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Celui qui tirait... ou pas
Par BadAngel666 , Artoung
Harry Potter  -  Romance/Humour
4 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 4     Les chapitres     9 Reviews    
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Soirée Serpentard

Samedi 27 Juin – Serpentard.

Les Serpentards avaient décidé que leur soirée serait plus classe que celle des Serdaigles, plus amusante que celle des Poufsouffles et plus originale que celle des Gryffondors.

C'était La soirée qui clôturait les sept années de leur scolarité à Poudlard. C'était le moment ou jamais de montrer la domination des verts et argents sur les autres. C'était Le souvenir que garderaient en tête ces étudiants fraichement diplômés.

Rien ne faisait plus plaisir aux serpentards que de voir un gryffondor abdiquer devant leur suprématie... sauf peut être de voir tous les septièmes années de cette engeance aux couleurs criardes baisser l'échine de la même façon.

Mais peut-être aurait-il fallu pour que leurs souhaits se réalisent choisir un organisateur un peu plus avisé que celle qui avait été désignée.

Millicent Bullstrode regardait la salle qu'elle avait choisie pour la soirée avec une émotion proche de l'extase. La fête se déroulerait dans la Chambre des Secrets. En tant qu'organisatrice de la fête, Millicent avait dû demander à Potter de bien vouloir lui ouvrir l'accès mais ça en valait le coup. Une fois propre et débarrassée des rats et des peaux de serpents, la pièce en elle même ressemblait à un énorme temple sous terrain avec d'immense piliers sculptés de divers et magnifiques serpents. Et au centre de cette œuvre architecturale, une statue gigantesque de Salazar Serpentard trônait, plus impressionnant que jamais. Il semblait toiser les quelques serpentards présents avec une arrogance digne du mythe qu'il incarnait.

Elle avait décoré la salle avec cinq de ses camarades, triés sur le volet. Tout était parfait. L'endroit ressemblait à un caveau morbide et angoissant. Elle en frissonna à nouveau de plaisir.

Du sang bovin acheté dans des boucheries s'écoulait lentement des murs sombres grâce à un sortilège. Le sang humain aurait été mieux mais Dumbledore avait refusé (il n'était déjà pas très chaud pour le sang tout court alors...). De plus, le sang humain ne se trouvait pas dans le commerce – enfin sauf si on avait de bonnes adresses mais là, la quantité à pourvoir était bien trop importante – et assassiner des gens prenait bien trop de temps. Millicent avait dû se contenter donc de sang de qualité inférieure pour ses murs et les quelques fontaines qu'elle avait fait installer à des endroits stratégiques de la pièce.

Elle regarda Pansy et Blaise qui venaient d'arriver, attendant patiemment de les voir se prosterner à ses pieds pour l'ambiance formidable qu'elle avait réussi à instaurer. Pour l'instant ils semblaient simplement choqués par la beauté du lieu, mais la jeune femme ne doutait pas que la prosternation viendrait bientôt.

– Oh doux Merlin, souffla une Pansy blême, est-ce que ce sont des cadavres pendus au plafond ?

Millicent grimaça.

– Ce sont des faux, lui apprit-elle à contrecœur. Mais le sang est vrai!

Pansy s'éloigna du mur près duquel elle était.

– L'ambiance est... sanglante, commenta Blaise. Halloween n'est pas sensé tomber en novembre?

– Halloween! Pfff! (Millicent eut un geste dédaigneux). Cette fête est une ridicule mise en scène pour effrayer les enfants! Pitoyable!

– Et toi, ton but c'est d'effrayer les adultes? susurra le serpentard, sincèrement curieux.

– Pas du tout! S'exclama-t-elle, outrée. Je veux que chacun ait ce soir le loisir de vivre en paix avec son côté sombre! Car tout le monde à un côté noir, même le plus gentil des Poufsouffles. Le problème c'est de vivre en paix avec lui! Or, il le faut! Il faut accepter la douleur et la haine en nous et en ressortir meilleur pour...

Blaise qui avait cessé d'écouter à partir du fait que tout le monde avait un côté noir, il avait bien eu envie de faire un jeu de mot en disant que « surtout lui » mais Millicent était hermétique à l'humour donc il avait préféré s'éclipser vers le banquet.

Enfin « banquet » n'était peut être pas le mot qui convenait. La boisson – oui « la » car il n'y en avait que d'une seule sorte – présentée sur les tables ressemblait étrangement au liquide carmin qui coulait des murs et des fontaines ; et d'étranges organes sanguinolents étaient prévus pour faire office de repas. Le serpentard fut pris de nausée.

– On aurait jamais dû laisser Millie s'occuper de la soirée! Fit Pansy derrière lui. Qui a décidé un truc pareil?

– C'est la seule qui se soit proposée, rappela Blaise. Je pense que Draco va péter les plombs s'il voit ça.

– Il faudrait arranger discrètement le maximum de choses avant la fête. On va essayer de choper des boissons et de la nourriture convenable aux cuisines.

– Millicent risque de te tuer si tu changes une seule chose dans cette salle, commenta Blaise.

Pansy eut un sourire charmeur, le serpentard se maudit intérieurement d'avoir encore ouvert sa grande bouche.

– Oh, mais c'est toi qui va faire ça! Susurra la jeune femme. N'est-ce pas?

Depuis huit heures ce matin, Pansy avait décidé que c'était aujourd'hui que Blaise allait être à son service. Il ne fut pas surpris, à sa place il aurait aussi attendu le jour de la fête pour l'humilier. Pansy était sournoise, il ne pouvait pas lui enlever ça.

– Oui, bien entendu, dit-il avec un sourire forcé.

– Parfait! S'exclama-t-elle. On se revoit dans trois heures pour la fête... Tu viendras me chercher dans la salle commune. J'ai acheté, pour l'occasion, un petit quelque chose pour aller avec ta tenue.

