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PROLOGUE : Envies.
Albus Dumbledore, le digne directeur de l'école de Sorcellerie Poudlard, avait toujours pensé que les élèves devaient se sentir comme chez eux dans l'enceinte du château. Mieux ils se sentiraient, meilleures seraient leurs notes, et donc, leurs capacités. C'est pourquoi, il avait fait en sorte que les élèves ne soient pas trop dépaysés, en leur présentant leurs Maisons respectives comme une nouvelle famille.
Il aimait voir leurs visages réjouis lorsqu'ils sortaient de l'école, le week-end, pour la sortie hebdomadaire à Pré-au-Lard. Il souriait en les voyant soutenir leurs propres Maisons avec ferveur, ou même tout simplement, en croisant un couple rougissant dans les couloirs.
Et il ne pouvait s'empêcher de rire doucement en contemplant l'air à la fois heureux et fier, des nouveaux préfets de sixième année, qui savaient qu'ils allaient obtenir un peu d'intimité avec leurs appartements privés. Non pas que les dortoirs soient dérangeants ... mais qui refuserait une chambre personnelle après avoir fait nuit blanche en entendant un camarade ronfler ?
Oh oui, le directeur de Poudlard était content de toutes ses améliorations apportées par le temps et l'expérience de ses prédécesseurs. Bien qu'il ne soit pas en reste. Après tout, l'idée d'offrir un peu d'intimité aux préfets était la sienne. Eux qui faisaient des rondes presque tous les soirs, et parfois même la nuit, avaient bien droit à une petite compensation.
Seulement, Albus Dumbledore n'avait pas pris en compte tous les avantages que peut offrir une chambre seule ... et un lit double.
D'ailleurs, un des quatre préfets avait désormais pris ses marques, et prenait un malin plaisir à profiter de ce grand lit. Une fois n'est pas coutume, il n'était pas seul en rentrant de sa dernière ronde, et tomba en avant sur un corps déjà ouvert à toutes ses attentions.
Il glissa habilement ses mains sous le chandail et la chemise réglementaire de l'école de l'être suppliant qui soupirait d'aise sous lui, et retira les vêtements inutiles. Leurs lèvres se trouvèrent dans le noir total de la pièce, pour échanger un baiser brûlant.
L'envie se faisait sentir. Et c'était un désir plutôt pressé. Si bien que le reste des uniformes fut bientôt au sol, alors que deux corps se mouvaient sensuellement sur le matelas qui en avait déjà vu d'autres. Le préfet exultait littéralement de voir combien il pouvait être désiré, mais décida de rendre le jeu plus intéressant en glissant le long du corps chaud et finement musclé qui s'offrait à lui.
Il n'eut aucun mal à trouver l'excitation de son partenaire et enroula délicatement ses doigts autour, lui tirant de faibles gémissements. C'était terriblement bon, à entendre ... à deviner sous son toucher. Il entama plusieurs va-et-vient avant d'y ajouter ses lèvres, faisant haleter le jeune garçon.
La seule règle du jeu était de se faire plaisir. Par tous les moyens possibles et imaginables. Mais effectivement, c'était un jeu, et ... il était très ... joueur. Sa main quitta le membre si tendu pour remonter sur son torse, tandis qu'il s'y appuyait en se redressant.
Un grognement répondit à ce geste, ce qui le fit sourire. Une nouvelle fois il attaqua les lèvres du jeune homme, férocement, tout en se frottant contre lui, de plus en plus fort. C'était si intense. Et c'était tout ce qui était important ... que ce soit intense, fort, bon, délicieux, extatique ...
Leurs bouches se décollèrent brutalement, et il décida de passer à la vitesse supérieure. En général, c'était lui qui décidait, mais, tout dépendait du partenaire. Celui-là aimait être dominé, alors, il n'allait pas l'en priver. Ce serait purement égoïste.
