manyfics
     
 
Introduction Les news
Les règles Flux RSS
La Faq Questions
Concours Résultats
ManyChat ManyBash
Plume&Crayon ManyBlog
Goodies Nous aider
  Les crédits
 
     

     
 
Par date
 
Par auteurs
 
Par catégories
Animés/Manga Comics
Dessins-Animés Films
Jeux Livres
Musiques Originales
Pèle-Mèle Séries
~ Concours ~ ~Défis~
  ~Manyfics~
 
Par genres
Action/Aventure Angoisse
Conte Drame
Erotique Fantaisie
Fantastique Général
Horreur Humour
Mystère Parodie
Poésie Romance
S-F Surnaturel
Suspence Tragédie
 
     

     
 
au 09 Jan 09 :
1119 comptes dont 390 auteurs
pour 1453 fics écrites
contenant 3722 chapitres
qui ont générés 7544 reviews
 
     

     
 
Tout n'est qu'apparence
Par ayuluna
Harry Potter  -  Romance/Général
5 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 3     Les chapitres     25 Reviews    
Chapitre 3

Toujours merci pour les reviews. Normalement, j'ai bien laissé une réponse à tous ceux qui ont signés ou laissés leur adresse mail. Si ce n'est pas le cas, j'en suis désolée.

Chapitre important que voilà je pense, il répond à pas mal de questions. Pour ceux qui se demandent si au fil de l'histoire on en saura plus sur les détails de l'enfance de Harry, etc la réponse est oui ne vous en faites pas. Tout arrive au fur et à mesure c'est tout.

Je rappelle qu'à priori l'histoire fera très exactement onze chapitres et un épilogue. Le plan de l'histoire, les événements, les péripéties sont déjà tout planifiés et ne devraient guère bouger.

Un très grand merci à Pyanfar qui fait un excellent travail de correction.

--

Chapitre 3

--

Une fois de plus,James Evans participait à une énième séance photos. Il en avait chaque semaine, parfois même plusieurs soirs à la suite. Après tout, c'était son boulot. Pour tout professionnel de la mode, il était juste un mannequin très en vogue. Personne ne savait qu'il suivait des études et on ne le voyait pas faire autre chose. Il avait une bonne tête et peu importait qu'elle soit remplie ou non.

Chose surprenante, tout son passé restait relativement secret. Les paparazzis ne s'acharnaient pas sur lui, contrairement à d'autres célébrités comme son rival Draco Malfoy. C'était comme si une barrière blindée entourait James Evans et sa vie. On ne savait rien de lui ou presque.

Il est vrai qu'il ne parlait quasiment jamais, mais il y avait autre chose. Le fait que personne ne fasse allusion à la jolie petite rousse qui venait parfois l'attendre à la fin des «shooting» n' en était-il pas la preuve ?

--

Deux semaines s'étaient écoulées depuis le défilé pour Bior et à Poudlard, l'excitation était bien heureusement retombée. Le calme était revenu – enfin, façon de parler –. Harry et Malfoy avaient eu le temps de finir leur travail et de le rendre à leur professeur tout comme leurs camarades. Ce jour-là, ils allaient enfin connaître leur note et l'appréciation qui allait avec.

«- Je suis très content du résultat global », s'exclama Mr. Cardner, le professeur de création. « J'avoue que dans un premier temps, j'ai eu peur que certains groupes ne posent problème. Mais vous avez tous su mettre votre talent en commun et rendre de très bons devoirs.»

En entendant cela, plusieurs élèves soupirèrent de soulagement. Ce cours était le plus important dans leur dossier scolaire, peut-être parce qu'il alliait toutes les autres matières : dessin, choix des matières, et d'autres encore.

«- Voici vos appréciations », leur dit le professeur tout en distribuant des feuilles de notes à chaque élève. « Nous allons dès à présent parler du travail à venir mais avant ça, il est temps de vous souvenir que le défilé de fin d'études aura lieu fin avril, ce qui vous laisse encore deux mois pour tout mettre au point.

