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au 09 Jan 09 :
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contenant 3722 chapitres
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Space Dementia
Par Alake
Saint Seiya  -  Romance
27 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 9     Les chapitres     2 Reviews    
Blessures Secrètes

Fiqueuse : Alake

Titre : Space Dementia

Chapitre : Neuvième : Blessures Secrètes

Base : Par le Pouvoir du Crâne Ancestral… Attendez, euh, me suis trompée… ah voilà : paaaaaaaaarrrr le Tonneeeeeeerrrrrrrrrrre de l’Aaaauuuuuuuube !! Euh… c’est pas ça nan plus… * s’éloigne en se grattant la tête *

Disclaimer : Ben heureusement qu’ils sont pas à mwa, sinon je vous dit pas comment ils en sortiraient… déjà que je me prive pas pour leur en faire voir de toutes les couleurs… ^vv^ Par contre, Kyrien et Rena sont à MOI… et tous les autres OC aussi. ^^;;

Genre : Angst et un peu de nawak, et pis j’ai mis la romance en sourdine…

Rating : NC-17 (bof… enfin si, mais pas pour les mêmes raisons que d’habitude…)

Avertissement : ‘Tention, coupling sulfureux, yaoi, torturage etc… vous commencez à connaître la chanson, de toute manière, nan ?

Spoiler : Quand des gens à problèmes rencontrent d’autres gens à problèmes, on oublie les ennuis des uns pour traiter ceux des autres… Ah vi, et pis y’a Dokho et Shion qui font des découvertes littéraires intéressantes, aussi.

Sinon, ça y est : l’intrigue décolle. Il était temps, me direz-vous… moi aussi.

 

CHAPITRE 9

BLESSURES SECRETES

 

Kanon descendit d'un pas léger les escaliers menant aux terrains d'entraînement des novices.

Il venait du Temple du Grand Pope ; après l'entraînement matinal, Shion les avait convoqués, lui et son frère, à propos de la petite Kyrien. L'Atlante leur avait tendu à chacun un exemplaire du dossier de la jeune fille et ils s'étaient absorbés dans la lecture des quelques pages.

Relevant le nez en premier, Saga avait lâché :

– Tiens, c'est étrange, cette fillette me rappelle quelqu'un.

– Ah, toi aussi ? avait répondu le Grand Pope avec un grand sourire et un regard en coin en direction de Kanon.

– N'importe quoi ! avait protesté l'intéressé. Je n'ai jamais été comme ça...

– Ah oui, ça ne colle pas tout à fait, avait admis l'aîné alors que Shion éclatait de rire. Il manque la phrase « fait preuve d'une totale mauvaise foi », dans les annotations.

– Oui, bon, avait grommelé l'ex-Dragon des Mers, croisant les bras d'un air boudeur.

– A la lueur de cette remarque tout à fait pertinente, avait déclaré l'Atlante d'un ton solennel, je suggère donc que ce soit toi, Kanon, qui t'occupes de son entraînement. Saga agira en tant qu'observateur extérieur et conseiller. Qu'en pensez-vous ?

– Je suis tout à fait d'accord, avait approuvé Saga.

Kanon avait acquiescé, cachant sa joie. La lecture du dossier avait tiraillé sa corde sensible ; il était heureux de pouvoir s'occuper de la fillette, et soulagé qu'on lui fasse confiance en tant que Maître, même s'il était convaincu que Saga aurait fait un bien meilleur instructeur.
Il arriva au bas des marches, pénétra dans l'arène et alla s'asseoir à côté d'Aiolia qui, totalement absorbé par ce qui se passait en contrebas, ne lui prêta aucune attention. Kanon suivit son regard et tomba – ô surprise ! – sur la silhouette harmonieuse du Chevalier de l'Aigle. Etouffant un petit rire, il passa une main devant le visage de son ami, interrompant sa rêverie.

– La Terre appelle Aiolia ! Aiolia, me recevez-vous ?

– Hmmoui, quoi ? marmonna le Lion sans détourner le regard. Ah, salut, Kanon.

– Salut. Ca t'arrive d'atterrir de temps en temps ? le taquina l'ex-Marina.

– Bien sûr que oui, répondit Aiolia avec un vague geste de la main. Au fait, qu'est-ce que tu fais là ?

