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L’Atlantide Chapitre 1 Note de l’auteur : Tout d’abords, cette fic ne tient pas compte du tome 6. Voilà une idée de fic qui me trotte dans la tête depuis très longtemps. Mais j’ai attendu d’avoir avancé plus dans mes autres histoires pour commencer celle-ci. J’ai plusieurs autres idées en cours, mais je ne vais pas les poster tout de suite, j’attends d’avoir écrit plusieurs chapitres d’avance, mais surtout, que l’idée en elle-même soit bien aboutie. Celle-la l’est, du moins je l’espère, mais je me suis donné du mal pour essayer de m’affranchir de tous les stéréotypes que l’on retrouve fréquemment dans les fics. Pas forcément désagréables, mais j’ai quand même voulu faire dans l’original… Ça donne un boulot monstre !
Il y a beaucoup de symbolique, jusque dans les nombre, parfois même les noms. Il y a aussi des références à certaines mythologies… Ça sera un peu comme une chasse au trésor, mdr. Je trouvais ça amusant et c’est ce que JKR a elle-même fait dans l’histoire originale (bien que humblement, je ne sois qu’une vulgaire crevette à côté d’elle…). Ce n’est pas non plus sibyllin, je n’ai pas ce talent là, ptdr.
Et si ça vous intéresse vraiment, je pourrais peut être faire quelque bonus en fin de chapitres avec quelques explications données au compte-goutte pour préserver le suspens de l’histoire… Le slash devait être initialement un Rogue/Harry… Mais même si j’aime ce couple, je ne me sens pas encore prête à écrire sur eux… On verra plus tard… Je vous laisse et bonne lecture… Grosses kissouilles Procne . Il faisait chaud, l’air était assez lourd et l’on pouvait entendre au loin le bruit discret et régulier du chant des sauterelles. Telle une berceuse, le bruit caressait les oreilles de Harry en même temps que la brise tiède de l’été. Le jour tombait et le ciel était rayé de rose et d’orange. Il ferait beau le lendemain. Le jeune homme brun, accoudé à sa fenêtre, inspira profondément pour sentir les odeurs nocturnes qui flottaient dans l’air, comme si ces respirations étaient ses dernières. C’était peut-être un peu ça. A près tout, il allait avoir dix-sept ans. Dans à peine deux heures, il serait majeur pour le monde des sorciers, pour Voldemort. Il secoua la tête, se refusant de penser à des choses si déplaisantes alors que la soirée était l’une des rares agréables à Privet Drive, ce n’était pas la peine de la gâcher. Il observa le Soleil déclinant, teintant à présent le ciel de mauve et de bleu. Il était 22h30. La nuit tomba alors complètement, enveloppant la ville d’un drap couleur d’encre, taché ici ou là de rosâtre, dû à la lumière hésitante des réverbères. Au loin, une chouette hulula, ce n’était pas la sienne, ce n’était celle de personne, juste un volatile de la nuit, qui prenait son envol et partait à la chasse, accompagnée de quelques chauves-souris virevoltantes. Soudain, le bruit d’une pendule qui sonnait s’échappa dans l’air, suivi d’une autre, puis d’une autre… s’enfuyant par les fenêtres ouvertes des maisons endormies. Il était minuit. Harry était adulte, il l’était depuis longtemps, mais là, c’était officiel. Il était majeur, il était un homme. Un sourire sardonique s’étala sur son visage en sachant qu’il pouvait à présent utiliser la magie comme il le voulait. Mais il n’était pas méchant, il ne ferait pas n’importe quoi, juste une petit blague ou deux, histoire de remettre à leur place ces moldus qui l’avaient méprisé et haï, qu’Il avait haï et méprisé. Ce serait son petit plaisir d’anniversaire… Il se mit à y réfléchir quand, quelques minutes plus tard, un bruissement d’ailes se fit entendre. Il leva la tête et