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au 09 Jan 09 :
1119 comptes dont 390 auteurs
pour 1453 fics écrites
contenant 3722 chapitres
qui ont générés 7544 reviews
 
     

     
 
Space Dementia
Par Alake
Saint Seiya  -  Romance
27 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 13     Les chapitres     2 Reviews    
La Discothèque

Fiqueuse : Alake

Titre : Space Dementia

Chapitre : Treizième (mon nombre porte bonheur… Je sens que ça va plutôt porter malheur à quelques-uns *louche sur Kanon* ^vv^) : La Discothèque

Base : Saint Seiya (comme c’est bizarre… faudrait que je fasse une fic qui change de base à chaque chapitre, un jour pour voir… ça serait pratique tiens)

Disclaimer : Aloooors… à part Kyrien et Rena qui sont des filles, Alhen/Alhena qui l’est à moitié et Sujan qui a même pas de corps, je crois que tout le monde appartient à Masami Kurumada… C'est pas zuuuusteuh !!! Moi aussi je veux mon harem !!! *crise de nerfs*

Genre : Rheu… Nawak, romance, yaoi et angst tout mélangé. Je fais pas dans la dentelle, mwa, madame. (ou alors, c’est de la dentelle multicolore… ^^)

Rating : NC-17

Avertissement : Le coupling LokixKanon risque de ne pas plaire à tout le monde… Si vous êtes allergique au yaoi, ne lisez pas !! Et pis y’a du torturage de bishos dans l’air…

Spoiler : Ben ça fait une semaine que Loki s’est réveillé, il faut donc fêter la chose… avec une nouvelle soirée riche en rebondissements !! ^^

 

CHAPITRE 13

LA DISCOTHEQUE

 

Après le départ de Rena, Kanon laissa retomber son aura et baissa son regard turquoise, insondable, sur son élève.

– On reprend l’entraînement. Au travail.

Kyrien obéit, mais les évènements qui s’étaient produits l’avaient tellement perturbée qu’elle n’arrivait même plus à percevoir les nœuds dimensionnels. Elle essayait pourtant, s’acharnait, mais plus elle s’efforçait de sentir la Toile et plus celle-ci lui échappait. Furieuse contre elle-même, elle enflammait son cosmos, fermait les yeux – autant pour empêcher ses larmes de frustration de couler que par principe – mais rien n’y faisait.

Elle n’y parvenait pas.

L’ex-Dragon des Mers l’observa un long moment en silence. Il percevait sa détresse, sa peur de décevoir à travers son aura bleutée. Il s’approcha enfin et dit :

– Ca suffit, Kyrien.

La jeune fille laissa retomber son cosmos et se tourna vers lui.

– Je suis désolée, Maître, hoqueta-t-elle. Je… je…

Il s’agenouilla devant elle et posa ses grandes mains sur les frêles épaules.

– Tu n’y arrives pas, dit-il – ce n’était pas difficile à deviner.

Elle baissa la tête, contrite.

– Pardonnez-moi…

Sa voix se brisa, l’empêchant de continuer. Kanon résista à l’envie de la prendre dans ses bras pour la consoler ; au lieu de cela, il s’adressa à elle d’une voix grave, douce :

– Kyrien, si un jour tu te bats, tu devras faire face à des individus qui tenteront de te déstabiliser par tous les moyens. Tu devras essuyer leurs railleries, affronter leurs mensonges, sans que cela ne te perturbe dans ta concentration ou la maîtrise de tes pouvoirs. Il faut canaliser ta colère pour augmenter la puissance de ton cosmos, pour retourner les moqueries et les mots blessants contre ceux qui te les ont adressés. Ces filles, qu’est-ce qu’elles t’ont dit ?

Une larme roula dans le cou de Kyrien.

– Elles… elles ont dit que j’étais… que j’étais nulle. Elles se demandaient pourquoi vous m’aviez prise comme apprentie, alors que j’étais si faible… Carla… elle a dit que vous vous étiez trompé…

– Je ne me suis pas trompé, répondit l’ex-Dragon des Mers d’une voix tranquille. Tu as plus d’affinités avec la Toile que bon nombre de Chevaliers accomplis, et certainement plus que cette… Carla. Laquelle était-ce ? Celle qui voulait te frapper ?

– … Oui. Elle… je crois que c’est elle qui m’a fait… ça au visage.

– Elle te l’a dit ? s’enquit Kanon, attentif.

– Elle… elle a dit que vous n’étiez pas là pour me protéger… « comme l’autre fois ». C’est ce qu’elle a dit… Juste avant que vous n’arriviez, ajouta-t-elle, débordante de reconnaissance.

– C’est toi qui m’a averti que quelque chose n’allait pas, fit-il avec un petit sourire.

– Comment ça ? demanda la fillette, perplexe.

– En sentant ton cosmos s’enflammer avec autant de vigueur, j’ai su que tu étais en colère contre quelqu’un. Il n’était pas difficile de savoir qui… Maintenant, je veux que tu essaie encore une fois de trouver un nœud, dit-il d’une voix un peu plus ferme.

– Mais je…

Il leva une doigt pour interrompre son élève.

– Aie confiance en toi, Kyrien. Fais-le. Tu en es capable.

Elle baissa la tête, ferma les yeux et invoqua sa cosmo-énergie. Les dernières paroles de Kanon résonnaient dans sa tête, comme une litanie galvanisante. Elle se focalisa dessus, tentant de s’en convaincre et, lorsqu’elle fut suffisamment sûre d’elle-même, elle ouvrit son esprit dans l’espoir de sentir la Toile.

