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Bonsoir bonsoir ! « Mais d'où elle sort celle-la ? » Oui, I'm back ! Lol. Bon, on peut pas dire que ça ait été une grande absence non plus haha. En plus, c'est le chapitre le plus long pour l'instant... Bonne lecture et merci à tous, je vous aiiime ! + Chapitre 12 + -Harry... Noir. Tout était noir. L'obscurité totale. Il frissona. Comment était-il arrivé dans un tel endroit ? Il avait peur du noir. Il avait toujours eu peur des ténèbres. Quand il était enfant, les servantes laissaient toujours la lumière allumée dans sa chambre. Un jour, sa mère lui avait demandé pourquoi une telle peur. A sept ans, Harry avait été incapable de répondre. Aujourd'hui, il savait seulement que s'il éteignait la lumière, il mourrait. C'était une sensation étouffante. Ses mains en avaient tremblé et sa gorge s'était asséchée lorsque Drago avait éteint la lampe de chevet, la première nuit où ils avaient fait l'amour. Honteusement, Harry s'était replié sur lui-même, effrayé, et le blond s'était inquiété... Se remémorer la tendresse de ses gestes, la beauté de ses paroles qu'il lui soufflait dans l'oreille pour savoir ce qui n'allait pas laçera le coeur d'Harry. Ce soir-là, Drago n'avait pas fait semblant. -Harry... Encore cette voix. A qui appartenait-elle ? On aurait dit qu'elle sanglotait et le brun tendit une main invisible dans l'obscurité, cherchant à tâtons un corps, une présence, un visage. Qu'il trouva. Qu'il embrassa du bout des doigts. Ce nez aquilin, ces lèvres fines, ces douces pomettes, ces cheveux soyeux... -Drago ? murmura t-il. -Oui, c'est moi Harry..., bégaya le blond, la voix chevrotante comme s'il réprimait ses larmes. -Tu pleures ? demanda t-il doucement, inquiet. Je ne t'ai jamais vu pleurer... Que se passe t-il ? -J'ai peur, j'ai affreusement peur ! L'attirant brusquemment contre lui, Harry écarquilla les yeux de stupeur. Il pouvait sentir chacun de ses membres trembler contre lui, il pouvait entendre sa souffrance, même s'il ne pouvait la voir. Et son coeur s'emballa. Alors c'était ça, aimer ? Se sentir mourir d'inquiétude lorsque l'autre va mal ? Vouloir l'étreindre jusqu'à ce qu'il ne pense plus qu'à vous. Devenir son monde. Son unique monde. -Dis-moi, souffla t-il en resserant ses bras autour de sa taille, dans un geste protecteur. Que crains-tu ? -Que tu partes... La voix de Drago se brisa et il éclata en sanglots sur l'épaule d'Harry dont la respiration s'était figée, coincée dans sa gorge. Dans son coeur. -Je ne veux pas que tu me quittes, j'ai peur de la solitude. Je t'en prie, ne pars plus jamais... -Je... Je suis là Drago, tu vois ? chuchota t-il en lui caressant les cheveux. Et tu n'es pas seul, tout le monde t'aime tu sais ? -Ce n'est qu'une illusion Harry... Tu sais bien au fond de toi que cet amour que les gens me portent n'est pas naturel. Personne ne m'aime ! Révolté, le brun posa ses deux mains à plat sur les joues de son frère et les rapprocha davantage, collant leur front et leur corps. Harry ne pouvait pas voir les prunelles grises mais il les immaginait troublées, perdues dans une tempête de sentiments, pluvieuses. Appuyant son nez contre celui de Drago, il huma son odeur, comme pour s'en imprégner, tout en lui caressant doucement les pomettes avec ses pouces. -Ne dis pas ça, cingla t-il durement. Il y a des gens qui t'aiment... -Comme qui ? chuchota Drago, soufflant sur les lèvres d'Harry. Comme... toi ? Le brun ferma les yeux. Il était incapable de lui dire ses sentiments. Les mots mourraient dans sa gorge. Pourtant c'était si simple... Juste trois mots. Mais il ne voulait plus donner