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au 09 Jan 09 :
1119 comptes dont 390 auteurs
pour 1453 fics écrites
contenant 3722 chapitres
qui ont générés 7544 reviews
 
     

     
 
Space Dementia
Par Alake
Saint Seiya  -  Romance
27 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 15     Les chapitres     2 Reviews    
Cauchemars

Fiqueuse : Alake

Titre : Space Dementia

Chapitre : Quinzième : Cauchemars. Oué !! Encore autant, et on pourra faire un match de rugby !! Ah nan attendez, il manque les arbitres… Oo;

Base : StS. (Flemmingite aigue)

Disclaimer : Pas à mwa. Snif. Kyrien, Sujan et tous les autres OC : Ben et nous alors ? Moi : *Soupir* Bon, sauf eux. Pour ce que ça me rapporte…

Genre : Romance + Angst + Nawak + Yaoi = Gros Bazar. Ma fic, quoi. ^^;;

Rating : NC-17 (oh oui, là c’est indispensable... ^vv^)

Avertissement : Coupling dérangeant, torturage mental… vous connaissez la chanson. Tiens, y’a même un peu de gore dans ce chapitre-là…

Spoiler : Pendant que certains prennent du bon temps, d'autres sont dans le bad. Mais alors, *vraiment*…

 

CHAPITRE 15

CAUCHEMARS

 

Le lendemain matin, le soleil se leva sur le Sanctuaire, caressant les volets clos du troisième Temple. Le Domaine Sacré s’éveilla, commença à résonner des bruits familiers d’entraînements matinaux, mais aucun son ne sortait de la Maison des Gémeaux.

Bon dernier comme toujours, Dokho se dépêchait de descendre rejoindre ses compagnons pour l’entraînement, lorsqu’il fut frappé par un silence inhabituel en traversant le Temple des jumeaux. D’ordinaire, quand il arrivait, Saga et Kanon étaient déjà partis, mais leur élève n’était-elle pas censée s’exercer en attendant leur retour ?

Pris d’une inspiration subite, il se dirigea vers la porte qui menait à la partie privée de la demeure. Il l’entrouvrit, pénétra dans le salon obscur et silencieux. Le traversant, il rejoignit le couloir. Aucune odeur de petit déjeuner ni de salle de bain ; le calme plat.

Intrigué, le Chevalier de la Balance finit par étendre son cosmos pour savoir s’il y avait quelqu’un dans la Maison, et ce qu’il sentit lui fit venir aux lèvres un petit sourire amusé.

Comme des bébés…

 

 

Douceur…

Chaleur…

Une odeur de sexe et de passion flottait dans l’air. Deux respirations haletantes, deux corps étendus l’un sur l’autre dans l’obscurité. Une main se leva paresseusement, alla se perdre dans un océan de mèches grises.

C’était bon… tellement bon.

Pas besoin de mots pour se comprendre. Un regard suffit, un sourire. Un baiser.

Et puis ce fut le réveil.

 

 

Kanon entrouvrit les yeux et tomba nez à nez avec…

– Dokho ?!

Celui-ci, appuyé sur une chaise à côté du lit de l’ex-Dragon des Mers, sourit et déclara :

– Ben tiens, je me demandais si j’allais devoir tous vous réveiller…

Le Gémeau se passa une main sur le visage, tentant d’oublier ce rêve obsédant et son entrejambe qui, comme tous les matins depuis quelques jours, se rappelait douloureusement à son souvenir.

– Kesstu fais là ? grommela-t-il, pas encore bien réveillé.

– Il est huit heures quarante-cinq.

– QUOI ?!!!

Kanon rejeta ses couvertures et bondit de son lit, puis empoigna son réveil et loucha sur les aiguilles, toutes deux positionnées non loin du chiffre neuf.

– C’est pas vrai !

– Panne d’oreiller ? s’enquit le Chevalier de la Balance, goguenard.

– Mais pourquoi Saga ne m’a pas réveillé ?!?

– Il dort aussi.

– Oï…

L’ex-Marina sortit en trombe de la pièce, enfilant une tunique à la va-vite, et remonta le couloir à toute vapeur. Arrivé à la chambre de son frère, il entrebâilla la porte et soupira de soulagement en voyant une masse azuréenne émergeant d’un tas de couvertures. Au moins, Loki ne leur avait pas fait de tour à sa façon… enfin, pas encore. Kanon entra donc dans la pièce, ouvrit grand les volets et secoua le dormeur sans ménagements.

– Debout !! Allez, lève-toi ! Je croyais que c’était moi, la marmotte ?

Laissant son jumeau sortir des brumes du sommeil, il se hâta ensuite jusqu’à la chambre de Kyrien, qu’il réveilla également.

– Je suppose qu’il faut que j’avertisse les autres de votre retard ? proposa Dokho, serviable, alors que Saga passait devant lui en râlant contre son frère qui laissait toujours un monceau de cheveux sur la brosse.

– C’est même pas les miens ! protesta l’incriminé, la bouche pleine de biscotte.

– Jusqu’à dernière nouvelle, ce n’est pas moi qui ai les cheveux turquoise, répliqua l’aîné en tirant un long fil aux reflets aquatiques de la masse compacte qui recouvrait l’ustensile de coiffure.

Kanon tira la langue à son jumeau, puis se tourna vers le Chinois qui attendait toujours une réponse.

– Je ne descendrai pas ce matin. Il faut que je surveille les progrès de Kyrien.

Celle-ci, son masque sur le visage, attendait bien sagement dans un coin, que le Chevalier de la Balance s’en aille pour commencer son petit déjeuner.

– D’accord, fit Dokho. Dans ce cas, je ne vais pas vous déranger plus longtemps. A tout à l’heure, Saga, lança-t-il en partant.

