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au 09 Jan 09 :
1119 comptes dont 390 auteurs
pour 1453 fics écrites
contenant 3722 chapitres
qui ont générés 7544 reviews
 
     

     
 
Space Dementia
Par Alake
Saint Seiya  -  Romance
27 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 12     Les chapitres     2 Reviews    
La Toile

Fiqueuse : Alake

Titre : Space Dementia

Chapitre : Douzième : La Toile

Base : Saint Seiya. Eh oui, ça change pas, hein…

Disclaimer : Tiens, pour une fois, on va le faire sérieux : Les personnages et l’univers de Saint Seiya appartiennent à leur créateur Masami Kurumada, ainsi qu’à la Toei. Les personnages de Kyrien, Alhen(a), Rena et Sujan sont de moi. Cette fiction est écrite et publiée pour le plaisir des fans, sans autorisation ni profit d'aucune sorte.

Genre : Angst, romance, yaoi… nawak aussi.

Rating : NC-17

Avertissement : Attention, cette fic contient un coupling qu’on pourrait qualifier de « dérangeant ». Torture mentale de personnages.

Spoiler : Le gros vilain a enfin droit à ses premières lignes de dialogue !!! Il serait temps, au 12e chapitre… Et pis y’a du posage de questions existentielles dans l’air. A part ça, pas grand chose côté intrigue. On va dire que c’est un chapitre de « remplissage »...

 

CHAPITRE 12

LA TOILE

 

Alors, qu’attends-tu ?

Un peu de patience, répondit Loki avec un brin d’ennui. Il est presque à point.

A point pour quoi ? C’aurait déjà dû être fini ! tonna la voix dans son esprit.

Oh, ça va ! Ca fait des lustres que tu attends, tu ne vas pas m’embêter pour quelques jours de plus ?

Tu ne peux pas comprendre à quel point j’ai hâte de sortir d’ici…

Non, et honnêtement je m’en félicite.

Tu aurais dû faire comme je te l’ai suggéré. Je serais libre, et toi tu aurais ton propre corps…

Loki émit un bref rire mental.

Dois-je te rappeler ce que tes « suggestions » nous ont rapporté, la dernière fois ? Alors merci bien, mais je vais faire à mon idée, d’accord ?

Tout se serait passé à merveille si tu n’avais pas laissé cette maudite Athéna te filer entre les doigts !

Eh bien tu n’avais qu’à le faire toi-même, au lieu de critiquer, répliqua Loki, mielleux. Oh mais j’oubliais : tu t’es fait emprisonner, non ? Pauvre petit Sujan, enfermé dans ses Limbes…

Ne me parle pas comme ça ! Je suis ton créateur !!

Et sans moi, tu ne peux rien faire, ô tout impuissant Maître… [1]

Furieux, Sujan rompit le contact et Loki poussa un soupir de soulagement. Il détestait ces intrusions mentales : sous prétexte que ses chaînes se desserraient, l’entité envahissait de plus en plus souvent sa psyché, et ses suggestions étaient de moins en moins subtiles… il avait beau être son créateur, s’il croyait pouvoir contrôler Loki à sa guise, il se fourrait le doigt dans l’œil !

Au figuré, bien entendu, puisqu’il n’avait pas de corps… pas encore.

La deuxième personnalité de Saga se demanda quel serait le corps d’accueil de Sujan. Il avait bien sa petite idée, mais…

Il se passa mentalement une langue gourmande sur les lèvres.

Ca promettait d’être intéressant…

 

 

– Crois-tu que nous ayons raison de ne pas avertir Athéna ?

Shion soupira. Dokho avait réussi à l’arracher à ses dossiers et l’avait entraîné dans un coin reculé où s’étendait une petite clairière fleurie, ombragée par une rangée de pins parasol, non loin d’un minuscule ruisseau. Mais apparemment, les soucis étaient plus difficiles à abandonner que le bureau, pour le Chevalier de la Balance autant que pour lui. L’Atlante choisit de répondre d’une manière détournée :

– Te souviens-tu, au moment de la Bataille d’Hadès, vous aviez reçu l’ordre de tenir les Chevaliers de Bronze éloignés du Sanctuaire, n’est-ce pas ? Ont-ils obéi sans faire d’histoire lorsque vous les avez repoussés ?

A ce souvenir, Dokho eut un petit sourire, mélange de fierté et de tristesse.

– Absolument pas. Et tu crains qu’ils ne veuillent se battre encore une fois.

– Ils ont déjà beaucoup trop souffert. Si nous mettons Saori au courant, elle se précipitera ici. Et crois-tu que ses Chevaliers la laisseront venir sans escorte ?

Le Tigre ne répondit pas. Il n’était que trop conscient de tout ce que son disciple et ses amis avaient enduré. Il était temps pour eux de goûter un repos amplement mérité…

– Et de toute manière, ajouta Shion, le Livre dit bien que c’est le combat des Gémeaux. La Bataille des Doubles…

Dokho acquiesça et resta silencieux, plongé dans ses pensées, jusqu’à ce que deux bras s’enroulent autour de lui.

– Mais dis-moi… continua l’Atlante d’une voix de velours. Est-ce que tu m’as traîné ici uniquement pour parler travail ? Dans ce cas, nous aurions pu rester dans mon bureau…

Le Chevalier se laissa aller dans l’étreinte de son amant et murmura :

– Non, j’avais une autre idée…

 

 

Un peu plus tard, alors que Dokho dormait paisiblement, lové contre lui, Shion repensa à ce que leur avait révélé Shaka.

