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Fiqueuse : Alake Titre : Space Dementia Chapitre : Vingt-sixième : Bribes du Passé Base : Saint Seiya. What else ? XD Disclaimer : *soupir* Faut-il vraiiiiiment que je recommence cette torture à chaque chapitre ? Tous ces beaux Chevaliers ne sont pas à moi, quelqu'un en doutait encore ? T_________T Les slaads non plus d'ailleurs, et étrangement, cela ne m'attriste pas plus que ça... Sujan est à moi, par contre. Et puis encore un petit emprunt à un autre univers, en plus des Patryns d'Abri qui sont à Weis et Hickman... Genre : Angst. Yaoi. Nawak (enfin pas beaucoup). Romance (mais où est-elle passée ?). Baston. Rating : NC-17 Avertissement : Violence, yaoi, angst à mooooort, pensées suicidaires... quasi inceste, mais bon maintenant vous y êtes habitués, n'est-ce pas ? Spoiler : Un petit flaskback, d'autres petits flashbacks, beaucoup de questions existentielles et encore des combats... (de plus en plus précis, ces spoilers, z'avez vu ? XD) CHAPITRE 26
BRIBES DU PASSE Ce jour-là, la jeune femme s'éveilla avec une sensation étrange. Immobile, les yeux grand ouverts dans la pénombre de la chambre simple où elle vivait depuis qu'elle avait reçu son armure et son rang de Chevalier d'Argent, elle tenta de replacer ce sentiment diffus, cette impression d'être étrangère à son propre corps. Cherchant à comprendre, elle essaya de se lever, sans résultat. Elle était comme... clouée sur place. Ou plutôt, c'était comme si elle n'avait plus aucun contrôle sur le moindre petit muscle. Elle repoussa la panique qui était en train de l'envahir et s'astreignit à analyser calmement la situation. Elle en était à se remémorer ce qu'elle avait fait la veille avant de se coucher, sans trouver de détail qui puisse l'aiguiller, lorsque son corps se mit enfin à bouger – tout seul. La panique revint, deux fois plus forte, lorsqu'elle se sentit se lever, puis marcher en direction de ce qu'elle devinait être une fenêtre. Mais pourquoi la fenêtre se trouvait-elle à gauche du lit, alors que chez elle, elle était située en face ? Avait-elle glissé dans une autre dimension durant son sommeil ? se demanda-t-elle alors que ses mains, toujours indépendamment de sa volonté, ouvraient les volets pour laisser passer les premières lueurs de l'aube. Impossible, protesta sa logique. Alors quoi ? Un rêve ? Oui, ça doit être un rêve, se rassura-t-elle mentalement. Un simple rêve, une saleté de cauchemar. Elle allait vite se réveiller et... Mais si ce qu'elle vivait était réellement un songe, pourquoi en avait-elle conscience, se demanda-t-elle encore alors que sa main droite repoussait sa longue chevelure dans son dos et que ses pas la menaient vers la petite salle de bain de sa demeure – et dont l'emplacement, encore une fois, ne correspondait pas à celui qu'elle occupait la veille encore. Mais bon, elle n'en était plus à une bizarrerie près, n'est-ce pas... Toutes ces pensées s'évaporèrent face à la stupeur qui s'empara d'elle lorsque ses yeux se posèrent sur l'image trouble que lui renvoyait le miroir de métal poli. Qu'est-ce que... La fraîcheur de l'eau sur son visage la sonna quelque peu, mais lorsque le reflet réapparut dans son champ de vision, plus aucun doute ne fut possible. Ses cheveux s'étaient éclaircis de manière drastique, son regard brun s'était coloré d'un or sombre et chaleureux, et surtout... Son corps était celui d'un homme. Aucun doute possible, à en voir ce visage d'une bonne trentaine d'années, aux traits harmonieux mais incontestablement virils, ce torse ferme et puissant, ces bras dont les muscles roulaient sous une peau tannée par le soleil méditerranéen, ces mains de guerrier posées de part et d'autre du bac empli d'eau. Un petit sourire étira les lèvres fines du reflet alors qu'elle s'entendait prononcer d'une voix masculine, chaude et teintée d'une note de curiosité amusée : – Ah, tu es là... qui es-tu ? Muette de stupéfaction, la jeune femme se demanda si c'était à elle qu'il s'adressait. Elle écouta avec attention, pour savoir si un quelconque visiteur avait pénétré dans la demeure... mais rien. – Si tu veux que je t'entende, fais comme si tu communiquais par cosmos interposé, continua-t-il ; puis son sourire s'élargit, le rendant encore plus séduisant. Tu as de la chance que je sois médium, à mes heures perdues... Bon, en tous cas cet homme avait l'air de savoir de quoi il en retournait... elle décida de lui faire confiance. De toute manière, avait-elle réellement le choix ? Après un cours temps d'hésitation, elle finit par penser : – Je suis Rena, Chevalier d'Argent de l'Horloge. (Elle marqua une pause, et ajouta :) Et toi, qui es-tu ? Pourquoi suis-je ici ? Et d'abord, où est-ce, « ici » ? Comment y suis-je arrivée ? Et... – Wow, wow, wow, doucement. Une question après l'autre, veux-tu ? l'interrompit-il en attachant sa longue chevelure en une queue de cheval haute. Je n'en sais pas beaucoup plus que toi. J'imagine que ce qu'il va se passer aujourd'hui te sera utile d'une quelconque manière... Une touche d'angoisse étreignit l'esprit de la jeune femme. – Que va-t-il se passer, aujourd'hui ? Un petit soupir souleva la cage thoracique de l'homme alors qu'il enfilait une tunique. – Aujourd'hui... c'est le jour de l'affrontement final. S'ils ne parviennent pas à vaincre Sujan, c'en est fini de nous tous. – Ils ? – Les Gémeaux. Rena resta un instant silencieuse. Les Gémeaux, encore... à croire que c'était réellement un signe maudit. Changeant de sujet, elle revint à sa première question. – Tu ne m'as toujours pas dit qui tu étais. – Ah, ça... Je me nomme Tempus, et comme toi je suis un Chevalier d'Argent. Le Chevalier de l'Horloge, pour être exact. C'est sans doute pour cela que notre dieu commun a transféré ton esprit dans mon corps. C'était plus simple ainsi, expliqua-t-il en enflammant son aura pour endosser son armure – celle de l'Horloge, en effet – avant de sortir de la cabane. – Notre dieu ? – Janus. Celui dont est issu cette pourriture de Sujan. Chaque Chevalier de l'Horloge est placé sous la tutelle conjointe de lui et d'Athéna, ne le sais-tu pas ? Si. Elle se rappelait, le jour où elle avait reçu son armure, son Maître le lui avait expliqué. Mais il ne s'agissait que d'une tutelle de principe, étant donné que le dieu avait quasiment perdu tout pouvoir au cours des siècles. Et vu que cela ne changeait rien à ses obligations, elle n'y avait plus pensé jusqu'à maintenant. – Je m'en souviens, répondit-elle. Mais je ne comprends toujours pas pourquoi je suis là. Alors qu'il marchait à pas lents sur le chemin rocailleux menant au coeur du Sanctuaire, elle remarqua que la plupart des ruines qu'elle avait l'habitude de voir tous les jours n'en étaient pas. Les colonnades supportaient des chapiteaux massifs, des coursives offrant un peu d'ombre ou un abri contre les pluies torrentielles qui s'abattaient parfois sur le Domaine Sacré. Au loin, ce qu'elle supposait être les baraquements des novices, étaient bien plus imposants que ce qu'elle connaissait. Elle se demanda à quelle époque elle pouvait bien se trouver. Antiquité ? Oui, ça collait avec le confort rudimentaire de la demeure de son hôte... Lequel, après avoir salué d'un hochement de tête quelques gardes à la mine sombre, reprit : – Je ne peux que faire des hypothèses... mais