Le Gémeau lui adressa un signe de tête et finit de se préparer en vitesse. Puis il leur souhaita une bonne matinée et s’en fut d’un pas vif en direction de l’escalier alors que son frère, qui n’avait pas réussi à le dissuader de descendre à l’arène, lui conseillait de loin :

– Fais attention à ton bras !

L’ex-Dragon des Mers rejoignit Kyrien à la cuisine et ils terminèrent tranquillement leur repas. Une fois leurs ventres bien pleins, ils se dirigèrent tous deux vers le minuscule terrain d’entraînement qui jouxtait le Temple des Gémeaux.

– Bon, commença Kanon, puisque tu as pu sentir la Toile depuis ta chambre, je suppose qu’il n’est pas nécessaire que nous retournions à la Grande Arène… Comme tu as pu t’en apercevoir, les barrières physiques (Il posa la main sur le mur du Temple à côté de lui.) ne sauraient t’empêcher ressentir ce qu’il se passe au-delà. Tous les Chevaliers ont plus ou moins ce pouvoir, qui leur vient de leur cosmos, mais celui qui maîtrise la Toile peut voir plus loin, plus en détails.

« Maintenant, ferme les yeux, concentre-toi et ouvre ton esprit.

La fillette obéit. Paupières baissées, elle ne mit pas longtemps à retrouver le tissu des dimensions. Mais alors qu’elle allait ouvrir la bouche pour dire qu’elle y était, une sensation étrange s’empara d’elle.

Un nœud était en train de se former.

Juste là, dans son ventre.

Un gémissement de frayeur lui échappa, mais la grande main de Kanon se posa sur son bras et apaisa les tremblements qui s’étaient mis à la secouer.

– Calme-toi, dit-il d’une voix tranquille. Tu n’as rien à craindre.

Les yeux toujours fermement clos, Kyrien se força à se détendre. Ce n’étai pas franchement désagréable, mais plutôt… bizarre. Ses sens conventionnels se mêlaient à la perception de la Toile pour la renseigner sur ce qu’il se passait, et il en résultait un incroyable fouillis d’informations au milieu duquel elle était un peu perdue…

Mais la sensation finit par s’estomper comme le nœud se défaisait. La fillette laissa retomber son cosmos et leva les yeux vers son Maître, soulagée. Celui-ci lui sourit et demanda :

– Tu ne pensais pas que quelque chose comme ça pouvait arriver, n’est-ce pas ?

– N… non, répondit Kyrien, encore un peu secouée par cette nouvelle expérience.

– Je t’ai pourtant dit que la Toile ne tenait pas compte de ce qui est physique. Ton corps ne fait pas exception… D’ailleurs, c’est seulement parce que tu étais concentrée que tu as senti ce nœud se former à travers toi ; en général, ces phénomènes passent inaperçus.

– Vous… vous les sentez toujours ?

– De temps en temps, oui. Mais on s’y habitue vite, tu verras.

Elle lui adressa un sourire radieux, ravie de la confiance qu’il lui témoignait.

– Bon, et maintenant, que dirais-tu de quelque chose de plus physique ? proposa Kanon en s’éloignant un peu.

La jeune fille alla prendre son masque qu’elle avait laissé sur une pierre à côté, le posa sur son visage et répondit :

– Je suis prête.

– Très bien. (L’ex-Dragon des Mers croisa les bras dans une attitude expectative.) A toi l’honneur.

Kyrien ne se fit pas prier et se rua à l’attaque. Elle savait que malgré son apparente décontraction, son Maître était parfaitement capable d’arrêter n’importe quel coup ; cependant, elle frappa de toutes ses forces, essayant de trouver l’angle d’attaque idéal. Son poing rencontra la paume du Chevalier, qui la repoussa légèrement pour lui permettre de reprendre son élan. Elle recommença, encore et encore, sans plus de résultats. Cette technique s’avérant inefficace, elle décida de changer de tactique et opta pour des frappes plus légères mais beaucoup plus rapides. Elle invoqua son cosmos, presque inconsciemment, pour pouvoir porter ses coups plus vite, plus fort.

Surpris, Kanon dut lui aussi stimuler légèrement son aura pour suivre le rythme. Evidemment, elle était encore bien loin de le menacer, mais tout de même… La grêle de coups s’intensifia encore et Kyrien eut envie de finir sur quelque chose qui rendrait son Maître fier d’elle. Elle rassembla toutes ses forces et lança son poing auréolé de bleu pâle en direction du Gémeau.

Celui-ci sentit venir l’explosion de cosmos de son élève ; il tendit les mains devant lui pour réceptionner l’attaque et y parvint sans mal. Ses pieds s’enfoncèrent dans le sol sous l’impact et sa chevelure vola, soulevée par l’onde de choc.

La jeune fille tomba à genoux, épuisée. Elle avait mis toute son énergie dans ce dernier coup. Son cœur battait à une vitesse folle et elle n’arrivait pas à reprendre son souffle, mais ce fut à ses oreilles la plus douce des musiques lorsque Kanon se pencha vers elle pour commenter :

– Pas mal, surtout le dernier coup… Cependant, tu devrais éviter d’utiliser des techniques qui t’épuisent autant : si lors d’un combat ton adversaire survit à cette attaque, tu seras alors à sa merci. Il va falloir travailler cette technique afin de pouvoir la réaliser plusieurs fois d’affilée…

– Oui,… Maître, haleta Kyrien, avant d’ôter son masque dans l’espoir de mieux respirer.

– Repose-toi un peu, on recommencera plus tard.

Reconnaissante, la novice attrapa la main que lui tendait son Maître et s’y appuya pour se lever. Il la guida jusqu’au rocher le plus proche où elle se laissa tomber, car ses jambes flageolantes refusaient de la porter plus loin. Le Chevalier s’assit à ses côtés et un silence satisfait s’installa.

