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au 20 Nov 08 :
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Bienvenue chez moi
Par SamaraXX
Harry Potter  -  Romance/Drame
29 chapitres - Rating : T+ (16ans et plus)
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De l'énigme et du secret

 

 

4ème Chapitre : De l'énigme et du secret

"Tout cela ne vaut pas le poison qui découle

De tes yeux, de tes yeux vert.

Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers…"

Extrait du poème "Le Poison" de Charles Baudelaire.

Une des raisons pour lesquelles Tom détestait le mois de décembre était qu'il pleuvait beaucoup trop… De toute façon, il pleuvait toujours trop en Angleterre. Mais ce qui l'énervait vraiment était qu'il devait sortir dehors plusieurs fois par jour pour pouvoir fumer son cylindre destructeur mais qui le calmait comme personne ne savait le faire.

Il lui semblait que le temps passait vraiment trop lentement… Il comptait les heures depuis qu'Harry était arrivé, guettant le moment où toute l'histoire sordide de son enfance reviendrait hanter les murs de l'orphelinat. Il essayait de faire bonne figure, de ne pas perdre son calme mais depuis l'arrivée d'Harry, les rumeurs recommençaient. Les chuchotis sur son passage dans les couloirs augmentaient de volume jour après jour à tel point qu'il pouvait en connaître le contenu sans même tendre l'oreille. Cela agaçait profondément Tom. Non pas que cela l'embête que les gens recommencent à l'éviter en lui jetant des œillades méfiantes mais il ne voulait surtout pas qu'Harry soit mis au courant de tout ce qui avait constitué ses pires années à l'orphelinat.

Harry lui avait répété une bonne douzaine de fois qu'il l'aimait et cela malgré tous ses défauts, malgré son histoire et les rumeurs qui circulaient sur lui. Pourtant, il savait que s'il racontait l'histoire de son passé à Harry, celui-ci deviendrait distant avec lui, choqué et peut-être même révulsé par ce qu'il avait fait. C'est pour cela que Tom se taisait et bien qu'il sentait qu'Harry brûlait de connaître ses secrets, il ne pouvait pas les lui avouer. A l'orphelinat, hormis les surveillants et les professeurs, une seule personne était au courant de toute son histoire.

Et cette personne était Samuel.

Tom n'aurait pas à s'inquiéter si Samuel et lui étaient en bons termes mais ils se détestaient et cela depuis toujours. Cela avait peut-être commencé par des petites brimades, des humiliations et des bagarres sans grande importance mais tout cela avait pris un autre tournant bien plus violent depuis l'épisode Mackenzie Lorens. Le pire souvenir de Tom. Son plus gros secret, son plus grand traumatisme. Celui qu'il voulait désespéramment cacher à Harry… Mais si Samuel venait éclaircir les brumeuses rumeurs qui se chuchotaient entre les murs de l'orphelinat, Tom avait du souci à se faire… Principalement, en ce qui concernait sa relation avec Harry.

Et pourtant… Il avait du mal à croire qu'Harry pourrait un jour le laisser tomber tellement l'amour qui brûlait dans ses yeux vert émeraude semblait fort et sincère.

Tom rentra dans l'orphelinat et rejoignit son petit-ami à la bibliothèque. Ils y étaient campés depuis le matin : Harry avait fermement voulu faire des recherches sur l'inscription notée derrière le médaillon de Tom.

"Little Hangleton est un minuscule village dans le Devon… Pas très loin de Torquay, c'est donc près de la mer" dit Harry avec un sourire "Il paraît que c'est charmant… C'est surtout habité en été, il y a beaucoup de résidences secondaires… La moyenne d'âge est de 55 ans…"

Tom esquissa un sourire et s'assit à côté d'Harry devant un écran d'ordinateur.

"Oui je sais" dit Tom "Mais regarde, il n'y a pas de gare, pas d'arrêts de bus… La seule façon d'y aller c'est en voiture et tant que j'aurais pas mon permis, je ne pourrais pas y aller"

Ce défaitisme énerva Harry dont les préoccupations étaient à mille lieux de celles de Tom, il fallait dire qu'Harry avait l'habitude d'avoir sa mère et son père à disposition pour le conduire où il voulait… Enfin, cela n'était peut-être plus à l'ordre du jour, mais il avait toujours Sirius, qui lui, serait capable de lui acheter une moto pour qu'il puisse voir ses amis et même ceux qui habitaient le plus loin.

"C'est pas important ça" répondit Harry, qui pianotait à toute vitesse sur le clavier de l'ordinateur "Ta clope était bonne ?"

Tom haussa les épaules.

"Je suis passé par les cuisines, tu veux un coca ? J'ai aussi du Dr.Pepper si tu veux…"

"Euh… Un coca" répondit-il sans détacher les yeux de l'écran.

Tom soupira.

"Cherche pas. Tu trouveras rien sur le nom Riddle…"

"Tu déconnes ? J'ai des millions de pages sur mon moteur de recherche !" répliqua Harry.

"Ouais… Parce que je suis loin d'être le seul Riddle en Angleterre, mais y a rien sur des Riddle ayant vécu à Little Hangleton, laisse tomber…"

Harry se tourna vers lui en fronçant les sourcils.

"Non ! Tu rêves de rencontrer ton père, tu l'as dit toi-même !"

"C'est vrai, mais ça sert à rien. J'ai déjà fait toutes les recherches que tu es en train de faire… Faut croire que j'avais beaucoup de temps à tuer" dit Tom en levant un sourcil ironique.

