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au 20 Nov 08 :
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pour 1388 fics écrites
contenant 3547 chapitres
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Et Harry aima Draco
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance/Drame
22 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 16     Les chapitres     23 Reviews    
Je commence à te connaître
Une chanson m’a grandement inspiré pour ce chapitre et donc je vous la met. C’est de Maxime Le Forestier.

Education sentimentale


Ce soir à la brume
Nous irons, ma brune
Cueillir des serments
Cette fleur sauvage
Qui fait des ravages
Dans les cœurs d'enfants
Pour toi, ma princesse
J'en ferai des tresses
Et dans tes cheveux
Ces serments, ma belle
Te rendront cruelle
Pour tes amoureux

Demain à l'aurore
Nous irons encore
Glaner dans les champs
Cueillir des promesses
Des fleurs de tendresse
Et de sentiment
Et sur la colline
Dans les sauvagines
Tu te coucheras
Dans mes bras, ma brune
Eclairée de lune
Tu te donneras

C'est au crépuscule
Quand la libellule
S'endort au marais
Qu'il faudra, voisine
Quitter la colline
Et vite rentrer
Ne dis rien, ma brune
Pas même à la lune
Et moi, dans mon coin
J'irai solitaire
Je saurai me taire
Je ne dirai rien

Ce soir à la brume
Nous irons, ma brune
Cueillir des serments
Cette fleur sauvage
Qui fait des ravages
Dans les cœurs d'enfants
Pour toi, ma princesse
J'en ferai des tresses
Et dans tes cheveux
Ces serments, ma belle
Te rendront cruelle
Pour tes amoureux

 

Chapitre 15 : Je commence à te connaître

POV de Draco

Grande salle, samedi sept février, 12h34

La Saint Valentin.

Quelle fête ridicule !

Je n’ai jamais aimé cette mascarade, mais il semblerait que cette année encore on n’y échappe pas. C’est dans une semaine et déjà ils sont tous là à se lamenter pour trouver un cadeau ou à espérer en recevoir. Quoique chez les serpentards, à part deux ou trois cruches, les élèves ont l’air de peu s’en soucier de cette fête médiocre.

Mais les autres maisons…

Les serdaigles n’en parlent pas trop, ils sont plus préoccupés par les devoirs qu’ils semblent avoir à faire. C’est étrange, les serdaigles me sont d’une indifférence totale, c’est peut-être la seule maison que les serpentards tolèrent. Ils sont corrects eux, ils ne nous font pas chier, restent dans leurs bouquins sans la ramener et ils ont assez de culture pour qu’on daigne leur adresser la parole.

Puis il y a les deux autres maisons, je ne sais pas laquelle des deux me fait le plus pitié. Les gryffondors qui font semblant de ne pas s’intéresser à la Saint Valentin mais dont les yeux brillent étrangement dès qu’on prononce ce nom, ou les poufsouffles qui piaillent encore et encore sur ce sujet, surtout les filles, et j’ai mal à la tête.

Les yeux de Potter brillent aussi au son de ce nom maudit : Valentin. Je le vois bien et mon mal de tête s’accentue.

Je ne sais pas si je peux le considérer comme mon petit copain, disons plutôt que je me sers de ses lèvres quand j’en ai envie.

Et que j’en ai souvent envie.

Disons aussi que j’aime assez parler avec lui, la plupart du temps il dit des trucs sensés.

Cela va faire un peu plus d’un mois que j’ai commencé à le « fréquenter ». Je croyais au début que je pourrais résister mais j’ai toujours envie de le toucher et un jour à cause de ce connard de Crivey, je l’ai embrassé.

C’était bon. Ça m’avait manqué.

Ça me manque encore alors que je suis en train de manger et que je pose sans pouvoir m’en empêcher les yeux sur lui. Ce sont ses lèvres que j’aimerais dévorer.

Au début je pensais que si je commençais dans cette voie cela aurait été dangereux pour moi, mais ça va, je gère. Après tout Potter semble tout disposer à me laisser jouer avec son corps alors autant le faire.

Je suppose qu’il n’y a que ce moyen pour qu’il sorte de ma tête.

Quand je serais rassasié tout redeviendra comme avant, avec un peu de chance, je serais de nouveau un hétéro pur et dur. Pour l’instant j’ai juste l’impression d’être un homo très dur quand je suis à ses côtés.

Lui, il ne tente jamais rien, il me laisse venir, me laisse l’embrasser, je crois qu’il n’a jamais ou presque débuté un baiser, comme s’il avait peur de me blesser.

Je n’aime pas cela, je suis sûr qu’il est comme ça parce qu’il a vu ce que Voldemort m’a fait. Je ne suis pourtant pas si faible. Que croit-il ? Que s’il se montre trop entreprenant je vais me mettre à hurler et à pleurer ? Je suis sûr qu’il réagirait différemment si tout cela n’était pas arrivé. Peut-être même qu’on aurait fait l’amour. Je ne veux même pas en parler avec lui. Pas pour voir sa pitié, sa tristesse.

C’est encore un truc que je ne comprends pas. Comment peut-il éprouver de la peine pour moi ? Je ne dirais pas que je l’ai mérité mais je ne suis pas ce qu’on appelle quelqu’un de bien. Je ne vaux pas la peine qu’il soit triste pour moi.

Je me moque de sa pitié, tant qu’il tue le Seigneur des Ténèbres ça me va.

Je me demande aussi si le fait de passer du temps avec moi le rend plus fort comme semblait le penser Dumbledore. J’espère que oui, sinon tout cela aura été vain.

Je le regarde encore, alors qu’il finit une part de tarte. Il l’ignore mais il est vraiment sexy, le fait qu’il ne s’en rende pas compte le rend encore plus sexy si c’est possible. Mes yeux s’attardent sur sa bouche, sur ses mains, il sourit à ses amis et je me sens bien.

Il a vraiment un beau sourire.

-Tu vas me faire vomir Draco à force de le regarder ainsi.

Je sursaute et me tourne vers mon cousin qui m’a chuchoté cette phrase à mon oreille. Depuis qu’il a bu la potion, ce qui fait déjà une dizaine de jours, il a toujours les cheveux noirs. La potion de réalité dure à peu près deux mois, et je suis sûr qu’il doit éviter de se regarder dans les miroirs maintenant. En ce moment il me toise avec dégoût cela ne m’impressionne pas mais m’énerve assez.

-Dégage, dis-je en serrant les dents.

Il regarde Potter et paraît amusé.

-Et tout ça pour qu’il puisse tuer le Maître, quelle perte de temps !

-Je t’ai dit de dégager.

-Tu fais la pute pour le camp adverse Draco, c’est amusant, tu n’as pas changé ta façon de procéder d’après ce que j’ai appris.