La fillette finit par récupérer quelques forces et hésita un certain temps avant de demander :

– Maître, est-ce que… je peux vous poser une question… bizarre ?

Kanon la fixa un instant puis, se doutant un peu du contenu de ladite question, répondit :

– Si tu veux, mais je ne te promets pas d’y répondre…

– Pourquoi est-ce que Loki vous… euh… court après ? [1] fit-elle en rougissant, visiblement gênée mais incapable de museler sa curiosité.

L’ex-Dragon des Mers réfléchit un instant à ce qu’il allait dire. Puis il décida que la jeune fille méritait une réponse sincère, aussi déclara-t-il :

– Je ne sais pas vraiment. Peut-être est-il intrigué parce que je ne le crains pas… Ou alors est-ce le fait que je lui résiste qui le… heum… motive.

– Mais je ne comprends pas, continua Kyrien, encouragée par son premier succès. S’il est vraiment comme on dit, quelqu’un d’horrible… pourquoi n’a-t-il pas essayé de vous faire du mal, ou à moi ? Pourquoi ne prend-il pas le contrôle de Maître Saga comme il l’a déjà fait ? Pourquoi n’est-il pas méchant ?

– Tu me poses une colle, là, Kyrien, répondit Kanon, se levant pour couper court à la conversation. Tu es assez reposée, non ?

La jeune fille se dit qu’il serait sage de ne pas insister, aussi se leva-t-elle à son tour, remettant son masque pour continuer l’entraînement.

De son côté, le Chevalier essayait de se concentrer sur ce que faisait son élève. Mais tandis qu’il repoussait machinalement chaque assaut, les questions troublantes de la fillette tournoyaient dans sa tête en une ronde infernale. Il n’avait pas voulu reconnaître sa faiblesse, le fait qu’il était soumis au bon vouloir de Loki. Car il existait des tortures plus subtiles, autrement plus douloureuses que la souffrance physique, et si Kyrien ne s’était pas encore aperçue du talent qu’avait l’Autre dans ce domaine-là, tant mieux pour elle.

Cela dit, elle avait soulevé une question essentielle : pourquoi Loki n’était-il pas méchant ? Car enfin, le Mal était son essence, non ? Alors pourquoi tentait-il de séduire Kanon ? La raison qu’il avait évoquée, « parce que ton frère t’aime », ne tenait pas la route : puisque Saga et lui étaient opposés en tout, l’Autre aurait logiquement dû haïr l’ex-Dragon des Mers, chercher à le détruire par tous les moyens… Et s’il le désirait, au lieu de jouer au chat et à la souris, pourquoi ne l’avait-il pas purement et simplement pris de force ?

Oh bien sûr, Kanon aurait pu se défendre. Mais il ne se faisait pas d’illusions : contre le chantage, il était absolument impuissant. La scène de la nuit précédente l’avait prouvé…

Alors pourquoi Loki semblait-il vouloir à tout prix qu’il soit consentant ? Ce qui, il fallait quand même être réaliste, était un combat perdu d’avance. Jamais le Chevalier des Gémeaux ne s’abaisserait à ça.

Il ne restait plus qu’une seule possibilité : le comportement de l’Autre était une partie d’un plan plus vaste, plus ambitieux. Mais c’était impossible ! Quelle créature pouvait être assez puissante pour imposer à Loki ce comportement qui allait tellement à l’encontre de sa nature ? Ou pire, qu’avait-elle pu lui offrir en échange de son obéissance ?

Le monde ?

Plus Kanon avançait dans ses hypothèses, moins il était rassuré. L’avenir était en train de s’assombrir au-dessus de leurs têtes, et il ne voyait aucun moyen d’y remédier.

A moins…

… de tuer Saga.

Ce qui n’était pas une solution. Enfin, pas la bonne solution. Et puis il ne s’en sentait pas capable. Son frère avait le droit de vivre en paix, bon sang !

Il avait déjà failli…

L’ex-Marina repoussa un peu trop rudement le coup de son élève, qui atterrit violemment dans la poussière et laissa échapper un gémissement de douleur. Sortant de ses sombres pensées, le Chevalier l’aida à se relever et s’assura qu’elle n’était pas blessée. Puis il lui demanda de s’entraîner à nouveau à percevoir la Toile et se replongea dans ses réflexions.

Les heures passèrent, le soleil arriva à son zénith et Kanon n’était pas plus avancé. Il n’avait aucun moyen de savoir ce que projetait Loki – à moins de le lui demander, évidemment. Ce qui n’était pas l’idée la plus brillante qui soit… Il imaginait d’ici le dialogue :

« Dis donc, Loki, tu ne ferais pas partie d’une conspiration visant à – disons – détruire le Sanctuaire et dominer la Terre, par hasard ? »

« Mais si, comment as-tu deviné ?? »

« Ah je me disais aussi, tu étais bizarre ces derniers temps… pas de massacres, pas de tentative de prise de pouvoir, même pas la moindre petite victime… Ca ne te ressemble pas, vieux. »

Franchement n’importe quoi.

Kyrien se retrouva par terre pour la énième fois de la matinée – elle n’arrivait toujours pas à combiner perception de la Toile et vision normale.

– Ca suffit, dit l’ex-Dragon des Mers. Saga ne va pas tarder à remonter de l’entraînement, si on allait préparer le repas ?

La jeune fille ôta son masque, offrant un contraste saisissant entre son visage propre et ses mains couvertes de poussière et de terre. Elle sourit à son Maître et lui emboîta le pas en direction de l’entrée du Temple.

 

 

Saga étouffa un bâillement pour la troisième fois en cinq minutes.

– Hé ben, quelle pêche ! s’exclama Milo. Qu’est-ce qui t’arrive, vieux ?

