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Fiqueuse : Alake Titre : Space Dementia Chapitre : Dix-septième : Et Plus Si Affinités. (oh, c’est joli… un de mes nombres préférés. Nombre premier, et tout… J’en connais un qui va le sentir passer, ce chapitre, NIARK ! Oui, je sais, ça n’a rien à voir, mais il faut bien que je trouve des prétextes pour les faire souffrir, mes persos. Quoi ? Pas besoin ? Cool !!) Base : Mon Petit Poney. En NC-17. Mais bien sûûûûûr… Disclaimer : Ah bon, c’est pas Kurumada, le créateur de Mon Petit Poney ? Autant pour moi… Bon d’accord, j’arrête. (Le vrai disclaimer est dans les NdA, sinon ça gâcherait toute la surprise ^^) Genre : Tiens c’est bizarre, plus ça avance, et moins y’a de Nawak… j'essaie d'en caser par ci par là, mais c'est pas brillant. Par contre, côté Yaoi, Angst et Romance (enfin…), ça bourrine sévère. Rating : NC-17 Avertissement : T’tion, coupling plus que choquant (ah bon ? Ben si vous êtes arrivés jusqu’à ce chapitre c’est pourtant que ça vous choque pas tant que ça, si ?), yaoi, torturage mental de bishos tout innocents qui n'ont rien demandé à personne… Niéhéhé. Spoiler : Y’avait du lemon dans les deux chapitres précédents, vous vous rappelez ? Ben comme on dit : jamais deux sans trois ^^ CHAPITRE 17 ET PLUS SI AFFINITES Lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit, Kanon ne fut pas surpris de voir apparaître Loki. – Dis donc, faudrait voir de planifier les soirs où tu viens, lança-t-il. J'en ai marre de me demander toutes les nuits si je peux dormir tranquille ou pas, moi. L'Autre rigola doucement. – Et si jamais j'acceptais de faire un tel emploi du temps, tu crois vraiment que je le respecterais ? – … Après ce silence éloquent durant lequel l'ex-Dragon des Mers admit tacitement que sa proposition était tout à fait débile, Loki s'étira avec grâce et suggéra : – Bon, on y va ? – Où ça ? fit Kanon, sans grande conviction. – Tu verras bien. Le Chevalier soupira. Pourquoi s’obstinait-il à poser des questions dont il connaissait déjà la réponse – ou du moins, ce qui en tiendrait lieu ? Il se contenta donc d’ouvrir une porte dimensionnelle et se laissa guider par Loki, qui semblait savoir parfaitement où il allait. – On y est presque, déclara celui-ci en effectuant une ultime manipulation de la Toile, qui leur permettrait d’arriver à bon port. J’espère que tu aimes les endroits chauds et pas trop oxygé– Un flash de lumière les aveugla et Kanon eut l’impression que la dimension les repoussait. L’instant d’après, ils s’étalaient fort peu dignement sur le marbre froid d’un sol qui n’était pas sans rappeler celui d’un des douze Temples. Cependant, comme le découvrit l’ex-Marina en relevant la tête, le décor environnant n’était pas l’aride garrigue méditerranéenne à laquelle il était habitué, mais du ciel. Rien que du ciel, bleu et parsemé de petits nuages moutonnants. « Une falaise ? » s’interrogea le Chevalier, tout en se désenchevêtrant de Loki pour s’approcher du bord. « Elle doit être drôlement haute pour qu’on ne voit pas le reste du paysage… » Il parvint à la limite du pavage de marbre et ouvrit des yeux ronds. A travers les nuages, il pouvait apercevoir le sol – lequel se trouvait vraiment très loin en dessous. Quelques kilomètres, au bas mot… – Ben dis donc, faut pas avoir le vertige pour vivre ici, fit l’Autre, qui s’était lui aussi approché. C’est encore pire que Star Hill... Kanon se détourna pour examiner les alentours. Ils étaient à l’arrière d’un bâtiment aux formes arrondies entouré de quelques arbres et, d’après la courbure régulière du rebord, l’espèce de plate-forme sur laquelle ils se trouvaient n’était pas bien grande. – Évidemment, il fallait qu’il y ait quelqu’un dans les parages, grommela l’ex-Dragon des Mers. En effet, un petit personnage rondouillard à la peau ébène arrivait en trottinant sur ses jambes courtaudes. – Bé ?! Qui êtes-vous, vous ?! Je ne vous ai jamais vus par ici, lança-t-il. – Le gardien du Temple ? railla Loki avant que le nouvel arrivant ne parvienne à leur hauteur. – L’habit ne fait pas le moine, » rappela Kanon à son compagnon, avant de s’adresser au petit homme qui ne payait certes pas de mine : « Veuillez