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[if gte mso 9]> Normal 0 21 false false false MicrosoftInternetExplorer4 [if gte mso 9]> [if gte mso 10]> Rating M confirmé Merci à HaniPyanfar qui roxx et qui corrige cette histoire. Merci à vous pour vos coms^^ Chapitre 8 : POV Draco : Ma décision est prise Samedi 24 octobre, dehors, derrière la boite de nuit, 1h07 Potter me tire les cheveux pour avoir un meilleur accès à mon cou. Il dévore littéralement ma gorge, sans douceur, avec rage. Je suis trop choqué par son comportement pour réagir ou même songer à essayer de le calmer. Et puis, le « truc » est de retour, plus puissant que jamais. J’ai l’impression d’avoir réveillé une partie cachée de Potter, une partie féroce. Et même si je sens plus ses dents que ses lèvres sur moi, le désir arrive et m’emporte au même rythme que ses assauts. On dirait que finalement, je vais l’avoir ma baise violente et brutale. Mais on dirait aussi qu’à un moment ou à un autre, les rôles ont été inversés. Juliette veut devenir Roméo, Potter veut me dominer. La justesse de ces pensées me frappe de plein fouet. Un Malfoy est un dominant, pas un dominé. Pourtant, je ne réagis pas, je laisse Potter me mettre à genoux. Je ne réagis toujours pas quand je vois son sexe dressé devant moi. Je réagis seulement quand Potter m’oblige à le prendre dans ma bouche, je réagis en le suçant, en le prenant profondément dans ma gorge. Une voix hurle dans ma tête que c’est indigne d’un Malfoy, mais je n’écoute plus, j’ai envie de lui faire perdre toutes ses limites, car il me fait perdre toutes les miennes. Je l’entends gémir alors que ses mains farfouillent dans mes cheveux et que son bassin avance et recule par à coup. Je crois que je n’ai jamais été aussi excité de ma vie, c’est presque mécaniquement que ma main ouvre mon jean et se glisse dans mon boxer pour attraper ma virilité déjà dure et douloureusement tendue. Je commence à me caresser au même rythme que ma bouche fait des va-et-vient sur son sexe. Je sens le plaisir m’envahir, et je ne peux retenir un gémissement qui se répercute dans la paroi de ma gorge et fait perdre un peu plus la raison à Potter. -Malfoy ..., gémit-il, je vais venir ... je le sens. Je sais qu’il me prévient pour que je puisse me retirer mais je ne veux pas, je veux connaître son goût, je continue donc d’aller et venir sur lui, Potter donne un coup de reins plus puissant et la main qui tient mon sexe accompagne son mouvement brusque. Je jouis dans ma main. Au même moment, la semence de Potter envahit ma bouche et je m’empresse de tout avaler. Je suis toujours à genoux, je suçote doucement ses bourses tandis qu’il essaie de reprendre une respiration normale. Je me sens tiré par les cheveux et je me relève pour croiser deux émeraudes où la colère est encore présente. Potter me regarde de haut en bas et s’arrête un temps sur mon jean ouvert et sur ma main encore salie par mon sperme. Il me plaque encore une fois violemment contre le mur et encore une fois je ne réagis pas. -Qui t’a permis de te caresser ? me demande t-il d’un ton menaçant. Je sais que je ne devrais pas le provoquer quand il est dans cet état, mais je ne peux pas m’en empêcher. -Il fallait bien que je me « prenne en main », puisque tu semblais occupé. La lueur de colère dans ses yeux s’accentue. -Ça t’excite tant que ça de me sucer ? Je ne réponds pas, il n’y a rien à répondre, mes gestes ont parlé pour moi. Potter baisse d'un coup mon jean et mon boxer et pose sa main sur mon sexe. -Je vais te prendre en main puisque tu aimes ça, Malfoy, susurre-t-il dangereusement à mon oreille tout en commençant à me caresser durement. Je vais te prendre tout