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Fiqueuse : Alake Titre : Space Dementia Chapitre : Septième : Pieux Mensonge Base : Télétubbies… Nan, en fait c’est Saint Seiya, mais chut, fait pas le dire… (ben pourquoi ?) Disclaimer : * Se faufile discrètement chez Kurumada et fouille partout * Mais où k’ils sont ? *réfléchit intensément * Ptèt au siège de la Toei, alors… * remet son collant sur sa tête et s’en va tout aussi discrètement en marmonnant * Vais les trouver… vais les trouver… Genre : Yaoi, angst, romance, nawak (enfin, pas trop dans ce chapitre là)… Y’en a pour tous les goûts. Rating : NC-17. Et plutôt deux fois qu’une… Avertissement : Attention, chapitre chargé, très angst et assez dérangeant. Pas pour les petites natures. Vous aurai prévenus… Spoiler : Kanon pète un câble (faut dire qu’il y a de quoi), et Saga… argh. Ah voui, et pis y’a un lemon tout bizarre… CHAPITRE 7 PIEUX MENSONGE Une atroce migraine accueillit Kanon au réveil. Il ramena la couverture sur son visage pour se protéger des rayons de soleil qui filtraient à travers les volets clos. Ce faisant, le drap glissa sur son corps et il ouvrit de grands yeux effarés en se rendant compte qu’il était… complètement… Nu. Quoi ?! Il se rappelait avoir bu plus que de raison pour gagner ce concours débile, et puis il avait utilisé son cosmos pour revenir au Temple en compagnie de Loki… Voilà son erreur : il avait utilisé son cosmos. Tous les Chevaliers qui buvaient de temps en temps le savaient : il ne fallait jamais enflammer son cosmos en ayant une grande quantité d’alcool dans le sang à moins d’avoir un lit à portée, car il se produisait alors une étrange réaction qui multipliait les effets de la boisson – d’où une déconnexion quasi-immédiate du cerveau du sujet. Et une gueule de bois phénoménale au réveil. Ce qui ne lui disait pas comment il s’était retrouvé dans son lit, et sans vêtements. Il était facile de deviner que c’était l’Autre qui l’avait déshabillé et couché, ce qui amenait la question suivante, accompagnée d’une sueur froide : qu’est-ce qu’il avait fait d’autre ? Une violente nausée qui n’était pas seulement due à l’alcool le prit, et il tituba jusqu’aux toilettes pour rendre ce qui restait dans son estomac – c’est à dire pas grand chose. Ecœuré par le goût de bile dans sa bouche et plus encore par lui-même, il se recroquevilla contre le mur, tremblant de tous ses membres. – Kanon ? Ca ne va pas ? L’ex-Dragon des Mers se tassa encore plus sur lui-même et s’écria : – Ne t’approche pas ! Je… je suis malade. C’est peut-être contagieux… Deux bras puissants l’entourèrent et le forcèrent à se lever. Il ne put réprimer un frisson de dégoût – et pourtant, ce n’était que Saga… – Ne t’inquiète pas, moi aussi je suis patraque. Je ne crois pas que je risque grand-chose… Allez viens, il faut manger quelque chose. Tremblant toujours autant, Kanon se laissa guider vers la cuisine tout en évitant le plus possible le regard de son frère. Heureusement, Saga semblait concentré sur le chemin à suivre et ne lui prêtait guère d’attention. L’ex-Marina se laissa tomber sur une chaise et jeta un regard autour de lui – plus une seule trace de ce qu’il s’était passé durant la nuit. C’était comme si rien n’était arrivé. Et pourtant… Comment en était-il arrivé là ? Pourquoi Loki s’en prenait-il à lui ? La réponse à cette question était évidente, et l’Autre le lui avait lui-même dit : parce que Saga l’aimait. Mais… L’amour de son frère valait-il toutes ces souffrances ? Il eut envie de se gifler. L’amour de Saga valait plus que tout pour lui, et cela, Loki le savait. Il savait que Kanon ferait tout ce qui