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au 09 Jan 09 :
1119 comptes dont 390 auteurs
pour 1453 fics écrites
contenant 3722 chapitres
qui ont générés 7544 reviews
 
     

     
 
Gare
Par LuluLoveNight
Kingdom Hearts  -  Romance/Général
One Shot - Rating : K (Tout public)
    Chapitre 1     0 Review    

 

 Je te regarde.
Je t'admire plutôt, je t'observe, je te protège du regard.

Toi, le jeune aux yeux clairs qui tremble dans le coin d'une porte vitrée, sous la lumière ténue.
Toi, la petite forme qui se serre dans ces propres bras, les genoux ramenés contre la poitrine.
Toi, le petit blond dont je ne vois pas bien les traits, échoué devant la Gare dans le froid d'Octobre...

Tu es là depuis dix minutes.
Moi, ça fait une heure.

Je ne pense pas que tu m'a vu, mais je ne sais pas si tu vois grand chose, dans l'état où tu est. Je suis pourtant assis non loin de toi, et je suis pas vraiment difficile à remarquer, avec ma tignasse rouge et mes vêtement volontairement voyants...

Mais de toute façons, quoi que je pourrais faire, je sais que tu ne me verrais pas, c'est comme si j'étais dans un autre monde, loin, loin du tien.

Parceque...

Tu pleures.

En te mordant la lèvre, en crispant les paupières.
Tes joues sont inondées de larmes, ta bouche maculée de sel.

Ca fait maintenant un quart d'heure.

Et je ne sais pas quoi faire.

Je ne sais jamais quoi faire, dans ces moment-là.
Je fume.

J'attends.

Que le temps passe.
Que tu te calmes, que tu respires, que quelqu'un vienne et que je n'ai plus mon utilité de "veilleur".
Qu'on te sauve de toi-même.

Mais personne ne s'arrête.

Les gens passent devant, à côté de toi en détournant les yeux, en accélerant le pas. Ils te regardent un instant d'un air navré, mais ne t'accordent pas la trêve d'un sourire, d'un mot plus chaud.

C'est comme ça.

Je ne sais pas si tu attends quelqu'un, je ne sais pas si tu crois vraiment qu'une personne va venir, mais tu fixes, tu cherches dans leurs yeux ou au travers quelque chose que tu ne trouvera pas.

Tu le sait, déjà.

Mais à chaque détournement de tête, tu t'affaisse un peu plus.

Et je ne peux rien y faire.
Pour le moment.

Il faut que tu épuises tes larmes.
Que ton coeur cesse de rougir tes joues.
Que le sel sèche sur ta peau.

Seul.

Mais à chaque fois que tu crois que c'est fini, l'eau revient dans tes yeux, les sanglots montent dans ta gorge, tu gémis en secouant la tête. Un "non" silencieux et sentencieux, à toi ou au monde.

Seul.

Les étoiles viennent d'apparaître.
Il doit être neuf heures du soir.
Tu frissones.

Une demie-heure.

Tu n'as pas cessé de pleurer.
Je n'ai pas cessé d'attendre.

Et puis...

Tu relève la tête.
Essuie tes joues, ta bouche.
Prends un mouchoir.
Crispe tes bras autour de tes jambes.
Je vois le sang perler sous tes ongles.

Je ne bouge pas.
Pas encore.

Tes lèvres se tordent, un drôle de sourire amer qui me fait mal au coeur.
Tu fermes les yeux.
Fredonne un instant la chanson qui, je sais, passe en boucle depuis trois-quart d'heures.
Te déplie quand elle se finit, sans manquer de crisper les paupières.
Et enlève enfin les écouteurs, le visage comme inquiet de quitter leur protection contre le monde.
De quitter ton isolement.
Tes yeux sont secs.
Vagues.
Tu soupires.

Je me lève.

Doucement, lentement, je m'approche de toi.
Je m'assieds à tes côtés sans te regarder.
Je me roule une cigarette en te frôlant parfois.

Tu ne dit rien.

Je sens tes yeux sur moi, je les devine mi agacé, mi surpris et curieux.
J'allume ma roulée.
Je te souris.

Et te propose une staffe, que tu acceptes en silence.

Je sais que tu ne diras rien.
C'est à moi d'engager la conversation.

Et je ne sais pas quoi dire.
Encore...

Les minutes passent, la clope se consumme entre tes doigts.

Oh, et puis merde...

Je te demande ce que tu fais là.
Je sais, c'est une question bateau.

Je me sens ridicule.
Je n'ai rien trouvé d'autre...

Mais tu réponds.

Ta voix est douce, un peu casée, un peu voilée.
Tu me dit simplement que tu ne veux, tu ne peux pas rentrer chez toi.

Je te demande pourquoi, évidement.
Je n'aurais peut-être pas dû...
J'ai peur que tu te fermes comme une huitre.

Tu ne réponds pas.

Je m'escuse.

Tu sourie.
Et fermes les yeux.