sans reçevoir en échange. C'était au dessus de ses forces. Alors, délicatement, avec tout l'amour qu'il avait dans son coeur, Harry l'embrassa. C'était le baiser le plus doux qu'ils n'aient jamais échangé et les larmes coulèrent sur les joues d'Harry. L'étreinte devint salée, triste, avec un arrière goût de désespoir. Leurs langues s'entremêlèrent et cette fois, ce fut le goût du sang qu'ils sentirent dans leur bouche. Le brun se dégagea, cherchant l'origine du liquide chaud avant que son propre sang ne se glaçe d'horreur. Juste devant lui, Drago souriait tristement, une cascade de sang dégoûlinant sur ses lèvres, son menton, son cou. Harry n'entendit pas les gouttes résonner au sol parce qu'une faible mélodie bourdonnait dans ses oreilles, presque imperceptible. -Entends-tu cette musique ? demanda Drago, les yeux grands ouverts, fixant un point immaginaire sur le menton d'Harry, signe que lui ne voyait toujours rien, plongé dans les ténèbres. Elle est si belle... -Drago ?! s'affola le brun, avançant une main vers lui. Qu'est-ce que tu as ? -Je vais mourir et tu le sais, Harry. Parce que même si je t'aime, je ne peux pas te le dire. Même si je t'aime, je dois rester dans les ténèbres. Je vais mourir parce que tu devras me tuer lorsque j'aurais pris le trône... tu l'as toujours su au fond de toi. Ne pouvant y croire, Harry secoua la tête, reniant, refusant, vomissant ces paroles. Son visage était inondé de larmes à présent mais cela lui était égal. Horrifié, il vit son frère se pencher en avant brusquemment, la main serrée sur son ventre. Une tâche de sang s'y répandait, lentement, et Drago cracha le liquide rouge dans sa bouche pour ne pas s'étouffer. -Je ne te tuerai pas ! Jamais ! Tu entends Drago ?! Jamais ! hurla t-il en le secouant par les épaules, cherchant son regard, mais les orbes grises ne le trouvaient pas. Elles cherchaient en vain. -Je ne te vois pas Harry..., bégaya le blond, s'écroulant à genoux tandis qu'Harry le serrait dans ses bras, le coeur déchiré. Je ne te verrai jamais je crois... Les ténèbres ne voient pas la lumière tu sais ? Un sourire triste se dessina sur ses lèvres et Drago ferma les paupières, comme s'il se laissait tomber. Harry eut à peine le temps d'entendre un faible « je le mérite » que le corps de son frère disparut peu à peu. Entre ses doigts, il devenait transparent, translucide, obsolète. Puis le vide. -...DRAGO ! O O Lorsqu'il se réveilla, le coeur d'Harry battait à folle allure. De la sueur perlait sur son front et quelques mèches indisciplinées s'y mêlaient. Lentement, il tenta de reprendre une respiration normale, moins hâchée. Ses yeux vitreux fixaient un point immaginaire sur le sol, tandis que dans sa tête, le Griffindor essayait de rassembler les pièces de son puzzle de sentiments intérieur. Il n'avait jamais fait un cauchemar aussi troublant, aussi réel. Et pourtant, il avait eu son lot pendant son enfance. Etrangement, il avait eu la sensation que Drago mourrait réellement dans son rêve. Une idée saugrenue s'insinua en lui et la peur forma un etau autour de son coeur déjà malmené. Se pouvait-il que Drago ait essayé de lui envoyer un message dans son rêve ? Etait-il capable de pénétrer dans les rêves grâce à sa magie ? Et si cette hypothèse était vraie, son petit frère se trouvait-il en danger, quelque part, attendant qu'Harry vienne le sauver ? La douleur vive qu'il ressentit dans ses poignets le ramena cependant à la réalité. Il constata avec stupéfaction qu'elle ne venait pas du fait que Zacharias les lui avait fermement maintenu pour essayer de le violer, comme il l'avait pensé au début. Non, elle était provoquée