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au 15 Mar 10 :
1631 comptes dont 538 auteurs
pour 1895 fics écrites
contenant 5448 chapitres
qui ont générés 10676 reviews
 
     

     
 
Le placard sous l'escalier
Par Origine
Harry Potter  -  Drame/Erotique
One Shot - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 1     6 Reviews    
MERCI DE LIRE LES AVERTISSEMENTS SUIVANTS !!!!!!!

L’histoire que vous allez lire décrit TRES précisément des relations amoureuses et sexuelles entre hommes. Si cela vous dérange, merci de quitter cette page.

Cette fic aborde des thèmes très difficiles et décrit des situations de violence. Si vous êtes mineur(e)s, ou si vous êtes sensibles, merci de quitter cette page!

Cette histoire contient : du sexe, de la violence, de la folie
et au fond, derrière le sang, de l'amour.
Merci de quitter cette page si vous êtes mineur(s) ou sensibles.

Dédicace: A Nyx. La seule, l'unique et l'indivisible propriétaire du scénario. Ce Placard, ces cuisses moites, cette foi irréductible sont pour toi.

Disclaimer : L’univers de HP appartient à JKR.

Note: Ce texte a été publié en EXCLUSIVITÉ le Fanzine HP "Le Troisième Oeil".

Note de l'auteur et ultime AVERTISSEMENT :
Cette fic est vraisemblablement la plus dure et la plus violente que j'ai écrite à ce jour. J'ai pleuré, sué et prié pendant des heures pour extirper cette histoire de mon esprit. Considérez-la comme un exutoire, comme l'opposé de toutes les belles choses qui arrivent habituellement à ce couple.
Bonne lecture. 

...

 [Point de vue de Draco, ne prend pas en compte le T7]

Je me revois il y a quelques temps.
Je me revois devant cette maison blanche et cubique.
Je me revois ce soir où tu m'avais à peine regardé en rentrant du travail, saisissant mon poignet pour me faire transplaner dans un endroit connu de toi seul.

Et cet endroit était cette rue. Une rue bordée de maisons blanches et cubiques. De maisons toutes identiques.

Privet Drive.

C'était le nom que j'avais vu se refléter sur un panneau de fer et c'était là que j'avais compris.

Nous étions dans le quartier de ton enfance. Dans la rue de ton enfance. Devant la maison de ton enfance.

Je me rappelle combien l'extrême banalité des lieux m'avait surpris. C'était un lieu sobre et propre comme pouvait l'être n'importe quelle banlieue moldue. Du moins c'était ce que je supposais à l'époque.

Je n'avais ressenti aucune once de magie dans l'air et même une sorte d'animosité à l'égard de l'étrange. Je ne saurais décrire aujourd'hui l'inhabituelle certitude que j'avais éprouvé en me rendant compte que le quartier semblait être hostile.

A nous et à notre magie.

Toi, pourtant, tu n'avais pas eu l'air de t'en rendre compte, le regard fixe et les jambes droites. J'ignorais quels étaient les sentiments, les souvenirs, les émotions qui assaillaient ton cerveau à cette seconde car je ne pouvais imaginer ce que l'on pouvait ressentir en retournant sur les traces de son enfance et de sa dernière famille.

Parce qu'en vérité tu étais redevenu orphelin, Harry. Je ne savais pas exactement quand tu avais appris la mort de tes anciens tuteurs mais la nouvelle t'était parvenue et tu avais décidé de revenir ici. De revenir  ici et de me prendre avec toi.

J'avais vu défiler dans tes yeux toutes sortes d'émotions sur lesquelles j'étais totalement incapable de mettre un nom. Et qui plus est, cela faisait déjà pas mal de temps que j'étais devenu complètement incapable de déchiffrer ton regard.

Et soudainement tandis que je t'observais, tout s'était éteint en toi: ton visage s'était fermé, tes prunelles étaient devenues vagues visant un détail connu de toi seul et tu avais eu un drôle de sourire. Un sourire un peu fou. Un sourire que j'avais déjà eu l'occasion de voir par deux fois sur tes lèvres.

La première fois c'était quand j'avais rejoint l'Ordre du Phénix au cours de notre septième année et que tu n'avais rien trouvé à dire à part: "Dumbledore avait prévu ça aussi, non?"

Tu parlais de moi. De moi, Draco Malfoy. De moi, ici, dans la maison de ton parrain. Dans cette baraque miteuse du 12, Square Grimmaurd où se réunissaient les plus grands amis de la Lumière et, accessoirement, tes amis à toi aussi.

La seconde fois où tu as déchiré ton visage avec ce drôle de sourire, c'était lorsqu'ils – tu – avais retrouvé Peter Pettigrow. Il avait été abandonné par son Maître dans une cellule où il était mort de faim et de soif. Je me souviens que tu étais rentré au QG tenant dans tes bras son corps en pleine décomposition. L'odeur de la chair putréfiée avait accompagné tes allers et venues quelques jours durant. C'était comme si tu avais voulu que tout le monde le voie, que tout le monde comprenne ce qui coûtait aux traîtres. Aux minables. Aux Mangemorts.

Je me dis aujourd'hui que quelqu'un aurait dû s'inquiéter de ce comportement: tes amis, ta famille d'adoption, tes protecteurs. Quelqu'un aurait dû faire disparaître ce cadavre de tes bras, cette odeur pestilentielle de tes habits et rassurer l'enfant déséquilibré que tu étais en train de devenir en chuchotant: "C'est fini, Harry, c'est fini".

Pourtant, personne n'a rien fait face aux lambeaux cramoisis qui collaient à tes doigts et à ce sourire dément qui défigurait ton visage. Ils étaient tous très occupés en vérité. Très et trop occupés, chacun ayant leurs propres vengeances à mener, leur propres morts à enterrer, leurs propres responsabilités à tenir.