– Je n’en sais rien, répondit le Gémeau. Peut-être que je me fais vieux, justement…

– A d’autres, fit Aiolia en riant. T’as pas encore trente ans ! Prends exemple sur les ancêtres…

Il tapota l’épaule de Dokho, qui se retourna et poussa un « Hé ! Ancêtre toi-même ! » outragé.

– C’est pas dur, quand on a un corps de dix-huit ans, remarqua Saga.

– Ouais, ça se voit que c’est pas toi qui es resté assis devant une cascade pendant deux cent quarante-trois ans – qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige – pour le garder, ce corps de dix-huit ans !

– Peuh ! Facile, intervint Shura. De tout manière, il ne neige jamais à Rozan.

– Et comment tu le sais ? s’enquit Milo, curieux.

– C’est Mu qui me l’a dit.

– Et comment il le sait, lui ? s’entêta le Scorpion.

L’Espagnol haussa les épaules.

– Shion a dû le lui dire, j’en sais rien, moi !

– Ah…

Non loin de là, Shaka écoutait la conversation, silencieux.

Il savait, lui, pourquoi Saga était fatigué. Et le regard qu’il avait échangé avec le Chevalier de la Balance lui avait appris que Shion et lui se doutaient également de la cause de cette étrange fatigue.

A force de vivre la nuit, Loki allait finir par épuiser les deux Gémeaux…

– N’empêche, je ne sais pas pourquoi je suis fatigué comme ça, reprit Saga. Ce n’est pas comme si j’avais veillé très tard, hier soir !

– Ouais, c’est bizarre, approuva Milo. Tu es peut-être somnambule ? suggéra-t-il, frappé par un éclair de génie.

– Ou alors c’est les phases de la lune, s’empressa de proposer Dokho pour éloigner la discussion du terrain dangereux du somnambulisme. Il y a des gens qui y sont très sensibles… Moi, par exemple, je dors très mal les jours de pleine lune…

Il flanqua une taloche à Milo qui, s’imaginant la scène à sa manière, avait éclaté de rire.

– Ca ne peut pas être ça : hier c’était le premier quartier, objecta Aiolia.

– Comment tu peux le savoir ? s’enquit Shura. Il y avait plein de nuages dans le ciel, hier soir !

Le Lion émit un soupir appuyé.

– Ca se voit que tu ne vis pas avec une femme, répondit-il.

– « Observe les phases de la Lune et tu connaîtras l’humeur de ta dulcinée », approuva Dokho, hochant sagement la tête. [2]

– T’as déjà eu une dulcinée féminine, toi ? fit Milo, dubitatif.

– Il n’y a que les imbéciles qui s’arrêtent au sexe dans la recherche de leur âme sœur, professa le Chevalier de la Balance.

– Tu es bien philosophe, aujourd’hui, remarqua Saga.

– Il faut bien relever le niveau, soupira le Chinois, fataliste.

Pendant ce temps, au centre de l’arène, Camus et Deathmask s’affrontaient plutôt calmement – il n’y avait pas eu d’énorme beuverie la veille, mais les oreilles étaient quand même un peu sensibles et les mines légèrement défaites – certainement à cause de la fatigue.

Enfin, ils s’étaient entraînés calmement, jusqu’à ce que le Verseau prenne un peu de champ, enflamme son cosmos et pointe Angelo du doigt en s’écriant :

Absolute Coldness !

Le Cancer évita de peu le trait de lumière bleue et or qui frappa un rocher derrière lui. La pierre se mit à briller de cristaux de glace bleutés, puis explosa, se désintégrant en une myriade d’éclats qui finirent eux-même en poussière scintillante avant de disparaître complètement.

– Ah, tu le prends comme ça ? gronda Deathmask, tout en arborant un sourire carnassier. Moi aussi, j’ai du nouveau… Deadly Line !!

Saga fronça les sourcils. Il avait senti le Cancer harmoniser son cosmos avec la Toile comme pour faire les Vagues d’Hadès ; mais ensuite, il le vit tendre la main vers le fil qui était… directement relié au cœur du Verseau !

Du coin de l’œil, il vit Milo bondit sur ses pieds et il entendit le cri étouffé d’Aphrodite ; il ouvrit lui-même la bouche pour crier à Deathmask de s’arrêter. Trop tard : l’Italien venait de refermer ses doigts sur le fil dimensionnel avec un sourire triomphant.

Mais comme ils étaient à l’entraînement et pas au cours d’un combat, comme Camus était un de ses collègues et surtout un de ses amis, Angelo se contenta d’un petite secousse.

Alors qu’il aurait pu tuer le Français.

Ce dernier sentit soudain une pointe brûlante lui transpercer la poitrine, lui coupant le souffle, et ne put réprimer un gémissement de douleur. Alors que le Chevalier du Scorpion accourait vers lui pour s’assurer qu’il n’était pas blessé, il adressa un signe de tête et un petit sourire à son adversaire, lui signifiant qu’il acceptait sa défaite. Celui-ci s’inclina, souriant à son tour, mais néanmoins conscient que si Camus ne l’avait pas sous-estimé, ç’aurait été une toute autre paire de manches.

Ignorant leur communication silencieuse, Milo se tourna vers le Cancer et hurla :

– Non mais ça va pas ?! J’ai cru que tu allais le tuer !!

L’interpellé grimaça à l’agression sonore, et haussa les épaules.

– Tu as mal cru, alors. Je n’ai fait que lui envoyer un petit choc au cœur. Regarde : il s’en est déjà remis.

En effet, le Verseau s’était redressé et posa une main rassurante sur le bras de son amant.

– Ne t’inquiète pas, Milo. Je vais bien. (Il s’adressa ensuite à Angelo :) Tu as enfin réussi à tirer parti de ta maîtrise instinctive de la Toile ?