nous excuser, nous venons d’arriver… – Vous êtes des amis de Sangoku ? s’enquit leur hôte. Les deux Chevaliers échangèrent un regard perplexe qui ne passa pas inaperçu. – Alors comment êtes-vous venus ? Peu de personnes connaissent cet endroit. – Par hasard, s’écria l’ex-Marina avant que l’Autre puisse ouvrir la bouche. Loki grogna. – Quoi, ce n’était pas ici que tu voulais arriver, si ? fit Kanon en se tournant vers lui. – Nan, on aurait dû arriver là-dedans, répliqua l’Autre en désignant le bâtiment. – Ça s’explique, alors, intervint un nouvel arrivant. L’homme qui venait de parler n’était pas très grand, mais son vêtement orange et bleu laissait entrevoir une musculature compacte et toute sa personne dégageait une aura de puissance latente qui le désignait comme combattant, aussi sûrement que si ç’avait été marqué sur son front. Il était accompagné d’un gamin qui lui ressemblait tellement qu’on pouvait sans risque dire qu’ils étaient père et fils – ou frères, à la limite. Leurs yeux étaient identiques, aussi noirs que leurs cheveux aux coiffures on ne peut plus fantaisistes – et pourtant, l’ex-Marina avait cru connaître le summum de la rébellion capillaire avec Io et Kryshna [1]… – Si vous avez essayé d’entrer dans la Salle, c’était peine perdue : elle est déjà occupée. Ce que je me demande, c’est comment vous vous y êtes pris. Si vous étiez passés par la porte, on vous aurait vus… Kanon ouvrait la bouche pour dire quelque chose – il ne savait pas encore quoi – lorsqu’il sentit le cosmos de son compagnon s’activer. Il se retourna, pour le voir ouvrir un nœud juste devant lui, et y plonger la main en déclarant : – Comme ça. Son poing réapparut juste derrière l’homme et il lui tapota l’épaule. Celui-ci sursauta, regarda alternativement la main et son propriétaire, puis sourit. – Ah, je vois. C’est une sorte de déplacement dimensionnel, si je comprends bien. Ça confirme mon hypothèse : vous n’êtes pas de notre monde, n’est-ce pas ? – Ça n’a pas l’air de vous inquiéter, répondit l’ex-Dragon des Mers, circonspect, alors que Loki refermait son nœud et récupérait sa main. En effet, contrairement au petit homme qui avait prudemment reculé et au gamin qui gobait des mouches depuis un certain temps déjà, leur interlocuteur gardait un sourire aimable et un air décontracté. – Est-ce que ça devrait ? s’enquit-il. – Ça, ça dépend de vous, répliqua l’Autre, avec dans le regard une étincelle que Kanon commençait à trop bien connaître. Voyez-vous, j’ai vraiment très envie de visiter cette fameuse salle. L’homme secoua la tête. – Désolé, mais il est impossible d’y entrer alors qu’elle est déjà occupée et, connaissant Vegeta, il ne sortira pas avant demain. Par ailleurs, mon fils et moi avons également besoin de nous y entraîner une journée. Vous allez devoir attendre… Loki eut un sourire féroce et déclara : – Je ne sais pas qui est ce Vegeta, mais il a intérêt de dégager vite fait. Je n’ai pas de temps à perdre. – Vegeta est le prince des Saiyens, un peuple de guerriers. Ne le sous-estimez pas, il est très fort. En plus, il est entré dans la salle il y a environ quatre heures, ce qui veut dire qu’il a déjà eu deux mois pour s’y entraîner… – Comment ça ? demanda le Gémeau, qui commençait à craindre de comprendre pourquoi l’Autre voulait tant aller dans cette maudite salle. – Vous n’êtes pas au courant ? intervint le garçon, tandis que père se livrait à une farouche bataille de volontés avec Loki. Une année complète passée dans la Salle de l’Esprit et du Temps équivaut à une seule journée à l’extérieur. Kanon se tourna vers son compagnon en poussant un rugissement outré et l’Autre ferma les yeux dans l’espoir de contenir sa frustration. Ce stupide gamin venait de mettre tout son plan à l’eau. Et pourtant, il était bien, ce plan : traîner l’ex-Marina dans la Salle, l’y séquestrer pendant un mois ou deux, et le travailler au corps… Pourquoi rien ne marchait jamais comme il le voulait ? se demanda-t-il en grinçant des dents. Ça serait tellement plus simple. Tellement plus simple… Son cosmos s’enflamma et il s’apprêtait à se passer les nerfs sur cet irritant morveux lorsque Kanon s’interposa. – Loki, qu’est-ce que tu fais ? Tu as