court. Il me retourne et je me retrouve face au mur, il est derrière moi et ses derniers mots résonnent à mes oreilles comme un écho. Je m’aperçois que même si j’ai peur, j’ai envie de l’avoir en moi, je veux qu’il me prenne. Pour l’instant, il se contente de me masturber brutalement et déjà je me sens réagir. Sans le vouloir, je tends mon corps vers lui, j’ai besoin de sentir sa peau, de sentir son désir pour moi. Il appuie une main sur mon dos pour que je me penche un peu plus en avant et à l’aide de ses jambes, il écarte les miennes, pendant que son autre main poursuit son toucher brusque et pourtant magique. Pour garder mon équilibre, je suis obligé de plaquer mes mains contre le mur et je me rends compte alors que ma position est sans équivoque et qu’il suffit d’un geste à Potter pour me faire sien. Je tremble de peur, d’anticipation ... de plaisir ? Tout est confus, Potter cesse de me toucher et semble attendre quelque chose. Il ne va pas me laisser en plan ? Pas maintenant ! J’ai à peine le temps de me faire cette réflexion qu'il attrape mes hanches des deux mains et d’un mouvement brusque il s’enfonce en moi. Je ne peux me retenir de crier, je me sens déchiré en deux. Potter se retire et s’enfonce encore plus, je crie encore. J’ai mal, il y va comme une brute, je sens son sexe qui racle et fouille mon intimité, qui fait des va-et-vient violents et qui brise les barrières de ma virginité. Je voudrais que ça s'arrête, que Potter en termine rapidement. Il ressort son sexe de moi une fois de plus, mais lorsqu’il revient, il frappe ma prostate et le cri qui s’échappe de mes lèvres est un cri de pur plaisir. C’est donc ça l’effet que ça fait ? C’est dévastateur. Maintenant, chacun de ses coups de reins m’emmène toujours plus haut. Je veux jouir, mon sexe est douloureux, il suffirait que Potter le touche et je viendrais. Mais ses mains sont sur mes hanches qu’il guide pour mieux approfondir ses mouvements. Je gémis son nom pour qu’il me caresse, je le supplie mais il ne répond pas. A la place, j’entends seulement un sanglot. Un sanglot ? C’est impossible ! Po...Potter ne peut pas pleurer, pas maintenant ? J’entends un deuxième sanglot et mon souffle se bloque. Potter continue d’aller et venir en moi et Potter pleure. Est-ce moi qui ai provoqué cela ? Merlin, qu’est ce que j’ai fait ! S’il te plait, Harry, ne pleure pas ! La jouissance approche mais je n’ai qu’une envie, c’est de me retourner et de le prendre dans mes bras. Je ne peux pas car il s’agrippe désespérément à mes hanches et empêche tout mouvement de ma part. Le plaisir arrive mais j’ai mal dans mon cœur. Tout est confus. Je jouis en criant son prénom et je le sens se répandre en moi sans un mot. Seuls les soubresauts qui agitent son corps indiquent qu’il a eu un orgasme. Il se retire. Je me sens tomber à terre, mes jambes ne me portent plus. Quand il reprend la parole après s’être rhabillé, sa voix est froide mais il a les larmes aux yeux. -J’espère que ça a été assez sauvage et brutal pour toi, Malfoy, car c’est la dernière fois que je te sers de pute. Il se détourne pour partir loin de moi. Non, ne me laisse pas ! Harry ... J’aimerais le lui dire mais d'autres mots sortent tout seuls de ma bouche. -C’est la première fois Potter... C’est la première fois qu’on vient en moi. Potter s’arrête net et se retourne. J’ai le temps de voir couler une larme sur sa joue avant d’entendre encore sa voix étrangement lasse. -Comme ça, on est à égalité. Puis il revient vers moi. Il est blanc comme un linge. Il m'attrape par les épaules, il me relève et me crache à la figure des mots qui me transpercent comme des aiguilles de feu : -Et je suis un salaud ! Je