– Ne vas pas trop loin avec cette histoire, la prévint-il sérieusement. Il risque d'y avoir un retour de flamme.

Pansy eut un sourire mielleux.

– Serait-ce une menace, esclave?

Il accrocha un sourire similaire sur ses lèvres et se pencha à son oreille.

– Une promesse, murmura-t-il.

Il la sentit frissonner. Satisfait de cette petite victoire, il s'en alla les mains dans les poches, histoire de bien marquer sa désinvolture face à tout ça. Il en profita aussi pour envoyer, loin très loin dans son esprit, le fait qu'il trouvait que son amie sentait vraiment bon.

Lorsque, plusieurs heures plus tard, Draco entra à son tour dans la chambre des secrets, il appela la mort de tous ses vœux. En fait ça faisait une semaine qu'il lui lançait cet appel désespéré mais la Faucheuse semblait avoir eu d'autres priorités ces derniers temps. C'était de la faute des moldus aussi! Ils passaient leur temps à faire la guerre à un endroit ou un autre de la planète! Comment voulaient-ils que la Mort l'écoute s'ils s'entêtaient à s'entretuer comme des idiots?

De toute façon, même si son corps était dans ce plan du monde, son âme avait trépassé. En effet, depuis une semaine Draco était mort...de honte.

Il. Avait. Vomi. Sur. Le. Garçon. Qu. Il. Voulait. Serrer.

Oh, bien sûr, il avait pensé ne pas venir à la fête. S'enfuir de l'école, se cacher permis les moldus et ne plus jamais revenir de sa vie dans le monde sorcier. Mais il ne l'avait pas fait. Tout comme il n'avait pas tué Blaise (la Mort là aussi n'avait pas pris en compte ses supplications pourtant nombreuses).

Il avait réfléchi, autant dire que ses chances de sortir avec Potter étaient maintenant réduites à néant mais il voulait cependant que la dernier soirée du gryffondor lui soit agréable. Il savait que pour Potter, Poudlard avait été plus qu'une école. Aussi quand Blaise lui avait raconté pour les murs qui saignaient, Draco avait décidé de participer à la soirée.

Non parce que déjà faire ça dans la Chambre des Secrets était une très mauvaise idée. Potter n'avait pas passé les meilleurs moments de sa vie dans cette pièce – de plus il avait sauvé la mise à cette gourde de Weasley qui était devenue sa petite amie trois ans plus tard –. Mais là Bullstrode ne tenait vraiment pas à sa vie avec sa décoration glauque et effrayante. Blaise avait bien fait quelques choses pour les boissons et la nourriture mais le reste n'avait pas changé d'un iota. En plus, il gelait !

Il y avait déjà pas mal d'élèves dans la salle. Les poufsouffles semblaient inquiets et regardaient tout autour d'eux comme des bêtes traquées. Bien entendu, leurs yeux évitaient la grande statue qui semblait les écraser par sa présence. Salazar devait se retourner dans sa tombe en voyant sa chambre secrète devenir un lieu de communion entre les quatre Maisons. Lui qui avait fait en sorte qu'elle ne soit accessible qu'à son héritier, voilà que des sang-de-bourbe déambulaient l'air de rien à l'intérieur en sirotant du jus de citrouille (la honte il n'y avait même pas une seule goutte d'alcool à leur fête).

Les serdaigles semblaient un peu plus à l'aise, même si eux aussi évitaient de s'approcher des murs, mais ils cherchaient visiblement à comprendre pourquoi les serpentards avaient choisis un thème pareil.

Les Gryffondors, eux, étaient sur leurs gardes, et plus d'un avait sa baguette à portée de main. Heureusement que Potter n'était pas encore là. Peut-être qu'il n'allait pas venir du tout?

Draco sentit un espoir fou grandir en lui à cette idée. Ce serait tellement formidable!

Ainsi il n'aurait pas à croiser le-garçon-qu-il-avait-confondu-avec-un-caniveau.

Pansy et Blaise entrèrent à leur tour. Tous deux de vêtus de couleurs sombres, comme tout le monde étant donné que le carton stipulait « tenue sombre de rigueur».

Voir tous ces gens habillés en noir, c’était comme être à un enterrement. Il ne manquait que le défunt. Mais si ça pouvait aider le thème de la soirée et surtout lui éviter de voir Potter, Draco voulait bien se dévouer pour être le macchabée du coin.

Il plissa des yeux en voyant ses amis approcher. Pansy, magnifique dans sa robe d'un vert très sombre valant au moins trois ans de salaire d'un professeur de Poudlard, portait un bracelet de fourrure noire à son poignet droit. Draco n'aurait pas fait cas du bracelet si l’accessoire n'avait pas été relié par une chaîne à un collier qui se trouvait autour du cou de son meilleur ami.

– À quoi jouez-vous? Siffla-t-il, horrifié que Potter puisse voir à quel point ses meilleurs amis étaient cinglés. Blaise, enlève tout de suite cette chose!

Le jeune noir se sentit rougir. Il n'avait, en effet, jamais été aussi humilié de sa vie. Pansy avait fait fort là. Et elle le paierait au centuple.

– Je ne peux pas, dit-il férocement. Parkinson est ma maîtresse et ce jusqu'à huit heures demain.

Draco se retourna vers la jeune femme qui par une habile pression du poignet obligea Blaise à se rapprocher d'elle. Il voulut lui demander de libérer son ami, parce qu'un mec tenu en laisse par une fille, c'était honteux, mais elle le devança.

– Ne t'en fais pas Draco, ronronna-t-elle, je vais bien m'en occuper. Est-ce que Potter est là? Tu sais, le garçon sur qui tu as vomi ?

Draco frissonna. Elle était démoniaque et puis Blaise était bien assez grand pour s'en sortir tout seul.

