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Titre : ROMEO ET JULIETTE VERSION SORCIER Encore merci à HaniPyanfar pour sa correction et à vous pour vos reviews si gentilles. Chapitre 6 : POV Draco: Le truc de Potter --- Jeudi 22 octobre, chambre du préfet en chef de Serpentard, 02h04 Je ne comprends pas. Que s’est-il passé ? Je viens de faire l’am..., non, je viens de baiser, oui, c’est ça, je viens de baiser Potter et il s’est passé un truc. C’était quoi ? C’était quoi ce regard qu’il a eu, c’était quoi cette jouissance intense, trop intense que j’ai ressenti, et merde ! c’était quoi ce putain de « truc » qu’a fait mon cœur ? Je n’en sais rien et je ne veux pas le savoir. Tout ce que je sais, c’est que maintenant Potter dort dans mes bras. C’était quoi ce truc ? Je suis bien ainsi. Je suis juste à ma place. Et il est à sa place. Dans mes bras. NON ! Je suis trop bien et c’est dangereux, mon cerveau me crie que c’est dangereux et mon cœur ... J’ai peur, il y a toujours ce « truc » dans mon cœur et il ne veut pas partir... C’est dangereux. J’ai peur. Merde ! C’est quoi ce truc ? Un Malfoy ne ressent pas de « truc » ! Un Malfoy plus un « truc » égale danger. Car le « truc», ça rend faible, ça rend idiot, ça rend dépendant, ça rend esclave. Un Malfoy n’a pas de maître. Je regarde Potter endormi et le « truc » dans mon cœur s’accentue. C’est de sa faute. Il faut qu’il parte, qu’il sorte de mes bras, de mon lit, de ma chambre ... de ma vie. Potter est dangereux ! Je me détache de lui et je me lève. Je mets vite un pantalon et je fais disparaître les bougies. Qu'est-ce qui m'a pris de décorer ainsi ma chambre ? Pour Potter en plus ! Non mais quelle connerie ! Il dort toujours. Je vais le réveiller et lui dire de partir. Je m’approche dans l’intention de le secouer mais à la place je recule. Danger ! Danger ! Danger ! J’avais oublié que Potter était dangereux. Plus je suis prés de lui et plus le danger est grand. Je vais attendre qu’il se réveille, je vais l’attendre là, sur une chaise, dans le coin de la chambre. Ne pas penser au truc ! Ne pas penser aux yeux de Potter ! Je n’ai pas à attendre longtemps. Dix minutes plus tard, je le vois remuer, comme s’il cherchait de la chaleur. Il me cherche. N’y va pas Draco. Il a froid par ma faute. N’y va pas Draco ! J’écoute ma raison, je l’ai toujours fait de toute façon. Je n’écoute pas mon cœur, il y a le « truc », c’est dangereux. Potter ouvre les yeux, et après un instant, il lève la tête et m’aperçoit. Il faut qu’il parte et vite ! -Draco, murmure t-il, tout va bien ? C’est sûr que me voir assis sur une chaise dans le noir en train de le mater, c’est pas une attitude ordinaire, moi aussi je m’inquièterais pour ma santé mentale à sa place. Ne pas penser à Potter nu sous les draps ! Je sais que j’ai envie de lui. Encore. Non, il faut qu’il parte, c’est ce qui était prévu dés le début. J’ai couché avec lui pour être débarrassé de son emprise. Si j’ai encore envie de lui faire l’am..., de le baiser, je voulais dire de le baiser, c’est juste que je n’ai pas encore les idées très claires. Après une bonne douche, ça ira mieux. Ne pas penser. En attendant, il doit partir, je vais le lui faire comprendre. Je vais chasser cette lueur bizarre dans ses yeux, je vais lui monter que je suis toujours le même, que rien a changé, je vais chasser le « truc », je vais éloigner le danger. Ne pas faiblir ! Un Malfoy est fort. -Je vais parfaitement bien Potter, sauf que j’aimerais que tu arrêtes de squatter mon lit ! Il a l’air étonné et la lueur dans ses yeux s’atténue, c’est bien. -Que veux-tu dire ? -Ce que je veux dire, c’est que tu devrais maintenant