te hais ! Je reste cloué au mur et le regarde s’éloigner. Il pense m’avoir violé ! Il pense que je n’étais pas consentant ! Il se trompe ! Harry, tu te trompes ! J’ai envie de lui hurler de revenir prés de moi. J’ai envie de lui crier qu’il a tort, qu'il ne m'a fait aucun mal. J’ai envie de lui dire des mots nouveaux, des mots que je n'aurais dits à personne d'autre avant lui, que je n’inventerais que pour lui. J’ai envie de chuchoter au creux de son oreille trois petits mots qui me semblaient impossibles à dire ou même à ressentir. Je sais maintenant que je pourrais me damner pour les entendre, ne serait-ce qu’une seule fois, sortir de sa bouche. Je ne fais rien de tout cela. A la place, je me rhabille en tremblant. J’ai enfin compris ce qu’était le « truc », je me croyais immunisé contre ce sentiment mais je ne l'étais pas. Et j’ai mal, j’ai mal au cœur car ses derniers mots résonnent dans ma tête « Je te hais »... Et je pleure, seul dans le froid de la nuit, car Potter a raison de me haïr, je l’ai traité comme un moins que rien, je lui ai fait du mal, je l’ai obligé à « baiser » alors que maintenant, tout ce que je voudrais, c'est lui faire l’amour encore et encore, jusqu’à la fin des temps. Mais je ne savais pas. Je ne savais pas encore ce qu’était le « truc ». Je pleure et je m’en fous, je suis brisé car je l’ai brisé, je l’ai vu dans ses yeux... On peut venir me voir pleurer, montrer du doigt le « Prince des Serpentards » qui tombe enfin de son piédestal. Je m’en moque, je laisse couler mes larmes comme j’ai laissé Potter partir loin de moi ... comme j'ai laissé Harry partir loin de moi ... Même journée, chambre de préfet en chef de Serpentard, 12h22 J’ouvre les yeux et je regarde autour de moi. Je suis dans mon lit. Comment suis-je arrivé ici ? J’ai du mal à remettre mes idées en place, je me souviens juste d’une larme qui coule et d’une voix brisée disant « Je te hais ». J’ai mal à la tête, je me concentre pour rassembler mes idées et d’un seul coup, tout me revient. La sortie en boîte, l’arrivée de Harry, la danse avec Harry, ma proposition et sa réaction, ses yeux emplis de colère ... Je me souviens de lui dans ma bouche, de lui en moi, de la jouissance qui m’a emporté ... de l’impression que j’avais d’être à ma place. Bien qu’il n’y ait pas eu la moindre douceur dans ce qu’il s’est passé, j’ai senti mon cœur s’emplir du « truc ». Je peux le dire maintenant, j’ai senti mon cœur s’emplir d’amour. Cette fois je n’ai pas eu peur de ce sentiment, je me suis rendu compte qu’il était là depuis très longtemps et qu’il y sera toujours, jusqu’à ma mort. Je l’ai accepté comme j’ai accepté que Harry me prenne. Mais je n’accepte pas mon comportement méprisant envers lui. Je ne me le pardonnerai jamais. Harry a raison de me détester. Je me déteste aussi. Je me souviens avoir pleuré. Oh, pas longtemps, car pleurer ça soulage et je n’ai pas le droit d’être soulagé, pas après ce que j’ai fait à Harry. Je l’ai traité comme une pute. Merlin ! J’ai traité mon âme sœur comme une pute ! Il pense qu'il m'a forcé, qu'il m'a sali. Mais je suis déjà sale depuis longtemps. Lui, il est tellement pur qu’il est incapable de souiller quelqu’un. Je ne peux pas en dire autant de moi. Même si je chéris le souvenir de nos corps unis, je regrette presque d'avoir fait l'amour avec lui. Il méritait quelqu’un de doux et d’attentionné pour sa première fois et toutes les autres. Il méritait de la magie et de la tendresse. Il méritait la perfection. Il méritait d’être heureux quand il le faisait. Il a pleuré en me prenant. Je l’ai fait pleurer ! Il croit m’avoir violé, alors que j’étais plus que consentant, mais moi j’ai détruit la