par des cordes auxquelles on l'avait attaché. Ce n'est qu'à ce moment là qu'il comprit qu'il était assis à genoux et que ceux-ci souffraient également de le soutenir. Que ses bras étaient maintenus en l'air par des cordes solides et qu'il se trouvait dans une pièce sombre, dont le plafond était si bas qu'il touchait presque ses mains. Il comprit également assez rapidement qu'on l'avait enfermé dans un placard à balais, au vu de la poussière, des arraignées, et des accessoires de ménage qui l'entouraient. A sa droite, le mur n'était pas complètement fermé, il était composé d'arabesques en fer forgé à travers lesquelles quelques embouchures laissaient filtrer la lumière du grand hall. Car Harry avait une vue sur le grand hall du royaume et il déglutit en reconnaissant ses parents assis sur le trône, faisant face à une centaine d'invités tous habillés plutôt dignements. Cela lui faisait penser à une cérémonie de mariage et ça ne lui disait rien qui vaille. « Enfin réveillé », grogna une voix sur sa gauche et Harry cligna des yeux difficilement. La porte venait de s'ouvrir, laissant irradier la lumière dans le placard sombre. « Si vous saviez combien de fois j'ai rêvé de cet instant. Enfant, vous étiez déjà si insolent », fit froidement son ravisseur, qui semblait caresser quelque chose dans ses bras. « Et vous l'êtes toujours, Prince Harry. Vous enfuir comme vous l'avez fait, c'est d'une lâcheté... Mais vous l'avez toujours été, un lâche, un pleurnichard, un poid, un déchet. » Harry serra les dents et dut mordre le tissu qui le baillonait pour s'empêcher d'hurler de rage. Il venait de reconnaître Rusard. Cet homme l'avait toujours haï. « J'avais oublié colérique », rajouta t-il, un sourire cruel sur les lèvres, ayant très bien intercepté la réaction d'Harry. « Je me suis toujours demandé comment votre père pouvait encore vous tolérer. Heureusement qu'il y a toujours eu votre petit frère... Il n'a pas le moindre de vos défauts. » Le brun soupira, comme las. Rusard pensait le blesser avec ces mots. Ces mots qu'il n'avait que trop entendu. Aujourd'hui, ils glissaient sur lui. Comme de l'eau. Ils s'infiltraient dans ses vêtements au pire. Mais jamais en lui. Il y était habitué désormais. Il laissa Rusard continuer ses insultes et se concentra sur la façon de détacher ses cordes, tirant le plus discrètement possible. « ... Vous entendez cette musique, Prince Harry ? » Cette dernière phrase le ramena à la réalité, car pour la première fois depuis le début, Rusard s'était penché à sa hauteur et le dévisageait avec un dégoût profond. Et surtout, il connaissait cet air. Oh oui... Elle avait été présente dans son rêve, magnifique, et elle tournait en boucle depuis qu'il s'était réveillé, presque imperceptible. « Regardez », dit-il en écrasant le menton d'Harry dans sa main, le forçant à détourner le regard vers le hall. « Votre frère est là... Il est magnifique n'est-ce pas ? Et il y a cet homme... Comment s'appelle t-il déjà ? Ah oui, Draco Slytherin... Ils se tiennent la main... n'est-ce pas un beau spectacle ? » Harry sentit sa colère se décupler et eut envie de le frapper. Fort. Pour le faire taire. Rusard ne savait pas ! Il se fichait de Draco Slytherin ! Cela ne lui faisait ni chaud ni froid qu'il épouse quelqu'un... Non, ce qui le déchirait, c'était de voir Drago lui tendre la main. Drago lui sourire. Drago, si proche du trône... O O « Prince Harry, Dobby est là ! Dobby va vous aider ! » Suite au départ satisfait de Rusard, Harry s'était déchaîné comme jamais contre ses cordes. Il ne pouvait pas laisser les deux frères se marier. Personne ne savait leur secret. Pas