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au 20 Nov 08 :
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contenant 3547 chapitres
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Bienvenue chez moi
Par SamaraXX
Harry Potter  -  Romance/Drame
29 chapitres - Rating : T+ (16ans et plus)
    Chapitre 3     Les chapitres     20 Reviews    
Cesse de battre

 

Je vais essayer de mettre les 28 premiers chapitres dans un délai très court vu que cette fic est déjà publiée sur plusieurs sites et que je ne veux surtout pas désavantager ce site ! ^^

Voici la suite, bonne lecture !

3ème Chapitre : Cesse de battre…

 

Harry était d'humeur taciturne ce soir-là. Il savait pourtant qu'il pourrait essayer de paraître un peu plus enjoué le soir de la venue de son correspondant mais Cho l'embêtait encore et avait fait sonné son portable dix-neuf fois. Il était vraiment atterré du manque de maturité de son ex petite-amie. Bien-sûr, il admettait qu'on puisse souffrir d'une séparation mais Cho n'avait jamais manifesté son attachement pendant les six mois qu'avait duré leur relation, et maintenant qu'il l'avait quitté, elle l'harcelait pour lui reparler… Cette fille avait-elle seulement du bon sens ?

Tant qu'à son correspondant, il craignait un peu leur rencontre. Le bus de Stockwell devait arriver vers dix-huit heures sur le parking de son lycée. Plus l'heure avançait, plus il regrettait d'avoir pris un correspondant. Il avait reçu sa fiche de présentation… Si on pouvait appeler ça une fiche de présentation – le garçon avait rempli la moitié de la fiche de façon laconique. De toute évidence, Tom – car c'était son nom – n'en avait rien à faire.

Harry allongé sur son lit soupira puis il prit d'un geste brusque la fameuse fiche. Il n'avait même pas daigné mettre une photo, mais il ne se faisait pas d'illusion, il était sûrement tombé sur un garçon laid, introverti dont la seule passion dans la vie était la musique heavy metal. Non pas qu'Harry détestait ce style de musique, après tout un de ses amis Seamus Finnigan n'écoutait que ça mais il pensait que quelqu'un d'aussi désintéressé de la vie ne pouvait qu'écouter du heavy metal.

La chambre d'Harry était très grande et était parfaitement équipée. Il avait la télé dans sa chambre, une chaîne hi-fi qui faisait enrager ses parents, une salle de bain, à lui, privée. Il n'avait vraiment pas à se plaindre. Il était certain que son correspondant apprécierait de vivre chez lui, sa maison était très moderne et possédait de larges baies vitrées.

Il avait même une piscine dans une énorme véranda accolée à la maison, l'été ils ouvraient toutes les baies vitrées et ainsi ils avaient l'impression d'être dehors au milieu des roses et des tulipes de sa mère. Tout chez lui était luxueux, bien-sûr ça n'avait rien à voir avec le manoir de Draco. Malgré le confort de sa propre maison, Harry en venait à jalouser le style de la demeure du blond… Si la maison d'Harry prédominait dans le moderne et le confort, celle de Draco misait tout sur l'esthétique. Quand Harry y allait, il avait tout le temps peur de casser quelque chose. Ce n'était pas le genre de maison dans laquelle on pouvait s'étaler dans son canapé avec un soupir de satisfaction, d'ailleurs le caractère froid et légèrement coincé de Draco rappelait ses origines aristocratiques.

Quelqu'un frappa à la porte de sa chambre, et Harry baissa le volume du son de la télé avant d'autoriser la personne à entrer. La tête brune de son père apparut dans l'entrouverture et avec un sourire, il lui dit :

"Il faut y aller, il est cinq heure et demi !" prévint-il.

Harry éteignit sa télévision et suivit son père dans l'escalier. Tandis qu'il mettait ses chaussures, il se demanda comment il allait faire pour reconnaître son correspondant s'il ne l'avait jamais vu. Il espérait que les profs feraient l'appel. James et Harry passèrent par le petit couloir qui reliait le hall au garage, puis ils montèrent dans leur magnifique Audi A6 noire. La porte de garage s'ouvrit automatiquement et ils zigzaguèrent pendant vingt minutes dans les routes de campagne. Il était difficile d'imaginer que le hameau qu'était Godric's Hollow soit proche d'une ville vu le nombre de forêts et de champs qui les séparaient.