oublié notre marché ? – Absolument pas. Mais je ne te vois pas remplir ta part du contrat, alors pourquoi respecterais-je la mienne ? Le Gémeau étrécit les yeux, mais répondit calmement : – Allons-nous en. De toute manière, c’était couru d’avance : comment croyais-tu pouvoir me garder aussi longtemps là-dedans ? – Tu oublies que je peux me montrer très persuasif. L’ex-Dragon des Mers marqua un temps de silence, puis il répéta : – Allons-nous en. – J’ai une meilleure idée, fit Loki, son cosmos flamboyant de manière inquiétante. Je vais tuer ce moucheron et son père, puis virer ce Vegeta de mes deux de cette satanée Salle à coups de pied dans le fondement, et ensuite je m’occuperai de toi. – Ça ne sera pas si facile que ça, intervint l’homme brun, qui avait repoussé son fils derrière lui. Je ne vous laisserai pas toucher un cheveu de Sangohan. Il serra les poings et poussa un rugissement ; une vague d’énergie pure l’entoura alors que sa puissance augmentait de manière faramineuse. Soulevée par son aura, sa chevelure prit une teinte blonde, presque blanche, alors que ses yeux viraient au bleu électrique. Impressionné malgré lui, Kanon glissa à Loki : – Je crois que tu l’as énervé. – Sans blague ? Tant mieux, d’ailleurs : je vais pouvoir l’éclater sans remords. – Pas question ! Tu as vu l’intensité de son cosmos ?! J’ai pas envie que tu endommages le corps de Saga ! – Vous comptez bavarder encore longtemps ? fit le guerrier. L’ex-Marina se tourna vers lui, exaspéré : – Mais vous ne voyez pas que j’essaie de le calmer ? Vous tenez tant que ça à vous battre ? – Moi aussi, je suis un Saiyen. Rien ne me plaît tant que d’affronter un ennemi puissant… Le Gémeau se retint de se taper la tête contre un mur. Pourquoi, dans toute l’immense diversité des dimensions, avait-il fallu que l’Autre le traîne dans ce repaire de fous de guerre ?!? Son regard tomba sur le garçon. Comment son père avait-il dit qu’il s’appelait, déjà ? Ah, oui… – Hé, petit ! Sangohan, c’est ça ? Tu as vraiment envie de voir ton père se battre ? Il pourrait être blessé… Le gamin leva vers lui des yeux emplis de la candeur de l’enfance, et il eut l’impression de voir Kyrien un instant. Mais son visage juvénile était grave et confiant lorsqu’il répondit : – Mon père est l’homme le plus fort de l’univers. Même si votre ami est puissant, il le battra. Mais… (Il jeta un coup d’œil aux deux antagonistes qui semblaient se jauger l’un l’autre.) … Ce n’est vraiment pas le bon moment. Il faut qu’on s’entraîne pour vaincre Cell, sinon il va tuer tout le monde. Vous ne voulez pas attendre quelques jours ? Kanon plongea son regard dans les prunelles noires du gamin, et sentit une vague d’amertume l’envahir. Quelle que soit la dimension, il y avait toujours des enfants obligés de se battre contre des adversaires trop puissants pour eux. Enfin, au moins celui-ci avait-il son père à ses côtés… Il secoua la tête, autant pour chasser ces pensées que pour répondre à la question posée. – Impossible. Nous devons rentrer chez nous. Et puis… Un combat n’est pas envisageable. Je ne veux pas qu’il soit blessé. Le jeune garçon sourit. – Vous l’aimez bien… – Non ! Le regard glacial, les poings serrés, l’ex-Marina se tourna vers les deux autres, qui s’observaient toujours. – Je le hais de toute mon âme, gronda-t-il. Mais je dois le protéger… parce qu’il est dans le corps de mon frère. Et comme d’habitude, il s’ingénie à me compliquer la tâche. Il fixa son attention sur Loki et son adversaire, se préparant à agir. Il faudrait qu’il soir rapide, très rapide… Il repéra en même temps que l’Autre l’infime flexion de muscles qui précéda l’attaque du guerrier et se lança simultanément, ses doigts auréolés d’or tissant la Toile à toute vitesse suivant le schéma qu’il avait dans la tête. Lancé à une vitesse proche de celle de la lumière, Loki vit l’ex-Dragon des Mers débouler juste devant lui et ouvrir un triangle doré dans sa trajectoire. Un juron aux lèvres, il plongea dans le passage dimensionnel, suivi par le Gémeau. Sangoku s’immobilisa – son adversaire avait disparu. Il regarda autour de lui, puis se tourna vers son fils, qui écarta les bras, tout aussi incrédule que lui. Après un