manyfics
     
 
Introduction Les news
Les règles Flux RSS
La Faq Questions
Concours Résultats
ManyChat ManyBash
Plume&Crayon ManyBlog
Goodies Nous aider
  Les crédits
 
     

     
 
Par date
 
Par auteurs
 
Par catégories
Animés/Manga Comics
Dessins-Animés Films
Jeux Livres
Musiques Originales
Pèle-Mèle Séries
~ Concours ~ ~Défis~
  ~Manyfics~
 
Par genres
Action/Aventure Angoisse
Conte Drame
Erotique Fantaisie
Fantastique Général
Horreur Humour
Mystère Parodie
Poésie Romance
S-F Surnaturel
Suspence Tragédie
 
     

     
 
au 20 Nov 08 :
1059 comptes dont 373 auteurs
pour 1388 fics écrites
contenant 3547 chapitres
qui ont générés 7129 reviews
 
     

     
 
Et Harry aima Draco
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance/Drame
22 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 12     Les chapitres     23 Reviews    
Pardon

POV Draco 

 

Vendredi 26 décembre, 02h47, Manoir Malfoy.

Je tremble de tout mon corps alors que le père de Pansy me jette littéralement au manoir Malfoy. Deux secondes plus tard, je l’entends transplaner et le silence m’entoure, je reste à terre sur le carrelage froid. Je suis tombé bien bas cette nuit.

Je garde les yeux grands ouverts alors que pourtant le manoir est plongé dans le noir. J’entends un elfe de maison arriver et la lumière du hall d’entrée m’aveugle soudainement. Je plisse les yeux mais je ne les ferme pas.

Surtout pas…

-Maître Draco va bien ?

-Dégage…

Je lève brusquement la tête vers l’elfe qui recule apeuré avant de disparaître dans un « pop ». Il aurait pu éteindre la lumière, j’aurais moins mal aux yeux. Mes yeux me piquent. Je me lève finalement mais je tremble encore. J’avance pas à pas dans le manoir silencieux. Ma mère doit être encore dans sa chambre. Si loin de tout. Si loin de moi. J’ai l’impression d’être partit depuis des années alors qu’il n’y a eu que quelques heures d’écoulées.

Je me sens si vieux.

Je me sens si sale.

Je ne dois pas fermer les yeux. Je ne dois pas le revoir. Il fait si sombre derrière mes paupières. J’ai envie de vomir. Je retombe à genoux. Je ne me sens même pas capable d’aller jusqu’aux toilettes et je vomis à même le sol.

Son goût ne partira jamais et je tremble encore plus. Il m’a obligé à le sucer comme si j’étais une vulgaire putain. J’ai l’impression d’avoir encore de son sperme dans ma bouche et je vomis de nouveau. Il m’a mis à genoux. Moi, un Malfoy. J’ai si honte. Je me sens si sale.

Je ferme les yeux malgré moi et je crois sentir ses mains attraper brutalement mes cheveux. Je sursaute, ouvre les yeux et la sensation disparaît. Je me relève de nouveau. Je voudrais être dans mon lit et ne plus penser à rien. Je voudrais juste dormir et oublier cette nuit.

Mais avant je vais me laver et me brosser les dents encore et encore. J’avance à nouveau et je passe à travers les pièces qui ne m’ont jamais parue aussi vaste. Je ne me suis jamais sentit aussi seul. J’irais bien jusqu’à la chambre de ma mère pour me glisser dans son lit. Je lui laisserais me raconter des histoires et je m’endormirais. Comme avant. Et ces histoires seront belles, les héros arriveraient sauver leur aimée avant qu’il ne soit trop tard. Personne ne m’a sauvé. Je n’irais pas voir ma mère, elle ne peut plus me sauver.

Et lui…

Lui…

Je le hais tellement, tout est de sa faute ! Mon cœur se serre de dégoût. Je ne pleurerais pas…Personne n’obtiendra cette satisfaction et surtout pas moi…

Il se caresse la nuit et imagine que tu le pompes comme tu me le fais.

Merlin, que je le hais !