était en son pouvoir pour protéger son jumeau. Et il en jouait. Il s’en délectait. Il s’amusait à trouver le moyen le plus efficace de le torturer, lui. Simplement parce que Saga l’aimait. – Café ? s’enquit légèrement l’aîné, comme s’il n’avait pas conscience de l’état mental de son frère. Puisque justement, il n’en savait rien. Et s’il y avait eu une divinité de l’aveuglement dans le panthéon grec – ou ailleurs – Kanon l’aurait priée ardemment pour que cet état de fait dure éternellement. – Moui, répondit l’ex-Dragon des Mers en enfouissant sa tête entre ses mains et ses doigts dans ses cheveux. Noir, s’il te plait. – Ho là… Ca ne va pas bien du tout, toi, observa son aîné. Lui-même souffrait d’une migraine carabinée et était sujet à de légères nausées, mais son frère semblait vraiment mal en point. Il le servit, puis remplit son propre bol de café et beurra une tartine, qu’il proposa à son jumeau. Celui-ci l’accepta en silence et la mâchonna d’un air lugubre, les yeux fixés sur son bol. Du fait de leur constitution physique exceptionnelle, il était fort rare que les Chevaliers d’Athéna tombent [1] malades. D’autre part, l’ex-Marina avait toujours détesté être affaibli, aussi Saga ne s’étonna-t-il pas de l’humeur maussade de son jumeau. Toutefois, il était quand même étonnant qu’ils soient malades tous les deux en même temps… – Tu ne trouves pas ça étrange ? demanda-t-il. Kanon leva brusquement la tête et grimaça quand sa migraine martela plus fort derrière son front. – Quoi donc ? marmonna-t-il. – Que nous soyons tous les deux malades. L’aîné crut voir son frère pâlir légèrement, mais celui-ci haussa les épaules et répondit : – J’ai dû attraper un virus et puis te le passer… Saga rit doucement et avala une gorgée de café qui réchauffa agréablement son estomac malmené. – Il a eu de la chance de ne pas être ratatiné par tout l’alcool que tu as bu il y a quelques jours… fit-il, retournant sans le savoir le couteau dans la plaie déjà béante. L’ex-Dragon des Mers termina son bol et se leva lentement en disant sombrement : – Je retourne me coucher. – Je crois que je vais faire pareil. Et je vais faire savoir aux autres qu’on ne descendra pas s’entraîner ce matin. Kanon acquiesça et disparut dans le couloir. Il referma la porte de sa chambre, s’appuya contre le panneau de bois et se laissa glisser à terre. Il entoura ses genoux de ses bras, incapable d’empêcher son corps de trembler violemment. Il ne put retenir un gémissement et mordit son avant-bras pour étouffer le hurlement qui suivit. Des images abjectes passaient devant ses yeux grand ouverts comme il ne cessait d’imaginer ce que l’Autre avait pu lui infliger alors qu’il était inconscient, et la migraine martelait sans pitié à l’intérieur de son crâne meurtri. Sa poitrine se convulsait spasmodiquement, secouée de sanglots silencieux, sans larmes. Il s’était dit qu’il y arriverait, qu’il parviendrait à supporter tout ce que Loki pourrait lui faire. Il s’était dit qu’il serait fort, juste pour Saga, mais à quoi cela servait-il s’il n’arrivait plus à regarder son frère en face ? Et puis viendrait le jour fatidique où son aîné apprendrait la vérité… Il ferma les yeux, tentant d’empêcher la réalité de l’atteindre, en vain. Il était fatigué… tellement fatigué… il voulait juste oublier… Tout oublier. Le noir. Un noir d’encre, absolu, infini. Une caresse. Douce, légère, sur sa peau nue… électrisante. Une autre. Encore une autre, et encore une. De plus en plus appuyées, de plus en plus marquées. Un gémissement, le sien. Un frisson, qui parcourut son corps. Les mains encore, sans relâche, sans trêve, plus audacieuses à chaque