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Perclue de douleur, je bougeais avec difficulté dans mon lit; la veille j’avais dû nettoyer le colombier de fond en comble et les 800 nids que comptait celui-ci m’avaient épuisée. Les mains pleines d’ampoules grosses comme des amandes et les cheveux en pagaille, je m’étais couchée sans même me déshabiller. En ouvrant un œil sur ce 11 mai 1512 je me rendit compte que les habituels bruits matinaux, les poules qui caquetaient, maman faisant la cuisine, les coups de maillets sur l’enclume de la forge, avaient tout bonnement disparus laissant place à un silence froid et malsain en ce matin brumeux. Je me levais rapidement et attachais sommairement mon bonnet pour sortir de notre maison le plus vite possible. Toute la seigneurie était réunie au pied du château où Jean notre chapelain appelait nos gens. « N’oubliez pas, ce qui se passe là-bas nous touche aussi le Roi a besoin d’hommes fort et, s’il vous plaît, vous vous engagez en sachant que vous laissez derrière vous une femme, des enfants ou des parents qui veulent éviter de vous perdre alors soyez prudents… » Le chapelain était un homme bedonnant que tout le monde respectait tant par l’éducation qu’il dispensait aux enfants de la seigneurie tant par ses sermons toujours applicables dans la vie quotidienne, sa franchise en avait fait quelqu’un de loyal et aux conseils appréciés. La tonsure des moines me faisait penser qu’Aurèle aurait pu devenir un des leurs, il était mort en tombant d’un arbre l’année dernière et tout le village l’avait pleuré. « Madalen ! Je te cherchait partout où était tu ? » fit une voix familière « Je dormais » répondis-je à mon père, « que se passe t-il ? » « Une guerre est entrain de se préparer…tout les hommes pouvant combattre vont en faire partie… » dit-il sans joie « Même toi ? »m’écriais-je alarmée « Oui ma chérie même moi » === On me comparait souvent à ma mère autant pour le caractère de cochon que nous avions toute deux que pour notre physique si particulier. Nous étions rousses aux yeux bleus; les miens étaient bleu ciel, ceux de Mair, ma maman, quasi noirs. Taches de rousseurs et peau claire était notre marque de fabrique. Grécie, ma petite sœur avait 2 ans et elle était le portait craché de Papa, Trystan, elle avait les cheveux noirs, les yeux gris perle et un rire cristallin. Nous vivions dans une petite maison de bois et pierre, j’ai ma chambre à l’étage que je partage avec l’apprenti de Papa : Arthur. Il était allemand et très, très, très beau enfin beau comme un apprenti forgeron : musclé, les cheveux long aux épaules attaché en catogan, il avait 21 ans et travaillait depuis quelques mois dans les forges du village. Nous avions un musicien qui, les soirs d’hiver nous jouait des ballades et les pavanes, gavottes, valses et gaillardes n’avaient aucun secret pour lui. Franz était venu d’Allemagne et il avait 18 ans, châtain clair aux yeux noisette il était venu de Leipzig avec son frère jumeau Erwan qui chantait. Il chantait d’une voix claire et pure qui avait conquit notre châtelaine, Diane, ses cheveux qu’il avait teints en noir, par je ne sait quelle méthode, pour se différencier de son frère. Il passait ses journées à écrire poèmes, chansons et il essayait désespérément d’apprendre à jouer la vielle que son frère maîtrisait parfaitement. Finalement, Klaus, Hongrois pour sa part avait 20 ans était blond aux yeux bleus avait des cheveux courts et était le messager du Châtelain, Henry. Il parcourait monts et vaux pour remettre à temps les missives importantes, confidentielle, joyeuses ou mauvaises nouvelles. === La vie se déroulait doucement et l’été qui se faisait tarder énervait les gens car les artichauts n’allaient pouvoir pousser tranquilles. Quand papa m’apprit la nouvelle je pensait d’abord que c’était une farce de mauvais goût mais ses traits ne mentaient pas, tout les hommes du château, Klaus, Franz, Arthur et Erwan même le châtelain allait devoir y aller, il n’en reviendrait qu’une partie et encore! Amochée, blessée mentalement et physiquement. === « Papa c’est pas normal, pourquoi ? Pourquoi toi ? » « Le roi de France veux que tout les hommes aident la France et tu ne peux pas partir avec nous tu iras dans un monastère Portugais où Erwan te suivra ainsi que son frère jumeau, vous partirez demain matin à la première heure avec Grécie et Mair » m’annonça t-il « Je pourquoi eux ? Je peux très bien défendre Maman et Grécie seule ! » m’insurgeais-je « Du haut de tes 16 ans…non c’est vrai de tes 17 demain…tu te prend pour qui à discuter mes ordres tu iras un point c’est tout! Je suis ton père je ne veux pas que ma fille se fasse tuer si quoi que ce soit arrive, Madalen…j’envoie Erwan et son frère non seulement vous protéger mais aussi les protéger eux ils n’ont pas la carrure de guerriers, pas plus que toi je ne veux qu’ils meurent… » Il n’avait jamais monté le ton avec moi même quand je faisait ma tête de mule ce qui arrivait assez régulièrement mais la situation devait être tendue pour qu’il réagisse ainsi. « D’accord, je vais préparer mes affaires… » dis-je le menton haut des larmes plein les yeux. En marchant vers la maison je me rendit compte que Franz m’épiait derrière un tas de bois. Je croisais son regard triste qui me bouleversa au plus haut point. === « Maman! C’est ma vie, ma région je la connais mieux que tout le monde ici! » je jetais mes chemises et jupons en désordre dans un sac de voyage les froissant sans ménagement, une fois fait mon sac alla rejoindre le tas de bagages que nous préparions; je roulait serré une jupe de rechange et une cape de voyage au capuchon profond pour les jours de pluie. « Nous partirons dans quelques heures à cheval » avait dit Maman. Dix minutes plus tard mes bagages prêts étaient sur le dos de Sterenn mon cheval et je partais en courant revoir un dernière fois les lieux où j’avais grandi. ============================================================== Bon voila c'est un premier chapitre j'espère qu'il vous aura plus et soyez indulgent(e)s, c'est ma première fic Lady Rose |