rentrer dans ton dortoir. Quand je t’ai invité ici, c’était pour une raison précise qui était de s’envoyer en l’air, pas de te servir d’hôtel ! Maintenant qu’on a baisé, il n’y a plus de raison que tu restes. Je n’ai pas envie d'être collé à un Gryffondor le reste de la nuit ! La lueur dans ses yeux a complètement disparu. A la place il y en a une autre que je connais bien, la colère. -Je vois Draco ! De toute façon, je n’avais pas non plus l’intention de rester collé à toi ! Alors là, il plaisante, il n’y a même pas vingt minutes, il me prenait pour son doudou, et là il ose me dire qu’il ne voulait pas me coller. C’est Sainte Mangouste qui se fout de l'infirmerie ! Potter s’est levé et commence à s’habiller, il est toujours en colère et son attitude commence à m’énerver. -Tu ne voulais pas rester collé à moi ? C’est pas l’impression que tu donnais ! Et arrête de m’appeler Draco, on n’est pas ami que je sache ! Potter s’arrête net d'enfiler son pull et me fusille du regard. -Malfoy, j’étais fatigué et je me suis endormi. Ça aurait été n’importe qui d’autre, j’aurais fait pareil. Et si mes souvenirs sont bons, tu m’as appelé « Harry » hier soir. Mais tu as raison, nous ne sommes pas « amis » et « Malfoy » te va beaucoup mieux. Qu'est-ce qu'il a dit ? Potter ne fait plus attention à moi et finit de s’habiller. Il ose me comparer à Monsieur Tout-le-monde. Je l’imagine mal s’endormir dans d’autres bras comme il l’a fait avec moi. C’est impossible, n’est-ce pas ? De toute façon, ce type est un menteur, je ne l’ai jamais appelé par son prénom. Il a quitté la chambre, il est dans le salon et se dirige vers la porte. Il va partir en ayant le dernier mot. Ça jamais ! S’il croit avoir gagné cette manche, il se fourre le doigt dans l’œil et bien profondément. D’ailleurs si je m’en souviens bien, il aime bien avoir des doigts et autre chose aussi, enfoncés profondément dans une certaine partie de son anatomie. Je le rattrape juste avant qu’il n’ouvre la porte. Il ment. -Tu rêves Potter ! Je ne t’ai jamais appelé « Harry », moi je ne me permets pas ce genre de familiarité. Il se dégage de ma poigne et me crache presque : -Ne me touche pas Malfoy. Tu as eu ce que tu voulais, alors lâche-moi maintenant ! Il ouvre la porte à la volée et lance sans se retourner. -En fait, Malfoy, tu n’as pas tort, tu ne m‘as pas appelé Harry, tu m’as plutôt supplié ... Avant que j’aie eu le temps de répliquer, la porte s’est refermée derrière lui. Ses mots résonnent encore dans ma tête. Moi, Draco Malfoy, supplier quelqu’un ? Il rêve, ça ne m’est jamais arrivé et surtout pas avec un novice comme Potter. Il s’est bien débrouillé pour un débutant, c'est vrai, mais de là à le supplier ... J’essaie de me remémorer ce qui s’est exactement passé. Je ne vois pas quand j’aurais pu le supplier. Je maîtrisais la situation tout du long, comme toujours. C’était moi qui menais la danse, comme toujours. J’étais dessus, comme toujours ... Alors, voyons voir, on s’est embrassé, je l’ai chauffé, alors il m’a demandé de me déshabiller, ce que j’ai fait pour le chauffer encore plus. Ensuite il s’est mis sur moi, il a commencé à m’embrasser et à me caresser de partout, il a hésité à me prendre dans sa bouche et ... Et merde ! Je l’ai bel et bien supplié de le faire ... et en l’appelant « Harry » en plus ! Harry ... Bon, c’est pas grave, je me suis laissé emporter par l’action, ça arrive à tout le monde ! En tout cas, ça fait du bien de s’engueuler avec lui, j’ai l’impression que tout redevient enfin normal, surtout depuis qu’il est parti. Il est parti. La chambre est vide. Je me sens vide . Je décide de prendre une douche et alors