– Je viens récupérer mon élève.

Le Chevalier du Lion s'arracha enfin à la contemplation de sa dulcinée pour regarder Kanon avec des yeux ronds.

– Ta quoi ? (Son visage s'éclaira.) Ah oui, cette fillette que tu as sauvée lors de la démonstration… C'est Rena qui l'entraîne, si je ne m'abuse. Elles sont là-bas.

L'ex-Dragon des Mers acquiesça, et regarda dans la direction que lui indiquait son compagnon. Il fronça les sourcils en voyant la jeune fille mordre la poussière, malmenée par une adversaire plus grande et visiblement plus expérimentée qu'elle, sous le regard attentif du Chevalier de l'Horloge. Soulagé, il remarqua que Rena empêchait la gagnante de s'acharner sur sa victime, la tançant vertement lorsqu'elle fit mine d'ignorer les ordres. Décidant que c'était à lui d'entrer en scène, il se leva et descendit rejoindre le groupe.

Rena le vit arriver et s'inclina vers lui, sourire aux lèvres.

– Kanon des Gémeaux, l'accueillit-elle.

Il la salua d'un hochement de tête et entendit les murmures mêlés de gloussements des novices. Le Chevalier de l'Horloge se tourna vers le groupe et fit signe à Kyrien d'avancer.

– Ton nouveau Maître est venu te chercher. Viens.

La jeune fille s'avança, tête basse, timide. Le Gémeau réprima un sourire ; même sans voir son visage, il savait qu'elle était impressionnée. Elle sursauta lorsqu'il posa une main sur son épaule, luttant visiblement contre l'envie de se sauver à toutes jambes. Lui faisait-il si peur que cela ?

– Allons-y, dit-il d'une voix posée, l'entraînant doucement pour ne pas l'effrayer davantage.

Il jeta un dernier regard au groupe de novices. Parmi les auras envieuses ou émerveillées, quelques cosmos haineux détonnaient, dont celui de la jeune fille qui avait battu son élève quelques minutes auparavant. Kanon la foudroya du regard, histoire de lui rappeler sa place, et eut le petit plaisir de la voir se tasser sur elle-même. Kyrien était sa disciple à présent, et il ne tolèrerait pas une attitude aussi désagréable à son égard. [1]

Ils quittèrent l'arène et se dirigèrent vers les baraques des novices. La fillette y disparut quelques secondes et revint avec sur l'épaule un petit sac contenant toutes ses affaires. Lui adressant un petit sourire, le Gémeau la guida vers sa nouvelle demeure : le troisième Temple.

 

 

Plongé dans la lecture de volumes poussiéreux depuis le matin, Dokho referma son livre et s'étira. Il caressa avec affection la couverture de cuir lustrée par le temps et sourit en entendant une voix s'élever derrière lui :

– Qu'est-ce que j'aimerais être à la place de ce bouquin…

Le Chevalier de la Balance renversa la tête en arrière et répondit :

– Il suffit de le demander… Tu as fini de travailler ?

– Oui, pour aujourd'hui, fit Shion en déposant un baiser sur la bouche offerte de son amant. Et toi ? Ca avance ?

– Bof.

– Qu'est-ce que tu cherches ?

– Je ne sais pas vraiment.

– Tu as décidé de relire toutes les archives du Sanctuaire, comme ça ? s'enquit l'Atlante, rieur.

– Une intuition. J'ai l'impression que quelque chose se trame et, pour une fois, j'aimerais qu'on ne soit pas pris au dépourvu quand ça arrivera.

Le Grand Pope soupira lourdement.

– C'était trop beau pour durer. Mais tu as raison : moi aussi, j'ai un sombre pressentiment.
Il s'arracha aux mains aventureuses de Dokho et s'approcha d'une étagère qui croulait sous le poids des ans et des volumes qui s'y entassaient pêle-mêle. Saisissant une poignée de livres au hasard, il prit un fauteuil et s'attabla aux côtés de son compagnon.

– Allez, au boulot ! fit-il avec un entrain quelque peu forcé, avant de se plonger dans la lecture fastidieuse des écrits en grec ancien. [2]

Quelques heures plus tard, leurs estomacs commencèrent à leur rappeler que le petit déjeuner était déjà loin. Le Chevalier de la Balance se leva pour aller chercher à manger pendant que l'Atlante attrapait un autre volume couvert de poussière et de toiles d'araignée.

