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au 14 Mar 10 :
1630 comptes dont 538 auteurs
pour 1895 fics écrites
contenant 5445 chapitres
qui ont générés 10671 reviews
 
     

     
 
To please the client
Par Origine
Harry Potter  -  Humour/Général
One Shot - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 1     1 Review    

 

Titre: To please the client (Satisfaire le client)

Pairing: Lucius Malfoy/Bill Weasley

Auteur:  Origine

Résumé: A la fin de ses études, Bill Weasley avait décroché un job à Gringotts et il ne donnerait à personne l'occasion de lui faire perdre cette chance. Après tout, il avait pour habitude d'aller au bout de ses idées comme un véritable homme, comme un véritable Gryffondor.

Genre : PWP – Pelotage de Weasley avec Potentiel

Dédicace : pour Nyx

Attention : Cette histoire (euh ce PWP plutôt) se situe à la fin de la scolarité de Bill Weasley. A ce moment, Voldemort n'est plus qu'un souvenir et de nombreux Mangemorts (dont Lucius) ont évité la prison.  

Bonne lecture

* * 

Partie une: L'homme du Boudoir

Bill Weasley n'avait pas cru à sa chance lorsqu'il avait été retenu pour ce job. Même avec les notes excellentes qu'il avait eues aux ASPICS, il n'avait jamais cru pouvoir obtenir un poste à Gringotts. Et pourtant, cela faisait six mois maintenant qu'il agissait en tant que Briseur de Sort.

Le jeune homme adorait découvrir les rouages secrets dissimulés derrière l'imposante créature. Car Gringotts était un être à part entière: ses pierres et son marbre semblaient en effet suinter d'une magie vivante et constamment en mouvement.

Bien sûr, le travail était dur mais Bill était chaque jour époustouflé par la splendeur de l'organisation de la Banque Centrale Sorcière. Oui, Bill était chaque jour de plus en plus impressionné et cela avait le don d'exaspérer son supérieur direct, le Gobelin Razorback.

 

Ce dernier avait un horrible comportement envers le jeune sorcier et il semblait déployer énormément d'énergie à se rendre le plus désagréable possible. Mais Bill savait bien qu'il avait été choisi parce qu'il avait les compétences requises. Peu importait donc l'avis de Razorback, il avait été élu parmi tous les autres aspirants et c'était sa pugnacité, son courage et son envie d'aller au fond des choses qui avait poussé le Directeur Général de Gringotts à l'engager lui plutôt qu'un autre.

De plus, Bill avait un don naturel pour le contact avec les clients. Déjà, le fait qu'il soit humain détendait généralement l'atmosphère. Le jeune homme n'hésitait pas non plus à faire de l'humour. Il savait faire preuve d'esprit et lorsqu'il alliait avec charme ses yeux bleus à son sourire parfait, il obtenait cent pour cent d'avis favorables de la part des clients.

Razorback lui-même avait bien dû s'en rendre compte dès le premier mois et, au bout de quelques temps, il avait enfin autorisé Bill à s'occuper seul de quelques comptes. Evidemment, Bill ne maîtrisait pas encore toutes les subtilités de la banque mais c'était déjà une victoire pour lui.

En revanche, les gros clients étaient exclusivement réservés au Gobelin qui, dans ces cas là, se faisait un plaisir d'exhiber son talent pour ouvrir les coffres les plus ardus.

Pour tout dire, le jeune homme adorait les gros clients… Cela lui donnait l'occasion d'entrer dans les parties les plus sécurisées des couloirs de Gringotts et d'employer son excellente rhétorique. Plus d'une fois, il avait ainsi convaincu des clients à souscrire à tel ou tel contrat par le seul biais de son numéro de charme.

En fait, Bill aimait paraître cool et comme l'uniforme imposé par la banque n'était pas vraiment pour le mettre en valeur, il utilisait d'autres atouts. Fondamentalement, il était effectivement plus agréable de parler avec un beau jeune homme conciliant qu'avec un Gobelin grippe-sou, question de bon sens.

 

Aujourd'hui, Bill suivait Razorback le long d'un des plus riches corridors de la banque. Le Gobelin avait sa tête des mauvais jours et il n'avait pas prononcé un mot depuis son arrivé. Bill n'avait pas non plus prononcé un mot mais c'était plutôt parce qu'il était excité à l'idée de rencontrer un nouveau client et par conséquent de pénétrer pour la première fois dans le "Boudoir".

Derrière ce nom étrange se cachait en réalité une somptueuse salle d'attente réservée aux clients les plus fortunés. Ici, toutes sortes de fortunes se croisaient et parmi elles, il y avait les pauvres et les riches.

D'après la fiche des rendez vous qu'avait lue Bill ce matin, le client voulait retirer une énorme somme d'argent. Une somme tellement énorme que Bill n'aurait pas eu assez de sept réincarnations pour en gagner autant en travaillant honnêtement.

Le jeune Weasley avait eu toute la matinée pour imaginer à quoi ressemblerait ce riche sorcier. De son côté, Razorback n'était pas du genre à plaisanter avec ça. Chez les Gobelins, l'apparence ne comptait pas – on comprenait facilement pourquoi – et c'était seulement la capacité de négociation qui primait.

Razorback était un Gobelin pur souche si l'on pouvait dire et Bill savait qu'il tolérait mal le fait qu'il soit agité comme il l'était en ce moment. A chaque fois qu'ils se retrouvaient tous les deux pour une transaction, Razorback donnait l'impression de traîner un boulet à ses pieds ; et ce boulet, c'était Bill.

