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au 20 Nov 08 :
1059 comptes dont 373 auteurs
pour 1388 fics écrites
contenant 3547 chapitres
qui ont générés 7129 reviews
 
     

     
 
Il faut que je te retrouve
Par LuluLoveNight
Kingdom Hearts  -  Drame/Général
One Shot - Rating : K (Tout public)
    Chapitre 1     1 Review    

Je ne le trouverais pas aujourd'hui.

Il ferme les yeux, inspire profondément. Et puis hausse les épaules.

Bah, je m'y attendais.

Oui, mais ça fait toujours un peu mal, là, dans la poitrine. Et il aura beau dire ce qu'il veut, s'engueuler mentalement et se mentir un peu, ça ne changera rien. Il est déçu. Mais ça va, ça va, il a l'habitude. Enfin, c'est ce qu'il essaye de croire, avec un mouvement sec de la tête, en se levant. Pour fuir, il regarde sa montre. Fronçe les sourcils.

Dix heures. Merde, j'ai pourri une journée pour rien.

Encore. Mais il recommencera demain. Et après-demain, et après-après-demain, et les jours qui suivront. C'est comme ça depuis le jour de ses dix-sept ans. Et ça continuera jusqu'a ce qu'il le retrouve, ou qu'il crève de desépoir. Ou qu'il se fasse écraser par un météorite. Ou...

Que le chit soit légalisé. Comme ça, jl'e verrais dans mes trips...

Il esquisse un sourire, à peine, le perds quand son regard se pose sur le couple qui passe devant lui. Pincement au coeur, il secoue la tête. Il vient de penser que oui, il ne le verras jamais que dans un trip... Nouvelle fuite.

Tiens, demain j'rammènerais ma guitare, histoire de changer un peu. Pis avec un peu de chance, les gens auront pitié de me voir jouer aussi mal, et ils me donneront du fric pour que j'aille prendre des cours! Mouais, c'est ça, et il pleuvra de poules dimanche...

Sourire. Il se détends un peu, marche plus légerement. Il sait très bien qu'il se démmerde pas mal, mais ça lui fait du bien de rire un peu, même de sa propre gueule. L'auto-dérision, c'est son remède à lui contre la tristesse des jours d'été trop froids. Son pas est plus leste. Le coeur moins douloureux. Les mains dans les poches, le sourire un peu palôt mais présent aux lévres, il remonte lentement le chemin pour sortir du parc en fixant les étoiles.

C'est toujours aussi beau... Même si on voit pas vraiment à cause des lumières de la ville.

Il dévisage, habitude, les passants qu'il croise. Doucement évidement, il se plante pas devant eux pour les regarder sous le nez, non, il sait y faire. Du coin de l'oeil, le sourire toujours prêt, au cas où. Aaaah?.. Non, évidement. Pas lui, même blond, trop vieux. Et là? Nan, une fille. Jolie, mais ça reste une fille. Lui, là-bas... Yeux noirs. Encore non. C'est toujours comme ça, à la différence près que son coeur ne fait plus de bond à chaque tignasse blonde ou à chaque regard bleu. Plus maintenant.

Tiens, le minet là-bas, j'le vois pas bien... Bah, je lui taxerais quand même une clope, allez...

Il s'approche lentement, mais sait déjà avant même de voir son visage. Il refoule la deception d'un sourire, attaque d'un "bonsoir" chaud, discute un moment et repart, la cigarette aux lèvres. Dix secondes pour savoir, dix minutes pour être sûr. Raté. Trop large, le visage, trop sombres les yeux, trop grave la voix, trop, trop... Il sait, il sent, il est sûr de lui, de ce qu'il cherche. Au début, les premières années, il tatonnait. Le nombres de foix où il s'est approché d'une silouhette ressemblant à ce qu'il cherchait, le coeur battant, les yeux brillants, l'angoisse et la joie se mêlant dans son ventre...

Et je repartais, la queue entre les jambes... Pfff!

Le coeur brisé, surtout. Mais maintenant, ça fait huit ans. Maintenant, il cherche parcequ'il ne peut faire autrement, mais il n'espère plus. Maintenant, il s'est habitué au manque, au froid, la douleur s'est fait sourde, après avoir été lacinante.

'Faut croire qu'on s'habitue à tout... Pour pas devenir cinglé?

Un éclat de rire, bref, amer, qui fait sursauter la petite femme devant lui. Il lui sourie, elle se détourne avec un regard indigné et une moue méprisante. Il ne peut pas s'empêcher de pouffer.

Les gens sont cons...