– Pas encore, lâcha-t-il, la gorge nouée.

Mais au même moment, pour le contredire, bien évidemment, Potter et ses amis entrèrent dans la salle. Le cœur de Draco se mit à battre follement et il se cacha précipitamment derrière la grande colonne de pierre la plus proche.

Il vit Potter chercher quelqu'un des yeux et ses mains devinrent moites. C'était lui qu'il cherchait. Draco en était sûr. Il voulait sûrement l'insulter ou lui envoyer son poing dans la figure. Ça serait mérité mais Draco tenait à son visage et n'était pas sûr de pouvoir supporter les insultes du mec qu'il aimait sans broncher.

Ce qui était sûr, c'était que Potter était magnifique. Simplement vêtu d'un jean bleu foncé et d’un T-shirt noir près du corps, il était à la fois décontracté et classe. Pourquoi fallait-il qu'il soit à chaque fois à tomber? Avec ses lunettes, il avait l'air du premier de la classe mais un premier de la classe complètement débauché. Dire qu'il lui avait vomi dessus!

Pansy regarda son meilleur ami s'enfuir sans même cligner des yeux. C'était prévisible même si elle aurait préféré voir le préfet en chef de sa maison avoir un peu plus de fierté que ça.

– Le pauvre, soupira Blaise, il n'a plus aucune chance.

Pansy eut un sourire.

– On parie? Susurra-t-elle.

– Il a vidé le contenu de son estomac sur Potter! rappela le serpentard.

– C'est le dernier soir, le chaînon manquant après des mois de traque, répondit la jeune femme. Il va y arriver.

– Tu plaisantes? Le séduire est la dernière chose qu'il cherche à faire! Il ne veut même pas le voir! Sa déchéance est encore trop présente dans son esprit. Je réagirais comme lui.

– Tu n'y connais rien, Zabini. C'est justement parce qu'il ne cherche pas à le séduire qu'il va y arriver. Il y a un lien entre eux!

– Écoute je veux bien bouffer mes couilles s'il y arrive ce soir!

Blaise était sûr de ce qu'il avançait. Même s'il savait que Draco et Potter étaient amoureux l'un de l'autre, il était tout bonnement impossible que cela se fasse ce soir. L'ambiance était trop affreuse – du sang suintait des murs et il y avait des corps pendus au dessus de leurs têtes ! –, Potter semblait déjà s'ennuyer à mourir. Et en plus Draco lui avait vomi dessus!

– Hum, ça pourrait être intéressant..., répondit Pansy, presque rêveuse. Mais que dirais-tu d'un pari plus dans nos cordes?

Une alarme rouge et clignotante s'alluma dans la tête de Blaise. Parce qu'il commençait à se rendre compte qu'à chaque fois qu'il pariait avec Parkinson, il perdait. En plus il en avait marre de ses jeux de mots pourris sur les chaînes.

Il avait perdu ses économies, et pire, il avait perdu sa fierté! Il n'était pas sûr de pouvoir se permettre de perdre autre chose.

– Que proposes-tu? Demanda-t-il.

Non, ce n'était pas lui qui venait de parler? Mince, vu le sourire de Pansy, c'était bien lui. Peut-être devrait-il se faire interner dans une clinique de désintoxication du jeu? Mais d'un autre côté, c'était obligé que Potter et Draco en reste là ce soir!

Il. Lui. Avait. Vomi. Dessus.

– Si je gagne, susurra-t-elle, je serais ta maîtresse jusqu'à ce que je me lasse.

Blaise déglutit. Il n'aimait pas quand elle susurrait, il avait l'impression que des dizaines de langues enflammées parcouraient sa peau quand elle le faisait et ça le rendait fiévreux. Il se reprit du mieux qu'il put. Pansy était son amie. Une amie dépourvue de sens moral mais son amie quand même. Il n'avait pas à ressentir ce genre de chose pour elle. C'était contraire au code de l'amitié.

– Parfait, dit-il sans la regarder, et si c'est moi qui gagne tu seras à mon service jusqu'à ce que j'en ai marre.

Il sentit la main fine de Parkinson prendre la sienne et il leva des yeux étonnés sur elle.

– Tope là, dit-elle.

Il obéit. Se demandant pourquoi elle semblait si nerveuse.

– Jusqu'où doivent-ils aller? Demanda Blaise suspicieux. Un baiser ne veut rien dire. Il faut que ça aille plus loin.

– Tu veux les voir copuler, Zabini? Demanda Pansy, haussant un sourcil surpris.

– Je ne veux rien voir du tout!

– Non, mais si c'est ton trip...

– Mais ça ne va pas! Je ne veux pas voir Draco baiser Potter!!

Blaise avait légèrement crié cette dernière phrase.

– Tiens, fit une voix derrière lui, moi j'ai toujours cru que ce serait Harry qui baiserait Malfoy.

Le serpentard se retourna lentement. Potter, Weasley et Granger se tenaient derrière lui.

– À quoi est-ce que tu joues? Siffla Potter à son meilleur copain en lui donnant un violent coup de coude.

Weasley se contenta de se décaler un peu et eut un sourire effrayant.

– Jolie soirée, lança Granger par pure politesse.

Ou alors c'était de l'ironie et elle se foutait complètement de leur Maison. Blaise décida que c'était impossible de savoir avec ce genre de fille dont les rouages intellectuels resteraient à jamais hors de sa portée.

– Merci, répondit Pansy. Que peut-on faire pour vous?

– Harry cherche Malfoy, répondit le rouquin. Savez vous où il se trouve?