"Et alors ? C'étaient des recherches utiles !" s'exclama Harry.

Tom eut un sourire en coin. Il posa un baiser sur les lèvres d'Harry pour l'apaiser. Il commençait à regretter de lui avoir parlé de son père et de sa naissance à Stockwell. Mais en même temps, ces souhaits et ces souvenirs-là étaient ceux qui compromettaient le moins sa relation avec Harry… Et puis, il devait admettre que le voir si obstiné à le rendre heureux avait quelque chose de réconfortant, comme si finalement il n'était plus tout seul.

XXXXXX

Les regards appuyés, dégoûtés, méprisants semblaient venir de partout. Les murmures prononcés du bout des lèvres d'un air à la fois horrifié et excité. Harry sentait la tension autour de son petit-ami de façon continue et il commençait à se demander s'il n'était pas lui aussi la cible de ses regards et de ses chuchotements.

Tom et Harry rentrèrent finalement dans leur dortoir et ils se regardèrent tous les deux d'un air gêné.

"Pourquoi ils te regardaient comme ça ?" demanda Tom.

"C'est toi qu'ils regardaient…"

"Non, moi ils ne me regardent pas."

Harry leva les sourcils et eut un sourire en coin.

"Tu ne serais pas un peu prétentieux, toi ?" fit-il avant d'éclater de rire.

Tom se tourna vers lui avec un léger sourire. Harry était appuyé contre la porte, ses yeux habituellement vert jade étaient maintenant teintés d'une touche noire qui redessinait le contour de ses yeux. Ils étincelaient fièrement emprisonnant leur couleur impériale avec orgueil.

Le sourire de Tom disparut tandis qu'il contemplait son correspondant comme il ne l'avait pas fait depuis longtemps. Il se rendit compte qu'il avait oublié quelle sensation cela faisait de glisser sa main dans sa chevelure aile de corbeau ou d'effleurer sa peau douce. La pose nonchalante de son petit-ami et sa façon de le regarder mi-mutine mi-sérieuse l'électrisa, un frisson prit possession de son corps tandis qu'il sentait le désir affluer dans ses veines et sous sa peau.

Ce fut Harry qui posa ses lèvres sur celles de Tom en premier, il n'y avait rien de doux dans ce baiser, seule l'envie et l'urgence semblaient exister. Même s'il ce n'était pas le premier baiser qu'ils échangeaient depuis qu'Harry était arrivé à l'orphelinat, c'était résolument celui qui ressemblait le plus aux baisers de Newport.

Harry glissa sa main sur la nuque de Tom et s'amusa à caresser les mèches de cheveux que ses doigts rencontraient, il entendit un gémissement dont il ignora la provenance… Etait-ce lui ? Etait-ce Tom ? Au fond, ça n'avait pas d'importance. Il pouvait sentir le cœur de Tom qui battait fort contre sa poitrine. Les mains de Tom ne purent rester sages plus longtemps et prirent le chemin de la chemise d'Harry, ils la soulevèrent et caressèrent avec dextérité le torse encore imberbe du petit brun. Harry perdit pied et il ressentit à nouveau ce désir brûlant et irrépressible qu'il avait eu tant de mal à réguler à Newport.

Tom poussa Harry contre la porte du dortoir, et tout en l'embrassant, il glissa une jambe contre la virilité tendue de son correspondant. Il sentit le sourire de celui-ci se dessiner contre ses lèvres tandis qu'il détachait un à un les boutons de sa chemise. Tom déposa un baiser à la commissure des lèvres d'Harry et dériva sur la ligne de sa mâchoire. Harry ferma les yeux, ses mains toujours enfouies dans les cheveux doux et fins de Tom. Il se laissa porter par cette bouche qui descendait toujours plus bas…

Tom léchait le contour de son nombril, ses mains s'attaquèrent à son jean et à sa brayette et tout en descendant le jean et le boxer d'Harry, il pouvait sentir ses frissons d'anticipation. Tom prit sa virilité en bouche et suça Harry avidement comme il aurait aimé qu'on lui fasse.

Harry était tellement excité qu'il faillit éjaculer au premier aller-retour de Tom mais il réussit à garder le contrôle et savoura la sensation. Il ne pouvait détacher les yeux de Tom agenouillé devant lui qui le regardait fixement… Harry se demanda alors comment il pouvait l'impressionner d'un regard alors que son sexe était dans sa bouche et qu'il le suçait comme si sa vie en dépendait.

Les yeux de Tom virèrent au rouge carmin, et Harry éjacula. A bout de souffle et comblé, il atterrit dans les bras de Tom qui embrassa son visage avec un sourire. Harry, alangui, lui sourit gentiment avant de s'apercevoir que Tom était toujours aussi dur, lui. Avec un sourire espiègle, il glissa alors la main dans le sous-vêtement de Tom…

XXXXXX

"Tu n'as vraiment eu aucune attirance envers David ?" demanda Harry soudainement en levant les yeux vers Tom.

Tom parut légèrement surpris par cette question, tout en mâchant son caramel, il sembla réfléchir. Harry le regardait avec un sourire. Ils étaient installés à même le sol derrière la dernière rangée de la bibliothèque, Harry entre les jambes de Tom, son dos collé à son torse.

"Franchement, non" répondit enfin Tom lorsqu'il eut fini de manger son bonbon.

"Pourtant…" commença Harry d'une voix hésitante "Il n'est pas mal du tout…"

Tom baissa les yeux vers lui d'un air suspicieux.