Lui aussi. Mais ça, on le pense avec de l'ironie dans les yeux, et il n'a plus vraiment envie d'ironiser. Il est fatigué, il se rends doucement compte de l'immensité du monde, du nombre d'endroits où il serait possible qu'il soit, au nombre incalculable de chance pour qu'il ne le retrouve jamais... Il le sait, mais quand la nuit tombe, l'inutilité de son attente et de ses recherches le prennent plus profondément aux tripes, lui nouent la gorge...

Ouais, mais qu'est-ce que je pourrais faire d'autre, hein?

Rien. Il le sait parfaitement, ça aussi. Il ne peut rien faire d'autre. Et ça le bouffe, et il s'épuise a essayer de ne pas le voir. Il à vingt-cinq ans, et il cours encore derrière l'image de ses dix-sept ans, image qu'il ne sait être ni un rêve, ni un fantasme... Oui, mais c'est quoi, alors? il ne l'a jamais vu. Personne dans son entourage ne se souvient d'un garçon qui corresponds à sa description. Et il a beau chercher dans sa mémoire, il ne retrouve pas son nom...

Alors pourquoi il me manque?

Question inutile, douloureuse, stupide et sans réponse. Il se l'ai déjà posé cent, mille fois, sur tous les tons, et n'a pas trouvé de réponse. Au fond, il pense qu'il saura le jour où il le retrouvera...

Si je le retrouve un jour.

Plissement de paupières, sa cigarrette lui glisse des lèvres. Il se penche rapidement, et tire un longue bouffée. Ses yeux se ferment un instant.

Non, faut que j'arrête de dramatiser. Je vais bien finir par le revoir, hein? Hein... Et puis... Lui aussi doit me chercher, non?

Il se raccroche à ça, s'y agrippe de toute ses forçes. Il s'en persuade comme il peut, suivant le raisonnement que si lui s'en ai souvenu, brutalement, le jour de son anniversaire, alors lui aussi doit savoir. Lui aussi le cherche deséspérement, lui aussi a froid comme lui, lui aussi hein? Ce ne serait pas juste qu'il soit le seul à souffrir d'une promesse, d'un souvenir dont il ne se rappelle pas... Lui, ça fait huit ans qu'il a mal. Il ne pourrait supporter d'être le seul à avoir souffert pour deux, alors non! Non, il veut croire, il croit, c'est obligé que ça soit comme ça, que lui aussi il le cherche. C'est obligé. Il sourit.

Je dois être vraiment crevé pour raconter des conneries pareilles...

Oui, il est fatigué. Et pas seulement physiquement. Y a son coeur qui s'essouffle, son âme qui crie grâce, son esprit qui souhaite que cela s'arrête, qu'il arrête tout ça, qu'il ne se prenne plus la tête et qu'il puisse respirer et vivre... Et pas qu'à moitié.

Mais j'peux pas. Pas sans lui! Merde...

Inconsciemment, il serre ses bras contre lui, un peu de chaleur. Sa tête se penche, son nez se blottit dans son foulard. Il respire doucement. Ca devient un peu plus dur de sourire chaque jour, de se traîner hors de son petit appartement, de longer des rues qu'il connaît par coeur, de parcourir des parcs qu'il pourrait redessiner les yeux fermés, de finir dans des bars qu'il reconnaît rien qu'à l'odeur ou au bruit...Ca fait tellement longtemps, toujours la même chose, qu'on fini par le reconnaître dans certains cafés ou avenues. On le salue, lui sourie. Quelques uns s'arrêtent, s'approchent, parlent un peu. Il les aimes comme cela, pas plus. Il ne veut pas plus. Ils pensent qu'il est désoeuvré, peut-être même chomeur, et que c'est pour ça qu'il traine aussi souvent dehors. Ils ne savent pas, et il ne leur dira pas.

Pour qu'ils s'appitoient sur mon triste sort? Nan, merçi.

Il n'a pas besoin de leurs solicitude. Qu'est-ce qu'il en ferais? Mais il apprécie leurs présence, leurs douceur, leurs joie de vivre, simplement. Tiens, le ptit blond qu'il avait dragué, un jour où la solitude s'était fait trop pesante. Bon, il s'était fait rembarrer, ok, et il avait été assez vexé d'ailleurs. Mais, de discussions en discussion, l'air de pas y toucher, il avait gagné un ami tendre et enjoué. Il le revoit de temps en temps, quand ils se croisent, ils vont boire un coup, vont chez l'un ou chez l'autre, sans gêne, tranquillement. A cette évoquation, il sourit franchement.

Ca fait un bail que je l'ai pas vu, le Demyx... Faudra que je l'appelle.

