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13ème Chapitre : Seul au bord du ravin Harry pianotait nerveusement sur l'accoudoir de la voiture. Sa mère ne roulait pas assez vite à son goût… Se doutait-elle qu'il ne faisait pas plus de six degrés dehors et que Tom mourait de froid dans le parc de son lycée ? Il faisait totalement noir à présent et ils rencontraient de plus en plus de voitures alors qu'ils s'approchaient de Newport : tout le monde rentrait chez soi et Tom était encore dehors, pensant probablement qu'Harry l'avait lâchement abandonné, le croyant coupable d'un vol. "Tu vas me dire, maintenant, comment ça se fait que tu aies perdu ton correspondant ?" demanda Lily qui s'évertuait à ne pas hurler à son fils d'arrêter de griffer avec tant d'ardeur la portière de la voiture. "Je ne l'ai pas vraiment perdu… On s'est légèrement disputés." dit Harry calmement. Lily lui jeta un regard en biais, guettant sa pâleur fantomatique sous la lumière des phares des voitures qu'ils croisaient. "Disputés ? A quel sujet ?" demanda-t-elle en reportant son attention sur la route. "Une histoire de vol" murmura Harry dans sa barbe. "Quoi ?" "Laisse tomber, maman, c'était juste une histoire débile sans aucune importance !" répliqua durement Harry, n'ayant visiblement pas du tout envie de s'étaler sur le sujet. Il se sentait suffisamment honteux comme ça, il n'avait pas besoin du regard choqué de sa mère. En plus, il voulait éviter de parler des vols de Tom, car bien qu'il ait la certitude que Tom n'avait pas dérobé ses affaires, il doutait que les autres portables et portefeuilles soient le fruit de la bêtise de Cho Chang. De toute évidence, depuis le début du séjour, Tom amassait vols sur vols. Harry retint un soupir tandis qu'ils passaient la pancarte de Newport. La petite voiture de Lily roula doucement jusqu'au lycée, mais Harry n'attendit pas que sa mère se gare pour sortir de la voiture. Il courait déjà vers les grilles de la partie gauche du lycée, celle où se trouvaient le foyer, les bâtiments de sport, le secrétariat et la cantine. Lily arriva en soufflant à côté de lui, elle resserra son long manteau autour de sa poitrine tout en regardant le haut portail qui empêchait l'entrée. "On aurait dû attendre ton père… Comment veux-tu sauter par-dessus cette grille ?" fit-elle en soupirant davantage. "Tu n'as pas à y aller, je doute que Tom soit encore ici, il doit être parti depuis mais je préfère vérifier… Je vais y aller, attends dans la voiture, je reviens" fit Harry, en se tournant vers sa mère. Il y avait dans ses yeux un éclat si puissant que Lily ne fit aucun commentaire. "Tu ressembles tellement à ton père, des fois… Fais au moins en sorte de ne pas être repéré, je doute que ce soit légal, tout ça !" "Ne t'inquiète pas, maman, on ne s’est jamais fait prendre !" répondit vivement Harry. Tandis que Lily courait presque vers la voiture pour tenter de se réchauffer, Harry fut soulagé que sa mère n’ait pas relevé le lapsus qu'il venait de faire : "on ne s’est jamais fait prendre !". Ça aurait été sa perte s'il avait dû avouer à sa mère qu'il était passé plus d'une fois par-dessus les grilles en compagnie de Dean, Seamus et Ron. Harry grimpa tant bien que mal sur les briques rouges qui formaient l'enceinte du lycée et s'accrocha à un lampadaire afin de monter sur le mur. Il enjamba ensuite la grille avec facilité. Il sauta de l'autre côté de la grille avec satisfaction, puis il s'approcha du foyer. Les portes étaient fermées, ainsi que celles de la cantine. Harry fit le tour des deux bâtiments et s'empressa de monter les marches vers les bâtiments de sport. Le concierge n'avait pas oublié de fermer les vestiaires ni les terrains de tennis de l'autre côté du parc. Essoufflé, Harry traversa le parc en longeant une nationale puis sauta par-dessus un autre grillage qui était courbé à force d'avoir été enjambé. Harry traversa le parking sur lequel Tom était arrivé en bus, il y avait déjà plus d'une semaine. Tom n'était manifestement pas dans le lycée, et par ce temps-là, il était humainement impossible de rester dehors et