aperçut, comme il s’y attendait, plusieurs hiboux : celui de Ron, celui de la poste magique, Hermione donc, et à son grand étonnement, deux messagers de Poudlard, sûrement de Hagrid… et de Dumbledore. Il ouvrit d’abord le paquet du garde chasse : une dague, marquée du sceau des géants. Harry fit la grimace, quels dangers, quels actes illégaux avaient bien pu faire ou courir Hagrid ?... Le jeune homme soupira, la dague était bien jolie, elle lui servirait sûrement lors de ses combats au corps à corps contre Voldemort et de ses mangemorts. Ce fut ensuite au tour du paquet d’Hermione : un livre sur tous les maléfices les plus connus et plus utiles, recensés dans le monde sorcier, légaux bien sûr, classés par difficulté. Il trouva également un autre livre, il fit d’ailleurs des yeux ronds en voyant ce que c’était. Il était semblable à l’autre, portait le même titre, avec seulement une petite différence de taille : c’était de la magie noire… Il sourit. Hermione avait de très bonnes idées. Il se dit que pour une fois, apprendre quelques petits trucs serait une bonne perspective pour pouvoir songer à s’en sortir lors de son prochain combat mortel… Le paquet de Ron le surprit tout autant : encore un livre … qui était vraiment très intéressant, avec pour auteurs, Fred et George Weasley. L’anthologie des farces et attrapes pour sorciers facétieux, tome 1. Quelle bonne idée ! Il trouva également quelques ingrédients pour faire les blagues… Il lut ensuite les lettres. Harry, Je te souhaite un très bon anniversaire ! Tu es majeur maintenant, profites-en bien avant de repartir… Voici une dague venue d’Irlande, une des dernières terres des Géants non convertis à la magie noire, et encore assez pacifiques. Elle a des propriétés intéressantes, mais qui sont différentes selon la magie du sorcier qui s’en sert. A toi de les découvrir. Fais-en bon usage. Amicalement, Hagrid Cher Harry, C’est un grand moment ! Joyeux anniversaire !... Notre dernière année à Poudlard… Je voulais marquer le coup, alors je t’ai envoyé deux ouvrages que j’ai feuilleté avec attention et qui te seront précieux. Ne me demande pas comment je me suis procuré le deuxième, juste une petite histoire qui m’a été profitable… Encore joyeux anniversaire. A très bientôt. Affectueusement, Hermione Salut Harry ! Dix-sept ans, la classe ! Tu vas me faire le plaisir de leur montrer à tes moldus… hein ?... Tu devrais trouver de bonnes idées pour ça dans le livre de Fred et George, les produits sont de leur part. Je devrais te voir bientôt, maman a décidé de fêter l’évènement… Papa va venir te chercher avec Bill, ils vont te faire transplaner avec tes affaires, tiens toi prêt. Joyeux anniversaire ! Et à très bientôt ! Ron Harry rit en lisant les cartes. Puis son attention fut détournée par le hibou restant sur son lit. Il défit le paquet avec précaution et fut surpris : c’était un écrin. Mais qu’était-ce encore ? Il l’ouvrit et observa, hébété, le cadeau, il en était certain à présent, de Dumbledore. C’était un étrange collier, fait d’une matière qu’il ignorait, comme de l’argent aux reflets cuivrés. Le bijou avait été fait à la main, mais il était d’une grande finesse, avec des gravures minutieuses et délicates dont la signification restait inconnue à Harry. Une pierre bleu azur ornait le tout, légèrement opaque, striée de blanc et de bleu outremer. Elle était gravée d’une espèce de P en écriture raide qui ressemblait presque à un drapeau triangulaire. Le jeune homme passa ses doigts sur la pierre et une sorte de chaleur en sortit. Il resta là, fasciné, incapable de décoller son regard ou de rompre tout contact avec le bijou. Il se sentait bien, détendu, serein. Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas été ainsi. Il ferma ses paupières, son corps se raidit et il s’écroula sur son lit, évanoui, ou endormi, le bijou toujours à la main. Les traits du P se mirent à étinceler progressivement, puis ce fut au tour des écritures de briller, et enfin à la pierre. Le bijou sembla se fondre dans la peau de Harry, comme si la lumière entrait en lui. Très rapidement, alors que l'éclat du collier déclinait, toutes les veines de Harry se teintèrent d’un bleu doré, chacune à leur tour. Puis tout redevint normal, le jeune homme n’ayant rien vu, profondément assoupi. Il se réveilla brusquement le lendemain, se redressant brutalement sur son lit, l’esprit hanté par des flashs furtifs qui s'envolaient, alors qu’il essayait vainement de les retenir. Il soupira tout en observant le soleil répandre ses rayons chauds et doux dans la chambre. Il se recouchait quand il prit conscience d’une carte sur son lit. Il la lut, c’était une écriture fine et arrondie, il ne s’y était pas trompé : c’était bien Dumbledore. Harry, Je te souhaite un très joyeux anniversaire, en espérant que ces dix-sept ans t’annoncent un peu plus de bonheur que tu n’en as eu jusqu’à maintenant. Malgré tout ce qui t’attend, ce n’est pas le plus important en cet instant. Profite bien de tes cadeaux, tu mérites un peu de repos avant que l’année ne recommence. Le bijou que je t’ai envoyé est un héritage que ta mère m’a confié juste avant de mourir, car elle soupçonnait que sa fin était proche. Ce collier est extrêmement précieux et rare, prends-en grand soin, ne le montre qu’à des personnes de confiance, le moins possible. Tu découvriras peut être un jour son origine… Encore joyeux anniversaire. Respectueusement, Albus Percival Dumbledore Harry relit la lettre d’un œil dubitatif. Qu’est-ce que tout ça voulait bien dire encore ?... Pourquoi est-ce que tout devait absolument être abscons, mystérieux… C’était pourtant clair que les énigmes n’étaient pas pour lui ! Il avait pourtant prouvé assez souvent que réfléchir n’était pas vraiment sa tasse de thé… Bah… il y avait toujours la solution Hermione. Il s’en sortirait très bien ainsi, comme à son habitude. Un petit tour à la bibliothèque et puis voilà. Le jeune homme sourit, satisfait, même s’il savait que son raisonnement était celui d’un vrai paresseux. Puis, il réfléchit aux paroles de Dumbledore, ce bijou était précieux et il devait le garder en permanence sur lui. Quel rôle pouvait-il donc avoir ? Il l’observa, tentant vainement de comprendre quelque chose et décida de le mettre, c’était le meilleur moyen de voir les répercutions que pourrait avoir ce collier plus tard. Au grand étonnement de Harry, le contact avec l'objet était chaud et agréable, alors que c’était un métal. Il alla ensuite se regarder dans un miroir. Cela lui allait bien, même si c’était un peu féminin. Il pourrait toujours le cacher sous ses larges T-shirts, les gens n’y verraient que du feu. Il descendit ensuite dans la cuisine prendre son petit déjeuner, avec la grande joie, en prime, de voir sa chère famille. Il ne trouva que Dudley, en train de s’empiffrer avec une quelconque pâtisserie. Il était toujours aussi énorme, mais était néanmoins vraiment très grand, ce qui lui donnait une carrure qui n’avait rien à envier à celle de Goyle ou de Crabbe. Harry se dirigeait vers le frigo, quand son cousin lui demanda d’un ton plutôt méprisant et agressif : ‘‘Rend-toi utile, passe-moi le reste des gâteaux.’’ Le brun fit un rictus et répliqua froidement : ‘‘Je ne suis pas ta bonne, débrouille-toi. Qui plus est, je les voulais.’’ Il prit la nourriture, la mangea sous l’œil ahuri de Dudley, puis sortit de la pièce, suivi par le regard malveillant de l’autre. Il fit sa toilette, rangea sa chambre et s’apprêtait à sortir faire un tour quand Dudley lui barra le passage, une lueur malsaine dans les yeux. ‘‘Pousse-toi.’’ ordonna simplement Harry. ‘‘Tu as tort de me parler comme ça.’’ répliqua Dudley. ‘‘Ah oui, et pourquoi ça ? Par respect pour les porcs ?...’’ Le brun leva un sourcil moqueur. Son cousin se mit à rougir et décocha son poing, qui s’arrêta à deux centimètres du visage du brun. Il fit les yeux ronds et força un peu plus, pour que sa main atteigne sa cible, en vain. Une légère peur s’insinua sur son visage, alors que Harry souriait tranquillement. Ses yeux verts se posèrent sur le poing, qui se mit à craquer. Dudley gémit et recula sa main. ‘‘Qu’est-ce que tu as fait ?...’’ dit-il pitoyablement. ‘‘Rien que tu ne méritais pas.’’ répondit simplement Harry en lui tournant le dos. ‘‘Et puis, ce n’était que pour te faire peur, je ne t’ai pas blessé, je ne suis pas cruel, moi.’’ Il se détourna et s’apprêtait à passer par un autre chemin, quand il sentit quelque chose frôler son dos. Il se retourna rapidement et vit Dudley, un air rassuré et satisfait sur le visage, tenant quelque chose à la main. Harry serra les dents et grogna, menaçant : ‘‘Rends-moi ça…’’ Dudley ricana faiblement, tenant la baguette du brun comme s’il s’agissait de la plus dangereuse des armes. ‘‘Tu fais moins le malin sans ton truc, hein ?...’’ Les yeux d’Harry s’obscurcirent. Soudain, la porte d’entrée s’ouvrit sur Vernon et Pétunia, revenant de courses. Les deux moldus se figèrent en voyant la scène. ‘‘Dudley ? Tu n’as rien ?...’’ s’écria la femme d’une voix aiguë, n’osant néanmoins pas s’approcher d’eux. ‘‘Lâche ça…’’ exhorta son père d’une voix qui trahissait son angoisse. ‘‘Que s’est-il passé ? Qu’est-ce qu’il t'a fait ? Tout va bien ?...’’ ‘‘Oui, tout va bien maman, je viens de lui piquer son truc, il m’a… fait mal… injustement, je ne lui avais rien fait, il ressemblait à un fou…’’ Il montra son poing, légèrement violacé. Les yeux de Vernon s’assombrirent et son visage prit une teinte violette. ‘‘C’est bien fils, je suis fier de toi…’’ Puis, il se tourna vers Harry, qui suivait la scène avec écœurement. ‘‘Tu as osé fait du mal à Dudley?... Alors que nous t’accueillons chez nous généreusement depuis dix-sept longues années… Tu vas payer mon garçon.’’ Harry soupira et murmura un ‘accio’ silencieux. Sa baguette s’envola des mains de Dudley qui sursauta, pour venir se nicher dans celles de son propriétaire. ‘‘Comment t’as fait ça ?... Tu ne peux pas faire tes trucs sans elle… tu… tu n’as pas le droit d’en faire de toute façon …’’ bredouilla Dudley qui paniquait sérieusement. Le jeune homme brun eut un léger sourire, il agita sa baguette, ce qui fit frémir les Dursley, quelques étincelles en sortirent. ‘‘J’ai un niveau un peu plus avancé, je sais faire des sorts de base sans baguette… pour la récupérer, par exemple.’’ Les visages des moldus se contractèrent à ses mots. ‘‘Quant à mon droit… J’ai eu dix-sept ans, je suis majeur pour le monde sorcier, je fais donc de la magie comme je l’entends.’’ Il savoura avec délectation l’effet de ses paroles sur les moldus, devenus d’une pâleur mortelle. Allez, un peu de dramatisation ne ferait pas de mal, il pouvait bien les effrayer un peu, puisque, de toute façon, sa morale Gryffondorienne l'empêcherait de faire des blagues vraiment sérieuses. ‘‘Vous allez donc comprendre ce qu’est l’abus de pouvoir… Votre soi-disant générosité, vous pouvez vous la foutre où je pense… Vous oubliez les injustices que vous m’avez fait subir, toutes les fois où je vous ai servi de bonne à tout faire … Je ne parle même pas de l’affection et du respect… Cela fait des années que j’attends ce moment, ma vengeance… Vous avez de la chance, je n’aime pas faire de mal, vous n’aurez donc que de l’humiliation plus que de la douleur…’’ Ses yeux s’assombrirent un peu plus. Les moldus frissonnèrent, terrifiés, s’agglutinant entre eux, figés par la peur. Harry tendit sa baguette et l’agita. Les cheveux des Dursley disparurent, leur peau se couvrit ensuite de plaques et de verrues fort peu reluisantes. Il fit aussi disparaître la moustache de Vernon qui lui donnait tant de fierté. Pour finir, il fit maigrir Dudley d’un coup, au point qu’il en paraissait ridicule. Il ressemblait à un anorexique, sans muscles, sans graisse, juste la peau sur les os et le vide total dans la tête. Puis il remit sa baguette dans sa poche. Le jeune sorcier savait qu’il n’y était pas allé de main morte et que ce n’était pas très fin tout cela. Mais après tout, ils l’avaient mérité et ce n’était que temporaire, cela durerait peut-être quelque temps mais ça disparaîtrait tout seul, sauf pour le poids de Dudley, mais cela ne lui ferait pas de mal de ressembler à autre chose qu’à un pachyderme. Il les laissa ensuite plantés dans le couloir, oublia son idée de promenade et retourna dans sa chambre, attendant l’arrivée des Weasley. Il espérait les voir très bientôt. La semaine se passa donc relativement agréablement, autant que cela pouvait l’être à Privet Drive. Cependant, quelques changements étaient visibles, cela étant peut-être dû au ‘‘petit’’ incident arrivé quelques jours plus tôt… Les Dursley avaient fait venir plusieurs médecins, allant parfois jusqu’à payer très cher les honoraire du consultant, mais rien n’y fit, leur état physique ne pouvait être amélioré que par le temps. Dudley n’osait plus sortir, craignant les représailles de tous ses mauvais tours, qu’il ne pourrait contrer à présent avec sa musculature de vermisseau. Harry regrettait presque de ne pouvoir assister à la rentrée de son cousin, il se serait certainement beaucoup amusé. Le système pileux faisait de son côté du bon travail, si bien que la moustache et les cheveux des Dursley auraient repris une taille un peu moins ridicule avant la fin de l’été, c’était bien dommage, mais il ne fallait pas abuser des bonnes choses. Les Weasley arrivèrent dans le courant de la semaine, encore plus couverts de tâches de rousseur qu’à l’accoutumée, le Soleil ayant fait son œuvre. Harry sourit avec chaleur, ils étaient charmants ainsi. Il fut accueilli avec son habituelle bienveillance par Molly, qui, selon l'usage, critiqua encore sa maigreur, qui s’était tout de même fait moins apparente au fil des années. Les jumeaux, Ginny et Ron avaient beaucoup ri à l’énoncé de la punition des Dursley. Hermione, qui était arrivée peu après Harry, avait fait un petit sermon sur l’usage abusif de la magie. Mais le brun en était certain, l’histoire l’avait amusée elle aussi. Les vacances se passèrent joyeusement, trop vite pour certains, la rentrée approchant à grands pas, et le rendez-vous sur le Chemin de Traverse aussi. Harry n’avait rien dit à propos du collier, il préférait ne mettre qu’Hermione au courant, et seulement à Poudlard pour les recherches à la bibliothèque. Les achats se firent sans trop d’anicroches, entre quelques chamailleries, blagues et remontrances diverses. Cependant, alors qu’il faisait une course personnelle, Harry avait rencontré Malefoy. Celui-ci ne paraissait pas très en forme : il était plus pale qu’à l’accoutumée, des cernes creusaient ses yeux, il avait maigri, semblait