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+ Chapitre 4 + La tête enfouie dans les traversins, Drago repensait sans cesse à cette nuit. Pourquoi ? Pourquoi avait-il fait ça ? Avec lui... Ca n'avait jamais été son but. Il n'était pas programmé pour ça. Aimer. Il devait... Haïr. Pour mieux régner. Pour mieux détruire. Et il l'avait détruit, son frère. En miettes. Son regard si triste et haineux tournait en boucle dans sa tête. Il le hantait. Pourtant il allait avoir le trône. Enfin. Le seau lui appartiendrait. Le corbeau était même venu le voir pour le féliciter mais Drago n'arrivait pas à l'écouter, il avait trop mal au ventre. Il se demanda alors s'il y avait un échange magique lorsque deux humains faisaient l'amour. Dans son monde, tout était possible après tout. Et ça expliquerait pourquoi briser le lien avec Harry lui paraissait si difficile à présent. Ou alors peut-être s'était-il trop... enfoncé pour revenir en arrière. Le corbeau lui avait parlé d'amour, de faire attention, que c'était un sentiment dangereux, destructeur. Surtout pour leur clan. Drago avait été convoqué par Asthar le soir même dans la forêt et il avait revêtu une cape pour s'enfuir. Au moment de quitter le château, il avait senti un regard insistant sur lui et s'était retourné. Harry le regardait de sa fenêtre. Il savait désormais que le blond cachait réellement quelque chose d'important mais cela n'avait pas d'importance qu'Harry le sache, finalement. Le Roi James était complètement hypnotisé par les ondes de Drago ; au point qu'il oubliait d'aimer son propre fils. Il ne croirait jamais Harry, et quelque part, la tristesse du brun l'atteignit et accentua son mal de ventre. « Mon fils... », murmura un loup au pelage noir vif en se frottant aux jambes du blond. Une dizaine de loups l'entourraient à présent et Drago retira sa cape, le regard froid. « Père. Vous m'avez demandé ? » « Nous sommes si heureux que tu aies enfin réussi à accomplir ta mission. Bientôt, le royaume nous appartiendra. » Les autres loups encerclèrent Drago et hurlèrent dans la nuit. Le blond fut étrangement ému de retrouver ses semblables et s'agenouilla auprès d'eux, caressant le front de son père affectueusement. « Si seulement j'étais maudit, comme vous... Je suis tellement désolé, père... C'est triste sans vous tous au château », avoua t-il. « Si tu avais été maudit, tu n'aurais jamais pu nous délivrer de cette malédiction. Le mal pourra enfin régner. Nous allons avoir notre vengeance sur la terre de Griffindor. Mais dis-moi, fils, comment as-tu fait pour que le Roi te donne finalement cette place ? Cette saleté de corbeau n'a pas voulu parler. Je l'aurais bien manger en punition, mais il s'est envolé. » « Je... » Drago hésita, cherchant ses mots. Puis il décida de dire la vérité, après tout c'était dans sa nature, d'être un méchant, une ordure. Son père serait sûrement fier de lui. « J'ai brisé son héritier en couchant avec lui. » « Oh... » La meute de loups échangèrent quelques regards attérés puis il sembla voir les yeux de son père briller de fierté pour son fils. Alors que lui... lui se détestait pour cela. « Très ingénieux. Très maléfique. Allez, retourne-y, maintenant nous n'avons plus qu'à attendre. » « Oui, père. » O O Trois jours passèrent et Harry pensait sans cesse au rebelle. Il connaissait les contours de son visage par coeur à force de les retracer en pensées. Avec lui, il se sentait comme apaisé. Heureux. C'était bien de penser à lui. Mal de penser à son frère. Parce que quand il pensait à Drago ; il souffrait atrocement. Toutefois penser au rebelle était un peu douloureux aussi, car chaque nuit il entendait celui-ci gémir de douleur dans sa cage. Il avait été enfermé dans une étroite prison qui était suspendue en l'air contre la paroi ouest du château. Non loin de la chambre d'Harry. Et chaque nuit, il l'entendait gémir de douleur. Il le savait blessé, car les gardes l'avaient maltraités la veille. Cependant personne ne l'avait soigné et personne n'avait droit