Elle ne fut pas déçue : le tissu des dimensions lui apparut, plus précis que jamais. Elle repéra un nœud, puis un deuxième se forma alors qu’elle étendait son cosmos pour mieux appréhender ce qui s’offrait à elle.

– Garde les yeux fermés, lui conseilla l’ex-Dragon des Mers.

Il enflamma légèrement sa cosmo-énergie et forma un minuscule vortex dans le creux de sa main. Son élève poussa un cri de stupeur émerveillée. Elle avait senti l’aura de son Maître investir la Toile, la plier à sa volonté, la condenser en un nœud qui n’existait pas quelques secondes auparavant.

– Vous… comment faites-vous ça ? murmura-t-elle, impressionnée.

Il eut un sourire qu’elle ne vit pas – elle avait toujours les yeux fermés – et expliqua :

– Les Chevaliers de Bronze ou d’Argent qui se servent des dimensions, comme ceux des Triangles Austral et Boréal, repèrent les nœuds dimensionnels et s’en servent pour leurs attaques. Cependant le Chevalier des Gémeaux n’a pas à se plier au bon vouloir de la Toile : il crée ses propres nœuds à sa convenance… (Il referma le poing et le vortex se dissipa.) …et les défait lorsqu’il n’en a plus besoin.

– C’est… génial ! Est-ce que je pourrai le faire un jour ?

– Ne mets pas la charrue avant les bœufs ! répondit le Chevalier en riant. Tu as encore beaucoup de travail à fournir avant de commencer à maîtriser un nœud… alors les créer…

Les épaules de la jeune fille s’affaissèrent ; son enthousiasme débordant retomba quelque peu.

– Mais tu as bien travaillé aujourd’hui, continua l’ex-Marina. Allez viens, on rentre au Temple.

– D’accord, Maître.

Elle laissa son cosmos se tarir et rouvrit les yeux. Elle chancela légèrement, mais rejoignit Kanon et attaqua avec lui la montée des marches.

 

 

En passant par le Temple du Bélier, ils trouvèrent quelques-uns des Chevaliers d’Or occupés à préparer la soirée. Intimidée, Kyrien tenta de passer inaperçue en se cachant derrière Kanon, mais Aldébaran repéra le Chevalier et lança de sa voix tonitruante :

– Tiens, le Maître et son apprentie ! Alors, cet entraînement, comment c’était ?

– Pas trop mal, répondit l’ex-Dragon des Mers en posant une main sur l’épaule de la jeune fille pour la rassurer. Si on fait abstraction d’un ou deux incidents… déstabilisants.

– Mais elle est toute sale, pauvrette ! s’exclama Aphrodite. Qu’est-ce que tu lui as fait, espèce de tortionnaire ? Tu l’as traînée dans le sable ?

– Hé ! protesta Kanon, faisant mine d’être outré.

– C’est pas ça, » intervint la fillette, d’une toute petite voix. Elle voulait prendre la défense de son Maître, mais n’osait pas parler trop fort en présence de ces êtres quasi-divins. « C’est que je suis… tombée. Toute seule.

Le silence s’était fait lorsqu’elle avait pris la parole ; Aldébaran s’approcha, plia son corps gigantesque pour se trouver à son niveau et posa une main immense sur la tête de la jeune fille.

– Tu défends ton Maître, hein ? C’est mignon, dit-il gentiment. Comment t’appelles-tu, petite ?

– Ky… Kyrien.

– C’est trop chouuuu ! couina le Chevalier des Poissons alors que Deathmask secouait la tête, atterré.

– Tu as vu la Toile, Kyrien ? demanda soudain Saga, qui avait suivi toute la scène avec un intérêt amusé.

– Oui ! répondit-elle, rayonnante. C’est pour ça que je suis tombée, expliqua-t-elle à l’adresse d’Aphrodite.

– Je ne vois pas le rapport, intervint le Cancer en tendant un mouchoir à son amant, décidément trop émotif.

– C’est à cause de la Toile, fit Mu qui arrivait accompagné d’une demi-douzaine de chaises flottant en l’air. C’est très difficile de combiner la vision normale et la perception du tissu dimensionnel.

– Et comment tu sais ça, toi ? s’enquit le Taureau en se tournant vers le propriétaire des lieux.

Celui-ci désigna les meubles en lévitation derrière lui.

– Comment crois-tu que je fais ça ? La télékinésie, tout comme la téléportation, utilise la Toile. Seulement, au lieu d’y faire des nœuds pour la déchirer comme le font Saga et Kanon, je me contente de manipuler les fils qui la composent… [1]

Pour preuve, il fit danser la gigue aux quelques chaises qui l’entouraient. Les Gémeaux sourirent, amusés. Kyrien, quant à elle, enflamma son cosmos pour suivre ce qu’il se passait sur la Toile. Cependant, elle avait oublié de fermer les yeux, et ne dut qu’aux réflexes de Kanon de ne pas se retrouver les fesses par terre.

– Voilà comment on finit couverte de poussière et de sable, dit-il alors qu’elle s’accrochait à son bras en attendant que le monde cesse de tourner autour d’elle.

– Avais-tu déjà perçu la Toile avant de commencer l’entraînement avec Kanon ? voulut savoir le Bélier.

