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au 29 Jui 10 :
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contenant 5918 chapitres
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Celui qui tirait... ou pas
Par BadAngel666 , Artoung
Harry Potter  -  Romance/Humour
4 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 3     Les chapitres     9 Reviews    
Soirée Gryffondor

Samedi 20 Juin – Gryffondor.

– Draco, sors de là ! Tu vas finir par te dissoudre si tu continues.

La seule réponse qui parvint à Pansy Parkinson fut un borborygme incompréhensible pour toute personne qui n’était pas la meilleure amie du prince de Serpentard.

La destinataire du son de mécontentement eut un léger sourire et se laissa aller contre le dossier de la chaise longue dans laquelle elle se prélassait avec délice depuis son arrivée.

– Je dois dire que je suis très agréablement surprise par le thème des Gryffondor, il fallait y penser, ajouta-t-elle en remontant ses lunettes de soleil de grande marque sur son nez fin.

Un nouveau grognement lui parvint et son sourire s’élargit.

– Tu dis ça parce que tu es énervé, intervint Blaise, mais avoue que c’est quand même une bonne idée.

– Je ne suis pas énervé, Blaise… Et bien que ton je-m’en-foutisme m’ait ennuyé ce qui fait que ta vie ne tient plus qu’à un fil, je vais te répondre : oui cette fête est surprenante, mais non, je ne trouve pas que l’idée soit si bonne, consentit à répondre le blond d’un ton polaire.

Son bientôt défunt meilleur ami haussa les épaules et fit un clin d’œil à la brunette qui se vautrait toujours dans sa chaise longue.

Et pendant ce temps à, Draco se remit à ruminer et à maudire Weasmoche jusqu’à la vingtième génération (au moins !) pour cette idée absolument indécente.

Non parce que la veille encore il pensait que tout ça était une blague… une plaisanterie merdique et vraiment pas drôle, mais hélas, c’était vrai et il était en plein milieu d’une fête typiquement moldue.

L’invitation disait : « soirée barbecue à la mode moldue, maillots de bains de rigueur ».

Personne n’avait jamais osé…

Eh bien si !

Et le comble c’était sans doute que la « soirée » avait commencé au milieu de l’après midi et devait se poursuivre jusque tard dans la nuit. Bien entendu, pour éviter tout dérangement des élèves qui n’étaient pas invités, la sauterie se déroulait dans le parc.

Et même mieux : au bord du lac.

D’après ce que Draco avait compris en arrivant, les êtres de l’eau avaient accepté de laisser un troupeau de jeunes gens en rut s’ébattre dans une partie du lac limitée pour l’occasion par des barrières magiques pour parer à tout incident. Et dans la partie allouée aux fêtards, des jetées en bois avaient été aménagées et du sable de méditerranée avait été disposé en une plage artificielle.

Honnêtement – et intérieurement surtout – Draco devait admettre que les rouge et or avaient mis le paquet, tout avait été soigneusement organisé de façon à ce que chaque invité puisse prétendre à sa chaise longue et à son parasol. Même le beau temps était de la partie, ce qui était en soi un fait exceptionnel en Écosse.

Mais tout cela, ce n’était que le positif…

Il y avait malheureusement des choses bien moins positives.

En fait tous ces points non-positifs convergeaient tous vers une seule et unique personne : Harry Potter.

Le Préfet en chef de la maison Serpentard ne pouvait que constater sa propre impuissance face à celui qui faisait de sa vie un enfer, celui qui le rendait fou de bonheur juste parce qu’il existait mais malade de désespoir parce qu’il restait hors de sa portée…

Celui qui consumait son corps jour et nuit et dont le regard trop vert pour être honnête le poursuivait jusque dans ses rêves.

En ce samedi, donc, soir de la fête de la maison Gryffondor, Draco se trouvait dans une situation fort délicate qui l’empêchait de mettre son plan d’approche en action.