L’Italien hocha la tête.

– Grâce aux explications de Shaka… Mais ça faisait longtemps que cette attaque me trottait dans la tête. Ce n’est pas prudent de n’avoir qu’une seule technique à offrir à l’adversaire… Et toi, qu’est-ce que c’était ?

– Une température négative.

– Ca, je m’en serais douté, merci.

– En Kelvin, Angelo.

– Cékouaça ? fit le Cancer, un sourcil levé en signe d’incompréhension.

– Une température inférieure à zéro Kelvin est quelque chose qui, en théorie, est impossible à réaliser, intervint Mu.

Le Français hocha la tête.

– L’Aurora Execution, qui était ma plus puissante attaque jusqu’à présent, projette un souffle d’air à zéro Kelvin, ce qui correspond à moins deux cent soixante-treize virgule quinze degrés Celsius. [3] Selon la physique moderne, c’est la température la plus basse qu’il est possible d’atteindre, celle où même le mouvement des électrons autour du noyau atomique est gelé. Comme l’a dit Mu, abaisser la température d’un objet en-dessous de zéro Kelvin n’est physiquement pas réalisable. (Il leva une main au creux de laquelle il concentra son aura, formant une petite boule bleue marbrée d’or.) Le faire reviendrait à… (Il lança la sphère sur un autre rocher, qui vola en éclats comme le premier.) … désintégrer l’objet en question. [4]

– Et tu as lancé ça sur moi ?! s’insurgea Deathmask, outré.

– Pas sur toi, Angelo, répliqua le Verseau. J’ai visé à côté.

– Mouais, grommela l’Italien, qui avait quand même senti le faisceau bleu et or le frôler de très près.

– Les garçons, il est midi passé, si on en restait là pour aujourd’hui ? proposa Aphrodite, pris d’un frisson de frayeur rétrospective à la pensée de ce qu’aurait pu subir l’homme de sa vie.

Tous acquiescèrent, la plupart poussés par leur estomac. L’entraînement prit donc fin et les Chevaliers d’Or quittèrent l’arène pour regagner leurs pénates.

Deathmask et Aphrodite firent halte au Temple du Cancer et l’Italien se dirigea d’emblée vers la cuisine.

– Allez, pour fêter ma victoire, je te fais mes pasta recette spéciale !

Les bras de son compagnon l’entourèrent et l’empêchèrent d’accéder au fourneau, à quelques mètres de là, tandis que le Chevalier des Poissons roucoulait à son oreille :

– Moi aussi, j’ai envie de fêter ça. Mais j’ai une autre idée en tête…

Disant cela, il frotta son corps brûlant contre celui d’Angelo pour lui faire comprendre ce qu’il entendait par là. Mais le Cancer était d’humeur joueuse :

– Ah oui ? Et si j’avais perdu, qu’est-ce que tu aurais fait ?

– Mais je t’aurais consolé, bien sûr.

– Donc, ce n’est qu’une sorte de… prétexte, c’est ça ?

– En gros, oui, confirma le Suédois, ponctuant sa réponse d’un coup de langue derrière l’oreille de son amant, endroit qu’il savait extrêmement sensible à ses attentions.

Deathmask émit un grognement de non-protestation et renversa la tête en arrière pour laisser Aphrodite semer des baisers dans son cou, tandis que des mains soigneusement manucurées s’insinuaient sous son t-shirt pour aller redessiner les contours de ses muscles saillants. L’Italien se laissa faire ; il avait l’habitude de mener leurs ébats, mais pour une fois il avait envie de profiter d’une récompense durement gagnée. De toute manière, le Chevalier des Poissons ne lui avait pas demandé son avis pour glisser ses doigts espiègles au dessous de sa ceinture. Angelo poussa un râle de plaisir lorsque son amant trouva la source de ce feu qui lui brûlait les veines, et se cambra pour accentuer le contact. Le Suédois lui mordilla l’oreille tout en continuant à jouer avec lui, jusqu’à ce que le Cancer commence à souffrir de l’étroitesse du vêtement. Alors, il le guida jusqu’à la table juste à côté et se mit en devoir de déboutonner l’offensante pièce de tissu, tandis qu’Angelo plongeait ses doigts dans son opulente chevelure et capturait ses lèvres pour un baiser sulfureux.

Lorsque le désir érigé de Deathmask émergea enfin de sa prison, Aphrodite se laissa lentement glisser le long du corps enfiévré de son amant. Arrivé en face de l’objet de ses attentions, il prit le temps de s’humecter les lèvres tout en lançant un regard torride à celui qu’il tenait à sa merci. Puis il sortit un petit bout de langue qu’il fit doucement remonter le long du membre de l’Italien, comme s’il se demandait comment s’y prendre.

En vérité, il savait parfaitement quoi faire pour rendre le Chevalier du Cancer fou de plaisir, et ne se priva pas de mettre son savoir en pratique. Il jouait savamment de sa bouche, de sa langue et de ses lèvres, mais ses mains ne restaient pas non plus inactives, parcourant sans relâche le corps tendu de son amant.

Celui-ci s’accrochait de toutes ses forces à la table, luttant pour rester passif et profiter au maximum des sensations qui s’offraient à lui, tout en se mordant la lèvre inférieure pour étouffer ses gémissements. Ce n’était pas la première fois qu’Aphrodite lui faisait ce genre de choses, mais il était à chaque fois émerveillé par le talent du Suédois.