Loki… alors cet être avait un nom. L’avait-il choisi lui-même, ou était-ce quelqu’un qui le lui avait donné ? En tous cas, on n’aurait su trouver mieux. La Manipulation, le Mensonge et la Tromperie étaient ses attributs, de même que les Feux de l’enfer qui l’avait vu naître.

Ce démon incarné l’avait tué pour prendre le contrôle du Sanctuaire. Savoir qu’il était revenu et que la Bataille des Doubles approchait emplissait le Grand Pope d’appréhension et d’un horrible sentiment d’impuissance. D’après le Livre, il fallait qu’un certain nombre de conditions soient réunies pour que s’engage la Bataille : des jumeaux dans la Troisième Maison, une deuxième personnalité maléfique, un Chevalier de l’Horloge – le rôle de ce dernier était d’ailleurs assez mal expliqué – et… une dernière chose, qui n’était pas précisée car l’auteur en ignorait la nature. Mais ce qui était sûr, c’était que ce dernier point serait l’élément déclencheur du Chaos.

Si Sujan se libérait… il n’osait imaginer des conséquences. Il y était presque parvenu au moment où avait été rédigé le Livre, et le Grand Pope de l’époque avait évité la crise de justesse… en tuant les deux Gémeaux.

Ce que Shion se refusait absolument à faire. [2] Même si son lointain prédécesseur s’était justifié en arguant tout d’abord que ç’avait été un acte de miséricorde, étant donné les souffrances que les jumeaux étaient destinés à endurer, et ensuite que ce seul sacrifice était peu cher payer pour éviter le réveil de Sujan et l’avènement d’une nouvelle ère sombre. C’était d’une logique absolue, irréfutable… et totalement inhumaine.

Si Loki méritait mille fois de mourir, ce n’était certainement pas le cas de Saga ! Ce chevalier noble et généreux n’avait commis aucun crime, sauf celui d’être né sous une étoile maudite.

Quant à Kanon… Il s’était longtemps fourvoyé, mais avait fini par choisir le côté d’Athéna durant la Bataille d’Hadès. Pour se faire accepter, il était allé jusqu’à subir l’Aiguille Ecarlate de Milo… lui non plus ne méritait pas la mort.

Non, il devait y avoir une autre solution !

Mais quelle qu’elle soit, ils avaient tout intérêt à la trouver le plus rapidement possible. De préférence, avant que Saga ne s’aperçoive du retour de son Autre Lui.

Shion baissa les yeux et écarta quelques mèches aux reflets rouges du front de Dokho. Un petit sourire triste ourla ses lèvres.

Peut-être s’était-il trop rapproché de ses Chevaliers. Peut-être manquait-il de recul, de discernement. Qui pouvait le dire ?

En tous cas, il ne tuerait pas les Gémeaux. De toute manière, il se voyait mal annoncer à Saori qu’il avait exécuté deux de ses plus puissants Chevaliers sur la foi d’un vieux bouquin trouvé dans les archives. Et puis, rien ne prouvait que les deux frères se laisseraient faire. Saga peut-être, [3] mais il était fort probable que Kanon les défende tous deux avec la dernière énergie – ce qui, compte tenu de la puissance du bougre, n’était pas peu dire…

Le Grand Pope soupira. Lui qui avait tant espéré que les combats se terminent enfin… Apparemment, ils ne l’étaient pas pour tout le monde.

Le Destin était parfois tellement injuste…

 

 

Par un accord tacite, Kanon et Kyrien avaient décidé de ne pas reparler des évènements de la nuit précédente. Ils firent donc comme si de rien n’était, et l’entraînement de la fillette se passa sans événement marquant.

Après le repas du soir, Kanon souhaita une bonne nuit à son frère et à son élève, puis partit directement se coucher. Il n’avait pas menti à Loki : après les évènements de la veille, il avait vraiment besoin de sommeil. Jetant la prudence aux orties, il décida de prendre une nuit de repos.

Et si l’Autre n’était pas de cet avis… eh bien, il aviserait à ce moment-là. [4]

 

 

Une silhouette silencieuse se faufila dans la chambre et se rapprocha du lit d’où n’émergeait qu’une cascade de boucles turquoise qui, dans l’obscurité, semblaient plus sombres que les profondeurs de la mer. Une main plongea dans cette opulente chevelure, les doigts s’enroulant autour des mèches soyeuses alors que s’élevait un murmure à peine perceptible :

– Bientôt, Kanon… bientôt tu seras à moi… et ce sera la fin…

Le dormeur gémit et s’agita un peu, mais ne se réveilla pas. L’intrus sourit, se pencha et déposa un baiser léger sur les lèvres entrouvertes, puis chuchota encore :

– Fais de beaux rêves, Kanon.

Avant de disparaître dans la pénombre…

 

 

L’ex-Marina s’éveilla, le souffle court. Ce rêve… ce cauchemar.

Il l’avait refait.

Loki… et lui… unis par un plaisir impie, démoniaque.

Et absolument délicieux.