Je vous rappelle que les dirigeants des meilleures maisons de couture seront là, pour sélectionner ceux qui travailleront pour eux l'an prochain. Si vous avez besoin d'aide ou des questions à poser, vous savez que ma porte vous est ouverte à tout moment.

Bien. Maintenant, passons à votre nouveau projet de cours. Je vous annonce tout de suite que vous allez reformer les mêmes groupes. - Plusieurs exclamations de mécontentement retentirent.- Et ce n'est pas la peine de râler. Vous avez tous fait du bon travail, non ? Alors, voyez ça comme une chance supplémentaire de vous dépasser et de vous améliorer ».

Harry avait pleinement conscience de ce que cela signifiait : il allait devoir encore travailler avec Draco Malfoy, donc passer plusieurs heures par semaine en sa compagnie. Et autant parfois ils arrivaient à avancer rapidement, autant d'autres fois le blond ne faisait que se moquer de lui sans relâche et ça pouvait devenir en fin de compte très fatigant.

«- Remettez-vous par deux et je vous distribue les consignes. Vous allez commencer dès aujourd'hui pendant le cours », ordonna le professeur Cardner. C'était en fait une façon de voir si, dans chaque duo, les deux associés travaillaient ou si un seul faisait tout pendant que l'autre se tournait les pouces.

Le mannequin blond n'étant pas du genre à se déplacer lui-même, ce fut au brun de le faire. Il prit cependant tout son temps pour ranger ses affaires dans son sac et se lever de sa chaise. Peut-être un peu trop de temps justement ... car Cho Chang était déjà arrivée près de sa coéquipière avant qu'il n'ait bougé. Lorsqu'il se rendit compte de sa présence, Harry n'osa pas relever la tête et c'est en bégayant qu'il glissa un « A tout à l'heure, Hermione ! » à son amie qui lui fit un petit sourire en coin.

«- Potter, quelle joie de te revoir ! » glissa Malfoy sans aucune conviction.

«- Écoute, je n'y suis pour rien alors arrête un peu s'il te plaît ! » souffla le brun, exaspéré.

Ces derniers temps, Harry avait de plus en plus les nerfs à vif et ce n'était vraiment pas le moment que le blond en rajoute encore. Parce que si ça continuait, le doux et gentil Harry risquait de perdre son calme. Les fois où ça lui était arrivé se comptaient sur les doigts d'une main. Il faisait généralement en sorte que ça ne se passe pas devant ses amis, ou mieux encore, seulement quand il était seul. Ses pétages de plombs étaient rares mais cataclysmiques, c'est à dire d'une belle ampleur.

Au grand étonnement du brun, Malfoy n'avait pas continué sur la voie du sarcasme. Au lieu de ça, il examinait à présent attentivement le sujet qui leur avait été distribué. Il semblait perdu dans ses pensées et ne faisait pas attention à ce qui l'entourait.

A cet instant précis, Harry le trouva « beau » mais pas de cette beauté froide qui le caractérisait, d'une beauté plus douce et naturelle, bien plus imposante que celle qu'on lui connaissait exclusivement. C'était du gâchis que de ne pas avoir développé celle-là plutôt que l'autre.

Draco releva les yeux et vit que son coéquipier le regardait. Il reprit alors des traits durs et plissa les yeux.

« Peux-tu cesser de me fixer comme ça, Potter, et bien vouloir commencer à travailler ? » siffla-t-il dangereusement.

Harry sembla alors redescendre sur terre. Ce que l'on dégage n'est-il pas en partie le reflet de notre personnalité ? Non pas la beauté, mais les sensations que l'on éprouve en face d'une autre personne ? Et en présence du blond, Harry se sentait toujours sur la défensive, prêt à être attaqué à tout moment par un adversaire.

Il n'y avait que dans les brefs instants auparavant qu'il avait eu l'impression de se trouver en compagnie d'une personne différente. Mais l'illusion s'était vite dissipée...