pureté de son âme. Je suis un monstre. Je me souviens que j'étais perdu dans mes pensées quand Blaise m’a retrouvé. Je voulais encore pleurer quand il m’a demandé ce que j’avais, mais je ne m'en sentais pas le droit. Je ne mérite pas qu'on me dise des paroles de réconfort. Il a dû le voir car il m’a serré dans ses bras en me chuchotant inlassablement que ça allait s’arranger, comme on le ferait pour consoler un petit garçon perdu, comme on ne l’a jamais fait pour moi. Je l’ai serré fort pour éviter de sombrer, mais au fond de moi, je savais que c’était trop tard. C’est lui qui m’a ramené, il m’a même bordé et j’ai vu l’inquiétude voiler ses yeux alors que je sombrais dans un sommeil agité, empli d’un regard vert, brillant de larmes et de colère. Blaise me connaît un peu trop bien, il a raison de s’inquiéter. Je ne sais pas encore ce que je vais faire pour réparer le mal que j'ai fait à Harry mais ça ne me ressemblera pas. Ce qui s'est passé cette nuit m'a changé. Je regarde l’heure. 12h52. Il est temps que je me lève. En me déplaçant, je me rends compte qu’une certaine partie de mon anatomie est douloureuse. Pff ! Baise brutale et violente ! Quelle blague ! Je me bafferais pour avoir eu ce type d’idée, surtout maintenant que j’en subis les conséquences. Ce qui me console, c’est que de la façon dont cela c'est passé, ça aura au moins évité cette douleur à Harry. Aujourd’hui, nous avons encore une répétition pour la pièce, le spectacle a lieu dans une semaine. D’ici là, je dois me comporter comme avant. Personne ne doit se douter de mon état d'esprit. Sinon, mes amis voudront m’empêcher d'agir et je ne peux me le permettre. Un Malfoy paie ses dettes. Je dois une réparation à Harry. Même journée, salle de répétition, 18h02 Il entre dans la pièce avec ses amis. Mon cœur bat plus vite et je m’efforce de ne pas le fixer trop intensément. Je m’aperçois que ce n’est pas la première fois que je réagis ainsi, je dirais même qu’il me fait cet effet à chaque fois, mais aujourd’hui, je sais mettre un nom sur cette sensation. Je prends sur moi pour garder une attitude stoïque et ne pas courir le prendre dans mes bras en lui murmurant des excuses. Je ne peux empêcher un sourire désabusé de s'afficher sur mes lèvres. Je n’aurais jamais cru m’abaisser à penser ce genre de chose. Je n’aurais jamais cru être un de ces couillons qui ne trouvent un sens à leur vie qu'en compagnie d'une autre personne, l’unique personne faite pour eux. Je n’aurais jamais cru que tout ce qu’on m’a enseigné volerait si vite en éclat. Et je n’aurai jamais cru que ça ferait mal à ce point d’aimer la seule personne qui ne vous aimera jamais en retour parce que vous l’avez trop fait souffrir. Les blessures que je lui ai infligées sont trop profondes, je le vois à ses yeux ternes, sans aucune des lumières qui les éclairaient jadis. Harry ne réagit pas comme la première fois, il n’essaie pas de fuir mon regard, mais lorsque je le plonge dans ses iris verts, je ne vois rien, aucune émotion, de l’indifférence ... et c’est la première fois. Il ne m’avait jamais regardé ainsi, comme si je n’étais rien. J’ai mal. Qu’est ce que j’ai fait ! Harry, pardonne moi ! Mais le pire, c’est qu’il pose le même regard sur tout ce qui l’entoure, même sur ses amis. Je me rends compte de l’étendue de mes actes, j’ai brisé un être exceptionnel. J’ai brisé un ange ! J’ai si mal ! Mais ça me conforte dans ma résolution. Tout le monde est silencieux et me regarde étrangement, avec une sorte d'inquiétude, sauf Potter qui reste indifférent. Je m’aperçois que depuis que nous sommes réunis, je n’ai lancé aucune de mes remarques sarcastiques, aucune parole mordante d’ironie. Moi