Ledit plan était pourtant d’une simplicité enfantine : il devait aller parler à Potter afin de le remercier pour son sauvetage de la semaine passée et si possible montrer qu’il savait faire dans l’auto dérision sans avoir l’air d’être en train de se faire épiler les parties intimes, il avait d’ailleurs énormément travaillé sur ce délicat jeu d’acteur pendant plusieurs jours avant d’être parfaitement au point.

Mais comment pouvait-il approcher sa cible alors qu’il se trouvait dans un état embarrassant ?

Oh bien sûr, il avait essayé de penser aux choses les plus dégoûtantes qu’il connaissait, comme Rusard, Hagrid ou encore cette scène surprise le soir d’Halloween entre Snape et Lupin, et cela avait passablement calmé ses ardeurs juvéniles mais aussitôt que Potter se trouvait dans son champ de vision, ses efforts se retrouvaient réduits à néant.

Parce qu’un Potter habillé, c’était déjà bien assez pour donner à Draco des rêves mouillés… mais un Potter en short de bain…

Oh bien sûr, Draco avait eu un excellent aperçu de ce corps délectable la semaine passée – d’ailleurs il avait passé quelques douloureuses journées à expier ses mauvaises pensées en divers travaux manuels – mais cette fois plus rien, pas même le plus léger tissu ne couvrait le brun, laissant voir à tous combien son corps était désirable depuis son torse finement musclé à son dos puissant et ses épaules larges, sans oublier cette paire de cuisses fermes… et cette peau… le blond était certain que sous sa langue elle aurait le goût du caramel, elle en avait déjà la délicate couleur dorée.

– Draco, mon ami, l’interpella Blaise sans savoir qu’il risquait sa vie à le tirer ainsi de sa rêverie. Tu baves… Pas que cela se remarque tant que ça, vu que tu es immergé dans le lac depuis un bon moment, mais tes amis commencent à se demander si tu vas bien.

– Oh, Blaise… Laisse le un peu, il a le droit de se laisser mijoter et puis je trouve qu’il a pris de très belles couleurs, fit Pansy dont le sourire convainquit Draco d’envisager de sortir de l’eau.

Il n’avait pas trouvé d’autre solution pour cacher la bosse gênante que la vue d’un Potter mouillé jouant au ballon avait dessiné dans son boxer de bain.

Mais il fallait bien se résoudre à agir, aussi rampa-t-il jusqu’à son meilleur ami qui avait préparé une serviette à son intention.

Par bonheur, l’étoffe était assez épaisse et les trois amis se trouvaient un peu à l’écart des autres élèves, ce qui prodiguait à Draco une certaine intimité.

– Attention, Potter en approche. Je répète, Potter en approche, murmura Blaise lorsque son ami eut noué la serviette autour de sa taille.

Draco faillit se démettre une vertèbre tant il se tourna vite pour voir si effectivement le Gryffondor venait dans leur direction, ce qui était le cas.

Une nouvelle fois, tous les efforts qu’il avait pu faire pour calmer un tant soi peu ses hormones furent réduits à néant par la vision de ce corps souple constellé de gouttes d’eau, le Gryffondor était tout simplement affolant.

– Bonjour et bienvenue à la fête, dit-il en arrivant à la hauteur des trois Serpentards.

– Merci, Potter, c’est bien aimable à toi de venir nous saluer, répondit Blaise en souriant tandis que Draco tentait de reprendre ses esprits.

Mais les cheveux de Potter avaient l’air si disciplinés, ainsi alourdis par l’eau…

– Mais c’est tout naturel, fit ce dernier en haussant les épaules. Vous ne manquez de rien ?

Le regard vert s’attarda sur Draco, même si la question s’adressait à tous.

– Tout est parfait, merci, dit sèchement Pansy, ce qui eut pour effet la disparition du délicieux sourire sur les lèvres parfaites de Potter.