Potter ! Le grand héros ! Où était-il pendant que…

En train de dormir comme un bienheureux, dans sa bulle d’amour et de bonté ! Si pitoyable…Si détestable…

Je lui ferais payer…

Tu diras à Potter que tu es une délicieuse suceuse….

J’ai si mal. Je suis si sale. Je ne méritais pas cela, n’est ce pas ? Et je ne suis qu’un crétin….Quand je pense que j’en venais presque à défendre Potter…S’il savait où il peut se le mettre son amour ! Penser à lui me donne encore plus envie de gerber !

Je suis dans le salon maintenant. Ne pas penser à Potter. Il paiera. Ne pas penser au Maître…Ne penser à rien…

Oui si seulement c’était aussi simple…

Tant que je ne ferme pas les yeux, ça ira….

Je tourne vaguement ma tête vers le grand sapin qui clignote de mille et une bougie. C’était Noël hier…

Quelque chose attire mon attention au pied du sapin, quelque chose qui n’était pas là hier. Un cadeau ?

Je m’approche doucement, en tremblant. J’aimerai arrêter de trembler. Je ne dois pas pleurer. Le papier cadeau est bleu métallique avec un gros ruban rouge, mais cela n’empêche pas de comprendre que ce paquet a été emballé par un amateur. Il a vraiment une forme étrange. Il n’y a rien marqué dessus mais je ne peux m’empêcher d’être ému. Ma mère ? Non, le papier cadeau serait parfait…

Alors qui ?

Je m’en moque et l’espace d’une seconde je ne pense plus à Voldemort, Potter ou à mes parents, il n’y a plus que cet étrange paquet qui compte et le fait que finalement quelqu’un a pensé à moi.

Je l’ouvre doucement et au fur et à mesure que je le découvre, je sens ma volonté faiblir.

Alors je pleure, en serrant la peluche en forme de panthère contre moi. Je pleure et lui demande pourquoi elle m’a laissé…Je croyais qu’elle m’aimait…Pourquoi elle l’a laissé me faire ça ? Pourquoi ai-je si mal ?

J’entends un bruit mais je m’en moque puis soudain je sursaute en sentant une main se poser sur mon épaule.

Blaise et Rogue sont là et ils me regardent avec inquiétude.

Je n’ai pas le temps de m’interroger sur leur venue que Rogue me tend un porte-au-loin.

-Nous allons à Poudlard Draco…nous allons nous occuper de toi.

Je le regarde un peu perdu et j’entends Blaise se diriger vers les escaliers.

-Je vous rejoins, dit-il, je vais prendre tes affaires Draco.

Je hoche la tête, je ne pleure plus depuis qu’ils sont venus. Une seule chose tourne dans ma tête : personne ne doit savoir ce qu’Il m’a fait…

Personne.

Ma main se pose sur le porte-au-loin et je me sens attiré par le ventre.

Lorsque mes yeux s’habituent enfin à la lumière, je m’aperçois que je suis dans le bureau de Dumbledore et que je suis loin d’être seul. Granger, Weasley, Dumbledore et Mc Gonnagal ont les yeux fixés sur Rogue et moi.

Je n’ai pas le temps de m’étonner d’avantage que Weasley se jette quasiment sur moi en me demandant où est Potter.

Mais il veut quoi le miséreux ? Et qu’est ce qu’il fait là, à cette heure de la nuit ? Qu’est ce qu’ils font tous là?

Je n’ai pas le temps de répondre que Granger me demande d’un air anxieux si je vais bien. Je fronce les sourcils et voilà que le miséreux me regarde lui aussi d’un air embarrassé et me demande de nouveau si Potter va bien.

-Weasley, je crache, je ne sais pas où est le balafré, je veux juste me tirer de cette pièce et aller dormir !

Leurs regards gênés posés sur moi me répugnent. Heureusement que les autres se comportent comme d’habitude. Personne ne doit savoir.

-Tu vas vraiment bien Draco ? me demande le vieux fou en plissant les yeux.

Je hausse les épaules et Rogue ne me quitte pas des yeux. Il faut que je donne le change après tout, il vient de me voir pleurer au pied d’un sapin de Noël.

-Je déprimais juste un peu, à cause de Noël et tout ça. Je vais très bien. Pourquoi cette question ?