qui ne voulais pas éveiller les soupçons, c’est plutôt mal parti. Je recompose mon image de parfait Serpentard et me force à briser ce silence gênant. -Alors Granger ? Quelles scènes veux-tu qu’on travaille aujourd’hui ? Ce n’est pas que votre compagnie m’ennuie mais ce soir, j’ai des fans qui m’attendent dans ma chambre et j’aimerais y être au plus tôt. Granger a l’air étonné et hausse un sourcil. -Des fans ? Je lui fais un sourire lubrique avant de lui expliquer. -Partouze. Tu connais ? Elle rougit et commence à bafouiller. C’est presque trop facile ! Harry, lui, reste indifférent. C’est sûr que je peux me lever tôt avant de voir de la jalousie dans son regard. Je pourrais m’envoyer un bataillon d’infanterie sous ses yeux qu’il ne réagirait pas autrement ! Blaise répond à la place de Granger que nous allons travailler la scène du balcon. Tout le monde se met en place et le silence se fait. Je suis seul au centre de la scène et je commence ma tirade. Toute cette partie est presque entièrement calquée sur le texte original de Shakespeare. « - C’est facile de se moquer de l’amour lorsqu’on ne l’a jamais vécu ! Je dis cette phrase à l’intention de mes amis Serpentards qui viennent de partir. Harry apparaît sur ce qui sera le balcon et regarde le plafond sans me voir. Je reprends. « -Merlin ! C’est lui ! Il est vraiment éblouissant ! La lune a beau être pleine dans le ciel, Harry est mille fois plus lumineux. Son sourire fait pâlir de jalousie l’astre de la nuit. Il est mon soleil. Je tremble devant lui, il m’a touché en plein cœur. Il a fait de moi l’esclave de l’amour et il n’en sait rien. Je marque un temps d’arrêt. S’il savait à quel point cette phrase est vraie ! Non, il vaut mieux qu’il n’en sache rien. Je reprends mon texte sans le quitter des yeux. « -Il reste là, à contempler les étoiles et il se tait. Les étoiles semblent rivaliser de brillance pour égaler la beauté de ses yeux. Elles n’y arriveront jamais. Les yeux de Harry sont au-dessus de toute beauté. Ils m’ensorcellent. Harry sort une cigarette de sa poche et l’allume avant de la porter à sa bouche. -Merlin ! Comme je voudrais être cette cigarette. Je toucherais ses lèvres et sa main se poserait sur moi. Harry tire juste une bouffée puis écrase sa cigarette avant de prendre la parole. « -C’est impossible ! Il parle ! S’il te plaît Harry, parle encore, fais encore trembler mon cœur au son de ta voix. « -Oh Draco! Draco! Pourquoi es-tu Serpentard ? Renie ton père et abdique ton nom, ou si tu ne le veux pas, jure de m’aimer et je ne serai plus Gryffondor. Mon cœur, si tu savais que pour toi j’ai déjà tout renié. « -Il parle de moi ! Dois-je l’écouter encore ou lui répondre ? Après ma réplique qu’il n’est pas censé entendre, Harry reprend son texte et se rapproche de moi. Je me faufile dans un coin derrière lui pour ne pas qu’il me voie. « -Ton nom seul est mon ennemi ! Tu n’es pas un Serpentard, tu es toi-même. Oui Draco, pour moi tu es plus qu’un nom. Tu es celui qui fait que je me sens bien à la seule pensée de tes bras autour de moi. Tu es celui qui me fait sourire à la seule pensée de tes yeux brillants de vie. Tu es celui qui me fait avoir chaud à la seule pensée de tes mains sur moi. Et tu es celui qui me fait gémir à la seule pensée de tes lèvres sur les miennes. Au fur et à mesure qu'il dit cette tirade, j’avance vers lui silencieusement. « -Ainsi Draco, reprend-t-il, tu pourrais t’appeler n’importe comment, tu aurais sur moi le même effet. Draco, renonce à ton nom, et à la place de ce nom qui ne fait pas partie de toi, prends-moi tout entier. Je suis juste derrière lui et je souffle contre son oreille, le faisant sursauter. « -Je