La jeune fille secoua la tête : son premier vrai contact avec les dimensions s’était produit le jour-même. Mu eut une petite moue admirative.

– Plutôt douée, ton élève, Kanon…

Celui-ci acquiesça.

– Mais il lui reste encore bien du chemin à parcourir, répliqua-t-il.

– Bah, guidée par toi, elle ne devrait pas avoir trop de mal, déclara Saga en tapotant le dos de son frère.

– On verra, répondit l’ex-Dragon des Mers. Maintenant, si vous voulez bien nous excuser…

– Vous partez déjà ? fit le Taureau en se relevant.

– Je m’occupe de la petite et je reviens, promit Kanon.

– Ouais, c’est surtout que tu as besoin d’un prétexte pour échapper aux préparatifs, insinua son aîné.

– Lâcheur ! lança Deathmask de derrière la pile de cartons qu’il portait.

– A tout à l’heure, lui répondit l’ex-Marina avec un sourire des plus innocents, tout en poussant Kyrien vers la sortie.

 

 

Le temps de faire manger et de mettre au lit son élève épuisée mais surexcitée par ses découvertes de la journée, Kanon avait vu passer par son Temple à peu près tous les Chevaliers restants. Il prit une douche-éclair et se changea en vitesse, juste à temps pour voir arriver le dernier : Shaka.

– Tu vas être en retard à la soirée, constata le Chevalier de la Vierge d’un ton neutre.

L’ex-Dragon des Mers eut un reniflement ironique tout en se battant avec sa chevelure qu’il essayait en vain de rassembler en queue de cheval. [2]

– Toi aussi, je te signale. Bon sang, saleté de cheveux à la noix…

– Laisse-moi faire.

Shaka s’empara de la brosse et fit asseoir Kanon sur une chaise avant de se mettre à lui démêler les cheveux – ces cheveux qui ressemblaient tellement à ceux de Saga, n’était leur couleur légèrement plus aquatique…

– Kanon, est-ce que tu…

Saga, justement, venait de faire irruption dans la pièce, et s’arrêta net en découvrant la scène. Il détourna les yeux, serra les dents et termina :

– Non, rien. Pardon de vous avoir dérangés.

– Saga, attends !…

Kanon retint le Chevalier de la Vierge : son jumeau avait déjà disparu en direction de la cuisine, d’où provenaient des bruits de verre.

– Je prends les bouteilles qui restent de la dernière fois, l’entendirent-ils dire à leur intention, avant de sortir.

Puis il y eut un long moment de silence, que Kanon finit par briser d’un lourd soupir résigné.

– Bon, tu me la fais, cette queue de cheval ?

 

 

Un peu plus tard, la soirée battait son plein dans le Temple du Bélier. L’ex-Dragon des Mers s’approcha de l’échiquier qui avait été relégué dans un coin et prit Aldébaran à témoin.

– C’est pas vrai ! Vous n’avez joué que deux coups depuis ce matin ?!

– Ouaip, confirma le Taureau. Et encore, Mu s’est décidé à jouer parce que les autres arrivaient avec les courses. (Il soupira.) A ce train-là, on aura peut-être fini dans trois siècles…

– Et encore, Aldé n’est pas trop fort aux échecs, intervint Milo. Tu devrais le voir jouer contre Camus, c’est… terrifiant de lenteur.

– Je te crois volontiers, fit Kanon, frissonnant d’horreur.

Lui qui n’avait jamais été patient…

– N’exagérons rien, protesta Camus, qui venait de les rejoindre. Nous n’avons joué l’un contre l’autre qu’une seule partie.

– Qui a duré deux ans et demi !!! précisa le Scorpion.

– Et alors, qui a gagné ? voulut savoir Kanon, curieux.

– C’est ça le pire : ils ont fait match nul. Pat.

L’ex-Marina resta un instant muet de stupeur… puis il éclata de rire.

– Ca valait bien la peine ! s’exclama-t-il.

– Je ne te le fais pas dire, approuva Aldébaran. Et encore, ils seraient bien repartis pour un tour…

– … si l’échiquier et les pièces n’avaient pas mystérieusement disparu, compléta Milo avec un clin d’œil appuyé.

– Maintenant que j’y pense, Mu a un nouvel échiquier, peut-être que…

Le Chevalier du Scorpion plaqua une main sur la bouche de son amant et lui conseilla ;

– Ne pense pas. Ca fait mal à la tête.

Le Verseau leva les yeux au plafond et se débarrassa de son bâillon improvisé avant de répliquer :

– Contrairement à toi, Milo, je sais me servir de mon cerveau…

– Grand bien te fasse ! Moi, je préfère me servir d’autre chose…

Kanon et Aldébaran échangèrent un regard et s’éloignèrent. Mieux valait laisser le couple seul lorsqu’ils avaient ce type de discussion…

Non loin de là, Saga faisait bande à part, tentant sans grand succès de s’abrutir à l’eau de rose. Mais chaque gorgée du liquide sirupeux était plus amère que la précédente, et il avait bien du mal à finir son verre.

Dokho s’approcha de lui et dit :

– Tu sais, pour faire un concours de boisson, il faut être au moins deux…

Le Gémeau grimaça.

– Je m’entraîne d’abord.

Le Chevalier de la Balance l’observa un instant, puis énonça :

– Ca ne va pas fort, on dirait. Tu veux en parler ?

Saga revit en pensée la scène qu’il avait… « interrompue » dans son Temple et émit un petit rire rauque.