Demain, la semaine prochaine... Il ne le fera pas, et ils se verront au hasard, comme d'habitude. Comme il n'arrêtera pas de vagabonder en ville pour mater les gens. Il le sait, parfaitement même. C'est juste que...

Ca fait longtemps...

Trop. Même s'il cicatrise vite, les marques restent. Et le tirent la nuit. Il secoue la tête.

Pas y penser, pas y penser, ça sert à rien.

Mais ça sert à rien de s'en faire. Ca sert à rien de pleurer des fois parcequ'il est encore seul aujourd'hui, parcequ'il le sera toute la journée, sans rien pouvoir y changer. Ca sert à rien de se poser mille et une questions, de se torturer. Ca sert à rien d'avoir mal au coeur, d'avoir froid. Ca sert à rien de s'en vouloir, de lui en vouloir, et de se maudire. Ca sert à rien... Et aussi, ça sert à rien d'esperer, ça sert à rien d'y croire... Mais ça fait chaud, alors? C'est comme ça, il ne peut pas s'empêcher de chercher, il ne peut pas s'empêcher d'en souffrir, il ne peut pas empêcher tout le reste aussi... C'est humain. C'est idiot. C'est lui, quoi.

Ouais... Justement.

S'il pouvait changer. Changer ça, surtout, même s'il ne l'avoura jamais parceque... Il s'en sentirait coupable. Oui, oui bien sûr qu'il voudrait le retrouver mais après tout, il ne sait même pas qui c'est. La douleur du manque inexistante, ça ferait longtemps qu'il aurait reléguée son image dans un coin de sa tête et qu'il aurait continué sans vie pépère. Mais là, il ne peut pas. Il ne pourra jamais.

C'est comme une potion d'amour, quoi, comme dans les livres où le héros boit une saloperie, sa dulcinée crève et il se retrouve avec le coeur plein de trous, il peut rien y faire et ça fait mal...

Voilà. Un drôle de malédiction aigre-douce, dont il ignore la provenance, la cause, le pourquoi du comment, mais qui le blesse au coeur. A chaque instant, il en sent le tiraillement dans sa poitrine, il sent le manque se nouer dans son ventre. Dépendance douloureuse, drogue tendre dont il est privé. Et il n'est pas désintoxicé, loin de là... C'est dans son coeur, il ne peut ni la combattre, ni s'en défaire. Et s'il en essaye une autre, ça ne comble ni le froid, ni le vide. C'est lui qui lui faut, lui seul pour aller bien, pour respirer. Juste lui...

Alors pourquoi ça a l'air si compliqué?

C'est vrai. Dans un monde parfait, il l'aurait déjà à ses côtés, marchant en lui tenant la main et en lui passant une clope qu'ils fumeraient à deux. Ou il ne fumerait pas, il râlerait gentiment contre l'odeur. Et lui, doucement, jetterait la cigarrete et le prendrais dans ces bras...

Ca serait génial...

Oui, sûr...Il en a déjà gaspillé, du temps et des larmes, à imaginer la vie qu'il aurait avec lui. Il en a passé, des journées, à l'imaginer, lui. Il en a cramé, des nuits, a chercher ce qu'il lui dirait le jour où il le reverra... Mais ça fait longtemps qu'il ne le fait plus, parceque ça fait trop mal, parcequ'à chaque fois il a, petite voix franche et méchante, qui lui souffle qu'il ne le retrouvera jamais. Il secoue de nouveau la tête, tentative vaine pour échapper à ses souvenirs, ses délires...

Journée de merde.

D'un geste sec, il jette le mégot traînant sur ces lèvres, enfonce ses mains dans les poches de son jean. il se vide la tête, se forçe à penser à rien, ferme les yeux. En les rouvrant, il s'aperçoit qu'il est arrivé devant une bouche de métro. Haussement d'épaules. Il s'apprète à la contourner, mais la fatigue de son corps l'envelloppe brusquement, et il sent la lassitude de ses jambes, un picotement désagréable envahir ses cuisses, il s'arrête.

Bah, j'vais prendre le métro, plus envie de marcher...

Lentement, il s'engouffre avec la foule dans l'escalier, bousculant et bousculé jusqu'à la borne. Un tiquet dans la main, il entends par dessus le brouhaha la sonnerie d'arrivée.

Je prendrais le prochain.

Sans se presser, plus la forçe, il descends jusqu'au quai. A travers la baie vitrée de la cage d'escalier, il vois le troupeau agité qui attends impatiemment le métro qui arrive. Sans méchanceté, il rigole un peu de l'affolement des gens pour rentrer dans un wagon.
Et puis son regard se pose sans le vouloir sur une personne en particulier.
Son rire meurt dans sa gorge.