A l'époque je ne t'approchais que rarement, préférant la chambre qu'on m'avait attribuée à l'étage de la vieille maison Black mais j'avais remarqué cette fascination morbide que tu avais pour le cadavre de Pettigrow. Je t'avais trouvé un peu dingue et j'avais tué le temps en t'observant chaque jour sombrer vers l'enfer de tes haines.

Et Merlin seul sait combien elles étaient intenses !

Tu m'avais semblé aussi déterminé à haïr que mon ancien Maître et je m'étais interrogé sur l'origine de cette attitude. Parce que, si tu avais presque facilement accepté mon changement de camp – les mots d'Albus Dumbledore tiennent pour loi -, tu avais continué à alimenter ta rancœur envers Severus Snape. L'homme discret passait régulièrement au 12, Place Grimmaurd et chaque fois il fallait que quelqu'un te retienne, que quelqu'un te raisonne, que quelqu'un t'enferme presque.

Dans tes yeux brillait assez de rage et de volonté que, si tu en avais été capable, tu l'aurais tué d'un simple regard.

Tu lui en voulais. Pour toi Severus Snape était plus détestable que n'importe qui – hormis le Seigneur Noir lui-même – et tu lui en voulais de continuer à s'intéresser à la guerre.

De mon côté, la guerre n'était plus un problème depuis que j'avais investi la Maison Black. Par faiblesse peut-être. Par facilité aussi. D'ailleurs nul n'attendait de moi à ce que je m'engage ou m'investisse et nul n'avait de temps à perdre avec moi.

Toi non plus au départ. Ton problème majeur c'était Snape.

Snape, cet ancien professeur qui n'avait jamais été bavard mais qui m'avait appris de sa bouche qu'au-delà du vœu qu'il avait fait à ma mère, il en avait fait un à Dumbledore.

Te sauver. Et me sauver.

C'était aussi ce que tu haïssais en lui. Cette obscurité avérée dont il se servait à merveille pour agir contre le Seigneur des Ténèbres. Tu haïssais cette force et cette détermination qui lui avait permis de tuer Dumbledore parce que c'était le plan.

Le Plan.

Il s'agit d'un nom pudique pour désigner une chose de beaucoup plus grave et à laquelle aucun mot  ne correspondait. C'était un mélange entre Faisons tout pour que le Seigneur Noir tombe et Sauvons Harry à tout prix.

A tout prix. Ça voulait dire "Quelque qu'en soit les conséquences" et le vieux directeur était mort assassiné par le plus ambigu de ses lieutenants.

Harry, je sais qu'encore maintenant l'idée de voir Snape vivant quand d'autres – beaucoup d'autres – sont morts déchaîne une colère sans nom en toi mais je sais aussi qu'il n'est pas le coupable de tout ce que tu lui reproches. Non, Snape n'est pas innocent, mais il n'est pas coupable.

Peut-être est-il quelque chose comme non-innocent.

Mais, sans doute possible, Snape a alimenté ta haine et a indirectement aidé à la réalisation de ton destin: tu as haï, tu t'es battu et tu t'es élevé contre la dévastation que disséminait partout l'Armée Noire.

Et je dirais autre chose: c'est indirectement grâce à lui aussi que je me suis rapproché de toi. 

Je ne me rappelle pas exactement quand j'ai découvert que s'il fallait que je tombe amoureux ce ne pourrait être que de quelqu'un comme toi. Je ne me rappelle pas exactement, non, mais je me souviens que cela était très clair dans mon esprit quand je me suis avoué mon inclination pour le Garçon-Qui-A-Survecu.

Parce qu'il fallait bien que j'aime quelqu'un et qu'aimer pour aimer, je devais aimer ce que je haïssais le plus avant de quitter ma vie de Malfoy.

En vérité, j'avais cessé d'être un Malfoy le jour de la mort de Dumbledore. Ce jour là j'étais devenu Draco. Seulement Draco et rien de plus. Rien de moins aussi.

C'était donc Draco qui avait suivi son professeur de Défense Contre les Forces du Mal, qui avait rejoint cette bande étrange appelée l'Ordre du Phénix et qui partageait les murs d'une maison qui appartenait à Harry Potter.

Ainsi, je vivais avec toi, Harry et l'on se croisait rarement. Tu avais un rythme particulier et un comportement un peu dingue. Quand je dis dingue, tu sais bien que ce n'est pas une critique – je ne me le permettrais pas – c'est plutôt une constatation.

Le jour où tu as ramené le corps de Pettigrow avait confirmé cette graine de folie qui s'agitait en toi. Mais je me demande s'il pouvait en être autrement sachant que tu avais tout juste dix-neuf ans et que tu étais destiné à sauver le monde.

Ce côté là de ta personne me fascinait en réalité et j'ai mis bien du temps à connaître le vrai Harry. Juste Harry comme tu l'appelles. Mais quand je l'ai rencontré j'ai eu face à moi un petit garçon adorable. 

J'ignorais alors qu'il y avait deux enfances en toi. La véritable et la rêvée.

Et j'ignorais cela aussi quand je t'ai vu sourire affreusement pour là troisième fois et que bien des choses s'étaient passées depuis lors. Tu avais détruit le Seigneur Noir, tu m'avais embrassé, tu m'avais fait l'amour et nous avions même emménagé ensemble. Les événements sont trop confus pour les expliquer clairement mais je t'avais approché et toi, tu ne m'avais pas repoussé.

C'était pourquoi ce soir là, nous nous retrouvions face au 4, Privet Drive et que ce sourire effrayant découpait tes lèvres.

 

Je te revois nettement commencer à mordiller nerveusement ta lèvre inférieure et arracher de petits morceaux de peau jusqu'à voir naître quelques petites gouttes de sang écarlate. Tu faisais cela souvent à l'époque comme si tu ne ressentais aucune douleur ou comme si, au contraire, la douleur t'aidait à surmonter une épreuve invisible pour les autres.