immobile sans geler. Harry remonta la rue qui séparait la partie gauche du lycée de la partie droite, et monta dans la petite voiture de sa mère. Celle-ci eut une expression surprise en voyant son fils arriver d’une autre direction, mais elle remarqua que Tom n'était pas avec Harry alors elle démarra la voiture sans un mot. Le chauffage piqua les mains et le visage d'Harry, mais la sensation restait agréable. Le froid était mordant, impitoyable. "Je vais où ?" demanda Lily. "Descends la rue, je pense que Tom l'a suivie jusqu'au centre-ville" dit Harry qui espérait de tout coeur avoir raison. Harry repensa à la main de Tom serrant la sienne lorsque, ce samedi, ils avaient rencontré un groupe de skinheads en sortant du cinéma. Il regrettait de ne pas être là à son tour pour serrer sa main et la réchauffer par ce temps glacial. XXXXXX Newport était une petite ville, certes, mais la nuit, elle, était magnifique. Les lumières scintillaient partout et on pouvait même discerner les premières décorations de Noël pendues aux réverbères et aux vitrines des magasins. Cela n'avait rien à voir avec l'illumination de Piccadilly Circus, mais c'était tout de même beau à regarder, chaleureux. Tom pensa tristement que si la venue d'Harry en décembre n'était pas compromise, il aurait pu l'emmener sur Piccadilly Circus, regarder la neige tomber sous le feu d'artifice des lumières et des musiques de Noël. Mais, à présent, Tom doutait qu'Harry vienne, bien qu'il n'ait pas encore dit son dernier mot. Il aurait voulu trouver un bus ou un taxi qui l'emmènerait jusqu'à Godric's Hollow, ainsi il aurait pu lui prouver qu'il était innocent, qu'il n'avait rien volé. Pas à lui, en tout cas. Mais, le souvenir de la BMW série 7 de Lucius Malfoy remontant l'avenue du lycée était encore bien présent dans sa tête, Harry le pensait coupable et était parti sans lui. Tom était déterminé, cependant, à ne pas mourir de froid, pitoyablement allongé sur le sol de cette rue joyeuse de Newport. Quel tableau cela serait ! Il ressemblerait à un mendiant qui serait exceptionnellement rasé et bien habillé, mort devant un tableau de festivités. Il ne devait pas penser à ça. Mais c'était inéluctable, chacun des pas qui le menaient vers nulle part lui rappelait à quel point il était seul. Il se demandait qui viendrait pleurer sur sa tombe s'il mourrait – encore faudrait-il qu'il ait une tombe : il ne connaissait personne pour lui payer une pierre tombale. Peu importe, il finirait certainement enterré à même la terre avec une vulgaire croix en bois planté sur sa tête pour prévenir qu'il y a un mort, là, en dessous. Tom fronça les sourcils et eut une expression dédaigneuse. Il ne supporterait jamais de finir ainsi. Alors, tout naturellement, il décida de trouver un refuge pour la nuit. Bien entendu, sans le moindre sou en poche, cela s'avérait un peu compliqué. Tom savait que Newport n'était pas Londres : il n'y avait pas de bordel chaleureux et luxurieux dans ce coin perdu et reculé de l'Angleterre. Pourtant, dans ces endroits, le seul visage de Tom suffisait à radoucir les prostituées, et même sans argent, il réussissait à trouver un lit pour la nuit sans qu’on lui demande jamais rien en retour. Tom soupira, une fois encore. Il tremblait de froid sous la sournoiserie de ce vent glacial qui traversait son manteau. Il trouvait que cette soirée lui rappelait trop sa vie à Londres, lorsqu'il fuguait de l'orphelinat, mais pour la première fois de sa vie, il donnerait tout pour être à Londres plutôt qu'à Newport, cette petite ville inconnue de l'est de l'Angleterre. Il regarda un petit instant la façade blanche et immense d'un petit casino sur sa gauche et tourna la tête vers les néons rouges de la pizzeria dans laquelle il avait été mangé avec Harry et tous les autres. Tom baissa les yeux, puis décida de fuir cette rue, même s'il savait que ce n'était pas encore le couvre-feu, les policiers remarqueraient bientôt sa présence et ne manqueraient pas de lui poser des questions. Il ne lui vint jamais à l'esprit que les policiers puissent l'aider : pour lui, ils étaient juste synonymes