Le jeune homme ne s'en formalisait pas et aujourd'hui, il ne s'en formalisait pas non plus devant la mine renfrognée de son supérieur.

 

Ils se trouvaient devant une énorme porte en bronze massif quand le Gobelin s'arrêta brutalement et pointa un doigt torve vers Bill:

"Arrangez-moi ces cheveux, Bill Weasley!" grogna-t-il en fixant la tignasse rousse du jeune homme "Rappelez-vous que notre seul but est de satisfaire le client"

 

Bill avait les yeux baissés vers Razorback et ce dernier lui arrivait à mi-cuisse, ce qui était assez dérangeant pour dialoguer correctement.

Il passa une main rapide dans ses cheveux. Il n'avait jamais compris ce qui dérangeait tant son supérieur dans sa coiffure somme toute banale: il portait les cheveux courts et il les disciplinait avec une potion coiffante qui les faisaient tenir à peu près en pics. Sa coiffure n'avait donc rien d'extraordinairement négligée et elle avait le mérite d'être très facile à faire.

 

Le Gobelin le fixa une seconde du regard  et il se détourna rapidement en marmonnant quelque chose d'incompréhensible. Il passa ensuite une main anguleuse à l'intérieur de sa redingote et en ressortit un trousseau de clés. Il choisit la plus sombre et, d'un coup sec, il l'enfonça à l'intérieur de la serrure de la porte de bronze.

"Passez devant" ordonna-t-il et Bill eut un sourire avant d'obéir sagement.

 

* *

 

La première chose qu'aperçut Bill lorsqu'il pénétra dans le "Boudoir" fut l'immense baie vitrée magique face à la porte. Elle donnait sur la vue illusoire d'un ciel bleu sans nuage. La seconde chose que le jeune homme aperçut fut une fine silhouette se découpant en contre-jour sur l'horizon azur.

La personne paraissait grande et mince. Bill s'approcha, et il eut un meilleur contraste pour remarquer qu'elle portait une chevelure blonde. Quoique pour tout dire elle n'était pas tout à fait blonde, elle était si claire qu'elle semblait blanche. Et puis, elle était longue. Si longue qu'elle ressemblait à la chevelure d'une femme. Mais il s'agissait d'un homme: les épaules, sans être trop larges, ne laissaient aucun doute.

 

"Bonjour" dit Bill de sa voix la plus posée "Je suis l'assistant du Gobelin Razorback. C'est un réel plaisir pour moi de faire votre connaissance"

Involontairement ou non il y avait dans la tonalité de ses mots une invitation au dialogue voire même un semblant de séduction. Bill employait régulièrement ce ton avec ses clients mais cette fois, sa voix s'était modulée de façon inconsciente…

En effet, il se refusait à utiliser un tel ton dès la première rencontre, cela avait comme conséquence de braquer certains individus.

 

Derrière lui, Bill entendit le bruit lourd des pas de Razorback sur le tapis luxueux et il devinait aussi le son rauque de sa respiration.

"Ra-zor-back…" énonça alors la voix traînante et parfaitement maîtrisée du client "Je croyais pourtant avoir été parfaitement clair lors de notre dernière transaction…"

Bill jugea immédiatement l'homme comme un homme de commandement, comme un homme de pouvoir. Il était riche, certes, mais il était aussi influent. Il n'y avait qu'à voir la façon dont il parlait… Chacun de ses mots transpirait le pouvoir et le contrôle.

Il fixa la silhouette et il la regarda se retourner lentement vers eux.

"J'avais demandé à ce que l'on m'attribue un nouveau conseiller" poursuivit l'homme, dévoilant à Bill une dentition parfaite et l'esquisse de quelques rides au coin des yeux "Et je vous retrouve en train de fouler le même sol que moi… Peut-être devrais-je confier mes affaires à d'autres créatures. Qu'en pensez-vous, Razorback?"

Bill n'avait jamais entendu un client parler ainsi à son chef. La plupart le respectait et les autres l'ignoraient royalement. Mais aucun – aucun! – ne blessait ainsi son orgueil. Il était de connaissance commune que les Gobelins possédaient un ego surdéveloppé et qu'ils ne supportaient pas que l'on s'adresse à eux avec mépris. Or l'homme était justement en train d'insulter Razorback, cela ne faisait aucun doute.

Le jeune Weasley jeta un regard en coin à son supérieur et il fut étonné du calme terrible qu'il gardait.

"La transaction est disponible" dit d'un ton neutre le Gobelin en s'avançant vers une autre porte à sa gauche et devant ouvrir sur les galeries "Nous pouvons emprunter un wagon dès maintenant."

En fait, remarqua Bill, cette fois c'était Razorback qui ignorait son client. Il était en train de faire preuve d'une étonnante tolérance vis à vis d'un humain. L'homme devait être énormément puissant.

"Votre incompétence me stupéfiait déjà par le passé, Razorback" railla le client en s'autorisant un rictus "mais votre tendance à la surdité m'avait alors toujours été étrangère."

Bill nota le choix extrêmement précieux des mots utilisés et la façon dont le visage de l'homme restait impeccable.

"Je ne veux pas de votre… personne." continua-il en élevant à peine la voix. 

Le dernier mot avait été dit comme s'il s'était agi d'une chose particulièrement dégoûtante à prononcer. L'homme toisait le Gobelin et ce dernier était obligé de lever le menton pour pouvoir le regarder directement.

"Arrêtez de tergiverser, Mr Lucius Malefoy" s'impatienta précipitamment Razorback "Je n'ai pas que vous à traiter aujourd'hui!"