Tu avais passé une main dans tes cheveux en bataille alors et tiré un peu dessus comme pour les discipliner. Je me souviens de ce détail parce que tu avais encore de longues mèches noires qui balayaient ton front et ta cicatrice ce jour-là.

Tu avais avancé ensuite, te dirigeant vers la maison cubique numérotée comme la quatrième. Ta démarche était droite, quasi-mécanique et tu avais sorti de ta poche un jeu de clés. Tes gestes avaient été étonnamment précis quand tu avais enfoncé l'objet métallique dans la serrure et ouvert la porte blanche sur un couloir sombre.

De là où je me trouvais je ne voyais rien d'autre que ta silhouette verticale et je savais que tu avais complètement oublié ma présence. Cela t'arrivait parfois, prenant cet air confondu et un peu désolé; regardant dans mes yeux gris et y cherchant la raison de ma présence à tes côtés.

Oh, Harry, cela ne dure jamais bien longtemps parce qu'ensuite tu m'embrasses et me fais l'amour avec ton corps dur et chaud. En ces moments-là tu te rappelles pourquoi tu es avec moi et pourquoi je suis avec toi. Je suppose que ces absences caractérisent un pan de ta petite folie mais il n'y a rien de grave, n'est-ce pas?

Or, sur les marches du perron de Privet Drive, tu m'avais oublié. Tu m'avais oublié, Harry. Tu m'avais oublié et tu t'étais retrouvé seul dans l'antichambre de ton enfance, perdu dans les limbes de ta mémoire.

Tu avais disparu quelques secondes plus tard dans l'obscurité du couloir et j'étais resté seul dans la rue. J'avais attendu de longues minutes respectant ton intimité et ta pudeur. Tu es toujours très pudique avec ton passé et j'ai compris depuis pas mal d'années que tu as tes raisons. J'ignore lesquelles mais elles sont là.

J'ai été patient donc, regardant le soir tomber sur le quartier et acceptant ton désir de solitude. Je pense que ce sont mes deux uniques qualités. La patience d'abord et savoir accepter tes choix.

Ma patience vient de mon père. De mon éducation. De mon milieu social. J'entends encore le bruit de la canne paternelle alors qu'elle décomptait combien de temps je tiendrais sagement assis à écouter les adultes avant de demander poliment de pouvoir – s'il vous plait, Père – me retirer dans ma chambre.

Lucius aussi disait de moi que j'étais un garçon silencieux et il oubliait que mon silence était dû à son comportement. C'est l'une des choses qu'il m'a appris: écouter et se taire. Il disait que l'on apprend plus d'informations en écoutant qu'en posant des questions et je présume qu'il avait raison car je sais que tu aimes cela chez moi, Harry.

Tu aimes mes silences et mon écoute. Je sais pourtant combien dans le passé tu étais curieux et souvent impétueux. Tu as bien changé désormais, ta curiosité se limitant  au temps qu'il fera demain et si je n'ai pas oublié de fermer la porte à clé en partant.

Ca ne me dérange pas plus que ça puisque je ne suis pas très bavard comme garçon et je me souviens du jour où je l'avais fait observer un peu trop sèchement à ma mère.

Je n'ai rien à vous dire mère, voilà ce que j'avais osé lui dire un soir et la belle Narcissa, amoureuse de son fils, m'avait lancé un regard si dangereux qu'il m'avait glacé sur place.

Cet événement m'avait valu de me rappeler qui était ma mère. Une Black et une Malfoy.

De temps en temps je me fais la remarque que toi aussi, Harry, tu dois avoir quelque part du sang Black dans les veines et c'est peut-être de là que t'es venue cette folie étrange qui empreint ton corps, sature ton objectivité et froisse tes sens.

Harry Black. Cela serait un nom pour toi aujourd'hui. Un nom pur, raffiné et cruel… 

 

*

 

Mettant à profit mes plus anciennes qualités,  j'étais resté donc à l'extérieur devant le jardinet propret. Autour de moi les maisons commençaient à soulever leurs rideaux et je n'étais pas assez distrait pour ne pas sentir les regards des voisins.

Je pensais qu'il était temps vraisemblablement pour moi de te rejoindre, Harry et je m'étais engagé à ta suite dans le hall de cette maison insignifiante.

J'eus tort.

Tort de te suivre. Tort de quitter la rue. Tort de m'aventurer sur le terrain d'une partie de ta vie que je ne connaissais pas.

Pourtant, je n'aurais pu faire autrement qu'entrer et pénétrer le périmètre de tes souvenirs.

Pour tout dire j'avais tout de suite était surpris par l'extrême platitude des lieux et plus que la tapisserie médiocre ou l'effrayant mauvais goût décoratif c'était toi qui m'avais le plus étonné.

Car tu étais là. Debout au milieu du couloir. Immobile. Pensif.

Je devinais que tu étais dans la même position depuis ton arrivée. Parce que tu n'avais pas visité la maison, Harry. Tu n'avais pas commencé à ranger les effets personnels de tes tuteurs.

Non, j'avais la certitude que tu avais passé ces dernières minutes posté au milieu du couloir à observer un pan de ta vie.

Du moins ce fut la réflexion qui m'anima à l'époque et je ne me doutais pas une seule seconde à quel point j'avais raison.

Au départ je m'étais demandé ce que tu regardais avec ton menton baissé et ta main tendue vers le vide. Mais j'avais rapidement remarqué une porte.

Et une poignée.

C'était elle vers quoi tes doigts tendaient. C'était elle, mâte et tubulaire, que tu fixais avec une expression indéchiffrable. C'était elle qui semblait t'attirer irrésistiblement.