d'ennuis. Tom s'égara dans une petite ruelle dépourvue de lampadaires et s'enfonça dans l'obscurité, espérant sans trop y croire que quelqu'un le ramènerait vers l'avenue éclairée. XXXXXX "Maman, tourne à droite !" s'exclama Harry "Freine ! Freine !" cria-t-il de nouveau. Lily Potter soupira dans son siège, tandis qu'ils observaient avec minutie chaque rue, freinant à chaque fois qu'ils rencontraient un adolescent brun. Ils ne comptaient plus les mines surprises des personnes qu'ils avaient agressés en freinant ainsi devant eux. "C'est pas lui" souffla Harry d'un air déçu. "Pas grave, je pense qu'il est descendu par High Street ! Maman, grouille !" "Oh, c'est bon, Harry ! Tu te calmes, maintenant ! Ce n'est pas en provoquant des accidents à chaque coin de rue qu'on va retrouver Tom, alors maintenant tu te calmes, tu regardes par ta fenêtre et tu me laisses conduire en paix, compris ?" s'énerva Lily. Harry se renfrogna dans son siège mais ne quitta pas les trottoirs et les rues du regard, ne serait-ce qu'un seul instant. Ses yeux émeraude étaient aussi vifs que ceux d'un aigle, et il ne supportait pas l'idée qu'ils aient pu le rater dans une des nombreuses rues qu'ils avaient déjà parcourues. "Je ne comprends pas" murmura Harry "Tom devrait logiquement être ici, il ne connaît pas la ville… Et… (Harry eut une moue pensive), Maman, prends la direction du cinéma" Harry se disait qu'à la place de Tom, il aurait essayé de trouver un endroit qu'il connaissait, et le cinéma était proche du centre… Peut-être que Tom était devant le cinéma, au square, près des boutiques de Bridge Street. Lily obtempéra docilement, silencieusement compatissante envers l'inquiétude de son fils mais émotionnellement exaspérée par son stress débordant. Elle conduisit jusqu'à Bridge Street, le quartier du shopping, du cinéma et des loisirs en général. Harry examinait la rue, à moitié aveuglé par les lampadaires et les décorations précoces de Noël, il cligna des yeux plusieurs fois et vit du coin de l'œil une haute silhouette sombre qui s'écartait de l'avenue. "Maman je l'ai vu !" "Où ?" fit-elle brusquement. "Il se barre, j'y vais, je t'appelle !" dit-il avant de sortir de la voiture en quatrième vitesse. Il claqua la portière et courut jusqu'au bas de l'avenue scintillante et tourna à gauche dans ce qui semblait être une ruelle particulièrement glauque et sombre. Il accéléra le pas et pria pour que l'homme devant lui soit bien Tom Riddle. Il cessa de courir, haletant et il l'appela doucement, soudainement apeuré par l'écho de sa voix : "Tom ?" Le garçon se retourna brusquement. Harry ne put voir son visage à cause de l'obscurité et un doute horrible l'assaillit. Et si ce n'était pas lui ? Et s'il faisait face à un vieux pervers ? "T-Tom ? C'est toi ?" fit Harry prudemment. Celui-ci s'avança vers lui et son visage entra dans la lumière provenant de l'avenue. "TOM !" cria Harry en se pendant à son cou. Il l'enlaça fortement, essayant de réchauffer sa peau glacée grâce à sa propre chaleur. Il tourna la tête vers son cou et l'embrassa, il embrassa ensuite la ligne de sa mâchoire, sa joue, ses pommettes… Puis il descendit vers sa bouche afin de lui donner un baiser profond et passionné. Tom resserra ses bras sur le corps d'Harry et un sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu'Harry l'embrassait à nouveau. "Je suis désolé, pardonne-moi ! Pardonne-moi !" s'exclamait Harry tout en continuant de le serrer fortement contre lui. Tom se détacha de lui et lui lança un regarda sombre et profond. "Pourquoi ? Qu'est-ce que tu as fait ?" demanda Tom. "Je ne t'ai pas cru, je t'ai même détesté pendant un moment, je n'aurais jamais dû partir du lycée !" répondit Harry en baissant les yeux. "C'est pour ça que tu t'en veux ? Tu ne pouvais pas savoir que ce n'était pas moi, mais j'aimerais quand même savoir ce qui t'a fait changer d'avis !" "Cho" murmura Harry. "Cette pute ?" "C'est elle qui m'a volé mes affaires pour les mettre dans ton sac" lui dit Harry. "La petite pétasse ! Ha ! Mais quelle connasse !" s'exclama Tom avec un air répugné à la vision de