 

Bill comprit que son supérieur avait atteint sa limite et qu'il était en train de perdre son calme. Il ne s'adressait jamais ainsi à ses clients… Ce Mr Malefoy devait… Le jeune homme arrêta une seconde ses pensées…

Malefoy. Il avait déjà entendu ce nom quelque part… Oui cela lui disait quelque chose…

Bill jeta un autre regard à l'homme et il essaya de se rappeler s'il l'avait déjà croisé. Où avait-il pu entendre parler de cet homme? 

Et puis Bill se souvint... C'était son père qui en avait parlé il y avait quelques années. Oui, Arthur, son père, avait parlé de cet homme ambigu et terriblement manipulateur dont les déboires judiciaires avaient fait la Une pendant plusieurs semaines. Bill pouvait revoir son père agiter avec énervement sa Gazette du Sorcier en grognant:

"Lucius Malefoy: victime de l'Impérium! Comment ce torchon peut-il oser écrire cela! Il n'a jamais fallu d'un sortilège pour que les Malefoy soient attirés par la magie noire!"

Ainsi, si les souvenirs de Bill étaient justes, l'homme qui se tenait devant lui était un ancien Mangemort. Certes, il avait été blanchi mais la rage dans laquelle s'était mis son père à l'époque laissait croire que la justice n'avait pas réellement fait son travail.

Bill secoua la tête. Vous-Savez-Qui était du passé maintenant. Le jeune Harry Potter l'avait détruit et il n'y avait plus rien à dire.

D'un œil, Bill essaya d'apercevoir le bras gauche de Malefoy mais en toute logique il était recouvert d'une longue manche. Bill s'attarda un moment sur les habits de l'homme. Il portait une sorte de robe-redingote fermée jusqu'à la taille et découvrant un pantalon fait sur mesure. L'ensemble était dans des couleurs nuits-bleutées pleines de profondeur qui donnaient à Malefoy une élégance et une présence incomparable. 

 

"Eh bien si vous avez d'autres occupations que le transfert de mes Gallions" susurra Malefoy en réponse à Razorback tandis que Bill détournait enfin le regard "Je suis certain que votre assistant pourra s'occuper de moi."

Bill écarquilla les yeux de surprise sous l'annonce. Est-ce qu'il avait bien entendu? Malefoy venait-il de proposer que ce soit lui, Bill Weasley jeune employé-stagiaire, qui s'occupât de la transaction? Bill n'était pas sûr de connaître toutes les règles de sécurité concernant ce genre de coffre…

"Ce n'est qu'un débutant, il ne saura jamais…" commença Razorback en prenant une inspiration et cachant du mieux possible son énervement.

Bill était fasciné par l'échange oral qui avait lieu. Malefoy s'amusait et Razorback se contenait autant qu'il le pouvait. C'était très intéressant et Bill avait dû mal à ne pas détacher du regard le client. Il était si différent des personnes qu'il côtoyait habituellement. Lucius Malefoy était si noble, si distingué, si… impressionnant.

 

"Je suis certain qu'il exécutera toutes les démarches avec talent" coupa-t-il en toisant Razorback de toute sa taille et souriant cruellement.

D'un geste parfait, l'homme se tourna alors vers Bill et bloqua son regard vers lui. Le jeune Weasley fut pétrifié par les yeux gris qu'il découvrit. Gris, oui, ils étaient gris. Mais ils étaient si clairs que la prunelle noire se distinguait comme un point d'encre au milieu d'un îlot de mercure liquide. C'était stupéfiant. Au sens littéral.

 

Etrangement, Bill fut pris d'un frisson incontrôlable. C'était la première fois qu'un client parlait de lui en ses termes et le fixait ainsi. Bill se sentait un peu mal à l'aise. Il n'avait pas vraiment l'habitude qu'on parle de lui à la troisième personne quand il était dans la même pièce que le locuteur. 

"Il ne possède pas l'habilitation pour…" fit justement le Gobelin en fixant à son tour Bill avec un regard plein d'avertissement.

Bill pouvait imaginer combien son supérieur fulminait d'être traité avec moins d'égards que son assistant. Il ne faisait aucun doute que dans quelques heures Bill subirait sa mauvaise humeur.

 

"Qu'importe!" l'interrompit Malefoy en faisant un geste négligeant de la main et quittant les yeux de Bill pour s'attarder le long de son corps "Il me semble tout à fait de taille à combler mes exigences."

 

* * *

Partie deux: La clé du coffre

 

Bill revoyait encore la lueur de pure haine brillant dans les yeux de son chef. Il venait d'être totalement humilié par son client et il avait dû laisser Bill emprunter seul le wagonnet qui conduisait aux entrailles de la Banque.

Bill, en vérité, se sentait un peu nerveux. Il ne s'était jamais retrouvé seul avec un client d'une telle importance. Et puis, Malefoy avait l'air de s'être embrouillé une fois dernière avec Razorback à propos de ses comptes et Bill n'était pas sûr de pouvoir faire moins pire que le Gobelin.

En tout cas, il était étrange pour lui de se retrouver en tête à tête avec un client comme Malefoy. L'homme ne parlait pas et il ne semblait pas décidé à le faire. Le seul contact qu'il établissait avec Bill était ses regards. Or ces derniers étaient si perçants que Bill n'arrivait pas à détourner son attention.

Malefoy avait attaché ses cheveux en un long catogan blond et le vent qui le fouettait ne semblait pas le perturber le moins du monde. La vitesse du wagonnet était réglée sur moyenne et c'était tant mieux. Bill préférait ne pas imaginer le scandale qu'aurait fait l'homme si le chariot était allé trop vite.