Je sens que je blêmis. J’ai soudainement envie de vomir. Il est au courant…

Je me lève rapidement. Il faut que je sorte. A qui l’a-t-il dit ? Qui est au courant ? Je regarde alarmé les élèves assis essayant de ne pas voir leurs sourires amusés ou leurs mines dégoûtées…je suis sûr qu’ils savent… je suis sûr que c’est pour cela que cette fille de première année me regarde, que ces deux garçons de troisième année chuchotent dans leur coin, que ce groupe de cinquième année s’esclaffent.

Je recule bousculant mon cousin et d’un pas rapide je sors. J’ai besoin d’air. J’ai besoin de réfléchir.

Je n’ai même pas quitté le premier couloir que je me sens plaqué contre le mur.

Ce n’est que mon cousin mais je suis pétrifié. Je dois me reprendre.

-Draco, sourit-il, tu as peur ? Ne t’inquiète pas, je ne dirais rien à ton précieux Potter. C’est vrai, que penserait-il, s’il savait que tu as sucé encore et encore le sexe dur de l’assassin de ses parents ?

Je ne réponds rien. De toute façon, Potter est au courant. J’ai juste l’envie puérile de plaquer mes mains contre mes oreilles pour ne plus entendre cette voix traînante, pour ne plus entendre parler de ça. Mais je ne suis pas comme cela. Je ne suis pas si faible, n’est-ce pas ? Alors pourquoi je me sens trembler ? Hadès me dévisage et tend la main vers moi. Je le repousse brutalement.

-Ne me touche pas !

Il fait mine de réfléchir et son regard fiévreux parcourt mon corps. Qu’est-ce qu’il lui prend ?

-A moins que Potter ne soit déjà au courant, dit-il, oui c’est sûrement ça…

Un sourire joyeux étire ses lèvres.

-Il est malin, il sait jusqu’où tu peux aller pour arriver à tes fins. Il a dû savoir que tu as sucé le Maître et je parie que ça lui a foutu une trique d’enfer. Et maintenant il aimerait que tu lui fasses la même chose et il sait que tu vas le faire, car tu es une petite pute, cousin…

Je tremble de rage. Je vais le tuer. Je sors ma baguette mais un sort de stupéfixion m’atteint de plein fouet.

-Bien joué Pansy, susurre mon cousin en me serrant dans ses bras alors que j’allais tomber.

Qu’il me lâche mais qu’il me lâche !

-On devrait y aller Hadès, tu sais que le vieux fou ne nous laisse jamais longtemps seuls avant d’envoyer un de ses bouffons.

-Oui, une minute.

Je frissonne alors qu’il respire dans mon cou. Puis sa voix étrangement rauque me parvient dans un chuchotement que Pansy derrière moi ne peut entendre.

-Cousin, susurre-t-il, le Maître t’a eu, Potter t’a eu, je crois que ça sera bientôt mon tour.

Je le regarde horrifié comprenant petit à petit où ce malade veut en venir.

-Si tu savais, continue-t-il, les rêves que je fais de toi chaque nuit, tu me fais bander Draco. Est-ce que tu sens l’effet que tu me fais, cousin ?

J’aimerais fermer les yeux alors que son érection se presse contre ma cuisse. J’ai envie de vomir.

-Hadès ! s’impatiente Parkinson.

-Je t’aurais…et ne fais pas cette tête, je suis sûr que tu en as autant envie que moi. En attendant, que Potter profite de sa putain pendant qu’il en est encore temps.

Après un dernier sourire il me lâche et je tombe à terre sans pouvoir me réceptionner.

Je vais le tuer !

C’est Blaise qui me trouve le premier plusieurs minutes après, il défait le sort et m’oblige à parler, mais je garde tout pour moi. Mon cousin paiera, ce malade va me le payer, mais je l’achèverai moi-même, je n’ai besoin de personne pour m’occuper de ce cinglé.

Je fais promettre à Blaise de ne parler à personne de la position dans laquelle il m’a retrouvé. Il ne manquerait plus que Potter soit au courant. Je me demande s’il pense comme Hadès, je veux dire, peut-être qu’il pense que je suis une sorte de putain, que je fais cela juste pour qu’il tue Voldemort…

Je ne veux pas qu’il pense ça de moi.

Si ça se trouve, il pense que si je l’embrasse et le touche c’est pour ça…

Alors que c’est seulement parce que je suis fou de ses lèvres. Parce que je me sens bien dans ses bras. Parce qu’il y a cette drôle de chaleur qui m’étreint lorsque je suis avec lui.

Je ne suis pas une pute.

Je ne voulais pas tout ça…

J’espère que Potter le sait.

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Chambre de préfet en chef des serpentards, samedi 7 février, 18h56

J’entends frapper à ma porte. Je sais que c’est lui. Je ne suis pas venu au rendez-vous aujourd’hui. Je n’ai pas envie de le voir…

Non, je me mens comme je le fais souvent en ce qui concerne Potter.

Je ne veux pas le voir mais pourtant j’en ai envie.

Je voudrais être dans ses bras.

Depuis ce matin les paroles de mon cousin me hantent. Je me sens mal. Trop de choses se sont passées dans ma vie en trop peu de temps.

A la rentrée, j’étais encore en dehors de la guerre. Ma vie était bien huilée. Je savais qui étaient mes ennemis, je savais que Potter en faisait partie et je pensais bêtement que cela ne changerait jamais.

On frappe de nouveau, Potter n’est pas du genre à laisser tomber on dirait. J’ouvre en soupirant et je remarque son regard inquiet sur moi.

-Draco, je ne te voyais pas venir et j’ai eu peur qu’il te soit arrivé quelque chose, dit-il très vite.

-Je vais bien.

Je m’efface pour le laisser entrer, là où il n’a jamais mis les pieds. Il regarde la pièce, assez étonné puis son regard se pose sur la peluche qui trône sur le lit et un léger sourire éclaire son visage.

J’en étais sûr.

Le cadeau vient de lui. Mon seul cadeau de Noël vient de Harry Potter. J’en rirais presque si je n’avais pas cette étrange boule au fond de la gorge.

Comment est-ce que quelqu’un comme lui peut-il m’aimer ? Plus j’apprends à le connaître et plus je me dis que tout cela n’est qu’une regrettable erreur.

Il n’aurait pas dû tomber amoureux de moi. Je lui ferais du mal comme je l’ai toujours fait. Il s’inquiète encore pour moi alors qu’il a bien assez de problèmes.

Qu’est-ce que j’ai à lui offrir ? Que peut-il voir en moi qui mérite d’être aimé ? Je suis sale, marqué, froid.

Il lui faudrait un garçon gentil, je ne le suis pas et je ne le serais jamais.

