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Fiqueuse : Alake Titre : Space Dementia Chapitre : Deuxième : Réminiscence Base : Saint Seiya. Eh oui, ça ne change pas. Disclaimer : Toujours pas à moa. Chnif. (enfin sauf une...) Genre : Nawak, un poil de sérieux par-ci par-là, puis ça continue dans l’Angst, avec un peu de Romance… Super facile, la classification, j’vous jure… -_-;; Rating : Nan, c’est toujours pas NC-17… mais je vais y arriver, ne vous inquiétez pas… Avertissement : *générique d’un anime connu* Kanon 1/2… Moitié Nawak et moitié Angst… (oulà, j'arrête de fumer moi...) Spoiler : Ben euh… la suite du chapitre 1, quoi… premier affrontement Kanon/Saga Gris et résultat de la soirée beuverie… Et puis, introduction d’un personnage original. Je ne vous dis pas lequel, SURPRIIIISE !!
CHAPITRE 2 REMINISCENCE Kanon se dégagea brusquement, fit volte-face et recula jusqu’au mur, cherchant l’interrupteur à tâtons. Il le trouva enfin, et la pièce s’illumina. Un instant ébloui, le Gémeau découvrit alors un visage qu’il aurait préféré ne jamais revoir. Celui de la deuxième personnalité de son frère. – Ca faisait longtemps, pas vrai ? fit l’Autre, lui adressant un sourire carnassier. – Qu’est-ce que… je croyais que tu avais été détruit ! gronda Kanon, serrant les poings. – Moi aussi… mais il faut croire que les dieux m’aiment autant que toi, Kanon. – Tu veux rire !?! s’écria celui-ci, outré. – Absolument pas… L’Autre le fixait de son regard sombre, une lueur trouble brillant au fond de ses prunelles injectées de sang. – Je ne te laisserai pas recommencer, déclara l’ex-Dragon des Mers avec force. Je t’en empêcherai. – Mais qui te dit que je veux recommencer ? fit son vis-à-vis. Non… (Se déplaçant plus vite que l’éclair, il plaqua Kanon contre le mur et approcha sa bouche de son oreille pour murmurer :) J’ai d’autres projets… Le Gémeau tenta de se libérer, mais l’Autre le retenait avec une force inouïe – et puis, il faut dire que l’alcool qui saturait encore son corps ne l’aidait pas beaucoup… – Lâche-moi ! s’écria-t-il. L’Autre éclata de rire. – Sinon ? Kanon se contenta de le fixer d’un regard noir, sans répondre. Son assaillant en profita pour continuer : – Tu vas me frapper ? Tu oserais lever la main sur le corps de ton frère ? – Si tu m’y obliges… – Et comment comptes-tu lui expliquer les traces de coups qu’il aura demain en se réveillant ? Rend-toi à l’évidence, Kanon : tu es à ma merci. L’ex-Dragon des Mers resta silencieux à nouveau, mais cette fois c’était parce qu’il ne trouvait rien à répliquer. L’Autre avait raison : s’il tentait quoi que ce fût… A cet instant, les mains qui le retenaient se mirent à trembler, et leur propriétaire serra les dents en marmonnant : – Non… Non ! Pas Maintenant ! (Il lâcha Kanon et recula de quelques pas, se prenant la tête à deux mains.) Reste endormi, imbécile ! L’ex-Dragon des Mers s’écarta du mur et grimaça un sourire. – A ta merci ? Non, je ne crois pas… L’Autre lui adressa un regard haineux. – Ton frère… ne sera pas toujours là pour te sauver… Ce n’est pas fini… Il émit un grognement de rage et s’enfuit en direction de la chambre de Saga. Kanon poussa un lourd soupir et s’assit sur son lit. C’était trop beau pour durer… Sachant qu’il ne pourrait certainement pas s’endormir après ce qu’il venait de se passer, l’ex-Dragon des Mers s’allongea sur les couvertures et laissa son esprit vagabonder dans sa mémoire… La première chose qu’il vit, lorsqu’il s’éveilla, fut le ciel d’un bleu limpide. Il se releva sur son séant, et son cerveau enregistra sans vraiment y penser l’image de tous ces Chevaliers qui, comme lui, venaient d’ouvrir les yeux et regardaient autour d’eux d’un air hébété, un peu perdus. Puis ses idées se mirent en