 

La magie fit freiner le wagonnet dans l'une des plus profondes galeries de Gringotts et Bill sauta hors de l'engin. Il s'approcha de la porte tout en continuant à sentir les yeux de l'homme sur lui. Bill essaya en vitesse de rappeler à lui toutes les consignes de sécurité que lui avait assenées Razorback durant son premier mois ici. Pourtant, la seule chose dont il était certain était que c'était Malefoy qui avait la clé de son coffre… 

Lentement alors il se retourna vers son client. S'apprêtant à lui demander la clé, sa voix se perdit au fond de sa gorge.

L'homme avait anticipé sa demande et il tenait entre son pouce et son index une petite clé dorée. Cette dernière était réellement impressionnante. Pour tout dire, Bill n'en avait jamais vu de semblables. De la longueur d'un auriculaire, elle était faite en or et était incrustée de divers joyaux colorés dont Bill ignorait le nom.

Grand Merlin, qu'il était loin des grossières clés en cuivre dont il se servait habituellement!

Bill débutait en tant que Briseur de Sort ; or, en voyant le raffinement de cette clé, il en déduisait que le sort de protection appliqué au coffre en question devait être particulièrement ardu… Bill se mit à douter de ses compétences et il pria pour réussir à ouvrir la porte sans avoir à recourir à un gobelin. S'il échouait à déverrouiller seul le coffre, il était sûr que Razorback le cantonnerait pour des mois à de la paperasserie.

 

Inspirant calmement, Bill tendit une main vers son client et dit en utilisant les politesses d'usage:

"Monsieur Lucius Malefoy, puis-je vous emprunter votre clé?"

Malefoy haussa significativement un sourcil et il sourit en gardant les lèvres closes. Ses yeux gris ne quittaient pas le regard de Bill qui ne comprenait pas ce que pouvait bien vouloir dire une telle attitude.

Le jeune homme resta un moment immobile avec sa main tendue vers Malefoy. Il se sentit stupide au bout de quelques secondes alors que  l'homme ne faisait aucun mouvement vers lui.

Bill baissa donc son bras et le ramena le long de son corps. Il s'avança vers son client et attrapa le bout le plus large de la clé.

 

L'homme accentua imperceptiblement son sourire et Bill attira l'objet à lui. Malefoy opposa cependant une résistance et Bill se demanda s'il jouait avec lui. 

Il semblait évident que oui. L'homme le testait. L'homme l'évaluait. Depuis le début avec son regard insistant, avec sa silhouette imposante, avec ses mains gantées enserrant la clé… tout avait été là pour le déstabiliser.

De sa voix la plus polie Bill dit: "S'il vous plait…" et Malefoy détendit à peine sa prise sur la clé. Bill ne pouvait la lui arracher des mains, cela aurait été un affront, une marque évidente d'irrespect. Il élargit alors sa prise sur l'objet et effleurant les gants de l'homme il fit:

"C'est un plaisir, Monsieur…"

A cet instant, Malefoy dégagea totalement la clé et Bill l'entendit inspirer de contentement. De toute évidence, l'homme aimait avoir le contrôle puisqu'il avait attendu que Bill se soumette pour donner la clé.

Ce genre de personne n'effrayait pas Bill. Il avait toujours été du genre intelligent et il était assez Gryffondor – comprenez courageux – pour résister aux petits manèges d'un client un peu particulier. Malefoy pouvait lui faire perdre sa place et Bill ne lui en donnerait pas l'occasion.

 

Peut-être d'ailleurs que l'homme agissait ainsi juste pour lui faire ravaler ses paroles pleines de charme qu'il avait utilisé en s'adressant à lui à l'intérieur du Boudoir. Peut-être qu'il n'avait pas vraiment apprécié… Peut-être y avait-il vu une tentative de domination…  Pour l'instant néanmoins la seule chose que Bill savait, c'était qu'il avait face à lui un singulier manipulateur.

 

* *

 

L'intérieur du coffre de Malefoy était sans commune mesure. Bill n'avait peut-être pas grandi dans une famille riche et il n'avait peut-être pas vraiment eu l'occasion de voir beaucoup de Gallions dans sa vie mais le contenu du coffre Malefoy était simplement extraordinaire.

L'or n'y était pas tranquillement entassé en pyramides mais formait plutôt un épais tas difforme qui cascadait jusqu'à la limite de la porte. Çà et là, seulement quelques îlots laissaient avec difficulté un espace pour avancer au milieu des murs couverts de pièces.

Face à une telle avalanche d'or, il aurait presque semblé judicieux d'inventer une nouvelle mesure de l'argent tant le Gallion semblait insatisfaisant pour compter les pièces entreposées ici.

 

Bill entendit les pas de Malefoy se rapprocher de lui. Ses bottes fendaient à travers l'or et écrasaient les pièces. Le jeune homme avait dû mal à réaliser combien son client semblait indifférent à tout cet or, à toute cette richesse… Bill n'arrivait même pas à imaginer la vie que devait mener un tel homme et il se doutait qu'il n'en serait vraisemblablement jamais capable.

Le jeune Weasley avait l'impression que son client était dans son élément. Au milieu de cet or, Malefoy n'en paraissait que plus imposant, que plus puissant. Bill se rappela une seconde qu'il avait en face de lui l'un des anciens collaborateurs de Vous-Savez-Qui mais l'idée passa trop vite pour qu'il la retienne. 