Harry prit à son tour la feuille qui se trouvait devant lui et l'examina attentivement. Après quelques minutes de réflexion, il se décida à entamer le débat pour leur travail.

«- 'Hors du temps', le sujet ne semble pas trop difficile.»

«- Que veux-tu dire par là ?» demanda Malfoy en haussant un sourcil.

«- Un effet de décalage d'époque est ce qui me vient à l'esprit. Partir sur la mode du siècle dernier par exemple.»

Un petit sourire carnassier vint alors fleurir au coin des lèvres de son camarade.

«- Je suis certain que la moitié des élèves de cette pièce y ont pensé aussi. Pour l'originalité, tu repasseras », dit-il en levant les yeux au ciel.

Harry, légèrement blessé, se crispa et demanda d'une voix sèche :

«- Et quelle est ton idée alors ? »

«- Je pensais plutôt à un pyjama à oursons pour enfant mais en taille adulte, ou autre chose dans cette gamme d'idée », répondit le blond sans se soucier du ton employé juste avant par son coéquipier.

L'héritier Potter le regarda avec étonnement avant de hocher doucement la tête pour acquiescer. Quoi qu'on en dise, Malfoy était doué dans tout ce qu'il faisait. Que ce soit dans le mannequinat ou dans le stylisme.

Quand ils s'étaient retrouvés dans la même classe un peu moins de deux ans auparavant, Harry n'avait pas cru à ce second aspect de son talent. En vérité, il pensait que c'était juste son physique, la réputation familiale et le fait qu'il soit une célébrité en vogue qui avaient fait entrer Malfoy dans la formation. Mais depuis qu'ils avaient commencé à travailler ensemble un mois et demi auparavant, toutes ses convictions avaient commencé à s'effriter pour son plus grand dam.

Harry avait toujours pensé qu'il savait bien juger les personnes, non sur leur apparence mais telles qu'elles étaient réellement en elles-mêmes. Avec Malfoy, toute sa confiance en son jugement lui semblait fausse. Il en venait même à se dire que dans le fond, il ne valait pas mieux que les autres. Parce que eux au moins ne cachaient pas qu'ils fondaient leurs idées sur l'apparence première.

«- Potter ! Au lieu de rêvasser, mets-toi au travail », grogna Draco à coté de lui ce qui eut le don de le faire revenir à lui et de se lancer avec son associé dans les premiers plans pour leur projet.

--

Harry était à son casier avec ses amis Ron et Hermione. Le sac du garçon roux avait rendu l'âme dans la matinée. Il faut dire qu'il n'était plus tout neuf et que Ron le trimbalait partout. Par chance pour lui, Harry en avait justement un qu'il n'utilisait pas mais qu'il laissait toujours à l'école en cas d'imprévu : par exemple s'il avait beaucoup d'affaires à ramener ... ou comme ce jour-là, si celui qu'il considérait comme son meilleur ami en avait bien besoin.

«- Ah, tu n'imagines pas à quel point je te remercie. Je ne sais pas ce que j'aurais fait sinon jusqu'à ce soir. »

« - Tu sais très bien qu'il n'y a pas de quoi. Tu aurais fait la même chose pour moi après tout. »

«- Euh, si j'avais eu un autre sac, ouais », rigola le rouquin tout en donnant une accolade à son ami.

Harry se mit aussi à pouffer un peu avec lui. C'était ça qu'il aimait chez le roux : son état d'esprit était très influençable. Ron avait grandi avec cinq frères et une sœur et il était habitué à vivre dans la plus grande simplicité. Un rien suffisait à le rendre heureux. Il s'accommodait de tout ou presque. Il était très rare de trouver dans le milieu de la mode des personnes aussi éloignées de la superficialité que lui à ses yeux.

Ses réflexions furent interrompues par l'affaiblissement des conversations autour de lui et l'élévation des murmures. Severus Rogue s'avançait dans le couloir, accompagné de Seamus Finnigan, un élève de la classe de Ron.

Tout le monde regardait avec envie le jeune homme qui marchait aux cotés du plus âgé . Parce que cela signifiait que Rogue venait de le prendre sous son aile et ça ... c'était ce qu'il y avait de plus inestimable pour un futur mannequin.