Je sais que mon mensonge est nul et que personne ne me croit mais c’est tout ce que mon esprit semble capable de trouver ce soir. Je me demande même comment j’arrive encore à jouer la comédie. J’ai l’impression qu’ils savent…et je baisse brièvement les yeux. Je veux être seul, loin de leur regard à tous.

-Harry semble avoir fait un…rêve cette nuit, commence Dumbledore sans me quitter des yeux.

-Ma foi, voilà qui est intéressant ! dis-je d’une voix méprisante.

-Tu ne comprends pas Malfoy, s’exclame Weasley, il est partit tuer Voldemort…

Je ne peux m’empêcher de ricaner.

-Il est parti se faire tuer, tu veux dire…le balafré n’est pas assez fort…mais tu t’inquiètes pour rien, personne ne sait où il se trouve.

-Tu te trompes, dit Rogue, en vérité, ce n’est pas un rêve qu’il a fait. D’après Weasley, Potter a eu la visite de Tu-sais-qui cette nuit, enfin, il a percé les défenses de son esprit et il lui aurait montré quelque chose qui a mis Potter hors de lui . Potter est partit comme possédé en hurlant que Voldemort allait payer.

Pitié qu’on ne me parle plus de ce sale pédé !

-Il n’a aucune chance, je souffle, il va se faire tuer.

-Le professeur Lupin et un de nos agents vont nous le ramener, dit Dumbledore confiant.

-S’ils arrivent à temps, marmonne Rogue.

Je m’en moque. Qu’ils crèvent tous. Deux brefs coups sont frappés et Blaise entre. Weasley grogne et le regarde méchamment, Blaise hausse les épaules. Je crois que j’ai loupé quelque chose.

-Je continue à dire qu’il faut aller les aider, s’exclame Weasley. Je ne peux plus rester ici à rien faire !

-Calme-toi Weasley, répond Blaise, Potter ne nous le pardonnerait pas si toi ou ta copine partait le rejoindre.

Weasley le regarde toujours avec haine tandis que Blaise se tourne vers moi d’un air inquiet, comme si lui aussi se demandait comment j’allais.

-Draco, dit Dumbledore de cette voix douce que l’on prend pour parler aux enfants, tu devrais peut être aller à l’infirmerie.

-Je ne vois pas pourquoi, je réplique de mon air le plus supérieur, je vais très bien.

Tous détournent les yeux d’un air gêné sauf la sang de bourbe. Elle me regarde avec tristesse puis regarde mes bras et je me rends compte avec horreur que je tiens toujours la panthère contre moi. Je m’empresse de la poser par terre et me recompose un visage neutre.

-Je veux juste aller dormir…

Dumbledore hoche la tête et demande à Blaise de m’accompagner. Comme si je n’étais pas capable d’aller jusqu’à ma chambre tout seul ! Mais je n’ai même pas l’envie de discuter de ça. Je veux juste partir loin d’ici.

Sans un mot de plus je sors et Blaise me suit après quelques secondes.

-Raconte-moi ce qu’il c’est exactement passé, je lui demande d’un ton froid.

-Pas ici, répond-t-il, dans ta chambre.

J’approuve de la tête, l’image de mon cousin avec son amulette d’invisibilité me vient à l’esprit. Il vaut mieux en effet qu’on trouve un endroit plus discret.

Lorsque nous arrivons dans ma chambre, je remarque qu’il a ramené la panthère en peluche, je n’ai pas osé la reprendre. Il la pose négligemment sur le lit.

-Elle est…chouette ?

Il me regarde et fait une grimace comique en direction de la peluche. C’est sûr qu’il doit trouver ça…bizarre, mais je m’en moque. Elle est à moi.

-C’est un cadeau de Noël, dis-je glacial.

-Ok…

-Alors ?

Je commence à m’impatienter et Blaise le remarque. Il s’assoit sur le lit tandis que je fais les cent pas, mes mains tremblent, je regarde la salle de bain anxieusement, je dois me laver…

-Voilà, il devait être 2 heures et demi du matin et j’étais dans le bureau de Dumbledore avec Vincent, Lupin, Rogue, Mc Gonnagal et Dumbledore lorsque…

-Attend, je le coupe, je reviens !

