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au 14 Sept. 17 :
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Le marionnettiste de Paris
Par Morphine
Gepetto '10  -  Romance/Mystère
1 chapitre - Rating : T (13ans et plus) Télécharger en PDF Exporter la fiction
    Chapitre 1     2 Reviews    
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Chapitre 1

A écouter: Subaphonic / EZ3kiel: www.deezer.com/listen-5693619

J'ai écris la majeur partie de cette histoire en catastrophe, Grenadine pourra en temoingner!!! ^^"

Mais voila ma participation!

 

 

***

 

 

« Cette année paraît devoir être féconde en orages d’un caractère tout particulier. Car rarement nous avons vu un phénomène plus majestueux que les deux orages observés à Paris, pendant la nuit, l’un vers le commencement, et l’autre vers la fin du mois dernier. Les coups de foudre éclataient avec une étonnante régularité, et les roulements du tonnerre se prolongeaient avec une sorte d’harmonie étrange.

C’est probablement la constitution orageuse du temps qui limite la quantité de chaleur, car le soleil est si ardent qu’il a suffi, en juin, d’un jour de beau temps pour arriver de prime saut à 32° de maximum. »

Météorologie Parisienne.

 

That name rings like the cry of a bird of prey. Never speak it aloud…

 

Nosferatu, Murnau 1922

 

 

 

 

Paris, été 1873.

 

Dans son bureau à la préfecture de police, l’inspecteur Gaston Loiseau ronchonnait. Il faisait bien trop chaud, même pour un début de juin. Il songea un instant à tout envoyer valser et à aller prendre un bon bain froid dans la Seine, mais il avait encore du travail. Un fichu tueur, en plein été, avec cette chaleur caniculaire ! Un seul avantage se découpait dans cet horizon sombre et brûlant, Blanche, sa nièce, était en vacances avec ses parents. Elle ne viendrait pas mettre son nez pointu dans des affaires par trop dangereuses pour elle. Qu’elle soit restée sur place lors du siège d’il y a deux ans lui était resté en travers de la gorge. Bon, c’est vrai qu’elle s’en était bien sortit, mais ça aurait pu très mal finir.

Il se passa la main sur le visage et soupira. Ses yeux se posèrent de nouveau sur le rapport de la scène du crime. La victime était un jeune homme d’une vingtaine d’années, du nom de Marcel Bergot. Joueur d’accordéon dans un cabaret qui répondait au doux patronyme de « Juteland » dans les quartiers Est, non loin du père Lachaise.

Le jeune homme avait été retrouvé pendu par les coudes et les genoux en position debout au milieu de son appartement, les mains attachées à son accordéon. Mort. Son visage était peint en un sourire doux, ses yeux ouverts et le mouvement de son corps qui se balançait au bout des cordes faisait jouer l’accordéon dans un ensemble de notes dissonantes. Le Figaro qui avait son nez dans toutes les enquêtes de polices, Gaston grogna, en avait fait ses choux gras.

 

« La marionnette macabre du cimetière de l’Est »

 

L’inspecteur referma son journal d’un air impatient et ôta ses lunettes à verre rouges (signe de sa mauvaise humeur) afin de se pincer l’arrête du nez. Il n’y avait aucun mobile... Bergot n’avait pas d’ennemi, pas de conquête connue qui aurait pu se venger d’un rejet de manière aussi crue... Restait peut être la symbolique. Le pantin. L’accordéon.

Gaston en était presque à espérer un second meurtre, une série, un indice... Il sortit dans le couloir et tonna de sa voix de stentor.

 

- LEO !!!

 

Tout à fait à propos, son collègue arrivant à l’instant de l’extérieur du bâtiment, Arthur Léo, accourut avec un certain panache, les bretelles apparentes. Pratiquement tout le monde à la préfecture avait abandonné le gilet. La chaleur était bien trop accablante.

Arthur Léo apportait en ce jour, la réponse aux prières de l’inspecteur moustachue.

 

- Loiseau, j’ai du nouveau sur l’affaire du marionnettiste ! Un nouveau cadavre. Prenez votre carnet, j’ai une voiture qui nous attend ! Direction le muséum !

 

*

 

Gaston resta un instant pensif devant le cadavre au sourire calme de Léopold Mercier. 23 ans, étudiant en sciences anatomiques, future recrue du muséum et stagiaire à la morgue de l’île de la cité. Il l’avait déjà croisé dans les couloirs réfrigérés des salles d’autopsies.