 

Et puis… Et puis, l'homme l'observait. Son regard pénétrant auscultait chacun de ses gestes. Bill pouvait le sentir parcourir son crâne, dos, sa taille, ses jambes… et Malefoy ne faisait pas même attention à être discret.

Bill se tourna à nouveau vers lui et il essaya de se concentrer sur sa tâche.

"Bien, nous allons donc commencer la… euh transaction, Mr Malefoy" hésita-t-il  se souvenant vaguement de la fiche des rendez-vous du jour. Il l'avait lu ce matin et Merlin, cela semblait bien loin désormais…

Dans son crâne, il réentendit la phrase qu'il venait de prononcer et il s'aperçut qu'il venait de commettre une erreur dans le protocole. Premièrement, il avait oublié de refermer la porte du coffre derrière eux et deuxièmement, il avait oublié d'accoler le prénom de son client à son nom. Pourtant, Bill savait pertinemment qu'il s'agissait de la règle de Gringotts: un conseiller devait toujours appeler le client par son nom et son prénom, c'était l'étiquette.

Malefoy s'en était rendu compte à priori. En effet, il avait à nouveau relevé un sourcil et étiré ses lèvres en un rictus condescendant.

Bill se racla nerveusement la gorge et reprit son discours:

"Je disais donc que nous allions commencer la transaction, Mr Lucius Malefoy et que…"

Le jeune homme s'interrompit une nouvelle fois. La tension dans la pièce était devenue soudainement plus forte. Bill ignorait s'il se faisait des idées mais il avait vraiment le sentiment d'être traqué par le regard troublant de Malefoy.

En silence et pour essayer de faire disparaître la pression qu'il sentait sur lui, il s'approcha de la porte et réutilisa la clé pour la fermer magiquement. Mais lorsque Bill se retourna, il se retrouva nez à nez avec Malefoy.

 

Etrangement, ce dernier s'était rapproché de lui et désormais, il pouvait sentir la chaleur de son corps tellement ils étaient proches. Bill recula d'un pas et buta contre la porte du coffre. Il avait l'étrange sensation d'être pris au piège. Et puis… et puis il avait l'impression que Malefoy était en train de… de lui faire des avances.

En analysant ainsi son silence depuis le début et ses regards insistants, Bill voyait d'un nouveau jour les dernières minutes. Mais quand bien même, il… il ne savait pas du tout comment réagir à ça! Bordel, il n'avait jamais vécu une telle chose… Parfois certains de ces clients étaient très amicaux et Bill jouait le jeu de manière tout à fait amusée mais là… Bill n'était pas du tout à l'aise.

Pourtant, ce n'était pas la première fois de sa vie où il se trouvait dans une situation délicate.

 

Bill était l'aîné de la famille et souvent il avait dû montrer le bon exemple à ses frères. Il aimait bien paraître cool et courageux. Sa curiosité et sa fougue avaient par de nombreuses occasions impressionnées ses jeunes frères et Bill avouait qu'il adorait cela. Il était fier d'être un Gryffondor et il était fier d'avoir pu faire face à plusieurs situations critiques comme l'homme qu'il était.

Mais là… Bill ne savait pas comment il devait réagir. Timidement, il regarda Malefoy et l'homme accentua son sourire, tout en plissant les yeux. D'un geste élégant, il réarrangea quelques mèches derrière ses oreilles et Bill sentit en lui monter quelque chose comme de la révolte.

Il avait l'impression que Malefoy était en train de se foutre royalement de lui. Comme pour le défier de ne pas agir. Comme pour le défier d'agir.

 

Avec certitude Malefoy était un Serpentard, Bill n'avait pas même besoin de le deviner. Tout comme il n'avait pas besoin de deviner ce qu'il attendait de lui. Cela semblait évident. Le corps, le visage, les lèvres de Malefoy parlaient pour lui. L'homme lui demandait de l'embrasser.

Il ne savait vraiment comment il savait cela. Mais il le savait. Oui, c'était là précisément que se situait l'attente de l'autre homme. Dans ses paupières à demi-fermées, dans sa bouche à peine relevée, dans son menton narquois… sa demande se dévoilait. Et Bill était face à un choix. 

Mais il savait bien que ce n'était pas vraiment un choix. Il n'avait pas à choisir, il avait à agir. C'était un défi. Une provocation.

Or Bill n'était pas du genre à se débiner. Oh non, Bill était du genre à foncer. Bill était du genre Gryffondor.

Alors, d'un mouvement déterminé, il se pencha en direction de Malefoy et posa ses lèvres sur celles de l'autre homme.

 

Le contact était tiède et sec. Et doux aussi. Bill pouvait aussi imaginer le sourire que les lèvres de Malefoy mimaient et l'ordre qu'elles étaient en train de lui donner. Le jeune homme appuya alors plus franchement sa bouche et il sentit Malefoy entrouvrir lentement la bouche pour s'emparer de sa langue.

Bill fut happé par le baiser. Malefoy s'était saisi de lui. De ses lèvres, de sa langue, de sa chair. Le baiser était étonnement puissant et derrière cela, Bill pouvait prédire que l'homme était un amant exigent.

Parce qu'il ne se mentait pas. Après, il y aurait autre chose. Après, il y aurait la véritable explosion de la puissance de Malefoy. 

Jusque dans la façon dont ce dernier suçait sa langue, le jeune homme réalisait le contrôle et l'élégance avec laquelle Malefoy agissait. Il était imposant. Il était intimidant. Et il était vaniteux aussi.

Malefoy se sépara alors brutalement de Bill et se lécha les lèvres pour essuyer quelques traces de leur salive mélangée.