En réalité  tu avais toujours eu un comportement sensible avec les portes. Fermées ou ouvertes tu avais toujours besoin de t'attarder plus que nécessaire sur leur maniement. Dans notre ancien appartement tu vérifiais souvent trois ou quatre fois le soir si tu avais bien fermé la porte d'entrée et je m'étais dit que cela devait venir ton obsession de la sécurité. Mais ce n'était pas pour cela et je devais le découvrir en te voyant face à cette porte.

C'était une porte de petite taille. Un mètre vingt maximum. Elle semblait avoir été repeinte il y a peu au vue de l'éclat plus fort qu'elle projetait par rapport à l'escalier qui la dominait et qui, lui, était d'un blanc plus passé.

Ce fut en vérité au moment où je remarquais l'escalier que je constatais qu'il s'agissait d'une porte de placard et de pas n'importe quel placard.

D'un placard sous l'escalier.

Et ce placard… Harry, ce placard te fascinait. Cette porte te fascinait. Tu donnais l'impression d'un homme face à un dilemme et je supposais que tu devais plutôt faire face à tes souvenirs. Seulement j'ignorais lesquels et j'aurais voulu ne pas avoir à les deviner.

Tu étais là donc. Raide et indécis devant un simple morceau de bois encastré. Je t'avais observé rapprocher avec religion ta main de la poignée de fer. Je t'avais vu frissonner quand tu avais effleuré du bout des doigts la clenche et puis posé légèrement la pulpe de ta paume dessus.

Tu avais mis dans tes gestes une retenue, une lenteur, une dévotion que je ne te connaissais pas. Il y avait même une sorte de tendresse et je ne pouvais savoir alors combien j'étais affreusement loin de la vérité.

Comme amoureusement ensuite tu avais caressé le morceau de métal, appuyant graduellement pour enclencher le mécanisme d'ouverture.

Le cliquettement avait résonné dans le silence de notre présence et la porte avait tourné lentement sur ses gonds. Malgré moi j'avais oublié de respirer quelques secondes devant la soudaine tension qui avait semblé s'accumuler autour de nous.

Toi aussi tu avais coupé tes poumons et écarquillé tes immenses yeux verts. Je t'avais vu soudainement t'agiter et être pris d'une brutale pulsion.

Oui Harry, je me souviens parfaitement de comment tu t'étais mis à trembler ramenant tes poings contre ton torse et tordant tes lèvres. Tu avais eu une expression terrible. Une expression violente. Une expression d'enfant blessé. D'enfant trahi.

Quelque part en toi avait ressurgi le garçon de tes premières années et j'avais eu l'impression de le voir floué et épouvanté devant un crime connu de lui seul.

Alors… Alors, Harry, tu t'étais mis à hurler. De toutes forces.

Au début je n'avais pas compris ce que tu articulais derrière tes cris mais peu à peu je t'avais entendu raconter des choses sans queue ni tête. Des mots d'abords – Monstre! Abomination! – et puis ce fut des phrases entières balancées contre les ténèbres dévoilées par cette porte ouverte.

J'aimerai tant les oublier. J'aimerai tant ne les avoir jamais entendues et n'avoir jamais à les réentendre mais elles sont marquées au fer rouge dans ma mémoire.

"Que je te reprenne à mentir!" vociférais-tu, ta voix se multipliant comme un écho dans le couloir.

"A la moindre anormalité…" menaçais-tu, le ton dangereux et les yeux révulsés.

J'étais comme paralysé en te voyant t'énerver contre quelque chose connu de toi seul. Paralysé et captivé car tu ne parles jamais de toi.

Je crois que tu peux me reprocher encore maintenant cette fascination malsaine que j'avais à propos de ta personne et de tout ce que je pourrais apprendre de toi.

Je t'avais écouté par conséquent. J'avais laissé tes grondements faire vrombir toutes les fibres de mon corps et lorsque tu t'étais élancé avec fureur à l'intérieur du placard, je mettais même avancé pour mieux t'observer.

Je n'aurais pas dû. Merlin seul sait ce qui m'a pris ce jour là mais je pense aussi qu'objectivement cela n'aurait rien changé.

Ainsi, devant mes yeux tétanisés, je t'avais vu saisir violemment des cartons et des caisses avant de les jeter dans le couloir avec hargne. Tes pieds battaient le bois. Tes pieds frappaient  le plastique. Et les boîtes cédaient. Et elles se répandaient sur le sol, vomissant toutes sortes d'objets du quotidien.

Mais toi, Harry, tu semblais voir au-delà des caissons. Tu semblais être le témoin d'une faute impardonnable. D'une faute que tu voulais détruire, déchiqueter, exterminer.

Ton corps cognait. Ton corps grondait. Ton corps éclatait. Tu te déchaînais sur les cartons éventrés produisant un mélange de porcelaine cassée et d'autres débris indéfinissables.

Tu frappais fort, assenant tes poings, tes pieds, tes jambes. Tu réduisais en poussière tout ce qui était à l'intérieur de ce placard. Tu étais le tonnerre, la tempête et la foudre dans ce couloir.

Bon sang je ne t'avais jamais vu aussi furieux, Harry, et je ne crois pas t'avoir repris ainsi depuis.

Tu avais les yeux injectés, les mains comme des crochets et les cheveux virevoltants. Tu étais comme pris dans une tornade apocalyptique, devenant le justicier d'un péché connu de toi seul.

Je n'aurais pas été étonné de voir des étincelles crépiter au bout de tes doigts ce jour là. Tu étais tellement énervé, Harry… Tu étais tellement rageur… Presque revanchard…

Et dans mon coin, j'ignorais contre quoi! Contre qui!

Ta fièvre dévastatrice m'avait hypnotisée. J'avais été comme ébloui par la hargne qui se dégageait de toi.

 Ta folie naturelle m'avait rendu totalement incapable de réfléchir correctement et j'étais resté là à te contempler détruire avec une minutie toute démente les affaires entreposées dans ce placard.