même eux. Le brun était le seul à pouvoir empêcher cela ; et surtout, il devait sauver Drago tant qu'il était encore temps. Car si ce dernier prenait le trône, Harry était sûr que tout serait définitivement fini pour lui... Le mal le possèderait. Totalement. Comme un venin. Il y avait encore du bon en lui, et peut-être... Peut-être qu'ils pourraient un jour... être ensemble. Ce simple mot poignarda le coeur d'Harry, qui se trouva bien ridicule. Ils s'étaient fait déjà tant de mal. Jusqu'où faudrait-il aller pour qu'ils soient un couple ? Il y avait bien trop de difficultées devant eux, trop d'obstacles, trop de douleur. La voix de son pantin l'avait réveillé alors qu'il commençait lentement à se laisser sombrer dans ses pensées. Son regard évitait soigneusement le côté droit ; comme si ce qu'il voyait lui brûlait les yeux. « Do... Dobby ? », réussit-il à articuler malgré le bout de tissu dans sa bouche. La porte s'était ouverte à nouveau et une femme se tenait devant celle-ci, l'air horrifié. Il reconnut assez rapidement Molly, qui tenait le pantin dans ses bras. La servente s'abaissa et desserra les liens, soulageant ainsi Harry. Sans qu'il n'ait eu le temps de faire le moindre geste, elle le serra dans ses bras avec toute la force du mère. Le brun eut envie de pleurer de bonheur. Il y avait au moins quelqu'un qui avait regretté son départ dans le château. Quelqu'un à qui il avait manqué... « Dobby était resté dans votre sacoche, Prince Harry, et Rusard a demandé à Molly de s'en débarasser. Elle m'a reconnue, elle m'avait recousue après tout. Et je lui ai dit qu'il vous avait enfermé. Vous allez bien ? » Harry hôcha faiblement la tête et caressa la tête de son pantin en remerciement. La tête lui tournait mais il sortit de la pièce et se releva, les poings serrés. Il ne lui restait que peu de temps pour agir. O O James Potter se sentait mal. Comme incomplet. Il ne comprenait pas d'où lui venait cette étrange sensation... c'était presque comme si on lui avait retiré une partie de lui-même. Pourtant, la seule chose qu'il avait enlevé, n'était autre qu'un anneau. Le sceau du dragon. La bague reposait sur la paume de sa main tandis qu'il la caressait distraitement, l'air perdu. Il se sentait fasciné par elle. Par son pouvoir. Par sa chaleur... Il avait froid tout à coup et il ne comprenait pas d'où venait son malaise. « Mon Roi ? Vous allez bien ? » James leva lentement les yeux, réalisant qu'une foule de gens le fixaient avec curiosité. A ses côtés, sa femme semblait inquiète et secouait son bras pour le ramener à la réalité. « Oui ? », demanda t-il en répondant au prêtre qui se trouvait face à lui. « L'anneau... vous devez le donner à votre fils. » James écarquilla les yeux de stupeur. Pourquoi le prêtre parlait-il d'Harry si celui-ci n'était pas dans la salle ? « Où est-il ? », questionna t-il en ignorant complètement Drago qui avait tendu le bras pour recevoir le sceau du dragon. Un silence pesant s'installa dans la salle tandis que son fils adoptif se sentait abasourdi. « Père... Je suis là... », murmura t-il. Le Roi des Griffindor lui jeta à peine un coup d'oeil et le blond eut l'impression de lire un profond dégoût dans les yeux de son père. « Où est Harry ? », questionna sérieusement James en se tournant vers Lily. Celle-ci poussa un petit cri de surprise et plaqua sa main sur sa bouche. « Notre fils... Tu... Tu ne te souviens plus ? Il est parti... » « Parti ?! », s'exclama le Roi. « Qu'est-ce que cela signifie ? » « Tu... Tu lui as retiré son trône... » « C'est une plaisanterie ? », rigola t-il nerveusement. « Pourquoi aurais-je fait une telle chose ? Il est mon sang, ma chair... » OoO POV Drago Il est mon sang, il est ma chair... Et moi qui suis-je ? Qui suis-je ? Ai-je déjà eu un véritable père ? Est-ce que je ne suis né uniquement pour faire du mal à Harry ? Avant lui, je me pensais même incapable d'aimer. Est-ce sain pour moi d'éprouver de telles choses ? Tant de bonheur dans ses bras ? Je ne crois pas. Je me maudis pour tout ce que j'ai fait. Pour avoir oser le toucher et dire ensuite qu'il m'a violé. La seule chose qu'il a violé c'est mon coeur. Si j'en ai un... Mais il faut croire que mon apparence humaine est parfaite, sans failles, puisqu'en ce moment cet organe que je haïs tant bat furieusement en moi. Crie. Hurle. M'a t-on déjà aimé ne serait-ce qu'une seule fois d'un amour pur et sincère ? Lily, celle que je considérais comme ma mère, dit que je trompe tout le monde avec mon aura, que je suis un imposteur. Est-ce la vérité...? Est-ce que ma prétendue pureté n'est qu'une véritable façade ? Est-ce que je suis sale Harry ? Est-ce que je t'ai souillé ? Dis-moi... Dis-moi. Pourquoi n'es-tu pas là ? Tu es comme tous les autres. Je te haïs tant. Tu me manques à un point que ç'en est douloureux. Même James qui disait m'aimer plus que sa propre vie ne me reconnaît plus. Il me regarde avec dédain et ça me tue. Une pensée étrange et déchirante me traverse, non, une certitude plutôt. J'ai comme l'impression que l'anneau l'ensorcelait. Le forçait à m'aimer. Mais après tout, ce serait dans la logique des choses... Qui pourrait m'aimer ? Harry... tu as été le premier à le comprendre, n'est-ce pas ? As-tu été ensorcelé toi aussi ? C'est sûrement pour cela que tu me désirais... que tu as couché avec moi. Ton inquiétude pour moi lorsque tu m'as pénétré et que le sang coulait entre mes jambes. Tes mots doux. Tes yeux brillants. Tout ça n'était que magie, qu'illusion. Une vulgaire supercherie. Tu es mon frère, mon autre, mon amant et ma contradiction. Tu es tout. Et je suis rien. Ton arrivée dans la salle me fait sourire. Si les visages se peignent de surprise en apperçevant l'ancien Héritier du royaume réapparaître sous leurs yeux après sa fuite ; le mien reste impassible. Seul un pli amer déforme mes lèvres. Tu es venu... Cela ne me surprends pas. Mais tu n'es pas venu pour moi, tu es venu pour lui. Pour sauver le trône aussi. Lily est surprise mais semble infiniment soulagée de te savoir en vie et elle te le murmure comme une litanie en t'étouffant dans ses bras. Tu écarquilles un peu les yeux, étonné, avant de te laisser aller contre elle, heureux. « Oh Harry, mon trésor ! », murmure t-elle. « Ne refais plus jamais ça, je t'en prie ! J'ai cru que tu étais mort... » James s'approche de vous et vous étreint avec force, se moquant de son image de Roi, se moquant de tout. Tu es sur le point de pleurer mon amour. Moi aussi j'ai envie de chialer. Asthar ne m'a jamais touché. Les loups disent que l'enfant des ténèbres ne doit pas recevoir d'amour. Ils disent que c'est ridicule et à cet instant, c'est moi qui le suis, à t'envier, à te jalouser. Tu ne l'as jamais su mais beaucoup de gens t'aiment Harry. Les apparences sont parfois trompeuses... Moi, ils n'aiment que mon reflet. Cette perfection illusoire qui n'est là que pour cacher le monstre au fond de moi. Et je te déteste encore plus... parce que j'aurais voulu être toi. J'aurais voulu ta vie. « Pourquoi t'es-tu enfui ? », demande notre père avec inquiétude. « Père... je vous en supplie », chuchotes-tu sérieusement, évitant soigneusement de croiser mon regard. « Je vous demande sincèrement de me croire... Croyez-moi au moins une fois dans votre vie. Drago... Drago