instant. Un souffle à son oreille. Une voix, connue – mais peu importait à qui elle appartenait. Elle apportait le plaisir, le frisson, et ces mains inlassables qui traçaient des sillons de feu sur sa peau avide, ces bras si forts qui l’enlaçaient comme pour le protéger, comme pour empêcher la réalité de l’atteindre. Cette voix, si douce, presque… aimante ? Mais pas tout à fait. Mais peu importait. Seul importait le plaisir, et ces mains, ces mains si tendres… Ces mains qui caressaient, effleuraient, jouaient… qui trouvaient les endroits les plus sensibles de son épiderme et s’en servaient pour lui ôter toute raison. Et toujours l’obscurité, veloutée, soyeuse. Douce, comme le corps qui était à présent collé derrière le sien, comme cette bouche qui déposait des baisers humides le long de son cou, puis sur son épaule, alors que les mains continuaient leur exploration, leur quête… Aaah… Un bourgeon de chair roulé entre des doigts habiles, et tout à coup l’obscurité se réchauffe… devient brûlante à mesure que cette main remonte le long de sa cuisse… Jusqu’à… Hngh. Il se mordit la lèvre pour étouffer son cri, et la voix rit doucement à son oreille, lui murmura qu’il n’avait pas besoin de se retenir. Ici, il était libre. Car ici… Ici, c’était son rêve. C’était son monde. Et personne ne viendrait lui demander des comptes, personne ne lui brandirait la barrière de la moralité sous le nez. Alors, pourquoi ne pas s’abandonner ? Au plaisir… La main s’était emparée de la partie la plus sensible de son corps, et le plaisir fusait, courait en torrent de feu liquide dans ses veines, comme l’autre main courait sur sa peau embrasée. Il n’était plus que sensations, une langue qui jouait avec le lobe de son oreille, la chaleur de ce corps pressé contre lui, et la voix qui l’encourageait, qui le poussait à se laisser aller… Pourquoi aurait-il résisté ? C’était tellement fort, le plaisir aveuglant même s’il n’y avait rien à voir dans cette moite obscurité… Ses cheveux furent repoussés sur son épaule en une lourde vague ruisselante, et des baisers se posèrent sur sa nuque découverte, le long de sa colonne vertébrale jusqu’à ses reins, puis en chemin inverse ; l’autre main s’insinua entre ses fesses et il sentit un doigt humide caresser tendrement le cercle de son intimité. Hnaaa… ah… aaah… Le rythme qui le rendait fou accéléra encore, devint frénétique, et cela, ajouté à ce doigt qui s’introduisait doucement en lui pour se retirer presque aussitôt, encore et encore, balaya les derniers vestiges de sa raison. Soudain, le plaisir explosa, et il hurla sous la colossale jouissance qui s’empara de lui. Il tomba à genoux, étourdi, encore tremblant de plaisir ; l’autre l’accompagna dans sa chute, s’agenouillant derrière lui sans cesser ses douces caresses. Il s’appuya sur ses mains, tentant de retrouver une respiration régulière, sentant ce souffle brûlant qui le faisait frissonner d’anticipation. Car ce n’était pas terminé, comme le prouvaient les doigts qui recommençaient à explorer sa peau, comme s’ils n’en avaient pas eu assez, avides de redécouvrir les endroits qui le faisaient gémir et ceux qui le faisaient crier, les gestes qui lui ôtaient toute force et ceux qui l’électrisaient. Oui ! Oh oui, là, c’était là où il voulait amener ces doigts. Il se cambra à leur rencontre, s’empala de lui-même sur eux, désirant de toutes ses forces retrouver cette douce brûlure, cette sensation si intense qu’il en haletait d’impatience. Et peu importait que sa position soit une posture de soumission, peu importait que l’autre se dresse soudain derrière lui, dominateur. Peu importait, du moment qu’il