Tu te battais contre des ennemis de carton et je m'étais demandé si face à des ennemis de chair et de sang tu avais fait preuve d'autant de violence. Je t'avais trouvé magnifique, Harry, et j'avais alors ressenti un mélange étrange en moi: de l'affection et de la peur face à ta brutalité.

Oui, une peur  viscérale et instinctive.

Sans vraiment que je sache comment et au bout de combien de temps, tu avais fini par considérer ton méticuleux travail d'extermination achevé. J'avais vu sur ton visage surgir  un sourire redoutable et tu avais essuyé ton front suant du revers de la main.

Il y avait même un filet de bave débordant de tes lèvres quand… quand tu t'étais retourné vers moi.

Merlin, Harry… Merlin j'ai si mal alors que les souvenirs rugissent en moi et essaient de m'engloutir.

Parce que tes yeux en cette seconde sont profondément encrés dans ma mémoire.

Tes prunelles vertes d'abord.

Tes cils noirs ensuite.

Ta folie éclatante enfin.

Tout ton regard m'avait englouti me transperçant de part en part. Tes yeux aliénés s'étaient verrouillés à mes iris pâles et je m'y étais vu comme un reflet. J'y avais vu ma récente fascination, ma récente affection, ma récente peur.

Oui, Harry, je m'y étais vu comme dans un miroir et tu t'étais jeté sur moi.

 

*

 

Je n'avais pas compris à l'époque. Je n'avais compris que j'aurais dû t'arrêter. Que j'aurais dû intervenir. Que j'aurais dû faire quelque chose.

Parce que je n'ai rien fait contre toi. Non, je n'ai rien fait quand tu as entouré mon bras de tes cinq doigts comme des serres grondant des mots sans sens:

"Va dans ton placard, mon garçon"

Va. Dans. Ton. Placard. Mon. Garçon. 

Tes mots sont plantés en moi comme autant de pieux et résonnent encore aujourd'hui pendant mes nuits agitées.

 Je ne pleure pas en repensant à cet instant parce qu'il est trop tard et qu'il était déjà trop tard lorsque nous avons transplané devant cette maison. Il a toujours été trop tard avec toi, Harry. Et puis un Malfoy, ça ne pleure pas.

Je ne t'en veux pas donc de m'avoir coincé contre le mur poussiéreux en parlant tout seul. Tes phrases sonnent en moi:

"Il ne fallait pas mettre en colère ta tante"

"Tu t'amuseras avec Dudley"

"La magie n'existe pas."

"Tiens-toi tranquille"

"Hors de ma vue"

Tu répétais ces phrases m'enfonçant le visage contre les murs de contre plaqué. Tu avais une voix d'outre-tombe, terrifiante et glaciale. Une voix que je crois parfois entendre derrière moi lorsque je ne fais pas attention mais qui n'est dû qu'à mon cerveau traumatisé.

Parce que je n'avais rien fait pour stopper tes gestes et ton comportement abusif. Non, je n'avais rien fait… Tu étais trop fort, Harry et j'étais tout bonnement incapable d'aller contre toi. 

Brutalement tu m'avais bloqué les bras au-dessus de la tête et tu avais soulevé ma robe, me forçant à écarter les jambes.

C'était à cet instant que j'avais compris que tu allais me baiser dans ce placard. Contre ce mur. Sur ce sol poussiéreux.

Tu allais me baiser et tu allais me faire mal. J'en avais pleinement conscience lorsque tu avais mordu dans mon cou avec tes incisives tranchantes et que j'avais entendu vaguement le bruit de ton pantalon qui s'abaisse. Cela avait été un froissement sourd et j'avais imaginé tes jambes nues.

Immédiatement j'avais senti ton sexe contre le tissu de mon boxer et j'avais eu un tremblement incontrôlable.

Contre mes fesses, tu étais énorme, dur, brûlant. Et tu fus simplement terrible quand je te sentis tressauter à la seconde où je gémis quelque chose comme "non".

Je t'assure, Harry, je t'assure que je ne voulais pas gémir. Je peux te le jurer. Il ne faut pas m'en vouloir. Non, ne m'en veux pas si j'ai serré les dents et senti piquer le coin de mes yeux quand tu as prononcé avec une tendresse cruelle:

"Sois un bon garçon"

Harry, j'espère que tu t'es rendu compte ce jour là combien j'ai été docile, calme et tranquille sous ta force et ta puissance d'homme.

La vérité c'est que j'ai aimé ton érection vrombir et transpercer mon anus. Il ne faut pas que tu penses le contraire. Car tu aurais tort. Tu aurais tort de croire que j'arquais mon dos comme pour t'échapper, que je rechignais à écarter les cuisses, que je serrais les fesses…

Tu aurais tort! Plus tort que jamais en pensant cela! Non, tu ne dois pas imaginer que je n'aimais pas la façon dont ton sexe droit m'épinglait, tes mains pointues sur mes poignets et ta bouche assassine près de mon oreille.

J'ai été un bon garçon, n'est-ce pas? Mon comportement n'était-il pas exemplaire? Obéissant? Soumis? N'ai-je pas été chaud et moite?

Oh bien sûr que j'avais mal, bien sûr que je haletais fort contre le mur écrasant, bien sûr que tu cognais fort contre mes fesses avec ton bassin. Je m'en souviens précisément. Je m'en souviens avec les images, les sons, les odeurs, les sensations qui éclatent dans mon crâne quand je revois cette porte blanche sous l'escalier.

A l'époque tes cheveux encore longs pendaient dans ton cou ruisselant de sueur. Il y avait ton souffle aussi, respiration acide, rauque et éraflée qui se créait dans ta gorge gémissante.

Tu étais excitant, Harry. Je l'affirme. Je le brandis. Je le hurle. Tu étais homme. Tu étais mon homme, celui qui me possédait, celui me faisait sien, celui qui affirmait sa vie.