Blaise regardait sans trop y croire Pansy avoir une conversation des plus exquises avec Granger et Weasley. Potter, lui, semblait dans ses petits souliers. Pas étonnant, vu que ses deux amis semblaient décidés à jouer les entremetteurs. Est-ce que Potter leur avait dit que Draco lui avait vomi dessus? Blaise en doutait. Il se serait bien moqué du gryffondor mais ça risquait d'attirer sur lui les regards et il était tenu en laisse par Pansy. C'était déjà un miracle que le trio d’Or ne l'ait pas déjà charrié là dessus.

De toute façon, jamais Pansy ne trahirait Draco en leur disant qu'il se cachait derrière la colonne. Ils pouvaient aller voir ailleurs s'ils y étaient, ces trois là, avec leurs questions !

– Il est derrière la colonne, répondit Pansy.

Blaise entendit nettement un juron étouffé provenant de ladite colonne. Il pouvait facilement deviner que Draco était entrain de dépecer mentalement Parkinson pour ce qu'elle venait de dire. Il eut presque mal pour elle mais comme elle le tenait attaché il ne parvint pas à compatir.

– Parfait! Répondit Weasley et il poussa son pote en direction de la cachette de Draco.

– Lâche-moi! Grogna Potter mais il y alla néanmoins.

Une fois assuré que Potter allait voir Draco, le rouquin se retourna vers eux.

– Joli collier, Zabini, commenta-t-il en souriant.

Blaise se demanda si Draco lui en voudrait beaucoup s'il tuait le meilleur ami du mec qu'il aimait.

Cependant, la vie de Weasley et les cas de conscience de Blaise étaient bien loin de l'esprit de Draco à ce moment là.

Potter se tenait devant lui et le serpentard était plus occupé à faire comme s’il était surpris de le voir là.

– Salut! Dit-il sèchement. Que veux-tu?

Ok, il était nerveux donc teigneux. Ce n'était pas de sa faute, personne ne lui avait appris comment réagir face à quelqu'un qu'on avait tapissé du contenu de son estomac. Potter eut l'air blessé par sa question et Draco se mordit la langue pour s'empêcher de s'excuser.

– Je voulais savoir comment tu allais. La dernière fois que je t'ai vu, tu étais malade.

Oh, c'était une charmante manière de retranscrire ce qu'il s'était passé!

– Ça va, répondit Draco en haussant les épaules. Même si je m'attends à tout moment à ce que quelque chose d'humiliant me tombe dessus.

Potter eut un léger sourire mais ça lui allait si bien que Draco ne pensa même pas à s'en offusquer.

– Je suis content que tu sois là, reprit le gryffondor. J'ai eu peur de ne pas te voir avant le départ.

– Ben, me voilà! Fit Draco avec un sourire crispé tout en écartant les bras.

Intérieurement il se fustigea pour son humour pas drôle. Potter ne riait pas. Il parcourait son corps des yeux. Draco pensa qu'il devait avoir fait une faute de goût énorme dans son choix de vêtements parce que Harry semblait vraiment préoccupé par ce qu'il voyait.

Furtivement, Draco regarda sa chemise noire sans manche mais elle était parfaitement repassée et il ne s'était pas trompé en la boutonnant. Son pantalon, noir aussi, mettait parfaitement en valeur ses jambes nerveuses et il n'avait ni tâches, ni braguette ouverte.

– Oui, te voilà, répondit enfin Potter puis il secoua la tête comme pour reprendre ses esprits. On n'a pas vraiment eu l'occasion de parler ces derniers temps... J'ai l'impression que ça tombait toujours mal. Et je ne t'ai pas vu une seule fois de la semaine.

Draco se demanda si Potter était stupide. Il lui avait vomi dessus. (Merlin, combien de fois encore allait-il devoir se répéter cette phrase ?). C'était normal qu'il refuse de le croiser après ça. Il poussa un soupire exaspéré. De toute façon c'était fichu avec Harry, donc autant jouer cartes sur table.

– Je n'avais pas envie de te croiser, dit-il. D'ailleurs j'aurais bien aimé ne plus jamais avoir à le faire.

– Bien, je vais cesser de t'importuner alors, murmura Potter en pâlissant.

Avant que Draco comprenne quoique ce fut, il le vit tourner les talons et s'éloigner d'un pas rapide. Cet idiot de gryffondor (oui, « idiot », l'amour ne rendait pas aveugle à ce point) avait tout compris de travers. Il ne lui restait plus qu'à le rattraper. C'était ridicule de courir comme ça après un mec, mais ça faisait plus d'un an qu'il était ridicule et qu'il courait après Potter. Ce n'était pas une soirée de plus qui allait le tuer. Et si quelqu'un valait la peine qu'on se saigne pour l'avoir, c'était Harry.

Draco eut un peu de mal à le retrouver. Le gryffondor était dans une des cavités que formait la statue de Salazar, un pli de sa robe en fait.

Personne ne pouvait les voir là. Il était assis, le dos contre la statue, l'air résolu. Draco se demanda s'il pouvait vraiment se faire à l'idée de ne pas l'avoir. Ce n'était pas une simple lubie de séducteur. L'amour qu'il éprouvait pour ce type l'avait rendu comme le dernier des idiots mais il était réel. Il était même violent et cruel.

Comment quelqu'un comme Harry, si gentil, si fort, aurait-il pu l'aimer lui? Draco avait été stupide d'y croire ne serait-ce qu'un instant.

– Tu comptes ne pas parler encore longtemps? Demanda la voix de Potter. Ou alors tu as oublié de me dire à quel point le fait que je te colle toujours te dégoûte... remarque cette fois, c'est toi qui es venu.

Draco se demanda de quoi il parlait. Potter ne l'avait jamais collé. C'était toujours lui qui...

Le serpentard écarquilla les yeux. Il avait tort, Potter avait toujours était celui qui venait engager la conversation. Depuis le début, il faisait le premier pas.

Il fut ramené à la réalité par le rire amer du brun.