n'est pas celui qu'il semble être... Depuis le début, il n'est qu'une mascarade. Tout était prévu. Il a été mis sur votre route pour que vous le trouviez et l'adoptez. Afin d'obtenir un jour le trône et le pouvoir du sceau. » Lily étouffe un cri et son mari me fixe soudain avec méfiance. Il croit Harry. Il croit enfin son fils pour la première fois depuis bien longtemps et cela tombe au mauvais moment. J'étais sur le point d'avoir le sceau ! J'y étais presque... Mettant mon masque de froideur, je crache avec hargne : « Et quelle preuve as-tu, frérot ? », j'insiste particulièrement sur ce dernier mot, mes yeux gris lançant des éclairs. Je te sens frissoner. Tu détestes lorsque je t'appelle ainsi, cela te rappelle quel mauvais frère aîné tu as été. Un frère pervers, un frère avec des désirs. Si imparfait. « Tu as renoncé de toi-même au trône en tournant le dos à ton propre royaume. Pourquoi devrait-on te croire ? » « Arrête Drago... », souffles-tu d'une voix basse tandis que tes yeux verts semblent meurtris. « Tu sais très bien à qui est la faute... » Nos parents nous regardent avec étonnement et les invités sont suspendus à nos lèvres. Ils sentent qu'il y a quelque chose d'important dans nos mots, dans nos regards, dans nos gestes. Draco lui est toujours sous le charme du filtre d'amour, je le sens qui me regarde avec tendresse, déconnecté de la réalité. « La faute ? », je ricane nerveusement. Un flot de haine monte en moi, lentement, progressivement. Tout tangue autour de moi, rien n'a plus d'importance que les mots que j'ai envie de te cracher, les mots avec lesquels je veux te blesser, te taillader. « Si tu penses que j'avais prévu ce qu'on a fait ce soir-là, dans l'espoir de te briser pour que tu t'en ailles du château... alors tu as tout faux frérot. » Tu blêmis tandis que je m'approche de toi, te dévisageant hautainement. Sois effrayé Harry... Peu importe que le monde entier soit témoin de mes révélations. Elles sont vraies, assume-les. « A qui la faute ? », je répète en me penchant à ton oreille, comme pour te souffler un secret. Mais ma voix se fait assez forte pour que tout le monde entende : « Qui s'est fait baiser avec plaisir contre le tronc de notre arbre, hein ? Qui a enroulé ses jambes autour de ma taille et s'est empâlé sur moi comme un débauché ? » Le coup de poing qui s'ecrase sur ma joue me fait tomber à terre et Draco se précipite sur moi, inquiet. « Encore de la violence ? A croire que tu ne sais faire que ça... Te battre. C'est bien, tu as au moins une chose de l'être humain, le côté pourriture. C'est comme ça que tu comptes reconquérir le coeur de ton bellâtre ? » Pour la première fois depuis que tu es entré dans la salle ; tes yeux se posent sur le rebelle. Tu te rappelles alors qu'il est toujours ensorcelé, à ma merci. Et je vois des flammes vertes ravager tes iris. Oui, haïs-moi Harry. Montre-moi ta jalousie. Montre-moi combien tu l'aimes. Tu serres les poings et saisis son menton avant de poser tes lèvres sur les siennes dans un léger baiser. Avec douleur, je me souviens de ta bouche embrassant tendrement la mienne dans cette tente où tu as semblé si doux... Draco papillone des yeux tandis que tu t'écartes et que le peuple reste muet, ébahi. Je me souviens alors d'un comte d'un lointain royaume, où la princesse émergeait de son sommeil grâce au baiser de son amant. Draco est ta princesse. Ecoeurant. « Où suis-je ? », demande t-il effrayé. Se réveiller en territoire ennemi sans le moindre souvenir doit être déstabilisant, je l'avoue. Tu poses tes mains sur ses épaules tout en le rassurant. Il se souvient de toi. De votre baiser. Il