Ses doigts se refermèrent sur un petit tube, qu'il pressa rapidement, impatient de soulager son désir impétueux. Il effleura l'intimité de son partenaire, qu'il sentit se cambrer un peu contre lui, et retenir un gémissement. Il haussa un sourcil - qui s'abaissa rapidement - lorsqu'il glissa un doigt en lui et qu'il ne pu faire autrement que gémir, à haute voix cette fois-ci.
Il ne fit aucune remarque et continua sa douce torture, jusqu'à ce que son compagnon d'une nuit soit prêt. Il s'impatientait de plus en plus, mais pu enfin assouvir son envie, se calant entre ses jambes, sentant de belles mains aux longs doigts fins saisir ses hanches. Il en mourrait de désir, à cet instant.
Et lorsque enfin, il fut en lui, il décida que rien n'était comparable à une bonne partie de jambes en l'air. Définitivement pas. Rien ne serait jamais meilleur à ses yeux.
Et rien ne pourrait jamais égaler un tel plaisir. Jamais.
*~*~*
C'est en levant les yeux vers le ciel, que Tom comprit que la journée ne pouvait pas être plus détestable. Il faisait beau. Mon Dieu, il faisait beau. Pour la première fois depuis des mois, et il fallait que ce soit aujourd'hui. Ce jour maudit, qui allait le voir mourir une deuxième fois.
A croire que ce n'était pas triste. Le ciel ne pleurait même pas.
Pourquoi fallait-il toujours que tout se retourne contre lui ?
Il soupira discrètement, observant par la vitre la ville qu'il avait tant de fois parcourue durant ses vacances d'été. Toujours à ses côtés. Il s'empressa de chasser cette pensée, refusant de se laisser aller avant d'y être. La voiture roulait trop lentement à son goût, mais la circulation était bouchée. Il tenta un regard vers le compteur, pour apercevoir l'horloge digitale, et son cœur se serra.
-« Ne t'inquiète pas, on sera à l'heure, Tom. »
Le jeune garçon n'accorda qu'un bref regard au conducteur, avant de retourner à sa contemplation de la rue. Il ne manquerait plus qu'il arrive en retard.
Il essayait vainement de chasser ses pensées moroses, malheureusement, c'était tout ce qui lui restait. Sa vie était en train d'éclater de toutes parts. Il allait partir. Loin de tout ce qu'il avait toujours connu. Ses amis, son collège, ses règles et ses professeurs.
Il s'y était habitué ... il avait appris à tout aimer là-bas. Même si au départ, il s'était révolté parce qu'on y enseignait pas le plus célèbre des sports. Même si certains profs étaient d'une mauvaise fois évidente. Même si c'était un internat et qu'il n'avait pas pu voir son père aussi souvent qu'il l'aurait voulu.
Comme il regrettait ... Il ferma les yeux et se mordit doucement la lèvre pour refouler ses larmes.
-« Tom ? » La voix le fit légèrement tressaillir, et il offrit un regard humide à l'homme qui avait pour mission de s'occuper de lui durant quelques jours. -« On est arrivés. » dit-il simplement, esquissant un sourire sans joie, avant de retirer les clefs du contact et sortir en claquant la portière.
Le jeune blond respira lentement, espérant se calmer et réfréner ses envies de pleurer. Il cligna faiblement des yeux, et sorti à son tour, fermant précautionneusement la portière derrière lui. L'air était frais, presque froid, et sec.
Il jeta quelques coups d'œil autour de lui. La route, les murs de pierre qui s'élevaient devant lui. Tout était gris, parsemé de tâches vertes ici et là. La grande porte en fer forgé était vieille et laide. Malheureusement.
Il suivit l'homme qui marchait devant lui d'un pas mal assuré, pénétrant dans l'enceinte des murs aux briques irrégulières. Combien aurait-il donné pour ne pas être ici ? Il aurait certainement tout fait pour pouvoir remonter le temps et changer l'avenir. Mais à quoi cela servirait-il ? Si ça n'était pas maintenant, ça serait plus tard.