"Alors, Harry… Tu le sens comment ce correspondant ?" demanda James alors qu'il entrait dans Newport.

"Bof…" répondit Harry "T'as vu sa fiche ?"

"Non, je n'ai pas eut le temps…"

"Pas grave, mais j'ai jamais vu quelqu'un d'aussi peu passionné de la vie" fit Harry d'un air morose.

"Tout le monde n'est pas comme toi, Harry… Tu dois bien avoir dix passions alors c'est sûr que le premier venu qui te dit qu'il n'a aucune passion mis à part dormir tu vas le prendre pour un allumé…" fit James avec un sourire.

Harry lança un regard amusé vers son père.

"C'est vrai" avoua Harry "Mais bon, je balise un peu…"

"N'oublie pas que c'est un orphelin, en ce qui me concerne ça m'étonnerait qu'il soit un exemple de gentillesse et de politesse, je sais que la raison pour laquelle tu as choisi d'adhérer à cet échange est parce que tu veux aller à Londres mais moi j'ai bien lu la circulaire, et c'est surtout un échange entre deux mondes complètement différents… Ta mère et moi avons accepté mais il va falloir que tu t'occupes de lui parce qu'on est très occupés et qu'on aura pas que ça à faire que d'aller le rechercher à droite et à gauche, compris ?"

Harry resta silencieux quelques secondes en guettant les essuie-glaces qui repoussaient l'eau furieusement.

"Oui, je ne vois pas où est le problème, tu sais… Il ira en cours avec moi, pendant les récrés avec ses copain – s'il en a – et puis le soir on rentre…" fit Harry simplement alors que son père garait la voiture dans le parking où des gens attendaient déjà sous la pluie.

"Génial, comme toujours on est les derniers à arriver…" fit James.

"Peu importe, le bus n'est pas encore arrivé et puis ne t'inquiète pas, personne ne pourra vaincre les Weasley en ce qui concerne leur légendaire retard" fit Harry avec un sourire amusé.

Harry et James avancèrent vers le groupe de parents et d'élèves qui attendaient au centre du parking.

"Parce que Ron a décidé de prendre un correspondant, finalement ?" demanda son père d'un air étonné.

"Oui… Quelque chose me dit que ça a un rapport avec Hermione" fit Harry, son père eut un sourire.

Dean et Seamus étaient en retrait par rapport au groupe et discutaient tranquillement, Harry alla les rejoindre tandis que son père saluait M. Granger.

"Salut les gars " fit-il avec un petit sourire.

"Salut Harry…" répondirent-ils en chœur "Pressé de voir ton correspondant ?" demanda Seamus.

"Bof, j'en sais rien… Je le serais s'il n'avait pas l'air si spécial" dit Harry.

"Le mien semble beau gosse et il le sait d'après ces centres d'intérêts, il a de quoi, faut dire… Si je n'étais pas hétéro je pourrais dire qu'il est même carrément bandant !" déclara Seamus.

Harry éclata de rire et secoua la tête d'un air désespéré. Seamus était le roi pour placer un soupçon de sexe dans n'importe quelle conversation. Harry mit sa capuche alors qu'il remarquait que la pluie s'épaississait, il lança un regard à Dean qui restait étrangement silencieux.

"Ca va pas, Dean ?"

"Si, si…" dit-il d'un air pensif "C'est simplement que j'ai l'impression que tous ces orphelins semblent un peu bizarre… C'est normal, mais je crains un peu de me retrouver avec un espèce de facho raciste pendant deux semaines…"

Dean était noir et subissait souvent le racisme dans la campagne où voir un noir semblait être une attraction particulièrement rare.