"Il te plaît ?" demanda-t-il en levant un sourcil.

"Bah, je sais pas… Je ne le connais pas mais physiquement il est bien, tu sais après ce que tu m'avais raconté sur lui, je m'étais imaginé un type laid et pas vraiment intelligent !"

Tom esquissa un sourire.

"Je n'irais pas jusqu'à dire que Parker est une lumière mais c'est vrai qu'il est un peu au-dessus de la moyenne ici."

"En tout cas, il a l'air de te détester !" s'exclama Harry.

"Tant mieux, je ne l'aime pas non plus"

"C'est quand même bizarre que tu ais accepté le fait que je t'aime beaucoup plus facilement qu'avec lui…" murmura Harry, pensif.

"C'est normal, non ? Ce mec se faisait passer pour mon ami, du jour au lendemain il a cherché à me connaître sans raisons en clamant le fait qu'il voulait essayer de me comprendre… Sur ce point-là, il a perdu son temps, c'est clair. J'ai pas vraiment apprécié qu'il fantasme sur mon cul alors qu'il se disait vouloir me connaître… En réalité, ce mec n'est qu'un idiot, il a eu ce qu'il méritait, et au moins maintenant il a une raison de me haïr."

"Tu sais" chuchota Harry "Moi aussi je fantasme sur toi, et pas seulement sur ton cul !"

Un sourire lubrique passa sur les lèvres de Tom.

"Mais toi t'as l'autorisation de rêver sur moi, tu peux même essayer de me sauter dessus si tu veux" siffla Tom d'une voix suave "Et pis heureusement que tu fantasmes sur moi, je ne te laisserais pas retourner à Newport si facilement, mon cœur…"

Harry déglutit difficilement tandis qu'il sentit toute la tension sexuelle qui se dégageait de la voix de Tom et qui pénétra directement son corps.

"Mais ne t'inquiète pas, je ne ferais rien si tu ne le veux pas…"

"Détrompe-toi, Tom. J'en ai très envie aussi !"

"Si ça continue sur ce rythme-là, je sens que tu vas y passer bientôt, amour" fit Tom dans un sourire.

Harry posa sa tête contre le torse de Tom en fermant les yeux.

"J'adore quand tu m'appelles comme ça…"

"Comment ? Mon cœur ? Amour ?"

"Les deux" avoua Harry en laissant échapper un petit rire.

Tom posa ses lèvres sur celles d'Harry, et celui-ci ouvrit les yeux afin de plonger dans ceux de Tom.

"Au fait Harry, pourquoi tu voulais savoir ça sur Parker ?"

"C'est pas très important. C'est juste qu'en parlant avec lui il m'a clairement fait comprendre qu'il te connaissait bien mieux que moi, et que je devais me méfier de toi… Il parlait de lui comme un amant bafoué qui s'était lourdement trompé mais qui connaissait tout de toi maintenant, je sais que c'est idiot mais j'ai été jaloux de lui, du fait qu'il en sache autant sur toi."

"Il n'y a pas de raison à l'être, Parker ne sait rien de plus que ce que les rumeurs racontent… Mais je ne savais pas que tu lui avais parlé, il t'a dit de te méfier de moi ?" demanda Tom avec un sourire ironique.

"Oui, je trouve qu'il a un peu exagéré. Mais de toute façon, j'ai l'impression que tout le monde est un peu taré ici !" avoua-t-il "Je veux dire ils racontent des trucs vraiment délirants sur toi…"

"Comment ça ?"

"David m'a dit que t'étais psychopathe sur les bords, par exemple" dit Harry.

Tom leva les sourcils en souriant d'un air mauvais.

"Délirant, en effet…" siffla-t-il.

"Il m'a aussi dit que si je ne le croyais pas il fallait que je te demande ce qu'il s'était passé avec une certaine Mackenzie Lorens…" murmura Harry, semblant un peu plus tendu.

Ce ne fut rien cependant face à la réaction de Tom. Celui-ci s'était instantanément gelé, ses yeux s'étaient durcis et sa mâchoire se serra. Harry sentit tous ses changements et sut qu'il avait touché une corde sensible.

"Mais ce mec raconte sûrement vraiment n'importe quoi !" s'exclama Harry, feignant n'avoir rien remarqué.

Tom ne répondit rien, il plongea sa main dans leur sac de bonbons.

"Mais malgré tout, Tom, tu sais que tu peux me parler si tu le veux…"

"Je n'ai pas envie de parler !" fit Tom sèchement.

"Je suis sûr que ça te ferait du bien" objecta Harry à voix basse.

Tom soupira :

"Est-ce que tu veux qu'on se dispute à nouveau à propos de ça ?"

"De ça ? C'est vrai, il ne s'agit que de ton enfance, ça n'a vraiment aucune importance surtout quand on voit à quel point ça a l'air de t'affecter !"

"Pousse-toi !"

"Quoi ?"

"Pousse-toi !" répéta Tom d'un ton énervé.

"Pourquoi ?"

"J'ai envie de me lever" répliqua Tom avant de bousculer Harry.

Il se leva et lança un regard noir à son correspondant.

"Tu cherches vraiment le conflit, hein ?" fit-il avant de se diriger vers la sortie.

Harry se leva précipitamment.

"Où tu vas ?" demanda-t-il en essayant de le rattraper.

"Je sors !"

"Tu fuis…"

Tom se tourna vers lui brusquement.