Severus Rogue était reconnu pour ne s'intéresser qu'à ceux qui avaient, selon lui, le plus de prédispositions à faire ce métier. Il ne formait que les meilleurs et dans le monde de la mode,tous le savaient. Il était celui qui avait lancé Draco Malfoy ou encore James Evans.

«- Ça alors ! » s'exclama le roux hébété.

A peine les deux hommes s'étaient-ils éloignés que les discussions reprenaient à voix haute, plus vives que jamais. Nul doute que la nouvelle allait tourner dans l'école à toute vitesse.

«- J'aimerais tellement qu'un jour, il vienne me voir moi aussi », soupira Ron avec envie. «Mais je sais que ça ne sert à rien d'espérer, je n'ai pas 'le' truc.»

«- Ne dis pas ça », voulut le rassurer Hermione. «Tu es magnifique et tu as un talent fou, n'en doute pas. Tu es là, à Poudlard. N'est-ce pas une preuve suffisante ? »

«- Elle a raison et tu le sais », ajouta Harry d'une voix un peu trop basse.

«- Peut-être, mais je ne ferai jamais partie de cette élite. Et je ne peux même pas dire que c'est une question d'argent ou d'influence sur ce coup-là parce que tout le monde sait que Rogue ne s'en soucie pas. Pour lui, c'est bien plus que ça. Ce type a un vrai don pour reconnaître au premier coup d'œil ceux que les plus grands couturiers s'arracheront à tout prix. »

Harry se mordit la lèvre, mal à l'aise. Que pouvait-il dire ? Oui, il savait bien que le rêve de la plupart des étudiants de la filière de Ron était d'être pris sous l'aile de ce professeur si particulier, qui choisissait lui-même ses élèves aussi bien à Poudlard qu'en dehors.

«- Il y a des mannequins très connus qui eux aussi s'arrachent à prix d'or et qui n'ont pas été formés par lui », tempéra Hermione qui n'aimait pas quand ses amis étaient déprimés.

«- Oui... » soupira Ron avant d'afficher de nouveau un sourire. «Et si nous allions déjeuner ? J'ai faim !»

«- Tu ne penses qu'à ça ! » rigola Harry, content que l'humeur du rouquin change toujours rapidement lorsqu'elle était maussade.

«- Et ça sera l'occasion de parler de Miss Chang. Pas la peine de marmonner comme ça Harry, tu ne me feras pas croire que tout à l'heure, tu n'as pas encore bégayé en sa présence », ajouta Hermione en riant, toute fière d'elle.

--

«- J'ai eu un mal fou à me débarrasser de Ron ce soir », grogna Ginny Weasley. «Soi-disant que je sors beaucoup trop ces derniers temps à son goût. Pourquoi ai-je un grand frère aussi protecteur que lui en plus des cinq autres ? Je suis adulte bon sang !»

Le jeune homme en face d'elle se mit à rire doucement. Il s'agissait bien sûr de Harry Potter avec ses éternelles « culs-de-bouteilles », ses vêtements trop larges et des cheveux horriblement coiffés – à vrai dire pas coiffés du tout-.

«- Je n'ai plus quinze ans, il faut qu'il le comprenne un jour», soupira-t-elle. «Enfin, tu me diras que aveugle et têtu comme il est, ce n'est pas près d'arriver... Mais cessons de parler de lui et dis-moi, où comptes-tu m'emmener dîner ce soir ? »

Harry lui sourit doucement « Que dirais-tu d'un restaurant italien ? C'est la maquilleuse de l'agence qui me l'a conseillé. »

« Ça me va. Tu sais que je ne suis pas difficile.»

Quelques minutes plus tard, ils étaient tous deux installés dans la voiture d'Harry, en route vers le dit restaurant. Le brun n'aimait pas conduire et l'évitait autant que possible. Ça lui rappelait trop que ses parents étaient décédés dans un de ces engins de malheur dix-neuf ans auparavant.

