|
Chapitre 1 Pov : Quentin - Tu t'appelles Quentin ? - Oui. Non, c'est un mensonge, c'est juste un nom d'emprunt... - T'as dix-huit ans ? - Ouais. Non, ça aussi c'est un bobard, j'ai seize ans. Enfin... je crois. Sur ça aussi, j'ai aucune certitude. - T'es un habitué. T'aime ça hein, p'tite salope ? - Et alors, ça te dérange ? En vérité, je déteste cela. Je hais sentir ces chiens prendre possession de moi. Il n'y a rien de pire que l'odeur imonde qui se dégage de nos corps après avoir accompli l'acte. Certains appellent ça "faire l'amour", pour moi c'est de la baise, rien que de la baise. - Ce soir, vingt heures, ça t'vas ? - Oui, c'est parfait. J'ai pas envie de baiser avec toi du con, et pourtant je le ferais. T'inquiète pas, je te ferais prendre ton pied. - Ce sera quarante euros, à prendre ou à laisser. - Je prends. Putain, salaud, mon cul vaut beaucoup plus que ça ! - Bien, à ce soir. Sois à l'heure surtout ! - T'en fais pas, j'y serais. Enfoiré, t'attends que ça, hein pédé ? Qui crois-tu être ? T'es juste un vieux merdeux de cinquante balais ! Pédophile... Je regrette bien d'avoir cédé au Patron, tiens ! *** Il ne savait ni son nom ni son âge, la seul chose qu'il posédait était un surnom "Quentin". C'était lui qui l'avait choisi, surement parce que sa phonétique lui rappelait celui qu'il avait du avoir... avant. Il était l'un des prostitués les plus populaires et les plus demandés des quartiers mal famés. D'après les dires de ses clients, il était bon au pieux et pas cher... Il ignorait depuis quand exactement il avait commencé. Sans doute lorsqu'il devait avoir une douzaine d'années... Il ne comprenait pas comment il avait été amené à faire ça. Il se rappelait juste s'être réveillé dans une sombre ruelle sans aucun souvenir. Au départ, il volait pour pouvoir se nourrir, puis, un jour, alors qu'il était en train de se faire tabasser par des vauriens, un homme était intervenu et lui avait proposé un travail qui lui permettait aujourd'hui de survivre. Cet homme, son "sauveur", c'était le Patron. Contrairement à se que l'on pourrait croire, le jeune homme lui en était extremement reconnaissant même si ce "job" était la chose qu'il haissait le plus au monde. *** Il était dix neuf heures cinquante cinq et il avait cinq minutes d'avance. Ce n'était pas grave, il allait simplement attendre un peu. Il était devant le bar " The Night ", le lieu où se déroulait la plupart de ses rendez-vous. Il l'aivait choisi par question de facilité car il faisait également boîte de nuit et hôtel. Autrement dit, pas besoin de changer d'endroit pour tirer son coup, c'était simplement une question de facilité. Le jeune homme se pencha pour regarder une nouvelle fois ma montre qui indiquait vingt heures. C'était bon, il pouvait y aller. Il réussi à passer sans difficultés devant les vigiles qui ne lui jetèrent même pas un regard. Après tout, pourquoi s'inquièteraient-ils alors que c'était eux prostitués, tueurs à gages, junkys, mafieux et traficants de drogues qui augmentaient leur fortune ? Il l'apperçut au loin, il devait être arrivé avant lui vu qu'il ne l'avait pas vu entrer. Après avoir vu deux pimbêches à ses bras, ses sourcils se froncèrent, son Patron avait bien certifié qu'il devait ête seul avec lui. Coucher pour de l'argent, il n'avait rien contre, lui même le faisait. En revanche, il était hors de question pour lui de se laisser entraîner dans une partouze ou un autre truc du genre. C'était une question de principes... Lui contrairement aux autres, il n'était pas un drogué et un accro au sexe et ça c'était grâce à son employeur qui l'avait pris sous son ailes depuis le début et qui l'avait empêché de finir ainsi. Il s'approcha doucement de l'homme, afin que celui-ci ne prenne conscience de sa présence qu'une fois qu'il serait à ses côtés, et il prit une attitude qui lui allait à merveille : beauté fatal. - Salut ! lui dit-il d'un ton neutre. - Ah tiens ! Quentin ! Ponctuel comme d'habitude ! lui répondit son client en regardant son poignet auquel se touvait une magnifique montre en argent. Radin. Tu te pais une montre à je sais pas combien d'euros et tu n'es même pas fichu d'en débourser plus d'une quarantaine pour une nuit à mes côtés. Attention, l'avarice est un vilain défaut. Tu finiras en enfer si tu continues sur ce chemin là.... Quentin rit sous cape. Heureusement que l'homme n'entendait pas ses pensées sinon, nul doute qu'il se serait pris un bon crochet du droit en pleine figure depuis longtemps ! C'est que j'y tiens à mon visage ! C'est lui qui me permet de gagner ma vie... Ou peut être pas finalement... A mon avis ça doit plutôt être mon cul... - Tu