Draco lança à son amie son célèbre regard de tueur connu pour faire pleurer tous les élèves jusqu’à la cinquième année et se mit frénétiquement à chercher quoi dire pour que le brun ait envie de discuter plus longtemps avec lui, même si pour l’instant il n’avait pipé mot, car de toute façon les mots n’étaient pas faits pour ça, Potter oui… ce qui le ramenait à la situation présente.

Ainsi la première chose qui sortit de sa bouche fut, comme attendu, d’une banalité affligeante :

– L’eau est bonne, tu ne trouves pas ?

Le regard de pure pitié que Blaise lui lança lui chatouilla la nuque.

Potter, quant à lui, ne sembla pas remarquer le reniflement de dégoût de Pansy.

– Si, elle est excellente. Par contre tu devrais faire attention, le soleil est assez méchant aujourd’hui.

Il s’interrompit le temps de sortit un flacon de la poche de son short de bain.

– Tiens, c’est de l’écran total.

Draco haussa un sourcil curieux en se saisissant de l’objet, frissonnant brièvement au contact des doigts humides de Potter.

– M… Merci, balbutia-t-il en se demandant vaguement pourquoi le brun évitait son regard.

– Oh, il n’y a pas de quoi, je ne m’en servais pas et comme tu avais l’air d’être sur le point de prendre un coup de soleil, je me suis dit que ça te serait utile…

Blaise, qui n’était qu’à deux pas – à tout casser – des deux jeunes hommes, se demandait rêveusement s’il était possible de vivre en étant aussi stupide qu’ils semblaient l’être. Pour un être humain lambda, il était déjà évident que ces deux là se voulaient, et à lui – un alpha de première classe, s’il vous plait ! – ça lui crevait littéralement les yeux. Draco perdait son mordant habituel, ses mots, ses esprits et même ses moyens quand Harry Potter passait à moins de cinquante mètres de lui. Quant à Potter… il n’y avait qu’à voir sa façon de rougir comme une pucelle pour comprendre qu’il en pinçait sérieusement pour Draco, et puis c’était quoi ce prétexte bidon pour lui donner de l’écran total ? La seule pensée qu’il suffirait à Draco de demander à Potter de lui étaler lui-même la lotion pour que les choses avancent le déprima, car son meilleur ami n’en aurait même pas l’idée, trop occupé qu’il était à baver devant son dieu brun.

C’était pourquoi il avait parié – et perdu – les fois précédentes : il était scientifiquement impossible que Draco Malfoy et Harry Potter ne s’envoient pas en l’air au moins une fois avant la fin de l’année scolaire. Il était déjà aberrant que rien de sexuel ne soit survenu jusqu’à présent.

Et comme prévu, Draco pédala dans la semoule une nouvelle fois, tant et si bien que Potter, prenant son hésitation pour du mépris, se tourna vers un Blaise qui se retenait de sauter sur son ami pour lui décoller les paupières à grands coups de pelle.

– Je voulais aussi vous mettre en garde : la semaine dernière certains élèves ont apparemment abusé de l’alcool à la fête des Poufsouffles et l’un d’entre eux a vomi dans un couloir, les professeurs ont demandé aux préfets des maisons organisatrices de veiller à ce que ce genre de débordements n’ait plus lieu.

– Oh… Voyez vous ça, ironisa Pansy en abaissant légèrement ses lunettes de soleil. Et comment allez vous accomplir ce miracle, noble Gryffondor ?

Le jeune homme fronça les sourcils, clairement contrarié à présent.

– Rien de spécial, je vous informais simplement qu’il faudra être vigilants vis à vis de la boisson. Il serait regrettable que quelqu’un soit malade ce soir.

Il était clair que Potter était au courant de quelque chose, Blaise en eut la confirmation lorsque son regard se fit soucieux en se posant sur Draco, qui bien entendu ne remarqua rien, occupé cette fois à dissimuler sa gêne.