instant de perplexité, il finit par hausser les épaules, posa une main sur celles de son fils et le poussa vers l’autre côté du bâtiment. Mais avant de lui emboîter le pas, il jeta un dernier coup d’œil à l’endroit où les deux hommes s’étaient volatilisés et murmura : – Dommage… Empli d’une rage glaciale, Loki plaqua violemment Kanon contre le premier mur qu’il trouva. Le fait que l’ex-Dragon des Mers l’ait privé d’une bonne occasion de se passer les nerfs le mettait moins en colère que la façon qu’il avait de lui mettre tout le temps des bâtons dans les roues. C’était lassant à la fin… Il fallait qu’il lui fasse entrer ça dans le crâne ! – Quand apprendras-tu à ne pas me contrarier ? gronda-t-il, ses yeux sombres lançant des éclairs. – Quand tu cesseras de prendre des risques inutiles avec le corps de mon frère, répliqua froidement le Gémeau. On aurait eu l'air malin, si tu t'étais fait blesser par ce type ! – Tu me sous-estimes. – Non, c'est toi qui te surestimes ! s'écria Kanon. Tu n'as pas senti sa puissance ?!? Tu es inconscient ou quoi ? Incrédule, l'Autre secoua la tête. – C'est pas vrai, tu me prends vraiment pour un faible... dois-je te rappeler qui nous a débarrassés d'Alhen ? – Ouais, merci bien, fit l'ex-Marina en repoussant son compagnon. Il s'écarta du mur et s'éloigna de quelques pas, avant de se rendre compte que Loki l'observait avec attention ; il reprit alors : – Quoi ?! Tu croyais que j'allais te remercier d'avoir tué la seule personne – mis à part Saga – qui ait été gentille avec moi durant mon enfance ? Tu peux toujours courir ! L'Autre, à présent, le regardait comme s'il avait perdu la raison. – Attends, c'est bien de la même personne qu'on parle ?! Alhen, longs cheveux blancs, yeux dorés et ego surdimensionné ? L'homme qui t'a donné plus de coups que tous tes adversaires réunis, qui voulait que Saga t'élimine pour ne plus être encombré par le fardeau que tu représentais pour lui ? Celui qui... – Pas la peine de me rappeler tout ce qu'il m'a fait subir, l'interrompit l'ex-Marina, lui adressant un regard assassin. Je m'en souviens assez clairement tout seul. Non, moi je parle de sa deuxième personnalité. Alhena. Loki haussa un sourcil. – Comment es-tu au courant de son existence ? – Je suis tombé sur elle par hasard en cherchant Alhen, nous avons sympathisé... – Et tu n'en as jamais parlé à Saga. – Pour devoir lui expliquer que lui aussi serait touché par cette malédiction ? Non, merci. – Tu en parles comme d'une maladie honteuse, grimaça l'Autre. – C'est le cas ! répondit Kanon. Tu es un parasite qui pollue le corps de mon frère ! – Si c'est le cas, répliqua froidement Loki, alors ton Alhena adorée était aussi un parasite dans le corps de son hôte... – Non ! Je ne te laisserai pas salir sa mémoire ! L'Autre ricana. – Mais qu'est-ce que tu crois ? C'était la deuxième personnalité d'Alhen, une entité créée de toutes pièces ! Son affection pour toi était liée aux sentiments de son Autre Elle ; Alhen se serait-il mis à t'apprécier qu'elle t'aurait automatiquement détesté. Automatiquement, répéta-t-il en tapotant la poitrine de l'Ex-Dragon des Mers du bout du doigt. Je te l'ai déjà dit, non ? Jamais nous n'avons été autorisés à aimer ou haïr selon nos propres choix... – Pourquoi ? s'insurgea le Gémeau. Qui a dicté cette loi stupide ? Qui est à l'origine de tout ça ? – Je n'ai pas le droit de te le dire, répondit Loki avec un petit sourire triste. Mais qui sait ? Tu l'apprendras peut-être un jour... sûrement plus tôt que tu le crois, même. L'ex-Marina garda le silence. Combien de drames avaient eu pour origine cette satanée règle, depuis des temps immémoriaux ? – Et moi, alors ? s'enquit-il. Tu ne pourras pas me faire croire que Saga me déteste, alors pourquoi ai-je droit à ce... traitement de faveur ? Il prononça les trois derniers mots avec un rictus mi-ironique, mi-dégoûté. En comparaison, le sourire qu'arborait son interlocuteur parut presque sincère. – C'est parce que tu es spécial, mon cher Kanon. C'est tellement amusant de jouer avec toi... pourquoi m'embêter à te torturer, puisque tu le fais si bien tout seul ? – A d'autres. Je veux la vraie raison. L'Autre prit un petit air ennuyé. – Ah