place et son esprit se focalisa sur une seule pensée. Saga. Il se mit à détailler chaque silhouette à la recherche de son jumeau. Lorsqu’il le trouva enfin et que leurs regards se croisèrent, il lut dans les prunelles d’azur le même soulagement, la même émotion que celle qui lui étreignait le cœur. Mus pas une pulsion irrésistible, ils franchirent en un instant la faible distance qui les séparait et tombèrent dans les bras l’un de l’autre, tremblant de tous leurs membres. C’était la première fois depuis des années qu’ils pouvaient faire ce geste, si simple et pourtant si apaisant. La première fois depuis des années qu’ils n’étaient séparés ni par la peur, ni par la haine, ni par leur appartenance à des camps opposés… Le visage caché contre l’épaule de son frère, la respiration hachée, Saga murmurait d’une voix entrecoupée de sanglots : – Kanon, mon frère… pardonne-moi… pardon… Le cœur de l’ex-Dragon des Mers se fissura, libérant le flot de larmes qu’il retenait depuis trop longtemps. Il sentit son frère glisser contre lui et tomba lui-même à genoux, le serrant dans ses bras et chuchotant : – Chhht… c’est fini, maintenant. Je suis là, calme-toi… C’est fini… Totalement oublieux du reste du monde, ils demeurèrent ainsi pendant quelques instants, jusqu’à ce qu’ils sentent chacun une main fraîche se poser sur leur bras. Ils relevèrent la tête de concert et virent alors le sourire ému d’Athéna, l’amour qui rayonnait dans ses prunelles sans âge, puis les visages de leurs compagnons, leurs frères d’armes… Kanon sentit sa gorge se nouer à ce souvenir. Depuis qu’ils étaient revenus – quelques mois à peine – son frère et lui avaient essayé de rattraper toutes ces années perdues. Ils n’étaient d’ailleurs pas les seuls : Shura et Aioros étaient à nouveau, et malgré leur apparente différence d’âge, inséparables ; Deathmask prenait des cours de relations sociales – qui s’étaient d’ailleurs transformés en séances de bouderie – auprès d’Aphrodite, qui tentait lui-même d’apprendre l’humilité ; Dokho profitait de sa deuxième jeunesse pour faire les quatre cent coups sous le regard parfois complice et toujours indulgent de Shion ; Camus se « réchauffait » petit à petit sous les assauts de Milo, et ce dernier avait abandonné son masque de séducteur cynique ; enfin, tous tentaient de vivre en bonne harmonie les uns avec les autres, essayant de corriger leurs défauts, de se rendre un peu plus aimables, moins méprisants, plus humains… Bien sûr, le tableau était loin d’être idyllique. Chacun avait ses faiblesses, ses secrets, ses blessures cachées, et chaque jour amenait son lot d’erreurs et de disputes, souvent anodines, quelquefois plus graves. Cependant, comme le leur avait ordonné la Voix d’airain, ils tentaient autant que possible de tirer les leçons de leurs erreurs passées – Shion, en tant que Grand Pope, y veillait. Mais à présent, tout ce que Saga et Kanon avaient réussi à reconstruire était sur le point de partir en fumée à cause du retour de l’Autre… L’ex-Dragon des Mers serra les poings. Il ne laisserait pas faire ça. Il trouverait le moyen de détruire la deuxième personnalité de son frère, et si ce n’était pas possible, alors il s’arrangerait pour la contrôler, à n’importe quel prix. Saga avait déjà trop souffert de cette malédiction… Alors que le soleil se levait, Kanon fut soudain pris du besoin incoercible de s’assurer que son jumeau allait bien, et surtout qu’il ne se doutait de rien… Il se leva, courut plus qu’il ne marcha vers la chambre de son frère et poussa un petit soupir de soulagement : Saga était bien là, étendu sur son lit, sa longue chevelure serpentant sur les draps comme une rivière d’azur. L’ex-Dragon des Mers s’approcha doucement et remonta la couverture d’un