vais te prendre au mot. Harry se retourne et me dévisage, mais dans ses yeux je vois toujours cette indifférence qui me blesse. Je reprends mon texte en faisant mon possible pour que ma voix ne tremble pas. « -Appelle-moi seulement ton amour, ce sera mon nouveau nom car désormais je ne suis plus Draco. Le Harry de la pièce prend un air étonné, n’osant croire à mon apparition et il pose sa main sur ma joue comme pour s’assurer que je suis vraiment là. Si seulement c'était le vrai Harry et pas son personnage ! « -Dra...Draco ? « -Non mon cœur, je ne suis pas Draco puisque ce nom, tu le hais. D’ailleurs, je le hais moi aussi puisqu’il est pour toi un ennemi. Harry a retiré sa main et me regarde cette fois avec colère. « -Tu es Draco, dit-il d’une voix plus dure, tu es un Serpentard. Je prends sa main dans les miennes pour l’empêcher de s’éloigner. « -Je ne suis ni l’un ni l’autre, si tu détestes l’un et l’autre. Harry fait un signe de négation de la tête et arrache sa main des miennes. « -Tu mens, reprend-il avec colère, tu es bien Draco Serpentard ! Que viens-tu faire ici ? Tu es venu m’espionner ? Il me pousse de son doigt accusateur jusqu’au mur. L'image d'une autre scène, d'un autre Harry, me traverse l'esprit. « -Tu as dû bien rigoler à m’écouter parler ! Tu vas te gausser auprès de tes amis d’avoir pris dans tes filets Harry Gryffondor ! Je voudrais te détester, Draco Serpentard ! Merlin ! Je le voudrais tellement ! Que m’as-tu fait ? Harry semble hors de lui et pour le calmer, je dois le prendre dans mes bras. « -Harry calme-toi, tu te trompes sur moi. Tu as dis que je n’étais pas qu’un nom, alors écoute la personne qui te parle et pas le nom qu’elle porte. Harry s'immobilise et lève ses yeux sans vie sur moi. Il est si proche, j’ai envie d’enfouir mon visage dans son cou et de rester dans ses bras à respirer son parfum pour toujours. Au lieu de cela, le Draco de la pièce continue à réciter son texte. « -Je t’aime Harry, n’en doute jamais, mais si ta haine te soulage, alors je m'en contenterai. Vas-y, déteste-moi ! Cette fois le texte ne correspond pas à ce que je pense. Je ne supporte plus sa haine, son indifférence me brise ... Harry prend un air étonné. -Tu...tu m’aimes ? Comment est-ce possible ? Comment est-ce possible que mes sentiments soient partagés ? Je lui souris doucement même si j’ai plutôt envie de pleurer et je murmure à son oreille, assez fort pour que les futurs spectateurs entendent : « -C’est exactement la question que je me posais. Depuis que tu m’es apparu au bal, j’ai l’impression de flotter et je n’ai qu’une envie, être auprès de toi. A ce moment Harry doit m’embrasser, je sens les battements de mon cœur s’accélérer, il approche son visage et l’espace d’un instant, je vois des milliers d’émotions différentes dans ses yeux, je n’arrive pas à les définir car il y en a trop, mais il n’y a plus d’indifférence. La seconde d’après, je suis poussé violemment contre le mur, ma tête cogne durement sur la paroi et j’ai mal. Tout se passe avec une rapidité effrayante. Lorsque je me remets du choc, Potter est déjà à la porte de sortie. Pansy accourt vers moi pour savoir si je vais bien. Ron crie après Potter en lui demandant ce qui lui a pris. Je sens mon sang couler sur ma nuque, Harry se retourne, sa voix est chargée de colère et il hurle. Il hurle qu’il arrête les répétitions, qu’il ne veut plus travailler avec « ça ». Quand il prononce ce mot, son doigt se pointe sur moi. Je ne peux soutenir son regard qui cette fois est vraiment empli de haine. Granger essaie de l'apaiser en disant que le spectacle n’est plus que dans une semaine. Après, ce sera fini. Harry semble se calmer mais ce