zut, tu ne te laisses plus avoir. Un même coup ne marche pas deux fois sur un Chevalier, c'est ça ? fit-il, reprenant une maxime bien connue. Voyant que l'ex-Dragon des Mers se retenait à grande peine de le frapper, il continua : – Bon, d'accord, j'avoue : je suis un peu narcissique. Imaginer ce qu'on ressent en se faisant l'amour à soi-même... ah, ça me donne des frissons. L'expression du Gémeau le fit éclater de rire. – Tu es ignoble ! – Mais non. C'est toi qui passes à côté de tous les plaisirs de la vie en t'imposant des règles stupides. – Désolé d'avoir encore un sens moral, grommela Kanon. – Tu peux, en effet. A quoi ça te sert, franchement ? – C'est comme la politesse : quand tu vis dans une société civilisée, ça peut aider. Loki balaya l'argument et le ton sarcastique d'un revers de main. – Hypocrisie, tout ça. L'homme est fait pour se livrer à ses instincts, prendre par la force ce dont il a envie et jouir de sa courte vie tant qu'il le peut. L'ex-Marina secoua la tête, atterré. – Ce genre de vision simpliste est bonne tant que personne n'est plus fort que toi. Ça ne t'a rien appris, de te retrouver du mauvais côté du bâton ? – Eh non. Je suis incorrigible. Le Chevalier ne s'attendait pas à cet aveu, et encore moins au ton sur lequel il avait été formulé. Incapable de trouver quoi répondre, il se contenta de dévisager son compagnon qui, paupières closes, lui offrait un profil marqué par la lassitude. – C'est fatigant, tu sais ? Si au moins ton frère n'avait pas des opinions aussi tranchées... Ce surprenant interlude prit fin lorsque l'Autre rouvrit les yeux pour les fixer sur lui. – Mais revenons à nos moutons, veux-tu ? Il me semble qu'avant de dévier sur moi et mes petits défauts, cette conversation avait pour sujet toi... et ta punition. – Ma punition ?!? fit Kanon, abasourdi tant par le revirement d'humeur de Loki que par ce nouveau sujet. – Parfaitement : ta punition pour m'avoir empêché de me divertir. (L'ex-Dragon des Mers ouvrit la bouche pour protester, mais il le devança :) Je m'ennuie, Kanon, et tu sais à quel point je peux être inventif quand l'inactivité me pèse... (Il soupira.) Mais je me sens généreux ce soir. Alors si tu es sage, je te promets qu'il n'y aura pas de conséquences fâcheuses. Sinon... Le Gémeau n'avait pas besoin d'un dessin, aussi ravala-t-il la réplique cinglante qui lui venait aux lèvres. Loki ouvrit un passage dimensionnel et il l'y suivit bien docilement. De toute manière, avait-il le choix ? Dans le salon obscur de la suite royale d'un palace quelconque situé dans une dimension plus quelconque encore, une lueur dorée apparut. Elle grandit, encore et encore, finit par déchirer l'espace pour laisser passer deux silhouettes, avant de s'estomper, replongeant la pièce dans le noir. Une voix s'éleva : – Lumière. Et comme par miracle, la lumière fut. – Ben dis donc, c'est moderne, ici, fit une autre voix, teintée d'une note de sarcasme. – Essaie de profiter, au lieu de râler, répondit Loki en sortant de derrière un paravent d'acajou ajouré pour se diriger vers le mini-bar copieusement rempli. C’est quand même plus agréable que le confort spartiate du Sanctuaire, non ? [2] – C’est pas faux, répondit Kanon d’une voix absente, les yeux rivés sur l’écran plat qui occupait une bonne partie du mur. – Si tu veux du spectacle, tu vas en avoir, murmura l’Autre à son oreille, l’arrachant à sa contemplation rêveuse. Mais pas tout de suite, ajouta-t-il en lui montrant la bouteille et les coupes qu’il avait à la main. Champagne ? L’ex-Marina l’observa avec circonspection. – C’est ça, ta punition ? M’amener dans un palace au luxe insolent et me faire boire des alcools hors de prix jusqu’à plus soif ? Loki eut un sourire taquin. – Mais non, voyons. Ça, ce n’est que l’entrée en matière. Ne t’inquiète pas, ça ne fait que commencer… – Si, justement, je m’inquiète. Pour une fois, j’aimerais savoir ce qui m’attend. – Certainement pas ! Ça gâcherait tout le plaisir. – Tout ton plaisir, tu veux dire. – Exactement. C’est une punition, je te rappelle. Où est l’utilité, si tu l’apprécies aussi ? [3] Le Gémeau ne répondit pas ; il s’empara du verre tendu et alla s’enfoncer dans le coussin moelleux