que l’eau chaude glisse sur mon corps, je reviens à la raison. Tout s’éclaire, tout devient évident ! Il n’y a jamais eu de « truc », c’était mon imagination ou ce que vous voulez, mais le fait est que ce n’était pas réel. Je me sens déjà mieux. C’est bête à dire mais j’ai quand même eu peur. C'était quoi, cette lueur dans ses yeux ? Maintenant, je me traite d’idiot. Comment moi, Draco Malfoy, ai-je pu me fourvoyer à ce point ? Il n’y avait aucun éclat dans les yeux de Potter, c’est juste les lumières qui faisaient cet effet. Merde ! Qu’est ce qui m’a pris de mettre des bougies partout ? Heureusement, je lui ai fait croire que je faisais cela à chaque fois,il aurait pu s’imaginer des choses autrement. Il me fait faire n'importe quoi ! Bon, je suis soulagé. Comme l’a si bien dit Potter, j’ai eu ce que je voulais, désormais il ne me hantera plus, ma curiosité a été satisfaite et même si ce n'était pas mal de coucher avec lui, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. J’ai déjà vu mieux, je n’ai pas d’exemple précis en tête mais ça va me revenir. Bon, ça ne me revient pas maintenant, mais je sais ce que j’avance. Potter ... si doux, si chaud, si étroit ... De toute façon, je n’ai qu’une envie, c’est de dormir, il est prés de 4 heures du matin et je suis crevé. Je sors de la douche, je me sèche, j'enfile mon pyjama et je me retrouve dans ma chambre. Je devrais changer les draps, mais je suis vraiment fatigué, alors je me contente d’y jeter un sort de nettoyage. Je m'installe dans mon lit et je m’aperçois que son odeur imprègne encore les draps. Je savais que j’aurais dû les changer. Tant pis, et puis ce n’est pas une odeur si désagréable, elle est même plutôt plaisante. Envoûtante. Houlà ! Je suis vraiment fatigué pour penser ce genre de chose, je voulais juste dire qu’on s’habitue à tout, même à l’odeur de Potter, oui, c’est sûrement ça. C’est étrange, mais tout à coup, le lit me semble vraiment grand et froid et vide. Je me blottis un peu plus à l’endroit où se trouvait Potter, seulement parce que c’est ma place habituelle, n’allez pas imaginer n’importe quoi. Le sommeil m'envahit et son odeur flotte toujours. L'oreiller sent bon. Shampoing au lait d'amande. Et l’espace d’un instant, le lit a l’air moins grand et j’ai un peu moins froid. C'était quoi ce truc ? Même jour, couloir de Poudlard, 16h02 Journée pourrie ! Il fait un temps pourri ! La bouffe est plus infecte que d’habitude, les Pouffsouffles sont plus stupides, les Serdaigles plus ennuyeux, les profs plus chiants, les Gryffondors plus ... gryffondor et Merlin sait que c’est difficile ... Bref, j’en ai par-dessus la tête de cette journée. Le pire, c’est qu’elle est loin d’être terminée, on a encore une répétition ce soir et je n’ai vraiment aucune envie d’y aller. Revoir Potter et sa bande encore une fois, non merci. En parlant de Potter, je ne l’ai pas vu de la journée, ni au petit-déjeuner, ni au repas de midi, ni dans les couloirs, à croire qu’il s’est volatilisé, pas que je m’en soucie d’ailleurs, c’est juste une banale constatation, une simple remarque. Mais je m’interroge, alors que nous marchons dans un des couloirs, Pansy, Blaise, mes deux allumés de Shakespeare et moi, pour nous rendre à notre dernier cours de la journée. Ça ne peut pas être à cause de moi, n’est-ce pas ? Non, ça m’étonnerait ... C’est vrai que je l’ai viré assez grossièrement de ma chambre,cette nuit, mais sur le coup, ça s’imposait. Et puis il était juste furieux, rien d'autre, il ne ressentait que de la colère, aucune tristesse ou aucun désespoir, j’en suis certain. Dans ce cas, cela aurait voulu dire qu’il m’aime bien. Quoi ? J'hallucine ! Qu'il m'aime bien ... -Mffff ! Ha ha ha ha ha ha ha ha !! C’est pas vrai ce que je peux sortir comme connerie parfois, Potter bien m’aimer ... moi, Malfoy ! Rien que d’y penser, je suis écroulé de rire, j’en ai mal au ventre et les larmes me viennent aux yeux. Des larmes ? -Draco, ça va ? -Ha ha ha ha ha ha ha... Je suis plié en deux, je me rends bien compte que mes amis me regardent bizarrement, mais je m’en fous. Je continue de rire. Je ris, je ne peux pas m’en empêcher et les larmes coulent. -Merde, mais qu’est-ce qui lui prend ? Draco ! Draco ! Reprends-toi putain ! Je n’écoute pas Blaise, je suis assis dos au mur, je ris toujours, j’ai vraiment mal au ventre, je ne vois même pas les autres élèves qui s'attroupent autour de nous. Je ris comme je n'ai jamais ri de ma vie, et mes larmes s’écoulent. -Blaise, Blaise, dit la voix inquiète de Pansy, regarde, il pleure ! Il pleure ? Je m’arrête net de rire. Il y a un grand silence dans le couloir et mes yeux restent fixés dans le vide. Il pleure ? Qui pleure ? Moi ? C’est ridicule, un Malfoy ne pleure pas, cela fait dix ans que je n’ai pas versé une larme, ce n’est pas aujourd’hui que cela va m’arriver. Pourtant, je la sens couler, elle, la goutte d’eau salée qui roule doucement sur ma joue pour se poser sur mes lèvres. Je me lève brusquement, ce contact m’a brûlé. Je me rends compte que je suis au milieu d’une foule d’élèves et ils me regardent tous comme si j'avais hérité de la tête de l'autre là, la Serdaigle pleureuse, la Cho machin. Mais ils sont stupides ou quoi ? Je ne pleure pas, c’étaient des larmes de joie, des larmes d’un putain de fou rire ! Ils n’ont pas l’air de connaître la différence entre pleurer de rire et pleurer tout court. Des abrutis ! Tous ! . Mes « amis » me regardent d’un air inquiet, Pansy s’approche doucement de moi comme si elle avait affaire à une bête effarouchée. Je ne suis pas effarouché, je n’ai peur de rien, je sens une colère sourde monter en moi. Les imbéciles ! Moi, pleurer ? Avant que Pansy ne pose sa main sur mon épaule, j’attrape son poignet et serre fort. Elle grimace de douleur. Bien. -Pauvres cons ! dis-je d’une voix tranchante. Je lève la tête et regarde tous ces débiles attroupés autour de moi. Ils ont un mouvement de recul. Bien. Ils savent qu’ils viennent d’énerver le Prince des Serpentards. -Maintenant - écoutez-moi bien - vous tous - pauvres crétins! - Si j’entends - ne serait-ce qu’une rumeur - parvenir à mes oreilles - sur le fait qu’il vous a semblé – je dis bien SEMBLE – me voir pleurer - vous saurez ce qu’il en coûte - de proférer des mensonges - à l’encontre d’un Malfoy. - Que ce soit bien clair - dans vos petits crânes vides - je - n’ai - PAS - pleuré ! Et je vous conseille - de déguerpir de ma vue - avant que je ne m’énerve - VRAIMENT ! Je martèle ces derniers mots en sortant ma baguette et les idiots agglutinés se dépêchent de filer hors de ma vue. Je me retourne vers mes « amis » et après avoir lâché Pansy, je les regarde froidement. Eux qui me connaissent depuis sept ans, comment ont-il pu croire que je m’abaisserais à pleurer ... et en public en plus ! -Vous avez autre chose à rajouter ? Grégory, Pansy et Vincent baissent la tête, honteux, mais Blaise soutient mon regard et je vois dans ses yeux une foule de questions muettes. Putain ! Fait chier ! -VA TE FAIRE FOUTRE BLAISE ! je hurle avant de poursuivre mon chemin, les laissant dans le couloir. Je ne fuis pas, j’en ai juste assez de devoir me justifier. De toute façon, il n’y a rien à justifier, je n’ai pas pleuré. Pour pleurer, il faut être triste et je n’ai aucune raison d’être triste. Je riais putain ! Je ne