– J'aurais dû m'en douter, reprit ce dernier, prenant le silence du blond pour une confirmation. Tous les « malheurs » qui t'arrivaient, c'était juste une manière originale de te débarrasser de moi! Oh, tu aurais pu me le dire simplement tu sais! J'aurais compris. Même ma simple vue t'a fait gerber, alors je me demande ce que je fais encore là. Je suis un cré-

– Ta gueule!

L'injonction de Draco n'avait été qu'un murmure mais Potter n'avait pas fini sa phrase. Et c'était bien.

– Tu crois vraiment que je me suis fait renverser par Weasley, bouffer par une plante carnivore et presque brûlé vif, juste pour éviter ta compagnie? Demanda Draco incrédule.

– Je...

– Non, ta gueule, j'ai dit!

Harry referma la bouche. Draco se sentit petit à petit perdre patience.

– Je me suis retrouvé dans des toilettes puantes, pour toi! Je me suis déguisé en chauve-souris géante, pour toi! J'ai même complimenté Granger, pour toi! Et tu oses me dire que je veux me débarrasser de toi!

Potter eut l'air hébété par ce qu'il venait d'entendre. Et un peu énervé aussi. Il se leva d'un bond et pointa un doigt accusateur sur la poitrine du blond.

– Ne me mets pas tout sur le dos! Répondit-il. Tu n'as jamais été très clair Malfoy. Comment pouvais-je deviner que tu faisais tout ça pour moi? Dès que je venais te parler tu débitais des banalités! Tu avais l'air d'un crétin fini!

– D'un crétin?! S'offusqua Draco. Tu peux parler Potter! Toujours à tourner autour du pot! Tu n'étais pas plus doué que moi pour dire ce que tu ressentais!

– Peut-être parce que j'étais trop occupé à te sauver les miches!!

Ils se faisaient face à face, leurs yeux lançant des éclairs.

– Sale con ! siffla Draco.

– Couard ! Cracha Harry.

– Embrasse-moi!

– Ok!

Harry se jeta sur les lèvres de Draco qui l'accueillit dans un gémissement presque désespéré. Le baiser fut brutal. Draco sentit les ongles de Potter qui griffaient ses épaules nues et lui même était en train de le plaquer contre la pierre brusquement et de recommencer, bougeant ses hanches contre lui, comme s'ils allaient baiser là, tout de suite.

– Oh Malfoy, je te veux! Gémit Potter contre sa bouche.

Draco qui avait déjà la main dans la braguette du brun acquiesça fébrilement.

Putain, je vais enfin me le faire!, pensa-t-il en baissant le jean du gryffondor de ses mains tremblantes.

A cet instant, le dernier tube des Mages en Nage (« Viens sur mon balais, il est fait pour toi ») fut diffusé dans les hauts parleurs, les faisant tous les deux sursauter. Harry fut celui qui se reprit en premier.

– Bordel, t'arrête pas! Grogna-t-il avant d’essayer de lui enlever son pantalon, tout en l'embrassant à nouveau.

°0°0°

– Merde, pourquoi ils ont mis la musique? Gémit Pansy. On ne les entend pas!

– Pour ne plus qu'on les entende, justement, grommela Blaise.

En effet, si comme l'avait remarqué Draco, personne ne pouvait les voir là où ils étaient. La salle était construite de telle façon que la cachette qu'ils avaient trouvée distribuait leurs paroles dans tout le reste de la pièce.

Quand Potter avait parlé la première fois, Millicent avait faillit s'évanouir en pensant que c'était Salazar Le Malveillant (titre suprême pour tous verts et argent qui se respectent) qui leur faisait l'honneur de se manifester à sa fête, et tout le monde avait regardé en direction de la statue. Les conversations avaient cessé. Mais le premier moment de stupeur passé, il était devenu évident que ce n'était pas Serpentard en personne qui parlait mais la voix de Malfoy et Potter qui se répercutait dans la salle de manière amplifiée. Les élèves avaient donc été d'autant plus attentifs, sauf Millicent dont la déception était trop grande pour ça.

Blaise avait été ravi. Parce que son ami et Potter étaient en train de se disputer. Et il voyait déjà ce qu'il allait faire de Pansy. Peut être qu'elle pourrait commencer par lui lécher les pieds!

Ça serait à son tour d'être le Maître!

...Et après elle remonterait jusqu'à ses mollets, passant dans le creux du genou. Puis sa langue probablement douce atteindrait ses cuisses et monterait encore jusqu'à atteindre son sexe dur et impatient...

Blaise en était là de ses réflexions, ne cherchant pas à savoir pourquoi il imaginait faire des trucs sexuels avec son amie.

En même temps il entendait Potter traiter son meilleur ami de crétin, et puis Draco traiter Potter de con, et encore Potter traiter le blond de couard (honnêtement cette insulte était pathétique mais il ne fallait probablement pas trop en demander au gryffondor) et tout cela avait été une douce mélodie de la victoire aux oreilles de Blaise. Même savoir que Draco avait complimenté Granger, ne parvenait pas à gâcher ce moment de grâce. Surtout qu'en même temps il voyait le visage de Pansy se décomposer, c'était divin! Mais après brusquement, se trompant sûrement de réplique, Draco avait demandé au sale con de l'embrasser et l'autre avait dit « ok ».

Blaise avait senti Pansy tirer sur sa laisse alors que des gémissements indécents s'élevaient dans la salle – ça c'était sûr que Salazar n'aurait pas pu faire ce genre de bruits –. Et la jeune femme avait susurré à son oreille, qu'elle avait gagné.

« Oh, Malfoy, je te veux! » avait dit la voix de Potter d'un ton situé entre l'impatience et l'avidité.

Les élèves avaient commencé à s'agiter, comprenant que derrière la statue, Malfoy et Potter avait l'intention de faire plus que s’embrasser. Et puis quelqu'un avait lancé la musique pour couvrir les voix et autres halètements-gémissements-succions-grognements (sans mentions inutiles à rayer, s'il vous plait!), des deux attrapeurs.