veux faire ça maintenant où j'ai le temps de prendre un verre avant ? - Assis toi, on n'est pas pressé... Je vais en profiter pour parler de nos projets pour notre petite nuit à quatre. - A quatre ? J'ai peur de me pas avoir compris... En réalité, je t'ai au contraire parfaitement compris mais, je vais te laisser t'enfoncer un peu avant de te planter comme tu le mérites. Tu n'avais qu'à écouter le Patron ! - Bah oui ! J'ai jamais été avec toi mais j'doute qu'un môme dans ton genre peut m'satisfaire alors j'ai pris mes précautions. Quentin le regarda en chien de fusil. Pour qui se prenait-il ? Il mettait toujours un point d'honneur à respecter ses clients et il attendait d'eux qu'ils en fassent de même... - EH ? TU VAS OU LA ? - J'me casse ! - Tu sais, si c'est une question de tarif, je peux le doubler ou le tripler, même... Tenta t'il de le retenir. - J'm'en fous de ton fric ! Y'a des choses qui sont pas acceptables et ça, ça l'est pas ! Le Patron avait parfaitement dit que je devais être SEUL avec toi sinon le contrat serait rompu ! Tu peux le garder ton pognon, moi j'aurais aucun mal à me trouver quelqu'un d'autre ! C'est bon, ça c'est fait ! Non mais, il faut savoir les remettre à leur place de temps en temps ! Bon bah, et maintenant ? Je fais quoi, le trottoir ou alors je me pais une chambre d'hôtel pour passer une nuit tranquille ? Finalement, il choisit la deuxième solution. Il était rare qu'il puisse dormir autant qu'il le voulait, il n'allait donc pas laisser passer cette chance. Il décida donc d'aller à l'hôtel " King Room " car bien que n'étant pas un palace, c'était ce qu'il y avait de mieux et en plus à un prix fort peu élevé. Le seul problème était que pour s'y rendre, on avait l'obligation de traverser la rue des drogués. En la parcourant, il ne put s'empêcher de dévisager tous ces légumes humains de kamés à genous pour qu'on leur procure du chite ou d'autres substances illicites du genre et cela lui fit froid dans le dos. Soudain, son corps s'arrêta de lui même. C'est pas possible ! Il doit pas avoir dix ans ce gosse... Comment il a atterri ici ? Le jeune homme s'approcha de l'objet de son attention qui paraissait assez petit et très maigre. Lorsque enfin, il lui fit face, il ne put retenir le flot de question qui lui brûlait les lèvres de s'echapper : - Salut ! Tu t'appelles comment ? L'enfant le regarda quelques instants comme si il était un extra terrestre puis lui répondit dans un murmure hésitant : - ...Fabrice... - Et t'as quel âge Fabrice ? - J'ai...quinze ans... - Oui, c'est ça, et moi je suis la reine d'Angleterre ! Alors, ton âge ? -...N...Neuf ans.... Quentin resta bouche et bée. Il était encore plus jeune qu'il le pensait au départ. - Et tu fais quoi ici ? Qu'est- ce que tu cherches ? - Je...ne sais pas... De mieux en mieux. Il poussa un long soupir. Il n'avait pas tellement le temps de s'occuper d'un gamin, mais il ne pouvait tout simplement pas le laisser ici. - Suis moi ! - On va où ? lui demanda t'il peu rassuré. - J'ai ma soirée, alors on va aller prendre une chambre d'hôtel, tu prendras une douche et tu changeras de vêtement. Je t'en acheterai. Ensuite, on mangera quelque chose puis on ira se coucher chacun de son côté. Comme tu es plus jeune que moi, je te laisse le lit, moi, je prendrai le canapé et s'il n'y en a pas, je dormirai par terre. Après, on vera demain ce que je peux faire pour toi... Il finit son énumération, puis le prit par la main pour l'entraîner à sa suite lorsqu'il se passa quelque chose d'inattendu. Quelqu'un cria au loin : - Vite ! Barrez-vous ! MAIS PUTAIN, BARREZ-VOUS, NOM DE DIEU ! Toutes les personnes qui se situaient dans l'allée se regardèrent, intriguées. Que se passait-il ? Mais alors que tout ce monde s'appretait à passer outre de la demande, une voix plus grave et paniquée se fit entendre à son tour : - Merde ! Dépêchez-vous ! Les Cariopani arrivent ! Le coeur de Quentin rata un battement. Si vraiment ce gang avait décidé de les prendre en chasse, ils avaient du soucis à se faire ! La dernière fois que ces hommes avaient tenté une action de ce type, il y avait eu une cinquantaine de morts, une bonne vingtaine de personnes enlevées et de très très nombreux blessés graves. Quentin en faisait partie. Cette fois là, il avait failli perdre un oeil et une jambe. Après il n'avait pu travaillé pendant 6 mois, mais il avait eu une chance incroyable de s'en sortir vivant.... A se souvenir, il ne prit pas le temps de vérifier l'exactitude de leurs dires. Il attrapa précipitement la main de son vis à vis et détalla en courant. Son geste brusque ramena les autres sur terre car dix secondes