épuisé, presque malade. Quand les deux jeunes hommes s’étaient vus, il n’y avait pas eu les insultes habituelles échangées, à peine un regard, ce fut cela qui interpella le brun. Encore plus, son cou le brûla légèrement, il passa sa main dessus et ses doigts rencontrèrent le collier. Il le regarda et vit qu’il brillait d’une douce lueur bleutée. Il ne put le détailler plus, obligé de le dissimuler sous ses vêtements pour ne pas attirer l’attention sur lui. Ce qui n’était déjà pas une mince affaire de par sa cicatrice… Il garda cet événement pour lui. Les vacances se terminèrent enfin et la rentrée eut lieu. C’était étrange de se sentir adulte, de se dire que c’était la dernière année à Poudlard. Harry avait à peine songé à ce qu’il ferait après son diplôme, se bloquant sur la bataille finale qui, inévitablement, se déroulerait à la fin de cette année. Voldemort profiterait de cette dernière chance, quand Harry était encore à Poudlard, pour le coincer. Quand il rentra au château, il fut amusé par la crainte respectueuse que leur manifestaient les premières années, il se rappela quand il avait leur âge. Il eut un petit serrement au cœur, il ne voulait pas vraiment quitter cette école, cela avait été sa seule maison (sans compter les Weasley, mais c’était différent). Le Choixpeau chanta son habituelle chanson, une litanie qui depuis trois ans se faisait de plus en plus menaçante. L’harmonie inter maisons et inter élèves était loin de s’être faite, ce n’était même pas l’esquisse d’un projet futur. Ce qui retint pourtant l’attention de Harry, ce furent les derniers vers, sibyllins pour tous les autres, car il en était certain, ces vers lui étaient destinés, à lui personnellement. Je ne suis point un voyant, Mais je puis dire sans aucune hésitation, Qu’il faut chercher derrière l’illusion, Ce qui nous permettra de vaincre notre ennemi toujours plus menaçant. Cherchez près de vous ce qui vous aidera à vous battre. Vos alliés les plus précieux seront peut-être les plus inconvenants, Grâce à eux laissez votre puissance croître, Vous devez voir au-delà de l’apparent… ‘‘Harry !’’ Le jeune homme sursauta et regarda d’un air surpris Hermione qui l’interpellait d’une voix inquiète. ‘‘Quoi’’ ? Grogna t-il. ‘‘Tu paraissais loin de nous…’’ Harry fit un rictus. ‘‘J’écoutais le Choixpeau.’’ Hermione leva un sourcil perplexe. ‘‘Cela fait quelques minutes qu’il a terminé…’’ Le brun fronça ses sourcils. ‘‘Mais… Je l’entendais, je t’assure…’’. Il réfléchit. ‘‘Par quoi a-t-il terminé ?’’ ‘‘L’union inter maisons… Comme d’habitude.’’ Harry secoua la tête. Il vérifia que son amie était la seule à l’écouter. Par chance ses camarades étaient occupés à répondre à l’appel de leur estomac. ‘‘Tu n’as pas entendu qu’il parlait de… d’illusion, de manière de combat… Comment t’expliquer… Il a dit qu’il fallait chercher au-delà des apparences…’’ Ce fut au tour d’Hermione de froncer les sourcils. ‘‘Non, non… Tu rêvais Harry.’’ ‘‘Non ! Je suis certain de ce que j’avance ! J’entends encore sa voix dans ma tête… Non, attends…’’ Il se figea. Il savait bien que ce message lui était destiné, à lui seul. ‘‘Et si… Il ne me l’avait dit qu’à moi ? Si j’avais été le seul à l’entendre ? Comme pour me prévenir pour la bataille finale…’’ Son amie écarquilla les yeux. ‘‘Ce pourrait être possible…’’ Inconsciemment, Harry se tourna d’un coup vers Malefoy. Celui-ci paraissait perturbé, mal à l’aise. Le Gryffondor avait un étrange pressentiment. ‘‘Malefoy aussi est bizarre…’’ Hermione se pencha pour vérifier ces dires. ‘‘Tu crois que lui aussi ?...’’ Harry haussa les épaules. ‘‘Va savoir… Ça m’étonnerait quand même, il n’est pas vraiment concerné par le combat contre Voldemort.’’ Vos alliés les plus précieux seront peut-être les plus inconvenants… Le brun sursauta, sous l’œil ahuri d’Hermione. ‘‘Harry ? Que ce passe t-il ?...’’ Le jeune homme posa sa main sur ses tempes. ‘‘La voix, elle résonne encore dans ma tête…’’ Cherchez près de vous ce qui vous aidera à vous battre… Il posa sa deuxième main sur ses tempes. Il faut chercher derrière l’illusion… ‘‘Vous devez voir au-delà de l’apparent…’’ finit-il d’une voix mal assurée. Il grimaça, la voix se transformait, ce n’était plus celle du Choixpeau, elle lui disait quelque chose, il savait qu’il l’avait déjà entendue, mais impossible de savoir où et surtout à qui elle appartenait. ‘‘Harry, que dis-tu ?...’’ Le jeune homme enleva ses mains de sa tête. ‘‘C’est ce que j’ai entendu et que j’entends encore… Je suis sûr que je ne l’invente pas, souviens toi de notre deuxième année, avec le basilic. Vous n’entendiez rien et pourtant, c’était bien réel…’’ Hermione hocha la tête. ‘‘Heu oui… C’est étrange tout ça, parles-en à Dumbledore… Il sait toujours quoi faire.’’ ‘‘Non, pas dès le début d’année. Je vais attendre encore un peu.’’ ‘‘Très bien. Détends-toi alors, dépêche-toi aussi, si tu veux qu’il reste quelque chose pour te nourrir.’’ Elle jeta un regard désapprobateur aux garçons de septième année qui mangeaient à s’en étouffer. Les premières années les regardaient avec de grands yeux, presque effrayés. Il y avait de quoi avoir peur devant l’appétit hors normes de Ron. ‘‘Bande de goinfres ! N’avez-vous donc pas mangé pendant vos vacances ? Voyez un peu l’exemple que vous donnez !...’’ Les plus jeunes détournèrent leur regard et toussotèrent, gênés. Harry mangea un peu, son esprit légèrement ailleurs… puis, il se fit ramener à la réalité par Malefoy qui sortait de la Grande Salle, seul et bien avant la fin du banquet. Harry s’éclipsa discrètement, Hermione prise dans ses réprimandes et les autres dans leur repas ne le virent pas s’en aller. Il suivit le blond dans les couloirs sombres du collège. Il avançait vite. Harry lui trouvait une démarche maladroite, il se tenait aux murs, boitillait légèrement et toussait. Il arriva devant l’infirmerie. Malefoy entra, laissant la porte ouverte derrière lui, comme s’il était pressé. Ce devait probablement être le cas. Il se précipita sur Mme Pomfresh, qui l’ausculta, une mine inquiète inscrite sur le visage. ‘‘Votre état ne s’arrange pas. Votre température remonte. Je pense que le mieux serait que vous renonciez à toutes les sorties scolaires, pour votre santé et pour votre sécurité.’’ Malefoy resta silencieux, il prit un flacon que lui tendait l’infirmière et l’avala goulument. Le médicament devait apaiser la douleur qu’il avait dans son corps. Soudain, il lâcha brusquement la fiole qui se brisa au sol. Mme Pomfresh le rattrapa avant qu’il n’aille rejoindre le verre. ‘‘Dormez ici ce soir.’’ Tout en reprenant ses esprits, le blond tenta de se détacher de la poigne de la femme. ‘‘Allons, soyez raisonnable. Vos camarades, même s’ils ne remarquent pas votre absence, s’apercevront en tous cas que vous êtes malade. S’il vous arrive quelque chose là-bas, qui vous soignera ?...’’ Il s’écarta de l’infirmière et sortit, toujours silencieux, comme si sa voix avait disparu. Depuis combien de temps ne parlait-il plus ? ‘‘Très bien, mais faites attention à vous ! Et revenez dès que possible !...’’ lui ordonna l’infirmière en ultime recommandation. Harry fronça les sourcils et attendit un peu avant de repartir. Qu’avait donc Malefoy ? Il devrait le surveiller, il avait besoin d’aide apparemment. Il avait l’air très malade, ce n’était guère rassurant, surtout qu’il ignorait la cause de cet état. Il paraissait si fatigué, presque résigné et abattu, et c’était cela le plus effrayant. Il n’était plus lui-même. Le Gryffondor s'éloigna doucement de l’infirmerie et retourna à son dortoir, ruminant ses pensées. Les autres étaient déjà rentrés, à la fois assoupis par la lourde digestion qui débutait dans leurs estomacs repus et aussi excités par la rentrée du lendemain. Harry avait espéré qu’avec la cohue que faisaient ses camarades, son entrée tardive passerait inaperçue. Malheureusement, il n’en fut rien. Dès qu’il se fut assis sous son baldaquin, sur les couvertures où ses affaires trônaient en une masse informe, Ron, Dean, Seamus et Neville se précipitèrent sur lui pour lui poser des questions. ‘‘Alors ‘Ry, on découche ?…’’ Le brun leva les yeux au ciel. ‘‘Arrête de m’appeler Ry, et ça te va bien ce genre de leçon de morale…’’ Dean le coupa instantanément. ‘‘Vous avez entendu, ‘Ry a découché !…’’ Il y eut des rires et des exclamations ravies. Harry se prit la tête dans ses mains. ‘‘Bon sang de bon sang, mais vous avez quel âge ?…’’ Seamus entoura le cou du brun avec son bras en une pseudo étreinte virile et lui demanda : ‘‘Allez, avoue tout, comment as-tu pris ton dessert ?…’’ Il lui fit un clin d’œil complice et lascif. Harry se dégagea. ‘‘Je n’ai rien fais de ce que tu penses.’’ Son ami prit une mine déçue. ‘‘Vous avez donc remarqué mon absence ?…’’ Tous s’assirent autour de lui sur son lit, la pile de linge tomba sur le sol. ‘‘Mes affaires…’’ gémit Harry. ‘‘J’ai mis deux jours à tout repasser…’’ Les garçons rirent tous en chœur. ‘‘Mais c’est qu’il est bon à marier, une vraie petite bonne femme…’’ Harry grimaça. ‘‘Oui, nous avons remarqué ton absence, on fait attention à toi, que crois-tu ?…’’ Le sourire revint immédiatement sur le visage du brun. Cela aussi lui manquerait quand il aurait quitté le château, l’ambiance des dortoirs, les boutades… C’était un cocon confortable, il ne pensait pas les perdre de vue, mais ce ne serait plus pareil, ils ne se verraient plus autant, chacun aurait sa vie, ses études, ses loisirs, d’autres amis, puis une vie de couple… Harry essaya de s’imaginer avec une famille bien à lui, mais cela lui était impossible. Pour lui, il n’y avait pas de futur à la fin de l’année, après la bataille. Même s’il gagnait, il ne savait pas s’il serait capable de surmonter le traumatisme que lui causerait le meurtre de Voldemort, tous ces combats, ces morts, ces blessés… Pourquoi la guerre faisait-elle tant de mal ?... Pourquoi existait-elle?… Il n’avait même aucun projet futur pour son métier, et alors que tous les autres s’affairaient, allaient d’un bureau de professeur à un autre pour demander conseil, lisaient des brochures sur tout ce qui leur était proposé, lui ignorait tout cela, cela ne lui importait pas, il ne voulait pas se démener pour quelque chose dont il ne profiterait pas. ‘‘Ry, tu rêves ?…’’ ‘‘Putain, arrêtez de m’appeler Ry…’’ Il oublia ses pensées noires et s’attela du mieux qu’il put à se chamailler avec ses camarades. A les voir ainsi, on était loin d’imaginer ce que chacun avait déjà vécu, qu’ils avaient dix-sept ans, qu'ils étaient donc adultes et que la vie était encore dure. Pour eux, seul le moment présent comptait, ils s’amusaient, ils étaient vivants, et c’était cela qui comptait. Parce que finalement, à dix-sept ans, on était majeur, mais pas adulte… Harry avait encore un peu de temps devant lui avant de se soucier de la bataille finale et du collier. A suivre… Fin du 1er chapitre : Voili, voilou !! Qu’en avez-vous pensé ?? Merci d’avoir lu, en espérant que vous avez passé un bon moment… |