– Un peu de ménage ne serait pas superflu, grommela-t-il en époussetant le livre, découvrant un curieux symbole sur la couverture.

Cela ressemblait à un « J » dont la boucle se prolongeait en un « S » tortueux. Plissant le front [3], il ouvrit le volume et vit, sur la première page, quelque chose d'encore plus surprenant : le II caractéristique des Gémeaux, enchâssé – emprisonné, aurait-il dit – dans un cercle ouvragé, marqué de douze points. Cette figure lui rappela quelque chose : c'était le cercle horaire qu'arborait le Chevalier de l'Horloge. Mais que faisait là le symbole zodiacal ? De plus en plus intrigué, Shion feuilleta le texte qui, à sa grande surprise, était écrit dans un dialecte archaïque, bien antérieur à l'apparition des livres en Grèce. Revenant à la première page, il lut le paragraphe en grec ancien qui s'y trouvait :

 

« A toi qui trouveras ce livre, pardonne-moi de n'avoir voulu le retranscrire dans la langue officielle du Sanctuaire. Ce n'est pas faute de connaissances, mais notre toute-puissante Déesse s'y est opposée. Elle ne désire pas que ce texte soit lu par n'importe qui, et je partage son avis. A toi donc qui es initié au parler antique, à toi Grand Pope actuel, je souhaite que ce qui est renfermé ici te soit inutile, une simple légende de plus. Car si ce texte t'apporte une quelconque lumière sur ce qui se passe autour de toi, c'est que le Chaos est sur le point d'engloutir le monde. Je prie, par Athéna, pour que ce ne soit pas le cas. »

 

Un frisson d'appréhension courut le long de l'échine de l'Atlante. Il avait été initié à ce dialecte par son prédécesseur, sans en comprendre vraiment l'utilité ; il la découvrait à présent, et se surprit à prier lui aussi pour que cela reste sans intérêt. Il inspira à fond et se plongea dans l'étude du texte.

Lorsqu'il revint quelques minutes plus tard, portant un plateau chargé de nourriture, Dokho fut surpris par la pâleur inquiétante du Grand Pope.

– Shion ? Tu as trouvé quelque chose ?

– Je crois que oui, murmura l'Atlante, blême.

– Qu'est-ce que c'est que cette langue ? s'enquit le Chevalier de la Balance en jetant un coup d'œil par-dessus l'épaule de son amant.

– Un dialecte très ancien dont la clé se passe d'un Grand Pope à l'autre, répondit Shion.

Il leva les yeux et adressa un sourire qui se voulait rassurant à son compagnon.

– Tu devrais manger pendant que je finis, conseilla-t-il.

« Pendant que tu as encore de l'appétit, » ajouta-t-il à part lui.

– Tu n'as pas faim ? demanda le Tigre avant de gober une olive.

– Pas vraiment. Il faut que je finisse ça.

Peu contrariant, Dokho se restaura, puis reprit l'étude des autres livres qui parsemaient la table.

Levant le regard quelque temps plus tard, il vit le Grand Pope, les yeux clos, ses mains tremblantes posées sur le volume refermé, semblant plongé dans des abîmes de réflexion.

– Alors ? fit doucement le Chevalier de la Balance.

L'Atlante ouvrit les yeux et les plongea dans ceux de son compagnon.

– Dokho, te rappelles-tu depuis quand nous n'avons pas eu des jumeaux dans la troisième Maison du Zodiaque ?

Le Chinois fronça les sourcils et fouilla dans ses souvenirs.

– Il me semble que c'était le cas quand nous étions des novices. Tu te rappelles ? Je crois me souvenir que c'étaient deux filles magnifiques... Olhandra et... Cassinia, si je ne m'abuse.

Un petit rire secoua le Grand Pope.

– Cassinius, Dokho. C'était un homme. Efféminé, certes, mais un homme...

Le Tigre ouvrit de grands yeux.

– Tu en es sûr ?

– Mais oui.

Il resta un instant interdit, puis éclata de rire.