– Ca m’étonnerait que mes problèmes sentimentaux t’intéressent, ricana-t-il en se resservant.

Dokho jeta un coup d’œil à Shaka qui conversait avec Mu.

– Dis toujours…

– Je n’ai pas envie de te déprimer, fit le Gémeau en haussant les épaules.

Le Chinois n’insista pas, mais sonda discrètement l’aura de son compagnon. Il n’y trouva qu’une immense tristesse fataliste qui lui serra le cœur. Mieux valait cela plutôt que Saga apprenne ce qui se passait réellement, cependant…

Averti par le changement dans le cosmos du Chevalier de la Balance, le Grec lui tapota le dos.

– Tu vois ? Tu déprimes déjà. Pas la peine que j’en rajoute…

– Tu dois avoir raison, concéda Dokho, tout en essayant d’alléger un peu son aura.

Aphrodite arriva juste à temps pour relancer la conversation :

– Ben alors, les garçons, ça ne se fait pas de bouder dans son coin quand on est invité à une fête !

Il attrapa la bouteille d’eau de rose et s’éloigna de trois pas alors que Saga protestait :

– Hé ! Ma bouteille !

– Dois-je te rappeler que, techniquement, toutes les bouteilles d’eau de rose sont à moi ? répliqua le Poisson en s’éloignant encore. Si tu la veux, viens la chercher !

Le Gémeau se lança à la poursuite de l’éphèbe, accueillant volontiers cette occasion de se changer un peu les idées. Au terme d’une course effrénée durant laquelle la malheureuse bouteille était passée dans les mains des trois quarts des Chevaliers présents – pour revenir enfin entre celles d’Aphrodite, Saga parvint à coincer le Suédois et à lui arracher son bien. Il revint, essoufflé mais d’humeur beaucoup moins sombre, s’asseoir parmi ses compagnons… mais à une certaine distance, néanmoins, de Shaka. Ce dernier, mélancolique, échangea avec Kanon un regard triste qui n’échappa pas à l’œil de lynx du Chevalier des Poissons.

 

 

La soirée était déjà bien avancée lorsque l’aîné des Gémeaux se mit à bâiller ostensiblement. Il se leva et s’étira, puis déclara :

– Bon les enfants, je vais aller me coucher.

– Quoi, déjà ? protesta Shura.

– On vient juste de commencer, renchérit Milo.

– Oui, mais il est blessé, intervint Kanon en se levant à son tour. D’ailleurs moi aussi je vais rentrer.

– Bande de mauviettes ! s’exclama Aiolia.

– Je te rappelle que certains d’entre nous ont des disciples à entraîner. Je suis crevé, moi.

– Tu devrais prendre ta retraite, papy, conseilla Deathmask, ironique.

Saga interrompit son frère qui allait répliquer vertement et s’adressa à Mu :

– Merci pour la soirée. A demain, tout le monde, ajouta-t-il en tournant les talons avec un petit signe de la main.

Kanon lui emboîta le pas. Ils grimpèrent la première volée de marches en silence et traversèrent le Temple du Taureau, avant d’entamer l’escalier qui menait à leur propre Maison. L’ex-Marina sentait que son frère avait quelque chose à lui dire ; comme de juste, arrivé à mi-parcours, l’aîné murmura :

– Je suis désolé.

– Pour quoi ? s’enquit Kanon, perplexe.

– Pour tout à l’heure, avec Shaka… (Un petit rire sans joie lui échappa.) C’est dur. Il doit penser que je le déteste…

L’ex-Dragon des Mers ne savait que dire : s’il répondait « oui », il mentirait ; s’il répondait « non », il retournerait le couteau dans la plaie. Il se tut donc, mais passa un bras affectueux autour des épaules de son jumeau. Il s’en voulait tellement de la peine qu’ils lui causaient…

Ils finirent par atteindre leur demeure et se séparèrent, chacun rejoignant sa chambre respective.

Kanon se laissa tomber tout habillé sur son lit et croisa les bras derrière sa nuque. En réalité, il n’avait pas vraiment sommeil ; seulement, il ne tenait guère à laisser Saga rentrer seul… au risque de retrouver Kyrien entre les griffes de Loki. La fillette avait beau l’avoir rassuré, allez savoir pourquoi, il éprouvait quelque réticence à faire confiance à l’Autre…

La porte de sa chambre s’ouvrit doucement et une silhouette sombre se glissa à l’intérieur avant de refermer le battant. L’ex-Dragon des Mers se redressa et lança, ironique :

– Mais entre, je t’en prie… Fais comme chez toi…

– Très drôle, répondit Loki avec un grand sourire. Juste une question : qu’est-ce que tu lui fais, à ton frère, pour qu’il soit aussi malheureux ? Chaque fois que je me réveille, j’ai une de ces frites !

Kanon lui adressa un regard noir qui, dans l’obscurité, passa totalement inaperçu.

– Je croyais que tu avais accès à ses souvenirs ? T’as qu’à aller voir par toi-même !

– Mais c’est tellement plus amusant quand c’est toi qui le racontes…

– Ferme-la, tu veux ? grogna l’ex-Marina.

Une seconde plus tard, il suffoquait sous la poigne de l’Autre.

– Je te l’ai déjà dit : j’ai horreur qu’on me parle comme ça.

Sachant très bien que Loki ne le tuerait pas pour si peu, Kanon garda son calme.

– Tu n’avais qu’à pas me provoquer.