Je me précipite dans ma salle de bain ferme la porte derrière moi, laissant un Blaise de plus en plus étonné derrière la porte.

Je respire bruyamment, n’osant me regarder dans le miroir alors que je tremble des pieds à la tête. Lorsque je croise mon regard gris dans le reflet un haut le cœur me prend et j’ai juste le temps d’atteindre les toilettes avant de vomir. Je ne peux vomir que de la bile, je n’ai déjà plus rien dans le ventre et ça fait mal. J’essaie de me calmer alors que Blaise toque doucement à la porte en me demandant si tout va bien.

Je me relève difficilement et retourne près de lavabo.

-J’arrive ! je m’exclame difficilement.

Je me brosse les dents sans regarder mon reflet de peur de vomir de nouveau. Je me sens si sale.

Ce n’est que dix minutes plus tard lorsque j’estime que mes tremblements ne se voient plus que je retourne dans ma chambre.

-Je t’écoute !

Blaise me regarde avec inquiétude et cela commence vraiment a me mettre hors de moi.

Il reprend son explication et je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’il faisait si tard chez Dumbledore et avec Vincent en plus !

-…Et c’est à ce moment là que Granger, Weasley, Finnigan, Thomas et Londubat ont débarqué comme des fous dans le bureau. Weasley avait l’air désespéré et le directeur c’est entretenu avec lui en aparté. Mais on a tous compris les grandes lignes en parlant avec les autres Gryffis. Potter aurait eu la visite de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom dans son esprit. Je ne sais pas ce qu’il a vu mais Weasley est sûr que ça avait un rapport avec toi car Potter parlait dans son sommeil, il pleurait même et il criait au Seigneur des Ténèbres de ne pas te toucher. Ensuite il s’est réveillé et il est sortit enragé du château en criant qu’il allait tuer.

Je me rends compte que je viens de fermer les yeux et je serre mes poings à me faire mal. Je respire de plus en plus vite alors que je comprends tout ce que Blaise vient de me dire. Je n’avais pas encore bien réaliser…

Potter…

Ce stupide fils de pute sait…

Il sait et il est allé se battre…pour moi…

J’espère qu’il crèvera !

J’espère que je ne verrais plus jamais sa tête de balafré !

Par Merlin ! Faites qu’il crève !

Oh Potter…

Comme je te hais.

Comme je te hais…

-Comme Vincent savait où se trouvait Voldemort, il a emmené Lupin là bas pour ramener Potter…Et Rogue et moi on a été chargé de voir si tu étais chez toi et de te ramener…

-Vincent travaille pour Dumbledore ? Mais c’est un mangemort…

-Autant te le dire puisqu’ils vont t’interdire de sortir du château et te mettre dans la confidence, mais Vincent est un espion, tout comme Rogue, ils font partis de l’ordre du Phénix…

Je reste sans voix… Rogue et Crabbe junior…Je n’aurais jamais pensé…Quand je pense que je prenais Vincent pour un abruti…pour un faible incapable de prendre sa destinée en main…Un espion….Il m’espionnait depuis le début moi et les autres…

-Et toi, dis-je en fixant mon meilleur ami, comment cela se fait-il que tu saches tout cela ?

Blaise me regarde semblant peser le pour et le contre.

-Je fais aussi partit de l’ordre depuis cet été.

-Tu plaisantes ?

-Non Draco et autant t’avouer que mon travail principal était de t’espionner…

-Je…je ne te crois pas…

Cette journée est un véritable cauchemar. Je regarde Blaise comme si je le voyais pour la première fois. Il se contente de baisser les yeux. Je le déteste lui aussi. Il est comme les autres, il se sert de moi…depuis le début…

-Pourquoi ? je demande d’une voix glaciale.

-Bon sang Draco ! Tu ne te rends pas compte que tu as de l’influence sur les élèves et sur Potter ? L’ordre voulait savoir où allait ta préférence…Quel camp tu allais choisir dans cette guerre et…

-POURQUOI ?