je suppose que le combat d'aujourd'hui t'apportera des éléments capitaux une fois rentrée chez toi. Êtes-vous en guerre ? s'enquit-il à tout hasard. – Non, répondit-elle alors que la douleur des morts, collègues et amis qu'elle avait dû enterrer, envahissait son esprit. Les Guerres Saintes sont terminées... du moins, je l'espère. Il y en a déjà eu trop... beaucoup trop. – Je l'espère aussi, assura le Chevalier d'une voix pleine de compassion. Mais il ne se leurrait pas : dans quel but, si ce n'était pour offrir contre tout espoir une chance de victoire à son camp, Janus avait-il envoyé Rena ici, à cette époque ? Et en ce jour précis, qui plus est... Afin de vérifier ses conjectures, il posa une nouvelle question : – Peux-tu me dire si tu viens du passé ou du futur ? – Eh bien... Si comme je le crois, nous nous trouvons dans l'Antiquité grecque... – Nous y sommes, confirma-t-il sans hésiter. [1] – Alors je viens du futur. Deux ou trois mille ans, si ce n'est plus. Il poussa un petit soupir. – Bon. Il y a au moins un point positif, dans ce cas : Sujan ne réapparaîtra pas avant quelques millénaires... Cependant l'amertume de sa voix montrait à quel point il doutait que cela vaille la valeur des sacrifices consentis jusqu'ici – et de ceux qu'il restait encore à faire. Rena garda le silence, réfléchissant de son côté. Rien ne pouvait indiquer qu'une nouvelle Guerre Sainte allait se déclencher à son époque... mais on n'était sûr de rien. Un conflit éclatait si vite... il suffisait qu'une divinité quelconque décide que c'était le bon jour pour envahir la planète ou exterminer l'espèce humaine, et les Chevaliers d'Athéna devraient se battre. Encore. Elle songea à ses élèves. Ils avaient été épargnés jusqu'à présent... En serait-il de même si une nouvelle Guerre Sainte avait lieu ? se demanda-t-elle avec tristesse. Elle n'eut pas le temps de s'appesantir sur ces sombres pensées : une jeune fille d'une vingtaine d'années, peut-être moins, était en train d'approcher au pas de course, sa longue chevelure écarlate ondulant au rythme rapide de ses foulées. Un petit sourire tendre se forma sur les lèvres de Tempus. – Eeriyah, dit-il doucement. Êtes-vous prêts ? La jeune fille hocha la tête, le visage grave. – Autant qu'il est possible de l'être avec si peu de préparation. Maître... (Elle leva sur le Chevalier des prunelles violettes où se mêlaient la crainte, la résignation et une détermination farouche.) Je voulais vous remercier. Pour tout ce que vous avez fait. Pour tout ce que vous m'avez appris... et tout le reste. Pour la première fois depuis son éveil dans ce corps, Rena sentit un sentiment s'échapper de l'esprit soigneusement gardé de Tempus. Douce et poignante, l'affection paternelle qu'il éprouvait pour son élève traversa la conscience de la femme-Chevalier comme une traînée de miel acide. Acide, car elle sentait également le chagrin qui étreignait le coeur de son hôte à la pensée que peut-être, l'apprentie qu'il considérait comme sa fille ne verrait pas l'aube suivante se lever. Le Chevalier s'approcha de la jeune fille et la prit doucement dans ses bras. Rena perçut la manière dont elle se raidit de surprise, puis se détendit avant de rendre son étreinte à son Maître avec force. Ils restèrent ainsi quelques instants, puis Tempus essuya les deux larmes qui s'étaient échappées des grands yeux violets d'Eeriyah, et dit : – Il est temps d'y aller. Son élève hocha la tête, lui adressant un sourire courageux. – Allons botter les fesses de Sujan ! fit-elle, d'un ton un peu trop enjouée pour être sincère. Tous deux se mirent en route vers les portes du Sanctuaire symbolisées par un étroit défilé entre deux hautes falaises, où était assemblé un petit groupe de Chevaliers. – Où sont les autres ? ne put s'empêcher de demander Rena. Elle avait remarqué l'éclat caractéristique d'une armure d'Or, mais son hôte s'était tourné dans une autre direction et elle ne la voyait plus. Que faisait ici un des gardiens des douze Maisons ? N'était-il pas censé protéger le chemin menant au Temple d'Athéna ? – Nous sommes tous là, hélas, lui répondit mentalement Tempus. Cette Guerre a commencé il y a plus d'un an déjà, et elle a décimé nos rangs. Nous ne sommes guère plus d'une vingtaine, à présent. (Il poussa un petit sourire amer.) Cette bataille est réellement notre dernière chance... Il jeta un regard vers l'endroit où était Eeriyah, et la femme-Chevalier reconnut cette fois l'armure des Gémeaux, non loin de la jeune fille. Mais elle n'eut pas le temps d'en voir plus : les premiers ennemis arrivaient. Durant les heures suivantes, elle assista à l'âpre lutte des défenseurs du Sanctuaire contre leurs envahisseurs à la solde du Chaos. Le combat semblait perdu d'avance, et pourtant les Chevaliers résistaient, encore et encore. Le corps de son hôte se couvrait de blessures à mesure que les minutes s'égrenaient, cependant il restait debout et se battait avec une pugnacité sans faille. Il était puissant, plus qu'un Chevalier d'Argent ordinaire – et, bien que cela lui coûtât de l'admettre, certainement plus qu'elle. Elle en était à se demander d'où il tirait cette force hors norme, lorsque le champ de bataille devint soudain étrangement silencieux. Tempus lui-même cessa de se battre pour se tourner vers la source de cette puissance écrasante qui venait de faire son apparition aux portes du Domaine Sacré. Le nouvel arrivant faisait singulièrement déplacé dans cet environnement. Grand et mince, l'air presque fragile, la peau chocolat et doté d'une longue chevelure blanche qui ondoyait sur ses épaules malgré l'absence du moindre souffle de vent, il promena autour de lui son regard où dansaient toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, un rictus cruel aux lèvres. – Me voici enfin au Sanctuaire, déclara-t-il d'une voix douce, caressante, en totale contradiction avec le cosmos multicolore et agressif qui était en train de se déployer autour de lui. Le chevalier des Gémeaux s'avança et Rena fut surprise de voir l'élève de son hôte enflammer également sa cosmo-énergie, d'une douce teinte dorée. – ... Elle ne trouva même pas les mots pour exprimer son incrédulité. C'était de la folie... Son hôte partageait apparemment son avis, mais il expliqua néanmoins : – Ils sont du même sang. – Mais il n'y a qu'une seule armure... affronter un dieu... sans protection... – Je sais, fit-il d'un ton amer. La jeune femme suivit le regard de Tempus, observant les adversaires de la divinité. La même force coulait dans leurs veines, comme c'était souvent le cas... elle songea aux gardiens du Troisième Temple de son temps. Un seul d'entre eux avait eu droit à la reconnaissance et à la place à laquelle tous deux auraient pu prétendre, pendant des années... s'ils avaient été traités en égaux, Kanon aurait-il aussi mal tourné ? Combien de drames aurait-on pu éviter ? Asgard, la bataille contre Poséidon... l'ex-Marina aurait peut-être même été capable de maîtriser la deuxième personnalité maléfique de son frère... oh, grands dieux... – Ça va commencer, la prévint le Chevalier, interrompant le sombre cours de ses pensées. A travers les yeux de son hôte, Rena fut témoin du combat le plus grandiose, le plus terrible qu'elle ait jamais vu. Sujan parait de ses mains gantées de blanc les coups de ses adversaires, les envoyait