Léopold était accroché de la même manière que le précédent cadavre, la tête reposant sur son épaule, maquillé. Il chevauchait le narval squelettique de la galerie d’anatomie comparée. L’image aurait pu être poétique s’il ne s’était s’agit d’une scène de meurtre. Il laissa à Léo le soin d’interroger la personne qui l’avait trouvé ainsi et alla observer les vitrines alentours... Cochons cyclopes, moutons bicéphales et foetus d’embryon au crâne trop lourd retombant sur leurs plexus, la mâchoire tombant en un sourire macabre. Il se détourna et observa les cordes qui soutenaient Mercier. Elles n’étaient pas accrochées au plafond de verre, mais tirées sur les cotés, notamment accrochées à la rambarde du balcon et au plaques de bois où s’étalaient bois et défenses. Le criminel devait disposer d’une échelle, il n’aurait pu atteindre ces plaques autrement qu’en grimpant sur les étagères.

Il respira l’air, y trouvant un parfum acide sur lequel il ne parvenait pas à mettre de nom... Mais l’odeur lui rappela quelque chose. Une odeur qui n’avait rien à faire dans une galerie remplis de squelettes... Il ferma les yeux et inspira encore par le nez... Oui... Définitivement. Une odeur qu’il avait déjà sentit auparavant, dans un petit appartement mal ventilé dans les quartiers Est. Il ouvrit les yeux et se dirigea vers Léo.

 

- On l’a trouvé ce matin vers 9 heures. Rien n’a été touché ni bougé. Il habite dans le quartier, à 5 minutes à pieds, au dessus de la gare. Le gardien l’a fait rentrer dans le parc vers 7h30. C’est la dernière personne à l’avoir vu en vie. Le gardien n’a vu personne d’autre entrer, et c’était la seule porte d’ouverte.

- Des similitudes avec Bergot, outre le modus operandi du tueur ?

- On cherche...

 

Loiseau lui fit remarquer qu’il serait temps de trouver et Léo leva les yeux au ciel, un sourire aux lèvres. Gaston quitta l’enceinte du musée.

 

Léopold Mercier, 23 ans. Marcel Bergot, 25 ans. Morts à 7 jours d’intervalles, un mardi. Il devait y avoir un lien. On ne pouvait frapper au hasard d’une telle manière.

Le pantin devait être la clef. Un symbole devait être caché là dedans. Une signification qui lui échappait pour le moment, mais qu’il ne tarderait pas à percer à jour. Il avait une semaine pour s’atteler à cette tache. Si le tueur frappait de nouveau, ce serait dans une semaine, jour pour jour.

 

*

 

Gaston Loiseau avait passé les 6 derniers jours à lire tout ce qui lui était possible de lire sur les marionnettes, les poupées de chair dans les pays d’Asie, les contes européens, des dithyrambiques sur les arts étrangers, les critiques acerbes, les pièces de guignols...

Nous étions lundi et il laissa choir sa tête dans ses mains. Demain il y aurait peut être un nouveau crime et il n’avait pas avancé d’un pouce. Il sentit des mains se poser sur ses épaules et releva la tête. Il n’avait pas entendu entrer Léo.

 

- Nous avons des nouvelles... Les deux pantins ont effectivement un point commun, et pas des moindres.

 

Les mains d’Arthur le massèrent doucement, il ferma les yeux.

 

- Les deux jeunes gens se sont déjà rencontrés. Ils ont fréquentés le même cercle particulier dans le centre de Paris. Ce sont tout deux des invertis... Gaston.

 

Loiseau releva la tête. Un cercle en commun, le point commun d’une sexualité déviante. Ils avaient cherchés une compagne trahie, une femme jalouse... Mais s’il s’agissait d’un amant éconduit ? Pourquoi quelqu’un tuerait il de cette manière autrement. Le point commun était important. Quelqu’un haïssant les homosexuels aurait agit de manière plus discrète, dans une allée, n’aurait pas agit par série, n’aurait pas cherché à se faire connaître. Car un tueur de ce type, qui exposait ses cadavres de cette manière cherchait forcement à prouver quelque chose, à se venger. A se montrer lui et à montrer au monde qu’il avait eu raison de tuer. Il se leva d’un coup sec et se tourna vers Léo.

 

- La liste des membres du cercle ?

- Sur ton bureau...