Kanon ravala la bile qui lui brûlait la gorge. Qu’est-ce qui n’allait pas chez lui ? Il était pourtant loin de désirer ce monstre ! D’accord, l’Autre possédait un charme vénéneux, hypnotique, ajouté à la perfection du corps de Saga… mais justement. C’était le corps de Saga, bon sang ! Et puis même, Loki était un être cruel, manipulateur et sans remords. Rien de tout cela n’attirait l’ex-Dragon des Mers ! Et heureusement, d’ailleurs. Sans quoi, il aurait l’impression d’être un peu dérangé…

Mais tout cela ne lui disait pas pourquoi il faisait ces rêves. Ni pourquoi il n’arrivait pas vraiment à considérer l’Autre comme un ennemi. Peut-être était-ce parce qu’il était obligé de le supporter pratiquement toutes les nuits depuis une semaine… Et qu’il avaient parfois bien rigolé ensemble. Comment en était-il arrivé là ? Et jusqu’à quand ce stratagème fonctionnerait-il ? Car quelqu’un – autre que Shaka – finirait bien par se rendre compte que quelque chose clochait au Temple des Gémeaux… Il avait évité la catastrophe de justesse avec Dokho la veille, mais combien de temps pourrait-il tenir encore ?

Combien de temps avant que Loki ne se mette à exiger ce qu’il ne voulait en aucun cas lui donner ?

Avant que Saga ne s’aperçoive qu’il n’était à nouveau plus tout seul dans son propre corps ?

Ou avant que Kanon lui-même ne finisse par craquer et tout envoyer au diable ?

N’ayant la réponse à aucune de ces questions, l’ex-Marina poussa un soupir à fendre l’âme et se leva. Ce serait bientôt l’aube et il devait s’occuper un peu de Kyrien avant d’aller s’entraîner lui-même en compagnie de son jumeau.

Lorsque, quelques minutes plus tard, il sortit de la salle de bain accompagné d’un nuage de vapeur, il huma avec délice l’odeur du petit déjeuner que Saga était en train de préparer. Cependant, au lieu de rejoindre la cuisine, il s’arrêta à la chambre de son élève et entrouvrit la porte. Une respiration calme lui apprit que la jeune fille dormait encore à poings fermés. Il traversa la pièce à grands pas et ouvrit les volets, laissant entrer les timides rayons de l’aube. Un grognement étouffé lui parvint du lit et il sourit.

– Allez, debout ! Le soleil se lève, c’est l’heure…

Le tas de couvertures remua, une tête hirsute en émergea et la fillette marmonna d’une voix ensommeillée :

– Voui, Maître…

Kanon sortit de la pièce pour la laisser s’habiller et rejoignit son frère. Peu après, Kyrien fit son apparition d'un pas traînant, se frottant les yeux, et s'attabla avec les deux Chevaliers qui retinrent un sourire devant son air endormi et la regardèrent tenter de se servir du chocolat chaud tout en bâillant discrètement…

Un peu plus tard, Kanon donnait ses instructions à la jeune fille pour qu'elle commence son entraînement avec quelques exercices basiques pendant qu'ils allaient au leur.

– Ne fais rien de dangereux, lui rappela-t-il. On travaillera les dimensions quand je reviendrai.

– Oui, Maître Kanon. A tout à l'heure.

Les jumeaux la quittèrent pour rejoindre Aldébaran, en compagnie duquel ils descendirent aux arènes. La plupart des Chevaliers étaient déjà là ; ne manquait que Dokho qui, comme souvent, arriva avec quelques minutes de retard. Il fallait dire que, venant du Temple du Grand Pope, c’était lui qui avait le plus de distance à parcourir…

Il n’y eut pas grand-chose à dire sur le premier couple d’adversaires : Deathmask et Aiolia se contentèrent d’échanger quelques coups basiques sans trop forcer. Les conversations tournaient d’avantage autour de la petite sauterie qui aurait lieu le soir-même dans le Temple du Bélier, qu’autour de la performance médiocre des deux Chevaliers. Shura remarqua soudain qu’ils s’étaient rassis à l’insu de tout le monde, ce qu’Angelo justifia ainsi :

– Ca avait pas franchement l’air de vous passionner, alors on a arrêté les frais…

– Tsss… Bande de dégonflés. (Le regard acéré du Capricorne parcourut l’assemblée de ses pairs, et s’arrêta sur un des Gémeaux.) Allez viens Saga, on va leur montrer.

L’interpellé se leva de bonne grâce et rejoignit son adversaire au centre de l’arène avant de se mettre en garde. Bien lui en prit, car Shura l’attaqua sans crier gare, enchaînant des coups de poing et de pied rapides mais plutôt faciles à parer. Le Gémeau riposta avec une grêle de frappes, faisant reculer l’Espagnol qui avait pris un peu trop de terrain à son goût. Soudain, le Capricorne s’auréola d’or et, levant le bras droit, s’écria :

Excalibur !

Le Grec sourit en voyant le coup arriver et invoqua son propre cosmos pour riposter avec une Another Dimension bien sentie…

Son sourire se figea sur ses lèvres. Que se passait-il ?! Il voyait le bras de Shura fondre sur lui, et la dimension ne s’ouvrait pas !! L’expression surprise de l’Espagnol devait refléter la sienne ; il eut la présence d’esprit de bondir en arrière au moment où la lame dorée s’abattait sur lui, évitant ainsi de finir en deux morceaux. Mais ce ne fut pas suffisant pour empêcher Excalibur d’entailler profondément le bras qu’il avait précipitamment ramené devant lui pour se protéger ; le Gémeau finit sa course dans la poussière à quelques mètres de là.