rouler dans la poussière en riant, mais ils se relevaient, encore et encore, et revenaient à la charge. Quelques attaques finirent par porter, provoquant la rage du dieu. L'affrontement continua pendant un temps qui parut infini à ceux qui y assistaient, inquiets de son issue. La femme-Chevalier percevait chaque frémissement intérieur de Tempus, lorsqu'un coup un peu plus puissant atteignait l'un des Gémeaux... Et puis ce fut l'attaque finale. Exténués par le combat, les adversaires de la divinité allèrent chercher au fond d'eux leurs ultimes ressources, et l'explosion qui suivit fut d'une puissance telle que Rena sentit le corps de Tempus soulevé comme un fétu de paille. Ses vertèbres craquèrent quand il alla s'encastrer dans la paroi d'une falaise, à plusieurs dizaines de mètres de là. Sonné, le Chevalier tomba à genoux, et ramassa comme dans un rêve un éclat de métal doré qui s'était échoué à ses pieds. Le morceau tomba en poussières au creux de sa main, comme rongé par de l'acide. Puis ce fut le noir. Lorsque Rena ouvrit les yeux à nouveau, le soleil était déjà haut dans le ciel. A peine le soulagement d'être revenu dans son propre corps l'envahit-il, qu'elle se rendit compte d'autre chose : elle pleurait. Elle qui n'avait pas versé une seule larme depuis des années, se retrouvait à sangloter comme une enfant sur le destin cruel de ces Gémeaux des temps anciens. Levant ses mains pour essuyer ses pleurs, elle s'aperçut que son poing gauche était fermement serré autour de quelque chose... De la poussière d'or. De la poussière d'armure d'Or, même, réalisa-t-elle en ouvrant les doigts avec précaution, alors que les derniers souvenirs de son escapade dans le passé lui revenaient en mémoire. C'est alors qu'elle les sentit. Les combats. Ils faisaient rage dans l'arène où les Chevaliers d'Or avaient l'habitude de s'entraîner chaque jour. Sentant l'aura du Grand Pope parmi eux, elle bondit sur ses pieds sans se poser plus de questions et saisit une boite en bois sur son étagère, dans laquelle elle transféra avec soin la poignée de particules dorées qu'elle avait ramenée elle ne savait comment du passé. Puis elle appela son armure et prit sa course en direction du lieu de l'affrontement, avec une seule pensée à l'esprit : Athéna, faites que j'arrive à temps. Au sommet de Star Hill, Kanon affrontait toujours le dieu chaotique qui possédait le corps de Kyrien. Son Écaille commençait à montrer des marques de la force divine de Sujan. Celui-ci, nonchalant, poussa un petit soupir en essuyant le filet de sang qui s'échappait de sa bouche. – Tu aurais dû entraîner ton élève davantage, mon petit Kanon. Elle n'est vraiment pas assez résistante. – Tu n'as qu'à te tirer de son corps, si t'es pas content, grommela le Chevalier en se redressant. La quadruple attaque élémentale qu'il venait d'encaisser l'avait quelque peu déstabilisé sur ses appuis. – Je veux bien, mais où irai-je alors ? – Pas mon problème. Une expression peinée s'afficha sur le visage juvénile de la fillette. – Alors ça, c'est méchant. Je ne demande pas grand-chose pourtant, juste un hôte convenable... (La moue fit place à un air intéressé.) Dois-je comprendre que tu te proposes de la remplacer ? – Tu peux toujours courir ! Un réseau de filaments colorés s'enroula autour du Gémeaux, qui tenta de s'en débarrasser – en vain – alors que le dieu s'approchait. – C'est pourtant une bonne idée... ton corps magnifique me rendrait certainement plus justice que celui de cette gamine maigrelette... et il est également plus résistant... plus puissant... Un doigt fin caressa la joue de Kanon, descendit dans son cou pour finir sa course sur son torse, dont il redessina les courbes viriles. – Ne me touche pas, siffla le Dragon des Mers en enflammant son aura, toujours sans grand succès. – Oh, c'est vrai, nous sommes narcissique, n'est-ce pas ? fit la divinité avec un petit rire flûté. Une flamme multicolore l'enveloppa et, lorsqu'elle se dissipa, Loki se tenait en lieu et place de la jeune fille. – Est-ce mieux ainsi ? sussura le démon de sa voix profonde, sensuelle. Comme on dit, qui se ressemble... s'assemble... Toujours ligoté, le Chevalier regarda avec horreur sa némésis se pencher vers lui, enfouir son visage dans son cou, lui mordiller délicieusement la gorge. Une vague de dégoût lui souleva le coeur, et il ne chercha pas à savoir si c'était envers le dieu qui se jouait de lui, ou à cause de ses propres actes passés ; l'important était que cela lui donna la force de se débattre à nouveau, d'échapper à ce contact répugnant en brisant les chaînes de cosmos qui le retenaient prisonnier. – Ne t'approche pas de moi !! Sourire aux lèvres, Sujan reprit l'apparence de Kyrien et fit un pas en arrière pour éviter la décharge de pouvoir que lui adressa l'ex-Marina. – Décidément, j'ai un faible pour les Gémeaux... Tu me plais, joli saphir. Cela te dirait-il de rejoindre mon harem ? Je pourrais faire de toi mon favori... Carrément estomaqué par la proposition déplacée de la divinité, Kanon hésita une seconde entre éclater d'un rire incrédule et entrer dans une colère noire. Ce fut la colère qui l'emporta, en fin de compte. – Tu te moques de moi ?! rugit-il. Plutôt mourir ! – Quelle ingratitude. « Plutôt mourir », dis-tu ? Eh bien, ça peut s'arranger... Son cosmos brûlant haut et fort, le Dragon des Mers s'apprêtait à attaquer une nouvelle fois son adversaire lorsque soudain, quelque chose se brisa en lui. Suffoquant, il tomba à genoux, les mains crispées sur sa poitrine, sous le regard intrigué du dieu qui, étonnamment, n'y était pour rien. Non... ce n'était pas possible. Non... non. Le lien qu'il partageait avec son jumeau... qui jusqu'à présent le rassurait en permanence, lui indiquant que Saga était toujours en vie... Ce lien venait de disparaître. Une nouvelle fois, Shion quitta des yeux le champ de bataille qu'était devenue l'arène d'entraînement, pour les lever vers Star Hill. La perturbation, la souffrance soudaine qui se dégageait du cosmos de l'ex-Dragon des Mers, n'augurait rien de bon. Cependant, il fut vite contraint de reporter son attention sur ce qu'il se passait autour de lui, notamment sur la nouvelle créature qui était en train de sortir du portail dimensionnel. Haute de plus de trois mètres, sa peau écailleuse était d'un blanc immaculé, rendu presque aveuglant par le soleil méditerranéen. Étrange croisement entre une grenouille et un tyrannosaure, le slaad blanc émit un coassement guttural et assourdissant aussitôt qu'il posa le pied dans le sable de l'arène. – Ow ! C'est bon, pas la peine de brailler pour qu'on te remarque... C'est pas comme si tu passais inaperçu, lourdaud, protesta Milo en grimaçant, l'auriculaire planté dans son oreille droite. Remarque qui lui valut un regard désabusé de la part de ses deux voisins. Sans proférer une seule parole, Camus lança une Poussière de Diamant pour tester la puissance de leur adversaire, alors que Deathmask concentrait son cosmos pour visualiser les fils de la Toile entourant le slaad dans l'espoir d'en finir au plus vite. Dépité, le Scorpion considéra l'un, puis l'autre, et passa sa rage sur une des dernières bestioles bleues qui venait de l'attaquer par derrière en marmonnant des « Pas drôle », « Aucun humour » et « Te jure, pfff ». Cependant lorsqu'il se retourna quelques