Je hurle cette fois ci et Blaise sursaute, il vient de comprendre. Je me moque de savoir pourquoi le vieux fou me faisait surveiller ce que je veux savoir c’est pourquoi celui que je prenais pour mon meilleur ami m’a trompé. Blaise a un sourire désabusé.

-Parce que j’aime Ginny Weasley et que je veux qu’elle soit fière de moi…

Pour le coup je me laisse tomber sur le fauteuil l’air hébété. C’est donc pour cela que Weasley le regardait avec hargne, parce que Blaise se tape sa petite sœur. Je ne peux m’empêcher de rire nerveusement. Quel con !

-Tu m’as dupé pour une fille ? je demande incrédule.

Il hoche la tête et je cesse de rire. Il s’est servi de mon amitié pour me tromper, pour m’espionner… Et tout ça pour quoi ? Pour une petite pute !

-Sors de ma chambre…

Je lève les yeux vers lui et je ne souris plus du tout. Il est comme les autres. Je ne le reconnais plus…Quand je pense que je lui racontais mes espoirs, mes peines parfois…et lui il répétait tout. Par Merlin ! Je lui ai même raconté que Potter me faisait de l’effet !

-Je sais que je te déçois, dit-il, mais je l’aime…J’aurais préféré ne pas avoir à te faire ça, pour moi, tu restes mon meilleur ami et…

-DEGAGE DE MA CHAMBRE ZABINI !

Il secoue la tête d’un air navré et j’ai envie de le frapper, il ouvre la porte qui donne dans la salle commune et au même moment Crabbe apparaît essoufflé.

-Blaise ! s’écrie-t-il avant de se taire brusquement en me voyant dans ma chambre toujours ouverte.

-Il sait tout…dit Zabini laconiquement. Comment cela s’est-il passé ? Vous avez retrouvé Potter ?

Vincent hoche la tête et je remarque qu’il a une attelle à sa jambe droite.

-C’était affreux, je m’en suis sorti presque indemne mais Lupin est bien amoché…Quant à Potter il est au plus mal…

-Comment cela ? s’exclame Blaise visiblement inquiet.

Je ferme les yeux alors que des brides de leur discussion me parviennent sourdement. Potter…

-…entre la vie et la mort…à l’infirmerie…

D’un geste de la main je ferme la porte à distance.

J’ai perdu beaucoup de chose cette nuit.

Mon meilleur ami.

Mes illusions.

Mes espérances.

Ma fierté.

Mon âme ?

Je me sens si vide et toujours si sale…Tellement sale et seul…

Tout est de la fautede Potter !

Je veux qu’il meure…

Je veux…

Mourir.

0o0o0o0o0o0o00o0o0o0o00o0o0o0o0o0o0

Chambre de préfet en chef des serpentards, deux heures plus tard.

Je me réveille en sursaut. Un cauchemar…si tout cela ne pouvait être qu’un simple cauchemar. Mon cœur bat si vite et la peur en moi ne s’en va pas malgré mon réveil. Au contraire, elle s’accentue. Car ce n’était pas un cauchemar. Je me suis endormi sans le vouloir mais j’ai l’impression d’être encore plus fatigué qu’avant.

Je me souviens de tout !

Ce n’était pas un cauchemar…

A peine deux heures se sont écoulées depuis le départ de Blaise.

Blaise…

Celui que je prenais pour mon ami…

J’ai faim mais je préfère ne rien manger pour l’instant, je ne suis pas sûr de parvenir à garder quoique ce soit dans mon estomac.

Ne pas y repenser…

Je n’y arrive pas…

Je n’ai pas éteint la lumière lorsque je me suis endormi. C’est une bonne chose. Je ne pense pas que je l’éteindrais cette nuit…Je ne pense pas que je m’endormirais de nouveau.

De toute façon, il est presque six heures du matin. Je suis pourtant si fatigué. Je me lève en frissonnant et je vais passer un pull.

Un autre…

J’ai toujours aussi froid.

Ne pas y penser…Je glisse sur le sol…

-Il se caresse la nuit et imagine que tu le pompes comme tu me le fais.

Ne pas y penser…je gémis lamentablement. J’ai si honte…

-Tu diras à Potter que tu es une délicieuse suceuse….