lui apportait le plaisir. Le plaisir, c’était tout ce qui comptait. Le premier coup de reins fut violent, invasion brutale, envoyant des étincelles aveuglantes danser devant ses yeux, lui arrachant un cri de douleur et de volupté mêlées tandis qu’au-dessus de lui résonnait un râle éloquent. Il lança un regard par-dessus son épaule, mais l’obscurité lui masquait les traits de l’autre – qui s’était immobilisé et semblait attendre… Quoi donc ? Il ouvrit la bouche dans l’intention de protester ; mais à cet instant, ce qui était en lui entama un lent mouvement de va-et-vient, ôtant toute pensée de son esprit. Le plaisir, c’était tout ce qui comptait… Et le plaisir, justement, affluait à nouveau dans son corps à chaque coup de reins, vagues de plus en plus fortes qui le submergeaient tout entier, lui coupaient le souffle, ruisselaient en rivières de larmes sur ses joues. L’autre se pencha sur lui, mordilla son flanc, sans briser le rythme lancinant qui les unissait. Et puis soudain, il se retira complètement, laissant son amant – sa victime ? – avec une effroyable impression de vide, de solitude. Celui-ci gémit, frustré, mais des bras l’entourèrent, le retournèrent – l’allongèrent sur le dos. Un corps brûlant le couvrit, des mèches soyeuses l’effleurèrent, des mains ardentes lui écartèrent les jambes, et puis l’invasion tant désirée reprit. Mais cette-fois-ci, elle était double, car une langue taquine s’était frayé un chemin dans sa bouche à la recherche d’une compagne. Yeux fermés, en aveugle, il put enfin poser ses mains sur celui qui lui donnait tellement de plaisir. Pour peut-être… lui en offrir un peu à son tour ? Le baiser cessa et la bouche s’approcha de son oreille pour l’encourager, gémir, haleter. La main s’empara d’une des siennes, leurs doigts s’enlacèrent, alors que le rythme accélérait à nouveau, encore et encore, les entraînant tous deux vers des sommets inaccessibles et pourtant à leur portée, du moment qu’ils étaient ensemble. Un éclair de jouissance pure les foudroya au même moment, leurs corps s’arquèrent et tressautèrent à l’unisson, et le même cri fut arraché de leurs gorges. Le poids de son amant retomba sur lui l’instant d’après, et Kanon resta immobile, les sens encore embrumés de plaisir, le cœur battant à tout rompre. Savourant l’odeur âpre de leurs ébats, le doux voile de la longue chevelure qui les couvrait tous deux. L’obscurité les enveloppait toujours, pourtant lorsque l’autre se redressa, il vit son visage. Son sourire. Ses cheveux couleur de cendre. Ses yeux… étincelants et… obscurs… Oh, non. Athéna, aidez-moi… Kanon s’éveilla en sursaut, baigné de sueur et encore tremblant. Il était à terre, à l’endroit même où il avait dû s’assoupir, recroquevillé contre la porte de sa chambre. Il porta ses mains à son visage et s’aperçut qu’il était trempé de larmes ; la douloureuse pulsation entre ses jambes lui apprit que son corps avait apprécié ce cauchemar plus que de raison. Pourquoi ?! Pourquoi ce rêve ? Ne souffrait-il pas suffisamment lorsqu’il était éveillé ? Il fallait qu’il se calme. Si Saga le trouvait dans cet état-là… Saga. Le regard perdu de l’ex-Dragon des Mers se fit plus dur. Il ne fallait pas que son frère apprenne ce qu’il se passait. Jamais. Il se releva, s’appuya contre la porte en attendant que son vertige se dissipe, puis sortit dans le couloir et se dirigea vers la chambre de son jumeau en se répétant cette résolution. Protéger Saga… le protéger de cette souffrance, de cette torture… Faire que cela n’arrive jamais. Se débarrasser de cet être diabolique qui leur avait fait tant de mal, qui était la cause de tous leurs maux, passés