Disant cela, il referma ses doigts sur la blessure pas encore cicatrisée que l’Autre portait au bras. Celui-ci grogna de douleur et le relâcha.

– Tricheur, siffla-t-il.

– Ben comme ça, on est deux, répliqua le Chevalier.

Loki considéra un instant cet homme qui n’avait pas peur de lui – lui qui avait dirigé le Sanctuaire d’une poigne de fer durant treize ans, lui qui avait commis les pires crimes, manipulé et assassiné sans compter, comploté contre les dieux…

Ils se ressemblaient. Ou plutôt, ils s’étaient ressemblés, à l’époque où Kanon était encore ce monstre de haine qui en voulait au monde entier. Mais il avait tourné la page sur son passé maléfique comme on se réveille d’un cauchemar, et s’était battu pour Athéna avec la même vigueur qu’il avait autrefois mis à la détester.

L’Autre ricana intérieurement. Pas de danger que ça lui arrive tant que cet imbécile de Saga s’obstinait à être d’une bonté écœurante envers tout ce qui bougeait…

– Bon, qu’est-ce qu’on fait ? On reste là à se regarder dans le blanc de l’œil ? s’impatienta Kanon, l’interrompant dans ses réflexions introspectives.

– J’ai plein d’autres idées, mais ça m’étonnerait qu’elles te plaisent…

– Garde-les pour toi, alors.

Une minute de méditation silencieuse plus tard, l’ex-Dragon des Mers déclara :

– Je sais.

Ouvrant un triangle dimensionnel, il empoigna Loki et tous deux s’y engouffrèrent.

 

 

Après le départ des Gémeaux, la soirée au Temple du Bélier avait repris. Camus louchait de plus en plus sur l’échiquier, et Milo louchait sur Camus. Shura, Aioros et Aphrodite s’étaient lancés dans une partie de fléchettes que Mu faussait discrètement en faveur de l’élu de son cœur. Le Sagittaire était en train de se demander s’il n’avait pas perdu la main, alors qu’Aldébaran riait tellement fort que la Maison en tremblait sur ses fondations. Dokho et Aiolia discutaient tranquillement des mérites de leurs totems respectifs et Shaka tentait d’expliquer à Deathmask en quoi ses Vagues d’Hadès utilisaient aussi la Toile. Aphrodite, ayant découvert le manège de l’Atlante, était en train de proposer à Aioros de l’utiliser comme cible vivante lorsque le Chevalier de la Balance déclara qu’il allait se coucher.

– Encore ?! s’écria le Suédois en se laissant tomber sur le canapé. Mais c’est contagieux ou quoi ?

– Le Sanctuaire est en train de se transformer en poulailler, railla Deathmask.

Dokho se contenta de sourire. Il considéra le Cancer, dont les doigts étaient pris dans les boucles bleues d’Aphrodite qui avait posé sa tête sur les genoux de son amant ; son regard se posa ensuite sur Milo, qui avait réussi à détourner Camus de l’échiquier, et sur Mu, réfugié derrière Shura pour échapper aux foudres du Poisson et du Sagittaire ; puis il revint à Angelo.

– Il faut que j’aille travailler, dit-il seulement.

– A cette heure-ci ?! s’exclama Aldébaran.

– Quel esclavagiste, ce Shion, fit Deathmask, goguenard.

– Tout à fait, approuva le Chevalier de la Balance, pince-sans-rire. Allez bonne nuit, et ne faites pas trop de bêtises !

Sur ce, il s’en fut attaquer la longue montée qui l’attendait.

Shaka, soucieux, le regarda partir, puis posa son verre et se leva à son tour.

– Ah non, pas toi aussi ! fit Aioros, incrédule. Mais qu’est-ce que vous avez tous, ce soir ?

– Je ne vois pas ce que tu veux dire, répondit froidement le Chevalier de la Vierge. A demain.

Il s’apprêtait à quitter le Temple lorsqu’une poigne solide agrippa ses cheveux et le tira en arrière.

– Aïe ! Mais ça va pas ?!

Aphrodite s’était relevé et arborait un air peu amène. Il se débarrassa des quelques fils d’or qui étaient restés accrochés à ses doigts et, les poings sur les hanches, dit :

– Bon, ça suffit, maintenant. Dis-nous ce qu’il se passe.

 

 

Entre les Maisons du Taureau et des Gémeaux, Dokho contacta Shion par télépathie.

Alors, qu’est-ce que j’ai raté ?

Ils sont encore partis, répondit le Grand Pope. J’essaie de les retrouver… fais vite.

– Facile à dire, grommela le Chevalier de la Balance à voix haute. En plus, j’ai horreur des escaliers…

J’ai entendu ça, répliqua Shion. Tu veux qu’on se retrouve chez toi ? Ca fera moins long…

C’est pas de refus, fit Dokho, soulagé.

Et de recommencer à grimper avec un regain d’ardeur…

 

 

Tous les Chevaliers d’Or restants s’étaient groupés autour de Shaka, qui n’en menait pas large.

– De… de quoi est-ce que tu parles, Aphrodite ? s’enquit-il.

– Ne nous prends pas pour des imbéciles, intervint Aldébaran. Quelque chose ne va pas entre Saga, Kanon et toi. C’était plutôt évident, la fois où j’ai trouvé Saga dans un état… pas descriptible.

Le Chevalier de la Vierge frissonna. Il savait très bien à quelle occasion le Taureau avait vu ça.