"Non, je ne fuis pas ! Tu me fais chier avec tes questions ! Je – n'ai – pas – envie – d'en – parler ! C'est clair maintenant ? C'est moi qui décide si je veux en parler, et là maintenant je n'ai pas envie mais si tu veux gâcher les deux seules semaines que tu passes ici, alors vas-y ne te gêne pas !"

"Ne remets pas la faute sur moi ! C'est toi qui gâche tout… Depuis le début, depuis que tu es parti de Newport, tu gâches tout ! Tu as tout fait pour qu'on ne soit plus ensemble !" s'exclama Harry.

Tom resta silencieux, il semblait passablement irrité par la tournure que prenait la conversation.

"Combien de fois t'ai-je dit que je me fiche complètement de ce que les autres disent ? Que je t'aimerais quoique tu ais fait et vécu ? Tu dois me faire confiance et tu dois me parler… parce que sinon je ne vois pas comment on pourra continuer notre histoire, il y a trop de tensions, trop de non-dits"

"Toi non plus, tu ne me dis pas tout ! Je ne sais pas pourquoi tes parents t'ont jeté dehors, par exemple…"

"Tu ne me l'as pas demandé, mais ça ne me fait rien de t'en parler…" dit Harry en s'approchant de son correspondant.

Tom remarqua qu'Harry avait les larmes aux yeux et cela le mit mal à l'aise, il détourna les yeux d'un air gêné.

"Je t'en prie, je crois que j'ai été plutôt patient avec toi depuis le début, je me suis accroché parce que je t'aime mais là… je t'assure que ça commence à me faire trop de mal, et je ne sais pas si je tiendrais."

Tom leva les yeux au ciel d'un air désespéré. Harry savait qu'il l'avait mis au pied du mur et que l'issu de leur dispute serait soit la vérité soit la rupture. Et tandis que son cœur battait à vive allure, Harry se demandait comment il avait pu prendre le risque de le perdre.

Tom ne disait rien, il avait baissé les yeux au sol tandis que l'horreur de son enfance emplissait sa tête de cris et de pleurs étouffés. Il n'arrivait pas à parler et pourtant il savait qu'il était très près de perdre la seule personne qu'il avait aimé. Il avait envie de lui dire car il savait qu'il n'avait plus rien à perdre, que dans un des cas Harry partirait à coup sûr et que dans l'autre il y avait une petite chance qu'il reste. Il voulait user de cette chance jusqu'à la corde, lui faire comprendre l'ignominie de ce qu'il avait fait, l'adoucir de ses explications mais il n'avait pas prévu que ce serait si difficile d'en parler. Il croyait que le plus dur serait de raconter ce passage de sa vie à Harry, mais en réalité c'était infiniment plus douloureux de se l'avouer à lui-même.

Il se demanda s'il était devenu faible… Il se demanda comment cela faisait-il qu'il n'avait presque jamais pleuré lorsqu'il avait neuf ans, et que maintenant il était au bord des larmes. Il se demanda où était passée sa carapace inviolable tandis qu'une de ses larmes tombait le long de sa joue, il se demanda pourquoi fallait-il que les très peu nombreuses fois où il avait pleuré soient, à une exception près, toujours devant Harry…

Harry ne savait plus quoi faire ou quoi dire alors qu'il observait le silence douloureux de son petit ami. Il le vit s'adosser contre une des bibliothèques et laisser échapper une larme, les yeux baissés. Harry posa sa main sur la main gauche de Tom qui était fermement serrée.

"S'il te plaît, ne me quitte pas…" murmura Tom avant d'ouvrir les yeux sur Harry.

Harry essuya les quelques larmes qui avaient coulé. Il se sentait mal d'avoir à ce point insisté, de toute évidence Tom ne se sentait pas prêt à tout raconter.

"Je ne te quitterai jamais Tom tant que tu veux de moi. Je veux t'aider, je n'en peux plus de te voir souffrir. Je veux être l'ami que tu n'as jamais eu… Je veux être celui que t'aurais dû avoir et qui ne t'aurais pas juger… Je veux te voir me regarder en face sans avoir honte de ton passé. Je voudrais tellement que tu te laisses aller et que tu me dises ce qu'il te fait si mal… On peut juste y aller doucement, raconte-moi ce que tu veux et on ira à ton rythme."

"J'ai très envie de tout te dire mais… j'ai tellement peur que tu aies peur de moi, que tu me juges sur mes actes ! Et ça fait tellement longtemps que je n'avais pas repensé à tout ça. Ton arrivée a tout chamboulé…" murmura Tom.

"Je sais, je suis désolé si… je te fais du mal en te parlant de cela, mais je pense que tu as vraiment besoin d'en parler Tom…" chuchota Harry, mordant sa lèvre inférieure avec anxiété alors qu'il considérait l'abattement de son petit ami.

"Je te raconterai tout" assura Tom, à voix basse, il semblait fatigué tout à coup.

Harry esquissa un sourire.

ooOoo

Juin 19XX, Lagune de Widewater, Shoreham-by-Sea, Angleterre

En-haut d'un récif escarpé épargné de l'assaut des vagues grâce à sa fantastique hauteur, un très jeune garçon contemplait la mer déchaînée d'un air éteint. C'était la première fois de sa vie qu'il voyait la mer et il se demanda subitement pourquoi tant de poètes en avaient fait moult éloges. Pour lui, cela n'était rien de plus qu'un énorme lac énervé et dont l'eau huileuse attaquait sans répits les rochers qui l'emprisonnaient. Il devait avouer cependant que l'air était mille fois plus respirable qu'à Londres, là où le trafic incessant des voitures et des autobus rendait la promenade de santé inutile.