geste tendre. Son jumeau remua, grogna un peu et ouvrit les yeux. – Bonjour, marmonna-t-il. Tu ne t’es pas couché ? Kanon secoua la tête en s’asseyant sur le lit. – Bien dormi ? demanda-t-il avec une petite grimace que son frère, qui était en train de s’étirer, prit pour de la moquerie. – Comme un loir… Mais toi, tu vas avoir du mal à l’entraînement, tout à l’heure. L’ex-Dragon des Mers eut un petit rire qui sonna très faux à ses propres oreilles, mais Saga ne tiqua pas. – Ne t’inquiète pas pour moi, j’étais loin d’être le plus mal en point, hier soir… L’aîné rit à son tour, puis se leva. – Bon, je vais préparer le petit déjeuner. – Moi je vais prendre une douche… N’oublie pas le café ! Très fort !! ajouta Kanon alors que son jumeau disparaissait dans le couloir. L’entraînement, ce jour-là, fut assez pittoresque. La moitié des Chevaliers d’Or étaient affligés d’un mal de crâne titanesque qui les soumettait à une torture atroce à chaque fois que le volume sonore ambiant dépassait le niveau d’un murmure. Deathmask avait promis d’envoyer dans l’autre monde quiconque élèverait la voix à côté de lui et, à son regard, nul doute qu’il mettrait sa menace à exécution sans hésiter… Mais de toute manière, la plupart de ses compagnons étaient dans le même état que lui, et ceux qui avaient échappé au démon de la Migraine – qui vengeait allégrement son collègue de la Boisson, terrassé la veille au soir – étaient plutôt d’un naturel calme. – Heureusement qu’on avait prévu de s’entraîner à huis clos, aujourd’hui, marmonna Milo en se massant les tempes. – Ne m’en parle pas, répondit Shura sur le même ton. Rien qu’à imaginer tous ces gens en train de brailler, hurler et trépigner en même temps, j’en ai mal au cœur… – Vous pourriez parler moins fort ? demanda Aioros en grimaçant. – Je te signale que tu parles plus fort que nous, protesta Milo à voix basse. – Vos. Gueules. Les. Mouettes, grogna Deathmask. – Hé ! Pas la peine d’être aussi vulgaire, s’indigna le Sagittaire. – LA FERME !! s’écrièrent tous ceux qui, autour de lui, avaient eu les tympans vrillés par sa réplique. L’instant d’après, ces mêmes personnes se prenaient la tête en gémissant, leur cri collectif résonnant encore et encore entre leurs deux oreilles… – Arrrgh ! – Au secours… – Aspirine… par pitié… – Je ne boirai plus jamais ! – C’est ce qu’on dit… Saga eut un petit rire – silencieux, pour ne pas heurter les tympans trop sensibles de ses compagnons – et se tourna vers Shaka qui, assis à côté de lui, regardait avec ennui Aldébaran et Aphrodite rater toutes leurs attaques. – J’ai l’impression que nous sommes les plus frais, ce matin… même Camus a l’air complètement cuit… Le Chevalier de la Vierge sourit et répondit : – Et pourtant, je ne pensais pas que c’était possible… – On devrait prendre la relève, suggéra le Gémeau en désignant le Taureau et le Poisson, qui paraissaient ne plus en pouvoir. Ces derniers accueillirent son initiative avec soulagement et retournèrent s’asseoir parmi le reste des Chevaliers d’Or. Les deux volontaires se placèrent au centre de la petite arène. Sans se servir de leurs cosmos, ils commencèrent à s’échauffer en enchaînant quelques coups facilement parés d’un côté et de l’autre. Puis la vitesse et la force de leurs attaques augmenta, de même que le niveau sonore qui devint rapidement insupportable pour les spectateurs. Soudain, un cri retentit : – STOOOOP !! Shaka et Saga s’arrêtèrent et se retournèrent vers la source du hurlement, qui se trouvait assise dans les gradins. Mu, car c’était lui, avait les mains plaquées sur ses oreilles en une tentative désespérée pour se soustraire au fracas du combat. – Vous pouvez pas faire un peu moins de bruit ?! fit-il avec véhémence, aussitôt approuvé par ses