Il allait le faire mourir de plaisir. Mais Angelo était prêt à passer de vie à trépas un millier de fois s’il pouvait le faire comme cela…

Cependant le Chevalier des Poissons le soumettait à une douce torture, sans le laisser atteindre la jouissance totale. Il adorait avoir ce pouvoir sur son amant, celui de décider quand lui offrir le plaisir suprême. Il sentit une main se glisser dans ses cheveux, non pas pour le forcer mais plutôt pour attirer son attention, alors que s’élevait au-dessus de lui un murmure rauque :

– Aphrodite…

Il leva les yeux. La vision du farouche Chevalier du Cancer, les doigts crispés presque désespérément sur le bord de la table et son regard bleu-gris tellement assombri par le désir qu’il en semblait noir, lui parut terriblement érotique. Il sourit. Il était temps…

Il intensifia tant soit peu ses caresses et sentit le corps d’Angelo se tendre en réponse. L’Italien cria de plaisir et se répandit dans sa bouche. Puis il se laissa aller en arrière, s’allongeant sur la table, alors qu’Aphrodite se léchait les lèvres d’une langue gourmande avant de venir lui donner un tendre baiser légèrement salé.

– Alors, ces pâtes, tu me les fais ?

Le Chevalier du Cancer retraça du bout des doigts les contours harmonieux du visage aimé et sourit.

– Ouaip. Dès que je pourrai me lever…

 

 

Rien d’exceptionnel ne se passa le lendemain. Kanon avait passé la moitié de la nuit à surveiller le sommeil de Saga, mais Loki ne s’était pas montré. L’ex-Marina était donc allé se coucher, terrassé par la fatigue.

De son côté, Kyrien n’avançait pas vraiment dans son entraînement. Elle semblait troublée par quelque chose, mais le Chevalier n’arrivait pas à savoir ce que c’était. Il avait eu beau lui assurer qu’elle pouvait se confier à lui, elle refusait obstinément de parler.

Le soleil se coucha à nouveau sur le domaine sacré, et l’ex-Dragon des Mers se dit qu’il n’allait pas passer toutes ses nuits à attendre que l’Autre daigne se manifester. Il souhaita donc une bonne nuit à son frère et à son élève et rejoignit sa chambre.

Mais le sommeil ne venait pas sur commande et il eut beau fermer les yeux avec détermination, tourner et virer dans son lit en attendant qu’Hypnos veuille bien s’occuper de lui, il fut incapable de s’endormir. [5]

En désespoir de cause, il se résigna à ouvrir un livre – lui qui avait une sainte horreur de la lecture – et tant qu’à faire, autant faire les choses jusqu’au bout et en choisir un particulièrement soporifique.

Il se leva donc, se dirigea vers l’étagère où trônaient quelques volumes recouverts d’une couche de poussière dont l’épaisseur montrait quel usage intensif il en faisait. Sa main hésita un instant, puis il jeta son dévolu sur La Chartreuse de Parme [6] et retourna se coucher, muni de l’objet abhorré. Il souffla sur la tranche, toussa un peu dans le nuage opaque que cela produisit, et ouvrit le livre.

Il faut croire que Stendhal aurait pu se lancer dans la fabrication de somnifères pour Chevaliers, car Kanon n’avait pas atteint la troisième page qu’il dodelinait déjà de la tête. Il continua néanmoins courageusement, décidé à s’assommer pour de bon, et finit par obtenir satisfaction : le livre glissa du lit et tomba à terre, tandis que lui voguait déjà au pays des songes dans la clarté dorée de la lampe qu’il n’avait pas éteinte.

 

 

Un cri.

Se réveiller.

Une voix, connue mais méconnaissable, déformée par l’horreur et la souffrance. Trop souvent, trop souvent.

Se réveiller.

Mais c’était tellement agréable ici, doux et chaud… loin de la réalité et de sa cruauté, loin des tourments, loin de…

Saga.

Saga, dont la voix torturée résonnait encore et encore dans le Temple endormi…

Se réveiller !

Kanon ouvrit brusquement les yeux, totalement alerte. Son frère… Il fallait qu’il aille voir son frère. Il bondit de son lit, sortit en trombe de sa chambre et enfila le couloir à toute vitesse. Il ralentit à l’approche de la chambre de Saga, ce qui lui permit de voir que la lumière y était allumée. Puis il entendit un murmure indistinct, et fronça les sourcils en franchissant les derniers pas qui le séparaient du seuil. Alors s’offrit à lui une scène surréaliste : Kyrien, qui était manifestement arrivée avant lui, avait grimpé sur le lit et secouait le Gémeau de toutes ses forces dans l’espoir de le réveiller, de faire cesser ses cris, d’apaiser ses souffrances…

Mais Saga était sous l’emprise de l’Autre comme le prouvaient ses yeux grand ouverts, injectés de sang. Insensible aux supplications de la jeune fille et à la force dérisoire de sa poigne, il restait pris dans son cauchemar qui était, à n’en pas douter, pire encore que le premier que lui avait infligé Loki. Les larmes qui brillaient dans les yeux de Kyrien étaient les témoins de sa frustration, du sentiment d’impuissance qui l’étreignait…

– Ecarte-toi, Kyrien.

La fillette sursauta : elle n’avait pas vu son Maître entrer dans la pièce. Mais elle obéit docilement et sortit, désolée de n’avoir pu aider le Chevalier.

L’ex-Dragon des Mers se pencha sur son frère et le secoua à son tour, mais il ne s’adressa pas à Saga :

– Loki ! Loki, je sais que tu m’entends ! Arrête ça, maintenant, tu ne crois pas que c’est suffisant pour cette nuit ?

Aucune réaction, et Saga continuait à rêver. Kanon posa une main sur sa poitrine : sa respiration était haletante entre deux hurlements, son cœur battait beaucoup trop vite. On eût dit qu’il souffrait physiquement…

L’ex-Marina serra les dents.

– Très bien. Je n’ai pas le choix, c’est ça ?