après, ils suivirent son exemple et décampèrent en vitesse. Il ne se retourna pas et continua sa course à vive allure en serrant de plus en plus fort la main de son compagnon d'infortune. Il le sentait ralentir mais il le traîna violement derrière moi. Qu'importe la fatigue, il ne fallait en aucun cas s'arrêter car, là-bas, cela avait déja commencé. On entendait des coups de feu, des plaintes, des cris sinistres et des pleurs. La sensation de chaleur et la soudaine clarté de la nuit l'informèrent qu'ils avaient débuté à incender tous ce qui se trouvaient sur leur passage. Rapidement, il n'eut plus que deux prières : la première, arriver à la cachette où lui et Fabrice pourraient être en sécurité, et la deuxième : que les policiers interviennent vite fait, car même s'ils en profiteraient pour appréhender plusieurs d'entre eux, ils feraient enfin cesser cet ignoble massacre. Depuis quand fuiaient-ils ? Il ne le savait plus, dans tout les cas, il n'était toujours pas parvenu à son but. Fabrice, lui m'en pouvait plus, il était épuisé le pauvre. - S'il te plaît, j'en ai marre ! Arrêtons-nous ! - Non ! Encore un petit effort ! Deux minutes seulement ! Je t'en prie, on y est presque ! Vous devez sans doute vous demander pourquoi il s'occupait d'un garçon qu'il ne connaisait que depuis une demi heure alors qu'il pourrait simplement l'abandonner et sauver sa peau. En fait, lorsqu'il s'était retrouvé à la rue du jour au lendemain, il avait voulu que quelqu'un lui tende la main. Malheureusement, cela ne c'était jamais produit. Bien sûr, il y avait eu le Patron mais il n'avait jamais eu d'ami. Alors, en le voyant, il s'était décidé à le prendre en charge et à l'aider comme il aurait aimé que son ami, si il en avait eu un, le fasse pour lui. Quentin se renvoyaient en quelque sorte dans ce gosse. C'était peut être débile, il le reconnaissait, mais, c'était sa façon de penser. C'était comme ça. Totalement perdu dans ses songes, le jeune homme faillit rater l'entrée de l'abri. Il se traita mentalement d'idiot. Ils risquaient de se faire tuer et lui, il se préoccupait de choses complétement futiles, il s'en frapperait presque ! Sa cachette était introuvable pour quiconque n'y avait jamais mis les pieds. Elle se situait dans un vieux terrain vague désinfecté et l'unique moyen d'y entrer était une petite trappe camoufflée par des ordures. Elle se composait de deux pièces et d'un petit placard où y étaient entreposées une trentaines de boîtes de conserves. Il l'avait adoptée car il y avait un minimum de confort en cas d'ennuis. De plus, ce qui était extrement rare, y il avait de l'eau courante et potable. Il fit entrer Fabrice vite fait et l'installa aussi bien qu'il put. Il lui amena ensuite un paquet de chips pour rassasier sa faim et lui dénicha une veille couverture pour le réchauffer, car bien que l'était à la fin du mois de mars, les températures étaient particulièrement fraiches. Quelques minutes passèrent sans que ni lui ni Fabrice n'échangèrent un mot. Puis, celui-ci le regarda bizarrement et il lui demanda : - Et maintenant ? Qu'est-ce qu'on fait ? - Toi tu restes ici pendant que moi je v... - Tu t'en vas ? - Oui, mais je ne serais pas long. Je vais voir si c'est fini et je dois aller chercher un objet qui compte beaucoup pour moi. - Qu'est-ce que c'est ? - Rien pour toi ! Cela ne te regarde pas ! Son ton était dur mais, Quentin détestait que l'on fouille dans sa vie privée car justement : c'était privé ! En voyant le jeune garçon se renfrogner, il s'adoucit pourtant : - Ecoutes, je n'ai rien contre toi, sinon tu peux être certain que je t'aurais laissé crever dehors. Je viens juste de te rencontrer, je ne peux donc pas me confier à un parfait inconnu ! Peut être qu'un jour, quand je te connaîtrais un peu mieux je te le dirais... Je dois à tout prix y aller, alors en attendant tu restes ici sagement. Autre chose, si jamais je ne reviens pas, tu... - NON !!! Tu reviendras ! Promet moi que tu reviendras ! Ne m'abandonne pas... - Hein ?! Mais... je... Il hésita. Faire des serments, c'était pas son truc. Surtout quand il ne savait pas s'il pourrait les tenir. Pourtant, honte sur lui, il se sentit céder devant son regard implorant. - Bon... D'accord... D'accord ! - Vrai ? Tu me le jures ? Merci... Merci... lui répond Fabrice en le serrant contre lui. - Pas... Pas de quoi... Quentin était géné. Il n'avait pas l'habitude des élans de tendresse. Il lui passa affectueusement une main dans ses cheveux, se releva et partit. Il savait qu'il ne devait pas s'attacher à lui, pourtant, c'était plus fort que lui. En plus, il avait toujours rêvé d'avoir un petit frère ! |