– J'ai toujours cru que c'était une fille. Il ressemblait tellement à sa sœur... Et puis, je ne l'ai pas vraiment beaucoup fréquenté.

– Moi non plus, admit Shion. Mais là n'est pas la question, ajouta-t-il en redevenant sérieux. Y avait-il un Chevalier de l'Horloge à l'époque ?

– Je ne crois pas, non, répondit le Chevalier de la Balance après un moment de réflexion. Mais pourquoi me demandes-tu cela ?

Le Grand Pope se passa une main lasse sur le visage.

– Oh, Athéna, faites que ce soit une coïncidence. Une simple coïncidence...

– Shion, tu commences à me faire peur, tu sais…

L'Atlante se reprit. Cela ne servait à rien de se lamenter. Il poussa le livre au sigle étrange au milieu de la table et dit :

– Ce qui est écrit là donne la clé des doubles personnalités des Chevaliers des Gémeaux.

– Des doubles... comment ça, "des" ? Il y en a plusieurs ?! s'écria Dokho, effaré.

Son compagnon hocha sombrement la tête.

– D'après ce livre, on ne peut obtenir la garde de la troisième Maison que si l'on possède deux personnalités. C'est la Malédiction des Gémeaux...

 

 

Emerveillée, Kyrien fit le tour de la petite chambre qui lui avait été attribuée dans le Temple des Gémeaux. Elle n'avait jamais eu autant d'espace pour elle toute seule ! Appuyé contre le montant de la porte, Kanon la regardait s'extasier, un petit sourire aux lèvres. Elle se tourna vers lui, radieuse.

– Tout ça... c'est pour moi ?

– Oui. Mais il faudra t'en montrer digne, rappela-t-il. J'attends de toi un travail acharné. Devenir Chevalier ne s'obtient pas d'un claquement de doigts.

– Oui, Maître Kanon. Je ferai tout mon possible, et même plus encore !

Il hocha la tête, satisfait.

Un léger bruit de pas dans le corridor l'avertit de l'arrivée de son frère. Saga fit son apparition sur le seuil de la chambre, surprenant la jeune fille, qui s'inclina précipitamment.

– Ah, euh... Bonjour, Maître Saga.

Le Gémeau l'étudia un instant, puis répondit :

– Bonjour, Kyrien. Bienvenue dans le Temple des Gémeaux.

La fillette se redressa, visiblement mal à l'aise sous son regard intense. Kanon ne put s'empêcher de la comparer mentalement avec un petit animal apeuré, ce qui le fit sourire. Un coup d'oeil échangé avec son jumeau lui apprit que ce dernier pensait la même chose. Secouant la tête d'un air légèrement désabusé, Saga lui tapota le bras, lui souhaitant silencieusement "bon courage" pour la mettre en confiance, puis s'éloigna pour aller préparer le repas de midi.

Une pensée traversa alors l'esprit de l'ex-Dragon des Mers.

– Tu ne peux pas manger avec ce masque, n'est-ce pas ?

La novice baissa la tête, contrite.

– Non, Maître. Mais... je peux manger seule, si ça ne vous dérange pas...

Kanon eut l'impression de la voir rougir à travers ce satané masque.

Décidant d'alléger un peu son malaise, il déclara :

– Si tu en as envie, tu peux le poser quand tu es au Temple.

La réaction de la jeune fille ne fut pas celle qu'il avait prévue :

– Non ! » s'écria-t-elle, avant de se reprendre : « S'il vous plait, Maître, je... je voudrais le garder.

Intrigué, l'ex-Marina demanda :

– Pourquoi ça ?

La novice garda le silence. Sondant son aura, Kanon la découvrit apeurée et gênée. De plus en plus perplexe, il s'avança dans la pièce et vit Kyrien reculer, craintive, comme s'il s'apprêtait à la frapper – alors qu'il n'en avait nullement l'intention. La fillette buta contre le lit et y tomba assise ; profitant de l'occasion, le Chevalier la rejoignit et mit un genou en terre pour être à sa hauteur. Elle dégageait des ondes de panique presque palpables.

– Tu n'as pas à avoir peur de moi, Kyrien, murmura l'ex-Dragon des Mers en refermant ses grandes mains sur les bras graciles de son élève.