Non...

Il est blond, les cheveux en bataille. Petit. Fin, souple. Le visage fermé, les yeux clair, la bouche boudeuse.

Pas possible...

Vetu d'un jean noir, tee-shirt léger, bracelet à carreaux.

Si..?

Si. C'est lui. Il le sent, son coeur hurle, s'affole, le brûle.

Roxas!

Le nom lui est venu, brutalement, sans qu'il cherche à savoir comment. Il sait, c'est tout, comme il sait qu'il ne se trompe pas. Ca fait huit ans qu'il le cherche. Il vient de le trouver.

- Roxas!

Roxas ne se retourne pas. Il a juste le temps d'aperçevoir les écouteurs dans ses oreilles, avant que l'autre ne disparaisse derrière un grand black. Il se met à courir, l'énergie du desespoir balaie la lassitude de ses muscles. Il court, dévale les marches. Plus rien n'existe autour de lui, juste la petite silhouette qui vient de pénetrer dans le wagon. Il court, remonte l'allée qui mène au métro ruisselant de monde. Il court, et la sonnerie de départ lui explose au visage. Comme dans un mauvais film, comme au ralenti, il voit les portes se refermer...

- ROXAS!

Ca y est. L'autre enlève ses écouteurs, il l'a entendu. Il s'écrase contre la vitre du métro, contre Roxas qui le regarde au travers. Ca y est! Il lui sourie, un sourire merveilleux, un vrai, depuis longtemps. Ses yeux parcourent son visage avec ravissement, sa bouche tendres, ses joues pâles, son nez fin... Il le reconnaît, le savoure avidement. Il relève enfin le regard vers ses yeux.
Et son sourire se décompose.

- Roxas?

Il n'y a pas de joie dans les yeux bleu ciel. Pas de soulagement, pas de compréhension, pas de bonheur à l'état pûr. Pas comme ce qui ce bousculait à l'instant dans les iris vert. Non, non...Il n'y a rien.
Rien que de l'apréhension alarmé, de la fatigue.
Rien...

- Tu me reconnaît, hein? tu me reconnaît! C'est moi, Axel!

Roxas le regarde un instant, et de la peur passe dans ses yeux, de la honte aussi. Il se retourne vite, rentrant la tête dans les épaules, remettant ses écouteurs en s'éloignant de la vitre d'un pas raide... Ignorant les coups sourd et les cris du roux qui hurle, de la détresse pleine de souffrance dans la voix.

- Je t'ai cherché Roxas! Ca fait huit ans que je te cherche, huit ans... Dis-moi que tu me reconnaît, que tu m'as pas oublié, par pitié... REGARDE-MOI!

Le métro vibre. Roxas ne s'est par retourné. Le wagon part, Axel reste. Autour de lui, silence. Silence...

- Je... Pourquoi il m'a pas reconnu... Pourquoi... Pourqu...

Lentement, le roux tombe à genoux.
Tout s'effondre dans son coeur, tout ce qu'il a cru ou espéré... Tout. Sa raison vacille. Ces yeux sont vides.
Pour lui, s'était évident qu'il le reconnaîtrait de suite. C'était sûr, oui, tellement sûr... Il lui aurait sauté au cou, il aurait hurlé de joie, serré a lui faire mal... Pourquoi il avait détourné les yeux comme ça, du dégout presque plein le visage? Pourquoi il l'avait ignoré, avec la lâcheté qu'on accorde aux foux et aux alcooliques? Et pourquoi, pourquoi, pourquoi par l'enfer, pourquoi il ne l'avait pas reconnu?

- Il ne se souvient pas...

Chuchotement rauque, la gorge en feu. L'évidence s'impose à lui avec la douceur d'une brique reçue en plein visage. Son coeur fissure.

- Ca n'a servi à rien...

L'attente, la douleur, l'espoir, les rêves, la solitude, l'abstinance énamourée... Et le manque, le manque qui lui brûle les veines, et la souffrance qui lui explose la poitrine, et les larmes qui lui mangent les joues...

Tout ça, encore, pour toujours?

Ses yeux s'agrandissent d'horreur.

-Non... Je ne le supporterais pas...

Il chuchote ça, la voix cassée, et ne sent plus rien, il ne veut pas, ne veut plus, son corps le lâche brutalement, aussi...

Sans un bruit, sans un souffle, Axel tombe sur le quai, balayé.
Sans un bruit, sans un souffle, sa raison s'éteint, engloutie.
Sans un bruit, sans un souffle, ses yeux se ferment, dernière fois...

Il avait toujours eu le coeur fragile...
Dans tous les sens du termes.

 
     
     
 
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