Il jeta un bref coup d'œil derrière lui, et fronça des sourcils lorsqu'il vit que les autres s'amusaient encore à se sauter dessus. Il détourna son regard d'eux d'un air dédaigneux… ce qu'il pouvait les détester ! Les sourires ravis, les rires joyeux, les cris excités énervèrent plus que jamais le petit garçon. Il s'assit dans l'herbe et posa son visage dans sa petite main blanche, l'œil vide, il continua de regarder l'horizon d'un air morne. Il ne put s'empêcher de les regarder une fois de plus et sentit un nœud dans la gorge lorsqu'il vit ce crétin de Samuel rouler dans l'herbe avec sa copine. Les surveillantes étaient elles aussi assises dans l'herbe regroupées dans un coin, riant de choses et d'autres tout en surveillant d'un œil les enfants. Tom les observa un moment, espérant qu'elles s'aperçoivent que deux des orphelins ne respectaient pas le règlement… En effet, il était interdit de s'embrasser sur la bouche à l'orphelinat, et Tom pensa à juste titre que ce serait d'autant plus sévèrement puni que les deux-là avaient huit ans tous les deux, tout comme Tom.

Penser à cela l'énerva davantage… Il avait toujours détesté son âge et cela peu importe qu'il gagne un an chaque année ! Il était très pressé d'avoir dix ans, il lui semblait qu'on prenait les personnes de dix ans un peu moins pour des idiots.

Il fut très déçu lorsque les surveillantes posèrent sur le jeune couple un regard amusé et indulgent. Il était vrai que c'étaient supposé être des vacances… et peut-être que les adultes étaient plus gentils pendant les vacances. Tom avait été très content de savoir qu'il allait partir en vacances lorsque la directrice Mrs Cole leur avait annoncé la bonne nouvelle, mais il s'était vite aperçu que les surveillantes étaient impossibles à berner et qu'il ne servait à rien de rêver : il n'était pas encore levé le jour où il pourrait fuir. Alors Tom commençait à regretter d'être parti, il se disait qu'il aurait été peut-être plus facile de fuir à l'orphelinat étant donné qu'une bonne moitié des surveillantes serait partie accompagner les autres. Il n'avait pas été très fin sur ce coup-là, mais il ne perdait pas espoir, il savait qu'un jour, il réussirait à s'enfuir.

Il pourrait même retourner dans un village où il y avait la mer aussi. Il pensait bien à un nom de village mais n'osa pas le formuler de façon plus précise, il n'était encore sûr de rien. Et après tout, cela faisait des années qu'il attendait mais jamais personne n'était venu frapper à la porte de fer le réclamer.

A cette pensée, il se tourna vers cette petite peste de Mackenzie Lorens qui semblait jouer au docteur avec son Samuel adoré. Elle faisait partie des idiotes qui criaient haut et fort que ses parents reviendraient la chercher, Tom avait toujours détesté ces sottes d'avoir un pareil espoir… Et pourtant !

Une semaine plus tôt, un événement quelque peu rare mais pas inconnu se produisit à l'orphelinat. Le propre père de Mackenzie Lorens était venue la réclamer ! Son propre père, celui qui l'avait faite, celui qui l'avait aimé. Ce père-là qui avait fait un boucan pas possible pour voir sa fille et qui l'avait enlacée devant tout le monde. C'était un souvenir particulièrement horrible pour Tom… Il était là depuis huit ans, elle depuis un an et six mois, et voilà que son père venait la chercher dans cette prison austère qu'était l'orphelinat de Stockwell.

Dans quelques jours, elle irait vivre avec son père, pleurant à la fois de tristesse et de joie de devoir abandonner ses copines et Samuel pour vivre avec son papa. Un rêve pour tous les autres orphelins, une réalité pour Mackenzie.

Pour l'attrister, Tom lui avait rappelé que son père si parfait l'avait tout de même oublié et abandonné pendant un an et demi. A cela, elle ne pouvait rien répondre, Tom ignorait complètement si le père de Mackenzie avait vraiment voulu se débarrasser de sa fille, mais au moins cela faisait disparaître le sourire de Mackenzie durant quelques secondes.

Tom commençait à avoir froid, le vent soufflait fort et son manteau n'était pas très chaud.

Il entendit vaguement les surveillantes taper dans leurs mains pour leur demander de se regrouper mais Tom fit semblant de ne rien entendre. Il regardait fixement les vagues qui s'éclataient avec violence contre les rochers.

Une poignée de fer s'abattit avec brusquerie sur l'épaule du petit garçon.

"Aïe !" s'exclama-t-il en se retournant.

Ses yeux noirs devinrent grenat un instant. La surveillante le gifla.

"Tu vas arrêter de faire l'insolent, Tom ! Et va jouer un peu avec les autres !"

"Non…" murmura Tom d'un air énervé, mais la surveillante ne l'écoutait pas, elle l'emmena vers les autres tout en tenant étroitement son poignet dans sa main.

"Ils veulent jouer à cache-cache et tu vas faire de même ! Mettez-vous deux par deux…"

Les groupes se firent et à la fin il ne resta que Tom et Andréa qui étaient tous seuls. Andréa se dirigea mécaniquement vers le brun mais la surveillante l'arrêta.