Pansy avait gagné.

Qu'avait-elle dit déjà? Qu'il serait son esclave jusqu'à ce qu'elle se lasse...

Oh, sa vie allait devenir un enfer. Pansy ne se lasserait jamais de ce genre de truc.

– Alors Blaise? Dit-elle en tirant encore sur la chaîne pour amener son visage vers le sien.

Le fait qu'il la trouve jolie ne le laissait pas moins fou d'inquiétude pour la suite.

– Tu as gagné, admit-il à contrecœur.

– Oui. Je vais être ta maîtresse jusqu'à ce que je me lasse.

Elle avait accentué le mot « maîtresse » car c'était en effet ce qu'ils avaient parié. Blaise avait pensé à « maîtresse » genre « Maître et esclave »... il n'avait pas pris en considération l'autre signification du mot. Mais vu le regard de Parkinson, elle l'avait fait pour deux.

Elle avait l'air cependant un peu tendue. Peut-être qu'elle avait peur qu'il refuse? Oh, il devrait refuser, ils étaient amis!

– Mais...nous sommes amis, balbutia-t-il.

Puis son cœur se bloqua dans sa poitrine et il se traita de crétin. Est-ce qu'il venait vraiment de refuser de sortir avec la fille la plus épatante qu'il connaissait?

– Oh, pas tant que ça! balaya Pansy d'un geste de la main.

Et comme c'était juste ce qu'elle devait dire pour que son cœur se remette à battre, Blaise esquissa un sourire. Il n'eut pas besoin d'une nouvelle traction sur la chaîne pour se pencher sur ses lèvres. Il était peut-être temps qu'il fasse le second pas. Il pensa que perdre contre Pansy était une chose à laquelle il allait pouvoir se faire. Oh oui... contre Pansy… tout contre...

°O°O°

– Aïe! Siffla Harry lorsque sa tête se cogna contre la statue.

– Pardon! Grogna Draco contre sa bouche maudissant l'espace réduit dans lequel ils se trouvaient.

Cependant le choc ne semblait pas avoir calmé la fièvre du gryffondor. Draco était entre ses jambes et bon sang, c'était juste sa place. Il était à deux doigts de le pénétrer – d'ailleurs ses doigts étaient prêts pour ça – mais quelque chose n'allait pas.

Essoufflé et tendu au possible, Draco se recula.

– Qu'est ce que tu fais? Demanda Potter presque hargneux.

Le serpentard passa une main dans ses cheveux. Oh, coucher avec Harry était tout ce qu'il avait toujours voulu. Mais il n'avait jamais imaginé le faire comme ça, à la va vite, au milieu de tout le monde. Certes personne ne savait ce qu'ils faisaient derrière cette statue mais ce n'était pas une raison.

– Je...je pense qu'on mérite mieux Harry, commença Draco. Il est possible qu'on brûle des étapes.

C'était vrai, il n'avait même pas dit à Potter qu'il l'aimait. Enfin il lui avait fait comprendre mais un gryffondor ça avait besoin de mots, de certitudes.

– Je...tu as sûrement raison, soupira le brun en commençant à se rhabiller. Il faut qu'on apprenne à ce connaître...Et puis on pourra se voir pendant les vacances d'été...

– Évidemment! Répondit Draco qui de toute façon ne comptait pas laisser Harry avoir des vacances sans lui.

Il se rhabilla lui aussi. Ils allaient passer le reste de la soirée calmement, à parler, et après Draco irait se branler jusqu'à ce que son poignet le lâche.

Lorsqu'ils se refirent face à face pour revenir sur la piste, Draco regarda Potter avec ses lèvres gonflées, son t-shirt à moitié sorti de son pantalon, ses cheveux encore plus dans tout les sens, son regard vert affamé... Bordel, il faudrait qu'il aille se branler plus tôt que prévu.

– D'un autre côté, commença Potter en se mordant la lèvre. On se connait déjà depuis sept ans...

– Oui, répondit Draco précipitamment. On n'a pas vraiment besoin de parler... On prend ma chambre?

– C'est la plus près, acquiesça Harry, trépignant presque d'impatience et le tirant déjà par la main.

Draco se laissa guider, un fin sourire éclairant son visage d'ordinaire de marbre. Il allait finalement l'avoir sa soirée de sexe en folie...

Il était en train de se rappeler le chemin le plus court pour aller aux cachots lorsque quelque chose lui tomba dessus. Il sentit sa tête heurter violemment une dalle puis ce fut le trou noir.

Lorsqu'il revint à lui, il poussa un gémissement douloureux. Qu'est ce qu'il lui était encore arrivé?

– Oh il ouvre les yeux! Fit la voix de Pansy.

Il était toujours sur les dalles froides de la Chambre des Secrets. Mais sa tête reposait sur quelque chose de mou.

– Comment te sens-tu Draco?

Potter se tenait au dessus de lui, torse nu. Draco déglutit, ça voulait dire que sa tête était sur le t-shirt de Potter là. Puis il se rappela que Potter était avec lui! Oh, ils s'apprêtaient même à faire l'amour! A moins qu'il ait rêvé? Oh Merlin, faites qu'il n'ait pas rêvé!

– Ça va, murmura Draco.

Il essaya de se relever, sa main prenant appui sur l'avant bras de Harry. Harry qui avait l'air sincèrement inquiet mais qui frissonna à son contact. Draco sentit une douce chaleur l'envahir, non, ce n'était pas un rêve.

En fait ça n'allait pas vraiment, sa tête était encore douloureuse.

– Que s'est-il passé? Demanda-t-il.