Bill n'arrivait pas détacher son regard. En cet instant, il était en résonance avec sa nature, avec son courage, avec son tempérament. Or, cette résonance était une sensation grisante, une sensation que Bill adorait.

Certes, il savait qu'il agissait comme s'il était poussé par Malefoy mais il y avait dans sa silhouette imposante une sorte d'autorité naturelle que Bill n'arrivait pas à ignorer. Malefoy dictait son comportement, cela était clair mais Bill ne pouvait pas le repousser. Non, il ne pouvait pas.

 

A la seconde où Bill réalisa cela, il retint un tremblement tandis que cette fois, c'était Lucius qui initiait le baiser.

 

* * *

Partie trois: La chevelure défaite

 

Bill ne savait pas comment il en était venu à parler de Malefoy en utilisant son prénom mais cela c'était fait automatiquement quand l'homme l'avait embrassé de lui-même. Peut-être était-ce pour réduire mentalement l'écart qui existait entre eux deux.

Car ils n'avaient pour ainsi dire absolument rien en commun. Et s'ils s'étaient retrouvés dans ce coffre pour les affaires, Bill venait d'être déshabillé par les mains gantées de son client.

L'homme portait des gants en cuir de dragon qui laissaient une sensation froide sur la peau. Bill ne voyait aucune parcelle de la peau de Lucius à part la surface de son visage. Ce dernier était fin, pointu et pâle. Si pâle, qu'il aurait pu sembler malade s'il n'y avait pas eu ce regard gris complètement pétrifiant.

Bill était allongé à terre. Ou plutôt il était couché sur les Gallions d'or, la tranche des pièces s'imprimant sur son dos. Lucius l'avait poussé là et ensuite, il l'avait dévêtu.

Le jeune homme ne portait pas grand chose sous sa robe noire à l'écusson de Gringotts. Il n'était pas question d'être exubérant lorsque l'on travaillait pour la Banque Centrale Sorcière. Mais à présent, il était nu. Oui, nu.

Bill était incapable de rationaliser ce qu'il était en train de vivre. Son corps était tremblant de désir. Ses mains étaient accrochées à la montagne d'or. Son visage était ancré dans celui de Lucius. L'homme était hypnotisant. L'homme était beau. Et l'homme le caressait. Et le l'homme le pénétrait.

Bill n'avait aucun mot précis pour décrire ce qu'il vivait. Il n'avait aucun mot pour déterminer s'il aimait cela ou s'il l'adorait. Il n'avait aucun mot pour s'exprimer autrement que par ses gémissements.

 

Lucius n'avait pas été tendre. Non, à l'image de ce qu'il lui avait montré auparavant, il avait été direct, franc et nettement dominateur. Et si Bill ne pouvait voir de lui que son visage et le rideau de cheveux blonds qui tombaient de part et d'autre de son visage, ses yeux gris étaient assez pour le faire vibrer de plaisir.

Ils étaient profondément brillants, luisant d'une lumière presque surnaturelle. Bill sentait qu'il avait l'obligation de garder ses propres yeux ouverts. Et puis quelque part, il n'avait pas envie de les fermer.

Juste avant, quand Lucius avait levé les jambes de Bill jusqu'à ce que ses genoux soient relevés et pliés au niveau de sa taille, Bill avait été tenté de tout arrêter… Mais il ne l'avait pas fait et il avait laissé l'homme lui soulever les fesses, ses hanches anguleuses butant contre la fente de son postérieur.

Bill n'avait jamais rien connu de tel et il avait dû s'accrocher désespérément au dos de Lucius pour ne pas hurler.

 

Lucius avait été énorme. Sa verge s'était imposée en lui avec arrogance et fermeté. Il lui avait seulement enfoncé deux doigts dans la bouche pour le faire saliver et pour lubrifier comme il pouvait l'entrée de son corps.

Le sexe anal n'était pas un truc que Bill avait déjà connu dans sa vie et il vivait cela comme une véritable expérience.

Or Lucius était doué. Bill en avait l'intime conviction. Il avait beau n'avoir aucun point de comparaison ; dans la manière dont ses dents mordillaient ses lèvres, dans la manière dont son souffle brûlait son visage, dans la manière dont son sexe pilonnait ses fesses, Bill ressentait que ça ne pouvait pas être meilleur.

De Lucius, il sentait sa verge puissante, ses veines palpitantes et sa chaleur intense. Bill, d'ailleurs, n'avait pas vraiment mal. Certes, son anus avait difficilement supporté l'avancée brusque de Lucius et il avait failli crier mais il y avait eu ce regard… Et Bill s'était tu.

Tout simplement alors il s'était laissé faire et il avait appris à se cambrer assez pour qu'il le sente comme il devait le sentir. Bill avait agi à l'instinct, son corps réagissant aux sensations et se pliant aux divers stimuli qu'il recevait.

 

A présent, contre son sexe gorgé de sang, Bill sentait la robe de Lucius qui frottait. L'homme était plié sur lui, ajustant de ses mains gantées la position de ses fesses. Bill aurait voulu voir un peu plus au lieu d'imaginer de quelle manière les testicules chaudes de Lucius frottaient contre lui et combien ses propres bourses étaient échauffées par les mouvements de Lucius.

Putain… Bill aurait voulu touché lui aussi la peau pâle, il aurait voulu caresser les cheveux blonds… il aurait voulu… tout ça.

Mais il n'en pouvait rien. Il ne pouvait pas détacher ses bras du dos de Lucius ni même déplier ses jambes. Ce n'était pas possible. Ce n'était pas autorisé.