Officiellement, c'était un triste accident de voiture comme il en arrive tous les jours. Officieusement, il avait été prémédité. C'étaient Sirius et Rémus qui lui en avaient parlé lorsqu'il avait été en âge de comprendre. Cependant, il n'y avait pas eu de preuves suffisantes ...

Harry, qui était à bord de la voiture, gardait de cet accident une cicatrice sur le front. Elle était en force d'éclair. Mais seule, une poignée de personnes qui se comptaient sur les doigts d'une main, savaient que Harry Potter avait cette marque. Il la cachait toujours sous son épaisse frange, tout comme l'avaient toujours fait les Dursleys eux-mêmes, depuis son plus jeune âge.

Les deux jeunes gens arrivèrent à leur point d'atterrissage près d'une demi-heure plus tard. L'aspect du restaurant n'était ni trop luxueux, ni modeste comme on le lui avait décrit. Harry se gara sur le petit parking attenant, éteignit le contact et sortit de la voiture avant de se diriger vers la porte passager pour aider comme il se doit la jeune femme à sortir. Il offrit son bras à Ginny avec un sourire et tout deux entrèrent dans le restaurant italien.

On leur avait assigné une table légèrement en retrait comme ils l'avaient demandé dans la mesure du possible. Les clients les plus proches d'eux étaient suffisamment loin pour qu'ils puissent bavarder à l'abri des oreilles indiscrètes. L'odeur des bougies mélangée aux senteurs des épices avaient le don de détendre Harry pour la soirée.

«- Tu as rendu ton dossier d'admission pour Poudlard ? » entama le brun.

«- Oui, depuis une semaine déjà. Mais je ne m'en fais pas trop et tu le sais» dit-elle confiante. «Le professeur Dumbledore m'a déjà assuré personnellement que je serais prise dès que je ferais ma demande.»

Harry lui renvoya son sourire. Albus Dumbledore était le directeur de Poudlard. C'était lui principalement qui sélectionnait les futurs étudiants de son école. Et Ginny avait eu la chance de le rencontrer en personne avant de se présenter.

La rouquine trempa délicatement ses lèvres dans son verre avant de le reposer et de reprendre la parole.

«- J'ai entendu mon frère dire que tu devais encore travailler avec Malfoy pour les cours. Comment ça se passe ?»

Harry la regarda avec une moue résignée.

«- Comme si tu n'en avais pas une idée !» gémit-il. « A croire que ce n'est pas suffisant que je sois obligé de le croiser dans la plupart des « shooting » que je fais ! »

Ginny se mit à rire, amusée, avant de reprendre un peu plus sérieusement à voix basse :

«- Estime-toi plutôt heureux qu'il ne soit pas assez futé pour se rendre compte que James Evans et toi ne faites qu'une seule et même personne.»

«- Malfoy n'est pas con », répondit spontanément Harry. « C'est juste qu'à mon avis, pour lui, ce n'est même pas pensable. Sans compter qu'il ne me regarde jamais réellement en tant que Potter, contrairement à Evans qu'il dévisage et broie du regard. Enfin, c'est le cas pour tout le monde donc bon ... » ajouta-t-il en passant une main dans ses cheveux indisciplinés.

Il marqua un temps d'arrêt avant de reprendre.

«- Même Ron et Hermione n'y ont jamais réellement pensé. Ça me fait toujours quelque chose de les entendre parler de James Evans à coté de moi. Je suis toujours mal à l'aise dans ces situations. Comme c'est d'ailleurs le cas quand Cho Chang est proche de moi. Et Hermione qui pense que j'ai le béguin pour elle ...» termina Harry avec une moue de chien battu ce qui fit sourire à pleines dents la jeune fille.