"Ne t'inquiète pas, Dean" fit Harry "Ils viennent de Londres, il y a des fachos là-bas mais eux sont des orphelins reclus de partout, à mon avis ce sont plutôt des délinquants mais ça m'étonnerait qu'ils soient racistes. Je pense que, eux, ils nous prennent pour des racistes et ils n'auraient pas tord vu les vieilles peaux qui habitent ici" cracha-t-il en regardant la mère d'un de ses camarades de classe qui était raciste et qui le revendiquait.

Puis à six heure et quart, un bus aux phares aveuglant arriva sur le parking. Harry gelait de froid et il était pressé de ramener le correspondant chez lui. Il alla rejoindre son père tout en disant au revoir à ses copains. Il fit un petit sourire à Hermione qui restait prostrée bien droite à côté de son père.

Entre son père et Hermione, Harry regarda les premiers correspondants qui descendaient du bus, ils avaient l'air fatigué. Alors qu'il s'impatientait, un jeune homme au regard dure et sombre descendit les marches du bus. Harry ne put détacher les yeux de lui. Il était tout simplement magnifique, le jeune homme remit avec un air arrogant le col de son manteau quand il remarqua qu'il pleuvait. Harry était certain que le correspondant devait être celui de Seamus, lui-aussi trouvait à ce moment-là que le jeune homme était particulièrement beau, non il était même franchement séduisant.

Harry entendit Hermione à ses côtés qui jurait à voix basse en le regardant. Même si Harry ne croyait pas en Dieu, il pouvait affirmer sans honte que Dieu avait crée une magnifique créature. Mais son air revêche, sa démarche conquérante et le profond gouffre de ses yeux qui semblaient engloutir le monde lui faisaient plutôt penser que ce garçon-là était la créature du Diable.

Soudain son père marcha vers le jeune homme et prit sa valise. Harry sursauta, mais que faisait son père ? Ce n'était pas son correspondant quand même !

"Harry va saluer ton corres' !" siffla Hermione en fronçant des sourcils.

Harry parut un peu interloqué, il fit quelque pas vers son père et son correspondant qui revenaient vers la voiture. Il se sentait très gêné et il sentait son estomac se tordre douloureusement. Son correspondant le regardait durement, d'un air terriblement arrogant.

"Salut" dit Harry tout en lui tendant une main.

Le correspondant hésita une seconde puis lui serra la main brièvement, Harry sentit une décharge électrique lui parcourir le bras. Il fronça des sourcils et n'entendit même pas sa réponse, il lui indiqua de monter dans la voiture alors que lui-même montait à l'avant. Il boucla sa ceinture tout en évitant soigneusement son regard dans le rétroviseur… Son coeur battait vite. Beaucoup trop vite.

XXXXXX

James coula un regard un peu inquiet en sa direction.

"Ca va ?" chuchota-t-il.

Harry le fusilla du regard.

James détourna les yeux et lança un regard bienveillant à Tom par le rétroviseur.

"Alors, c'est Tom, c'est ça ?"

"Oui c'est ça"

Harry se crispa sur son siège. Il avait un timbre de voix chaud et profond.

"Le voyage n'était pas trop long ?" demanda James.

"Non, ça a été" répondit Tom laconiquement.

Il rompit le contact visuel et regarda le paysage par la fenêtre. Il faisait nuit mais il pouvait distinguer les épaisses forêts, les nombreux champs, les quelques poteaux électriques qui les parsemaient. Il vit une demi-douzaine de vaches laitières paître tranquillement dans un pré. Pas de doute, il était bien à la campagne. Il y avait une pluie torrentielle maintenant, et Tom regrettait que son manteau soit si fin, il redoutait l'instant où il devrait sortir de la voiture.

Harry ne disait plus rien, il regardait sans trop le voir le paysage qui défilait sous ses yeux. Il se sentait comme fiévreux. Les phares des voitures qu'il rencontrait laissaient voir son visage beaucoup trop pâle. Son père lui lançait de nombreux regards.

James qui sentait une tension s'installer, mit la radio. Harry soupira alors que son coeur battait toujours la chamade. Il écouta d'une oreille distraite les paroles d'un animateur qui venait de faire gagner 500 £ à une auditrice. Il sentit doucement que son coeur se calmait, bien qu'il avait toujours ces sueurs froides qui lui gelaient la nuque.