Sur ces mots, le Survivant s’en retourna auprès de ses amis.

Le jeune homme à la peau d’ébène se dit alors que pour le bien de tous, il devait réagir. Pris d’une brusque inspiration, il arracha des mains de Draco le flacon qu’il déboucha et versa une généreuse partie de son contenu dans sa main avec laquelle il frictionna vigoureusement le dos pâle.

– Je peux savoir ce que tu fais ? demanda le propriétaire du dos d’un ton polaire.

– Je te donne un coup de main.

– Et en quoi faisant ?

– Je te donne un prétexte pour aller parler à Potter.

Le blond réfléchit un instant puis acquiesça en souriant, Blaise était génial : il suffisait qu’il aille rendre son truc à Potter et de le remercier, puis il pourrait passer aux remerciements pour l’accident avec la plante carnivore et de fil en aiguille ce serait ses mains qu’il sentirait sur sa peau et non celles, viles et calleuses, de Blaise.

Un plan simple mais parfait… à son image, en somme !

Sans même remercier Blaise – pourquoi le remercier, d’ailleurs, n’était-ce pas son travail de meilleur ami que de lui donner des idées ? – Draco s’éloigna, bien décidé à passer aux choses sérieuses avec Potter, qui était décidément très sexy quand il jouait au ballon avec la belette.

– Il est bien parti, soupira Blaise après s’être réinstallé dans sa chaise longue.

– Je ne crois pas, répondit Pansy en souriant.

Elle arborait le sourire, celui qui contenait à la fois un défi et un avertissement… celui qu’elle avait eu les précédentes fois en empochant la recette de leurs paris.

Mais cette fois, il était certain que Draco allait réussir, c’était déjà dans la poche. Blaise se sentait invincible, sûr de lui, immense et fort d’une certitude d’une pureté rare, il dominait Pansy et son bikini de grande marque, fort de cette aura victorieuse.

– Tu ne m’auras pas, Parkinson, cette fois je suis sûr que Draco va y arriver. D’ailleurs la dernière fois tu as triché et nous le savons tous les deux.

La jeune femme ôta ses lunettes pour mieux le fustiger de son regard brun.

– Nous n’avions jamais fixé de conditions, Zabini, et de toute façon c’était déjà foutu depuis le truc de la morve végétale.

– C’est pas faux… Mais n’empêche, tu as laissé entendre à Potter que Draco et toi étiez ensemble, ce qui a définitivement plombé ses chances, c’est moche, même de ta part.

– Bon, arrête ton char, Ben Hur, combien tu paries ?

– Pas d’argent cette fois-ci, ma mère a semblé suspicieuse quand je lui ai demandé une avance sur mon mois de rente.

– T’es pas drôle… Mais je suis prête à entendre ta proposition.

– Disons que le gagnant aura pour serviteur le perdant pour une durée incompressible de vingt quatre heures.

– Droit à l’humiliation ?

– Bien sûr, où est la victoire sinon ? Par contre rien de dégradant ou de sexuel.

– Vendu.

Sur cet accord Pansy se leva de son bain de soleil, décidée à profiter du lac avant que la nuit ne tombe. Elle ne manqua pas les regards de désir que lui lancèrent les individus mâles de toutes maisons confondues lorsqu’elle s’avança dans l’eau délicieusement fraiche, elle était intérieurement ravie de constater que son bikini noir mettait en valeur ses formes, contrairement à celui de Lavande Brown dont le haut semblait sur le point de vomir à chaque instant son opulente poitrine sur le visage de ses interlocuteurs rouges de confusion.