 

Bill respirait fort. Il haletait. Sa voix parfois couvrait même le roulement des pièces d'or sous eux. Les Gallions faisaient une musique clinquante et envoûtante.
Lucius, peut-être, semblait le faire exprès quand il venait fort et se retirait juste après, faisant gémir Bill et la masse d'argent sous lui.

Encore! Encore! assenait son esprit noyé dans les sensations exquises.

La sueur faisait glisser leurs corps et la monnaie était froide sous Bill. Et c'était bon… bon, bon, bon…

Bill aurait voulu demander plus – oh juste un peu plus – et  s'il l'avait fait, il aurait murmuré quelque chose comme: "Pitié…" Mais Bill n'aimait pas implorer. Il supportait donc avec vaillance ce plaisir, cette jouissance qui était sur le point de venir et que Lucius stoppait à chaque fois juste avant le point culminant.

Bill aurait pu le haïr pour cela mais à chaque nouvelle montée de plaisir, c'était encore mieux. Encore plus.

 

Lucius commença alors à vibrer plus fort. Bill sentit les doigts de l'homme serrer plus vigoureusement ses fesses. Comme pour se retenir. Aussi, il vit ses yeux se plisser et il pouvait entendre sa respiration forte et cahotée. Il allait jouir. Ils allaient jouir. La façon dont le sexe de Bill se contractait, la force avec laquelle la verge de Lucius grondait, tout cela ne laissait aucun doute.

 

Bill n'arrivait pas à détacher son regard des yeux gris peu à peu envahis par le plaisir. C'était si bon. Si intense… Une chaleur électrique crépitait dans sa tête… il était aveuglé par les vagues qui le soulevaient. Il avait si chaud… il avait si… Bill ne pouvait mettre des mots sur le flux incandescent qui le traversait de part en part tandis que Lucius donnait de larges coups de butoir contre ses fesses.

Ça faisait un bruit sourd et ça faisait un bruit délicieux. Bill gémissait. Oui, il gémissait, agrippant le tissu riche recouvrant le dos de son client. Il imprimait ses ongles dans l'étoffe, il imprimait sa voix dans les tympans aristocratiques, il imprimait son sexe sur le ventre de l'autre homme.

Bill se sentait possédé. Dans tous les sens du terme. La vue. Le son. L'odeur. Le goût. Et le toucher. C'était... C'était… Bill en perdait ses mots. Il n'en existait pas pour décrire ce qu'il était en train de vivre. C'était fou. C'était…

Brutalement Lucius s'avança en lui sans prévenir et Bill commença à trembler pendant que l'homme accélérait ses va-et-vients. Une bulle brûlante enfla dans son ventre et Bill la sentit grossir jusqu'à ce que dans un dernier mouvement, Lucius la fasse exploser dans un cri.

 

Le jeune homme éjacula en se cambrant autant qu'il le pouvait et en tétanisant ses muscles submergés par l'orgasme. En même temps, il pouvait sentir le sperme tiède et collant de l'autre homme qui jaillissait en lui en de durs jets abondants. 

Bill avait maculé la robe de Lucius mais il n'y pensait pas. Il se sentait plutôt étourdi… fourbu… ravagé. L'orgasme avait pénétré son corps avec une telle intensité qu'il était toujours en train de trembler après le raz-de-marée qui l'avait traversé. Les cheveux blonds de Lucius lui caressaient encore les tempes et continuaient à limiter son horizon à la vision de la figure fine et distinguée de son client.

Ce dernier venait de lâcher les fesses de Bill et de l'obliger à s'affaisser un peu sur le tas d'or. L'homme posa alors un baiser humide au coin de ses lèvres et approcha une main de la joue luisante de transpiration du plus jeune. Il essuya une goutte de sueur qui avait perlé à ses tempes et releva quelques mèches de cheveux du visage de Bill en souriant.

 

Au bout de quelques secondes finalement l'homme se détacha de lui et Bill put enfin revoir la silhouette entière de Lucius. Elle était à peine plus désordonnée qu'avant, sa robe ouverte sur le bas présentant à peine quelques faux plis.

L'homme avait déjà réajusté son sexe et il était en train de faire jouer sa baguette pour se réarranger. Bill, de son côté, cligna longuement des paupières et reprit doucement une position normale pour ses jambes. Quand il fut capable d'appréhender normalement l'espace autour de lui, il remarqua que Lucius était en train de l'observer avec un regard narquois.

Oh oui, cet homme était un véritable dominateur! Bill ne savait même pas ce qu'il pourrait lui dire concernant ce qu'il venait de se passer. Il n'était même pas sûr d'avoir envie de lui répliquer quoi que ce soit.

C'était comme s'il n'y avait rien à dire. Rien à expliquer. Comme s'il ne s'était rien passé de fondamentalement hors du commun.

Pourtant même ça, ça n'étonnait pas Bill. Son esprit n'avait pas à rationaliser. Il savait que Lucius ne lui en donnerait pas l'occasion.

 

Bill se redressa alors, sentant les pièces rouler derrière lui et cascader jusqu'à ses pieds. Il fit face à Lucius et ce dernier jeta à ses pieds une bourse-fourre-tout. C'était le genre de sac qu'utilisaient la plupart des clients de la Banque.  Le jeune homme saisit mécaniquement le sac en cuir, réalisant qu'effectivement à la base ils étaient là pour affaires.