et à venir… Mettre un terme à cette menace, à cette situation insupportable. Kanon entra dans la pièce où son frère, ignorant tout des pensées qui le tourmentaient, dormait tranquillement, sa poitrine se soulevant et s’abaissant au gré de son souffle régulier. L’ex-Dragon des Mers serra les poings. Tout était calme, trompeur. Son jumeau souriait légèrement dans son sommeil, mais s‘il savait… S’il savait… Ce si doux sourire disparaîtrait, remplacé par un masque de souffrance ; et cela, il ne pourrait le supporter. Alors qu’il y avait un moyen très simple d’éviter que cela n’arrive. Il prit un coussin et s’approcha silencieusement du lit. Il ne cessait de se répéter que c’était la meilleure solution. La seule solution. Pourquoi alors ses muscles refusaient-ils de bouger ? Il rassembla son courage et posa le coussin sur le visage de son frère. Et il appuya. Son aîné secoua la tête, commença à se réveiller, cependant Kanon tenait bon, empêchant l’air d’arriver dans les poumons de son jumeau. Ne t’inquiète pas, Saga. Je te rejoins dans un instant. Le Gémeau se débattait à présent, tentant de se débarrasser de cet obstacle qui bloquait sa respiration. Des larmes se mirent à couler sur les joues de l’ex-Marina, troublant sa vision, mais il serra les dents et continua d’appuyer. Pardonne-moi, Saga… pardonne-moi… Tu es trop important pour moi… Je ne peux… pas… te laisser comme ça… – Kanon ! Non ! Quelqu’un l’empoigna, le tira en arrière, l’empêchant d’accomplir sa tâche. Il trébucha, tomba, et leva la tête pour voir qui l’avait arrêté, qui ne voulait pas qu’il libère Saga. Debout devant lui, Shaka le fixait de ses yeux bleus, brillants de colère et d’inquiétude, et sondait son cosmos à la recherche d’une explication, d’une raison. Un instant passa, puis le regard du Chevalier de la Vierge s’adoucit. Il s’approcha de l’ex-Dragon des Mers, s’agenouilla et posa une main sur son épaule tremblante. – Ce n’est pas la solution, Kanon. Celui-ci, les yeux fous, s’écria : – Qu’est-ce que tu en sais ?! Moi, je sais. C’est le seul moyen, tu ne comprends pas ? Alhena me l’a dit ! Alhena savait… elle savait… De lourds sanglots déchiraient sa poitrine, l’empêchant de parler. Shaka le prit dans ses bras, le berça doucement, lui caressa les cheveux. Visiblement, l’ex-Marina était en état de choc, mais que s’était-il passé pour qu’il en vienne à cette extrémité ? [2] – Chuuut… calme-toi, murmura le Chevalier de la Vierge. Tuer Saga n’est pas la solution, tu le sais. – Je ne voulais pas le tuer ! sanglota Kanon, désespéré. Je ne voulais pas… je voulais juste… le libérer… juste… le… libérer… – Le libérer de quoi ? s’enquit doucement Shaka, tout en redoutant la réponse. – De moi. Les deux Chevaliers se tournèrent vivement vers la source de la nouvelle voix, et l’ex-Dragon des Mers eut un mouvement de recul. Nonchalamment assis sur le lit, Loki les considérait, une expression indéchiffrable sur le visage. Ses yeux sombres se fixèrent sur le Chevalier de la Vierge, et il dit : – Tu n’es pas surpris. – J’avais senti ton retour… dans l’aura de Saga. L’Autre fronça les sourcils. – Impossible. Mon cosmos est indétectable. – Pas tout à fait, contra Shaka. En tous cas, pas pour moi. – Ah, c’est vrai que tu as l’habitude d’espionner les cosmos des gens, pas vrai, Shaka ? répliqua Loki, acide. Mais dis-moi : si tu es si fort, comment se fait-il que tu n’aies pas senti l’aura de ton bien-aimé Saga durant toutes ces années ? Il était pourtant là, juste sous ton nez… Le Chevalier détourna les yeux et serra les poings. L’Autre avait touché un point sensible. Il s’en était quelque peu douté, mais avait