Il fronça les sourcils en voyant Blaise tenir la main de Pansy. Il n'avait plus sa chaîne autour du cou mais à son poignet à présent, comme Pansy. En plus ils avaient tous les deux les yeux brillants. Ils avaient l'air suspicieusement heureux. Peut-être que c'était la joie de le savoir enfin avec Harry. Ses amis étaient vraiment les meilleurs du monde!

– Weasley t'es tombé dessus, lui apprit Blaise. Enfin pas lui mais son corps!

Draco haussa un sourcil interrogateur, tout en se relevant difficilement. Sa tête lui faisait un mal de chien! Puis il posa les yeux à terre et poussa un cri d'horreur – et un peu de satisfaction aussi –.

Le cadavre de Weasley était à quelques mètres de lui. Du sang s'écoulait de sa bouche. Ses yeux morts le fixaient. Bon sang! Qu'avait-il fait? Harry allait le tuer!!!

– C'est un faux, fit la voix de Weasley derrière lui.

Draco pâle comme un mort se tourna vers lui.

– Oui, fit Harry en lui prenant la main, les corps pendus là haut représentent chacun d'entre nous. Celui de Ron est tombé. Apparemment la corde autour de son cou était trop usée.

– Je ne le trouve pas très réussi, commenta Weasley en fixant son faux cadavre.

– Millicent dit que c'est pour que nous n'ayons pas peur de voir la mort en face, leur apprit Pansy en regardant le plafond. Je me demande lequel est le mien...

Ils se mirent alors tous à chercher leur cadavre. Sauf Blaise qui avait la bouche contre le cou de Pansy. Draco se demanda si c'était une nouvelle sorte de danse.

– Tu es sûr que ça va Draco? Tu ne veux pas aller à l'infirmerie?

Le serpentard sourit à Harry pour le rassurer. Putain, il avait vraiment un torse magnifique! En fait peut-être bien qu'il aurait besoin d'aller à l'infirmerie mais il serait sûrement obligé d'y passer la nuit – Pomfresh adorait avoir des pensionnaires! – et il avait autre chose de prévu pour ce soir. Et puis ça ne devait pas être si grave que ça, la horde sanguinaire de sombrals qui trépignaient dans sa tête allait sûrement se calmer bientôt.

– Ça va, répondit-il en essayant d'avoir l'air bien et pas sur le point de tomber dans les pommes. Et si on y allait.

– Tu es sûr? Demanda Harry toujours inquiet.

– Bien entendu! Ce n'est pas le cadavre de Weasley qui va m'empêcher de finir cette soirée en beauté!

– Surtout qu'il n'est pas très représentatif, fit la voix du miséreux derrière lui.

Draco fit semblant de ne pas l'avoir entendu – avec un peu de chance Weasley allait s'occuper de ses miches tachetées – il fit un pas, manqua de tomber et fut rattrapé par Potter in extremis.

– Oulààà, rit-il, mes jambes sont un peu capricieuses on dirait!

Il lui tendit son t-shirt parce que dans la salle les gens commençaient un peu trop à le reluquer.

– Draco, tu ne vas pas bien! Souffla Harry contre son cou.

Merlin, comment ce type faisait-il pour lui donner envie même dans des conditions pareilles ? Draco essaya de se calmer tout en regardant les muscles fins du brun en mouvement pendant qu'il remettait son haut. Il poussa presque un soupir douloureux lorsque le ventre halé eut disparu sous le vêtement. Il essaya de marcher à nouveau, mais tituba encore.

– Pfff, Malfoy est encore ivre, fit une voix de fille sur sa droite.

Draco aurait bien aimé fusiller l'inconnue du regard mais il n'en avait pas trop la force.

– S'il te plait, dit-il à Harry, emmène-moi dans ma chambre. Je suis sûr qu'après un peu de repos ça ira mieux.

Il se donna exprès un air douloureux mais fort dans la douleur et ça marcha. Il vit Harry perdre le combat, il sentit son bras autour de sa taille.

– Pour ne plus que tu tombes, l'informa-t-il.

Draco eut un sourire séducteur même si ça lui vrilla le cerveau.

– Je n'en attendais pas moins de toi, susurra-t-il.

Le chemin jusqu'à sa chambre de préfet se fit dans le silence. Draco était trop occupé à faire taire la douleur et Harry à calmer son envie de l'embrasser contre chaque mur qu'il voyait. Une fois arrivé, il allongea Malfoy sur son lit et voulut repartir mais il fut attrapé par son t-shirt.

– Reste, dit Draco du désir plein la voix.

– Tu n'es pas en état, répondit Harry tendrement.

– Oh par Merlin Harry! S'enerva Draco. On dirait que tu ne veux plus! Tu vas sûrement me prendre pour un mort de faim mais c'est vrai j'ai envie de toi! Depuis trop longtemps! S'il te plait, ne t'enfuis pas encore.

Il vit les yeux verts s'écarquiller de surprise.

– Je ne te prends pas pour un mort de faim, sourit Harry. Moi aussi, j'ai envie depuis longtemps de coucher avec le mec le plus sexy de l'école.

Draco fronça les sourcils.

– Tu vas avoir du mal. Michael Corner est un hétéro pur et dur.

Harry fit la grimace.

– Je plaisantais, reprit Draco.

– Je sais mais... tu le trouve vraiment sexy?

Corner était sorti avec Cho et avec Ginny, en gros avec toutes les personnes féminines avec qui Harry était sorti. Il ne l'avouerait à personne mais il était vraiment inquiet par ce mec.

– Peu importe comment je le trouve, sourit Draco visiblement ravi de voir le gryffondor jaloux. Ce n'est pas de lui dont je suis amoureux.

Voilà c'était dit et bien dit. Harry allait d'un instant à l'autre lui dire qu'il l'aimait aussi et ils allaient le faire.

– Je sais, répondit le brun, ce qui n'était pas du tout la réplique que Draco avait prévue.