Ne pas y penser…J’ai si mal…

-Tu le remercieras…

Potter…C’est de ta faute…Tu vas payer…

J’ai envie de hurler et de tout casser mais je me contente de me lever. J’attrape mon amulette d’invisibilité. Oh oui, il va payer…pour que je puisse dormir sans faire de cauchemar.

Pour que je puisse me regarder de nouveau dans une glace sans avoir envie de vomir…

Pour que je cesse de trembler de froid et de peur…

Pour qu’il quitte mon esprit…

Pour que j’ai moins mal.

Je suis déjà dans le couloir en direction de l’infirmerie. Je vais devenir un assassin mais tuer Potter me guérira. Potter et son amour écoeurant…

J’entre dans l’infirmerie sans un bruit et j’entends des voix basses. Je m’approche doucement. Lupin est allongé dans un lit et Rogue lui parle.

Il lui tient la main…

Lupin dort. Rogue…est si lâche…Il transpire d’amour pour ce miséreux et il ne lui parle gentiment que lorsqu’il est inconscient.

Je ne veux pas écouter ce qu’il lui dit si doucement en lui caressant la joue. J’avance dans la grande salle, là où les rideaux sont tirés. Il y a une barrière magique rougeoyante tout autour. Je ne devrais pas être capable de passer, c’est Dumbledore qui a du la créer. Je regarde le tableau d’analyse qui brille, on entend les battements de son cœur…

Si faibles…

Pomfresh approche, je retiens ma respiration. Elle a l’air fatiguée. Elle regarde le grand tableau des résultats et soupire tristement. Elle murmure un sort et les rideaux qui me cachaient la vue de Potter se tirent. Elle pointe la baguette sur lui et prononce un sort de réchauffement.

Il est si pâle…

Et les battements sont si faibles…

Je m’approche un peu, la barrière me laisse passer. Je comprends que cette barrière n’est qu’un leurre. C’est astucieux….

Les rideaux se referment sur nous et j’entends Pomfresh s’éloigner.

Seuls les battements de son cœur se font entendre. J’ai de plus en plus froid et je pose une nouvelle fois mes yeux sur lui. Et je comprends alors que mon cœur se serre douloureusement dans ma poitrine.

J’ai envie de rire de ma bêtise…Je n’aurais jamais du venir…Comme si je pouvais lever la main sur lui…

Pourquoi ne le puis-je pas ?

Dis Potter, pourquoi suis-je incapable de faire le moindre geste ?

Je ne pleurerais pas Potter…

Tu as eu ce que tu méritais…

Je ne pleurerais pas…

Tu es trop stupide. Tu fonces toujours tête baissée.

Je ne pleurerais pas…

Si stupide…et ton cœur…si faible…

Qu’est ce qu’il m’arrive Potter ?

Je pleure en te voyant étendu sur ce lit blanc…

Tu es si pâle…

Cela fait si mal.

Si beau…

Si mal…

Plus mal encore que ce qu’Il m’a fait…

Je te regarde et j’ai si peur. Tu sais, un cœur ne doit pas battre si faiblement…il finit par s’arrêter dans ce cas là…Mon cœur bat si vite Potter…si fort… à cause de toi…

Je suis si lâche, moi aussi…Je pars loin de cette salle où tu as l’air de ne pas vouloir te réveiller. Si tu meurs, je t’en voudrais, tu sais ? Ne me demande pas pourquoi. Je ne le sais pas. Je suis perdu.

Je cours dans les couloirs, je dois pourtant te détester pour ne pas devenir fou…Je suis perdu.

J’ai besoin d’elle, de la panthère…Je cours, elle me comprendra. Elle me pardonnera. Ce n’est pas de ma faute…

C’est à cause de Potter…

Non…

C’est de la faute de Voldemort…

Je ne sais pas…je ne sais plus. Je sais juste que j’ai besoin d’elle. Je frappe sur cette porte depuis cinq minutes lorsqu’elle s’ouvre enfin devant celui qui va m’amener à elle: N'Dinga.

-Draco…Mais que fais-tu ici, à cette heure ?

-Je veux la voir !