Cho volant les affaires d'Harry pour les mettre dans son propre sac. "Oui, mais elle est venue tout m'avouer à six heures" ajouta Harry. "Et alors ?" fit Tom "C'est quand même qu'une grosse pute !" Harry eut un doux sourire et déposa un léger baiser sur la mâchoire contractée de son correspondant. "Ça n'a plus d'importance, ma mère nous attend… Si tu ne tombes pas malade avec ce froid, ce sera un miracle ! Tu as vu le manteau que tu as ? Il est trop fin ! Oh… Mon amour, je suis désolé de t'avoir laissé…-" Tom l'embrassa brusquement afin de mettre un terme à sa phrase. "Je croyais que ta mère nous attendait ?" fit-il avec un petit sourire coquin. XXXXXX Harry monta à l'arrière de la voiture à l'instar de Tom, il n'avait pas l'intention de monter devant où il serait obligé de tourner la tête pour le regarder. Il ne prêta pas attention au froncement de sourcils de sa mère. Il ne voulait plus lâcher Tom une seule seconde. Le jeune orphelin eut une expression amusée en regardant son correspondant. Si seulement il savait combien de fois il s'était perdu dans l'immensité de Londres. Mais son inquiétude lui faisait très plaisir, Harry lui avait déjà dit qu'il l'aimait mais le découvrir avec tant de force était tout simplement poignant pour Tom. En parcourant Bridge Street, Tom se dit que finalement, ils avaient une grande chance de fêter Noël sur Piccadilly Circus. Un léger sourire orna ses lèvres jusqu'à Godric's Hollow. Tom et Harry descendirent rapidement de la petite voiture de Lily, et ils se hâtèrent de rentrer à l'intérieur de la grande maison des Potter. Ils eurent tous deux un air ravi à la sensation de la chaleur les enveloppant, Lily les suivait doucement. Elle jeta les clefs sur une petite table en bois contre l'escalier, puis elle s'éclipsa dans la cuisine. James apparut alors du salon et leur fit un sourire : "Alors, fiston, t'avais perdu ton correspondant ?" fit-il en riant légèrement. Lily fit alors irruption dans le hall et lança un regard éloquent à James avant de se tourner vers son fils : "Et si tu m'expliquais maintenant toute cette histoire ?" demanda-t-elle. Tom se tourna vers Harry et leva un sourcil interrogatif. "Tu ne lui as pas dit, Harry ?" "Bah, juste qu'on s'était disputés, enfin en quelque sorte…" murmura Harry, un peu paniqué à l'idée que Tom révèle ses vols passés, il savait pertinemment que ni son père ni sa mère ne seraient très heureux de cette nouvelle. "Oui, c'est simple, quelqu'un a essayé de me faire porter le chapeau dans une histoire de vol, mais finalement la personne s'est dénoncée… Et voilà" répondit simplement Tom. James eut un simple rire et se tourna vers Lily d'un air inquiet. "Ça va, chérie ? Tu es un peu pâle…" "Ça va, juste un peu fatiguée" répondit-elle, elle se tourna vers les deux garçons "Le dîner est prêt dans cinq minutes !" Harry acquiesça et traîna Tom jusque dans sa chambre. Il entra dans la salle de bains et se lava les mains, tandis que Tom le regardait, assis sur son lit. "Qu'est-ce que diraient tes parents s'ils savaient qu'on… qu'on est ensemble ?" fit-il d'un air hésitant. Harry revint dans sa chambre et secoua ses mains pour en enlever l'eau avant de s'asseoir à côté de Tom, il semblait pensif. "Je ne sais pas trop. Mes parents ne sont pas homophobes… Mais je doute qu'ils soient si larges d'esprit si cela touchait leur fils, tu vois le genre… Ils tolèrent mais de loin. Enfin je suppose que ça pourrait être pire… Je pourrais avoir Lucius Malfoy comme père et lui, il est très homophobe ! Pourquoi tu me demandes ça ?" "Je ne sais pas, mais même si tu n'es pas obligé de leur dire pour nous… Il faudra bien que tu leur dises un jour, non ?" fit Tom, un peu gêné d'avoir cette conversation. "C'est vraiment obligé ?" demanda Harry avec une petite moue boudeuse. Tom eut un léger rire. "Tu crois que tu pourrais leur mentir toute ta vie ?" "Non, mais je pense que je pourrais encore pendant un an et demi" répondit Harry franchement. "Qu'est-ce qu'il y a dans un an et demi ?" "Je quitte le lycée, et je vais à l'Université" dit Harry "J'aurai peut-être plus le courage d'affronter