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Note: tout m'appartient dans cette histoire... (Ceci n'est pas un yaoi, il n'y aura pas de lemon.) Et je ne sais pas vraiment quoi ajouter sur ce texte... Bonne lecture =) oOoOoOoOoOoOoOo
Il paraît que toute chose a une fin.
Même le monde ?
Je crois que oui...
Dehors, le ciel est couvert de nuages. Il neige...
Mais pas de ces jolies flocons blancs et cotonneux qu'on voit dans les vieux films du début du millénaire.
Non, ce sont des petites taches grises ressortant sur le fond noir de la ville.
Tout est tellement sombre et triste, tout le monde semble si malheureux, désespéré.
Y a-t-il seulement un espoir de sauver l'humanité?
« Oui, » répondent les scientifiques avec assurance. Il y a un moyen de sauver la race humaine.... Mais pas tous les Hommes.
Et bien sûr, je fais partie de ceux qui ne seront pas sauvés. Et en bonne prolétaire que je suis, je ne me défendrai pas, j'accepterai mon sort en baissant la tête, baisant les pieds de ceux qui 'nous' sauveront.
Hypocrisie.
Je hais le monde, il peut bien finir sous les cendres ! Les cendres...
Ash.
Je ferme les yeux et pose mon front contre la vitre gelée. Il fait trop froid depuis trop longtemps. Sur la terre, mais aussi dans mon cœur, dans mon corps. Tu ne seras plus jamais là pour me réchauffer.
Où bien est-ce moi qui ne serai plus là pour toi ?
Oui, c'est ça, je m'en irai, je disparaîtrai sous les cendres. Je ne peux rien faire d'autre. Alors que toi, tu es sur le point de partir, vers les étoiles et l'avenir, moi je reste là, embourbée dans le présent qui deviendra bientôt passé. J'ai peur...
Ash.
J'ai peur, mais pas de mourir. Non, j'ai peur de te perdre. Je sais que la dernière chose que je verrai ne sera pas ton visage, que la dernière chose que je sentirai ne sera pas ton étreinte réconfortante. Il n'y a pas d'avenir pour moi, à peine une place dans ton cœur et tes souvenirs.
Ash.
Ton nom est-il un signe du destin? Peut-être notre amour était-il destiné à finir en cendres, brûlé par l'injustice de la vie, par l'injustice des hommes.
Ash, s'il te plaît, dis-moi que tu m'aimes, une dernière fois. Bientôt, tout sera fini.
« Je t'aime, Hope, » me dis-tu en m'enlaçant de tes bras rassurants.
Je n'y peux rien, je me laisse aller dans ton étreinte, je me laisse aller à espérer, une dernière fois, que tu pourras m'emmener avec toi, avec la dernière navette, le dernier espoir. Les autres êtres humains ont l'air d'avoir perdu tout instinct de survie...
« Ash, » dis-je dans un souffle, sentant déjà les larmes poindre au coin de mes yeux. C'est si douloureux.
Douloureux de savoir que bientôt tu ne seras plus là. Qu'il n'y aura plus de 'nous'.
Et dehors, le monde n'est que Chaos. La Terre meurt. Elle a assez donné. Elle crache le venin de l'homme dans de grandes gerbes de lave rougeoyante, brûlant tout sur son passage. Elle hurle sa rage pour cet être abjecte qui l'a usée jusqu'à la corde, qui l'a maltraitée pour un bonheur bassement matériel, pour une satisfaction de besoins immédiats, pour la pérennité d'une race immonde qui se croit supérieure à toute autre, pour cet être qui dit avoir une conscience sans jamais faire preuve de clairvoyance. Elle crie parce qu'elle a mal comme je souffre. Parce qu'elle a osé espérer un avenir meilleur...
Il ne reste que trois semaines avant que la Terre tout entière ne soit recouverte de son sang...
Mais je mourrai avant.
De toute façon, c'est comme si j'étais déjà morte...