"Non, non, on va changer quelques petites choses ! Mackenzie, tu ne crois tout de même pas qu'on va te laisser avec Samuel !" fit-elle en couvant la jeune fille d'un regard affectueux, "Va plutôt avec Tom, et toi Andréa, va avec Samuel…"

Les échanges s'opérèrent. Tom évita le regard noir de Samuel… Ça devait horriblement l'agacer que son ennemi soit avec sa copine. Tom esquissa un sourire en coin. Il décida d'en jouer : ce n'était pas tous les jours qu'il avait l'occasion d'embêter Samuel.

Samuel et Andréa furent désignés pour compter.

Au coup de sifflet, Tom attrapa la main de Mackenzie avec dureté et l'entraîna le long des récifs derrière de grands fourrages et de petits bosquets. Ils étaient presque introuvables maintenant.

"Oh ! Mais lâche-moi Riddle !" s'exclama-t-elle avec impatience.

"Tais-toi !" murmura le garçon.

"Ne me donne pas d'ordres ! Espèce de demeuré !"

Tom se tourna vers elle d'un air courroucé.

"Ne fais pas ta maligne avec moi" siffla Tom d'un ton d'alerte.

"Et pourquoi ça, crétin ?"

"Parce que tu vas le regretter !" affirma Tom d'un ton dangereux.

"Tu ne me fais même pas peur ! SPPLV !"

"Quoi ?" s'étonna Tom d'un ton surpris.

"Sans Potes Pour La Vie" rit-elle "C'est comme ça que tout le monde t'appelle…"

"Je te déteste" dit Tom à voix basse, les yeux noirs de haine.

"Tu es jaloux de moi parce que tu n'es plus le chouchou ! Samuel m'a dit que les professeurs et les surveillantes t'aimaient bien avant… Mais ils ont vite compris que t'étais un monstre ! Tu insultes tout le monde et aucun parent n'a jamais voulu de toi ! C'est normal, t'as des yeux de serpent !"

La colère envahit les sens de Tom tandis que les paroles de la petite fille parvenaient à ses oreilles.

"Un monstre !"

"Tais-toi" murmura-t-il, fermant les poings et les yeux de toutes ses forces.

"Personne ne voudra jamais de toi !"

Tom attrapa ses cheveux blonds d'un geste brusque et il tira dessus avec force. La petite fille cria, et Tom eut peur qu'on les entende même s'ils étaient bien cachés. Il frappa Mackenzie au visage et la traîna au sol par les cheveux le plus vite possible vers sa cachette secrète : celle qu'il avait découvert la nuit dernière.

Mackenzie criait et pleurait mais Tom s'en fichait. Il la poussa dans un trou à même le sol qui conduisait vers une grotte.

"Mais n'aie pas peur, le SPPLV va te montrer ses amis !" s'écria-t-il avec un rire moqueur.

Il mit un coup de pied sur la tête de la petite fille et celle-ci disparut à l'intérieur du trou. Il y eut un bruit de chute puis un court silence eut lieu.

"Qu'est-ce que c'est…. HAA !" hurla Mackenzie.

Tom s'empressa de faire rouler la grosse pierre qui était normalement au-dessus du trou et réussit à faire en sorte que plus aucun rayon de soleil ne filtre entre les légers interstices. Il avait découvert cet endroit au milieu de la nuit dernière lorsqu'il essayait de fuir et avant qu'il ne se fasse attraper par les surveillantes.

L'endroit était infesté de rats et de serpents. Même Tom avait eu peur quand il avait voulu s'y cacher et était sorti précipitamment – les serpents ça allait mais il détestait les rats. Seulement, il haïssait Mackenzie et ses cris et ses pleurs étouffés le remplirent de joie et de fierté. Il se cacha sous une haie de mûres sauvages et attendit que Samuel le trouve… Il était pressé de voir comment il allait réagir en voyant sa copine mordue et griffée par des bêtes sauvages. Le temps passait et bercé par les cris de Mackenzie, il savourait sa vengeance. Après cela, il pourrait la laisser partir avec son père sans regrets.

Au bout d'un moment, les cris de Mackenzie s'espacèrent, ses griffures contre la pierre s'arrêtèrent et bientôt il n'entendit plus rien.

Il se leva et s'approcha de la pierre, il murmura tout contre elle :

"Lorens !?"

Pas de réponses.

Tom fronça les sourcils. C'était sûrement un moyen de le faire changer d'avis, elle pensait peut-être qu'il allait la libérer si elle ne faisait plus de bruits. Il laissa passer quelques minutes, mais sans qu'elle ne le prévienne, la peur commença à prendre possession de lui.

"Lorens ?" fit-il avec un peu moins de hargne.

Mais il n'y eut toujours aucune réponse. Il entendait maintenant le vague écho des autres qui s'étaient faits attrapés et qui discutaient au bord de la baie.

Un peu angoissé, Tom écarta la pierre de quelques centimètres.

"Lorens, ne joue pas avec moi ! Je sais ce que tu essayes de faire !" s'exclama-t-il d'une voix moins froide qu'il ne l'aurait voulu.

Il distingua la silhouette de Mackenzie allongée sur le sol mouillé de la grotte. Ses ongles rentrèrent dans la paume de sa main brusquement. Il était terrorisé à présent. Il rentra avec précaution dans la grotte et sauta au sol. Il faisait bien trop sombre pour qu'il puisse y voir quelque chose, mais il sut que Mackenzie Lorens ne faisait pas semblant. Il s'agenouilla, plongeant ses genoux dans le bas niveau de l'eau et porta la petite fille. Elle n'avait aucune réaction.