instants plus tard pour faire à nouveau face au monstre blanc, sa rancoeur feinte le déserta. Angelo était étendu à terre, sonné, et le Verseau crachait du sang, à genoux dans le sable. Milo cligna des yeux, stupéfait. Comment cette créature avait-elle réussi à mettre deux Chevaliers d'Or dans cet état-là, en si peu de temps ? Il n'eut pas le temps de se poser plus de questions, car le slaad blanc ouvrit sa gueule garnie de crocs acérés et projeta dans sa direction un globe de matière multicolore, qu'il évita de justesse. La boule de chaos s'écrasa à une dizaine de centimètres de lui et quelques éclaboussures l'atteignirent, laissant sur son bras et sa jambe ce qui ressemblait à de profondes brûlures. Un rictus féral fit son apparition sur ses lèvres, et il fit craquer ses phalanges. Cette sale bestiole avait osé toucher à un de ses amis et surtout, surtout, à l'homme de sa vie. Elle allait le payer très cher. Le cosmos doré du Scorpion explosa, largement alimenté par sa colère, soulevant des paquets de sable alentour et attirant l'attention intéressée du slaad. Voilà une occasion rêvée pour étrenner ma nouvelle technique, se dit Milo, alors que sa main s'auréolait d'une lueur carmine qui se concentra bientôt autour de son index droit, dont l'ongle avait pris la forme caractéristique de l'Aiguille Écarlate. Autant son attaque fétiche était dans son ensemble, longue, propice à la réflexion et à la rédemption – ou à la torture, selon le point de vue – autant celle qu'il s'apprêtait à porter était... eh bien, tout le contraire. Car avec toute la bonne volonté du monde, il y avait certains ennemis auxquels on ne pouvait se permettre d'offrir la moindre échappatoire. Celui-ci en faisait partie. Seul désavantage : elle était longue, très longue à mettre en place. Et comme elle accaparait une bonne partie de son cosmos, le Scorpion se retrouvait pendant ce temps-là quelque peu... démuni. Qu'à cela ne tienne, il n'aurait qu'à courir très vite. Résolution qu'il mit en pratique immédiatement en se ruant vers un point un peu à gauche de la bestiole. Prenant appui sur son pied gauche, il pivota à angle droit en laissant une traînée lumineuse dans son sillage. Son poing entra violemment en contact avec la mâchoire massive du slaad stupéfait par son brusque changement de trajectoire, le déstabilisant légèrement. Mais Milo ne poussa pas son avantage ; il préféra bifurquer à nouveau et s'éloigner, pour revenir à la charge ensuite, encore et encore. Cependant la créature avait saisi son manège, et l'attendait de griffe ferme. Le Chevalier dut éviter un coup de patte dégoulinant de chaos, et son pied ne fit que ripper sur la peau écailleuse de son adversaire. Mais peu lui importait que ses coups portent, du moment qu'il parvenait à gagner suffisamment de temps pour exécuter sa technique... Malheureusement, ce slaad-là était loin d'être idiot. Et le comportement étrange de son adversaire l'intriguait, tout comme les infimes traces de cosmos qu'il déposait à certains endroits bien précis de la Toile à chaque aller-retour. Bien, se dit le Scorpion en s'éloignant encore une fois, avant de repasser à l'attaque. Plus que neuf... Une main se posa sur son bras. Il jeta un regard à Camus, sans se départir de sa concentration – la clé de toute cette préparation. – Cette attaque ?! fit le Français d'un ton incrédule. Tu es fou !! Elle n'est même pas encore achevée... Un muscle joua dans la mâchoire du Scorpion. – Tu as une meilleure solution ? gronda-t-il. La pression sur son bras s'accrut. – Laisse-moi t'assister, au moins. Je peux l'immobiliser... – Et subir ses coups tandis que je termine de tout mettre en place ? Certainement pas ! Il est autrement plus dangereux qu'un ours blanc, même s'il en a la couleur ! – J'avais remarqué, répliqua froidement le Verseau en enflammant son aura glaciale. Laisse-moi t'aider, répéta-t-il d'un ton péremptoire. Soupirant, le Grec finit par acquiescer. Il se lança à nouveau à l'attaque, tandis que Camus se déplaçait de manière à prendre le slaad à revers. Cependant celui-ci avait mis cette courte pause à profit : une violente onde de choc balaya l'espace autour de lui, soufflant les deux Chevaliers et chassant l'air de leurs poumons, fêlant au passage quelques côtes. Elle modifia même légèrement la Toile, ébranlant le fragile édifice que Milo avait commencé à y construire – il n'était peut-être pas aussi habile qu'un Bélier ou aussi destructeur qu'un Gémeaux, mais il se basait néanmoins instinctivement sur le tissu dimensionnel, ne serait-ce que pour ses perceptions – comme tous ses compagnons. Serrant les dents, le Scorpion se releva et vérifia d'un regard que son amant n'était pas sérieusement blessé. Le voyant se redresser à son tour, il focalisa son attention sur le slaad à nouveau. Celui-ci sembla sourire et leva une patte griffue pour lui faire signe d'approcher. – Viens, petit humain, fit une voix grave et grinçante dans son esprit. Amuse-moi... Un rire discordant suivit, et Milo tenta de ne pas se laisser distraire, canalisant à nouveau sa fureur pour alimenter son cosmos. Un coup d'oeil échangé avec Camus, et tous deux repartirent à l'attaque. La bête était agile et résistante, chacun de ses gestes était effectué avec une précision redoutable. Le t-shirt du Grec fut réduit en lambeaux en même temps que quatre longues estafilades s'ouvraient sur son ventre. Il se plia en deux, le souffle coupé par la brûlure du chaos qui le rongeait comme de l'acide. Le Français, quant à lui, se vit incapable d'éviter totalement une orbe multicolore. Il hurla lorsque la chair de son épaule droite commença à se dissoudre sous la substance corrosive et tenta vainement d'apaiser la souffrance en couvrant ses plaies d'une pellicule de glace. La bête immaculée envoya une nouvelle onde de choc dans l'intention de les achever tous les deux. Elle y serait parvenue, si un bouclier de cosmos ne s'était érigé à la dernière seconde entre elle et ses proies. Bien campé sur ses deux pieds, les bras tendus devant lui pour maintenir la barrière protectrice, Angelo tourna légèrement la tête et leur envoya un sourire carnassier. – Ben alors les enfants, on baisse sa garde ? – C'est toi qui dit ça ? grommela Milo en se redressant, la main pressée sur son ventre sanguinolent. Rappelle-moi qui était en train de piquer un roupillon au milieu du champ de bataille, il n'y a même pas deux minutes ? Grimaçant légèrement, Camus acquiesça en silence. – Bande d'ingrats, répliqua le Cancer. Ça m'apprendra à sauver vos fesses. Il attendit que ses compagnons le rejoignent pour laisser tomber sa barrière. Milo était en train de rebâtir à la hâte le contrôle de son attaque, qui était en train de lui échapper. Le voyant intensément concentré, le Verseau murmura à Deathmask : – Une fois sa technique terminée, éloigne-le immédiatement du slaad. – Gnuh ? fit l'Italien, perplexe. Et comment je saurai qu'il a fini ? – Tu le verras. Ignorant les élancements de son épaule meurtrie et son bras inutile, le Français se lança à l'assaut de la forteresse blanche. Un Meikai Ha et deux Deadly Line plus tard, Angelo se résolut à lui emboîter le pas, ses attaques n'ayant réussi à déstabiliser la créature que quelques secondes à chaque coup. Cependant, il avait eu le temps de remarquer que les coups du Maître des Glaces n'avaient