d’un des fauteuils qui flanquaient le canapé central où s’installa l’Autre. Tel un fauve, celui-ci s’étira, étendit ses longues jambes et adressa un sourire carnassier à sa proie avant de porter sa coupe à ses lèvres. Le silence tomba ; le Chevalier tenta de savourer son champagne, mais son esprit revenait sans cesse aux instants qui allaient suivre. Il détestait ne pas savoir à quoi s’attendre, ne rien contrôler. Avec Loki, il n’avait jamais le temps d’anticiper et devait se contenter de subir… Cela lui rappelait douloureusement toutes les fois où il n’avait rien pu faire alors que tout autour de lui s’effondrait dans le chaos. Ses premiers souvenirs, à la mort de leurs parents… quand Saga avait commencé à changer, après avoir hérité de l'armure des Gémeaux… la Bataille du Sanctuaire Sous-Marin… celle contre Hadès, lorsqu’après en avoir terminé avec Rhadamanthe du Whyvern, il s’était cru mort… et puis, alors que tout semblait enfin rentrer dans l’ordre, le retour de l’Autre. Il n'avait jamais eu aucune prise sur sa vie... comme s'il n'était qu'un pantin manipulé par quelque marionnettiste sadique pour amuser la galerie. [4] – Arrête de déprimer tout seul dans ton coin, et bois, dit Loki en rampant vers lui sur le sofa pour le resservir. – Arrête de faire ça. – Quoi donc ? s'enquit l'Autre, un air d'innocence peint sur son visage de démon. Te servir à boire ? – Non. Arrête de faire semblant d'être mon ami, ça sonne vraiment trop faux. – Pourtant, ça avait l'air de marcher, de temps en temps. Ça ne compte pas, à tes yeux ? Kanon repensa aux rares occasions où une complicité fugitive les avait unis : la première fois, contre cette bande d'abrutis qu'ils avaient dérouillée, puis lors de ce stupide concours de boisson ; quand ils avaient atterri sur une plage contrôlée par des militaires et enfin, lorsqu'il avait fallu filer de la discothèque au nez et à la barbe des autres Chevaliers. Mais il se remémora aussi chaque fois où Loki s'était montré manipulateur et cruel, chaque moment où il avait dû choisir entre sa dignité, sa conscience et son amour pour son frère, chaque rêve dont il s'était éveillé malade de dégoût, et il répondit : – Non. Ça ne compte pas. Tu n'es rien pour moi, et si je suis là, c'est seulement parce que tu m'as forcé à accepter ce marché ridicule. Loki sourit alors férocement, toute innocence oubliée. – Tu fais bien de me le rappeler : j'avais presque oublié ta punition. L'ex-Dragon des Mers renifla avec mépris, sans le croire le moins du monde. L'Autre n'avait rien oublié du tout ; il avait seulement voulu endormir sa vigilance pour que l'impact soit plus puissant, plus déstabilisant encore. Et bien, il en serait pour ses frais, car le Gémeau ne se laisserait pas impressionner aussi facilement. Pendant qu'il se faisait ces réflexions, Loki s'était levé ; il donna des ordres à la pièce pour tamiser la lumière, mettre la musique d'ambiance au volume minimal et monter le chauffage. Kanon haussa un sourcil, intrigué. Qu'avait-il en tête ? Les yeux de l'ex-Marina s'écarquillèrent légèrement quand l'Autre ôta sa chemise noire avec des gestes lents avant de la jeter aux pieds de son compagnon. Le regard turquoise et interrogatif remonta du bout de tissu sombre aux prunelles obscures fixées sur lui, effleurant au passage les muscles saillants, mis en valeur par les jeux d'ombre et de lumière créés par l'atmosphère chaude et dorée qu'avait choisie Loki – très certainement à dessein. – Qu'est-ce que tu... – Tais-toi, l'interrompit l'Autre. Ne dis rien. Ne bouge pas. Admire juste. Il reprit son effeuillage là où il l'avait laissé. Le Gémeau détourna les yeux. A quoi rimait tout cela ? Une fois entièrement nu, Loki s'approcha du fauteuil et, prenant appui sur les accoudoirs, se pencha pour souffler à son oreille : – Regarde-moi, Kanon. Il n'y avait nulle menace dans la voix sensuelle de l'Autre ; pourtant, l'ex-Dragon des Mers savait que s'il n'obéissait pas, il le regretterait. Il s'obligea donc à fixer son regard sur sa némésis et fut forcé d'admettre ce sur quoi il avait toujours évité de s'appesantir : Loki était beau. Une beauté maudite, celle d'un ange déchu... Ses longs cheveux couleur cendre