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Mémoires simplement extraordinaires d'un être normalement fantastique
Par Platonange
Originales  -  Suspence/Fantaisie
3 chapitres - Rating : K (Tout public)
    Chapitre 3     Les chapitres     7 Reviews    
Respiration ; reconstruction d'un monde.

Le précedent chapitre potentiellement clos, je m'embarque dans la rédaction d'une suite. Ce sera plus lent, parce que remonter est souvent plus difficille. Je tenterai malgré tout de ne trop faire languir les lecteurs qui m'apprécient.

 

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Mémoires simplement extraordinaires d'un être normalement fantastique.

 

 

 

La subjectivité est la vertu futile du monde actuel.

 

 

III. Respiration ; reconstruction d'un monde

 

 

D'abord un choc, ensuite une respiration. Une goulée d’air après avoir retenu son souffle, avoir longtemps plongé dans les eaux troubles. Les idées s'embrouillent, mais ne sont que pour plus de clarté. Après. Il faut revivre, se réinventer. Tout réinventer. Respirer autre choses que les miasmes s’échappant de soi-même. Renaître et reconstruire. Partager. Réparer ses torts. Espérer un pardon. Un renouveau. Alors il faut que les mots retrouvent un sens, qu’ils ne signifient rien d’autre que leur seul message, pas ce que leur absence symbolise. Se réconcilier. Apprécier toutes choses. Ne plus regarder la désolation en soi et voir en tout geste, en toutes choses, les symptômes de la beauté. Réapprendre à vivre et à aimer. Changer. Retomber amoureux de l’Ange délaissé. Blessé. Abandonné. S’oublier soi, oublier la Bête qui nous ronge. Oublier ce qu’Elle pourrait faire. Le doute et l’appréhension paralysent. Avoir confiance, en cette amoureuse, en soi. Croire en nous deux. Aimer.

Revenir à la raison, ou plutôt à la conscience décérébrée des passions, est douloureux. Comme la première gorgée d’air d’un nouveau-né. Elle brûle les yeux comme si l’on avait trop pleuré, elle noue la gorge comme lorsque l’on essaie de retenir ses larmes. Ou un cri. Pour paraître fort, pour que le silence s’installe simplement pendant un temps et que les discutions commencent. Enfin.

Je ne crois pas en Toi, mais Ton verbe est pourtant juste., parfois Tu avais de bons copistes. Ne me soumets pas à la tentation. Permets-moi d'y résister plutôt, mais l'idée de base est bien présente. Je redeviens humain. L'être humain a lâché la terre de ses pattes avant pour que sa tête se rapproche du ciel et des étoiles. Mais oui, même si je hais les humains, j'aime la vie et alors comme à chaque fois, je vais me dire : "Pas de bêtise, et je serai encore en vie demain".

Le bateau ivre est une belle créature. Sublime au fait, lorsqu'on y boit de trop près. Mais les mots qui avaient fait ma force dans l'ivresse me fuient peu à peu. Plus le temps sur mon esprit s'écroule et plus celui-ci me paraît s'enfoncer dans l'inanité la plus vide et cloacale... Je me sens vide et froid, inutile pantin d'une imagination stérile ayant perdu le goût de penser. L'excision d'une idée hors des limbes était acte douloureux et jubilatoire, mais quand les bouillons de ces torrents sanglants se calmèrent, c'est que quelque part quelque chose y faisait barrage. Alors de cette barrière impénétrable montaient les remugles de matière à écrire, loin de moi, loin de mes plaies desquelles je m'exprime par habitude en giclées de mots. J'ai besoin d'écrire, cela me permet de faire cure de la peine que je renferme. Sorte d'expiation. La douleur de n'y parvenir ne me satisfait et m'étouffe de son inanité. J'ai érigé des monuments de mots et maintenant, me voilà assis pantelant au milieu de débris de citadelles échouées... Je m'insatisfais à force de naviguer dans la brume, l'opacité de pensées ne se révélant pas me perdant en inutiles attraits.

S'assumer comme être multiple, reconnaître sa totalité fragmentaire comme son unicité inégale. Les voix multiples, j'ignore de laquelle partir. Je m'enfoce encore en moi-même, j'étouffe toujours et de plus belle. Pourtant je distingue la lumière mais cette vue m'attire en arrière. Je recule, encore un peu plus. La tête tournée vers le Soleil, lueur primaire, principielle. Et les pieds sont baignés de ténèbres, de proximité d'un gouffre étouffant, d'un précipice béant.

How could I be condemned for the thigs that I've done if my intention were good ? *

Ante bellum, memento mori. **

Je vais sortir hors mon corps et mon esprit. Me vider la tête, complètement, en temps et lieux perdus. Croisant le corps au vide, je libère l'âme. Je dois respirer. Mon corps doit revivre. Mon esprit doit se taire. Coeur à nu, agonisant, gisant sur les pals de l'indigence, je m'offre à toi. Tu me déshabilles, me démantèles. Nu sous tes griffes, je n'esquive rien, j'endure au corps et l'étend toujours plus. Je m'expose. A ma sincérité, ma totalité, je te laisse ta liberté. Sans moi tu n'étoufferas plus. Détruis-moi, je hais tant cette douleur.

* Soul Society - Kamelot sur The Black Halo
** Interlude I : Dei Gratia - Kamelot sur The Black Halo

 

 
 
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