pleurais pas ! Je riais car il est impossible que Potter m’aime un jour. Je ne pleurais pas... --- Même jour, salle de répétitions, 18h53 Il fuit mon regard. Depuis que nous sommes entrés, je n’ai pas pu une seule fois plonger mes yeux dans ses émeraudes. C’est la première fois, depuis que je connais Potter, qu'il refuse que je me noie dans ses yeux. Et ça me fait drôle, je ne m’étais jamais rendu compte que j’avais autant besoin de ce contact visuel. Nous répétons depuis prés de 45 minutes, mais ni Potter, ni moi ne sommes dans cette scène et étrangement Granger ne s’énerve pas. Elle nous a même dit avant la fin de la séance que c’était suffisant pour aujourd’hui, qu’on reprendrait, non pas demain car j’ai entraînement de Quidditch, mais après-demain. Je veux quitter cette salle assez rapidement, j’étouffe, il me semble que le « truc » est de retour. Heureusement que je n’ai pas eu à toucher Potter... J’ai encore envie de lui. Il m’est bien sûr déjà arrivé d’avoir encore envie de mes partenaires sexuels, mais avec Potter, c'est autre chose, autre chose qui pointe sournoisement son nez, il y a le « truc » qui attend, tapi dans l’ombre. Mais il ne m’aura pas, je résisterai. Je m’apprête à sortir quand j’entends une voix qui m’interpelle. -Attends ! T’en va pas tout de suite ! Je me retourne et hausse un sourcil interrogateur. Finnigan brandit un appareil photo et me regarde en souriant. -Je dois faire une photo pour l’affiche du spectacle. Elle sera placardée dans tout le château ! Je soupire, je crois que je n’y couperai pas. Qu’il la prenne sa photo et qu’on en finisse ! Je prends la pose et lui dis qu’il peut y aller. -Non, pas toi tout seul ! Toi avec Harry, c’est vous les deux héros de la pièce ! Merde, il ne manquait plus que ça ! Je regarde Potter qui vient de blêmir mais Finnigan le pousse vers moi. -Allez, allez, prenez la pose ! Potter ne me regarde pas et se contente de se placer à côté de moi. -Heu, les gars ? Je ne voudrais pas vous vexer mais cette pièce est censée représenter une histoire d’amour, pas le concours du mec qui tire le plus la gueule. Allez, rapprochez-vous ! Potter se décale un peu plus vers moi et j’ai soudainement chaud. -Mais bon sang ! s’exclame Finnigan, c'est pourtant pas compliqué ! Il attrape Potter et le place devant moi. -Malfoy, mets tes bras autour de lui, comme si tu l’enlaçais. J’ai un instant d’hésitation, puis je me lance. Après tout, ce n’est qu’une photo. Je place mes bras de chaque côté de Potter et croise mes mains devant son ventre. Je ne le touche quasiment pas. Finnigan a l’air excédé, il ne dit rien mais d’un geste brusque, il plaque Potter contre moi. J’ai le souffle coupé. Pour me retenir de tomber, j’enlace Potter et je le serre dans mes bras. Je sens son dos contre mon torse, ses cheveux chatouillent ma joue, l’odeur de sa peau envahit mon espace et je sens ses fesses tout contre mon entrejambe. Sans que je puisse les contrôler, les souvenirs de la veille me reviennent ... Potter gémissant sous moi, la sueur collant quelques mèches de cheveux sur son front, ses joues rougies, ses yeux brillants, sa bouche entrouverte et son corps bougeant au même rythme que le mien. Je me rappelle son étroitesse alors que je m’enfonçais en lui. C’était si bon, si chaud, si lui ... Je sens avec horreur mon corps réagir à cette vision et Potter a dû le sentir aussi car il se raidit entre mes bras. -Ok, maintenant Harry, tu mets tes bras sur les siens et ta tête sur son épaule. Potter fait ce que Finnigan lui demande ce qui provoque une friction involontaire de ses fesses sur mon érection, je ne peux retenir un gémissement sourd et il me semble