Tom la hissa du mieux qu'il put hors du trou et dût la cogner une bonne dizaine de fois entre les parois, mais il réussit à la sortir de la grotte. Il prit lui-même appui contre la paroi pour sortir à la surface. Il posa directement son regard sur la petite fille, et là l'effroi total emprisonna son corps d'un linceul glacial, atroce.

Le petite fille avait les yeux grand ouverts, vides, sans expressions, engloutissant le ciel dans leurs pupilles éclatées et mortes. Tom se releva, la respiration haletante, il recula contre la haie de mûres et s'affala contre. Il tremblait de parts et d'autres, il avait froid et chaud et il ne savait plus où il était… Ses larmes… Ses larmes n'arrêtaient plus de couler. Un froid mordant était en lui. Mackenzie était morte… morte… morte…

Il sentit des pas, il vit le ciel gris, il entendit des hurlements horribles, déchirants. Des gifles sur ses joues, des cris, des pleurs… Et un petit garçon évanoui. Tom baissa les yeux. C'était Samuel étendu près de Mackenzie dont le visage reflétait l'horreur suprême et l'innocence la plus pure.

Deux des surveillantes le frappaient, clamant des explications tandis qu'elles paniquaient, criaient, pleuraient. Mais Tom s'évanouit. Et les surveillantes le laissèrent tomber au sol.

ooOoo

De nos jours, Orphelinat de Stockwell

"J'ai tué cette petite fille…" murmura Tom dans le noir.

Le silence se fit pendant quelques secondes, Tom attendait, anxieux, une réaction. Soudain, il sentit des bras s'enrouler autour de son cou, et des lèvres glisser contre sa joue. Harry trembla en sentant contre sa peau les larmes de son correspondant.

"Non, tu ne l'as pas tué ! C'était un accident !" s'exclama Harry en chuchotant.

Ils étaient cachés encore une fois derrière la dernière rangée de la bibliothèque, c'était devenu leur endroit fétiche, le seul endroit où ils pouvaient parler, s'enlacer, s'embrasser.

"Non… c'est de ma faute. Tu n'as pas vu son visage, tu n'as pas vu l'effroi dans ses yeux, et les pleurs des surveillantes… Elle ne m'avait rien fait mais je la détestais et elle en est morte…"

Harry alluma la petite lampe qu'ils avaient posé sur l'une des basses étagères. Il remarqua alors que Tom avait les yeux baissés vers le sol et que ses larmes continuaient de couler.

"Tom…"

"Ne dis rien !" coupa Tom "Je sais ce que tu penses ! Mais je te jure que je ne le savais pas… Je te jure que je voulais pas qu'elle meure, je voulais juste qu'elle ait peur, qu'elle souffre… Je n'aurais jamais fait ça si j'avais su qu'elle était cardiaque, je ne l'aurais jamais enfermée dans cette cave poisseuse, je te le jure !"

"Je sais, je sais" murmura Harry avant de déposer un léger baiser sur ses lèvres humides de ses larmes, "Elle est morte d'une crise cardiaque, alors ?"

Tom acquiesça.

"Je suis désolé, Harry…" murmura-t-il. Harry pouvait sentir tout le désespoir de son petit ami, et cela lui donnait envie de pleurer à lui aussi. Mais il savait qu'il ne devait pas craquer, qu'il devait être fort. Il prit Tom dans ses bras et le serra très fort contre lui.

"Tu n'as pas être désolé, je suis là, je ne te laisserai pas… Je t'aime…"

Tom s'agrippa à Harry, tandis que les souvenirs affreux de cette après-midi de juin revenait le hanter.

"Pardonne-moi… Pardonne-moi" ne cessait-il de répéter.

"Shh…" chuchota Harry.

Harry continua de le rassurer pendant de longues minutes, essayant de le déculpabiliser tandis que lui-même pensait à ce qu'il avait traversé et vécu.

Puis, Tom se redressa. Ses yeux étaient rougis et il semblait complètement abattu, mais il ne lâchait plus Harry.

"Merci, Harry"

"De rien…" répondit celui-ci avec un très léger sourire.

"J'arrête pas de pleurer en ce moment, ça ne va vraiment pas ça."

"Non, t'en avais bien besoin…" répliqua Harry, "Que s'est-il passé ensuite pour toi ?" ajouta Harry, d'une petite voix, laissant le choix à son petit ami de répondre ou pas.

"Beaucoup de surveillantes ont été renvoyé ou ont démissionné avec l'interdiction de parler de ce qu'elles savaient. Mais le pire c'est quand Mrs Cole a raconté ce que j'avais fait à son père, tout le monde à l'orphelinat a entendu ses cris de détresse. Et moi j'étais caché comme un lâche… La seule raison pour laquelle cet homme ne m'a pas tué c'est que Mrs Cole, la directrice, a raconté une toute autre histoire. Je n'étais plus mis en cause dans cette histoire-là, elle m'a protégé parce qu'elle savait que si cette histoire venait à être entendue, j'allais en pâtir toute ma vie ! Alors elle n'a rien dit, mais m'a prévenu que je devrais rester ici jusqu'à mes 17 ans."

"Alors… Toi et elle vous êtes les seuls au courant ?"

"Non, il y a Samuel aussi, et quelques surveillants ont été mis au courant" répondit Tom.

"Et ils n'ont jamais rien répété ?" s'étonna Harry.