Il lui faudrait quelqu’un de plus fort qui n’aurait jamais été l’objet de Voldemort.

Il lui faudrait une personne qui le comprenne, moi je ne me comprends même pas.

Il s’assoit sur le lit en me regardant nerveusement. Harry Potter qui me croit si fragile qui ne fait jamais le premier geste. Je pourrais le virer d’un regard, piétiner son amour, cracher sur ses sentiments. Je pourrais aussi l’embrasser, le déshabiller et l’obliger à se donner à moi maintenant, tout de suite.

Je pourrais faire tout cela, j’ai ce pouvoir sur lui. Mais je sais que j’en suis incapable car même s’il ne s’en doute pas, il a aussi un pouvoir sur moi. Un pouvoir effrayant.

Harry Potter m’effraye.

Je me demande ce qu’il voit alors que ses yeux ne me quittent pas?

Comment peut-il m’aimer ? Moi, le violé, le mangemort,…la pute ?

-Draco dis-moi ce qu’il se passe ?

-Je ne te dois rien Potter.

Il baisse les yeux. Mais bon sang ! Regarde-moi ! Bats-toi pour moi ! Ne me laisse pas gagner ! Ne me laisse pas te faire du mal !

-Je sais, murmure-t-il le regard toujours baissé, et pourtant j’aimerais que tu aies assez confiance en moi pour parler. Tu ne me dis rien.

Je souris d’un air moqueur et il lève enfin la tête.

-Tu n’es pas mon ami Potter…

Ses yeux se voilent un peu. Il encaisse comme toujours sans rien dire.

-Je suis quoi pour toi alors? demande-t-il

Je me détourne de ce regard trop vert qui me scrute et je vais jusqu’à la cheminée, lui tournant le dos, contemplant les flammes.

-Que se passe-t-il ?

Sa voix me parvient du lit et je soupire.

-Tu devrais plutôt tenir compagnie à la belette, se faire plaquer ne lui réussit pas…

-Laisse Ron en dehors de ça. C’est toi qui m’inquiètes et je veux savoir pourquoi tu me fuis.

Je ne quitte pas les flammes du regard. Je voudrais qu’il me prenne dans ses bras. Je suis bien lorsqu’il me serre contre lui. Je regarde le feu et je me mets à parler sans trop savoir pourquoi je le fais. Je lui parle de mon cousin, de ce qu’il m’a dit et lorsque j’ai fini de parler Potter reste silencieux un moment, sa voix est étrange lorsqu’il reprend la parole.

-Si tu viens me voir, nous savons toi et moi que c’est parce que je t’aime et que c’est sensé être ma force pour battre Voldemort. Tu es sensé être ma force, jusque là j’ai bon ?

Je ne le regarde toujours pas, je suis toujours dos à lui et je me contente de hocher la tête. Alors il croit que je suis une pute ?

-Tu veux voir Voldemort mourir parce qu’il t’a violé. Tu veux te venger et je suis ton arme.

Je tremble, je crois et sa voix est toujours aussi étrange, un peu comme s’il était sur le point de pleurer.

Donc, il croit que je suis une pute…je crois que je ne me sens pas bien…

-Malfoy, retourne-toi !

Son ton est dur et je reste dos à lui. Je ne veux pas le voir. Comment pourrais-je le regarder en face? J’ai envie de pleurer et mes épaules tremblent.

-Malfoy, retourne-toi !

Pourquoi ? Pour voir du dégoût ou de la pitié dans ses yeux ? C’est sûrement ce que je mérite après tout, alors je me retourne lentement pour le voir toujours assis sur le lit, à quelques mètres de là avec dans les yeux quelque chose de si intense que je ne peux même plus faire un geste. Il y a de la colère, de la tristesse et de l’amour…tellement d’amour dans les yeux de Potter.

-Tu n’es pas une pute Malfoy. Je tueraiVoldemort pour ce qu’il t’a fait, je le tuerai, je te le jure. Pour toi, je deviendraifort. Je deviendrai si fort et je lui ferai si mal qu’il suppliera pour que je l’achève. Je peux faire beaucoup Malfoy mais si tu n’as aucune considération pour ce que tu es à quoi bon ? Si tu penses que je te considère comme une pute cela me fait mal. Tu es quelqu’un de tellement fier que je me demande comment tu peux croire une seule seconde ce que ton cousin a dit. Tu n’es pas une pute Malfoy. Tu es fort, intelligent, spirituel et je suis fou de toi. Tu es fragile, pas toujours sensé, parfois méprisant et égoïste et je t’aime à un point qui me fait presque peur.

Il s’arrête un instant alors que la boule dans ma gorge s’accentue. Mais pourquoi m’aime-t-il ?

-Alors Draco, je t’en prie, reprend-t-il, ne t’avise plus jamais de déformer ce que je ressens pour toi. C’est le plus beau sentiment qu’il m’ait été donné d’avoir alors ne le salis pas, ne te salis pas…à moins que ton but soit de me faire souffrir.

Je secoue la tête et il soupire de soulagement. Même si je voulais le faire souffrir, je n’y parviendrais pas car ça serait me faire souffrir en retour. Il se lève sans un mot et s’approche de moi mais il s’arrête à quelque pas comme intimidé.

-Je vais partir…

Non, reste un peu…

-Pourquoi ne fais-tu pas ce dont tu as envie ?

Pourquoi ne me prends-tu pas dans tes bras comme tu en meurs d’envie ?

-Pardon ?

Harry me regarde ne comprenant clairement pas où je veux en venir.

-Tu me laisses piquer mes colères, dis-je sans le quitter des yeux, tu me laisses t’embrasser et te toucher. Tu me permets de douter, de fléchir, de me reposer sur toi. Tu me laisses être faible et toi tu ne le fais pas.

-Je ne comprends pas, souffle Potter.

-Tu dis que je ne suis pas une pute mais dans notre relation je suis le seul qui donne, je suis le seul qui fait le premier pas. Est-ce que tu as honte de moi Potter ?

-Non, murmure-t-il abasourdi, bien sûr que non.

-Alors est-ce que tu crois que je suis si faible que cela ? Que si tu poses tes mains sur moi je vais crier? Que si tu me parles de tes problèmes je ne saurais pas capable de t’aider ?

-Non, tu es ma force…

Je secoue la tête, à qui veut-il faire croire cela ?

-Alors, je reprends vivement, pourquoi ne me prends-tu pas dans tes bras alors que tu en crèves presque d’envie ? Pourquoi quand je m’approche de toi tu t’éloignes ? Tu me reproches de fuir mais c’est toi qui me fuis, qui m’oblige à avancer pour t’avoir. Je suis fatigué de ça. Fatigué que tu attendes ma permission…

Potter me regarde clairement étonné.