Parce que oui, quand j'y repense, je mets ton attitude sur ton envie de vivre, sur ton envie de revanche, sur ton envie de puissance.

Tu étais fort, je te le certifie d'une voix ferme. Tu étais bon. Tu étais l'ordre et j'étais le dissident. Tu étais la nuit et j'étais la femme. Tu étais le sang et j'étais la plaie.

Tu étais l'homme et j'étais l'enfant. 

"Crie fort mon garçon"

Les syllabes avaient cogné mes tympans et j'avais crié. Ton nom. Seulement ton nom, Harry. Voilà ce que j'avais dit au mur, mes lèvres se crevant sur la peinture blanche de l'intérieur du placard.

Harry! Harry! Harry!

Tout faisait écho sous cet escalier. Le passé, le futur, le présent. Tout était mélangé et nos corps geignaient si haut  que bientôt seul le fracas de tes hanches contre moi résonnait autour de nous.

Mais je n'avais pas mal. Pas vraiment. Oh Harry, il ne faut pas que tu soupçonnes le contraire. Sois miséricordieux et crois-moi quand je te le dis. Crois-moi quand je te dis que mes hurlements n'avaient qu'un but: t'obéir. Crois-moi quand je te dis que mes supplications n'en étaient pas.

Il faut que tu me croies. Il faut que tu m'écoutes. La réalité est simple. Si simple que tu aurais tort de juger ma conduite sévèrement.

Je criais. Je hurlais. Je ne faisais rien d'autre qu'être avec toi. Pour toi. Devant toi.

J'étais ton prisonnier volontaire. J'étais cette chose qui t'aidait à expulser la tension qu'il y avait en toi. Toi, toi Harry qui pantelait contre moi, remontant avec ardeur ton bassin, cognant ta poitrine suante contre mon dos, tirant mes cheveux blonds de tes ongles effilés.

J'ai encore en tête le tapement régulier de mon front contre la cloison et la pression de l'élastique de mon boxer contre mes cuisses.

Bien sûr que tu aurais pu me déshabiller correctement, Harry. Tu aurais pu le faire et tu aurais pu saisir mon sexe entre tes doigts et me masturber. Cela n'aurait pas été trop difficile et pourtant tu ne l'as pas fait. Mais qui peut t'en vouloir? Toi, Sauveur, Héros, Icône prise dans ton plaisir et ta colère.  Ce qui te traversait l'esprit à chacun de tes va-et-vients, à chacun de tes ordres, à chacun de tes soupirs rauques m'était inconnu.

J'aurais peut-être aimé le savoir mais cela n'a pas d'importance. Qui suis-je pour toi? Qui suis-je pour demander une telle chose?

Qui étais-je aussi pour m'insérer clandestinement dans ta jouissance près tes reins en feu et de ton sexe vigoureux?

Certainement que la violence exacerbée te faisait t'exciter plus que de raison, tes instincts primaire remontant pour l'occasion. Tu étais lion, Harry. Lion, Roi et Dominant.

Tu étais la satisfaction et cela se voyait dans tes gestes, dans tes coups, dans tes yeux.

Je les inventais dans mon esprit. Révulsés. Fous. Noyés.

Vraisemblablement que c'était cette image plus que ton érection qui frémissait douloureusement dans mon être et envoyait en vrille une douleur le long de ma colonne vertébrale

Je me rappelle qu'à un moment tu as relâché mes bras et je sais qu'à cet instant j'aurais pu me soustraire à ton emprise.

Or je ne l'ai pas fait. Je ne l'ai pas fait, Harry, parce que le piège c'était moi. Le piège c'était cette inclination qui m'avait à l'origine fait me rapprocher de toi.

Alors que tu saisisses mes fesses et que tu les écartes comme tu l'aurais fait à n'importe quelle prostituée était l'ordre des choses dans cette maison moldue. 

J'avais lâché un hoquet lorsque tu t'étais retiré, Harry. Je m'en souviens car tu avais fait claquer la langue de désapprobation juste après.

Merlin, comme tu dégageais de la force et de la puissance! Merlin comme tu étais grand par rapport à moi! Tellement supérieur! Tellement invincible!

Tu étais le Maître que j'aurais dû toujours louanger, tu étais la cause que j'aurais dû toujours soutenir.

Tes doigts sur ma chair bombée s'enfonçaient durement dans ma peau et laisseraient dix marques rougeâtres le lendemain. Mais à la seconde où tu étais là, derrière moi, meurtrissant mon postérieur de tes ongles, je l'ignorais et je ne faisais qu'attendre.

Oui, Harry, j'attendais. Je t'attendais toi et ta verge veinée. J'aurais voulu que tu reviennes en moi à peine moins vite. A peine plus tendrement. A peine plus normalement. Mais ce ne fût pas le cas lorsque tu avais attaqué de nouveau, ouvrant mes deux fesses et révélant cette intimité moite et tiède qui te faisait gémir.

Et tu avais gémis. Tu avais grondé. Tu avais grogné. Ton gland avait écarté l'anneau de muscle et le reste avait rampé lourdement à sa suite. 

Tu avais ensuite produit ce bruit plein de suffisance que je devais entendre pour le restant de mes jours. C'est un bruit étrange que tu fais tous les matins après avoir quitté notre lit et regagné la fenêtre. C'est un bruit d'homme se gargarisant d'avoir vaincu – une fois de plus – lui seul sait quel adversaire.

Sous les escaliers ce bruit avait empli mes oreilles alors que brutalement ton sexe se laissait engloutir par les profondeurs de mon corps. Je ne sais encore aujourd'hui d'où te vient cette manie mais entre nous, elle se confond avec les autres. Toutes les autres.