Le temps que Shura le rejoigne, il s’était déjà relevé. Le sang coulait de sa blessure et gouttait par terre, mais ce n’était pas cela qui le préoccupait le plus. Il invoqua son cosmos et prononça « Another Dimension » à mi-voix en fixa sa main droite. Le minuscule vortex qui se forma au creux de sa paume le rassura quelque peu. Le Capricorne arriva à ses côtés et jeta un œil au tourbillon dimensionnel, puis demanda :

– Que s’est-il passé ?

– Je ne sais pas, répondit Saga. La brèche… ne s’est pas ouverte.

Shura haussa un sourcil, déconcerté.

– Et ça arrive souvent ?

– Rarement, intervint Kanon, qui les avait rejoints.

– Ben tant mieux, fit le Capricorne, parcouru d’une chair de poule rétrospective. Je m’en serai voulu de te couper en deux…

– Pas autant que moi, rétorqua l’aîné des Gémeaux alors que son frère s’emparait de son bras pour examiner la blessure.

– Ce n’est pas trop grave, conclut l’ex-Dragon des Mers au bout d’un moment, et il entendit Shura soupirer discrètement de soulagement. La plaie est nette, et l’os ne semble pas touché. Par contre, ça pisse le sang… (Il déchira un pan de sa tunique déjà trop courte et le noua autour du bras de Saga.) Pas d’entraînement, demain…

– Ca ne sera pas une grande perte, répondit son jumeau avec un sourire qui se mua en grimace lorsque Kanon resserra le pansement de fortune. Vu la baisse de niveau qu’on enregistre les lendemains de cuite…

– C’est sûr, acquiesça l’ex-Marina. Viens, allons soigner ça…

– Kanon, je peux y aller tout seul. (Son regard azur se posa brièvement sur Shaka qui suivait la scène de loin.) Merci pour le pansement, je vais me débrouiller. Toi, reste ici.

– Tu es sûr ?

– Oui ! répliqua le Gémeau, exaspéré. Je ne suis pas estropié !

Le rire de Shura les interrompit.

– Vas-y, Saga, fit-il en passant un bras autour du cou de l’ex-Dragon des Mers comme pour le retenir. On l’occupe.

L’aîné acquiesça et s’en fut.

 

 

Le Chevalier grimpait les dernières marches menant à sa Maison lorsqu’un sifflement strident lui vrilla le cerveau. Il tenta de se boucher les oreilles, sans résultat : le bruit provenait de l’intérieur de son crâne. La tête entre les mains, il tomba à genoux avec un grognement de douleur…

Quelques instants plus tard, Loki se releva et pénétra dans le Temple, guidé par des bribes de mots qu’il croyait être le seul à entendre.

Au milieu de la salle principale, tassée sur elle-même comme pour échapper à une menace invisible, Kyrien pleurait, les mains sur les oreilles. L’Autre fronça les sourcils et se concentra sur la présence qu’il sentait planer comme un spectre morbide entre les hautes colonnes. [5]

échapper… Gémeaux ?…

moi… oujours…

Ce furent les seules paroles qu’il parvint à saisir, mais cela lui suffit pour identifier l’intrus. Ce n’était pas dans ses habitudes de provoquer un contact avec son créateur – il avait horreur de ça ; pourtant, il fouilla son esprit à la recherche du lien qu’il partageait avec l’entité et lui transmit un « Qu’est-ce que tu fous ?! » des plus agressifs.

Il y eut comme un reniflement de mépris, puis la voix désincarnée répondit :

Occupe-toi de ce qui te regarde.

Le ton était si dédaigneux que Loki se hérissa de colère.

Des clous ! Laisse-la tranquille, elle n’a rien à voir avec toi !

Le rire de Sujan retentit dans le cerveau de l’Autre, et il vit Kyrien frémir.

Crois-tu ? Réfléchis bien…

Et sur un dernier ricanement, il rompit le contact. Le Chevalier jeta un regard à la jeune fille pour savoir si elle avait perçu la dernière réplique de l’entité, mais elle ne semblait même pas avoir remarqué sa présence. Il s’agenouilla à côté d’elle et posa une main sur son épaule tremblante. Elle releva la tête, cligna des yeux en le voyant et murmura :

– Il est parti… ?

Loki acquiesça en silence, encore préoccupé par ce que lui avait dit son créateur. Ses réflexions furent interrompues lorsque Kyrien se jeta dans ses bras, les joues sillonnées de larmes. Les yeux agrandis de stupeur, l’Autre tenta de se dégager, mais la jeune fille tint bon. Il finit par lui tapoter doucement le dos, mal à l’aise dans ce rôle de consolateur forcé.

– Hé ! Calme-toi, d’accord ? C’est fini, murmura-t-il d’une voix qu’il espérait vaguement rassurante.

Et puis il eut un petit sourire ironique que la jeune fille, le visage caché contre son torse, ne vit pas. De quoi avait-il l’air, à jouer les doudous pour une petite souris traumatisée par le grand méchant Sujan ? Non mais franchement… Il ne manquerait plus que quelqu’un les surprenne, et il pouvait dire adieu à son image de bad boy.