-Je ne savais pas que tu pensais cela… Si j’attends toujours c’est pour être sûr que je ne t’impose rien…

-J’ai une voix Potter, si je veux que tu arrêtes, je te le dirai.

Potter secoue la tête.

-Tu ne comprends pas, dit-il. Je ne veux pas que tu me prennes pour un obsédé. Moi, dès que je te vois j’ai envie de te toucher. Dès que tu me regardes un peu trop intensément comme maintenant j’ai envie de t’embrasser. Alors j’ai peur que tu penses que je ne t’aime pas vraiment, j’ai peur que mon désir pour toi ne te donne une mauvaise opinion de mon amour.

Cette fois c’est moi qui le regarde avec étonnement avant qu’un léger sourire ne me vienne. Ce type est vraiment mignon.

-Nous ne sommes plus au Moyen-Âge Potter. Il est vrai que l’amour courtois a du charme mais je suis quelqu’un qui vit avec son temps. Et moi j’aime quand tu aimes mon corps.

Potter sourit lui aussi.

-C’est vrai ? demande-t-il en se rapprochant.

Je hoche la tête et il est juste en face de moi maintenant. Son drôle de sourire sexy aux lèvres, il murmure juste que je lui donne chaud avant de m’embrasser tranquillement en prenant son temps, comme si c’était naturel, comme si mes lèvres ne devaient être à cet instant précis qu’à cet endroit précis.

Comme si nous étions un vrai couple.

Et ma foi, j’aime ça. J’aime son assurance nouvelle. J’aime sa façon de relâcher mes lèvres avant de les reprendre toujours tranquillement entre les siennes. J’aime ce truc aussi qu’il fait toujours, ce mordillement, qui me fait soupirer de plaisir et qui fait que mes mains se glissent dans ses cheveux pour les désordonner encore plus...

Peut-être même que j’aime un peu trop.

Je crois que je viens de me mettre en couple avec Potter.

Et je gémis contre ses lèvres…

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Dimanche 8 février, cachot de Poudlard, 16h28

J’ai rendez-vous avec Potter dans moins de vingt minutes. Encore une fois dans le parc. J’aime bien le voir là-bas, c’est un terrain neutre. Et puis comme ça je suis sûr qu’il n’y aura pas de dérapage, je ne sais pas encore si je suis prêt pour plus avec Potter, il s’agit quand même d’un garçon et je n’avais jamais pensé coucher un jour avec un mec avant toute cette histoire. Maintenant j’ai l’impression d’y penser sans cesse, de ne penser qu’à ça.

Son corps contre mon corps, comme le soir du nouvel an.

Mais cette fois sans nos vêtements.

Et que mon corps s’enfonce dans son corps d’homme…

Un homme…

Je n’arrive même plus à être dégoûté de moi-même tant l’envie que j’ai de lui est grande. Potter est vraiment un danger pour moi et pourtant…

Pourtant je me sens en sécurité avec lui. Comme si moi j’avais besoin de cette sensation…

Je n’ai besoin de rien, ni de personne.

Alors quelqu’un peut-il me dire pourquoi je me dirige vers le parc avec cette drôle de chaleur dans l’estomac ?

J’espère vraiment que je ne suis pas en train de sourire niaisement. Si c’est le cas et qu’on me croise, ma réputation risque d’en prendre un sacré coup.

J’entends des voix au alentour parvenant de la salle de potion, c’est étrange, on est dimanche personne n’a cours.

Je hausse les épaules et m’apprête à poursuivre mon chemin lorsque je reconnais la voix de Potter.

Mais que fait-il ici ? Je tends l’oreille. Il discute avec Rogue. Je fronce les sourcils, les voix raisonnent aisément et Harry a l’air assez gêné.

-Je vous ai dit Potter que Lupin n’a plus besoin de cours de potion, il parvient parfaitement à réaliser la sienne.

Lupin prend une potion ? Je me rappelle alors que Lupin est un loup-garou, mon père m’en a parlé. Rogue fait sûrement référence à la potion tue-loup.

-Mais vous êtes sûr ? Il n’a plus besoin de leçon ? Vous ne voulez plus passer du temps avec lui ?

J’écarquille les yeux. Mais à quoi joue Potter ? S’il veut mettre Lupin et Rogue ensemble, il s’y prend très mal. Et puis il ne peut pas s’occuper de son cul Saint Potty ?

Quoique, moi, je peux m’en occuper à sa place s’il veut…

Je souris en pensant à la façon dont je voudrais m’occuper du fessier de Potter avant de me fustiger mentalement. Je suis un Malfoy par Salazar ! Et un Malfoy n’est pas obsédé ou alors juste par le pouvoir. Là je me fais presque l’effet de ce pervers de Zabini qui ne parlait que de sexe avant de se mettre avec la belette femelle.

-…jouez-vous Potter ?

J’ai loupé un morceau de la discussion on dirait.

-Mais à rien monsieur, répond Potter sur un ton pas très crédible, mais je pensais que…

-A l’avenir, coupe Rogue sèchement, faites-moi le plaisir de cessez de penser, vous n’en avez pas encore l’habitude et mêlez-vous de vos affaires.

J’essaie de ne pas sourire, Harry doit être rouge de rage et Rogue doit avoir un micro sourire de satisfaction.

-Je ne vois définitivementpas ce qu’il vous trouve ! s’exclame Harry avec hargne.

Il est vexé mon gryffi…enfin je veux dire Potter.

-Si c’est tout Potter, vous pouvez partir, répond mon directeur de maison d’une voix glaciale.

L’instant d’après j’entends une porte se refermer et des pas dans le couloir avant de voir apparaître le survivant fulminant.

-Alors Potter, on se balade ?

Je souris narquoisement, le regardant sursauter puis sourire en me voyant.

-Je devais parler à Rogue, dit-il.

-Et moi je me rendais au parc, pour te voir.

Il sourit encore et arrive enfin à ma hauteur.

Il m’embrasse doucement avec une sensualité à couper le souffle, et sa langue s’engouffre lentement dans ma bouche. J’enroule la mienne autour et me gave de sa saveur exquise.

-Salut, murmure-t-il d’une voix rauque avant de remettre ses lèvres sur les miennes.

Humm, c’est vrai qu’on ne s’était même pas encore salué. Il salue très bien d’ailleurs. Et ses dents viennent pour la première fois de la journée mordiller ma lèvre inférieure. Je soupire de plaisir mais je suis fier de moi car je n’ai pas gémi cette fois. Il se détache de nouveau et je peux voir ses yeux briller de satisfaction à travers les verres de ses lunettes.

-Salut, je réponds sur le même ton en passant doucement une main sur sa joue.