pour but que de distraire leur adversaire, laissant Milo libre de ses mouvements. Et peut-être aussi, de l'amener à un endroit précis de l'Arène. Mais pourquoi ? Perplexe, il regarda autour de lui... Et soudain, il comprit. Treize, quatorze... oui. C'était bien ça, et le coup d'estoc était imminent. Le visage déterminé, le Grec se jeta une dernière fois sur la bestiole qui leur donnait tellement de fil à retordre. Cependant cette fois, il ne s'éloigna pas. Non, il lui faucha les jambes et parvint à le mettre à genoux ; dans le même temps, le Cancer lui brisa une rotule et le Verseau lui gela l'autre, tandis que le Scorpion l'agrippait par derrière, et le maintenait en place tout en faisant brûler son aura jusqu'à son extrême limite. L'énergie incandescente enflamma les quatorze fils ténus reliant la créature aux points que Milo avait marqués de son empreinte cosmique. Ceux-ci se mirent à luire autour du duo d'ennemis, formant un large éventail d'un côté, un long crochet de l'autre. La constellation du Scorpion s'éveillait, entrait en résonance avec son gardien qui se tenait en son coeur. – Que fais-tu, microbe ? gronda le slaad, mais sous la rocaille de sa voix mentale se devinait un début d'appréhension. – Je te tue, fut la réponse lapidaire qu'il obtint. Final Blow !! L'instant d'après, la constellation que le Chevalier avait dessinée s'embrasa, en même temps que son cosmos ; chaque étoile rougit et fusa vers le centre, le coeur, se transformant en chemin en une redoutable Aiguille Écarlate. Au moment de l'impact, Milo replia son bras droit, tout en gardant le gauche fermement enroulé autour du cou massif de la bestiole, et plongea son poing paré d'Antarès dans la poitrine de son ennemi. Angelo bondit au moment précis où Camus laissait lui aussi exploser sa cosmo-énergie. Il arracha la main de Scorpion de son écrin de chair et le tira en arrière tandis qu'une boule bleutée apparaissait entre celles du Verseau. Celui-ci enfonça la sphère de froid dans le sternum du slaad, provoquant la cristallisation instantanée de la bête à l'agonie. Un coup de poing de la part du Cancer paracheva le travail, le réduisant en une myriade d'éclats scintillants. Épuisés, ils se tournèrent vers le portail, et là... Entourés d'une horde de slaads funestes, deux nouveaux monstres blancs venaient de faire leur apparition. Grâce à ses longues années de pratique, Camus parvint à garder un visage impassible. Par contre, le teint ordinairement hâlé de Milo prit une jolie couleur cendre, alors qu'Angelo déglutissait avec une difficulté évidente, pris de sueurs froides. – Là, on est mal. Enfermé derrière une barrière psychique d'une résistance dont il n'imaginait pas son hôte capable – et ce n'était pas peu dire –, Loki avait assisté aux évènements du Labyrinthe avec une crainte croissante, qui s'était peu à peu transformée en une horreur sans nom. Et ce n'était pas la réponse lapidaire de Sujan à son réticent appel au secours qui lui avait fourni l'aide dont il avait grand besoin. La divinité lui avait fort aimablement rétorqué de cesser de l'importuner avec des détails techniques et que s'il voulait récupérer son corps comme promis, il avait intérêt à se ramener au sommet de Star Hill, et fissa. Merci bien, « créateur » de mes deux, grinça-t-il en tentant une nouvelle fois de forcer les barreaux de sa prison mentale. Étonnamment, cette fois-ci, il y parvint. Reprenant ses aises dans la conscience de Saga, il ne mit pas longtemps à comprendre pourquoi il avait été si soudainement libéré. Une douleur aiguë, térébrante, vrillait les entrailles du Gémeaux qui s'était laissé glisser contre un des murs couverts de runes, ses phalanges blanchies serrées autour de la lame patryn, tentant de s'habituer au cruel sentiment de manque qui l'étreignait. Cette souffrance, il ne l'avait connue qu'une seule fois au cours de son existence. Cela remontait à son enfance, lorsque Kanon et lui s'amusaient à se poursuivre à travers les dimensions, jouaient à qui trouverait la plus originale, la plus fantasque, la plus dangereuse. Le cadet avait remporté la palme cette fois-là. Il était parvenu, par le plus grand des hasards, à atterrir au centre de la prison d'Abri. Celle-ci étant inoccupée, sa magie était désactivée. Cependant l'intrusion du Gémeaux avant mis en route les mécanismes de défense de la salle, la coupant du monde extérieur avec une redoutable efficacité. Loki se souvenait encore de ce jour où, embryon de conscience caché au coeur de la psyché du futur Chevalier, il avait reçu ce premier électrochoc de plaisir. La souffrance de Saga, sa panique aussi, étaient telles qu'elles en avaient eu des répercussions physiques. Malade d'angoisse, l'aîné avait remonté la trace de cosmos, jusqu'à se heurter à la barrière infranchissable entourant la salle où son jumeau était prisonnier. Il ne s'était jamais rendu compte, auparavant, de l'importance de ce lien qui venait d'être tranché brutalement ; à cet instant, la terreur d'être, pour la première fois, complètement détaché de son frère, annihila sa raison. Son aura flamboyant avec force, il était en train de rassembler son pouvoir dans l'optique de percer une brèche dans la muraille impénétrable, lorsqu'une voix juvénile s'était élevé non loin de lui. – Ils sont bizarres, tes cheveux. Stupéfait, Saga laissa échapper sa concentration et son cosmos se dissipa, annulant du même coup la redoutable attaque qu'il s'apprêtait à porter. Se tournant vers la source de l'interruption, il vit s'avancer vers lui un jeune garçon d'une demi-douzaine d'années, dont le corps – pour ce qu'il pouvait en voir – était en grande partie couvert de tatouages rouges et bleus. – Les tiens aussi, répliqua le Gémeaux du tac au tac. En effet, les cheveux mi-longs du nouveau venu, d'un châtain chaleureux orné de pointes immaculées, produisaient un effet étrange. On eût dit qu'on les avait trempés dans de la peinture blanche. – Pourquoi est-ce que tu n'as pas de runes ? s'enquit le garçon, sans se démonter. Saga allait lui demander pourquoi lui en avait, lorsqu'une question autrement plus importante s'imposa à son esprit. Abandonnant sa posture ouverte, il se mit en garde et lança d'une voix où l'agressivité parvenait presque à couvrir l'angoisse qu'il ressentait toujours : – Qui es-tu ? Croisant les bras, son interlocuteur prit un air hautain qui, pour un enfant de cet âge, était plutôt comique. – C'est à l'intrus de se présenter d'abord. – Je me présenterai quand tu auras fait sortir mon frère de là ! s'écria le futur Chevalier avec un geste en direction du mur, à bout de patience. Un regard interloqué lui répondit. – Là ? Impossible. Il n'y a personne là-dedans. On n'a pas le droit d'y aller... Un petit rire discordant s'échappa des lèvres sèches de Saga. Vasu – car c'était lui – avait fini par aller chercher son père, sur l'insistance de l'apprenti Gémeaux. Le chef Patryn, tout d'abord suspicieux, s'était lui aussi laissé convaincre et avait libéré Kanon, intrigué par ces jumeaux à la chevelure étrange et aux pouvoirs plus étranges encore. Une fois revenus au Sanctuaire, ils avaient essuyé la colère d'Alhen, mais l'amitié qu'ils avaient nouée avec le jeune Vasu valait bien une ou deux punitions. Ils étaient retournés le voir en cachette, découvrant avec émerveillement la magie runique