compagnons qui grimaçaient, eux aussi incommodés par cette débauche d’ondes sonores. – Je vais les tuer, gémit Deathmask, très pâle. Les deux combattants se regardèrent, désabusés. – Bon, je crois que l’entraînement va tourner court, aujourd’hui, soupira Saga. Shaka acquiesça, avant d’ajouter : – De toute façon, ils ne sont pas vraiment en état pour ça… Ah, elle est belle, la Chevalerie, fit-il avec une pointe de moquerie. Les autres furent totalement d’accord pour interrompre la séance. Par fierté, personne n’avait voulu le proposer, mais tous furent soulagés d’en terminer… Kanon était resté dans son coin, sombre et silencieux. Il repensait aux évènements de la nuit tout en couvant son frère du regard. Le seul point « positif » était que Saga ne se doutait encore de rien. Mais combien de temps cela durerait-il ? Il n’était pas idiot et finirait bien par s’en rendre compte. Et à ce moment-là… L’ex-Dragon des Mers frissonna. Il n’osait pas imaginer quelle serait la réaction de son jumeau s’il apprenait le retour de l’Autre. Il serra les dents, bien décidé à le lui cacher par tous les moyens. Il avait été fou de le lui révéler la première fois, et ne comptait pas commettre à nouveau le même erreur. Jamais… Saga vint vers lui, et Kanon lui adressa un sourire à la fois tendre et triste. Non, il ne laisserait pas l’Histoire se répéter… – Shaka propose d’aller voir l’entraînement des novices. Tu nous accompagnes ? L’ex-Dragon des Mers acquiesça, peu désireux de laisser son frère seul – fût-ce en compagnie de Shaka. La journée passa calmement. Saga se posa bien quelques questions sur le comportement pour le moins étrange de son jumeau, mais il l’attribua à la fatigue consécutive à sa nuit blanche. En effet, Kanon ne l’avait pas lâché d’une semelle, tout en restant en retrait, telle une ombre silencieuse et discrète. Il paraissait ailleurs, comme plongé dans ses pensées ou une sorte de demi sommeil. Après le repas du soir, ils partirent chacun dans sa chambre. Kanon s’allongea sur son lit. Il avait prétexté être las pour s’esquiver, mais Morphée le fuyait – et, de toute manière, il n’avait pas franchement envie de s’endormir pour être réveillé au milieu de la nuit par l’Autre… L’Autre… Il avait appris son existence bien avant Saga. Les souvenirs de ce jour lui revinrent en mémoire, et il se laissa entraîner dans le passé… L’heure de l’entraînement était déjà passée depuis une vingtaine de minutes et leur maître, Alhen des Gémeaux, n’était pas encore là. C’était étrange : jamais encore le Chevalier n’avait été en retard. – Bon, qu’est-ce qu’il fait ? soupira Kanon avec ennui. – Il a dû avoir un empêchement, répondit Saga en haussant les épaules. Nous n’avons qu’à attendre… – Pfff… Et si on commençait sans lui ? suggéra le futur Dragon des Mers. – Tu sais très bien qu’on n’a pas le droit. Il sera furieux s’il l’apprend. – C’est pas drôle ! râla Kanon en envoyant une pierre au loin d’un coup de pied. – J’ai une idée : va le chercher, moi je reste ici. – Ouais, pour que je me fasse engueuler s’il arrive entre-temps ? – Je lui expliquerai, fit Saga d’un ton conciliant. Vas-y. – Mouaif… Ils attendirent encore une minute puis, comme Alhen n’arrivait toujours pas, Kanon partit à sa recherche. Il se rendit au Temple des Gémeaux, appela, sans résultat. Il arriva devant la porte de la chambre du Chevalier. Prenant son courage à deux mains, il frappa. La porte, qui n’était pas fermée, s’entrouvrit. – Maître… ? Le jeune garçon poussa un peu le battant pour jeter un coup d’œil à l’intérieur. Si son Maître le surprenait, il lui en cuirait, mais sa curiosité le démangeait. Il n’avait jamais eu le droit d’entrer dans cette pièce… Son regard s’arrêta sur une silhouette familière : Alhen était