"Juste assez pour alimenter les rumeurs, mais Samuel ne veut pas en parler… Ça l'a choqué de la voir morte, il a eu un suivi psychologique pendant plusieurs années, tout comme moi…"

"Tu as vu un psy ?"

"Oui, il m'a aidé à comprendre ce que j'avais fait et à l'accepter… plus ou moins. J'ai vraiment changé depuis la mort de Mackenzie Lorens, je suis devenu moins méchant, moins railleur. J'ai arrêté mes jeux sadiques avec les autres, et je me suis un peu renfermé sur moi-même… Après ça, je n'avais plus qu'une obsession : étudier pour réussir. Je voulais à tout prix m'enfuir d'ici, et bientôt ce sera chose faite… En juin, je m'en irai et ne remettrai plus jamais les pieds dans cet orphelinat !"

Harry esquissa un sourire.

"Tu veux attendre d'avoir ton diplôme ?"

"Oui, même si je donnerais n'importe quoi pour me barrer dans deux semaines !"

En effet, Tom serait libre de partir ou de rester à 17 ans, âge qu'il aurait le 31 décembre.

"Tom… Je peux te poser une question ?" demanda Harry avec hésitation.

"Oui."

"Tu te rappelles quand tu m'as raconté ce qui s'est passé avec Mackenzie, tu m'as dit qu'elle t'avait insulté, qu'elle t'avait dit que t'avais des yeux de serpent et c'est pour ça que les parents n'ont pas voulu de toi… Qu'est-ce qu'elle voulait dire exactement ?"

Tom soupira et alla s'asseoir sur l'une des tables de la bibliothèque. Ils ne devaient pas faire trop de bruits, c'était la nuit et ils n'avaient pas le droit d'être là. Harry alla le rejoindre et s'assit juste à côté de lui.

"Tu sais ce que c'est que 'mes yeux de serpent', tu me l'as toi-même fait remarquer à Newport, tu sais quand on s'apprêtait à rentrer dans la pizzeria juste avant le cinéma…"

"Oui je me souviens, c'est le soir-là où Draco s'est rendu compte que Ron plaisait à Hermione…"

Tom ne releva pas. Même s'il aimait beaucoup mieux le blond à présent, il était encore très jaloux de lui. Après tout, il était son principal adversaire : beau, intelligent et doué à faire de la répartie. En plus, c'était le meilleur ami de son petit ami.

"En tout cas" reprit Tom "Ce soir-là, juste avant de rentrer dans le restau, tu m'as dit que mes yeux devenaient rouge de temps à autre et… je ne t'ai pas répondu…"

"Oui, c'est vrai" affirma Harry, tandis qu'il se rappelait les multiples fois où il avait vu les yeux de Tom changer de couleur.

"Tout le monde ici l'a remarqué, les profs, les surveillants et surtout les autres… On m'a emmené voir des dizaines de médecins qui ont dit que c'était sûrement un vaisseau qui éclatait de temps en temps surtout quand j'étais énervé, apeuré ou… excité…"

Un petit sourire gêné fit irruption sur les lèvres de Tom, et Harry lui répondit par le même sourire.

"Ça ne ressemble pas à ça" remarqua Harry "C'est ton iris qui change de couleur, le plus souvent…"

"Oui je sais, cette explication n'a contenté personne et surtout pas les parents qui venaient choisir un orphelin ! Je me souviens que la première fois où j'ai vu ces parents débarquer dans notre petit dortoir méticuleusement rangé, une surveillante m'avait dit que je serais sûrement choisi… Mais, rien de cela n'arriva. J'étais tellement stressé et j'avais tellement peur que mes yeux changeaient de couleur dès qu'un couple posait les yeux sur moi, ça a fait ça à chaque fois. Et alors que les autres se faisaient choisir un à un, moi je restais là toujours plus longtemps, et plus je grandissais moins les parents étaient intéressés par moi… Les plus anciens m'appelaient 'le jamais choisi' parce que j'étais là depuis ma naissance, et généralement, les plus jeunes sont vite adoptés, à part les moches bien-sûr !"

"C'est horrible ce que tu dis !"

"C'est pourtant la vérité, les parents qui venaient ici recherchaient le gosse parfait, je ne crois pas que j'étais désagréable à regarder mais mes yeux rouge m'ont toujours empêché d'avoir des parents…"

"Je suis vraiment désolé, Tom" murmura Harry d'un air triste.

"Ce n'est pas grave… De toute façon, quand j'ai tué Mackenzie Lorens, il n'était plus question que je me fasse adopter et Mrs Cole a arrêté les visites pour moi. Et puis, je n'ai jamais vraiment rêvé de me faire adopter… Moi, ce que je voulais c'était retrouver mon père, celui qui avait donné ce médaillon à ma mère, mais bon ça aussi c'était un rêve d'enfant…" fit Tom en haussant les épaules.

"Non" murmura Harry "Ne crois pas ça…"

Tom baissa les yeux et ne dit plus rien. Harry le regardait, essayant de digérer toutes les informations que lui avait donné Tom en peu de temps. Il était ravi qu'il se soit ouvert à lui mais son visage était triste, Harry savait qu'il venait de rouvrir une très vieille blessure qui n'avait peut-être jamais cicatrisée.

 

 

TO BE CONTINUED...

 

J'ai pas trop de commentaires mais j'espère que vous aimez quand même. 

Bisous,

 

SamaraXX.

 

01/07/08

 
 
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