Tom vit que la voiture obliqua sur la droite et se dirigea dans un tout petit village aux lumières allumées. Il observa tranquillement ces maisons aux haies bien taillées, et aux portails parfaitement fermés. Mais la maison de son correspondant semblait se trouver un peu à l'écart du village, ils franchirent même la pancarte qui indiquait qu'ils n'étaient plus à Godric's Hollow. Le père de son correspondant tourna de nouveau à droite et emprunta une route bordée de grands érables sur un demi kilomètre puis la voiture passa entre un portail ouvert.

Tom essaya de ne pas paraître ahuri, mais la maison était magnifique. Il voyait une piscine qui ressortait dans la nuit à cause des spots de lumière qui étaient allumés au fond du bassin remplie d'une eau transparente. Le jardin était immense et même si les fleurs étaient fanées, les arbres bien que sans feuilles s'élevaient dignement dans le jardin avec des branches couvertes de givre. La porte du garage s'ouvrit automatiquement et la voiture alla s'y ranger. Tom était soulagé de ne pas affronter la pluie diluvienne.

Harry ouvrit la portière d'un geste lent, son correspondant était déjà sorti de la voiture. Il regardait la pluie qui faisait de grandes flaques devant le garage. Harry guetta un instant son profil et sa mâchoire acérée qui était la base d'un visage parfaitement dessiné et dont l'éclat paraissait fantomatique sous les lumières blafardes des néons du garage.

"Allez, rentrez… Vous allez refroidir la maison…" dit son père avant de rentrer dans la maison par la porte qui reliait le garage et l'intérieur.

"Viens" murmura Harry.

Tom tourna son regard noir parsemé de cristaux rouges vers les prunelles émeraude de son correspondant. Il le dévisagea calmement et remarqua qu'il était anormalement pâle mais peut-être était-ce dû aux néons.

Harry ouvrit le coffre de la voiture et déchargea la valise de son correspondant. Il commença à la porter mais Tom prit la lanière de sa valise et affirma qu'il pouvait le faire. Harry acquiesça puis le mena dans un couloir sombre qui débouchait sur un hall contrastant dans sa lumière éclatante.

"Tu veux que je te montre ta chambre, tout de suite, comme ça tu pourras décharger tes affaires et t'installer avant de manger ?" demanda Harry.

Tom acquiesça tout en regardant les murs du hall recouvert de plusieurs peintures, il s'attarda sur un tableau représentant deux dieux grecs en train de s'embrasser. C'était assez étrange de voir ça chez des bourges anglais. Puis, il traîna sa valise jusqu'au premier étage avec l'aide d'Harry.

Le palier sur lequel ils arrivèrent était tout en plancher du sol aux murs. Harry lui indiqua que sa chambre était juste à côté de la sienne.

"C'est la chambre d'ami" dit-il en ouvrant une porte en bois brun.

Tom avança au centre de la pièce et apprécia le style sombre de la chambre. Il y avait un lit deux places avec une large armoire en ébène. Des rideaux rouge sombre encadraient une large fenêtre qui donnait sur le jardin.

"Ca te plaît ?" demanda Harry.

"Oui" répondit Tom.

Il se retourna vers son correspondant aux yeux verts et remarqua une fois encore qu'il semblait fébrile. Harry remarqua son regard insistant car il se détourna et ouvrit une porte sur sa droite :

"Voici ta salle de bain, en fait on se la partagera. Normalement cette chambre était à l'origine la mienne mais je préférais celle d'à côté qui est beaucoup plus grande… J'ai percé une porte dans le mur de ma chambre qui fait que les deux pièces se rejoignent grâce à la salle de bain… Je te montre" dit-il d'un air tendu.

Il entra dans la salle de bain suivi de Tom.

"Alors, il y a une douche…" fit-il.

Elle était fermée par des portes coulissantes en verre.

"… un bain" dit-il en montrant un bain près de la douche.

"… Et puis toilette, lavabos…"

Harry lui indiqua où étaient les serviettes et les gels douches, mais Tom lui assura qu'il en avait.