Son aura s’éveilla soudain, et il amorça le geste de frapper son frère au visage. Mais seul son cosmos atteignit l’aîné des Gémeaux, pénétrant son esprit à l’aide de l’Illusion Démoniaque.

 

 

Kanon se trouvait dans un long corridor obscur. Il ne s’était encore jamais introduit dans l’esprit de son frère, et se sentait légèrement mal à l’aise de violer ce qu’il avait de plus intime. Mais il n’avait pas le temps de tergiverser. Il fallait trouver ce rêve et en tirer Saga.

Il longea le couloir, dont les murs et le plafond s’écartaient à mesure qu’il avançait. Une lumière glauque remplaça les ténèbres et l’ex-Dragon des Mers trouva enfin son jumeau. Il eut un hoquet d’horreur en découvrant la scène.

Saga se trouvait au centre, crucifié, écartelé, ligoté comme un supplicié. Du sang se déversait de ses nombreuses blessures, son visage était tuméfié et ses liens lui mordaient cruellement les chairs. Il baignait dans une lumière crue, comme si un projecteur invisible était braqué sur lui ; autour de lui se mouvaient des silhouettes indistinctes qui s’avançaient à tour de rôle pour lui cracher quelques mots au visage, pour le frapper.

D’un bond, Kanon fut aux côtés de son frère. C’est alors qu’il vit les visages des ombres, et toute l’atrocité de l’Autre lui apparut.

Toutes les victimes, directes ou indirectes, de Loki… toutes ces personnes dont la mort ou la souffrance pesait sur la conscience du Chevalier des Gémeaux, même si ce n’était pas lui qui en était responsable…

– J’avais foi en toi ! hurla Deathmask, avant de frapper durement au visage un Saga qui ne réagit même pas. Deux fois je t’ai fait confiance, et deux fois je suis mort !

– Vous nous avez trompé, renchérit un magnifique éphèbe en armure d’Argent dont Kanon ne connaissait pas le nom. Vous nous aviez dit que les Chevaliers de Bronze étaient des traîtres, alors que c’était vous qui trahissiez Athéna.

– Tu m’as manipulé, gronda Aiolia, ponctuant chaque syllabe d’un coup de poing. Quand tu as vu que je ne t’obéissais plus aveuglément, tu as eu peur ! Alors tu as pris le contrôle de mon cerveau…

– Non… protesta faiblement le Gémeau. Je… écoutez-moi…

Mais personne ne tenait compte de ses objections. Une autre silhouette s’avança ; elle avait de longs cheveux verts et deux points de vie sur le front.

– Dire que tout le monde te prenait pour un ange, soupira Shion sans la moindre trace de méchanceté ou de rancune, ce qui rendait ses paroles plus terribles encore. Mais tu m’as tué pour t’approprier le pouvoir…

– Ce n’est… pas… moi, murmura Saga d’une voix exténuée. C’est… l’Autre…

– Cependant tu n’as rien fait pour l’en empêcher, répondit l’Atlante d’une voix douce, se penchant vers lui pour retracer du bout de son ongle une plaie sur le torse du supplicié. Tu l’as laissé faire…

– Non… J’ai essayé…

Deux larmes s’échappèrent de ses yeux, diluant le sang qui marbrait ses joues.

– Et moi, alors ?

L’ex-Marina se tourna vers l’ombre qui venait de parler, et resta pétrifié.

C’était lui. Lui, qui reprochait à son jumeau son emprisonnement au Cap Sunion…

– Comment peut-on traiter ainsi son propre frère ? cracha le Kanon du rêve. C’est à cause de toi si j’ai mal tourné, et pourtant c’est moi qui ai été puni !!

Les liens qui emprisonnaient le Gémeau se resserrèrent, meurtrissant sa chair plus encore ; d’autres s’enroulèrent autour de lui, garnis d’épines qui déchiraient sa peau. Il hurla de douleur, et Kanon comprit que ces chaînes représentaient la culpabilité dans laquelle s’enfonçait son frère, et qui était en train de détruire son âme.

Il fallait qu’il arrête ça !

Mais lorsqu’il tenta de toucher Saga, ses mains passèrent au travers, tout comme le Gémeau ne semblait pas entendre ce qu’il lui disait. L’ex-Dragon des Mers ne faisait pas partie du rêve, il ne pouvait donc pas y intervenir. Par contre, il était persuadé que quelqu’un d’autre était en train d’apprécier le spectacle, aussi hurla-t-il :

– LOKI !! MONTRE-TOI ! LOKI !!!

Un petit rire amusé lui répondit. Kanon se tourna vers sa source et vit apparaître une paire d’yeux étincelants. Puis l’obscurité sembla se concentrer pour former une silhouette qui finit par prendre consistance…

… juste à temps pour recevoir un direct du droit à la mâchoire.

– Depuis le temps que je rêve de faire ça, gronda l’ex-Marina avec un sourire féroce.

Loki palpa l’endroit endolori, puis sourit à son tour.

– Tu tiens vraiment à te battre sur mon terrain ?

Il claqua des doigts et Kanon s’aperçut qu’il était incapable de bouger.

– Libère Saga, réussit-il néanmoins à articuler.

L’Autre eut une petite moue déçue.

– Oh… Juste quand je commençais à m’amuser.

– Tu ne crois pas que c’est un peu disproportionné ?

– Pas du tout ! Je suis juste allé chercher ce qui se trouvait déjà dans son cœur.

– Et cette mise en scène macabre, elle est de lui aussi ? cracha l’ex-Dragon des Mers.

– Non, ça c’est de moi. Plutôt efficace, d’ailleurs…

– Ca suffit. Libère-le.

Du coin de l’œil, Kanon voyait d’autre liens s’enrouler comme des serpents autour de son frère, alors que l’image d’Aioros lui reprochait sa mort.

