant, oublier ces 24 dernières heures ! Cela faisait 2 heure que Tey avait pris les rênes, et rien ne s’était passé, à part le fait qu’il avait failli s’endormir, mais sinon … La pleine forme, le cheval ne s’était pas emballé, une créature magique inconnue n’avait pas essayé de les manger et Aena n’était pas encore morte. La belle vie quoi. Tey, sentant son esprit qui voyageait vers les méandres du pays des rêves, il se concentra donc sur les montagnes, au-delà des plaines. Abruptes, que des cailloux et de la terre ocre, des gouffres, des falaises, sûrement des grottes et bien sur, pas d’herbe pour Ténèbre. Sur ce point, Tey ne se posa pas de question, l’étalon n’avait rien mangé depuis qu’ils l’avaient connus. Même avec toute cette herbe autour de lui, il ne s’y était pas attardé, était-il malade ? Tey, perplexe, se dit qu’après tout, ce n’était pas son cheval et qu’il n’avait pas à s’en préoccuper. Aena choisit ce moment pour s’éveiller. Elle n’avait pas dormi longtemps et il faudrait continuer à ce rythme 1 ou 2 jours. Elle changea de place avec le garçon qui s’endormit aussitôt, bercé par le silence. L’adolescente arrêta le cheval à un ruisseau. Tey, complètement affalé sur la selle ronflait légèrement. Elle démarra un petit fou rire et plongea ensuite sa tête dans l’eau fraîche. Elle pus boire de tout son saoul et prit une gourde qu’elle avait volée dans la tente d’Aaron. Elle entreprit de la remplir et s’assit dans l’herbe. Reprenant des forces. Elle décida de ne pas rester longtemps et remonta en selle. Ténèbre ne semblait toujours pas fatigué et reprit la cadence sans protestations. |