que la respiration de Potter s’est accélérée. Je vais devenir fou, je ne bouge plus, je sens juste le souffle un peu rapide de Potter sur mon cou, je frissonne. Nous restons quelques secondes immobiles, tétanisés. -Parfait, s’écrit Finnigan en braquant sur nous son appareil. Attention, le petit oiseau va sortir ! Ce type est débile ! Quelle expression idiote, le seul oiseau qui aimerait sortir en ce moment, c’est le mien et sans vouloir me vanter, il n’est pas petit. Finnigan a enfin pris sa photo et Potter s’empresse de se détacher de moi. Je devrais me sentir soulagé. Je ne le suis pas... --- Vendredi 23 octobre, chambre du préfet en chef de Serpentard, 07h14 Je m’étire dans mes draps de soie, une nouvelle journée commence. On est vendredi, normalement j’aime bien le vendredi, c’est même ma journée préférée et ce pour trois raisons. La première, c’est qu’on n'a cours que le matin, la seconde, c’est qu’on a entraînement de Quidditch l'après-midi et la dernière, c’est que tous les vendredis soirs, on sort en boîte. Depuis notre cinquième année, on quitte en douce le château vers 23 heures, on va à Pré-au-lard, de là on prend une navette qui nous emmène jusqu’à la boîte de nuit sorcière la plus appréciée du coin, j’ai nommé « La Libellule ». Cela fait donc deux ans que quasiment tous les vendredis soirs, on va danser. C’est pas mal pour faire des rencontres. Là bas, je me suis dégoté quelques bons coups et la musique est excellente. Le D-J est super lui aussi, surtout question souplesse. Il assure pas mal, j’ai pu le constater à plusieurs reprises. Bref, cette sortie est quasiment devenue un rituel. Mais ce soir j’ai vraiment pas le goût d’y aller et c’est bien la première fois ! Et devinez à cause de qui ? Qui a répondu Potter ? Et bien, vous avez raison, 10 points pour vous, sauf si vous êtes Pouffsouffle ! Ou Serdaigle ! Ou Gryffondor ! Surtout Gryffondor ! Je m’explique : ce type m’a obsédé toute la journée d’hier, toute la nuit et je suis pratiquement certain qu’aujourd’hui, c'est reparti pour un tour ! Alors que je me tournais et retournais hier soir dans mon lit sans pouvoir trouver le sommeil, j’en suis arrivé à une conclusion. Je sais pourquoi Potter m’obsède encore. C’est parce que je n’ai pas eu ce que je voulais. Comprenez-moi bien, ce qui s’est passé avant-hier soir était trop gentil, trop doux, trop gnangnan. J’avoue avoir ma part de responsabilité là dedans : déjà le coup des bougies dont je ne me remets toujours pas, ensuite la façon dont je l’ai baisé. Merlin, je ne l’ai pas baisé, je lui ai quasiment fait l’amour ! Je ne sais pas ce qui m’a pris, sûrement le fait qu’il était vierge. Oui, ça doit être ça. J’en ai conclu que mon corps réclame autre chose. Il veut que cela se passe comme nos disputes, que ce soit violent, brutal, sauvage... Oui, la seule solution pour me débarrasser de Potter, c’est de le prendre comme je le fais avec les autres, pas de traitement de faveur. Et puis, je suis sûr qu’il va être d’accord, il a encore envie de moi, je le sais. Et peu importe la position dans laquelle je vais le prendre, je vais le faire hurler de plaisir. Je vais lui proposer ma solution, il acceptera car il est dans la même situation que moi, on baisera et cette fois je serai réellement débarrassé de cette obsession. En attendant, je vais profiter de cette journée, je vais même aller en boîte. Si ça se trouve, je trouverai un nouveau jouet et je n’aurai même pas besoin de toucher encore Potter. Ça serait vraiment l’idéal ! Oui, avec un peu de chance, demain Potter ne sera plus qu’un mauvais souvenir et le « truc » restera à jamais au royaume des ombres. A suivre... |