caressaient son corps à chaque mouvement alors qu'il s'éloignait à nouveau, sans quitter le Chevalier des yeux – ces yeux où brûlait un feu sombre, promesse de plaisirs indicibles comme de dangers mortels. Ses mains se levèrent, comme mûes par une volonté propre, pour aller se perdre dans les rubans d'argent, puis descendre le long du corps sculptural, redessinant chaque courbe, faisant naître d'imperceptibles frissons d'anticipation. Il joua un moment à se surprendre lui-même puis, avec une lueur gourmande dans le regard, il referma ses doigts sur la partie la plus sensible de son être, entrouvrant les lèvres pour exhaler un soupir de plaisir. Jusque là, Kanon avait admirablement bien résisté, se permettant même un ou deux haussements de sourcils moqueurs, histoire de rappeler à l'Autre que ce spectacle le laissait de marbre. Mais ce soupir éveilla un écho dans son esprit, et il se sut perdu quand des images de ses cauchemars jaillirent devant ses yeux, se superposant à sa vision. Son souffle s'accéléra alors que les sensations l'envahissaient, plus vivaces à chaque instant. A ses oreilles résonnaient cris et gémissements, en contrepoint aux soupirs que Loki laissait échapper de plus en plus souvent à mesure qu'il s'avançait sur le chemin du plaisir. Il pouvait presque voir son double onirique aux côtés de l'Autre, le caressant, l'embrassant, le mordillant sans retenue aucune ; il pouvait presque sentir les mains de Loki sur lui, traçant des arabesques de feu sur sa peau embrasée... – Kanon. La voix trancha à travers les brumes de son rêve éveillé. Tout occupé qu'il était, son compagnon devait avoir noté son regard vague et sa respiration haletante, car il le rappela doucement à l'ordre : – Regarde-moi. L'ex-Dragon des Mers se servit de cette voix comme d'une ancre pour revenir à la réalité et, espérant fuir ces visions entêtantes, focalisa à nouveau son attention sur l'Autre. Celui-ci se mordit la lèvre inférieure et intensifia le rythme de ses caresses. Le Chevalier se rendit alors compte que son état ne s'améliorait pas, au contraire : il empirait. Mais il fallait admettre que le spectacle aurait pu réchauffer un iceberg : voir Loki juste devant lui, en train de faire ça, avec ce corps si parfait... ... avec le corps de Saga. Instantannément refroidi, le Gémeau sentit une vague de dégoût le submerger, aussi glaciale que son désir avait été brûlant. Car oui, il avait désiré l'Autre, et son malaise n'en était que plus grand. Il détourna les yeux, mais sa némésis ne le remarqua même pas : haletant, tous les muscles arc-boutés, il luttait pour tenir quelques secondes encore alors que la jouissance menaçait de l'emporter. Kanon l'entendait gémir, soupirer, et n'avait qu'une hâte : qu'il en finisse. Vite. Il commit l'erreur de le regarder à nouveau, et c'est cet instant que choisit Loki pour s'accorder la délivrance, ses yeux sombres plantés dans les prunelles turquoise tandis que son esprit explosait en une myriade d'étincelles blanches. Il se laissa tomber à genoux, encore secoué de soubresauts, peinant à retrouver son souffle. L'ex-Marina resta absolument immobile durant la poignée de secondes qu'il prit pour récupérer, et également lorsqu'il se leva puis se rhabilla. Le regard vide du Gémeau, son visage neutre, semblaient indiquer qu'il n'avait absolument rien ressenti, mais ses phalanges blanchies enfoncées dans les accoudoirs disaient tout le contraire. L'Autre récupéra la bouteille et avala plusieurs longues gorgées de champagne, sans que l'expression de son compagnon ne change. Il lécha ses lèvres imprégnées d'alcool et, se penchant sur Kanon, claqua des doigts juste devant son nez. Le regard turquoise se fixa sur lui et il déclara : – Ah, enfin une réaction ! J'ai cru que tu t'étais transformé en statue. – Tu t'attendais à quoi ? grogna l'ex-Dragon des Mers, retrouvant sa mauvaise humeur. Que je te saute dessus ? – Je ne t'aurais certes pas repoussé, répliqua Loki avec un clin d'oeil, tout en portant à nouveau la bouteille de champagne à sa bouche. – Tu peux toujours courir, grommela le Chevalier en se levant enfin de son fauteuil. Et maintenant, si comme je l'espère tu as fini, est-ce qu'on peut rentrer ? Il dut attendre que la dernière goutte du précieux nectar fût tombée dans le gosier de son compagnon avant d'avoir une réponse affirmative. Soupirant discrètement de soulagement, il ouvrit le Triangle d'Or qui les ramènerait au Temple des Gémeaux. Sourire aux lèvres, Loki s'étendit sur le lit, s'apprêtant à rendre son corps à Saga. La soirée ne s'était pas passée exactement comme il l'avait espéré, mais il était tout de même satisfait. C'était bien du désir qu'il avait vu brûler dans les yeux de Kanon, vite remplacé par le dégoût et le mépris – mais cela, il en avait l'habitude. N'était-ce pas son pain quotidien ? se dit-il avec une pointe d'amertume. Cependant cette étincelle de chaleur qu'il avait réussi à faire naître dans les froides prunelles turquoise était porteuse d'espoir. Un espoir fou : il avait raison, son plan marcherait. Il donnerait à Sujan ce qu'il attendait de lui et obtiendrait son propre corps en échange. Et il serait enfin libre. ~ ~ ~ NOTES DE L’AUTEUSE : [1] : Sans parler de Shion... Heureusement qu’il a jamais vu Hadès (Monsieur « j'ai un méga épi derrière la tête mais c'est passke j'ai dormi pendant des siècles alors ARRÊTEZ DE VOUS FOUTRE DE MA GUEULE NOM DE NOM !!!! », lol) [2] : Ben elle serait contente d’entendre ça, Athéna !! Z’étaient pas ennemies, Athènes et Sparte, d'abord ? [3] : Y’a des gens qui les apprécient, les punitions… Malheureusement, ça m’étonnerait que Kanon soit masochiste (dommage pour lui, mais imaginez la tronche de Loki si ç'avait été le cas… Oo;;) [4] : Gnuh ?!? Comment il a deviné ??? Alors, tout d'abord et comme promis, voici le vrai, le seul, l’unique… DISCLAIMER : Les personnages ainsi que l’univers de Saint Seiya appartiennent à Masami Kurumada et à la Toei (snif). Les guest-stars que sont Sangoku, Sangohan, Vegeta, Popo et la Salle de l’Esprit et du Temps (j’oublie personne ???) sont empruntés à Dragon Ball d’Akira Toriyama. Et tous les autres personnages dont vous n’avez jamais entendu parler autre part que dans cette fic sont à moi, prévenez-moi si vous voulez les utiliser, mici ^^ Ah, et puis j’oubliais : Space Dementia est une chanson de Muse (même si y’a aucun rapport). Niahahaaaaa, ENFIIINNNNN !!!! Eh oui, j'adoooore souffler le chaud et le froid sur ce pauvre petit Kanonichou... (faudrait que je fasse gaffe de ne pas lui coller une pneumonie, d'ailleurs) Evidemment, il n’allait pas tomber directement dans les bras de Loki, faut pas déconner non plus… mais ça avance, tout doucement. Ça se travaille au corps, un Dragon des Mers, ça se cuisine, ça se mijote… ça se mérite, mhuhuhu ^vv^ Pas pour rien que Loki avait prévu un mois ou deux dans la Salle de l’Esprit et du Temps. Manque de bol pour lui, c’est raté. OUINNNNN, comme j’aurais aimé faire un Loki vs. Vegeta !!! (bataille d’ego powa XD) Mais en me documentant un peu, je me suis rendue compte que c’était pas possible, passke ce *grmbll* de Vegeta a voulu passer en premier dans la Salle de l’Esprit et du Temps… Et du coup, j’ai pas pu mettre Trunks non plus. Snif. Dommage, c’est mon perso préféré de DB, et mon premier coup de cœur sur un perso d’anime (enfin, au même moment je craquais aussi sur Hyunkel de Fly et Ikki... ouais, j'aimais les rebelles à l'époque. Les aime toujours d'ailleurs ^^) Et puis je suis sûre qu’il se serait bien entendu avec Kanon… *imagine Vegeta et Loki qui se crêpent le chignon sous les regards désabusés du fiston et du Dragon* … loooool. Et en plus ça rime. Mais bon… ça a pas pu se faire non plus, tant pis… TT L’Autre parviendra-t-il à ses fins ? Quel est son but ultime ? (à part de se faire le meilleur coup de tous les océans, pardon Posy XD) Qui est Sujan ? Quel est son plan, et qu’est-ce que Kyrien vient faire là-dedans ? (ça c'est quand même facile à deviner) Pourquoi est-ce que je n'arrête pas de poser des questions débiles ? Est-ce que cette fic va se finir un jour ? (oui, si je me bougeais un peu le c** pour écrire la suite...) A suivre : Kanon au trente-sixième dessous, Saga pas loin non plus, et tout le monde qui se fait du souci pour eux… Y’a que Loki qui s’amuse dans cette histoire, ma parole !! (c’est ptèt fait exprès ???) En attendant, bizoux bizoux !! Alake |