-Tu…mais ça ne va pas, ce n’est pas le moment…Nous sommes en vacances et…

-JE VEUX LA VOIR !

J’ai hurlé et N’Dinga a sursauté. Je me moque qu’il me prenne pour un fou, je crois bien que je le suis de toute façon. Il me regarde quelques secondes sans rien dire et puis il accepte. J’entre dans son petit salon. Il me fait asseoir et commence directement à psalmodier. Quelques minutes plus tard, au rythme des tam-tams je pars…

Je respire beaucoup mieux lorsque je suis dans l’illusion, je cours en direction de la jungle. Elle n’est pas là, alors je m’enfonce dans cette végétation inquiétante. Je cours toujours et je l’appelle. Il fait si sombre dans cette jungle. Je ralentis un peu lorsque je comprends que je suis perdu. Où est-elle ? Pourquoi m’a-t-elle laissé ? Je tombe à genoux. J’ai la tête qui tourne. Un bruit de glissement m’oblige à me retourner et un cri se bloque dans ma gorge.

Des yeux si rouges…

Il glisse et glisse encore vers moi.

Je ne peux pas détacher mes yeux de ce que je pense être ma mort. Il est immense, d’un vert si sombre qu’il parait noir. Un immense serpent. Il est venu me tuer…Je n’arrive même pas à distinguer entièrement tellement il semble grand.

Je reste tétaniser, incapable d’user de magie. Je ne pense même pas à transplaner. Il lève sa tête et siffle, ses yeux luisants de cruauté. Puis le sifflement se fait plus menaçant alors qu’un craquement se fait entendre derrière moi.

Je sais que c’est elle. Je n’ai pas besoin de me retourner pour le savoir. Je l’entends gronder sourdement et le serpent semble hésiter. Il a un mouvement de recule lorsqu’elle bondit devant moi. Elle ne le quitte pas des yeux et gronde toujours, prête à attaquer au moindre mouvement.

Elle ne peut pas gagner…

Il est si gros…

Si puissant…Venimeux…

Mortel.

Il lui suffirait de s’enrouler autour d’elle pour la briser…comme une vulgaire brindille.

Mais elle reste là et je n’ose faire un seul geste. Elle reste devant moi pour me protéger et je suis incapable de l’aider. Puis le serpent s’en va à mon grand étonnement après un dernier sifflement. Tous ses anneaux se dégagent lentement de mon champ de vision dans un silence inquiétant et la panthère gronde toujours.

Elle ne se détend qu’au bout de quelques minutes et moi je ne cesse de trembler. Tout est de ma faute…

Je ne la mérite pas…

-Pardon…

Elle se tourne vers moi et je ne bouge pas. Elle semble étonnée. Elle serait morte pour me sauver et elle semble trouver cela normal…elle est comme LUI.

Elle s’approche de moi et je me mets à pleurer. Je pleure pour ce qu’on m’a fait. Je pleure pour Potter si pâle.

-Pardon, je répète.

Mais cette fois, c’est à lui que je m’adresse. Etendu sur le lit blanc avec son cœur si faible. Pardon Potter, ce n’est pas de ta faute.

C’est de la mienne…

Et la panthère frotte son museau contre moi. Je passe mes bras autour de son cou en pleurant encore.

Elle m’a tellement manqué…Je ne la mérite pas. Je suis si sale.

Et tandis qu’elle reste simplement là, à mes côtés, sans se dégager de mon étreinte, je me sens un peu mieux.

-Je t’aime, je lui murmure à l’oreille.

Je la sens trembler et soudain, je n’ai plus la sensation de son pelage si doux contre ma peau…

Il y a une autre peau contre la mienne…

Ce n’est plus une panthère que je tiens contre moi et des bras chauds s’enroulent autour de mes épaules. Il pose sa tête contre mon cou et je ne vois que ses cheveux noirs en bataille. Il tremble toujours et je le serre un peu plus contre moi…Je crois que je me remets à pleurer.

C’est impossible…

A suivre…

 
 
Chapitre précédent
 
 
Chapitre suivant
 
 
 
     
     
 
Pseudo :
Mot de Passe :
Se souvenir de moi?
Se connecter >>
S'enregistrer >>