Je n’y peux rien s’il a les joues incroyablement douces !

Il rougit un peu et cela me fait sourire.

-Alors on va se balader ?

J’acquiesce silencieusement, je le suivrais où qu’il aille. C’est la pensée incongrue qui me vient à l’esprit à cette seconde précise. Je dois être fatigué, où alors c’est un effet secondaire de son baiser.

Je m’en fous, Potter prend ma main dans la sienne, je le regarde surpris alors qu’il entrelace nos doigts.

-Ça te dérange ? me demande-t-il alors que mes yeux sont fixés sur nos mains unies.

Sa main est douce, ni trop froide, ni trop chaude, à la température idéale. Ses doigts ne serrent pas trop les miens, juste ce qu’il faut pour que je n’aie pas envie qu’ils me délaissent. Tout le monde nous verra. Pas qu’on soit très discret mais là ça sonnera un peu plus officiel.

Son pouce caresse doucement le dos de ma main, il attend ma réponse. Personne ne m’a jamais tenu par la main…

Mon cœur bat vite. Il commence à retirer sa main. Je lève les yeux vers lui et le retient.

-Non, je souffle, laisse ta main dans la mienne.

Potter me récompense d’un sourire éblouissant et laisse sa main où elle était. J’aime ça. Enfin, je ne dis pas que je le laisserais me tenir la main tout le temps, faut pas pousser non plus, mais à cette seconde précise ça me plait.

Quelques minutes plus tard Potter lâche ma main pour l’enfouir dans mes cheveux alors que je suis en train de dévorer ses lèvres dans un coin du parc.

Merlin, faites qu’aucun sourire niais ne se trouve sur mes lèvres !

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Lundi 9 février, cours d’histoire de la magie, 10h12

Je regarde avec une grande peine, je dois avouer, Blaise en train de se prendre la tête. Il cherche désespérément « The » cadeau pour Weasley. Il est si pathétique. Je jubile.

-Et si je lui achetais un pendentif ?

-Blaise, fais au moins ta liste de mariage en silence, je suis le cours moi !

Blaise me lance un regard noir. Bon, c’est vrai que je n’écoute pas le fantôme mais je préfère encore écouter ce prof que Blaise, un serpentard, en train de parler de la Saint Valentin qui approche à grand pas.

-Tu es insensible, me dit-il, si Ginny n’a pas de cadeau elle va m’en vouloir durant un bon millier d’année. C’est une gryffondor pour mon malheur et ces gens là aiment la Saint Valentin.

Je souris, c’est bien fait pour lui.

-Non, reprend-t-il en se lamentant, que dis-je ? Ils n’aiment pas cette fête, ils la vénèrent. Cupidon est leur dieu, Aphrodite leur muse et l’Amour leur chemin de croix ! Ils ne parlent que de ça ! Ne pensent qu’à ça ! On dirait même qu’ils ne vivent que pour ça !

Je blêmis au fur et à mesure que Blaise énumère les affinités que les gryffondors ont avec la Saint Valentin et compagnie…Potter, ce crétin est à gryffondor…un affreux doute m’étreint.

-Tu crois que Potter veut un cadeau aussi ? je demande l’air de rien.

-Comment veux-tu que je le sache ? me dit Blaise en mettant sa tête dans ses bras sur son bureau. Je suppose que oui puisque vous êtes un couple. Les couples font ce genre de truc ennuyeux à la Saint Valentin.

-Quels genres de trucs ?

Je suis de plus en plus mal à l’aise.

-Et bien, tu sais, les trucs habituels, le grand jeu, repas aux chandelles, cadeau romantique, musique sensuelle et lumière tamisée et si tu as réussi ton coup tu baises toute la nuit, sinon tu en as pour des années à rattraper une Saint Valentin ratée !

-Comment ça des années ? On ne peut pas en vouloir si longtemps à quelqu’un pour cette fête stupide !

J’avoue que je commence à être inquiet.

-Mais bien sûr que si, ma mère à toutes les fêtes nous raconte la fois où mon père lui a posé un lapin à la Saint Valentin. A l’époque ils commençaient juste à se fréquenter et ma mère ne s’en remet pas. Pourtant elle était à serpentard. Bref, mon père a le droit à ses remontrances très très souvent, gâcher une Saint Valentin ça ne pardonne pas.

Blaise pousse un soupir à fendre l’âme et retourne s’occuper de sa liste de cadeau.

-Mais Potter n’est pas comme ça, j’en suis sûr, il se moque de cette fête !

Blaise me lance un sourire narquois.

-C’est évident que Potter ne va pas t’en vouloir, après toutes les crasses que tu lui as faites, ce n’est pas cela qui va le choquer. Par contre, tu peux être sûr qu’il va te refiler un cadeau, après tout si comme tu le penses, il t’a offert la peluche à Noël, il ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Il va te faire un chouette cadeau et toi tu n’auras rien pour lui.

-Je ne lui dois rien, dis-je avec mépris.

C’est vrai ça, il ne faudrait pas l’oublier.

-Ouais, je sais, reprend Blaise d’un air blasé. Et puis de toute façon, ce n’est pas bien grave si tu ne lui offres rien, comme toutes les années il va sûrement avoir un bon paquet de présents, de lettres d’amour et de chocolat.

Pardon ? Mais qu’est ce que raconte Blaise ? Potter est amoureux de moi ! Tout le monde le sait ! Ils ne vont tout de même pas oser lui offrir des trucs ridicules sous mes yeux ?

-Tu te trompes, dis-je froidement, toute l’école a vu que Potter et moi on…enfin qu’on…bref, tu vois, qu’on s’embrasse quelque fois…

-Que vous êtes un couple ?

Je déteste quand Blaise me sourit de cette façon.

-Oui, si ça peut te faire plaisir.

Il sourit encore plus et je fronce les sourcils.

-Draco, me dit-il étonné, tu es parfois vraiment naïf. Tu crois que c’est parce que tu enfournes parfois ta langue dans la bouche de Potter et peut-être autre part d’ailleurs, que les gens sont devenus aveugles. Crivey passe son temps à baver sur lui, et il n’est pas le seul, et lui tu peux être sûr qu’il lui offrira des cadeaux de Saint Valentin toute sa vie et cela même si Potter se marie un jour.

J’imagine alors Potter ouvrir ses cadeaux de la Saint Valentin sous le regard brillant de ce pèquenaud de Crivey fier de lui. Je ne l’aime pas du tout celui-là. J’ai souvent envie de lui faire très mal à ce microbe avec son sourire qui me donne envie de vomir.

Et l’autre imbécile de Potter qui ne se rend même pas compte que le paparazzi veut se le faire. Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi peu clairvoyant que lui.

Il serait même capable de remercier aimablement Crivey pour son cadeau ainsi que tous ceux qui auront osé lui offrir quelque chose.