n’est qu’une apparence car la magie crépite autour de lui et ses amis reculent d’un pas. Tout à coup, chacun de nous se rappelle que Harry Potter n'est pas un garçon comme les autres, c'est le puissant sorcier qui a vaincu Voldemort. Quand il répond à Hermione, sa voix est dangereusement calme. -Je ne sais pas à quoi vous jouez depuis le début mais cette fois je ne marche plus. On a vu au moins une fois chaque scène. Je connais exactement mon rôle. Je participerai au spectacle dans une semaine mais d’ici là, je ne répèterai plus. Je ne veux plus le voir. Weasley va pour parler mais Harry le fait taire d’un regard. -Ron, tu me connais n’est ce pas ? Alors, reprend-il sans attendre sa réponse, tu sais que si vous ne me laissez pas tranquille, toute cette histoire va mal finir. Weasley hoche la tête et Potter s’en va sans un regard de plus. Quand la porte se referme derrière lui, je sais ce que je dois faire. Ma décision est prise. Même journée, cachot de Poudlard, réserve de Rogue, 22h53 J’ai presque réuni tous les ingrédients. Je fais le moins de bruit possible alors que je déplace les fioles de la réserve de Rogue. Personne ne sait que je suis ici et à cette heure, les couloirs du château sont silencieux. J’ai une semaine pour réaliser cette potion. Alors que je trouve enfin le bocal contenant la poudre de licorne, je me souviens des paroles de Rogue lors de notre tout premier cours : « Je pourrais vous apprendre à enfermer la mort dans un flacon ...» J’ai appris tout seul à le faire, durant les vacances d’été. Ce que je n’aurais jamais cru, c’est que je ferais cette potion pour moi-même. Car ma décision est prise. J’ai brisé Harry, il faut que je répare les dégâts. En le traitant comme je l’ai fait, je lui ai fait perdre ses espoirs concernant l’amour. A cause de moi, il ne croira plus jamais en ce sentiment. Il faut que je lui prouve qu’il existe. Je vais lui montrer que Roméo aime vraiment Juliette et que ce n’est pas juste une légende. Je vais mourir dans une semaine. Je vais mourir d’amour pour lui. Il sera obligé d’ouvrir les yeux. Oh ! Ça ne va pas changer ses sentiments pour moi, mais il se dira que peut-être la vie vaut d’être vécue pleinement, que l’amour vaut le coup d’être trouvé et surtout gardé. Parce que j’ai trouvé le mien et que je l’ai perdu. Ma décision est prise. Je dois mourir. J’ai tout prévu, je vais échanger la fausse potion que je dois boire contre celle qui me donnera réellement la mort, les couleurs ne sont pas les mêmes, mais personne n’y fera attention. Je vais mourir sur scène et avant je lui dirai ce que je ressens. Vous trouvez que c’est lâche de se donner la mort au lieu de se battre ? Vous avez sûrement raison mais j'ai fait mon choix. Un Malfoy a toujours tout ce qu’il veut. Mais moi, je n'aurai jamais Harry. Alors, si je ne peux avoir son amour, j’aurai au moins essayé de faire briller à nouveau ses yeux. Et vous trouvez peut-être aussi que j'en fais trop en me suicidant sur scène ? Non, je veux pour Harry une réparation éclatante. Je suis un Malfoy, certains de mes ancêtres, pas tous, sont morts avec panache. Je ferai comme eux. Je veux lui demander pardon et je veux lui dire que je l'aime devant toute l'école réunie. Que chacun sache que Harry est un être merveilleux et que même un mécréant comme moi a pu s'en rendre compte. Que l'amour existe et qu'il est tout-puissant, plus fort que la haine, plus fort que l'orgueil. Qu'un jour il le trouvera et que sa vie ne sera que lumière. Je vais mourir dans une semaine et il sera prés de moi. Mon amour sera à mes côtés. Peut-on rêver plus belle mort ?. Personne ne me fera changer d’avis. Ma décision est prise... A suivreuh... |