 

Gaston regarda un instant son acolyte dans les yeux et écrasa sa moustache noir sur les lèvres d’Arthur avant de disparaître dans les couloirs.

Arthur resta immobile quelques secondes et sourit, satisfait, avant de suivre l’inspecteur.

 

*

 

- Il est dans la liste ?

- Oui. Basile Vieira, 26 ans. Peintre, mais ça semble évident...

 

Basile Vieira souriait à sa toile blanche un pinceau maculé de orange attaché à sa main gauche. Des points orangés avaient été peint sur la toile par le balancement de son bras, les cordages attachés aux poutres du plafond de son atelier. Et toujours cette même odeur, acide et persistante, entêtante... La même que les deux derniers mardi.

Il se sentit suffoquer, et ouvrit un vasistas. L’air entra un peu, chassant l’odeur agressive. Ce n’était pas l’odeur du maquillage, ni celle des cordes. Elle n’était pas sur les cadavres. Celle du tueur. Femme ou homme, il n’en était pas encore sûre. Il penchait pour un homme. Il avait fallu les hisser ces cadavres, à la force des bras. Une femme n’aurait pas pu le faire, et le meurtrier agissait seul. La concierge n’avait vu personne de nouveau ou d’inconnu entrer dans son immeuble ce jour là. Soit le meurtrier était entré par la fenêtre d’un appartement du rez de chausser, ce qui était fortement improbable, soit il était un habitué.

C’est la concierge qui l’avait trouvé. Elle lui montait son courrier.

 

- Pourquoi du orange ? Ca doit vouloir dire quelque chose... Dans une telle mise en scène, rien n’est du au hasard...

 

Léo continua d’interroger la concierge. Avec tous les modèles, hommes et femmes du peintre qui étaient venu aujourd’hui, ils en avaient pour des heures...  Gaston redescendit dans la rue, s’aérer un peu. Il alluma une cigarette dans l’embrasure de la porte et inspira une bouffée de tabac. Il regarda autours de lui et finalement ferma les yeux... l’odeur de tabac ne parvenait pas à chasser complètement celle de... Il émit un bruit de frustration, il était sur de connaître cette odeur... C’était... Du gingembre ! Voila. Sa sœur en mettait parfois dans ses desserts, il n’avait jamais aimé le goût. Il mordilla un peu sa cigarette lorsque l’odeur de gingembre se fit plus présente encore. Il fonça les sourcils et regarda autours de lui, cherchant la source de l’odeur...

 

- Excusez moi...

- Ho pardon...

 

Il s’écarta pour laisser passer un jeune type qui souhaitait sortir de l’immeuble. Une casquette noire vissée sur le crâne, les mains dans les poches. Il le regarda partir un moment, le détaillant distraitement du coin de l’œil, comme il avait l’habitude de le faire. Une mèche rousse carotte tomba de sous la casquette, chatouillant le cou de l’homme qui tourna le coin de la rue.

Loiseau laissa tomber sa cigarette, le regard soudain fixe et se mit à courir.

 

*

 

- Alors il s’agissait bien d’histoire de cœur ?

 

Arthur, en caleçon devant la fenêtre fumait une cigarette d’un air lointain. Depuis la salle de bain Gaston lui répondit.

 

- Oui. Le type travaillait dans un dépôt d’épice. Il fréquentait le cercle des trois autres. D’après ce que j’ai compris, il aurait été berné par ses amants. Une histoire d’amour à sens unique, de gamineries de jeunes adultes. Un jeu cruel...

 

L’inspecteur sortit de la salle de bain, le blaireau à la main, le visage recouvert de mousse. Arthur sourit doucement.

 

- Il voulait leur montrer ce que ça faisait de devenir le jouet de quelqu’un... Un malade. Il n’avait pas trouvé moyen de sortir de l’immeuble avant qu’on arrive. Il était dans l’appartement quand la concierge est entré... il n’a pu que descendre d’un étage et s’enfermer dans les toilettes du palier.

 

Gaston regarda Arthur et sourit derrière ses lunettes à verres bleus qu’il avait gardé pour se raser.

Le garçon roux, Bénédicte Fénéon, croupissait désormais à la prison de la petite roquette et lui, Gaston Loiseau, décida qu’il avait bien mérité sa baignade dans la Seine. Il attrapa son maillot de bain, et retourna dans la salle de bain.

 

*

 

Hier soir j’étais au royaume des ombres.

Maxime Gorki

 
     
     
 
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