Puis Harry l'embrassa alors le serpentard mit de côté son désappointement.

La baiser prit vite une allure plus désespérée et Draco fit passa le t-shirt de Potter par dessus sa tête.

– Tu es sûr de toi? Murmura le gryffondor.

– Putain oui! gémit Draco.

Mince, le coup à la tête le faisait réagir comme le dernier des ados en manque... en fait, il était réellement en manque! Il allait enfin avoir autre chose que sa main à se mettre dans le... sous la dent!

Potter sembla enfin décidé. Il eut un sourire de prédateur qui fit passer l'érection de Draco de gênante à douloureuse.

Draco le regarda se déshabiller, faisant de même avec fébrilité. Bon sang, il allait vraiment faire l'amour à Harry. Il en avait les mains qui tremblaient.

Mince, ce mec était une bombe. C'était la première fois que Draco se sentait aussi fiévreux. Harry ne l'avait pas encore touché et il se sentait sur le point d'exploser.

Le gryffondor n'aurait jamais cru que Draco puisse être aussi fébrile. C'était flatteur, même si Harry se demanda si le coup à la tête n'y était pas pour quelque chose. Il semblait quand même un peu déphasé... ou alors il était vraiment très en manque.

Il sourit, s'approcha du serpentard et lentement l'embrassa. Il le sentit gémir contre sa bouche alors que Harry prenait son temps. Lui même n'en menait pas large. Embrasser le serpentard était comme mourir un peu. Malfoy était vraiment la personne la plus sexy qu'il connaissait.

– Je t'aime, chuchota-t-il.

Il sentit Malfoy se tendre contre lui.

– Oh, oui! Siffla le serpentard en poussant contre son propre sexe.

Harry sentit quelque chose gicler contre son ventre tandis que Draco tremblait dans ses bras, le regard fixé sur le plafond, la bouche entrouverte.

Le gryffondor le regarda, complètement ébahi. Malfoy venait de jouir... déjà. Il sembla s'en rendre compte puisqu'il posa son regard gris horrifié sur Harry.

– Oh... non, gémit-il.

Harry eut un sourire carnassier en le voyant se décomposer.

– Oh Merlin, reprit le blond défait, je t'assure Harry, d'habitude je ne viens pas si vite! Je suis désolé, attends, on va recommencer et...

– Ce n'est rien Draco, le coupa Harry. Tu viens de te faire assommer, je pense que le mieux c'est qu'on arrête là pour ce soir...

– Je...mais et toi?

– Bah, je vais tenter de me faire Corner, il ne doit pas être encore sorti de la fête!

Il s'attira un regard meurtrier, eut un petit rire et s'allongea prenant Draco dans ses bras.

– Ou alors je reste gentiment ici et j'attends que tu sois de nouveau d'attaque.

– Sage décision! Confirma Draco en posant sa tête contre son épaule. Je suis à toi dans une minute.

Harry eut un nouveau sourire mais ne dit rien, il écouta Malfoy bailler et trouver une position plus confortable contre lui.

Une minute plus tard, il dormait. Harry ferma les yeux à son tour. C'était bien aussi comme ça.

°O°O°O°

Ainsi s’acheva la dernière année à Poudlard de nos jeunes héros, oui, seulement leur année car Harry et Draco ne connurent pas de fin et en furent très heureux.

L’histoire ne dit pas qui de Draco ou de Harry tira l’autre en premier, et nous conviendrons de dire que cela n’a pas vraiment d’importance sauf – évidemment – pour Ronald Weasley et Blaise Zabini qui après le départ du couple de la soirée des Serpentards ont engagé un pari à ce sujet.

La malchance de Draco Malfoy ne connut hélas que peu d’accalmies, ce qui le conduisit à envisager une malédiction lancée sur sa personne, thèse appuyée par le nombre éminemment élevé de catastrophes qui continuèrent de s’abattre sur lui.

Personne ne sut jamais, d’ailleurs, pourquoi Draco avait développé une grave intolérance à la moussaka, pas même Ron qui avait été très malade après en avoir mangé la veille du premier bal de fin d’année.

À la grande surprise de Blaise – et au grand dam de Pansy – les photos prises par Colin Crivey lors de la soirée des Poufsouffles ne furent jamais diffusées et le jeune photographe sembla se passionner pour la peinture, il raccrocha donc son appareil. Personne ne comprit jamais pourquoi, pas plus qu’on ne sut pourquoi, pendant près de deux mois, il ne mangea que de la purée.

Pansy Parkinson ne se lassa pas d’être la Maîtresse de Blaise Zabini, pas même lorsque, plusieurs années plus tard, ils se marièrent.

Fin… ou pas

(-1-) : Puck est l'un des personnages de « Songe d’une nuit d’été » de Shakespeare.

oOo

Excuses post lecture : Je crois que vous avez compris maintenant :p

J’ai toujours eu envie de casser le personnage de garçon absolument parfait et charmant bâti par nombre d’auteurs de fictions (y compris moi, je ne le nie pas), aussi quand l’occasion nous en a été donnée, avec Artoung nous avons imaginé les pires hontes qu’il pourrait avoir, et ce fut très drôle à imaginer comme à écrire.

Certaines choses sont venues spontanément, comme la cuite au pastis (parce que c’est bien du pastis, en bonne méridionale je me devais de la caser quelque part même si j’ai cette boisson en horreur) ou la plante carnivore.

Voilà, nous espérons que vous avez passé un bon moment, que vous ne nous en voulez pas trop pour toutes les misères qui arrivent à Draco dans cette histoire et que vous n’avez pas trouvé le tout trop long (j’avoue, on s’est emportées :p).

Merci de nous avoir lues.

Artoung & Baddy

PS : c'est vraiment la fin au fait, j'ai juste mis "ou pas" pour aller avec le titre :D

 
 
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