des Patryns, lui montrant leurs propres capacités. – Waoh, souffla Vasu en ouvrant grand ses doux yeux bruns, fasciné. Les jumeaux se sourirent, ravis. Cette dimension faisait partie de leurs préférées, avec sa forêt brillante et colorée qui éclairait la nuit en grandissant dans un silence absolu. Ils observèrent la pousse rapide des plantes lumineuses, de plus en plus luxuriantes, firent la course avec les bourgeons, se poursuivirent sous les douches de graines semblables à des étincelles. Et puis, aussi vite qu'elle avait crû, la forêt s'étiola, s'effondrant sur elle-même alors que l'aube pointait. Le sable ainsi produit se mit alors en mouvement sous leurs pieds, se rassemblant par nuances pour former un gigantesque désert dont chaque dune possédait sa couleur propre. – Et ça recommence toujours, murmura Saga, assis entre son frère et le jeune Patryn au sommet d'une dune bleu pâle. La nuit, la forêt naît du désert. Et au matin, elle tombe en poussière pour le reformer. Encore... et encore... et encore. Il souleva une poignée de sable céruléen et le laissa filer entre ses doigts, jusqu'à la main que Kanon avait tendue sous la sienne pour le récupérer. Ils échangèrent ensuite, comme un sablier qu'on retourne. Vasu les observait, enviant leur complicité sans pour autant s'en sentir exclu. Enfant unique et de surcroît fils de chef, il se sentait souvent isolé parmi les siens. Les jumeaux étaient ce qui se rapprochait le plus des frères qui lui faisaient défaut ; ils l'invitaient dans leurs jeux, ne jaugeaient pas chacun de ses actes comme le faisaient immanquablement ceux de son peuple, ne le traitaient pas différemment simplement à cause de son ascendance. Cela, il savait l'apprécier, malgré son jeune âge. Et les jumeaux le savaient aussi. Le Chevalier appuya l'arrière de son crâne contre le mur de pierres froides, les yeux clos. Se remémorer des instants de bonheur passés n'était pas le but de sa venue ici – et le rappel de la complicité qu'il partageait autrefois avec Kanon rendait plus douloureux encore le vide qu'il ressentait à présent. Il avait senti ses barrières intérieures céder sous les assauts de son Autre lui, mais s'en moquait. Tout sera bientôt fini, se dit-il en retraçant du bout du doigt les runes gravées sur l'arme qu'il tenait dans sa main, fasciné par leur pouvoir, rassuré aussi. Il partirait l'esprit en paix. – Alors tu vas vraiment le faire ? Tu vas te suicider comme un pauvre rat dépressif terré au fond de son trou ? Encore une fois ? Le mépris qui dégoulinait de la voix intérieure de Loki dissimulait à merveille son appréhension. Saga paraissait vraiment décidé. En témoignait son calme... sa sérénité, même. D'où l'agitation de son double. D'une part à cause de sa nature d'opposé, mais aussi et surtout parce qu'il voyait son but, la récompense de tous ses efforts, s'éloigner à une vitesse effrayante. Alors il joua son va-tout. – Tu n'es qu'un lâche, Saga. Soupesant la lame dans sa main gauche, le Chevalier haussa les épaules. – Ce n'est pas ainsi que tu me déstabiliseras. Je ne me suicide pas : je te tue. Ma mort n'est qu'une conséquence mineure. Si c'est le prix à payer pour débarrasser le monde de toi, je suis prêt à le verser. Prouvant ses dires, il tourna la pointe vers sa propre poitrine. – Tu es prêt à laisser tes compagnons affronter Sujan et ses sbires sans leur prêter main-forte ? Ils ont besoin de toi. De la puissance de la Galaxian Explosion. Loki grimaça intérieurement en prononçant ces mots. En temps normal, il aurait préféré avaler sa langue et s'étouffer avec plutôt que de dire ça. Mais à époque désespérée, mesures désespérées, comme le disait ce bon vieux Jafar... Un reniflement méprisant l'avertit que sa ruse ne prenait pas. – Tu manques sérieusement de persuasion, mon vieux. C'est leur combat. Le mien est ici... contre toi. La lame s'avançait vers son coeur lorsque la main droite de Saga se posa dessus et la retint. Le Chevalier fronça les sourcils, cherchant à reprendre le contrôle de son membre supérieur. – Kanon va se faire tuer si tu ne retournes pas l'aider. – Je t'interdis, siffla le Gémeaux entre ses dents, de prononcer son nom. – Oho, ricana le démon, s'engouffrant dans la brèche. Serait-on jaloux ? Tu n'aurais pas un petit complexe du grand frère, par hasard ? Tu voudrais te le garder pour toi, hein ? Il illustra son propos de quelques images de l'ex-Dragon des Mers dans des postures sensuelles, voire érotiques. Certaines étaient issues de son imagination, d'autres de ses souvenirs, mais cela Saga n'avait pas à le savoir – du moins, pas pour l'instant. L'Autre aimait à conserver quelques atouts dans sa manche, on n'est jamais trop prudent. Les mains du Gémeaux se mirent à trembler de rage. Comment ce monstre osait-il insinuer de telles choses ?! Son amour pour Kanon était pur, platonique et fraternel ! – Tais-toi, gronda-t-il mentalement. Tu ne sais rien des liens qui nous unissent. Tu ne sais rien de l'amour ! – Évidemment, pardi. Si tu gardes tout l'amour pour toi, il ne me reste que la haine. Sauf que ce n'était pas de la haine que Loki ressentait à l'égard de l'ex-Marina. Il aurait d'ailleurs été bien en peine de mettre un nom sur ce qu'il éprouvait. Mais là n'était pas la question, d'autant plus que Saga, interloqué, protestait : – Qu'est-ce que tu racontes ? Je ne t'ai jamais empêché d'aimer qui que ce soit, que je sache ! L'Autre soupira intérieurement. Il détestait expliquer ça encore et toujours, mais tandis qu'il titillait la curiosité du Chevalier, celui-ci évitait au moins de leur planter cette satanée lame dans le thorax. – Tu n'as pas encore compris comment ça marche ? Je. Suis. Ton. Opposé. Tu aimes, je hais. Tu fais le Bien, je fais le Mal. Si tu te découvrais une âme de tueur en série, je me transformerais illico en saint. – Ne racontes pas n'importe quoi, grommela le Gémeaux. On a toujours le choix, quoi qu'il arrive. – Tu oublies un élément essentiel : le libre-arbitre et toutes ces salades, ça ne marche que sur les humains. Moi, je suis l'incarnation actuelle d'une vieille malédiction qu'un dieu en pétard a collée sur le dos des Gémeaux, parce que ces crétins se sont amusés à lui botter les fesses il y a des lustres et des lustres. Ça ne me place pas vraiment dans la catégorie « humain », ça. [2] – Parfait. Comme ça j'ai encore moins de scrupules à en finir avec toi, déclara Saga en rapprochant encore une fois le poignard de sa poitrine, pour le voir à nouveau repoussé par sa main droite. – Tu condamnerais le lion parce qu'il tue l'antilope ? – Non, mais je n'ai pas pour habitude d'épargner les serpents venimeux. Surtout lorsqu'ils ont déjà mordu à de nombreuses reprises. – Moi qui te croyais un ami des animaux. – Tu te prends pour un animal, maintenant ? – Certainement pas. Ton amitié, tu peux te la garder. – Je n'avais pas l'intention de te l'offrir. Et maintenant, si tu veux bien, j'aimerais en finir. Calmement, tranquillement, le Gémeaux était en train de reconstruire les murs derrière lesquels il avait enfermé son Autre lui précédemment. Furieux et paniqué, celui-ci tentait en vain de les détruire, cherchant désespérément à reculer l'instant fatidique. – Ton frère ne te pardonnera jamais d'avoir fait ça ! Sentant la résistance de sa main droite faiblir, Saga leva les yeux au ciel, fatigué par cet