De l'autre côté de la salle de bain, il y avait une porte entrouverte qu'Harry ouvrit brutalement.

"Et voici ma chambre…" dit-il.

Il entra à l'intérieur en montrant ainsi à Tom qu'il avait le droit d'y entrer. Il fut étonné par la grandeur de la pièce. Il y avait des posters de basket partout et un petit peu de musique, mais il aperçut aussi de nombreux serpents en porcelaine, en tissu, en bois. Il semblait faire la collection de serpents. Tom ne put s'empêcher de sourire.

"Tu aimes les serpents ?" demanda-t-il d'un air étonné.

"Seulement d'un point de vue esthétique" se précipita de répondre Harry.

"Ha bon… Moi j'aime tout d'eux"

Harry eut un petit air gêné.

"En fait moi aussi, mais c'est la première fois que je rencontre quelqu'un qui aime les serpents aussi, la plupart du temps les gens font des grimaces dégoûtées…"

Tom se détesta pour ça mais il eut un sourire. Il ne s'attendait vraiment pas à le trouver sympathique.

"Si tu veux, je pourrais te montrer mon serpent, il est dans un énorme vivarium dans le salon…" fit Harry.

"C'est un serpent venimeux ?"

"Non, ils sont malheureusement interdits" répondit Harry avec un léger sourire.

Ils se dévisagèrent quelques instants puis Harry détourna ses yeux.

"J'ai une télé aussi…"

Tom fronça des sourcils devant le changement de conversation et s'aperçut qu'en effet il y avait une grande télé à écran plasma qui trônait devant un canapé.

"Si tu veux, tu pourras venir la regarder avec moi… A moins que tu préfères regarder des émissions littéraires terriblement ennuyantes avec mes parents" dit-il.

Tom ne répondit pas. Il doutait fortement de venir regarder la télé avec lui dans sa chambre.

"Je te ferai visiter la maison après le dîner, je pense qu'on va bientôt manger"

Harry dans sa chemise Hugo Boss et son jean noir taille basse ne savait plus quoi dire. Tom continuait de le regarder avec insistance, puis sans rien dire il quitta sa chambre en repassant par la salle de bain. Harry fronça des sourcils, puis il vit que Tom s'affairait dans sa chambre. Il devait défaire sa valise.

Harry ne tira pas de conclusions sur son étrange comportement, il quitta sa propre chambre. Il rejoignit ses parents dans la cuisine américaine, il y avait un bar au milieu de la pièce qui rejoignait un plan de travail sur lequel sa mère faisait la cuisine. Elle se tourna vers lui et fronça des sourcils à sa vue.

"Harry, mon chéri, tu es tout pâle…"

"Ca va" mentit Harry.

James le regarda aussi et eut une mine réprobatrice.

"Tu avais l'air bizarre dans la voiture…" dit-il.

Ils restèrent silencieux un moment, Harry s'adossa contre le mur de la cuisine.

"Harry, si tu te sentais de nouveau mal, tu nous le dirais n'est-ce pas ?"

"Bien-sûr" répliqua-t-il durement "Mais je vais bien !"

Soudain, son portable vibra dans sa poche, il le sortit et aperçut qu'il avait reçu un message de Cho. Il referma le clapet du portable et le remit dans sa poche.

"Où est Tom ?" demanda James.

"Dans sa chambre, il défait ses valises…"

"Il a l'air assez bien élevé" continua son père.

"Hmm…" fit Harry.

Il ne savait pas quoi penser de son correspondant. Il le trouvait arrogant, sûr de lui. Et en même temps il le trouvait irrémédiablement attirant, intriguant. Il y avait une lueur dans ses yeux qu'il aurait aimé percer. Il n'avait jamais croisé un regard plus intense que le sien.

Ses parents parlèrent ensuite entre eux de leurs travails respectifs. Harry partit de nouveau dans ses pensées avec un air inquiétant sur son visage. La soirée avait relativement bien commencé, Cho l'énervait mais Draco l'avait appelé pendant une heure et il avait bien ri avec lui. Il était allé avec son père au parking, il avait bien parlé avec lui, Dean, Seamus et Hermione avaient été géniaux, normaux, comme d'habitude.