«- C'est vraiment la poisse que tu te sois retrouvé dans la même classe que cette fille. Mais quelles sont réellement les chances qu'elle se souvienne des moindres caractéristiques de James Evans, alors que ça va faire trois ans qu'elle a posé avec lui, pour un magazine d'ados si je ne me trompe pas ? »

«- Il suffit qu'elle se souvienne d'une odeur, d'un son, ou de tout autre chose et là, je préfère ne pas penser à la suite. J'en viens même à faire exprès de bégayer dès qu'elle est à coté de moi pour ne pas qu'elle reconnaisse ma voix» s'exaspéra Harry, d'abord à l'encontre de lui-même.

«- Et après ça, tu t'étonnes vraiment de la réaction d'Hermione ? » tiqua Ginny en gloussant. «Tu me diras, mieux vaut que Ron croit les paroles de sa chère 'Mione concernant ta possible attirance pour la Chinoise plutôt que de savoir ce qui s'est passé entre nous.»

«- Je crois aussi », affirma Harry avec un sourire trop innocent sur les lèvres et en avalant sa salive avec difficulté.

«- Je dois dire que ce jour-là, je suis quand même tombée de haut » se rappela Ginny avec un sourire amusé.

Harry ne s'en souvenait que trop bien lui aussi. C'était environ un an auparavant. Le premier mars au soir, pour l'anniversaire de Ron, ils avaient organisé une soirée au Terrier, la demeure familiale des Weasley . Après tout, ce n'était pas tous les jours qu'on fêtait ses vingt ans.

Pas mal d'alcool avait coulé ce soir-là et Harry ne savait même plus combien de verres il s'était enfilés : vodka, whisky, Tequila, Margarita, Malibu coco et d'autres cocktails encore ...

Il était déjà tard quand il avait commencé à danser avec la sœur de son ami. D'abord, ça avait été des danses assez vives, puis des slows. La dernière chose dont il se souvenait, c'était d'avoir bu un énième verre avant de retourner auprès de la rouquine.

Le lendemain matin, il s'était réveillé avec un atroce mal de tête et une bonne nausée, complètement nu dans un lit qui n'était pas le sien et aux cotés d'une autre personne. Il avait alors entrepris de se lever le plus doucement possible et sans un bruit, de s'habiller avant de s'éclipser rapidement. Manque de pot, il n'arrivait pas à mettre la main sur ses lunettes et sans elles, il ne pouvait strictement rien faire. Il s'était alors pris les pieds dans la chaise et s'était étalé de tout son long sur le sol dans un grand fracas.

Ginny s'était réveillée brusquement en grognant. Après un rapide coup d'œil autour d'elle, elle avait compris elle aussi qu'elle avait dû finir la nuit avec Harry, ce qui avait dû la choquer sur le coup. Ah ! l'alcool ... Harry était de dos à ce moment-là et toujours nu comme un ver. Mais son corps n'avait rien à voir avec ce que laissait croire ses vêtements larges. C'est pourquoi elle demanda d'une voix très hésitante et peu assurée :

« Harry ? C'est...bien toi ? »

Et contre toute attente, il ferma les yeux et se mordit les lèvres en inspirant un grand coup. Puis il se retourna lentement et fixa ses yeux verts dans ceux de la jeune fille qui s'écarquillèrent comme jamais.

«Oui Ginny, c'est bien moi ... »

« Gné ? » s'exclama-t-elle sans le lâcher du regard une seule seconde. Mais la voix était bien celle de l'ami bigleux de son frère même si c'était James Evans qui se trouvait devant ses yeux, il n'y avait aucun doute possible ou presque.

Oh oui, tous les deux se souviendraient toujours de cette soirée et surtout de leur réveil. Ils en riaient plus qu'autre chose. Au final, ça n'avait pas été une mauvaise chose que la jeune fille découvre son secret. Ils étaient devenus depuis des amis très proches. Parfois, ils passaient la nuit ensemble mais ça n'allait pas plus loin que le sexe. Ils n'avaient pas envie d'être en couple et cette situation leur convenait.

--

Le reste de la soirée se déroula calmement. Ils discutèrent de tout et de rien. Ils s'entendaient sur la plupart des sujets et c'était plus qu'agréable. Jamais Harry ne s'était pris la tête avec la jeune rousse. Ils avaient beaucoup de goûts communs. Alors pourquoi ne tombait-il pas amoureux d'elle ?