Et alors qu’elle marchait, elle sentit sur sa peau la brise délicieuse de la victoire : à une vingtaine de mètres, Draco s’approchait de Harry Potter d’un pas décidé… trop décidé. Il ne vit malheureusement pas le ballon envoyé par Ronald Weasley arriver vers lui et…

De son côté, Blaise sentit son aura victorieuse fondre comme neige au soleil, douloureusement. Son meilleur ami était une truffe de la pire espèce, incapable de retenir les leçons du passé et notamment la règle d’or : toujours avoir un œil sur la belette. De là où il était, le plus-si-certain-que-ça fidèle compagnon du Prince de Serpentard put voir le sang couler le long du menton aristocratique de ce dernier et entendre ses plaintes déchirantes entrecoupées de malédictions éternelles à l’encontre de la famille Weasley tandis que Granger soignait sa blessure d’un coup de baguette assuré.

Quelques instants plus tard, le blond revint vers ses amis – Pansy était sortie de l’eau, plus souriante que jamais –, un air maussade interdisant à quiconque de lui dire quoi que ce fut.

Et Blaise, qui avait prévu cette réaction, lui tendit une bouteille de bière.

Quelques heures plus tard, Draco se sentait beaucoup mieux, comme pouvaient en attester les quatre bouteilles de bière vides posées à même le sol près de sa chaise longue.

D’accord, il avait foiré… encore. Mais il n’était pas prévu au programme qu’il renonce alors il ne renoncerait pas.

Hors de question de laisser passer une nouvelle fois sa chance de passer sur Potter.

Il avait bavé toute l’après midi sur un Survivant mouillé à la peau caramel, il était temps de se mettre à table. Et Draco avait faim… très faim. Il se sentait comme un affamé devant la plus délicieuse des pâtisseries.

Donc : sus au Potter ! (enfin, autant que faire se pourrait)

– Ah ! Tu as l’air de meilleure humeur ! s’exclama Blaise.

– C’est le cas, mon ami, car ce soir je vais séduire.

– C’est un excellent projet.

– Et cette fois, fais attention aux ballons, aux plantes carnivores, aux rouquins, aux… intervint la brunette.

– Pansy chérie, susurra Draco d’une voix menaçante, si tu t’approches de Potter ou de moi alors que je suis en train de ferrer le poisson, je te ferai regretter d’être née.

La jeune femme eut l’air blasé de ceux qui reçoivent quotidiennement des menaces de tortures cruelles, elle savait surtout que Draco aimait avoir l’air dangereux mais qu’il était loin de l’être.

La nuit était finalement tombée, donc, et des barbecues avaient été allumés au bout des différentes jetées. Les Gryffondor savaient recevoir, ça c’était sûr, et ils savaient aussi cuisiner la viande grillée. La plupart des invités avait cessé de se baigner dès que le soleil avait cessé de briller, les garçons avaient enfilé bermudas et chemises décontractées tandis que les filles se paraient de robes de plages aux couleurs vives – criardes, aurait dit Pansy, très élégante dans sa robe turquoise dont les bretelles glissaient avec élégance de ses épaules dorées –.

Draco, pour sa part, avait revêtu un ensemble décontracté qu’il avait commandé d’urgence à son couturier personnel lorsqu’il avait appris quel type de tenue il serait amené à porter, car cette fois il ne se ferait pas refiler un truc immettable qui le mettrait en position d’infériorité face au Gryffondor de ses rêves (mouillés, les rêves, ne pas oublier). Ce fut donc extrêmement sûr de lui – la bière aidant – et absolument sublime dans son ensemble en lin blanc immaculé qu’il s’avança sur la jetée au bout de laquelle sa cible s’affairait à faire griller des steacks.

Potter, comme à son habitude, était désespérant de naturel et de sensualité… et apparemment ignorant du danger que courait sa vertu, sinon il n’aurait pas ainsi exposé son délicieux fessier – que Draco rêvait de dévorer cru – moulé dans un corsaire en jean.

Cette fois-ci, la raison pour parler au jeune homme était toute trouvée : la nourriture. Aussi lorsque ce dernier se tourna vers lui, Draco n’eut qu’à engager sur ce premier sujet, en espérant que Blaise saurait occuper la belette au bar – ils avaient fait les repérages cette fois ! – et que le calmar avait été correctement tenu éloigné de la zone de baignade.