argument. – Kanon comprendra. Il me sera même reconnaissant de l'avoir débarrassé de son tortionnaire, soupira-il, se demandant pourquoi il prenait encore la peine de répondre. – Non. Il est amoureux de moi, répliqua Loki, jouant là son tout dernier atout ; si cela ne déstabilisait pas suffisamment le Gémeaux pour qu'il puisse reprendre le contrôle, il était fichu. Le Chevalier marqua un temps d'arrêt, puis éclata d'un rire rauque qui résonna entre les murs couverts de runes. – Alors que tu l'as torturé et violé ? Tu te moques de moi ? fit-il tout haut, incrédule. – Il était consentant, imbécile ! cracha l'Autre avec venin. – C'est toi qui es stupide, de croire que je pourrais tomber dans un piège aussi grossier, répondit Saga sur le même ton. Ça m'apprendra à t'écouter... Disant cela, il termina de refermer sa prison mentale sur son irritante deuxième personnalité, étouffant ses protestations. Soulagé, il prit un instant pour apprécier le silence qui s'était établi sous son crâne. Puis il resserra les doigts sur l'arme patryn et la pointa une dernière fois sur sa poitrine, fermant les yeux. – C'est pour leur bien à tous, murmura-t-il. Au moment où la lame libératrice plongeait enfin vers son coeur, les runes de la salle s'éteignirent, puis s'illuminèrent à nouveau selon un autre agencement, le forçant à rouvrir les yeux et l'éblouissant du même coup. La porte de la prison d'Abri s'ouvrit alors sur deux silhouettes, et un cri résonna : – Saga ! Rapide comme l'éclair, Shaka se précipita dans la salle et, d'un coup sec, fit voler le poignard des mains de Saga. L'arme rebondit contre le mur avec un bruit métallique, avant de tomber à terre. Un instant de silence absolu passa, puis Vasu déclara d'un ton neutre : – Tu as quinze minutes. (Il traça un signe en l'air, qui s'enflamma et alla se poser sur la porte, luisant d'une douce lumière bleue.) Pour sortir, touche cette rune, je viendrai. Il croisa le regard du Gémeaux et ferma un instant les yeux, avant de sortir sans un mot de plus, refermant la porte derrière lui. Les sigles reprirent leur luminosité initiale, signalant que la salle était à nouveau isolée du reste de l'univers. Shaka se redressa, se mordillant discrètement la lèvre. Comment convaincre l'homme qu'il aimait de revenir se battre à ses côtés ? Légèrement hors d'haleine, Shion balaya l'arène du regard, notant la situation de chacun des Chevaliers d'Or. Même si tous étaient plus ou moins blessés, aucun ne semblait être dans un état critique, ce qui était un point positif. Le flot de créatures vomi par le portail dimensionnel était beaucoup moins important, mais la puissance grandissante des nouveaux arrivants contrebalançait fortement ce dernier avantage. Il reporta son attention sur le slaad funeste qui lui donnait un peu de fil à retordre. Il était indéniablement plus puissant que la bestiole ; cependant celle-ci s'ingéniait à éviter ou contrer ses attaques avec une agilité proprement effarante. Il était en train de chercher un moyen de l'acculer lorsque son adversaire se lança à l'attaque, sa lourde épée en avant. L'Atlante se mit précipitamment en garde, se préparant à déjouer la feinte qui ne manquerait pas de suivre... mais qui ne vint pas. Stupéfait, le Grand Pope vit la course du slaad se ralentir graduellement, pour finir par s'interrompre tout à fait, comme si on l'avait mis en arrêt sur image. Profitant de l'aubaine, Shion le décapita promptement. Le corps s'effondra, dévoilant la personne dont l'ancien Bélier avait reconnu le cosmos : Rena de l'Horloge. Il lui adressa un hochement de tête en remerciement pour son aide, puis s'enquit : – Que fais-tu ici, Rena ? Il avait pourtant ordonné à tous les occupants du Sanctuaire de rester à l'écart du champ de bataille. – Je suis venue vous apporter ceci, Majesté, fit-elle en lui tendant le petit coffret en bois qu'elle tenait serré contre sa poitrine, sans s'embarrasser de l'étiquette d'usage. Plissant le front de perplexité, il ouvrit la boite, et... se figea, les yeux écarquillés, en découvrant son contenu. – Comment... où as-tu eu ça ? Cet éclat... cette douce résonnance cosmique, imperceptible à quiconque n'était pas de son peuple, comme un appel lancinant... Il n'avait pas eu l'occasion de la ressentir depuis qu'il avait été ressuscité. Et il ne se rendait compte qu'à présent à quel point cela lui avait manqué. – C'est une longue et... très ancienne histoire, répondit Rena en assommant d'un coup de coude la créature verdâtre qui s'approchait d'elle. Tiré de ses pensées, le Grand Pope se remit en garde pour faire face aux attaques des slaads et dit simplement : – Je t'écoute. La femme-Chevalier lui résuma alors sa singulière matinée. Le réveil dans un corps étranger, les révélations de son hôte, la bataille, Sujan... A la fin de son récit, Shion abandonna sa posture de combat, et son regard fit encore une fois le tour de l'arène, avant de revenir se poser sur le contenu de la boîte. Il murmura : – Volonté divine ou pas, je crois bien qu'il va falloir nous servir de ça... – Tu ne comptes tout de même pas faire ce que je crois ? intervint Dokho qui, profitant d'une brève accalmie, s'était rapproché en compagnie de Mu – lequel par ailleurs se félicitait plus que jamais d'avoir envoyé son élève à Jamir pour une retraite spirituelle de plusieurs mois. Le Pope se tourna vers son compagnon avec un sourire terne aux lèvres, au moment où deux slaads blancs et une douzaine de leurs funestes comparses franchissaient le portail. – Crois-tu que j'aie vraiment le choix ? – De... quoi parlez-vous, Maître ? s'enquit le Bélier avec hésitation, suivant sans en saisir toutes les implications l'échange de regards silencieux entre les deux amants. Il n'obtint pas de réponse. Shion avait déjà commencé à infuser de son aura la poussière dorée dans la boite qu'il tenait entre ses mains. Au bout d'un moment, il abaissa le coffret et le rendit à Rena, alors que le contenu restait en suspens devant lui. La poudre d'Or semblait s'être liquéfiée, et tournoyait doucement en une masse informe, absorbant avec avidité le cosmos de l'ex-Bélier. Le regard de Shion se durcit, montrant une détermination sans faille, et sa cosmo-énergie s'enflamma soudain, nourrissant la graine dorée de son pouvoir, de son expérience, des connaissances qu'il avait accumulées tout au long de ses innombrables années d'existence, et aussi du savoir que ses prédécesseurs lui avaient transmis. Et la petite boule d'or en fusion se mit à grandir, alors que le Grand Pope se vidait de son énergie à une vitesse effrayante. Instinctivement, Mu saisit le principe de cette technique extraordinaire, ainsi que ses possibles conséquences. Un coup d'oeil en direction de Dokho confirma ses soupçons. Les autres Golds s'étaient groupés pour affronter les monstres blancs, laissant au Chinois, à Rena et à lui-même le soin de protéger leur chef contre le reste des créatures funestes. Le Chevalier de la Balance avait donc repris le combat, mais ses prunelles émeraude revenaient se poser sur la silhouette brillante de l'Atlante plus souvent qu'à leur tour, voilées d'un mélange d'inquiétude, de tristesse et de fatalisme. Le Bélier prit alors une décision. Il acheva son opposant d'une Stardust Revolution expéditive, puis parcourut au pas de course la courte distance qui le séparait