De là où je me trouvais j'étais incapable de voir tes poignets mais en faisant attention il était déjà possible de sentir les griffures de tes cicatrices fraîches contre ma peau. Elles sont courtes et ne guérissent jamais.  Elles sont le symbole de ton énervement, des tics qui te gâchent la vie et il est bien difficile de les ignorer alors que, constamment, tu te griffes les poignets comme s'ils étaient entourés de liens invisibles.

Peut-être que c'est là d'ailleurs que se niche ta folie. Dans ces attitudes loin de la normalité, dans ces traumatismes qui ont éclaboussé ta vie.

Tu n'es responsable de rien, Harry. Tu n'es pas responsable du malheur qui s'est abattu sur ton adolescence et de cette guerre que tu as dû résoudre. Tu n'es pas responsable et jamais je ne changerai d'avis.

 Non, jamais je retournerai ma veste. Jamais je ne me mettrai en travers de ta route. Jamais.

Et c'est plus qu'une promesse, c'est un fait.

Tu pourras devenir encore plus dingue, encore plus dérangé voire définitivement violent que je resterai sur mes positions. Tu pourras rajouter le reste du monde à la liste de tes ennemis que je ne dirai rien contre toi.

Pour te le prouver, regarde! Regarde comme je n'ai rien fait pour contraindre tes gestes lorsque dans ce placard étroit tu avais continué à t'introduire alternativement en moi.

Car tout s'était accéléré à un moment, Harry. Tu avais commencé à haleter de plus en plus fort. Tu avais susurré des paroles outrageantes à mon oreille. Tu avais simplement poursuivi l'acte,  retenant du mieux que tu pouvais ma robe relevée.

Je me souviens du tissu rassemblé en un tas difforme dans ma chute de rein frottant contre ton aine.

Merlin comme tu martelais fort, Harry! Comme tes hanches battaient mes fesses! Comme ta respiration gutturale rognait mon dos!

Tu étais une tornade. Un cyclone. Une météorite. Tu étais la lave qui catapultait des geysers incandescents le long de mon dos. Tu étais le feu de mes organes ruisselants. Tu étais le fer que je sentais contre mon palet.

Le sang était là. Je m'en rappelle de ce goût de métal sur ma langue, de mon menton frappant le mur solide, de tes mains telles des étaux.  Le sang était aussi dans mon crâne, dans ces pulsations palpitant sous mes tempes et révulsant mes yeux.

J'ai encore en mémoire la voix lourde que tu grommelais dans mon cou. Et la pulpe rêche de ta langue léchant mon omoplate. Et le bruit humide de ta sueur. Et les insultes sordides de ta bouche. 

Tout est gravé précisément.

Tout, Harry, n'ai pas le moindre doute. Tout est dans mes souvenirs jusqu'aux hématomes – larges cercles violacés – qui parsèmeraient alors ma peau du lendemain. 

Je me souviens notamment que j'avais continué à crier à tous tes assauts, à toutes tes attaques, à toutes tes percées. Que le passage de ton érection drainait mon corps. Que mon propre sexe tendait vers le nord, comme abandonné.

J'avais même tenté de descendre ma main vers lui mais je crois que c'est là que… que tu as plaqué ta main contre ma bouche comme pour m'étrangler, Harry. Je n'en suis pas certain mais je dirais que ce devait être à ce moment que tu m'as introduit ton index et ton majeur en pleine bouche, faisant dégouliner ma salive sur  mon visage et guidant ma langue pour qu'elle te suce.

Oh, je l'avais fait bien sûr. J'avais tété la chair tiède de tes doigts et senti ton sexe vibrer plus fort au creux du fourreau de chair qu'il enfouissait.

Et puis… et puis tu as donné un coup plus fort, Harry. Et un autre. Et encore un autre.

Tu m'empalais crûment. Tu m'empalais rapidement. Tu étais à bout de souffle, tu étais lourd entre mes fesses, tu étais plein. D'excitation, de plaisir, d'énergie.

*

Tu as joui à peine plus tard. Tu as joui, Harry, maculant mon être et m'étouffant de tes doigts au fond de ma gorge.

Ta jouissance fut un grognement. Un grognement animal craché par une respiration pénible et un corps agité de soubresauts. Tes cheveux frémissaient sur mes omoplates.  Ton corps entier tremblait contre ma peau. Tes ongles s'accrochaient aux dernières ruines de mon âme.

Alors Harry, je t'ai juste senti te retirer. De ma bouche, de mon intimité et du placard.

Tu es parti comme ça, Harry. Tu as quitté le placard sous l'escalier sans me jeter un regard ni t'inquiéter de ce qui s'écoulait entre mes cuisses. Sans te sentir concerné par mes yeux  emplis de plaisir inachevé.

"Ne fais pas de bruit, mon garçon" fut ta seule parole.

Ne fais pas de bruit.

Ne fais pas de bruit.

Ne. Fais. Pas. De. Bruit.

Oh Harry je n'en ai pas fait! Harry, dis-moi quel bruit aurais-je pu faire avec mon érection abandonnée et ton sperme s'égouttant à l'intérieur de mes jambes!

Ainsi je n'ai rien dit et je me suis uniquement effondré sur le sol poussiéreux.

Plus tard, dans l'obscurité, j'avais essuyé mon menton humide de salive du bout des doigts et recouvert mes fesses dégoulinantes du sous-vêtement que tu avais baissé.

Je n'avais pas joui. Je n'avais pas joui et mon sexe était comme figé au milieu de mon caleçon, attendant une fin qui ne viendrait jamais.

Je ne sais pas vraiment combien de temps j'étais resté alors dans ce placard sous l'escalier entendant vaguement les bruits étouffés de l'extérieur.

Mais au bout d'un moment, j'étais ressorti, ma main effleurant à peine la clenche de la porte qui t'avait tant fasciné.

Et là… Là je m'étais retrouvé au milieu du couloir et la terre avait arrêté de tourner sur son orbite, ma respiration s'était tue et mon cœur… Mon cœur, Harry, avait oublié de battre. 