se souvient qu'il t'aime et tu révèles que j'ai ensorcelé le prince des Slytherin. Le danger me guette. Ils veulent tous me tuer pour les avoir tromper. Inconsciemment, je recule, sachant que je ne suis plus le bienvenu. Asthar, mon père, arrive au bon moment. Il semble terrorisé de voir que j'ai échoué mais se reprend assez rapidement. Je me penche pour le caresser et deux autres loups m'entourent comme pour me protéger. Ma famille. Ma seule famille... « Mon fils... Qu'as-tu fait ? » « J'ai échoué Père... Je suis désolé... Mais ne vous en faites pas, j'aurai le sceau. A n'importe quel prix. » Ma voix résonne comme une menace. Je pensais qu'il serait fier de moi mais au contraire, il semble plus qu'inquiet et siffle : « Non Drago. C'est fini. Rentre avec nous, tout est fini. Je t'ai dit de ne pas trop utiliser ta magie ; elle va réveiller le dragon... » « Le dragon ? » Je suis stupéfait. Est-ce lui le monstre qui sommeille en moi ? « Tu n'aurais jamais dû abuser de cette magie. Je ne l'ai pas imprégnée dans ton corps pour que tu en fasses un bénéfice personnel. Elle n'était là que pour les aveugler... », confie t-il tandis que j'ai l'impression qu'il est en train de me poignarder. « Il y a longtemps, après avoir été transformé en animagi, notre meute a enfermé l'intégralité de nos magies dans une boîte et nous avons décidé de te la donner lorsque ton véritable père t'a abandonné dans la forêt. Une force si puissante sommeille en toi... Si puissante qu'elle pourrait dévaster un royaume. Tu dégages une aura extrèmement fascinante sans même en avoir conscience. Elle séduit, elle envoûte, elle les fascine tous. Tout être mortel. » De la magie... ? Tout cet amour, toute cette admiration depuis mon enfance... n'était due qu'à mon aura ? J'ai envie de vomir. Et j'ai été abandonné dans les bois... Asthar n'est même pas mon père. Il n'est rien. Je n'étais rien pour mes véritables parents puisqu'ils se sont débarassés de moi quand j'étais nourisson. Le néant m'entoure, m'enveloppe. Mon coeur se glace de ténèbres tandis que j'entends Asthar révéler que j'ai un frère jumeau et qu'il est là, juste à côté de moi. Je me sens trahi, exploité, humilié. Par Merlin, nos langues se sont mêlées... Nous avons failli nous marier à notre insu... Alors c'est cela ? Je ne suis qu'un pion ? Les dernières parcelles de raison me quittent tandis que je sens ma magie s'échapper, crépiter autour de moi comme si elle allait exploser. O O Harry regardait avec effarement les ronces qui s'étaient mises à pousser du sol, déchaînées, immenses. Leurs branches épinées s'agitaient dans la salle et des cris retentirent dans le château. Elles se répandaient partout, comme si elles avaient une vie, et semblaient vouloir tuer les invités, s'enroulant autour de leurs jambes, de leurs bras, fonçant sur eux à toute vitesse. Ils cherchaient tous à fuir, paniqués. Le regard du brun se posa sur Drago et il réalisa avec horreur qu'ils étaient les seuls à être protégés de ce massacre. Draco Slytherin, ainsi que James et Lily avaient été projetés en l'air et Harry se retrouvait enfermé avec son frère dans une bulle de ronces. Bientôt, les branches formèrent un cocon si étroit que la lumière ne passait presque plus et ils se retrouvèrent dans une quasi-obscurité. « J'ai fait un rêve éveillé tout à l'heure », chuchota Drago, une lueur démente dans le regard. Une lueur de pure folie qui ébranla le brun. « Ton père allait me donner le trône et je me suis perdu dans mes pensées. J'ai rêvé que tu m'aimais... Que tu disais que tu ne me tuerai pas... C'était un beau rêve... », murmura t-il en regardant Harry droit dans