Mais brusquement, tout avait changé quand il l'avait vu descendre du bus. Ses yeux noirs carmin avaient fait le tour du parking de façon tranchante, incisive, un peu irritée aussi. C'était étrange… Mais l'arrivée de Tom ne semblait pas faire parti de l'ordre des choses. Ca avait tout cassé, tout chamboulé. Depuis qu'il l'avait vu, il se sentait un peu mal, un peu triste. Il n'arrivait même pas à comprendre ce qu'il ressentait.

"Tu devrais appeler ton correspondant, Harry" fit sa mère "On va bientôt manger…"

Harry acquiesça doucement.

Et en plus, il ressentait encore ces douleurs au coeur depuis l'instant où il lui avait serré la main… Il secoua la tête en essayant de chasser ses pensées néfastes de sa tête. Il devait aller appeler son correspondant, il devait être affamé, il était rare de manger si tard. Généralement, Harry et sa famille prenaient leur repas à 18 heures maximum (NdA : Les anglais prennent leur repas bien plus tôt que les français).

Il frappa doucement à la porte de Tom et entra timidement. Tom avait enlevé son fin manteau noir, et Harry vit qu'il portait un polo assez étriqué qui divulguait sans problèmes la fine musculature de son torse. Il y avait sur son visage une expression intriguée.

"Ma mère a fini de faire le dîner, tu viens manger ?"

Tom acquiesça et rejoignit Harry devant sa chambre.

"Tu as faim ?"

"Non, pas vraiment" répondit Tom.

Harry aurait pourtant juré avoir entendu son estomac grogner.

XXXXXX

Le repas se passa tranquillement entre le mutisme d'Harry - qui pressait discrètement une main douloureuse sur sa poitrine –, les questions incessantes de James, les réponses laconiques de Tom et les conversations badines de Lily.

"Tu veux du pain ?"

"Non, merci…"

"Votre orphelinat est proche du centre de Londres ?"

"Heu… A quelques arrêts de métro"

"Harry, ça va ?"

Harry releva la tête brusquement.

"Oui" répondit-il sombrement.

Le repas fini, Harry se tourna vers Tom et lui demanda s'il voulait voir son serpent. Tom acquiesça. Harry l'emmena dans le hall et longea l'escalier jusqu'à un couloir. Il y avait une pièce qui s'ouvrait entre deux poutres, sans porte. Il n'y avait pas de lumière mais l'énorme bocal dans lequel vivait le serpent éclairait une partie de la pièce d'une lumière bleutée et verte. Tom suivit Harry dans le salon et zigzagua entre les canapés sentant fortement le cuir. Puis, Harry fit coulisser le haut du vivarium.

"Allez, viens ma belle…" dit-il en venant taquiner le reptile roulé en boule. Puis de ses deux mains, il sortit la bête de sa cage.

"Tu veux la porter ?" demanda Harry.

Tom acquiesça, puis il s'assit sur un fauteuil en cuir froid juste à côté. Harry hésita puis alla s'asseoir à côté de lui. Il caressa la tête du reptile avec un petit sourire. Tom planta ses yeux juste en face des fentes jaunes du serpent. Harry observa le regard profond et terrifiant de son correspondant. Le serpent releva la tête dignement et sortit sa langue d'un air fier. Il semblait prêt à mordre. Harry n'osait rien dire à son correspondant qui semblait savoir ce qu'il faisait, mais le coeur d'Harry battait fort dans sa poitrine en le faisant souffrir à nouveau. Il agrippa une main sur la cuisse de Tom quand il vit son serpent foncer sur son visage, la gueule béante. Mais Tom avait été plus rapide – plus rapide qu'un serpent – et avait attrapé le corps fin du reptile avec un sourire vainqueur. Le serpent s'affaissa alors, comme s'il reconnaissait qu'il avait perdu.