là, en armure, lui tournant le dos. Kanon fronça les sourcils, intrigué. Pourquoi n’avait-il pas répondu ? Normalement, il aurait déjà dû être en train de lui crier dessus. Et puis… qu’avait-il fait à ses cheveux ? D’ordinaire blanc argenté, la longue chevelure lisse était aujourd’hui d’un rose pâle assez peu viril… – Entre, Kanon, fit une voix qu’il ne reconnut pas – une voix féminine. Y avait-il quelqu’un d’autre dans la pièce ? Une femme ? Une coiffeuse, peut-être ? Cela pourrait expliquer le retard de son Maître, et son étrange couleur de cheveux… Laissant là ces hypothèses farfelues, le garçon obéit et entra, refermant la porte derrière lui. Alhen se tourna vers lui, et il fut choqué par son regard : à la place des prunelles dorées du Chevalier, deux yeux d’un noir insondable se posèrent sur lui. – Maître ?! Qu’est-ce qu’il vous est arrivé ? La jeune femme – car c’en était une, nul doute la-dessus – sourit et répondit : – Rien de grave, rassure-toi… Alors c’est toi, le deuxième disciple ? Immédiatement sur la défensive, Kanon demanda : – Qui êtes-vous ? Pourquoi portez-vous l’armure des Gémeaux ? – Mais parce que c’est la mienne, tout simplement… Je suis Alhena. – Vous… êtes-vous la sœur de mon Maître ? Le pauvre garçon paraissait totalement perdu, ce qui fit rire la jeune femme. – Pas exactement, non. Je suis l’autre personnalité d’Alhen. Estomaqué, Kanon mit plusieurs secondes pour assimiler l’information. – Mais comment est-ce possible ? finit-il par demander. – C’est le « fardeau » que doit porter tout Chevalier des Gémeaux… répondit doucement Alhena. Un nouveau silence passa, puis un soupçon se fit jour dans l’esprit du disciple. – Mais alors… Saga… – Lui aussi, fit la jeune femme avec une pointe de tristesse. Son autre Lui ne s’est pas encore réveillé, mais ça viendra… un jour où l’autre… Pendant que Kanon réfléchissait, elle l’observa. Penchant la tête de côté, elle dit : – Je me demande pourquoi Alhen te méprise à ce point… – Il dit que je suis inutile, répondit le garçon en haussant les épaules, tentant de cacher son amertume. Mais le Grand Pope l’a obligé à me prendre aussi… – Je vois. (Elle le considéra un instant, puis sourit.) Moi, je t’aime bien. Un esprit fort, rebelle, qui accepte mal l’autorité… J’étais comme ça, moi aussi, à ton âge. – Et vous avez changé, depuis ? demanda Kanon avec effronterie. Il aurait dû craindre qu’elle ne se fâche, mais quelque chose lui disait qu’elle ne le prendrait pas mal. En effet, au lieu de prendre la mouche, elle éclata de rire. – Non, pas vraiment… mais je me suis quand même un peu assagie. Le poids des années, sans doute… (Elle redevint sérieuse et le fixa de son regard sombre.) Je dois te prévenir, Kanon : les deux personnalités d’un Chevalier des Gémeaux sont à l’opposé d’une de l’autre. La deuxième est l’antithèse de ce qui définit la première. Ton frère… Le jeune garçon sentit sa bouche s’assécher. – … est un modèle de bonté et de droiture, termina-t-il. Alhena hocha sombrement la tête. – S’il ne parvient pas à maîtriser son autre Lui… s’il se laisse dominer… – Il deviendra l’incarnation du Mal absolu. La jeune femme le regarda, ses yeux brillant d’une émotion indéfinissable. – Mais il a un atout : toi. Tu sais ce qu’il risque d’advenir, et tu pourras l’aider à se contrôler. Ton rôle sera déterminant, Kanon. Celui-ci acquiesça. Il ouvrait la bouche pour parler à nouveau, lorsqu’Alhena se prit la tête à deux mains et se mit à gémir : – Non ! Laisse-moi ! Il a le droit de… Arrête ! Non !! Le jeune garçon se retrouva cloué au mur, les pieds dans le vide. Son Maître le tenait par la gorge et une fureur intense brûlait dans son regard doré. – Je t’interdis de parler de ça à qui que ce soit, gronda-t-il. Tu m’entends ? Kanon suffoquait. Les poumons en feu, il ne put qu’hocher faiblement la tête, priant pour qu’Alhen le relâche vite. Le Chevalier desserra sa prise et le garçon glissa à terre, haletant. Son Maître le dominait de toute sa taille. – Pas un mot à propos d’Alhena ou de ce qu’elle t’a dit. Si jamais j’apprends que tu en as parlé, tu le regretteras. Il lui jeta un dernier regard méprisant, puis sortit de la pièce à grands pas. Lorsque Kanon eut retrouvé ses esprits, il se précipita vers le terrain d’entraînement. Alhen fit comme s’il ne s’était rien passé, et l’aurait durement châtié pour son « retard » si Saga ne s’était interposé, expliquant que son jumeau n’avait fait que suivre ses instructions. Du coup, pour faire bonne mesure, ils furent punis tous les deux. D’habitude, le Chevalier était sévère et exigeant ; mais cette fois-ci, il avait visiblement besoin de se passer les nerfs sur quelqu’un, et ce fut Kanon qui en fit les frais. Saga se demanda pourquoi leur Maître était dans une telle rage, mais n’osa rien dire. Son jumeau, lui, le savait. Il resta cependant silencieux, se rappelant la menace qui pesait sur lui… Kanon se réveilla en sursaut. Il avait dû s’assoupir sans s’en rendre compte… Il jeta un coup d’œil au réveil : 2h37. Il bâilla à s’en décrocher la mâchoire puis se leva, se demandant pourquoi l’Autre ne s’était pas encore montré. Un soupçon l’assaillit. Et si… Il se précipita jusqu’à la chambre de son frère, ouvrit la porte le plus silencieusement possible et regarda à l’intérieur. Saga était là, dormant du sommeil du juste. La lumière de la lune qui filtrait à travers les volets le nimbait d’une lueur irréelle, soulignant ses traits angéliques d’ombres fantômatiques. L’ex-Dragon des Mers s’appuya contre le battant, submergé par une vague de soulagement. La fatigue s’abattit sur lui comme une chape de plomb. Il tituba jusqu’à sa chambre et se jeta sur son lit ; terrassé par l’épuisement et sa tension nerveuse momentanément relâchée, il sombra dans un lourd sommeil. ~ ~ ~ NOTES DE L’AUTEUSE : Beuh… c’est trop couuuurt !!! En ce qui concerne le souvenir du retour (surtout là, mais aussi dans le reste du chapitre), je vais expliquer un peu mon point de vue. En effet, ça fait peut-être un peu bizarre de voir Kanon dans le rôle du consolateur (on verrait mieux les rôles inversés), mais je pense que Saga a subi beaucoup plus de traumatismes mentaux que son frère, notamment durant la 1e partie d’Hadès, quand il a été obligé d’affronter ses frères d’armes et d’utiliser l’Athéna Exclamation… Kanon, lui, a « eu droit » à sa rédemption, il a subi la Scarlet Needle de Milo et s’est battu pour Athéna, alors que Saga est mort sans avoir été véritablement absous, même si tout ce qu’il a fait durant Hadès était finalement pour le « bien » de sa déesse… D’autre part, Kanon me semble beaucoup plus fort, psychologiquement, que Saga… même sans tenir compte du nombre de personnalités et du manque de stabilité qui en découle, Kanon s’est « fait » tout seul, il a été livré à lui-même et a dû s’en sortir par ses propres moyens, ce qui l’a endurci, aguerri ; alors que pendant ce temps Saga était affaibli, brisé par son Autre Lui. Enfin, là je parle d’après l’épisode du Cap Sunion… Fin de la séance, ça fera 200 euros… ^_~ Ah vi, j’allais oublier : Alhena est le nom d’une des étoiles de la constellation des Gémeaux. Je l’ai « masculinisé » en Alhen, et j’avais prévu pendant un moment d’en faire le nom de Saga Gris… mais ça n'allait pas trop. Et puis de toute manière, j’en ai trouvé un mieux… nananèreuh… A suivre : Réveil en fanfare, et puis euh… je sais pas trop quoi d’autre. Sûrement plein de flash-backs. (exploitons le filon à fond…) Prochaine update : dans une semaine ^^ Alake. |