de son maître. Enflammant son cosmos, il l'harmonisa autant que possible à celui du Grand Pope – ce qui ne lui fut guère difficile compte tenu de leurs similitudes – avant de l'adjoindre au flot d'énergie qui baignait déjà l'esquisse d'armure. Troublé dans sa concentration par cet apport de cosmos frais, Shion se tourna vers lui, le front plissé par la surprise. – Qu'est-ce que tu fais ? Un regard résolu lui répondit : – Je vous aide, Maître. C'est le rôle du Chevalier du Bélier que de veiller à la réparation des armures endommagés, n'est-ce pas ? Cette réponse lui valut un sourire attendri – chose qu'il n'avait vue que rarement sur le visage de son mentor. Celui-ci hocha la tête, déclarant : – C'est l'occasion pour toi d'apprendre la technique ultime de notre peuple, mon cher apprenti. Ce n'est pas un procédé de réparation, mais bien de re-création complète. Quelques poussières d'une armure d'Or sont suffisantes pour l'exécuter. Les deux autres ingrédients requis sont une grande quantité de cosmos et du sang de pur Atlante. Cependant, les chances de réussite sont minces. En effet, tout dépendait du nombre d'armures à reconstruire, et de la quantité de sang et d'énergie qu'on était prêt à leur offrir. C'était l'aboutissement et la prolongation de toutes les techniques des gardiens de la première Maison et, en tant que tel, cela requérait autrement plus d'investissement personnel de la part du réparateur. Et même si le sang d'un Atlante était beaucoup plus efficace que celui d'un humain ordinaire pour redonner vie à une armure... en recréer douze simultanément serait extrèmement difficile. Et il y avait de grandes chances pour que l'ancien Chevalier du Bélier y laisse la vie. Il croisa le regard limpide et confiant de son élève et eut un pincement au coeur. Il était peut-être temps, à présent, de lui révéler le secret qu'il portait depuis si longtemps. Les prunelles émeraude de Dokho, qu'il sentait peser sur son dos, l'y encourageaient silencieusement, comme toujours. Il ne se retourna pas pour chercher de la force dans les profondeurs de ces yeux verts. Il sentait déjà son chagrin, sa souffrance et sa résignation dans son aura, et parvenait à peine à garder sa propre détermination intacte. Seul le fait de savoir que de sa réussite dépendant la vie de ses compagnons et du même coup, la sauvegarde du monde, l'obligeait à continuer, à puiser dans ses réserves pour alimenter encore et encore la sphère d'espoir doré qui tournoyait devant lui, de plus imposante. Au regard de tout cela, son existence n'avait pas grande importance, se dit-il. Il espérait simplement que l'offrir en sacrifice suffirait à les sauver tous. Au sommet de Star Hill, Sujan s'approcha avec curiosité du bord de l'abîme. Il se pencha en avant, étrécissant les yeux pour distinguer ce que ces petits insectes fabriquaient là-bas dans l'arène d'entraînement. Un fin sourire cruel étira ses lèvres juvéniles, et il se tourna vers Kanon qui, étendu à terre et emprisonné dans un filet de Chaos, respirait avec difficultés. – Je dois reconnaître que tes compagnons font preuve d'une pugnacité à toute épreuve. Ils sont même en train d'essayer de refaire leurs armures... Tsss, fit le dieu en secouant la tête, l'air désolé. J'espérais ne pas en arriver là, mais... il va falloir que j'appelle la cavalerie. Son cosmos multicolore s'enflamma, fusa vers le portail, qu'il frappa de plein fouet. Un tremblement secoua l'air saturé de poussière de l'arène. Les combats cessèrent, alors qu'un rugissement crissant résonnait avec une puissance assourdissante. Une chape d'obscurité commença à sourdre du passage dimensionnel, rayonnant comme une lumière noire qui dévorait le jour. La plus puissante des créatures du Chaos était en train de faire son apparition. ~ ~ ~ NOTES DE L’AUTEUSE : [1] : Bon, si quelqu'un se demande pourquoi Tempus sait qu'il se trouve dans l'Antiquité alors que ce terme n'a vraisemblablement pas encore été inventé à cette époque-là, c'est tout simplement parce que le sieur Tempus est un adepte des voyages dimensionnels et, pour faire court, temporels également (vais pas vous sortir toute ma théorie sur l'espace-temps du multivers et les voyages interdimensionnels, sinon on est pas sortis XD). Du coup, il SAIT qu'il existe d'autres époques. Et que la sienne est qualifiée d' « antique » par les gens de la nôtre. Valà. [2] : Non, c'est une mite en pull-over XDDDD (pardon, ai pas pu m'en empêcher...) Sinon, pour ceux et celles qui aimeraient savoir à quoi ressemble Eeriyah, en voilà une illust, toujours par ma très chère et incroyablement talentueuse Jayle. Je la trouve trop belle *v* Et vu que je ne sais plus si j'ai mis le lien vers l'illust de Sujan sous sa forme « originelle », alors dans le doute... la voilà. Les rôlistes l'auront peut-être remarqué, mais dans ce chapitre aussi, j'ai glissé diverses allusions à D&D... Quant à la forêt et au désert visités par Vasu et les jumeaux, j'aimerais dire qu'ils sont de moi, malheureusement ce n'est pas le cas. Ce sont Perelin le Bois de la Nuit et Goab le Désert des Couleurs, tous deux tirés de L'Histoire Sans Fin de Michael Ende (le bouquin, pas ces choses informes que sont les films >w<). Ah oui, et le slaad noir n'est pas tout à fait la plus puissante des créatures du chaos, mais... faire venir un seigneur slaad, mmmmh non. Je le sentais pas. Vraiment. (quoique...) Parlons des combats, également. Je suis désolée si celui entre le slaad blanc et le trio Milo-Camus-Angelo est un peu fastidieux, mais j'ai eu un mal fou à l'écrire. C'est la faute de Milo, aussi. Je la visualisais parfaitement, son attaque, mais elle a mis un temps infini à se mettre en forme sous mon stylo... T________T Et puis il faut dire aussi que j'ai mis beaucoup de temps à l'inventer, celle-là. Autant pour Camus, c'était facile et logique, l'aboutissement et la prolongation de toutes ses techniques, autant pour lui... argh. Allez trouver quelque chose qui *prolonge* l'Aiguille Ecarlate... Bref, j'ai eu du mal, quoi. Et ce n'est pas le seul personnage qui m'a posé des difficultés... *regard LOURD de sens en direction de Saga* Saga, d'ailleurs. Je crains un peu de l'avoir fait passer pour un parfait salaud dans ce chapitre. Et le pire c'est que ça ne va pas aller en s'arrangeant. *pleure* Mais je l'aiiiiiime pourtant !!! Wouin mon Saga... T___________T Même s'il me prend monstrueusement la tête... (tiens pour le coup, je vais me refaire 10 ou 20 fois SaintsAndGoldAlways, histoire de retomber amoureuse – comme à chaque fois...) D'ailleurs j'ai triché, je comptais faire la discussion entre lui et Shaka dans ce chapitre, mais finalement... trop long, trop difficile, je me la garde pour la prochaine fois ^^ (pourquoi faire aujourd'hui ce que tu peux remettre à demain...) Pour finir, je vous remercie infiniment pour votre soutien, quasiment 100 reviews, je n'en espérais pas tant TvT Et encore une fois, merci de votre patience, je sais que le rythme de parution est insupportablement lent, mais je fais tout mon possible, je vous l'assure ^^;;;; Au prochain épisode : le résultat de la DSoG de notre cher Shion, la très redoutée (par moi T_T) discussion entre Shaka et Saga, quelques secrets révélés, de la rebellitude en pagaille... et le slaad noir, bien sûr. Alake (faiseuse de cliffhanger en série, mwaha). |