Je crois que Blaise a raison. Je devrais peut être lui offrir une babiole.

Pas pour la Saint Valentin, et puis quoi encore ? Mais juste pour lui rendre la pareille pour Noël, un échange de bon procédé somme toute. Et puis c’est la moindre des politesses de rendre un cadeau si on en a reçu.

Alors c’est décidé Potter aura un cadeau.

Pour Noël.

En retard.

Et ce n’est pas de ma faute si je vais lui offrir à la même période que la fête stupide.

C’est comme ça et c’est tout.

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Mardi 10 février, chambre du préfet en chef des serpentards, 18h28

J’ai pas mal réfléchi au cadeau que j’allais offrir à Potter pour Noël en retard. En fait, c’est faux, je savais presque tout de suite le cadeau que j’allais lui faire mais il fallait que je me renseigne à la bibliothèque sur le moyen de l’utiliser.

J’y ai passé toutes mes heures de repos et à chaque fois Granger était aussi là-bas, mais pas pour les cours, enfin je ne crois pas, elle ne lit que des livres sur les pierres. Elle me lance un bref regard chaque fois qu’elle me voit puis replonge dans son bouquin.

Je ne l’ai pas insulté une seule fois, elle a l’air triste, comme Weasley. Il est con aussi celui-là, il a perdu cinq ans de sa vie. Potter a beau dire, son pote est vraiment stupide.

Cette histoire aussi je vois bien qu’elle inquiète Harry, il voudrait que tous ceux qu’il aime soit heureux, Granger, Weasley, Lupin…

Alors ce midi, quand je suis allé à la bibliothèque j’ai parlé à Granger. Je lui ai parlé de Weasley et de sa stupidité mais je lui ai aussi dit qu’en ce moment son copain roux avait une tête de déterré. Il est amoureux ce crétin.

C’est à peu près tout ce que j’ai dit à Granger. Elle, elle n’a pas parlé tout de suite, son regard c’est juste un peu voilé. Puis elle m’a juste demandé si je faisais cela pour Harry, si je venais lui parler civilement pour Potter, si je lui disais que Weasley l’aimait plus que tout pour rendre Harry heureux.

Je n’ai rien répondu et elle m’a juste tendu un livre qui se trouvait dans sa pile de livre.

C’était celui que je cherchais. J’espère que Granger aussi trouvera ce qu’elle cherche.

Lorsque j’avais huit ans mon père me ramena une fleur d’un de ses voyages.

Je l’ai toujours, elle est assez commune visuellement. Toute blanche avec des pétales légers et à l’apparence fragile. C’est une petite fleur, à peine plus grande que mon index tige comprise.

Elle a l’air si fragile.

C’est mon cadeau pour Harry.

On ne peut l’utiliser qu’une fois. J’ai le sort sous les yeux dans le livre. Ce n’est pas une chose qui ne se fait à la légère.

Je regarde la petite fleur posée sur mon couvre lit. Je vais offrir à Harry un serment, c’est le nom de la fleur.

Je me souviens encore des paroles de mon père lorsqu’il l’a ramenée. Il m’a dit que le mieux c’était de ne jamais s’en servir. Ces fleurs sont dangereuses, elles représentent un engagement, une promesse. Une force invisible nous oblige à tenir cette promesse. Jadis on en offrait aux grandes reines en jurant d’être leur champion jusqu’à la mort.

Je ne vais pas être le champion de Harry. Je ne peux pas lui promettre grand-chose mais je peux quand même jurer sur cette fleur que je ferais mon possible pour le protéger.

Je récite le sort, il n’est pas bien compliqué et la fleur sur mon couvre lit se met à luire doucement.

Tout se finit très vite et bientôt la fleur retrouve sa couleur normale.

Je n’en reviens pas, je viens de faire un serment à Potter. Et étrangement, faire mon possible pour qu’il ne lui arrive rien ne me semble pas être un grand sacrifice.

Sur cette fleur et sur ma vie, je fais le serment de protéger Harry Potter…

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Samedi 14 février, jour maudit, fête des amoureux, Grande salle, 8h03

Je vais vomir.

C’est affreux.

Ecoeurant.

Ça brûle ma rétine.

En un mot c’est : Rose

Rose

Et encore Rose.

Avec un peu de rouge, un peu de blanc mais c’est très rose tout ça.

-Draco, me dit Blaise faiblement à côté de moi en pressant mon bras, c’est…

-Rose. Oui j’ai vu.

-Et tu veux que j’aille dans la grande salle ?

-J’avoue que je serais moi aussi tenté de partir discrètement…

Hélas, tout le monde a les yeux fixés sur nous et Potter me regarde avec amusement. Je décide donc d’avancer comme si de rien n’était. Je reste de marbre. J’esquive de justesse deux cupidons qui se poursuivent à toute allure. Ils ont failli me décapiter ces exhibitionnistes !

Je lance un regard noir à Dumbledore, l’investigateur de tout ce cirque et m’assois tranquillement.

Des milliers de cœurs ROSES de toutes tailles voltigent doucement dans la salle. Une pluie de confettis ROSES tombe sur n’importe quel couple qui a le courage de s’embrasser dans la grande salle. Et il doit bien y avoir une vingtaine de Cupidons NUS et ROSES qui s’amusent à tirer leurs flèches sur des cibles, souvent des élèves, et qui comptent les points comme s’ils jouaient à un vulgaire jeu de fléchettes.

Cette école est vraiment en train de sombrer dans la démence. Je mange mon petit déjeuner parlant de chose anodine avec Blaise. Lorsque je remarque une pile de lettres ROSES près de Potter. Je n’ai pas le temps de m’énerver que plusieurs hiboux m’apportent eux aussi des lettres comme chaque année.

Je regarde rapidement si l’une d’elle est de Potter et je suis soulagé qu’il n’y en ait aucune. Je n’aurais jamais su comment me comporter face à lui s’il m’avait envoyé un truc pareil. C’est tellement pathétique.

Enfin pour le moment il semble plus captivé par ses lettres et ses chocolats que par moi. A croire que ce type apprécie ce genre de marques d’affection. Les gryffondors sont vraiment des gens étranges. Je me lève dignement et me dirige vers sa table.

Comme toujours lorsque Potter et moi sommes l’un près de l’autre, les autres élèves se taisent, je sais que Potter trouve cela agaçant, moi ça m’amuse. Il faut bien que la populace s’occupe.

Potter lève enfin ses yeux sur moi lorsque j’arrive en face de lui. Il rougit brutalement et pose sa lettre. Du coup je me demande ce qu’il y avait de marqué sur cette lettre. Je fronce les sourcils et Potter me dit bonjour.