– On voit bien que ça vous mine, tous les trois, ajouta Aiolia.

– Et du coup, ça nous fait du mal à tous, compléta Mu.

Shaka secoua la tête.

– Vous ne pouvez rien faire.

– Dis-nous au moins de quoi il en retourne, proposa Milo. Qu’on ne mette pas les pieds dans le plat par accident…

– C’est… compliqué, commença le blond, dans l’espoir de gagner du temps.

Bon sang, il ne pouvait pas leur dire la vérité ! Allait-il être obligé de leur raconter le même mensonge qu’à Saga ? Et jusqu’où cela les mènerait-il ?

– Ca tombe bien, on a toute la nuit devant nous, déclara Deathmask, croisant les bras. Allez, accouche.

Shaka ferma les yeux, soupira et se lança. De toute manière, au point où il en était… Kanon et lui auraient tout le temps de clarifier les choses… s’ils sortaient vivants de cette histoire.

– Eh bien, je… Kanon et moi… nous sommes… ensemble.

Le silence qui suivit était si lourd qu’il aurait pu assommer un rhinocéros.

– Ben on peut dire que vous le cachez bien, finit par remarquer Shura.

– Certaines personnes n’aiment pas s’afficher au vu et au su de tous, répondit le Chevalier de la Vierge. Surtout quand ça risque de blesser quelqu’un…

– Saga ? suggéra doucement Aioros.

Shaka hocha la tête.

– Minute ! intervint Aphrodite. Ca ne colle pas. Je croyais que tu étais amoureux de Saga depuis toujours ?

L’hindou fut presque choqué par la perspicacité de son collègue – après tout, il n’avait jamais montré ses sentiments à qui que ce fût. Mais il prit sur lui et répliqua avec aplomb :

– Comme quoi, même toi, tu peux te tromper.

– Résumons-nous, fit Camus, méthodique. Saga t’aime, mais tu lui préfères son frère ; Kanon et toi, vous vous en voulez donc de le faire souffrir. C’est ça ?

Atterré, Shaka ne put qu’acquiescer, surpris que tous les éléments de la supercherie s’ajustent si bien les uns aux autres, et priant pour que personne ne trouve de faille dans ce tissu de mensonges.

– Et maintenant, si vous le permettez, je vais aller me coucher, dit-il avec lassitude.

Il fit demi-tour, très digne, et se dirigea vers l’arrière du Temple. Une fois à l’air libre, il soupira de soulagement, et se massa la nuque d’une main pour en chasser la raideur. Une voix juvénile le fit presque sursauter :

– Tu permets que je t’accompagne un bout de chemin ?

Le Chevalier de la Vierge ne daigna pas se tourner vers Aioros. Il se contenta de hausser les épaules.

– Libre à toi.

Ils se mirent à grimper les marches en silence. Les bruits de la nuit accompagnaient leurs pas – le chant des cigales, le bruissement du vent, les battements d’aile des oiseaux nocturnes… Arrivant devant le Temple de la Vierge, le Sagittaire demanda :

– Pourquoi ne leur as-tu pas dit la vérité ?

Shaka se crispa.

– Pourquoi dis-tu ça ?

– Parce que je sais me servir de mes yeux, répondit l’adolescent. Parce que ce n’est ni la pitié, ni la culpabilité qui font briller les tiens lorsque tu les poses sur Saga. C’est l’Amour. Et une tristesse infinie…

Le Chevalier de la Vierge ne répondit pas. Qu’aurait-il pu dire ? Impossible de reconnaître son mensonge ; impossible également de contredire son compagnon… Il s’arrêta. Sans s’en rendre compte, il avait accompagné Aioros jusqu’à l’arrière de son Temple. Le Sagittaire se tourna vers lui et conclut :

– Je ne sais pas ce qui se trame, mais je pense que tu as une bonne raison de prétendre aimer Kanon plutôt que Saga. Seulement… (Il posa une main sur le bras de Shaka et serra légèrement les doigts.) Prends garde à ce que le remède ne soit plus néfaste que le mal. Personnellement, je ne vois qu’une seule chose qui pourrait être pire pour Saga… Une chose que tout le monde croit impossible.

– Et si… et si ce n’était pas si impossible que cela ? hésita le blond.

– Alors, prions pour qu’il ne le découvre pas avant que nous ayons trouvé un moyen de le garder parmi nous malgré… cela.

Shaka hocha la tête. Bien qu’ayant un corps de quinze ans, Aioros avait grandi avec les jumeaux et avait été pour un temps le meilleur ami de Saga. Mis à part Kanon, c’était certainement lui qui connaissait le mieux l’aîné des Gémeaux…

Le Sagittaire prit congé et se dirigea vers son propre Temple, laissant l’hindou à ses réflexions. Celui-ci secoua la tête, s’installa en position du lotus au centre de sa Maison, et laissa son esprit s’échapper…

 

 

– Je ne sais pas pourquoi, j’ai comme l’impression qu’il nous cache quelque chose, grommela Aphrodite en retournant auprès de ses compagnons après avoir regardé les deux Chevaliers s’éloigner dans la nuit.

– De qui tu parles ? De Shaka, de Kanon, de Saga ou d’Aioros ? s’enquit Milo, ironique. Sans parler de Shion et Dokho, bien entendu…

– Je ne sais pas, continua le Poisson, lui répondant à moitié. Il y a comme une impression bizarre autour de ces trois-là… Et ce que nous a dit Shaka ne correspond pas vraiment à ce que je ressens…

– Ah, toi aussi ? fit Aiolia. A chaque fois que j’essaie d’en parler avec Aioros, il change de conversation.