rapidement écarté cette hypothèse qui ne cadrait pas avec ce qu’il savait de Saga. Evidemment, à l’époque, il ignorait tout du dédoublement de personnalité du Chevalier des Gémeaux… – Ah… si tu savais à quel point il a souffert lors de la Bataille d’Hadès, continua Loki. Devoir te tuer… toi entre tous… Ca lui a brisé le cœur. – Comment peux-tu le savoir ? gronda Shaka, qui commençait à perdre son calme légendaire. Tu n’étais même pas là ! – Mais j’ai accès à ses souvenirs, répondit l’Autre avec un sourire inquiétant. Sais-tu qu’il y repense à chaque fois qu’il te voit ? Une vraie torture… – LA FERME !! s’écria soudain Kanon, qui était resté silencieux jusque là. Un seul jouet ne te suffit donc pas ? Combien de personnes vas-tu faire souffrir encore ? – Autant que possible, fit Loki en se tournant vers lui, son sourire s’élargissant en un rictus carnassier. Je ne vais pas me priver d’un de mes rares petits plaisirs… En un instant, le Dragon des Mers fut sur lui, ses doigts se refermant dangereusement sur la gorge de l’Autre. – Tu as de la chance d’être dans le corps de mon frère, dit-il d’une voix basse, chargée de menaces. – Calme-toi, Kanon, l’avertit le Chevalier de la Vierge tout en se préparant à intervenir. – Tu ne veux plus nous tuer ? s’enquit Loki, l’air soudain fataliste – et… attristé ? – Allons, Kanon, un peu de courage. C’est facile… Il avait posé ses mains sur celles de l’ex-Marina et pressait doucement, l’incitant à resserrer sa prise. Le Gémeau le lâcha comme s’il s’était brûlé. – Ne me touche pas ! s’écria-t-il en reculant. Ne t’approche pas de moi… Shaka haussa un sourcil, perplexe. Il n’avait pas l’habitude de voir Kanon réagir ainsi. Il avait l’air presque… effrayé. Que s’était-il donc passé entre ces deux-là ? Quant à l’Autre, il éclata de rire. – Quelle véhémence ! Que t’arrive-t-il, Kanon ? Tu t’es levé du mauvais pied ? Réveil difficile, peut-être ? – Ne fais pas comme si tu ne savais pas, grogna l’ex-Dragon des Mers. Comment t’y es-tu pris ? Loki semblait sincèrement interloqué. – De quoi parles-tu ? demanda-t-il, néanmoins intéressé. – NE FAIS PAS L’INNOCENT ! vociféra Kanon, au bord de la crise de nerfs. Mais l’Autre se prit la tête entre les mains et poussa un gémissement. – Non ! Pas encore ! Quand cesseras-tu de me pourrir l’existence, Saga ?! – On se demande qui pourrit le plus l’existence de l’autre, marmonna l’ex-Marina, sarcastique, ce qui lui valut un regard assassin de la part de Loki. Cependant Kanon était en train de sortir de la pièce, accompagné de Shaka, et ne lui prêtait guère d’attention. Une nouvelle vague de douleur transperça le crâne de l’Autre et il tituba jusqu’au lit, contraint et forcé de rendre son corps à Saga, maudissant son autre Lui pour ses interventions inconscientes mais néanmoins inopportunes. Et il savait qu’il ne pourrait jamais s’en libérer… – Kanon, que s’est-il passé ? Ils s’étaient repliés dans la chambre de l’ex-Dragon des Mers. Celui-ci se passa les mains sur le visage, tête basse, son cosmos formant un bloc impénétrable. « Calme-toi, se disait-il, ne pense plus à rien… oublie ce que tu as failli faire… bloque tout… » – Kanon ? Tu m’écoutes ? Shaka posa une main sur l’épaule de son ami, tentant de lui apporter un peu de soutien et se demandant ce qui avait bien pu lui arriver. Kanon se tourna enfin vers lui et le Chevalier de la Vierge fut choqué par la souffrance qu’il vit dans les prunelles turquoise. Le Dragon des Mers était parvenu à blinder son aura, à se composer un visage neutre et à relâcher la tension de ses épaules, mais ses yeux le trahirent. – Tu n’as pas besoin de masquer tes émotions, dit