Loki resta un instant silencieux, puis soupira.

– D’accord. (Comme l’ex-Marina semblait surpris qu’il cède si vite, il lui adressa un sourire qui aurait pu être doux sans cette lueur inquiétante qui brillait dans ses yeux.) Rappelle-toi simplement que la prochaine fois que tu me contrarieras, je ne serai pas aussi gentil… Allez, va-t-en, maintenant.

Il fit un geste de la main comme pour chasser une mouche, et Kanon se sentit aspiré, repoussé hors du rêve et de l’esprit de son aîné. Mais avant d’en être éjecté, il eut le temps de voir le décor et les silhouettes des Chevaliers partir en poussière.

 

 

Le décor familier de la chambre accueillit l’ex-Dragon des Mers lorsqu’il sortit de la transe dans laquelle il avait plongé. Il baissa les yeux et vit les traits de Saga se détendre. Il remua un peu, mais les battements de son cœur s’étaient apaisés et son souffle était redevenu profond et régulier : il dormait.

Kanon poussa un lourd soupir mêlé de soulagement et de lassitude. Il passa une main tendre dans la crinière bleue de son frère, puis se leva et sortit.

– C’est fini ? fit la voix de Kyrien, qui l’avait attendu dans le couloir.

Elle leva vers lui ses grands yeux où brillait l’inquiétude. Une trace humide sillonnait sa joue.

– Oui, c’est fini, confirma le Chevalier.

– Pourquoi… Maître, ses yeux…

Kanon posa une main sur l’épaule de son élève.

– Ce n’était pas un rêve naturel. Il était provoqué par Loki.

– Mais… mais pourquoi ?!? fit-elle, les larmes aux yeux.

Elle était si innocente… Des nombreuses réponses qui vinrent à l’esprit de l’ex-Marina, aucune ne convenait aux oreilles d’une fillette qui n’avait même pas quatorze ans. Aussi finit-il par dire :

– Aucune idée. Tu devrais retourner te coucher…

La jeune fille obéit, mais lorsqu’elle fut dans son lit, les couvertures remontées jusqu’au menton, le sommeil ne vint pas. Dans son crâne tournoyaient sans fin des images de ses propres cauchemars.

Des images où elle se voyait de l’extérieur, à la tête d’une horde de monstres qui dévastaient tout sur leur passage. D’autres, où elle était dans son propre corps, entendant, voyant, agissant sans pouvoir intervenir. Retirant un cœur ensanglanté de la cage thoracique béante du Grand Pope, brandissant à bout de bras les têtes coupées des Chevaliers d’Or…

Elle se roula en boule et laissa ses larmes couler, espérant que lorsqu’elle serait assez épuisée, un sommeil sans rêves la prendrait enfin.

 

~ ~ ~

 

NOTES DE L’AUTEUSE :

[1] : Petit sondage dans mon entourage…

Réponse selon Jayle : « Pour le sport… Il manque d’exercice… *v* » => lol, je ne m’y attendais pas à celle-là ^^

Réponse selon Janus : « Parce que l’auteur a désespérément envie d’écrire un lemon entre moi et lui. » => Je crois que je suis grillée… XD

[2] : Ouais… ben je sais pas s’il y a beaucoup de mecs qui le font, ça… (c’est quand même plus simple de compter les jours, lol) Préhistoire powa ?

[3] : Ouh, que c’était long à écrire, ça… (commence à regretter mon choix d’écrire les nombres en toutes lettres, mwa… ^^;)

[4] : Et vive le baratin pseudo-scientifique à deux balles !!! Gniark, heureusement qu’aucun de mes profs de physique ou de chimie ne lira jamais ça… Sacrilège !! Blasphème !! Que les foudres de la Science s’abattent sur moi !!! En même temps, des gars qui peuvent se déplacer à la vitesse de la lumière, ils devraient être capable de dépasser le zéro absolu, nan ? (Yoyo ne le fait pas, dans le Temple du Verseau, d’ailleurs ???)

[5] : Tsss… la faute aux Bronzes, ça, encore une fois…

[6] : J’ai rien contre Stendhal, c’est juste que… j’ai pas accroché à sa Chartreuse. Mais alors, paaaaaaaaaas du tout…

 

Bon, pas trop de Loki dans cette partie-là… à part dans la tête de Saga, niark. Et honnêtement, je ne sais pas ce qui est le mieux pour not’pauv’ petit Gémeau… Que son alter ego maléfique joue au chat et à la souris avec son frangin ou qu’il s’amuse à le torturer par cauchemars interposés ? Question plus qu’épineuse…

J’adore inventer de nouvelles attaques pour les gens, j’en avais fait plus de 60 pour New Era (tous persos confondus) en français, et là je m’y remets – en anglais, cette fois. Pour Camus, c’était facile, il suffisait d’aller « plus loin » que ses précédentes attaques. Pour DM, par contre, j’ai quand même eu un peu de mal à trouver. Et puis je me suis rappelé que Shaka lui avait expliqué la Toile (ça date de la veille, l’est rapide le bougre, enfin c’est pas un Gold pour rien non plus…) et puis son domaine, c’est quand même un minimum « la Mort », alors voilà…

Sinon, ben… pour le rêve, j’ai essayé de faire pire que le premier… Je sais pas ce que ça donne. (Faut que je me rappelle de ne plus faire faire de bêtises à Kanon, paske j’ai plus d’inspi pour les rêves de son frangin, là…)

A suivre : Réunion des Golds avec le Grand Pope (oui ça aussi c'est hebdomadaire XD), Mu, du café, Mu... et puis un petit peu de Shura aussi. Tout ça la semaine prochaine...

Kissoux qui sentent la poudre !!! (ben oui, pour la grosse artillerie, koa…)

Alake. (In the Navy powa ^^)

 
 
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