– Bonsoir Potter, dit-il en souriant.

– Bonsoir Malfoy, tu veux quoi dans ton hamburger ?

Refusant de se demander ce qu’était cette chose que lui proposait le brun, et refusant également d’avoir l’air ridicule en avouant qu’il n’avait aucune idée de ce qu’on pouvait être amené à mettre dans un… hamburger – alors qu’à l’inverse il avait des tas d’idées sur ce qu’il pourrait mettre dans son Potter à emporter – il préféra couper court :

– Je te laisse choisir pour moi, je ne suis pas très difficile.

– Bien, sourit Potter avant de se retourner et de mettre un morceau de viande sur son grill.

Lorsque ce fut fait, Draco vit qu’il préparait des tranches d’un drôle de pain de forme ronde mais perdit de vue tout ce qui était alimentaire quand la voix grave s’adressa de nouveau à lui.

– Ca va mieux, ton nez ?

– Oh… Oui bien sûr, il faudra que je pense à remercier Granger pour son aide, elle a vraiment fait du bon travail, fit-il en se félicitant mentalement de ne pas avoir vomi ni eu l’air d’être en train de vomir en disant de telles abomination, car il savait que flatter les amis de Potter était un mal nécessaire.

– Je crois qu’elle n’attend pas de remerciements, par contre je voudrais vraiment m’excuser pour la maladresse de Ron, c’est déjà la seconde fois qu’il te frappe sans faire exprès.

Draco haussa les épaules d’un air dégagé – cool, même – tentant de ne pas montrer à quel point le rougissement d’embarras de Potter le faisait fondre et lui donnait envie de le consommer sur place.

– Je pense que je m’en remettrai, il faudra juste que je pense à faire attention la prochaine fois que je serai dans son champ d’action.

S’il y avait eu un public, ce dernier aurait sans doute exécuté une standing ovation devant un tel talent d’acteur, mais il n’y en avait pas, alors Draco s’ovationna intérieurement tout seul, il était vraiment bon, alors il continua :

– Je voudrais aussi te remercier de m’avoir sauvé la semaine dernière, j’aurais déjà dû le faire mais j’étais un peu sonné à cause de… des sécrétions de la plante et du choc… bref… merci Harry.

Et là, Draco se félicita d’avoir répété des heures durant sa phrase de remerciements, car non content de sourire, Potter eut un léger rougissement à l’utilisation de son prénom, ce qui laissait présager de bonnes choses.

– Franchement, il n’y a pas de quoi, je suis certain que n’importe qui aurait fait pareil, et puis j’étais surtout en colère que cette chose ait interrompu notre conversation.

Le sourire de Potter était étrange à présent, il donnait chaud à Draco… très chaud.

– Notre… conversation ?

Il avait tellement chaud… il se sentait si faible devant cet homme…

– Oui, tu sais à propos des héros… D’ailleurs tu ne m’as toujours pas dit quel était ton héros favori.

Une nouvelle fois, le regard vert le captiva, le rendit faible… Il allait tout avouer, lui dire qu’il n’y avait qu’un seul héros qui comptait pour lui, un héros qui lui avait volé son cœur et occupait ses pensées nuit et jour depuis des mois et des mois, un héros qui lui donnait envie d’être fort et faible à la fois, courageux et lâche tout en même temps… et que ce héros c’était lui.

Il avait si chaud rien que d’y penser…

Il ouvrit la bouche pour parler mais un cri aigu bloqua les mots au fond de sa gorge.

– HIIIIIIIIIIIIIIIIIII !!! Y A MALFOY QUI PREND FEU !!!!!

Paniqué, Draco tourna la tête dans tous les sens, réalisant soudain que cette chaleur qu’il ressentait depuis quelques minutes n’était finalement pas naturelle.