les yeux. Ce dernier sentit un plomb tomber dans son estomac. Le rêve... Le rêve était vrai... Drago était entré dans son esprit, inconsciemment... Et il lui avait dit... Il lui avait dit quoi déjà ? -Je ne veux pas que tu me quittes, j'ai peur de la solitude. Je t'en prie, ne pars plus jamais... Alors Harry combla l'écart entre eux, essayant d'ignorer les ronces qui se mouvaient autour d'eux, rétrécissant le cocon, comme si elles allaient les écraser. Le noir les entourait complètement à présent et Harry frissona. Il avait peur. Mais il pouvait sentir le souffle hâché de Drago près de ses lèvres et sa présence le rassura. Il l'aimait tellement... « Ton rêve... Je l'ai partagé moi aussi. Tu te trompes, les ténèbres peuvent voir la lumière Drago. Tu me sens en ce moment, n'est-ce pas ? », souffla t-il en effleurant ses lèvres, fermant les yeux de bonheur. « Tu peux encore tout arrêter. Resssaisis-toi. Je ne vais pas partir... Je suis là d'accord ? Je suis là. » Une larme perla sur la joue du Slyhterin alors que l'etau de ronces se referma davantage sur eux, et Harry dut coller son corps contre celui de son frère pour ne pas qu'elles lui lacèrent le dos. Il eut envie de paniquer mais il se força à rester calme, concentré. Il sentait que Drago était troublé, perturbé, et peut-être pourrait-il arriver à calmer sa magie... Doucement, comme dans leur rêve, Harry l'embrassa tout en glissant ses doigts dans les cheveux du blond. Drago ne répondit pas mais il le sentait trembler contre lui. Il sanglotait et secouait la tête de droite à gauche... « Ce n'est pas vrai, tu... tu mens », bégaya t-il. « Tu es comme tous les autres ! Tu... tu vas m'abandonner ! Tu ne m'aimes pas ! Tu ne peux pas m'aimer ! » Posant ses deux mains à plat sur le torse d'Harry ; Drago le repoussa violemment et celui-ci sentit une épine lui écorcher le dos. Un gémissement de douleur s'échappa de ses lèvres et il se les mordit pour ne pas pleurer. La douleur l'assaillait de toute part, jusque dans son coeur, surtout dans son coeur. Les ronces s'enroulaient à présent autour de leurs bras et de leurs jambes... « Serais-tu prêt à rester auprès de moi... jusque dans la mort ? » A ces mots, le brun se figea de stupeur avant de se débattre contre ses liens. Drago devenait fou. Pensait-il réellement à les tuer, tous les deux ? C'était stupide ! Ce n'était pas une preuve d'amour ! Lorsqu'il vit son frère s'agiter pour tenter de se libérer, Drago esquissa un sourire triste et dessera ses propres liens à l'aide de sa magie. Il se pencha près du brun qui était tombé au sol et lui caressa tendrement la joue, les yeux gris remplis de douleur. De vide. Ils commençaient à devenir noirs et Harry ne put s'empêcher de hoqueter, effrayé. « Tu vois, tu m'abandonnes... » « Non, non, attends ! », s'écria t-il alors que leur cocon disparaissait. « Je... Je t'aime ! », pleura t-il. « Je t'aime Drago !! Ne fais pas ça ! » N'écoutant plus rien, son frère s'était perdu dans son monde, un monde de rage et de souffrance. Il était devenu sourd et aveugle. Sa magie ténébreuse le possédait entièrement et Harry réalisa que tout était perdu lorsque Drago leva les bras au ciel, déchaînant une tempête de neige. Oui, tout était perdu. Le dragon l'appelait... A suivre... Sadique ? Vous pensez ? Lol. Mais nan, tout n'est pas fini, trop pessimiste ce Harry. J'ai promis une Happy End, il y aura une Happy end ! J'ai eu pas mal de difficultées à écrire la fin mais elle est là finalement, toute fraîche. La dernière scène et le rêve sont mes passages préférés... Et un merci tout spécial à Atsu, qui comprendra pourquoi. Bisous et à bientôt ! |