de lui parler. On le laissait mourir de faim et de soif. Le traitement des rebelles était vraiment honteux. Il ne se souvenait pas que son père fut un Roi aussi mauvais lorsqu'il était enfant. Qu'était-il arrivé à son père pour qu'il devienne aussi assoiffé de pouvoir et aussi violent ? Il avait par ailleurs appris que le rebelle se nommait Draco Slytherin. Fils du plus grand royaume ennemi. Et quand son père apprit cela, il devint fou de rage et avait littéralement explosé, parlant d'une prophétie, du fait que tous les fils de princes rebelles auraient dû être morts à présent. Comment celui-ci aurait-il pu s'échapper ? Harry lui, avait senti sa gorge se nouer à l'entente de ce nom. Draco... Comme le hasard faisait bien les choses. En plus de lui ressembler trait pour trait, il n'y avait qu'une lettre qui le différenciait de son frère, Drago. La tête enfoui dans ses mains, le brun déshérité se posait beaucoup de questions. Et si les deux blonds étaient frères ? Si c'étaient eux les vrais frères ? Impliquer le rebelle dans l'équation était pire que tout. Cela lui faisait penser à une sorte de triple relation incestueuse ; et Merlin le savait, Harry s'était suffisament fait punir pour cela. Un matin, lorsqu'Harry se réveilla, une cape aux tons orangés avait été déposée au pied du lit. Le tissu glissait doucement entre ses doigts, chaud, agréable. De la soie... Immédiatemment, il immagina Drago avec cette cape... Elle épousait parfaitement les formes de son corps... Son corps si fin, un peu androgine. Des images l'envahirent, partout. Partout dans sa tête, dans son corps, autour de lui, en lui. Même les draps qui le recouvraient se mirent à mouver seuls, par la force de ses souvenirs. Deux corps emmêlés dans la pénombre, la soie blanche qui descend lentement des jambes gracieuses. Des mains soudain sèches et fades lorsqu'elles s'entremêlent avec désespoir dans celles pâles et tièdes de son frère. Tiède comme son souffle, ses gémissements, ses allaitements saccadés. Sa peur palpable. Son abandon. Sa chaleur. Son corps. Bordel, son corps... Et sans s'en rendre compte, il serrait la cape à s'en brûler les doigts. Mais le tissu ne pouvait se substituer à cette étreinte fiévreuse, trop froid, trop quelconque. Il n'y avait plus la volupté des effleurements, des frottements, des vertiges. Il n'y avait plus le feu des embrasements. Plus que le vide. Ses yeux s'agrandirent de stupeur quand il vit que sa main avait disparu également. Il la retira instantanémant de la cape. Puis il couvrit la moitié d'un bras avec et constata avec stupeur qu'il disparaissait lui aussi. C'était une cape d'invisibilité... Le coeur d'Harry se mit à faire des bonds dans sa poitrine. Serait-ce l'occasion inespérée d'aller libérer son rebelle ? O O Après de nombreuses hésitations, le Griffindor décida de jouer le tout pour le tout et de faire preuve de bravoure. C'était un guerrier après tout. Il ne devait pas avoir peur d'aller au front. De se battre pour celui qu'il aime. Son plan était parfait. Il devait détourner l'attention des gardes devant sa porte pour pouvoir l'ouvrir et passer avec sa cape d'invisibilité. Aussi avait-il demandé à Molly de les distraire cinq minutes à partir de minuit juste pour qu'il ait le temps de sortir de sa chambre et de se faufiler dans le couloir. Ce qu'il réussit avec brio. Arrivé aile ouest de Hogwarts, Harry monta les escaliers d'une tour quatre à quatre, le souffle court. Il se pencha en haut des remparts et fit bien attention de ne pas glisser. La pluie tombait à flot cette nuit-là et il pouvait voir le rebelle qui s'agitait plus bas dans sa cage, tendant la main à l'extérieur pour récolter quelques gouttes d'eau qu'il buvait avidemment. « Est-ce que vous m'entendez ? » « Qui êtes-vous... ? », demanda le prisonnier, méfiant. De là où il était, il ne pouvait pas voir Harry et ce dernier remercia Merlin pour cela. Si le rebelle savait qu'il s'agissait du fils de son pire ennemi ; il le rejetterait sûrement. Harry enfonça bien sa