– Pareil pour moi, confirma Shura.

– Peut-être ont-ils une bonne raison de nous tenir à l’écart, supposa Mu. Même si ça ne nous plait pas, nous devrions essayer de leur faire confiance…

– Mouais, concéda Aphrodite avec une moue boudeuse.

– Bon, on va pas parler de ça toute la nuit ! s’exclama Aldébaran. Et tiens, pour changer, ça vous dirait…

 

 

– En boîte ?! s’exclama Loki en découvrant l’enseigne lumineuse de l’établissement où l’ex-Dragon des Mers voulait entrer. Kanon, tu me surprends…

– Tu veux aller ailleurs ?

L’Autre réfléchit une seconde, puis :

– Non, c’est parfait.

Ils prirent donc place dans la longue file d’attente qui avançait au pas. Au bout de dix minutes, Loki se mit à montrer des signes d’impatience. Cinq minutes plus tard, il trépignait littéralement, et Kanon commençait aussi à trouver le temps long. Leur tour vint enfin ; le videur qui se trouvait à l’entrée les observa longuement. Finalement, il leur fit signe d’avancer et, lorsque l’Autre passa à côté de lui, lança :

– Sympa, tes lentilles, vieux…

Loki lui adressa un sourire à glacer le sang et rejoignit Kanon à la caisse. Ils entrèrent dans la boîte ; aussitôt assourdis par la musique et aveuglés par les violentes lumières, ils se mirent à la recherche d’une table libre après être passés par le bar.

Leurs boissons à la main, ils s’installèrent à l’étage, où la mezzanine donnait une vue imprenable sur la piste de danse. Loki sirotait son verre, les yeux fixés sur la foule mouvante qui ondulait au rythme de la musique. Les spots allumaient des reflets hypnotiques dans ses prunelles sombres et il semblait plongé dans une profonde réflexion. L’ex-Dragon des Mers était en train de se demander à quoi il pensait – sans avoir réellement envie de le savoir – lorsque l’Autre leva les yeux vers lui et proposa mentalement :

On danse ?

– Quoi ?! s’écria Kanon, saisi, avant de se rendre compte que Loki avait très peu de chances de l’entendre – lui même avait déjà du mal à percevoir le son de sa propre voix.

Mais son vis-à-vis avait dû percevoir sa surprise sur son visage, car il répéta, toujours à travers leurs cosmos :

On danse ?

Pas question, répondit le Chevalier.

Quoi, tu m’as amené ici, c’est bien pour danser, non ?

Va te trémousser si tu en as envie, moi je reste ici.

Loki jeta un regard au petit groupe de filles qui lui faisaient de l’œil depuis quelques minutes, de l’autre côté de la piste de danse.

D’accord. Mais si une des ces charmantes demoiselles venait à succomber… (Il marqua une pause et adressa à Kanon un sourire rien moins rassurant.) … à mon charme irrésistible, tu ne pourrais t’en prendre qu’à toi-même.

L’ex-Marina considéra les quatre donzelles moulées dans des vêtements minimalistes et dont la possible beauté était dissimulée par trois centimètres de maquillage, et fit avec nonchalance :

Je croyais que c’était moi que tu voulais ?

Oho ! répondit l’Autre, intéressé. Enfin décidé à te sacrifier pour une noble cause ?

Nan, oublie. Mais je ne comprends pas : pourquoi t’intéresser à elles si tu me veux moi ?

Loki éclata de rire.

Mais elles ne m’intéressent pas ! Elles servent juste… d’appâts. (Il les examina d’un œil critique.) Quoi que… je ne cracherais pas sur une nuit avec quelques-unes de ces coquines…

Il fit un petit signe de la main aux filles, qui se mirent à glousser entre elles, et enfonça le clou :

Le rôle d’un Chevalier d’Athéna n’est-il pas de protéger l’homme – et la femme – du commun, des abominations qui les menacent ? Qui sait ce que je pourrais faire à ces douces et innocentes jeunes filles ?

Kanon n’aurait pas utilisé les mêmes qualificatifs, mais cela revenait au même : l’Autre avait visé juste. Il se sentait responsable des actes de ce psychopathe… Et d’autre part, la piste de danse l’attirait comme un aimant ; son thorax vibrait au rythme de la musique, dont il battait la mesure du bout du pied depuis qu’ils étaient arrivés.

Pourquoi ne pas se laisser tenter ? Au moins, il pourrait garder un œil sur Loki et l’empêcher de faire trop de bêtises…

L’Autre n’avait pas attendu sa réponse ; il s’était levé et était en train de s’éloigner. L’ex-Dragon des Mers le rejoignit et ils descendirent tous deux en direction du dancefloor. [3] Se laissant porter par la musique hypnotique, ils s’insérèrent dans la masse compacte qui se mouvait en rythme. Kanon se rendit compte qu’il lui serait très difficile de surveiller Loki tout en gardant une certaine distance entre eux – d’autant plus que ce démon profitait de chaque mouvement de foule pour se coller à lui. Ravalant un soupir, il décida de prendre son mal en patience et se concentra sur le plaisir qu’il tirait de la danse.