Quoique, quelques exactions stratégiquement placées auraient tôt fait de « reternir » son blason… Rien de plus facile.

Mais là n’était pas la question. Pourquoi Sujan s’en prenait-il à Kyrien ? Et surtout, comment avait-il fait pour l’atteindre ?

Car jusqu’à présent, Loki était persuadé d’être le seul interlocuteur de l’entité… S’était-il trompé ? Son créateur s’était-il suffisamment libéré pour manipuler d’autres personnes à son insu ? Il fallait qu’il en ait le cœur net…

La jeune fille avait fini de sangloter, mais ne semblait pas pressée de se détacher de lui. Il ravala un soupir et posa ses mains sur les frêles épaules pour l’écarter un peu. Elle leva vers lui des yeux encore humides et tellement emplis de gratitude qu’il en eut la nausée.

– Merci, souffla-t-elle.

– Qu’est-ce que c’était ? demanda-t-il brusquement, craignant qu’elle ne se répande en remerciements.

Elle baissa les yeux.

– Je… je ne sais pas.

– C’est déjà arrivé ?

– … Non, fut la réponse murmurée.

L’Autre se releva, l’entraînant avec lui, et regrettant de ne pouvoir sonder son cosmos pour voir si elle était sincère. Mais pas question de prendre pareil risque au beau milieu du Sanctuaire.

– Tu en es sûre ?

Elle le dévisagea avec un mélange de détermination et de… regret ? dans ses beaux yeux bleu-verts.

– Oui.

Il retraça du doigt une des deux plaies presque cicatrisées qui barraient sa joue, la sentit se raidir.

– Tu devrais retourner t’entraîner.

Elle acquiesça. Il captura son menton et lui releva la tête sans douceur, notant avec un certain plaisir l’éclair de peur qui traversa ses prunelles.

– Pas un mot à Saga, d’accord ?

– B… bien sûr ! fut la réponse, presque offensée.

– File, petite souris.

Il la regarda s’éloigner en courant, et les insinuations de Sujan lui revinrent à l’esprit.

« Pourquoi diable suis-je aussi gentil avec cette gamine ? » se demanda-t-il en ressortant du Temple pour que Saga, une fois revenu à lui, ne se doute pas de son intervention. Une seule chose était sûre : ce n’était pas normal.

Du tout.

 

 

Lorsqu’il remonta après l’entraînement, Kanon trouva son élève encore occupée avec les exercices qu’il lui avait donnés.

– Tu n’as pas fini ?

– J’ai recommencé, répondit-elle en ôtant son masque pour lui sourire.

– Bon. Tout s’est bien passé ?

Il crut la voir tressaillir légèrement, mais elle répondit :

– Oui, Maître…

Elle remit son masque et fit son possible pour dissimuler son mensonge. La voix dans sa tête avait été claire : si elle voulait vivre, il fallait que Kanon ignore ce qu’il s’était passé. Heureusement pour elle, le Chevalier ne s’aperçut de rien : il était occupé à vérifier que son frère était bien rentré au Temple. Rassuré sur ce point, il se concentra à nouveau sur son élève. Réfléchissant, il considéra la minuscule aire d’entraînement qui jouxtait la Maison des Gémeaux et dit :

– On est un peu à l’étroit ici. On va descendre aux arènes.

Cette fois-ci, l’hésitation de la jeune fille fut clairement perceptible.

– Ne t’inquiète pas, ajouta l’ex-Dragon des Mers. Je serai là, tu n’as rien à craindre.

Il ne savait pas si elle craignait plus de rencontrer ses anciennes condisciples ou de perdre le contrôle comme durant la démonstration, mais dans les deux cas, il était là et l’aiderait si nécessaire.

Il eut une pensée de remerciement pour Shion qui lui avait confié Kyrien. S’occuper de la fillette, gérer ses problèmes, la protéger, tout cela lui permettait pour un temps d’oublier ses propres ennuis. Il en avait besoin, c’était pour lui comme une bouffée d’air pur, un îlot de répit dans l’océan de ses tourments.

Ils descendirent donc, saluant au passage Mu et Aldébaran qui jouaient aux échecs dans le Temple de l’Atlante. Le Brésilien était renversé dans son fauteuil, les bras croisés derrière la nuque, en attendant que son adversaire finisse de réfléchir à son coup et se décide enfin à jouer. Il adressa un regard las au Gémeau et celui-ci, hilare, lança :

– Attention, Mu ! Souviens-toi qu’il y a une soirée dans quelques heures, pense à jouer avant…

Sans quitter l’échiquier des yeux, celui-ci répondit :

– On attend que Deathmask, Aphro, Milo et Camus reviennent avec les courses. Et s’ils arrivent avant qu’on ait fini, on pourra toujours continuer demain…

Aldébaran éclata de rire :

– T’es sûr qu’on sera en état de réfléchir, demain ?

– Après-demain, alors, répliqua le Bélier d’une voix égale. Et arrête de parler, s’il te plait. Ca me déconcentre.

Le Taureau poussa un énorme soupir et fit un petit signe d’adieu au Chevalier et à son apprentie qui s’en allaient.

 

Ils parvinrent enfin à la Grande Arène où avait eu lieu la démonstration. Kanon salua d’un signe de tête Aiolia et Aioros qui, accompagnés de Shura et Dokho, observaient les entraînements des novices pour tenter de se dégoter un apprenti.