Tu dit que chez toi, c'est l'enfer, que tu ne veux pas voir ta mère hurler, puis pleurer.
Tu dit que tu ne veux pas voir, entendre, la haine dans ses yeux et sa voix.
Tu dit que tu ne veux pas qu'elle t'accuse, qu'elle t'injurie, les cheveux en l'air et les gestes saccadés.
Tu dit que tu ne veux pas entendre les reproches et les promesses, les pardons qu'elle ne manquerais pas de murmurer.
Tu dit que tu sais qu'en ce moment même tu sais qu'elle pleure,recroquevillée dans un coin, après avoir cassé la moitié du salon.
Tu dit que tu ne veux pas la voir parler à des personnes visibles que par elle, l'entendre leur hurler des choses que tu ne voudrais jamais savoir.
Tu dit que tu ne veux pas revoir dans chacune de ses paroles et de ses gestes les journées passées à pleurer, toutes ces journées...
Tu dit que tu veux pas la voir, pas la voir, surtout pas la voir...

Tu dit que ce n'est pas la première fois, ni la dernière, mais que s'en est une de trop.

Je me tais.
Que pourrais-je répondre?
Je te roule une autre cigarette, te la glisse entre les lèvres, te l'allume.
A la lumière du briquet, je distingue enfin ton visage.

Et tes yeux.

Tu a le regard triste à en crever, un abominable mélange de douleur, melée de rancoeur, de désepoir... Et de résignation. La pire de toute les résignations, celle qu'on noie dans l'alcool, la drogue ou la baise, celle qui fait qu'on ne pleure même plus, qu'on sourie encore moins, celle qui appelle la Mort avec le sourire et la tendresse des condamnés...

Je ferme les miens.

Je voudrais pouvoir te dire quelque chose, te faire des promesses, te prendre dans mes bras et t'embrasser comme on berce un môme mais...

Je sais que si je fais ça, j'aurais droit à une bouffe.

Parceque tu n'es plus un enfant, et depuis trop longtemps.
Parceque tu n'as pas besoin de mensonges ourlées de ouate et de rubans.

Ce serait de la pitié.

Et je sais, je sens que tu ne le supporterais pas.
Tu es comme moi.
Ca aussi, je le sens.
Je te connais.
Je crois...

Je ne le ferais pas.

Je me retourne vers toi, et plonge mon regard dans le tien.
Tu reste comme figé,la cigarette brûlant au coin de ta bouche, les yeux écarquillés.

Je sais ce que tu es en train de penser.

Je te le demande quand même.

Tu me dit que tu ne comprends plus rien.
Tu me dit que tu est fatigué, trop peut-être.
Tu me dit que tu ne sais pas ce qu'il faut que tu fasse, ou ce que tu a fait jusqu'à présent, ce que tu a raté, pourquoi on t'as puni.

Tu me dit ça dans un souffle, très vite, nerveusement, en baissant les yeux.

J'attrappe ton menton, le relève jusqu'à voir tes yeux.
Je prends la cigarrete de ta bouche, en tire une staffe et te la rends.

Sans lâcher tes yeux.

Sans lâcher tes yeux, je te dis que je sais.
Sans lâcher tes yeux, je te dis qu'à cause de ma mère, qui comme la tienne avait fait une crise de trop, j'ai fait une fugue et est raté une partie de mon enfance, de ma vie.
Sans lâcher tes yeux, je te raconte le tribunal, le foyer, le froid, l'absence dans la foule, l'incompréhension.
Sans lâcher tes yeux, je te parle des adultes et de leurs monde et leurs mots compliqués, leurs règles, leurs lois.

Et puis...

Sans jamais lâcher tes yeux, je te dit qu'il faut vivre pour soi, qu'il faut être heureux de rien et de tout, qu'il faut aimer les gens. Je te dit que la vie est trop belle, trop courte, qu'il viendra vite le moment où il faudra laisser nos rêves de côté, et que même si on c'est juré de pas oublier,on fini par fermer les yeux. Je te dit qu'il ne faut pas laisser le passé nous envahir et nous noyer, qu'il faut garder les souvenirs en nous et y repenser seulement avec le sourire, toujours le sourire. Je te dit que les étoiles sont belles quelque soit la peine, et qu'on l'oublie vite en les rgardant. Je te dis qu'il ne faut penser à rien et tout oser, tout aimer, et le vent et la pluie, le soleil revient après. Je te dit qu'il ne faut rien regretter, ne pas pleurer ce que l'on a perdu, mais sourire parceque qu'on l'a eu, et qu'on le retrouvera.

On le retrouvera toujours,sous différentes formes, mais le principal est qu'il soit là et qu'on le reconnaisse...

Je me tais.
Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça, précisément ça, comme ça...
Avec le coeur.

Tu sursautes.
La douceur envahi ton regard.
Ta main trouve la mienne, la retrouve plutôt, et la carresse.

Tu as compris.
Moi aussi.

Le silence qui retombe n'est pas lourd.
J'ai ta chaleur contre mon bras, tes yeux dans les miens, ton souffle sur ma peau.
Et le coeur léger.
Je viens de te retrouver à l'instant où je prenais conscience que je t'avais perdu.
Et je sais que tu le sens aussi.
La sens...
La brûlure dans nos poitrines...

Le bonheur, tout simplement.

-On y va, Rox'?

Je te sens sourire.

-Oui... Axel.

 
     
     
 
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