Quelques minutes plus tard, il se rendit compte qu’il l’avait perdu de vue ; glacé par une sueur froide, il se mit à sa recherche. Et le retrouva, quelques mètres plus loin, entouré des filles dont ils avaient parlé auparavant. Tout en maintenant étroitement collée contre lui celle qui, le dos contre son large torse, semblait sur le point de défaillir de plaisir, Loki adressa à son « chaperon » un regard brûlant, avant de déposer sur l’épaule nue de la fille un baiser léger qui laissa l’ex-Marina de marbre.

On peut savoir ce que tu fais ? lui demanda-t-il mentalement.

Mais je m’amuse, répondit l’Autre. Tu devrais essayer, tu sais. Ca te ferait du bien.

Je ne suis pas là pour la gaudriole, moi ! s’insurgea Kanon.

L’ignorant, Loki glissa quelques mots à deux des filles, qui se détachèrent de lui pour se diriger vers l’ex-Dragon des Mers, tous sourires. La première, une blonde pulpeuse, se coula entre ses bras pour un torride collé-serré, tandis que sa brune compagne pressait sa poitrine rebondie contre le dos du Chevalier et lui susurrait à l’oreille :

– Détends-toi, mon chou… On ne va pas te manger…

L’ex-Marina se laissa aller quelques secondes à apprécier ce contact des plus agréables, mais se reprit bien vite. Il n’était pas là pour s’amuser ! Il repoussa délicatement la blonde, qui afficha une moue boudeuse, et se débarrassa de la même manière de la brunette, avant de tourner les talons.

Où vas-tu ? s’enquit l’Autre, moqueur, à nouveau entouré de ses quatre groupies.

Je remonte, répondit Kanon, laconique.

Loki haussa les épaules et se concentra à nouveau sur ses compagnes, alors que le Chevalier gravissait l’escalier baroque qui menait à la mezzanine. Il retrouva son fauteuil avec soulagement et passa la demi-heure suivante à surveiller avec un ennui croissant le manège de sa némésis. Celui-ci s’en donnait à cœur joie, et les fréquents regards qu’il adressait à son chaperon prouvaient qu’il ne l’oubliait pas. L’ex-Dragon des Mers l’observait d’un œil morne lorsqu’un détail attira son attention. La manière dont les mains de l’Autre glissaient sur la peau de la sauvageonne aux cheveux violets qui semblait être sa favorite, la façon dont il la serrait contre lui, indépendamment du rythme chaloupé qui les animait… Sentant les images envahir son esprit, Kanon préféra poser son verre avant de le laisser tomber.

C’était ainsi que Loki le tenait, le caressait, dans les rêves qui hantaient ses nuits… Et lui, dans ces mêmes cauchemars, agissait exactement comme la fille aux cheveux violets… lascive, féline, abandonnée dans les bras du démon aux yeux obscurs…

Submergé par une vague de dégoût, il enfouit son visage entre ses mains. Mais qu’est-ce qu’il lui arrivait ?!

Il attrapa son verre et avala une gorgée pour chasser la nausée en cherchant machinalement du regard l’auteur de son malaise. Il allait le retrouver, l’arracher des bras de ces donzelles fardées et sortir de cette boîte pour lui demander des explica…

Alors que son cosmos l’avertissait, ses yeux horrifiés se tournèrent vers l’entrée de la salle.

Là où se trouvaient huit Chevaliers d’Or venus finir leur soirée.

– Bon sang, gémit-t-il. Dites-moi que c’est pas vrai…

 

~ ~ ~

 

NOTES DE L’AUTEUSE :

[1] : J’ai trouvé un bon filon, je l’exploite à fond !! et hop… ^^

[2] : Ghyaaaaa j’adore cette coiffure ! Je trouve que ça va bien à Kanon… TvT

[3] : Wiz ze sateurdéï naïte fiveur !! Yéa !! Nan en fait si j’ai mis ce terme, c’est pour éviter la répétition avec « piste de danse » que j’ai déjà mis plusieurs fois… On fait ce qu’on peut, hein… TT;;

 

Niéhéhé… Ce Loki, toujours à profiter de l’aubaine… Et Kanon qui lui en fournit malgré lui à tour de bras… J’aime bien leur relation telle qu’elle est maintenant, mais va falloir la faire… évoluer un peu, sinon j’arriverai jamais à la fin. *sort le lance-missile* Grosse artillerie powa !! ^^

Pour les penchants des personnages, c’est clair que Loki est bi – un peu comme Milo d’ailleurs, il saute (sur) tout ce qui bouge (ouh que c’était facile). Quant à Kanon, je le vois assez indécis… un peu touche-à-tout… Quelques novices (plutôt des filles) quand il était apprenti au Sanctuaire, et Thétis chez Poséidon. Et puis, j’ai pas trop de mal à l’imaginer s’initier aux joies yaoistes avec un Sorrento des plus enthousiastes (Ah là là, qui peut résister au charme de notre Dragon des Mers ? Même si un de mes bêtas m’a fait remarquer que ledit Général Sirène n’avait d’yeux que pour Julian Solo… quand on pense que le Julian en question avait l’intention d’épouser Saori, mais quel manque de goût…). En tant que seme, bien entendu (j’ai franchement du mal à imaginer Sorrento au-dessus, lol), d’où sa réticence à servir de jouet sexuel à Loki, en plus des raisons qu’on connaît de partage de corps et autres maléfices…

A suivre : suite (et fin ?) de la soirée agitée… (Orangina powa XD)

Alake.

 
 
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