L’ex-Dragon des Mers mena son élève dans un coin désert de l’Arène – si on pouvait parler de « coin » pour cette structure circulaire – et commença son cours par un peu de théorie.

Il lui parla de l’Univers, qui était bien plus étendu que tout ce qu’elle pourrait jamais imaginer. Il le lui décrivit comme un gigantesque mille-feuilles replié sur lui-même, dont les feuillets s’entrecroisaient sans jamais se rencontrer. Il lui raconta quelques anecdotes sur les différents mondes qu’il avait visités, l’avertit de dangers des vortex interdimensionnels…

Et Kyrien l’écoutait, fascinée. Elle buvait ses paroles, suivait le moindre de ses gestes.

– …certains points de l’espace et du temps où les dimensions sont plus proches les unes des autres, où elles se touchent presque. De tels points sont appelés nœuds dimensionnels, expliquait Kanon. Le but du jeu – à ton niveau – est de repérer ces nœuds et de s’en servir. En effet, à cet endroit, il est plus facile de déchirer le tissu de la réalité pour atteindre d’autres dimensions. (Il activa légèrement son cosmos et sembla chercher quelque chose, puis dit :) Enflamme ta cosmo-énergie et sois attentive.

La jeune fille suivit les instructions et attendit. Elle vit son Maître tendre le doigt vers la droite, vers quelque chose qu’elle ne voyait pas. Elle fronça les sourcils sous son masque et se concentra davantage. Elle ne voulait pas décevoir le Chevalier… Un léger picotement l’avertit que quelque chose était en train de se passer, mais quoi ? Frustrée par cette sensation insaisissable, elle tenta de l’identifier, sans succès. Elle serra les poings et intensifia son cosmos. C’était comme de l’eau lui glissant entre les doigts ; plus elle essayait de l’isoler, de s’en rapprocher, plus elle avait l’impression de s’en éloigner, jusqu’à ce que le picotement ait totalement disparu. Paniquée, elle tenta de retrouver la sensation, mais il n’y avait plus rien. Elle avait échoué.

– Calme-toi, Kyrien. Le nœud a disparu.

– Mais je… je…

Elle ne continua pas, craignant d’éclater en sanglots. Elle l’avait déçu…

Il sourit.

– Je ne m’attendais pas à ce que tu réussisses dès le premier coup. Tu as senti quelque chose ?

– Oui, Maître. Une sorte de… picotement ? hésita-t-elle, quêtant son approbation.

– C’est un bon début. Maintenant, au lieu de te focaliser sur cette sensation, je veux que tu fermes les yeux et que tu fasses le vide en toi quand je te le dirai.

Elle hocha la tête et se concentra à nouveau, attendant qu’il lui fasse un signe.

– Il y en a un autre, dit-il au bout d’un moment. Est-ce que tu le sens ?

– N… non.

– Respira calmement. Ferme les yeux, tu seras moins déconcentrée par le décor. Sois à l’écoute de ton cosmos.

La même sensation de picotement la traversa à nouveau. Elle s’appliqua à vider son esprit comme Kanon le lui avait conseillé. Soudain, il y eut quelque chose d’autre, quelque chose qui aurait pu ressembler à une toile lumineuse si elle avait eu le moyen de la voir, mais elle ne pouvait que la ressentir. Cette toile se condensait en un point non loin d’elle : le nœud.

– Je l’ai ! s’écria-t-elle sans pour autant relâcher sa concentration.

– Bien, fit la voix de son Maître, tout proche. Maintenant, ouvre les yeux.

Elle obéit et retrouva le décor familier de l’arène, mais il y avait aussi… le monde se mit à tourner follement autour d’elle : son cerveau n’était pas habitué à sentir la toile des dimensions se superposer à la réalité. Elle s’effondra dans les bras de l’ex-Marina.

 

Lorsqu’elle rouvrit des yeux quelques instants plus tard, elle était étendue dans le sable de l’aire d’entraînement, et Kanon était penché sur elle. Le visage du Chevalier se détendit et il se redressa, soulagé.

– Qu’est-ce… qu’il s’est passé ? demanda la jeune fille en essayant de se relever.

– Je suppose que tu as senti le nœud, répondit l’ex-Dragon des Mers avec un petit sourire, tout en la maintenant assise.

– Le… oui ! C’était… tellement joli.

Kanon rit doucement, amusé par son choix de mots.

– « Joli » ? Oui, on pourrait dire ça… si on pouvait voir le tissu dimensionnel.

– Mais c’est… enfin, c’est… extraordinaire ! Vous ne trouvez pas, Maître ?