Ville de Destiny, Europe de l'Est, année 60 du Nouveau Calendrier, 26 Mérimée
« Les vagues d'émigration incontrôlables et inexplicables ont définitivement cessé aujourd'hui. La population semble accepter définitivement son sort. Les dernières usines fermeront leurs portes demain et durant les trois semaines à suivre, les villes d'Europe se feront engloutir une à une par la lave, comme le montre le schéma suivant. La dernière navette pour la station spatiale de Orion III partira dans une semaine exactement de la zone de lancement 42, à proximité de la ville de Destiny. Le site sera bien sûr interdit au public. Les forces de l'ordre seront présentes pour éviter tout sabotage. Il est évident que les deux semaines à suivre seront consacrées à de grandes fêtes sur tout le globe... »
Ash se saisit de la télécommande et appuya d'un geste rageur sur le bouton rouge.
« Arrête de regarder ces idioties, » marmonna-t-il à l'adresse de Hope qui était affalée dans le canapé.
Elle avait lâché ses longs cheveux blonds qui cascadaient librement sur ses épaules et fixait l'énorme écran de télévision d'un œil morne. Un frisson la parcourut qui la fit se mettre en boule dans un geste vain pour se protéger du froid qui l'envahissait de l'intérieur.
« Il n'y a rien d'autre à faire, de toute façon, » répondit-elle d'une voix blanche en relevant les yeux vers Ash qui venait de s'asseoir à côté d'elle.
Il passa une main tendre sur sa joue, la dévisageant de son regard violet si transperçant. Elle frissonna une nouvelle fois et vint se blottir dans ses bras. Elle pleurait trop souvent depuis bien trop longtemps et se sentait complètement épuisée, vidée de toute énergie. Seule l'étreinte de Ash pouvait lui redonner un peu de vigueur et de courage. Mais plus le temps passait, plus elle se rendait compte que le temps des adieux approchait.
Il entoura doucement ses épaules de ses bras et poussa un léger soupir, plongeant son nez dans la masse soyeuse de ses cheveux blonds. Il s'était promis de ne rien oublier d'elle, ni l'odeur de ses cheveux, ni ses petites manières amusantes, ni son sourire triste, ni ses larmes abondantes.
L'amour était douloureux quand on arrivait à la fin du monde...
« Je t'aime, » lui murmura-t-il une nouvelle fois, comme ce matin-là quand le regard de la jeune femme s'était perdu dans la tristesse du monde à leurs pieds.
Ses yeux bleus, si purs auparavant lorsqu'ils s'étaient rencontrés, étaient devenus ternes, sans vie, désespérés. Il n'y avait plus matière à espérer, de toute manière. Elle était secrétaire là où il travaillait. Elle « n'apportait rien à la société », selon ses dirigeants, alors elle resterait derrière. On ne pouvait pas sauver tout le monde et la sélection avait été plus qu'injuste. Ils avaient gardé les enfants de riches, beaux et intelligents, ainsi que certains de leurs parents, pas trop vieux. Ils avaient emmené les militaires, les politiciens, scientifiques, philosophes, enseignants, et laissé derrière ceux qu'ils jugeaient inutiles.
Comme Hope.
La vie n'était que rarement injuste. L'homme l'était à chaque instant de sa vie.
Ils n'avaient pas eu assez de souvenirs, pas assez de temps pour être heureux...
Les épaules de Hope furent à nouveau secouées d'un léger sanglot, qu'elle ravala bien vite. Le temps de pleurer était passé. N'avait-elle pas accepté son sort, après tout ?
« Je t'aimerai toujours, » dit-elle avant de relever la tête vers Ash, dont les cheveux argentés brillaient d'un étrange éclat à la lueur du soleil se couchant déjà à l'horizon. Ils semblaient incandescents...
Tendrement, elle captura ses lèvres dans une étreinte amoureuse, faisant fi de la douleur qui emprisonnait son cœur broyé. L'homme qu'elle aimait, le seul homme qu'elle ait jamais aimé, allait être sauvé... Et plus important que sa propre survie, elle voulait son bonheur...
oOoOoOoOoOoOoOoOo Verdict ? |