Parce que le couloir était vide. Les cartons avaient disparu. Les témoins de ta folie, les coupables de ton jugement, ils avaient disparu. Il ne restait rien de ta récente colère, il ne restait rien de la porcelaine brisée, des boîtes fracassées et de la puissance qui t'avait traversé.

A la place, il y avait autre chose. Oui Harry, à la place, tu avais apporté nos affaires.

J'avais immédiatement remarqué que tu avais accroché sur la tapisserie vieillotte du corridor une photo de tes parents et que le tapis qui préparait la montée de l'escalier était celui qui était dans le salon de notre appartement.

Notre ex-appartement.

J'en eus la certitude en voyant cela. J'eus la certitude que je n'allais plus jamais revoir autre chose que cette maison blanche et cubique.

Car tu venais de déménager et de m'emmener avec toi.

J'avais senti un frisson incontrôlable me parcourir l'échine comme cela devait m'arriver bien des fois durant les semaines qui suivirent.

Je tremble, je vacille, je frémis. Et lorsque ça arrive, tu n'es jamais loin, Harry.

J'avais frissonné seul, pourtant, ce soir là, et quelques minutes après, je t'avais trouvé dans la salle à manger en train de ranger tranquillement des livres. En vérité ce n'était pas n'importe quels ouvrages: il s'agissait de manuels scolaires. Les plus soignés étaient ceux qui appartenaient jadis à Hermione Granger, cette fille née moldue que tu avais vu se vider de son  sang devant toi. Elle avait été retrouvée avec quelques autres, pendue par les poignets avec une blessure béante au ventre. Son agonie avait été lente, douloureuse, cruelle et je n'avais jamais douté que ma tante ait été le chef d'orchestre de cette torture. Cela lui ressemblait tellement: elle avait beau porter le nom de Lestrange, elle n'en demeurait pas moins une Black.

Et pour moi Black signifiait folie.

Granger n'a pas survécu à la guerre. Ni elle ni le fils Weasley mort avec la quasi-totalité de sa famille à la suite d'une explosion au Ministère de la Magie. Du trio formidable il ne reste que toi et parfois, je crois plutôt qu'il ne reste que des souvenirs car tu es bien différent de l'adolescent d'autrefois.

Autrement, j'avais souvent trouvé drôlement ironique que Rufus Scrimgeour ou Dolorès Ombrage soient encore en vie quand d'autres comme ton ami rouquin avaient fini en miettes sanguinolentes au milieu des rues londoniennes. 

Tu étais devenu bien plus agité dès cette époque, Harry. C'était vers cette période que tu avais commencé à gratter tes poignets machinalement, repoussant les démons de ton crâne et les enfouissant plus profondément en toi tantôt.

Néanmoins le jour où j'ai découvert Privet Drive et où je t'observais classer un à un les volumes de papier, j'étais à des lieus d'imaginer que tu deviendrais obsédé par le rangement de ces livres et de tout un tas d'autres choses

Tes cheveux notamment firent les frais de ta soudaine maniaquerie.

Tu étais rentré un soir, un air paisible sur ton visage et ton crâne m'était apparu nu, un demi-centimètre brunâtre le recouvrant difficilement.

Ta cicatrice ne m'avait alors jamais paru aussi visible, aussi grande, aussi rouge. Et tes yeux, Harry, tes yeux ne n'avaient jamais paru aussi verts.

J'avais voulu te parler de ça quand je t'avais aperçu mais toi… Toi tu avais fait ce que tu allais souvent faire durant les mois qui suivirent: soulever le rideau qui donne sur la rue et les voisins et dire: "Ne fais pas un scandale, Draco"

Oh Harry, j'espère que tu es content parce que je n'ai jamais fait de scandale.

Je n'ai rien dit.

Je n'ai rien fait.

Jamais.

Jamais je n'ai élevé la voix. Jamais je n'ai contesté une de tes décisions.

Non, je n'ai jamais fait de scandale. Et ce, même quand tu m'as demandé de mettre un matelas dans ce placard sous l'escalier, d'y entreposer quelques misérables jouets et de ne pas y faire le ménage. Même quand tu laisses sur ma peau de larges traces bleues et violettes. Même quand tu m'appelles "mon garçon" de cette voix lointaine qui ne te ressemble pas. Même quand tu caresses mes cheveux blonds en minaudant des "Dudlinouchets chéris" et que tes yeux semblent plus révulsés que jamais.

Le plus dingue c'est que tu – nous – ne faisons plus de magie. Ta baguette est cachée sous une latte branlante d'une chambre à l'étage et tu oublies jusqu'à nourrir ta chouette Hedwige lorsque tu t'enfermes toi-même pour une nuit ou plus dans ce placard étroit nouvellement aménagé.

Les seuls moments magiques sont quand tu es sur le divan, les yeux fermés et que tu me demandes de m'allonger à tes côtés.

Là, Harry, dans ces instants spéciaux, je sais que j'ai fait le bon choix. Le meilleur choix.

Car je crois que tu iras mieux un jour et que le temps réparera la folie qui niche en toi. Je crois que tu cesseras d'embrasser l'empreinte de tes coups sur ma peau. Je crois qu'il arrivera le jour où j'apprendrais la vérité objective concernant ton passé, où je te raconterais ma propre enfance, où j'aurais fini d'expier toutes mes fautes à travers ta colère.

En fait, je ne le crois pas, je le sais. Je sais que tout ira mieux un jour. Parce qu'il ne peut en être autrement.

Tu as sauvé leur monde, Harry et tu sauveras le mien, tu sauveras le nôtre.

 

+++ FIN +++

Merci d'avoir lu jusque là. N'hésitez pas à laisser un mot pour me donner votre avis.
A bientôt,

Origine

 

 

 

 
     
     
 
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