Il avança vers ses vêtements qui avaient échoué à quelques pas de lui. Il ressortit sa baguette d'une de ses poches et s'en servit pour renfiler rapidement sa robe de Gringotts. Par Merlin, il devait avoir un drôle d'air avec ses joues encore brûlantes et sa robe mise vite fait…

 

Contre la porte, Lucius le fixait négligemment. Sous son regard déstabilisant, Bill fit tourner deux ou trois fois sa baguette vers l'argent, heureux de maîtriser en ce moment les sorts de Finance. Effectivement, il n'avait pas vraiment à réfléchir tandis que les pièces étaient lourdement englouties par la bourse-fourre-tout, leur décompte s'affichant sur le devant du sac en cuir.

Une fois le total atteint, Bill se leva et s'approcha de Lucius. Ce dernier avait déjà la main tendue et il saisit sans ménagement la bourse remplie d'or.

Il donnait l'impression que rien ne s'était passé. Il donnait l'impression d'être le maître absolu de toutes les choses ici présentes, Bill y compris.  Lucius rangea sa bourse à l'intérieur de sa robe et offrit un sourire fin au jeune homme.

Bill rougit involontairement et, se haïssant, il commença chercher du regard la clé du coffre. Il la trouva à terre, juste aux pieds de Lucius.

L'homme aurait pu sans peine la saisir et la lui tendre mais il semblait évident que c'était à Bill de le faire. Oui, c'était évident donc Bill le fit.

Il se baissa et ses mains effleurèrent sans le vouloir le bout des bottes de Lucius qui jouxtaient le corps de la clé. Bill était réellement mal à l'aise. Il avait le sentiment d'être un pion au milieu d'un jeu dont il ignorait tout, au milieu d'un jeu où le courage ne l'entraînait que plus loin vers la défaite.

 

Bill saisit la clé et il se releva le plus lentement possible. En fait, il était si proche de l'autre homme, qu'un moindre déséquilibre pouvait le faire tomber sur Lucius.  Enfin redressé, il pouvait sentir autour de lui la présence de l'homme. Sa chaleur. Son odeur. Elles étaient partout. Peut-être même que désormais l'odeur de Lucius était aussi sur lui. Sur sa peau. Sur ses lèvres. Dans ses cheveux… 

Bill recula d'un pas et fit la manœuvre magique destinée à ouvrir le coffre. Dès que la porte s'entrebâilla, un courant d'air frais s'engouffra à l'intérieur, faisant frissonner involontairement Bill. Près de lui, les cheveux de Lucius furent soufflés par l'appel d'air et ils donnèrent l'impression de dégager une odeur terriblement entêtante.

Une seconde plus tard, l'homme s'engageait déjà vers le wagon.

 

* *

 

Le trajet parut durer une éternité. Bill était prisonnier de l'odeur de Lucius. Sa présence, son aura, sa prestance le pétrifiait. Il revivait les dernières minutes. Son souffle chaud. Ses cheveux longs. Ses mains exigeantes. Il ressentait la largeur de son sexe, la dureté de ses va-et-vients, l'intensité de son regard.

Bill essayait de saisir à présent le regard de l'homme mais celui-ci était toujours occupé ailleurs. Ce n'était pas vraiment qu'il le fuyait c'était juste qu'il… comment dire… il ne le croisait pas. Et cela semblait parfaitement naturel.

 

Au bout de quelques minutes, Bill fut soulagé de voir arriver la lumière de la surface et il quitta le wagonnet dès que possible. Il tenait fermement dans sa paume la petite clé dorée de Lucius, attendant que ce dernier sorte à son tour pour la lui rendre. 

Devant la clé tendue, l'homme s'approcha. Mais ce n'était pas exactement pour s'en saisir… c'était plutôt pour jouer une dernière fois. Effectivement, il s'avança jusqu'à ce que seulement un pouce sépare son torse de la clé et, par extension, de la main de Bill. Ensuite, d'un geste élégant, il s'empara de l'objet doré et fit courir ses doigts gantés le long du poignet nu du jeune homme.

En même temps, il tendit sa nuque vers l'oreille de Bill, prit une délicate inspiration et souffla:

"Vous passerez mes amitiés à Arthur"

Bill sentit les mots frôler la naissance de son cou et les cheveux blonds de l'homme effleurer ses tempes d'une façon complètement sensuelle.

Par Merlin, il ne pourrait plus jamais avoir les cheveux courts à partir de ce jour. Il y avait trop de promesses et de sensualité dans cette chevelure pour que Bill l'oublie un jour.

D'ailleurs, il venait juste de remarquer que c'était la première fois de la journée que Lucius s'adressait directement à lui. C'était la première fois qui lui parlait autrement que par suggestion gestuelle… Et cela rendait Bill étrange, comme s'il était devenu une seconde moins ordinaire et… plus précieux.

 

Bill… Bill haïssait cette idée. Ce… ce n'était pas normal de se sentir aussi faible face à un homme comme Malfoy. Mais peu importait… ce qui était fait était fait et Bill assumerait ses choix, comme un véritable homme, comme un véritable Gryffondor.

Pensant cela, le jeune homme recentra son attention sur Lucius mais l'homme s'était déjà détourné et avait quitté le Boudoir sans un mot.

Bill soupira et, en passant une main dans ses cheveux, il espéra simplement passer le reste de sa journée un peu plus normalement. 

 

 * * FIN * *

Texte publié en avant première dans le fanzine "Le Troisième Oeil" numéro 7. 

Première mise en ligne : 02 juin 2009

Merci d'avoir lu jusque là. N'hésitez pas à me dire vos impressions avec une petite review! A bientôt!

 
     
     
 
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