-Potter, je ne pourrais pas venir au parc cet après-midi.

Il semble déçu mais hoche simplement la tête.

-Mais, je continue, je me demandais si tu accepterais de passer la soirée avec moi.

-Heu, hésite-t-il, j’ai encore entraînement ce soir…je vais finir tard.

Il rougit adorablement et bizarrement le seul rose que j’aime dans cette salle, c’est celui de ses joues.

Je me penche sur lui, je ne veux pas que tout le monde entende ma phrase alors je la murmure à son oreille et je souris lorsqu’il frissonne.

-Je t’attendrais dans ma chambre, après l’entraînement…d’accord ?

Il hoche la tête et rougit encore plus. Décidemment Potter n’est pas aussi innocent que je le pensais. Il pense peut-être que je veux coucher avec lui…A vrai dire je ne sais pas moi-même ce que je veux. Pourtant je ne peux m’empêcher de rajouter toujours contre son oreille que s’il pouvait emmener son adorable pyjama avec lui, ça serait sympa, au cas où...

Cette fois, il plante son regard dans le mien et me fait un sourire lascif qui me fait un effet pas possible. J’ai soudainement très chaud et très envie de lui.

-C’est bon Draco, je l’apporterai, me susurre-t-il.

-Celui avec le cœur qui vole, je précise en souriant sadiquement pour lui faire perdre de sa superbe.

-C’est pour l’instant le seul que tu connaisses, il me semble, répond-il d’un ton lourd sous-entendu.

Il croit peut-être qu’il va réussir à me faire rougir ? Il se trompe lourdement. Je ne peux m’empêcher de sourire et de rapprocher mes lèvres, jusqu’à frôler les siennes. C’est la première fois que nous nous donnons autant en spectacle et je crois bien que j’ai entendu Weasley à côté de Potter retenir son souffle, je suppose que tous les autres font la même chose.

-Celui-là me va très bien, ce cœur qui virevolte est assez singulier et j’adorerai l’attraper…

Cette fois Potter ne sourit plus et mon cœur loupe un battement.

-Tu l’as déjà pris, souffle-t-il avant de poser ses lèvres sur les miennes.

J’accentue presque directement le baiser tant l’envie que j’ai de sentir sa langue bouger contre la mienne est grande. Et comme cela je peux goûter sa saveur. Il m’enivre. Je le veux. Et je n’arrête pas le baiser malgré les yeux fixés sur nous et malgré ces putains de confettis ROSES qui nous tombent dessus.

Dumbledore a de la chance que ma bouche soit occupée… il m’aurait entendu…

Je t’en donnerais moi de la Saint Valentin !

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Dimanche 15 février, chambre de préfet en chef des serpentards, 01h32

On frappe à ma porte.

Potter.

Je l’attendais en lisant un bouquin, ne cessant de me demander si j’avais bien fait de l’inviter et de faire tous ses sous-entendus.

Je me sens comme une collégienne à son premier rendez-vous.

C’est étrange mais quand Potter est avec moi, je ne me pose pas de question, je laisse mes envies me guider. Je laisse mes mains se poser sur lui, mes lèvres glisser sur sa peau. Et j’aime ça à un point que c’en est presque douloureux.

Mais quand je peux réfléchir à tête reposée, loin de lui, mes angoisses reviennent.

1) Il s’agit d’un garçon. Un garçon canon et bandant certes mais un garçon quand même. Avec les mêmes attributs que moi, c'est-à-dire entre autre, avec un pénis et des couilles. Je ne suis pas sensé faire ça avec un garçon, et même si je suis dessus, ça sera différent d’avec une fille et je ne sais pas si je serais à la hauteur. Mais j’en ai envie. Cette envie obsédante est presque plus effrayante que tout le reste.

2) Il s’agit de Potter. Qui était mon ennemi juré il n’y a pas si longtemps. Celui dont je souhaitais la perte. Et maintenant non seulement je le veux mais j’ai en plus fait le serment de le protéger. Et étant donné, qu’il a la sale manie de se fourrer dans toutes les histoires dangereuses je risque d’avoir du boulot.

3) Où tout cela va-t-il me mener ? J’ai beau me dire que je gère la situation, en vérité je suis perdu. Il y a lui, moi et le reste : la guerre, la mort, Voldemort, mon cousin, mes parents. Et si je le perds durant cette guerre… ? Et si je le perds ?

Je deviens quoi ?

J’ouvre la porte, voulant à la fois le voir et ayant envie qu’il parte. Puis, je me dis que cette soirée ne nous engage en rien. Advienne que pourra…

Potter entre me souriant de cette manière dont il me sourit toujours. Je me sens tout de suite mieux. J’ai prévu, non pas un repas puisqu’il a mangé avant son entraînement, mais des fruits et du champagne.

Il s’assoit me parlant de son entraînement, il a l’air épuisé mais heureux. Il se jette presque sur une pomme et je rigole doucement.

-Tu es sûr que ça ne te dérange pas d’avoir attendu si longtemps ? Si tu veux, je m’en vais…

-C’est bon Potter, je coupe, c’est moi qui t’ai invité…

Pour lui prouver qu’il ne me gêne absolument pas, je me glisse à califourchon sur ses genoux et mets mes bras autour de son cou. Il me regarde étonné que je prenne une telle initiative. Je peux sentir son gel douche sur sa peau, il s’est douché avant de venir, c’est un bon garçon.

-Tu m’as manqué, me chuchote-t-il alors que je pose ma tête dans son cou

Je soupire de contentement, je suis bien ainsi, une de ses mains caresse mon dos tendrement.

.-Tu as l’air fatigué, me dit-il doucement. Tu as passé une bonne journée ?

Je me relève un peu pour croiser son regard et doucement je l’embrasse. Parce que j’avais envie de ça toute la journée et parce qu’à chaque fois lorsque ses lèvres touchent les miennes il se passe ce drôle de truc dans mon estomac. Et c’est bon.

Je me détache faisant cesser notre baiser paresseux, je me cale un peu mieux sur lui et sa respiration se bloque.

Je crois bien qu’il bande contre moi.

J’aime ça.

-Ma journée s’est bien passée merci, je murmure d’une voix anormalement rauque. Mais j’ai vu assez de rose je crois pour le reste de ma vie.

Il rigole un peu et ce son m’excite au plus haut point. Il a dû le sentir d’ailleurs puisqu’il s’arrête de rire et me regarde un peu fiévreusement.

Je me lève pour résister à l’envie incongrue que j’ai d’ouvrir son pantalon et de masturber son sexe.

Il fait beaucoup trop chaud tout à coup. J’enlève mon pull et maudit ma chambre pour ne pas avoir de fenêtre. Potter semble aussi déstabilisé que moi, son regard reste fixé sur la grappe de raisin en face de lui et il rougit encore.