Une nouvelle fois, il maltraita sa lèvre, les yeux baissés, suivant l'homme qui avançait devant lui. Plus il y pensait, et plus il se rendait compte que tout allait changer. Absolument tout.
Des murmures discrets l'interrompirent dans son monologue, et il releva la tête pour apercevoir un petit groupe de personnes au bout de l'allée. Il n'osait même plus regarder sur les côtés, essayant de se dire que non, il n'était pas dans un cimetière. Mais les tombes et les stèles étaient pourtant bien là, alignées géométriquement.
Il reconnu quelques visages en se rapprochant. Des amis, des collègues. Pas de famille.
Il finit par se trouver à quelques mètres d'eux, et s'aperçu qu'ils étaient effectivement les derniers. Il ne pu s'empêcher d'adresser un regard plein de reproches à son tuteur, qui l'ignora. Et lorsqu'il baissa les yeux, son cœur manqua plusieurs battements.
Il avait tellement de mal à s'y faire.
La vue du cercueil, contenant la seule personne au monde qu'il connaissait vraiment, brisa quelque chose en lui, rendant son souffle erratique. Il du mettre toute sa volonté pour ne pas éclater en sanglots, et ça n'empêcha pas ses beaux yeux noisette de se remplir de larmes.
C'était fini, alors ? Vraiment ?
Il entendit quelqu'un parler, mais n'arrivait tout bonnement pas à décrocher les yeux de la caisse noire qui lui faisait face. Un sentiment de solitude infinie le prit à la gorge et il du se forcer à respirer. Une main pressa affectueusement son épaule, finissant par l'achever.
Il était tout seul maintenant.
Cette fois-ci, il ne réussit pas à retenir quelques sanglots, et il se laissa consoler. Il n'avait que quatorze ans ... c'était trop jeune pour perdre son père.
Il écouta difficilement les quelques personnes présentes faire l'éloge de leur ami, de leur collègue. Il l'aimait tant. Ils avaient toujours été si proches, alors ... pourquoi ? Comment quelqu'un avait-il pu le lui voler ? Le ... l'assassiner de sang-froid ?
Il se sentait vide et froid. Il refusa de parler pour dire autre chose que « je t'aime Papa » lorsqu'on lui demanda. Que pouvait-il dire de plus ? Il ne l'entendrait certainement pas de toute manière. Il y eut une longue minute de silence, et chacun partit de son côté.
D'une voix hésitante, Tom demanda : -« Est-ce que je ... je peux, rester seul ... un peu ? »
Son tuteur provisoire acquiesça et s'écarta, allant s'adosser à un arbre pour fumer une cigarette un peu plus loin.
Doucement, il fit face au cercueil, admirant sa couleur sombre. Le total contraire de son propriétaire. Ils étaient si complices, tous les deux. Tom essuya les larmes qui roulaient encore sur ses joues, et s'agenouilla faiblement, laissant sa main tremblante toucher le bois verni.
Son père avait disparu. Il ne verrait plus jamais son sourire réconfortant, ne recevrait plus ses baisers affectueux, ne sentirait plus sa douce étreinte, et ne le verrait plus s'endormir devant le feu, lors des longues soirées d'hiver qu'ils passaient à lire les mythes d'autrefois ensemble.
Il allait quitter le pays, se retrouver dans la maison d'une femme qu'il n'avait pratiquement jamais connue, et qui n'avait pas voulu de lui, à l'époque. Il poussa un soupir mêlé de sanglots à fendre l'âme, et ferma les yeux.
Le cimetière était vide à cette heure-ci. Et heureusement.
Sa main glissa doucement dans son manteau, en ressortant un long bâton fin, orné de reliefs. Il en posa le bout dans son autre main, sans prêter attention à quoi que ce soit d'autre.
-« Orchideous. » murmura-t-il doucement.
Presque instantanément, un bouquet de sept roses, blanches comme neige, sembla sortir de la baguette elle-même. Tom les posa simplement sur le cercueil.
Il n'avait pas envie de partir. . |