Il ne savait pas comment faire pour la rassurer. Pourquoi était-elle aussi effrayée ? Tentant de trouver un fil directeur, il reposa sa question précédente :

– Pourquoi ne veux-tu pas poser ton masque ? Tu sais bien que l'ancienne règle a été abolie...

La jeune fille secoua la tête.

– C'est pas ça... s'il vous plait...

Sa voix se brisa.

– Qu'est-ce que c'est, alors ? insista Kanon.

– Je ne peux pas... le montrer, hoqueta-t-elle. Si elles... apprennent... elles ont dit... elles ont dit... que je le... regret... terai !

Elle sanglottait à présent. Ses larmes ruisselaient sous le maudit masque, jusque dans son cou. Son corps se raidit soudain et elle étouffa un cri de souffrance. Elle s'arracha aux mains de l'ex-Dragon des Mers et recula contre le mur, tournant le dos à son Maître. Là, dissimulée par ses longues mèches brunes, elle put ôter la plaque de métal et tenter d'essuyer ces larmes qui lui faisaient souffrir le martyre.

Peu désireux de laisser les choses en l'état, le Gémeau se rapprocha à nouveau. S'asseyant sur le lit, il prit la jeune fille par les épaules et la tourna vers lui en disant d'un ton doux mais ferme :

– Laisse-moi voir.

Il avait l'intuition que son visage était la clé de l'affaire. Elle lui fit face, une main pressée contre sa joue gauche, et le fixa de ses grands yeux bleu-verts. Quelques mèches brunes étaient collées à sa tempe et à sa joue droite, humide de larmes ; il les écarta sans geste brusque avant de saisir son poignet de la même manière pour découvrir l'autre côté de son visage.

Deux grosses entailles partaient de la tempe et déchiraient la pommette pour aboutir non loin de la bouche. Les plaies étaient rouges et boursouflées, mais rien n'indiquait que le sang avait coulé abondamment, ce qui était surprenant. Le masque avait empêché les saletés d'y pénétrer, protégeant la blessure. Cependant, de telles plaies auraient nécessité des points de suture, et la sueur et les larmes n'avaient rien arrangé.

Kanon cueillit du bout des doigts une larme solitaire avant qu'elle ne vienne brûler la chair à vif. Familier des blessures de toutes sortes, il força délicatement la jeune fille à lever le menton et examina son visage avec attention. Il avait réussi à garder des traits inexpressifs, mais la colère étincela dans ses prunelles turquoise quand il demanda :

– Qui t'a fait ça ?

Alarmée par son ton – il avait plus grogné la question qu'autre chose – Kyrien eut un mouvement de recul. Puis elle comprit que la rage de son Maître n'était pas dirigée contre elle, et elle se détendit.

– Je ne sais pas, répondit-elle en baissant les yeux.

L'ex-Dragon des Mers se força à se calmer.

– Kyrien, tu n'as pas à les protéger. Celle qui t'a fait ça doit être punie.

– Je ne sais pas qui c'est, répéta-t-elle. Il faisait noir, et... elles étaient plusieurs... c'était dans le dortoir... Je ne les ai pas vues.

Elle était sincère. Le Chevalier se leva et soupira.

– Bon, avant tout, il faut te soigner. Viens.

Ils sortirent de la chambre et tombèrent sur Saga, venu les prévenir que le repas était presque prêt. Kyrien poussa un petit cri et couvrit son visage de ses mains, mais pas assez rapidement pour dissimuler les plaies au Gémeau. D'un coup d'oeil, il comprit la raison de la colère qui grondait dans le cosmos de son frère. Répétant les gestes de Kanon, il observa la blessure, puis croisa le regard de son jumeau.

– Il faut soigner ça, dit-il.

– C'est ce que j'allais faire, approuva l'ex-Dragon des Mers.

– Bien. Rejoignez-moi quand vous aurez fini ; après le repas, j'irai voir Rena pendant que vous commencerez l'entraînement.

L'ex-Marina acquiesça et emmena son élève dans la salle de bain sous le regard pensif de l'aîné. D'après ce que lui avait transmis son frère par cosmos interposé, une enquête s'imposait.

Des sanctions, également.