leur regard si je n'habite plus chez eux." Tom acquiesça pensivement. "Et puis je ne pense pas que les gars défileront dans ma chambre d’ici là." Reprit Harry d'un ton calme. Tom le regarda bizarrement, il croisa les yeux émeraude quelques secondes avant de baisser les yeux. "Quoi ?" fit Harry. "Rien" fut la réponse froide et incisive. Harry fronça des sourcils et regarda Tom se lever brusquement. "Je crois que ta mère nous a appelés" fit-il. Harry se leva et suivit son correspondant jusqu'à la cuisine. Harry s'assit à côté de Tom et le regarda en fronçant les sourcils. Puis, il détourna le regard et remarqua le plat succulent que sa mère avait préparé : frites et poulet ! Parfois, la simplicité c'est ce qu'il y a de meilleur. Le repas se passa rapidement entre les discussions de Lily et James qui parlaient boulot, factures et de Sirius Black. Le parrain d'Harry était, de toute façon, dans n'importe quelle conversation. Harry mangeait goulûment sa cuisse de poulet, tout en guettant du coin de l'œil, l'air morose de son correspondant – de son petit ami. Cette vision lui coupa toute envie de manger, et il recula son assiette tout en regardant ostensiblement son correspondant. Celui-ci fut un peu gêné de l'intensité de ces yeux trop verts, trop purs mais il ne détourna pas le regard. Il continuait de fouiller ces prunelles impétueuses et capiteuses, et le feu qui régnait dans cet océan vert le déstabilisa. Il ne put que baisser les yeux, de peur de réagir trop ouvertement. Ces yeux-là… Ces yeux-là ressemblaient trop à ceux dont il rêvait depuis quelques nuits. Harry se leva pour aider sa mère à débarrasser la table tandis que James faisait la vaisselle en sifflotant gaiement. Tom se leva brusquement et sortit de la cuisine sans un mot. Il monta dans sa chambre et ferma la porte à clé avant de se précipiter vers la fenêtre. Une seconde plus tard, il tirait sur une cigarette avec bonheur. Il rejeta la fumée dans le parc cristallisé de glace des Potter, se foutant pas mal que le vent fasse revenir la fumée dans la chambre. Il avait soudainement très peur… Il avait l'impression de voir l'étendue de ses sentiments envers Harry se dévoiler sous ses yeux et il ne pouvait rien y faire. Il sentait encore son coeur battre furieusement dans sa poitrine et le grognement frustré de son organisme qui se plaignait de n'avoir pas pu retrouver avec bonheur le corps chaud d'un autre. S'il n'avait pas baissé les yeux, il aurait été capable de sauter sur son correspondant. Le désir… Le désir était quelque chose dont il ne connaissait presque rien : plus qu'une simple érection, le petit brun avait purement et simplement déclenché en lui un véritable brasier. Il se sentait maintenant fébrile et apeuré. Harry lui avait bien dit qu'il l'aimait mais comment savoir si cet aveu n'était pas simplement le sentiment d'un petit gosse de riche qui n'avait rien vécu et qui tombait amoureux de tout et tout le monde, comme Cho. Etait-il possible que Tom soit déjà plus épris du petit brun que celui-ci ne l'était de lui ? Bref, Tom doutait. Lui, en tout cas, ne se voyait certainement pas avec d'autres gars avant la fin de l'année. XXXXXX Harry frappa à la porte de Tom mais le garçon ne répondit pas. Un peu énervé, il passa par la salle de bains et entra sans frapper dans la chambre de son correspondant. Il le regarda finir sa cigarette, s'émerveillant encore et toujours de sa prestance et de son air si fier et si altier (NdB : arrogant c'est négatif NdA : C’est vrai, mais j’adore l’air arrogant :D). Merde, qu'est-ce qu'il était appétissant ! "Qu'est-ce qui se passe, Tom ?" L'orphelin se tourna vers lui d'un air surpris. "Mais… rien." "Ha bon ? Tu ne m'as pas entendu frapper ? Et pourquoi tu boudais dans la cuisine ?" "Moi je boudais ?" fit Tom très surpris "Pas du tout, et je ne voulais pas que tu me voies fumer dans la chambre." "Je ne suis pas mon père, je ne vais pas t'engueuler, tu sais" répondit Harry d'un ton las alors qu'il s'étalait avec bonheur sur le lit de son correspondant. Le dos contre le matelas, il ferma les yeux tout en respirant la fumée