La vue des flammes consumant sa chemise taillée sur mesures l’affola à tel point qu’il ne vit qu’une solution : sauter dans l’eau.

Ce qu’il fit, avant de se rappeler qu’il venait de plonger en plein milieu du lac, qu’il n’avait pas pied et qu’il ne savait pas nager.

Sur la jetée, Harry Potter passa nerveusement la main dans ses cheveux en scrutant l’eau, l’air légèrement inquiet en voyant que le blond ne remontait pas à la surface. Une expression horrifiée apparut sur son visage lorsqu’il se souvint de la soirée d’Halloween et sans hésiter il sauta à son tour.

Draco eut une désagréable sensation de déjà vu lorsqu’il reprit conscience : des voix autour de lui, le froid, l’impression que son cerveau se grippait sous son crâne… tout ceci lui rappelait décidément quelque chose de pas si lointain.

– Oh ! Il revient à lui ! s’exclama une voix féminine qu’il identifia comme étant celle de Pansy.

Il nota cependant que cette fois, la jeune femme s’était tenue à distance, sachant qu’il ne lui aurait pas pardonné une seconde fois le coup de la veuve éplorée.

– Ça va, Malfoy ?

La question venait cette fois de Granger, qui était agenouillée près de lui, ce qui signifiait qu’il était allongé par terre… Ce qui voulait dire qu’il s’était encore mis dans la merde.

Il hocha la tête lentement, juste histoire d’effacer cette inquiétude écœurante du visage de Miss-je-sais-tout.

– Que s’est-il passé ? grogna-t-il finalement en se redressant.

– Eh bien… commença Granger.

– C’est ma faute.

Draco n’avait pas vu Potter parce qu’il se tenait derrière lui, à quelques pas à peine. Le Gryffondor s’approcha, il était trempé de la tête au pied et semblait terriblement peiné. Draco pensa un instant qu’il était arrivé quelque chose de terrible jusqu’à ce que le doute lui fût ôté :

– Je n’ai pas fait attention et alors qu’on discutait le barbecue a mis le feu à ta chemise, et pour l’éteindre tu as dû sauter dans l’eau. Je suis désolé, tout ça aurait pu finir très mal et je ne me le serais jamais pardonné.

Potter avait presque murmuré ses derniers mots et Draco eut envie de lui dire que rien n’était de sa faute.

– Mais tout va bien ! s’exclama Blaise en assenant une claque sur l’épaule du Survivant. Tu as réagi comme il fallait en voyant que Draco coulait comme une pierre et il est à nouveau parmi nous, réjouissons nous au lieu de tirer la tronche !

Et pour couronner le tout, Potter l’avait encore sauvé… Draco enfouit son visage dans ses mains, imaginant quelques secondes ce que serait leur vie de couple si jamais ils concluaient : lui se mettant dans des situations invraisemblables et Potter volant perpétuellement à son secours.

C’était comme si le destin s’acharnait à lui expliquer que Potter et lui, c’était du délire.

Mais Draco s’en foutait ! Et même s’il devait y laisser la vie, il s’assurerait d’avoir eu Potter avant que la faucheuse ne l’attrape.

Le visage du Gryffondor était à peine à quelques centimètres du sien lorsqu’il ôta ses mains, mais le temps de réaliser cet état de fait, le jeune homme en face de lui lâcha un petit :

– Je suis désolé, Malfoy, vraiment.

… puis se releva et s’éloigna, la tête basse, suivi de sa copine à dents de lapin.

– Blaise ? fit Draco d’une voix blanche.

– Oui ?

– J’ai soif.

– C’est normal, j’avais pensé à cette éventualité, c’est pourquoi je me suis procuré une boisson qui te fera sans aucun doute beaucoup de bien, s’empressa de répondre le Serpentard en exhibant une bouteille. C’est le frère de la belette qui a ramené ce truc de France, il paraît qu’il suffit d’ajouter de l’eau et que c’est délicieux, ça a goût à l’anis, sympa, non ?