Le Chevalier se souvint de son propre émerveillement lorsque, avec son frère, il avait découvert ce spectacle époustouflant, seulement accessible à ceux qui, comme eux, avaient le talent de manipuler les dimensions. Il hocha la tête, heureux de constater qu’il ne s’était pas trompé : Kyrien aimait déjà la Toile, elle ferait un puissant Chevalier…

Un gargouillis sonore venu du ventre de son élève le ramena à l’instant présent et il réalisa que l’heure du repas était largement passée. La jeune fille baissa la tête, honteuse, mais il déclara :

– Je crois qu’il est temps de faire une pause…

Ils mangèrent en compagnie des quatre autres Chevaliers d’Or, qui leur avaient proposé de partager leur panier repas. Impressionnée, Kyrien écoutait son Maître discuter de tout et de rien avec ses amis tout en faisant habilement glisser des morceaux de sandwich sous son masque. Puis ils reprirent l’entraînement et la fillette tenta de se familiariser avec cette nouvelle forme de perception qu’elle venait de découvrir, mais elle passait plus de temps les fesses dans le sable à essayer de différencier le ciel de la terre qu’autre chose. Patiemment, Kanon la conseillait, la guidait dans ce territoire inconnu, pas à pas. Pour l’instant, elle devait s’habituer à sentir la Toile autour d’elle. Lorsqu’elle avait les yeux fermés, tout allait bien – tant qu’elle restait immobile. Mais dès qu’elle levait les paupières, ou si elle tentait de faire un pas, tout se mettait à tourner autour d’elle et elle perdait connaissance quelques secondes.

Au bout de trois heures, elle en était toujours au même point. Kanon s’épongea le front du dos de la main et dit :

– Stop. Repose-toi un instant.

– J’aimerais continuer encore un peu, Maître.

L’ex-Dragon des Mers leva les yeux vers le soleil brûlant et soupira :

– D’accord. Reste là, je vais chercher de l’eau.

– Merci, Maître.

Une fois le Chevalier parti, la jeune fille recommença l’enchaînement qu’elle connaissait à présent par cœur : fermer les yeux, enflammer son cosmos, repérer un nœud ; tenter de voir quelque chose ou de se rapprocher du phénomène, et se retrouver par terre…

Elle ouvrit les yeux et entendit quelques ricanements saluer sa performance. Se relevant d’un bond, elle se retrouva face à une demi-douzaine de novices – ses anciennes condisciples…

– Ben alors, Kyrien, pas capable de tenir sur tes jambes ? persifla Carla, une grande rousse déjà bien développée pour son âge.

– On savait déjà que tu étais nulle, mais pas à ce point-là… ajouta une autre fille.

– C’est à se demander pourquoi un Chevalier aussi prestigieux que Kanon des Gémeaux a accepté de te prendre comme élève, renchérit Malie, une petite brune maigrichonne mais très agressive.

– Comment t’as fait ? demanda Carla, menaçante, la main droite entourée d’un tourbillon de vent comme elle s’apprêtait à frapper Kyrien. Pourquoi c’est toi qu’il a prise et pas moi ? Je suis plus forte que toi ! Il s’est trompé !!

L’apprentie du Gémeau serra les poings. Comment cette vipère de Carla osait-elle insulter son Maître ? Mettre son jugement et celui du Grand Pope en doute ? Au fond d’elle grondait une colère sourde, vague de chaleur qui nourrit son cosmos, le fit flamber avec une vigueur qui surprit ses assaillantes, mais la rouquine ricana, méprisante :

– Peuh ! Qu’est-ce que tu comptes faire, toute seule contre nous ? Ton Maître chéri n’est pas là pour te protéger ! Comme l’autre fois…

La rage de Kyrien atteignit son paroxysme. Elle sentait ses cheveux crépiter d’éclairs et son cosmos bleu pâle était en train de s’assombrir lorsqu’elle sentit, plus distinctement que jamais, le picotement qui annonçait la formation d’un nœud dimensionnel.

« Non ! Pas maintenant ! » pensa-t-elle en fermant précipitamment les yeux, frémissant d’appréhension. « Je ne veux pas m’évanouir… »

– Elle crève de peur, regardez-là ! s’esclaffa une fille.

Le nœud se forma mais, au lieu de rester de la grosseur d’une noix, il se mit à grandir. Intriguée, oubliant la menace, Kyrien se concentra pour mieux percevoir la Toile, les yeux fermés. Des nœuds de cette grandeur n’étaient pas courants, lui avait dit l’ex-Marina, et celui-ci continuait à grossir. Elle eut vaguement conscience du fait que ses adversaires étaient en train de s’énerver, mais quelque chose de plus important était en train de se passer, quelque chose qu’elle seule percevait.

Ayant atteint deux mètres de diamètre, le nœud s’ouvrit, déchirant la réalité pour laisser passer… une main qui intercepta le coup que Carla, folle de rage, dirigeait vers le visage de Kyrien. Puis émergea du vortex le bras, suivi du corps tout entier de Kanon, qui retint de l’autre main son élève sur le point de s’effondrer – de saisissement, elle avait ouvert les yeux et le sentait à présent auréolé des volutes presque visibles de la Toile qu’il avait dérangée en volant à son secours.

L’ex-Dragon des Mers examina le tourbillon d’air qui enveloppait le poing de Carla, puis jeta un regard à Rena de l’Horloge qui arrivait de l’autre côté du groupe. Prises en tenailles, les filles n’en menaient pas large.

Il reporta un regard glacial sur celle qui avait voulu frapper Kyrien. La fille était pétrifiée de terreur, mais il n’éprouva aucune pitié à son égard. En avait-elle eu, lorsqu’elle avait défiguré son élève ?

« Je crois que nous tenons nos coupables, » transmit-il à Rena par cosmos interposé.

« Vous m’avez devancé de peu. Cela recoupe mes propres conclusions, » répondit-elle avant de s’adresser aux novices d’une voix sèche :

– Peut-on savoir ce que vous étiez en train de faire, mesdemoiselles ?