Shaka, son cosmos chaleureux et plein de compassion tentant d’atteindre celui de l’ex-Marina. Je peux t’aider. Kanon repoussa doucement l’aura dorée qui voulait l’apaiser et secoua la tête. – Non, Shaka. Tu ne peux pas. Ne me demande pas de partager… ça avec toi. C’est trop… Incapable de trouver les termes pour exprimer sa pensée, il ne termina pas sa phrase et se détourna. « Si tu savais, continua-t-il en pensée, tu ne me regarderais pas avec tant de compassion… Tu me fixerais, muet d’horreur, tes traits figés en une grimace de dégoût… et tu regarderais Saga avec la même expression… peu m’importe qu’on me méprise, mais mon frère ne comprendrait pas… car il ne sait pas… » [3] Il serra les poings et le Chevalier de la Vierge perçut sa souffrance dans son cosmos, malgré sa volonté de ne rien laisser paraître. – Tu n’es pas seul, murmura Shaka, bouleversé par cette douleur cachée, si intense qu’elle lui donnait la nausée – même si ce n’était pas lui qui la ressentait. L’ex-Dragon des Mers éclata d’un rire amer. – Tu crois ça ? Qu’est-ce que tu en sais ?! Ce n’est pas toi qui reste éveillé chaque nuit en attendant qu’il arrive ! Ce n’est pas à toi qu’il a demandé de… de le distraire ! Ce n’est pas toi qui te ballades avec un épée de Damoclès au-dessus de la tête en sachant qu’au moindre faux pas, les conséquences… Ce n’est pas toi… qui doit faire bonne figure… tous les jours, face à Saga… comme si de rien n’était… Ce n’est pas toi qu’il veut… qu’il veut… Dominer. Briser. Détruire. Asservir… Comme dans le rêve. Quand Loki l’avait touché alors qu’il se demandait si oui ou non, il allait réellement l’étrangler, quand les mains de l’Autre s’étaient posées sur les siennes, presque caressantes, il avait pris peur. Il était terrorisé à l’idée qu’il pourrait… qu’il pourrait… Trouver entre les bras de ce démon un plaisir coupable, impie… et absolument divin. – Je crois que je suis en train de devenir fou, marmonna-t-il. Le Chevalier de la Vierge s’approcha et dit doucement : – Kanon, laisse-moi t’aider. – Tu ne peux rien pour moi. (Il s’assit sur son lit, se sentant soudain vidé de toute force.) Tu ferais mieux de partir… – Il s’agit de Saga, tu ne crois pas que ça me concerne aussi ?! fit Shaka avec véhémence, s’agenouillant en face de lui. Kanon, ne t’enferme pas ! Tu n’es pas seul ! Je comprends ta réticence, mais je suis là ! (Il prit le visage de l’ex-Marina entre ses mains et le força à le regarder.) Laisse-moi porter ce fardeau avec toi… Kanon secoua faiblement la tête pour se libérer, mais finit par abandonner et posa son front sur l’épaule du Chevalier de la Vierge, cherchant un soutien, un appui… n’importe quoi. Les bras du jeune homme blond l’entourèrent, réconfortants. C’était tellement tentant de se reposer un instant sur cette épaule solide et compatissante, de soulager sa peine… mais il ne pouvait pas. Il ne devait pas. Pourquoi alors les larmes lui venaient-elles aux yeux ? Pourquoi ses doigts s’accrochaient-ils à l’étoffe souple de la toge de Shaka ? Il serra les dents, mais ne put s’empêcher de murmurer d’une voix brisée : – J’en ai assez… Shaka, je n’en peux plus… Et le pire, c’est qu’il finira par le découvrir… – Il y a des chances, oui. Surpris, ils se tournèrent vers la porte et y virent Saga, blême, les poings serrés. Le Chevalier de la Vierge s’écarta de l’ex-Dragon des Mers, cherchant comment expliquer la situation, mais le Gémeau le devança, son regard peiné et incrédule passant de l’un à l’autre : – Alors c’était ça ? Ce que tu me cachais, Kanon, c’était ça ? Vous deux… L’ex-Marina ouvrit la bouche pour protester, mais Shaka l’interrompit fermement : – Oui, c’est ça. Il se releva, ignorant le regard à la fois furieux et atterré que lui adressa l’ex-Marina, et se rapprocha de lui. – Pourquoi… (Saga ferma les yeux un instant, inspira profondément et les rouvrit.) Pourquoi me l’avez-vous caché ? Un moment de silence passa, puis ce fut Kanon qui répondit d’une voix blanche : – On… ne voulait pas te faire de mal. Saga… L’aîné leva une main impérieuse pour le faire taire. – Je suis un grand garçon, Kanon. Tu n’avais qu’à me le dire, et je l’aurai accepté. Tu crois que c’est agréable de l’apprendre comme ça ? Tout se mettait en place dans sa tête : le comportement étrange de Kanon ces derniers jours, et cette crise de larmes, la veille… comme s’il avait besoin de s’excuser, mais que rien ne voulait sortir… Encore à présent, en voyant l’air torturé de son frère et celui – à peine plus à l’aise – de Shaka, il se dit qu’en effet, ils n’avaient certes pas voulu lui faire de mal. Finalement, il était soulagé que ce ne fût pas quelque chose de plus grave. Il en aurait presque ri, si son cœur n’avait été aussi meurtri… Les deux personnes qu’il aimait le plus en ce monde… ensemble… Et lui à l’écart. Ils n’auraient pas pu trouver pire. Le comble de l’ironie… – Et depuis quand… ? Une curiosité presque malsaine le poussait à poser des questions, à vouloir savoir à quel point il avait été trompé. – Quelques jours à peine, répondit le Chevalier de la Vierge, mais Saga entendit à peine la phrase. Son cœur battait trop fort, il ne pouvait détacher son regard de la main de Shaka qui cherchait celle de Kanon, de la main de Kanon qui s’accrochait à celle de Shaka comme à une bouée de sauvetage… Cette main… pourquoi n’était-ce pas la sienne ? Les battements de son cœur se muèrent en un roulement de tambour assourdissant, et tout devint noir autour de lui. ~ ~ ~ NOTES DE L’AUTEUSE : [1] : Euh… là je sais pas si c’est le présent ou le passé du subjonctif qu’il faut mettre, tout ce que je sais c’est que le passé ça donne « tombassent » et que c’est pas beau. Du tout. Donc je laisse le présent. Voilà, c’était la prise de tête du jour. [2] : « Ne pose pas de questions, George, tu ne veux pas connaître les réponses… » (Sentai School) Là, je crois que ça s’applique carrément. Imaginez la tête de Shaka… Oo [3] : Et je rappelle que personne ne sait ce que Loki a fait à Kanon… à part Loki lui-même, et mwa bien sûr !! (quoi que… TT) Bon euh… Par où commencer ?! Le rêve, c’était parti pour être un lemon plutôt basique, et pis ça a… dégénéré, et c’est devenu ce truc totalement chelou et un peu… symbolique… Rholala, et dire que j’avais rien bu rien fumé quand j’ai écris ça… (enfin si, bu du café et fumé une clope XD (c'est paaaaas bien de fumeeeeer... )) Et en ce qui concerne le reste… C’ETAIT PAS PREVUUUU !!!! surtout la dernière partie !! Argh, pov Saga, c’est vraiment pas son jour… je me réveille patraque, je me fais presque étouffer, et je découvre que le gars qui me plait préfère (soit disant !!) mon frère jumeau… Nan franchement, il y a de quoi aller se recoucher, croyez pas ? Et les deux autres qui en rajoutent… mais pas de panique, la partie « j’en ai marre de la vie », c’est pas pour tout de suite. Je la réserve pour quand y’en aura vraiment besoin… (Alake mode "torturage de persos puissance dix mille" !!) Bref, un chapitre très angst. Heureusement que y’a le lemon pour « alléger » un peu, si je peux m’exprimer ainsi… Enfin bon, z'aviez été prévenus, hein... A suivre : Euh... encore de l'angst... mais y'aura du nawak aussi XD Allez je file terminer le 26 moi, bizoux !! Alake (lemon chelou powa, paske "torturage powa" je l’ai déjà mis XD) |