– Blaise ?

– Draco ?

– Sers moi… Maintenant.

Et Blaise servit Draco. Ne sachant quelle proportion d’eau il devait mettre, il se dit que faire moitié-moitié entre le liquide et l’eau était une bonne idée, et son meilleur ami lui assura que le goût était supportable. Lui-même se cantonna à la bière, se doutant qu’il devrait surement faire rouler le blond jusqu’à son lit ce soir encore…

Les heures passèrent, la soirée se déroula gaiement et tout le monde fut d’accord pour dire que l’ambiance barbecue était vraiment sympathique, même Pansy Parkinson n’eut rien à regretter et se félicita du choix de sa robe lorsque Dave Huntington délaissa Lavande Brown pour lui faire la cour.

Le roi de la fête fut sacré à minuit, tout le monde leva son verre à la santé de Neville Londubat qui s’agenouilla devant une Ginny Weasley rougissante.

Draco Malfoy, bien entendu, avait manqué tout ça, trop occupé qu’il était à écluser un maximum de cette boisson fabuleuse qui lui donnait l’impression de flotter.

Tout le monde regagna plus ou moins calmement le château.

Tout le monde ? Peut-être pas.

Alors que Blaise, fidèle à son habitude de soutenir un Draco ivre mort, marchait péniblement en pestant contre les crétins amoureux incapables d’aller au bout de leurs idées, il eut la surprise de voir arriver vers eux un Harry Potter à l’air inquiet.

– Que se passe-t-il ? Il est malade ?

Blaise faillit ricaner, mais l’expression sur le visage du Gryffondor était trop sérieusement angoissée pour qu’il ne parvienne pas à se retenir.

– Non, Potter, t’en fais pas, il a juste un petit coup de fatigue.

Le coup de la fatigue aurait pu passer si Draco n’avait pas choisi ce moment pour ouvrir un œil et s’apercevoir de la présence de Potter.

– Waaaaaaaaaaaaaaah… Ha… Harry… t’es venu me faire un câlin ?

Là, Blaise commença à réserver mentalement un portoloin pour la planète Mars, car Draco apprendrait fatalement l’existence de cet instant, et qu’il le tuerait pour l’avoir laissé dire ça.

– Malfoy ? fit Potter en passant doucement sa main devant le visage du blond. Tu es saoul ?

– Meuh non, je suis jsu… juste un peu fr… gai.

– Laisse, dit Blaise, je vais le ramener dans sa chambre, ça ira mieux demain.

– Tu es sûr ? Il a vraiment l’air pas bien du tout.

En effet, le délicat teint pâle tendait plus vers le jaune-verdâtre à présent. Blaise déglutit, reconnaissant les signes imminents de ce qui ne devait surtout pas arriver maintenant.

– Oui, je t’assure que ça va aller, par contre si tu pouvais éviter de dire que tu l’as vu comme ça…

– Je ferai une exception, à condition que ça ne se renouvelle pas.

– Pas de…

Et là, le drame survint… Prouvant à Blaise que son radar à rejets alcooliques Malfoyens était parfaitement au point lorsque le Préfet en Chef rendit le contenu de son estomac alors qu’il était sur le point de l’éloigner de Potter.

Potter qui, hélas pour lui, se trouvait dans la trajectoire.

Et là, Blaise se demanda s’il ne serait pas obligé de changer de galaxie.

Il présenta rapidement ses excuses à un Potter couvert de vomi et éloigna son futur meurtrier de ce dernier avant qu’il ne passe la seconde couche.

Le lendemain, il devrait probablement fournir quelques explications… et notamment dire à Draco pourquoi Potter ne s’approcherait plus jamais de lui…

Autant dire que la semaine qui restait avant que l’année ne se termine serait longue… très longue…

Dire qu’il restait encore une fête.

 

A suivre

 
 
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