capuche sur sa tête pour cacher mieux son visage. « Cela n'a pas d'importance. Je vais vous aider... Tenez », dit-il en faisant descendre un seau rempli d'eau. Le prisonnier le remercia et se jetta goulumment dessus. « Pouvez-vous... me libérer ? », demanda t-il. « C'était dans mes intentions, effectivement. Attendez, je vais essayer de tirer sur la corde, là-bas. » Voyant qu'il n'arrivait pas à l'atteindre, Harry redescendit la tour et s'arrêta en plein milieu, où une fenêtre donnait vue sur la cage du rebelle. Le coeur d'Harry se mit à battre un peu plus vite en songeant que la chambre de Drago se situait à cet étage, juste à quelques pas de lui. Que cette ordure dormait paisiblement alors que le rebelle souffrait à en creuver juste à côté de lui. Drago était-il donc si dégueulasse pour que ces gémissements ne le laissent indifférent ? Perdant le fil de ses pensées, il se secoua mentalement et se pencha par la fenêtre pour tenter d'atteindre la corde et détacher le noeud. Peine perdue... Il monta sur le rebord et s'approcha un maximum du côté droit mais il n'arrivait pas à l'atteindre et il glissait de plus en plus... puis il dérapa mais fut rattrapé de justesse par la taille. Quelqu'un le tira en arrière, deux mains étroitement serrées qui ne le lâchaient pas, comme s'il était un trésor. Il pouvait sentir le souffle saccadé de son sauveur dans son cou, et sa peur de le voir tomber était vraiment palpable. Puis l'homme se dégagea et Harry n'eut même pas le temps de se retourner complètement qu'il fut plaqué sans douceur contre le bord de la fenêtre. Drago lui maintenait les poignets et collait le corps trempé de son frère contre son doux pyjama de soie. Les yeux gris d'habitude si calmes semblaient lancer des éclairs et Harry n'osa même pas ouvrir la bouche pour lui dire de s'éloigner. Il était pétrifié. « Pauvre con », cracha le blond d'une voix dédaigneuse. Le brun en resta stoïque. « Je t'avais dit que le courage était un sentiment stupide. En utilisant la ruse pour délivrer ton rebelle d'amour », dit-il avec ironie, « tu n'aurais pas pris le risque de te tuer inutilement. Pourquoi ne m'as-tu pas dit que tu essayerais de le libérer ce soir ? Bien sûr... j'aurais dû m'en douter, on t'envoie une cape et il faut que tu l'utilises le soir même sans réfléchir. Tu n'es qu'une bête stupide qui fonce tête baissée. Tes muscles ne t'auraient pas sauvé si je n'avais pas été là ! » « C'est... c'est toi qui m'a envoyé la cape ? », bégaya Harry. « Qu'est-ce que tu croyais ? Tu connais quelqu'un d'autre qui a des pouvoirs égaux aux miens dans ce château ? Notre père peut-être, mais ça m'étonnerait qu'il t'aide à délivrer le Slytherin. » « Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? Et pourquoi est-ce que tu m'as sauvé ? », s'énerva le brun en bougeant contre lui. « Je croyais que je n'étais qu'un violeur ! » « Oh arrête », soupira le blond sans se dégager pour autant. Au contraire, il se colla davantage et cette soudaine proximité animait leurs corps de la plus indécente des façons. « Je n'avais pas le choix... » « Pas le choix, hein ? Pourquoi, parce que tu n'es qu'un salaupard qui ne désire rien d'autre que le trône ? Bien sûr, piétiner mes sentiments ne te dérange pas ! » « Ecoute, on va pas discuter de ça maintenant. Si quelqu'un se rend compte que tu n'es plus dans ta chambre, tu risques beaucoup. Il faut libérer Draco maintenant. Je vais t'aider avec ma magie, d'accord ? Tu n'auras qu'à me suivre. » Le regard vert d'Harry le toisa longuement comme s'il le passait aux rayons X. Méfiant, il posa à voix haute la question qui lui brûlait les lèvres. « Pourquoi tu fais ça ? Qu'est-ce que tu veux en échange ? Laisse-moi deviner... Tu espères qu'en m'aidant à m'enfuir avec le rebelle, je ne reviendrai plus jamais ici et tu pourras devenir Roi et baiser tout le royaume avec ta méchanceté gratuite ? » Harry crut voir un voile de tristesse passer dans les yeux gris mais il avait dû le rêver car une seconde plus tard ses yeux brillaient de