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au 09 Jan 09 :
1119 comptes dont 390 auteurs
pour 1453 fics écrites
contenant 3722 chapitres
qui ont générés 7544 reviews
 
     

     
 
Souffrances Eternelles
Par froucle
Originales  -  Romance/Fantaisie
One Shot - Rating : T (13ans et plus)
    Chapitre 1     1 Review    

Il courait à en perdre haleine. Semblait se propulser parmi les arbres ; comme s’il volait. Il voulait tout oublier ; ce qu’elle lui avait fait, ce qui le déchirait. Jusqu’à en mourir. Il continua à pleine cadence, filant comme le vent. Il se frayait facilement un chemin parmi tous les obstacles naturels, même la boue ne le ralentissait pas. Il allait toujours tout droit, ne serait-ce que pour essayer d’oublier. Devant lui s’étendait des troncs morts, basculés là, sans doutes lors d’un orage. Il les sauta avec l’aisance d’un coureur olympique. Sans jamais changer de vitesse.

Plusieurs fois il tomba, sa tête heurta même des rochers, le sang qui lui coulait jusqu’au menton ne le faisait pas s’arrêter. On aurait dit un être fait de rocs, insensible. Seul les battements effrénés de son cœur qui tentait désespérément de garder son rythme montraient qu’il était en vie. Mais de quelle manière ? Une simple enveloppe charnelle … vide. Des yeux noirs insondables, sans la moindre petite once de sentiment. Une bête relâchée dans la nature, en plein désert. 

L’homme ne prit même pas la peine d’essuyer le sang qui coagulait le long de ses paupières, il n’avait pas besoin de voir pour avancer toujours tout droit.

Devant lui, un fleuve. L’eau rougeoyante de cette fin de journée ne suffit toujours pas à le ralentir. Il s’y jeta avec une énergie que l’on aurait pu qualifier de désespérée. Il faisait maintenant de grands mouvements de bras, il battait l’eau violemment pour aller plus vite, jusqu’à la rive. On le vit plusieurs fois disparaître sous l’eau, se débattant et se propulsant toujours. Il finit enfin par tomber de l’autre côté de la rive dans le limon qui s’était déposé sur les berges. Après un léger ralentissement, il réussit à atteindre la terre ferme. 

Il était fatigué maintenant, de l’écume s’était déposée sur ses lèvres craquelées. Et, en se tenant les côtes, il courait. Ses pieds nus battaient l’herbe à une vitesse considérable. Prenant de grosses bouffées d’air moites pour tenir le coups. Il avait l’impression que ses muscles se décollaient de ses os et que ses poumons s’étaient recroquevillés dans son abdomen. Il peinait de plus en plus, et continuait toujours pourtant, il n’arrivait pas à l’oublier. Plus la douleur l’imprégnait, moins il pensait à elle.

Il laissa échapper un petit gémissement ; si seulement elle était encore là, le soutenant avec amour. Il voyait encore ses grands yeux bleus et ses longs cheveux bouclés. Sa peau quasi transparente et sa sagesse légendaire. Elle le suivait partout, où qu'il aille. Il n’en pouvait plus, elle lui parlait encore de temps en temps, dans sa tête : elle ne pouvait pas être morte ! 

Des larmes inondèrent ses joues et se mélangèrent à son sang, laissant une longue traînée qui zigzagua jusqu’à inonder son torse nu. Pourtant il l’avait vue ; allongée sur le dos, dans cette chambre miteuse, les poings figés dans une position d’autodéfense et cette marque sur son cou de déesse. Il se souvenait encore de son expression ; sa bouche entrouverte, et sa langue pendante. Etouffée, morte Inoa, sa Inoa.

Ces souvenirs le déchirèrent encore plus et la folie gagna du terrain, le grignotant de l’intérieur. C’était son parasite à lui ; sa souffrance.

Devant lui, à peine à quelques mètres, la terre s’ouvrait sur un abîme monstrueux, une énorme bouche noire, comme celle d’un démon effrayant. Elle semblait avoir été « posée » là pour lui. Il savait très bien ce qui lui restait de faire. 

Pour la première fois depuis des années ; lui, Loucas se mit à sourire. Un sourire dément qui ne laissait percevoir qu’une seule chose ; l’envie de mourir.

Il se précipita vers le gouffre. Il ne grogna même pas quand ses pieds s’écorchèrent sur les pierres acérées. Et sans hésitation, au bord du vide, il se propulsa. Pendant une minute, il lui sembla léviter. Et il commença ensuite la descente. D’abord assez rapide puis de plus en plus vite.

Loucas ne chercha même pas à s’accrocher aux pierres qui sortaient des parois lisses. Il se laissait tomber en souriant ; voyant sous lui les rochers où il s’écraserait. De toute manière, il était trop tard pour réfléchir. 

La chute fut bien trop rapide. Il n’eut le temps que de sentit une étonnante irradiation enflammer son corps et il revit toute sa vie, en moins d’une seconde. Ses meilleurs moments avec Inoa lui revenaient. Les moments de passions, de jeu, de bonheur … tout les moment qu’il avait passés avec elle étaient bons. Et enfin, son dernier souvenir … cette vision d’horreur.

Il ne pouvait plus bouger, et il la voyait devant elle, Inoa, ça ne pouvait être qu’elle ! Il essaya de la toucher mais ses membres étaient comme cloués, définitivement. Tout se brouilla rapidement et laissa place au noir total.

Ses yeux s’entrouvrirent et le soleil l’éblouit ; le ciel du crépuscule, sans nuage s’étendait devant lui. Il se releva avec facilité, levant la tête vers l’astre couchant. Etait-il au paradis ?

Il tourna la tête et découvrit les environs. Un seul mot s’écrivit en grosses lettres capitales dans sa tête. « Rochers ». Il lui fallu plusieurs minutes avant de comprendre. Il cria de rage quand il découvrit. Il n’était donc pas mort ; son corps était propre, intact et il se trouvait au fond du gouffre où il s’était jeté !

Il se mit à errer sans but, grognant des paroles qui s’éteignaient dans le vent frais de la fin de l’été. 

Décidément ; pas facile de mourir pour un immortel !

   

 

 
     
     
 
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