Peut-être tout simplement parce qu'en premier, elle lui faisait plus penser à une sœur qu'autre chose. En second parce qu'elle lui rappelait trop sa mère. Et parce qu'il était légèrement plus porté sur la gent masculine en troisième. Il n'était pas spécialement gay, plutôt bi.

Ça n'avait pas été facile à accepter au début, à l'adolescence. C'était grâce à Sirius qu'il s'était fait à l'idée qu'il n'y avait rien de mal à ça. Son parrain était quelqu'un de très ouvert. Il était pour lui un modèle paternel en quelque sorte.

Mais Sirius lui avait confié que par le passé, il avait fait lui aussi bien des erreurs de jugements parce qu'il n'avait pas cherché à voir plus loin que les apparences.

Ainsi, son meilleur ami, le père de Harry, s'était fait voler des créations parce qu'il avait fait confiance à la mauvaise personne. Et Régulus Black, son jeune frère, n'avait pas reçu de lui toute l'attention qu'il méritait. Sirius l'avait toujours dédaigné et dévalorisé.

Le jeune garçon était mort alors qu'il sortait tout juste de l'adolescence et aujourd'hui encore, Sirius culpabilisait pour ne s'être pas plus occupé de lui de son vivant. C'était pour ces multiples raisons, et peut-être d'autres encore, que Sirius veillait sur Harry comme il le faisait et celui-ci pensait qu'il cherchait à le couver un peu trop.

--

Le reste de la semaine se passa bien plus calmement. Le fait d'avoir pu passer la soirée avec Ginny avait fait un bien fou à Harry. Il était redevenu calme comme à l'accoutumée. Tout lui semblait plus serein, même les heures passées avec Malfoy.

«- On va vraiment faire une grenouillère ? » demanda le brun un peu niaisement.

«- Ma phrase était pourtant claire, non ? » s'exaspéra le blond en levant les yeux au ciel. «C'est bien mon idée, en effet, Potter. Reste à se décider pour la couleur, la matière et les motifs.»

«- Il faut d'abord savoir s'il s'agit d'un modèle masculin, féminin ou mixte, je pense.»

«- Oui, j'avais sauté ce détail.»

«- Mixte », trancha Harry en quelques secondes. «C'est ça qui est bien avec les vêtements destinés aux enfants en bas âge. Au final, ils peuvent aller aux deux sexes. En reprenant cette idée pour un vêtement d'adulte, ça donne un plus. Même si, à mon avis, je ne sais pas qui achèterait une grenouillère», finit-il en se massant les tempes.

«- Mr Cardner veut de l'originalité et de la qualité. Que sur le marché de la mode, ça se vende ou non, ce n'est pas son affaire et... »

La phrase de Draco fut coupé par la sonnerie de son téléphone portable. Il le sortit alors de sa poche et regarda de qui provenait l'appel avant de décrocher tout en s'éloignant un peu pour parler.

«- Allo ? Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda-t-il d'une voix neutre, un brin froide au premier abord, mais Harry aurait juré qu'il y perçait un soupçon d'inquiétude. « Quoi ? Ce n'est vraiment pas le moment ... Je ne peux pas ... Je sais quelle est ma place, ne t'en fais pas ... Et quand as-tu vu que je n'assumais pas mes conneries ? ... Bien. On voit ça tout à l'heure, j'arrive. »

Le mannequin revint ensuite vers Harry et prit ses affaires.

«Tu m'excuseras, Potter, mais je dois y aller. On se revoit après-demain comme convenu. »

En réalité, ils allaient très certainement se revoir le lendemain pour la séance photos du magazine « En Vogue » mais ça, Harry le gardait bien pour lui.

 
 
Chapitre précédent
 
 
Chapitre suivant
 
 
 
     
     
 
Pseudo :
Mot de Passe :
Se souvenir de moi?
Se connecter >>
S'enregistrer >>