– On, euh… on plaisantait, Maître, répondit Malie. On n’allait pas lui faire de mal, pas vrai, Kyrien ?

Elle se tourna vers la jeune fille, quêtant son soutien. Suffoquée, celle-ci regarda son Maître, qui dévisagea à son tour celle qui avait le culot de dire une telle chose.

– Ah non ? gronda-t-il en levant le bras de Carla qu’il tenait encore d’une poigne de fer. Ose me dire que ton amie n’allait pas frapper mon élève !?

Nimbé d’une aura de colère dorée, il fit un pas vers le groupe de jeunes filles qui se tassèrent les unes contre les autres, terrifiées.

– La prochaine que je surprend en train de menacer Kyrien…

Il ne termina pas sa phrase ; son cosmos agressif et le ton de sa voix avaient très bien fait passer le message.

– En tous cas, fit Rena après un moment de lourd silence, ces jeunes demoiselles ne resteront pas impunies. Vous avez ma parole.

– Mais on n’a rien fait, nous ! protesta faiblement une des filles.

Le Chevalier de l’Horloge étrécit les yeux.

– Vous tolérez que l’une d’entre vous agresse une autre novice. C’est déjà un comportement inexcusable. Et qui plus est, vous profitez du spectacle ! (Son visage d’ordinaire inexpressif laissait voir un profond dégoût.) Vous passerez toutes devant le Grand Pope. Et en attendant, vous resterez enfermées dans votre dortoir ! Hors de ma vue !

Les filles ne se le firent pas dire deux fois et décampèrent. Rena adressa un regard bienveillant à son ancienne élève.

– Deviens forte, Kyrien. Elles apprendront à te respecter.

Sur ce, elle tourna les talons et quitta à son tour la Grande Arène.

 

~ ~ ~

 

NOTES DE L’AUTEUSE :

[1] : Rho là là, franchement, quel mal élevé ce Loki… parler comme ça à son créateur !!

Loki, vantard : Qu’est-ce que tu crois ? Je crains dégun, moi !!

Alake, dubitative, compulse la suite du scénar : Ah ouais ? Ben on verra si tu fais encore le malin dans quelques chapitres…

Loki, un peu pâle : Glps. Euh…

Alake, triomphe modeste : Niéhéhé.

[2] : ET MOI AUSSI !!! On élimine les données du problème au lieu de lui chercher une solution ? Nan mais c’est quoi ces manières ? Grrr !!!!! >_< Et puis, ça ne résout rien… on laisse le bazar à ses successeurs, c’est facile comme ça… (Alake remontée à bloc contre le Grand Pope de l’époque… Comment ça, c’est moi qui lui fait faire des trucs pareils ? Pas grave ! Ca fait du bien de se défouler des fois… ^vv^)

[3] : Surtout s’il sait que Loki est de retour (ma-vie-ne-vaut-rien-tuez-moi-tout-de-suite powa) TT;;

[4] : Ouh là !! T’es bien désinvolte, Dragonichou… NIEHEHE !!! * mode sadique enclenché *

[5] : BONNNG !!!! fit la « présence » en se payant une colonne... Comment ça, « ça casse l’ambiance ? » TT;;

 

Ouaip. Ben j’ai quand même la fâcheuse habitude de faire intervenir mes VGM (Vrai Grand Méchant) au bout de pleiiiiiiin de chapitres… j’ai tendance à me cacher derrière des méchants qui n’en sont pas vraiment (enfin, ça dépend qui, hein…) et à réserver des surprises pour la fin… Le tout c’est d’y arriver, à la fin. Mais bon, c'est bien parti, là. Huhu.

Hem… pour le « cours » sur les dimensions, c’est venu out of the blue, si je puis dire. Je les avais amenés dans leur petit recoin de la Grande Arène et puis je me suis dit : « Et maintenant ils font quoi ? » Et au bout d’un long moment de panne d’inspi, j’ai essayé de décrire l’univers « multicouche » comme Kanon doit le voir : il n’a jamais pris de cours de physique de sa vie (en tous cas certainement pas à ce niveau-là ^^) mais il a un certain vécu empirique grâce à son cosmos et à toutes les ballades « extradimensionnelles » qu’il a dû faire, volontaires ou pas (je pense notamment à un certain chapitre 10… ^vv^) Désolée si cette partie fait un peu jargon pseudo scientifique à 2 balles, mais bon… (heurk !! et moi qui ai horreur de ça… TT;)

Pitite note sur « la Toile » : dans l'univers des Royaumes Oubliés, c’est véritablement une toile (pas visible à l’œil nu, hein…) tissée tout autour du monde par Mystra, la déesse de la Magie, et d’où les mages et ensorceleurs tirent leurs pouvoirs. Ca me paraissait le terme adéquat, puisque dans l’anime, quand les Gémeaux font leurs attaques, on voit un espèce de quadrillage derrière eux… et puis, nos jumeaux favoris ne sont-ils pas « les magiciens des dimensions » ?

A suivre : Pour fêter le retour de Loki, les Chevaliers d’Or font une petite soirée… Non, c’est pas ça ? Autant pour moi. Alors oui, ils font une soirée, mais c’est parce que la dernière c’était il y a 7 jours, et qu’ils en font une toutes les semaines… quelle logique, n’est-ce pas…

Bizouuuuux à tout le monde !

Alake ^^

 
 
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