la façon la plus interessée et sadique qui soit. « Eh bien, il y a en effet quelque chose que tu peux faire pour me... soulager, dans l'état où je suis. » dit-il glacialement en baissant le regard sur sa partie intime. « Non... non », s'affola Harry, commençant à comprendre lentement ce que son frère voulait. « Si quelqu'un arrive... » « Et alors ? C'est d'autant plus excitant. Et puis, je te l'ai bien fait l'a utre soir, tu me le dois bien maintenant. » Drago fit un pas en arrière tandis que son frère ne le quittait pas du regard, dans la quasi-obscurité. Il aurait pu le trouver magnifique à cet instant-là mais son expression était tellement perfide qu'il avait son frère en horreur. Harry réfléchit à toute vitesse. Il n'arriverait jamais à faire évader le rebelle tout seul, il le savait bien. Il ne restait plus qu'une autre solution : la magie de Drago. Soufflant un bon coup ; il tendit la main vers le pantalon blanc mais les doigts fins de son frère encerclèrent brusquemment son poignet et le stoppèrent dans son geste. « Non, pas comme ça. Avec la langue... » Furieux, Harry se mit à genoux et tira d'un geste sec le pantalon blanc. Drago perdit même l'équilibre une fraction de seconde à cause de la force du Griffindor et dut s'appuyer sur les épaules de celui-ci. Il resta complètement ahuri quand il vit la langue de son frère pointer vers son sexe et même s'il eut envie qu'elle poursuive son chemin, il donna à Harry un coup de pied dans les côtes qui se tordit sous la douleur. Les yeux verts lançaient des éclairs de tristesse et d'incompréhension. Peut-être même d'humiliation... « Tu croyais vraiment que j'étais pourri au point de te forcer ? » jeta méchamment Drago en se rhabillant. « Je connais ta nature profonde, c'est tout. » se contenta de répondre le griffindor d'une voix laconique. « Ah oui, c'est vrai que tu me connais en profondeur... », railla le blond. « Mais même le sexe n'est pas intime chez moi, ce n'est que surface. Des dizaines d'hommes sont passés avant toi, que crois-tu ? Que tu es privilégié ? » « Esseyerais-tu de me rendre jaloux ? » fit Harry, s'amusant soudain de la situation. « Je ne vois pas pourquoi tu as besoin de m'étaler le tableau de tes conquêtes, je le sais déjà et ça m'indiffère. Maintenant arrête de me retenir, parce que depuis que je veux libérer mon rebelle, tu ne fais que ça... C'est à se demander ce que tu cherches, Drago. Je croyais que tu voulais que je m'en aille de ce château ! Après tout, il n'y a que le trône qui t'interesse... n'est-ce pas ? » Il y eut un silence et Harry finit par hausser les épaules. Il était vraiment déçu que Drago ne l'ait jamais considéré comme son frère. Il l'avait toujours su au fond de lui mais... une partie stupide se plaisait à espérer. A espérer que Drago ait un semblant d'affection. A espérer qu'au moins une personne dans ce château l'aimait un petit peu. Il s'était trompé. C'est à peine si son frère le considérait comme un amant, une vulgaire pute d'une nuit, et là, il avait failli s'abaisser à le su... « Je n'essaye pas de te retenir. Je voulais savoir jusqu'où tu pouvais aller juste pour libérer ton rebelle, Draco Slytherin c'est ça ? Son nom est assez marrant... », sourit Drago. « Tu dois faire vraiment un transfert... Peut-être espères-tu me retrouver en lui... » « Va te faire foutre ! C'est plutôt toi que je cherche à fuir en lui. Il est tellement mieux. » « Tu n'en sais rien ! Tu ne le connais même pas ! », fit Drago en emboîtant le pas à son frère. A présent, Harry dévalait les escaliers de la tour, pressé. Il avait laissé le rebelle trop longtemps... « Je n'en ai pas besoin, je l'aime, ça ne s'explique pas. Maintenant aide-moi avec ta magie et je partirai avec lui, ce soir. Tu seras enfin débarassé de moi. Tu as promis... » Drago hocha la tête, incapable de dire quoique ce soit. La part sombre en lui jubilait intérieurement. Le seau serait enfin à lui. Par contre, l'autre part se sentait malheureuse... et ce n'était pas sans l'inquiéter. A suivre... |