de la cigarette de Tom. Ce dernier le regardait avec difficulté, essayant d'imaginer ce que ce serait de toucher le corps d'un homme. "Je suis crevé" murmura Harry, les yeux toujours fermés. "Pas question que tu dormes ici" répondit Tom, "J'aimerais bien dormir cette nuit et c'est un lit à une place" "Dis que je suis gros tant que t'y es !" s'exclama Harry avec l'ébauche d'un sourire. Il ouvrit les yeux et guetta le regard carmin de son correspondant. Il adorait quand ses yeux prenaient cette teinte envoûtante. Tom soupira et jeta sa cigarette par la fenêtre avant de s'approcher. "Tom ?" Celui-ci le regarda doucement. "Tu m'aiderais pour faire mes maths ? McGonagall nous a donné des milliers d'exercices de maths, et je suis vraiment trop nul dans cette matière" fit-il alors qu'il se tournait sur le côté, regardant Tom d'un air rusé. "Et qui te dit que je suis bon en maths ?" "Allons Tom, t'es bon en tout, t'es un vrai petit génie… Des fois, ça me fout la rage de voir à quel point ton cerveau est vif. Moi je mets des heures à faire un exercice de maths et toi t'as fini en cinq minutes comme si c'était normal, et moi j'ai l'impression d'être vraiment, mais vraiment trop con !" Tom éclata de rire et s'agenouilla afin d'être à la hauteur de la tête d'Harry. "C'est d'accord mais tu dégages de mon lit" "Hé ! Mais c'est mon lit, je suis encore chez moi tout de même !" Et à ces mots, Harry s'étira avec volupté, dévoilant par la même occasion une très belle partie de son ventre plat. Tom déglutit et détourna les yeux. Harry eut un léger rire et se laissa glisser du lit, Tom le recueillit dans ses bras mais ne se releva pas. Il le garda assis sur ses genoux, refusant de le laisser s'échapper. Harry avait toujours son petit sourire mais il disparut rapidement, bientôt remplacé par une expression curieuse, tentée. Il obliqua la tête de côté très légèrement et Tom franchit les derniers centimètres afin de l'embrasser plutôt violemment. Harry soupira contre ses lèvres et s'agrippa au pull de Tom, il passa ses mains derrière sa nuque et approfondit son baiser. Tom descendait ses mains au creux des reins de son correspondant, tenté de rapprocher son bassin de son bas-ventre, curieux de faire se toucher leurs deux érections. Au bout d'un moment, il exerça une petite pression sur la chute de reins d'Harry et l'approcha de lui avec force. Harry gémit lorsqu'il sentit l'excitation de Tom, et embrassa Tom avec plus de passion et d'envie. Tom se releva et posa Harry sur son lit, il le dominait, ses yeux de sang ancrés dans ceux de son correspondant. Harry bascula en arrière alors que Tom prenait place entre ses jambes, tout naturellement : ils savaient déjà comment serait leur première fois. La soumission n'était pas un problème pour Harry, il aimait beaucoup le regard de prédateur de Tom, et cette façon qu'il avait de glisser ses mains sous sa chemise, de chatouiller sa peau de ses paumes exquises, de taquiner le lobe de son oreille. Harry ondula des hanches. Ils étaient fébriles tous les deux. Tom sut au plus profond de lui-même qu'il pouvait prendre Harry dans ce lit, il savait qu'Harry était complètement abandonné sous ses caresses et qu'il était le seul à savoir où ils allaient. Mais il savait que ni lui ni Harry n'étaient prêts, alors il se contenta d'explorer de ses mains et de sa bouche cette peau exquise et très légèrement halée. Harry soupirait. Harry gémissait. Et plus que jamais la certitude qu'il aimait Tom s'imposa dans son esprit comme une berceuse qu'il l'accompagna jusqu'au sommeil. Il s'endormit dans les bras de Tom, complètement apaisé. Tom eut un sourire doux et s'allongea confortablement près de son amant. Il embrassa la tempe gauche d'Harry très doucement, comme s'il avait peur de le briser. Puis il se releva, et se dirigea vers la chambre d'Harry. Il prit le sac de celui-ci et entreprit de faire ses maths, encore émerveillé du moment qu'ils venaient de partager. TO BE CONTINUED... Voilà, je pense que c'est assez pour ce soir, non ? ^^ Mais j'en remettrai bientôt ! Promis ! Merci d'avoir lu ! Bisous, SamaraXX 19/05/08 |