-Je…je ferais mieux d’y aller, bafouille-t-il.

-Non !

Non, ne pars pas…

Il sursaute sur le fauteuil et lève la tête vers moi. J’ouvre le tiroir de ma commode et en sort la fleur. Je reviens vers Potter et la pose devant lui.

-C’est pour Noël, je sais que la peluche est de toi, alors voilà je t’offre cette fleur.

Faites que je ne rougisse pas !

Potter regarde la fleur avec étonnement, pas du tout la réaction que j’attendais. Il la porte jusqu’à son nez pour la sentir.

Je ne sais même pas si cette fleur à une odeur, je n’ai rien senti de particulier, mais on dirait que oui puisque Potter sourit d’un air rêveur.

Il va sûrement me demander, quel serment j’ai fait, je me demande si je vais lui dire…

-Merci, dit-il simplement, elle est jolie et elle sent très bon.

Cette fois c’est moi qui écarquille les yeux. Il ne doit pas exister plus d’une dizaine de ses fleurs dans le monde et cela ne lui fait ni chaud ni froid. Je lui ai fait une promesse éternelle et il s’en fout.

Et tandis qu’il pose simplement la fleur sur la table en fouillant dans son sac, je comprends que Potter ne connais sûrement pas l’existence de ces fleurs. Pour lui, il s’agit juste d’une petite fleure blanche quelconque, il doit croire que je l’ai cueillie tout à l’heure. Je suis soulagé, finalement, il vaut mieux qu’il ne sache rien. Tant que je lui ai donné la fleur ça va. Il sort enfin un carton de son sac et me le temps avec un sourire malicieux.

-Moi aussi j’ai un cadeau, comme cela tu devras aussi m’en faire un pour la Saint Valentin.

Je lis le carton qu’il me tend assez intrigué.

« Bon pour assister à trois entraînements de l’équipe de quidditch des gryffondors.

Date de validité : les trois prochains mercredis du mois de février de cette année »

-Comme cela, tu auras la possibilité de voir comment jouent les pros et peut-être que cela pourra relever le niveau de votre équipe.

Je le fusille du regard alors que ce crétin se marre. Non mais quel crétin !

-Je plaisante, dit-il riant toujours, le vrai bon est au dos.

-Parce que tu crois peut-être que j’avais envie de voir jouer votre équipe pathétique ? je demande tout en retournant le carton.

-Je ne sais pas mais tu devrais.

Je ne réponds rien et il arrête de parler.

Je lève les yeux vers lui et il me sourit timidement puis je repose les yeux sur le carton.

« Bon pour un câlin…ou plus

Validité : la nuit de la saint valentin

Parce que je veux te faire aimer cette fête,

Parce que je t’aime,

Le propriétaire du bon n’est pas obligé de l’utiliser »

Je lève à nouveau les yeux vers lui et cette fois il rougit, détruisant sans le savoir ma dernière parcelle de raison. Alors je m’approche de lui, laisse tomber le bon avec mes hésitations et attrape son visage pour dévorer ses lèvres.

Il gémit et se lève à son tour en plaquant son corps contre le mien. Ses dents mordillent mes lèvres et je me cambre.

Merlin, je le veux !

Avec des gestes maladroits et alors qu’il m’embrasse toujours j’enlève sa cravate et commence à déboutonner sa chemise.

Je suis pressé de le voir torse nu, de le voir nu tout court, pressé de pouvoir glisser ma langue sur sa peau. Déjà mes mains se posent sur lui alors que sa chemise vient d’être déboutonnée. Il finit de l’enlever lui-même sans lâcher mes lèvres et moi c’est son corps que je ne lâche pas alors que mes mains sont au creux de ses reins. Sa peau est chaude et douce sous mes doigts et il gémit un peu alors qu’une de mes mains du bout des doigts se glisse à la lisière de son pantalon. Pas très loin de ses fesses.

Mais pas encore assez près …

Je sens une de ses mains sur mon ventre qui se contracte sous son toucher alors que son autre main essaie de faire glisser les manches de ma chemise. Je ne m’étais même pas rendu compte que je l’avais enlevée.

Puis lorsque l’information me vient au cerveau, j’ai comme la sensation qu’un seau d’eau glacé m’était tombé dessus. Je me dégage vivement, la main sur mon avant-bras. Rougissant de honte.

La marque.

Comment ai-je pu oublier cette putain de marque ?

-Ne la cache pas.

Je lève les yeux sur Potter, torse nu, le souffle légèrement saccadé et le regard posé sur ma main qui cache ma marque.

J’émets un rire moqueur mais je sens que je pâlis.

-Tu lis dans mes pensées Potter ?

Il hausse les épaules, comme si cette marque n’avait aucune importance.

-Je commence à te connaître, répond-t-il simplement.

Je serre les dents. Je ne veux pas qu’il pose les yeux sur ma faiblesse mais il attrape mon bras doucement et ma main s’en va d’elle-même. Je ferme les yeux. L’image de la panthère léchant ma marque me revient et j’ai un rire nerveux en imaginant Potter faire de même. Mais il pose juste ses doigts dessus en une caresse affolante qui me fait frissonner.

Je peux lire toute la tristesse du monde dans ses yeux. Il n’a pas à s’en vouloir. Ce n’était pas de sa faute.

-Ne le sois pas, dis-je d’une voix douce.

-Pardon ?

Potter me regarde sans comprendre.

-Ce n’est pas de ta faute. Ne sois pas désolé…

Il a un sourire léger.

-Tu lis dans mes pensées…

-Je commence à te connaître, dis-je en souriant à mon tour.

Il hoche la tête et son regard se pose sur mon torse nu, je le vois déglutir alors que ses doigts d’un frôlement léger glisse sur mon ventre, mes côtes, ma poitrine.

Je soupire de contentement, oubliant la marque et tout le reste lorsqu’il se baisse un peu pour poser sa bouche sur un de mes tétons. Et je tremble lorsqu’il commence à le sucer en gémissant. Mon sexe dans mon pantalon me fait mal et mes mains se glissent dans ses cheveux.

Je prierais bien Merlin pour que je ne gémisse pas mais le son de ma voix raisonne déjà dans ma chambre d’une manière cassée et indécente.

Une manière que je ne lui connaissais pas.

Et tout ça à cause de la bouche de Potter.

Lorsque sa main déboutonne mon pantalon avant de se glisser dedans,

Lorsqu’il caresse mon sexe et que je me cambre,

Lorsque sa bouche suce plus fort encore mon téton,

Je me dis alors que la Saint Valentin c’est nul, mais que le 15 février…

Le 15 février est sans conteste mon jour préféré.

A suivre…

 
 
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