Harry desserra sa prise sur la cuisse de son correspondant avec un air très gêné. Heureusement qu'il faisait sombre dans la pièce sinon il aurait vu son rougissement. En même temps, Harry était terriblement désappointé. Ca faisait des années qu'il étudiait les serpents, et ça faisait cinq ans qu'il avait adopté son serpent, mais jamais il n'avait réussi un tel exploit. Tom avait comme, apprivoisé, un serpent. C'était une chose qu'il n'aurait jamais cru possible.

"Comment s'appelle-t-elle ?"

"Nagini…"

"Elle me plaît" dit Tom.

Harry s'enfonça dans son fauteuil dans l'obscurité du salon. Il essayait de se calmer, son coeur continuait de battre férocement dans sa poitrine. Il respira profondément, et ferma les yeux doucement.

Depuis qu'il était petit, Harry avait des problèmes au coeur. Il s'était fait opéré plusieurs fois et il croyait être à jamais débarrassé de ses problèmes. Cependant, de temps en temps il ressentait des douleurs lancinantes dans la poitrine, lui rappelant que plus de dix ans auparavant il avait failli mourir.

Tom entendit la respiration sifflante de son correspondant, il se tourna vers lui mais il ne pouvait pas le voir sans lumière. Tout ce qu'il voyait était les jambes de celui-ci, éclairées par le vivarium, qui restaient immobiles. Harry, en revanche, voyait le regard sceptique et intrigué de Tom.

"Je… J'ai eu une maladie lorsque j'avais cinq ans… Ca m'arrive d'avoir mal au coeur de temps en temps, ce n'est pas grave… C'est passé, maintenant…"

Il se redressa alors, tandis que Tom le considérait minutieusement, Nagini toujours dans ses mains.

"C'était quoi le nom de ta maladie ?"

"La maladie de Kawasaki" répondit Harry "Ce n'est pas très connu…"

Puis il prit Nagini des mains de Tom et la remit dans son vivarium. Tom le regarda longuement à la lumière bleutée, avec une drôle de lueur au fond des yeux. Il crispa sa main sur un coussin du canapé. Puis les yeux d'émeraude d'Harry se tournèrent vers lui, avec un petit sourire.

"Je te fais visiter ?"

"Oui…" fit Tom en se levant.

Harry lui fit visiter toute la maison, même la piscine sous la véranda. Il lui indiqua qu'elle était chauffée ("J'espère que t'as pensé à prendre un maillot de bain…"). Ils discutèrent un peu mieux qu'au début grâce à Tom qui était résolu à rallonger quelque peu ses phrases. Puis ayant fini de faire le tour de la grande maison, Harry lui proposa de regarder la télévision.

"Heu… Je préfèrerais dormir, je suis un peu fatigué" s'expliqua Tom.

"Pas de problèmes, bonne nuit, dans ce cas…"

Tom ne répondit pas, il s'enferma dans sa chambre et s'adossa contre sa porte avec un regard sombre et colérique. Il soupira fortement et jura contre lui-même.

'Fait chier ! Qu'est-ce que c'est que cette merde ?' pensa-t-il.

Il passa le reste de la nuit à s'insulter lui-même.

XXXXXX

Harry prit une douche, puis il alla se glisser dans ses draps. Il attrapa la télécommande sur sa table de chevet et alluma la télé. Il resta une heure devant, à regarder un film policier débile. Il n'avait rien suivi de l'histoire. Il n'arrêtait pas de penser à ses maux de coeur… Certes, ça lui arrivait souvent mais il y avait toujours une raison. Il se demandait bien ce que Tom avait bien pu déclencher en lui. Il prit son portable et lut le message de Cho sur lequel il n'y avait d'inscrit que trois mots : Je t'aime.

"Pas moi…" murmura-t-il.

Il éteignit les lumières et la télévision. Puis, il se blottit dans son lit en essayant de ne pas penser au garçon qui dormait de l'autre côté de la salle de bain. Quelque chose lui disait que son coeur n'était pas de la partie…

TO BE CONTINUED…

Petite remarque : La maladie de Kawasaki est une vraie maladie qu'a eu une de mes amies étant petite. C'est juste une petite précision.

Laissez une review si le coeur vous en dit ! :)

Bisous !

SamaraXX

(26 décembre 2007)

 

 
 
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