 

 

Totalement abasourdi, Dokho mit quelques secondes pour digérer ce que venait de lui raconter le Grand Pope. Puis il prononça la seule phrase qui lui paraissait sensée :

– Il faut avertir Athéna.

A sa grande surprise, l'Atlante secoua la tête.

– Non. Nous n'avons encore aucune preuve. Et puis, je te rappelle que la deuxième personnalité de Saga a été détruite lors de la Bataille du Sanctuaire. Elle ne s'est pas manifestée depuis ; peut-être nous inquiétons-nous pour rien. Enfin, Saori a énormément de travail au Japon, et je ne veux pas la déranger tant que nous contrôlons la situation.

Le Chevalier de la Balance se gratta le menton, dubitatif.

– Moui. M'est avis que nous devrions quand même la prévenir, au cas où. Mais bon, c'est toi le Grand Pope...

– Attendons un peu, et soyons attentifs. Au moindre signe, nous l'appellerons.

Dokho étudia son compagnon quelques secondes, puis lâcha :

– Il y a une autre raison, n'est-ce pas ?

Percé à jour, Shion acquiesça.

– Je ne veux pas perturber les jumeaux plus qu'ils ne le sont déjà. Saga a beaucoup de mal à gérer sa culpabilité, je crains pour sa santé mentale s'il se retrouve encore sur le devant de la scène. Quant à Kanon, il doit s'occuper de la petite Kyrien. Et puis, il y a cette histoire avec Shaka...

– Il y a des fois où je suis content d'être né Balance, résuma le Chevalier chinois.

Shion hocha la tête. Quand les étoiles s'acharnaient...

 

 

Furieuse, Rena marchait à grands pas vers la baraque des novices. Se rappelant les paroles du Chevalier des Gémeaux, elle inspira à fond, s'efforçant de retrouver son calme habituel. Il fallait procéder à une enquête discrète et démasquer les coupables avant de les châtier. Comment avait-elle pu être aussi aveugle ?! Elle savait pourtant que Kyrien n'était pas très appréciée de ses condisciples... Mais de là à imaginer que ses élèves aient pu se livrer à un acte aussi méprisable, aussi lâche ! C'était contre tout ce qu'elle s'efforçait de leur inculquer depuis des mois, voire des années pour certaines. La jalousie, l'envie, la rancoeur et l'orgueil n'avaient pas leur place dans la vie d'un Chevalier.

Elle allait retrouver les coupables, et il leur en cuirait.

Elle se l'était juré.

 

~ ~ ~



NOTES DE L'AUTEUSE :

[1] : Kanon, papa-poule ? Naaaan, même pas vrai... ^vv^

[2] : Bon alors, je pars du principe que la langue « courante » du Sanctuaire est le grec moderne, et que le langage « officiel » est le grec ancien, auquel sont initiés tous les Chevaliers. Ca paraît inintéressant pour l'instant, mais ça va avoir son importance... dans quelques lignes.

[3] : ben oui, vous le voyez « froncer les points de vie », le Shion ? Moi, j'ai un peu de mal... ^^

 

Ah, bon. * fixe un instant l'écran, puis se relit, légèrement incrédule * C'était pas prévu, ça. L'histoire avec Kyrien, j'veux dire. Rhaaa, mwa et mes indécrottables clichés... OSKOUR !!! Mais en même temps... je commence à l'adorer, ma ptite novice toute fragile !! TvT

Et pis, ne vous inquiétez pas, pour ce qui est dans le bouquin, tout sera expliqué en temps et en heure. Vais pas me griller tout mon suspense, nan plus... niéhéhé !!!!

A suivre : le retour de Loki !! hihi !!! bah vi, le pauvre, dans son coin, il commence à s'embêter… et un Loki qui s'embête = Kanon, gare à tes fesses !!! NIAHAHARRRRHHHHFFFFFFFkofkofkof... rheu, faut que j'arrête les rires sardonico-diabolico-machintruco-n'importe quoi, ça me réussit pas du tout. C'était la minute de débilité autorisée, vous inquiétez pas, ça va pas durer... -_-;;; (et je me remets au chapitre 26... rhaaaaaaaaaaaa...)

Alake (neuneu... cette histoire va me rendre totalement neuneu... mais j'aime çaaaaa... ghaaaaaaa... O_o)

 
 
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