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au 20 Nov 08 :
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pour 1388 fics écrites
contenant 3547 chapitres
qui ont générés 7129 reviews
 
     

     
 
Et Harry aima Draco
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance/Drame
22 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 17     Les chapitres     23 Reviews    
Mourir dans tes bras

POV de Harry.

Dimanche 15 février, chambre du préfet en chef des serpentards.

Ne me réveillez pas.

Laissez-moi encore poser mes mains sur lui.

Ne me réveillez pas…

Et laissez ma bouche se délecter de sa peau.

Il gémit et se cambre.

Je suis en plein rêve…

Je le veux tellement… j’en pleurerais presque.

Je vais faire l’amour avec Draco.

Il se recule et mes lèvres se détachent du bouton de chair que je suçais. Je n’ai pas le temps de me plaindre de cette perte car il me relève et m’embrasse avec fougue.

Je grogne alors qu’il me pousse sur son lit. Je l’attrape par la taille et il tombe sur moi. Nos lèvres sont toujours l’une contre l’autre, son poids m’écrase délicieusement et il est en train de sucer ma langue. Je gémis et son corps se frotte contre le mien. Il me désire et j’ai envie de rire. Je suis heureux et ses mains se font plus douces, plus lentes, son baiser aussi. Je suis en train de fondre.

Mes mains parcourent le haut de son corps, je voudrais l’apprendre par cœur. Je voudrais qu’on n’ait plus nos pantalons. Je nous veux nus. Je tremble et je veux son sexe. Je le veux dans ma main. Je le veux dans ma bouche. Je le veux dans mon corps. Je veux qu’il me baise. Je veux qu’il me baise avec toute sa sensualité. Et je veux qu’il me fasse l’amour. Je veux qu’il m’aime…Si seulement il pouvait m’aimer…

Alors que sa bouche chaude se perd dans mon cou, mes mains déboutonnent son pantalon. Je le sens frémir mais il ne m’arrête pas, au contraire il ondule contre moi en gémissant, m’écrasant de son poids de la façon la plus bandante qui puisse exister. Je crois qu’un cri m’échappe.

Je voudrais mourir entre ses bras.

Mes mains enlèvent son pantalon.

Draco…

Ses longues jambes nues se mélangent aux miennes encore habillées. Il est presque nu sur moi et ses mains frôlent mon ventre avant de descendre plus bas pour ouvrir mon pantalon.

Draco…

Je l’aide du mieux que je peux et bientôt je réussis à m’extirper de mon vêtement. Et cette fois je sens la chaleur de ses jambes contre les miennes.

Il gémit et moi aussi alors que nos sexes se touchent à travers nos boxers et mes mains se glissent à l’intérieur du sien et attrapent ses fesses.

Il sursaute un peu et plonge son regard perdu dans le mien. Mes mains caressent la douceur de sa peau à cet endroit, elles le pressent un peu et il mord ses lèvres. Cette fois ses yeux me défient de continuer. Il est fier dans mes bras et je ne le trouve que plus beau. Je ne me rends même pas compte que son regard m’a immobilisé. Je suis là et je ne peux que le regarder.

-Potter, souffle-t-il, pose tes mains sur moi…J’aime… J’aime…

Je retiens ma respiration et mes mains poursuivent leurs explorations des fesses de Draco. Moi aussi j’aime…J’aime le toucher de cette façon, j’aime les muscles de ses fesses et les courbes, et les bombements, de la cambrure de ses reins jusqu’au bas, tout en bas, à la naissance de ses cuisses…

Et lui il me laisse le toucher, le connaître de mes doigts et il râle tout en donnant des coups de reins contre moi.

Je vais venir dans mon boxer…

Je vais venir et je m’en moque…

Draco…

Avec désespoir j’attrape ses lèvres alors que mes mains pressent encore plus ses fesses. Qu’il se colle contre moi ! Par Merlin que son sexe dur cogne contre le mien, comme cela, encore et encore !

-Po…Potter, Potter…

Il gémit mon nom et empoigne mes cheveux, mes ongles s’enfoncent dans la chair musclée de ses fesses. Je vais venir…Je vais venir…

Continue de m’appeler Draco…avec cette voix…j’aime ça ! J’aime désespérément ça !

Mais je ne viens pas contre lui car une seconde plus tard il s’éloigne de moi. Le souffle saccadé, les joues rouges, les cheveux défaits. Il est beau à en mourir.

-Pas trop vite, souffle-t-il, pas trop vite Harry, je veux venir lentement…s’il te plait…Je veux venir…lascivement, comme si je mourrais dans tes bras…je veux venir d’épuisement après m’être perdu longtemps et longuement dans ton corps…

Harry…

Il m’a appelé Harry…

Mon prénom a glissé dans sa bouche…et je le sens vibrer encore dans l’air.

Je hoche la tête.

On ira doucement puisqu’il le veut.

On fera tout ce qu’il voudra.

Mais s’il vous plait, qu’il m’appelle encore Harry…

S’il vous plaît, je la veux aussi cette lenteur, je la veux cette langueur, je le veux…qu’il ne me quitte jamais…s’il vous plait…

Il se rapproche de moi doucement et tout aussi doucement il ne me touche qu’avec ses lèvres qu’il pose sur mon cou brûlant.

Je tremble.

Et ses lèvres descendent juste un peu, sur ma clavicule et sa langue me chatouille légèrement...

-Draco…

-Tu gémis Harry?

Harry. Encore, il l’a redit… Et ses lèvres…Et sa langue…

Et ses dents !

-Draco !

Je gémis et il me mord doucement une nouvelle fois.

-J’aime quand tu gémis…

-Je t’aime, je chuchote alors que sa bouche descend encore, juste sur le haut de mon torse.

-J’aime le goût de ta peau…

Sa bouche se pose sur un de mes tétons trop sensibles et je me cambre brusquement. Merlin, je l’aime !

Il rit doucement de ma réaction et je tremble encore plus alors que ses dents et ses lèvres aspirent, sucent, mordillent et s’acharnent sur ce morceau de moi qui est si dur maintenant, tellement dur que le moindre de ses coups de dents est à la fois douloureux et merveilleux.

Mais je tremble trop et je me souviens qu’il veut aller doucement alors je me redresse de façon à être assis sur son lit et il fait de même, me regardant, surpris. Alors, avec douceur, je passe une main dans ses cheveux et penche sa tête en arrière pour embrasser son cou.

Il soupire et pose une main dans mes cheveux alors que doucement sans cesser de l’embrasser je le fais s’allonger sur le lit, moi au-dessus de lui.

Et ma bouche se délecte de son cou, et ma langue quelque fois lèche un peu sa peau et à ce moment-là il gémit alors que moi je déguste sa saveur.

Je voudrais goûter plus, tellement plus…

Alors ma bouche descend car je sais déjà que je vais le faire…

Que je veux le faire…

Je veux connaître le goût de son plaisir…je veux lui faire l’amour avec ma bouche…

Mais je ne saute aucune étape bien que j’en gémisse presque, je m’attarde sur les pointes roses qui se tendent vers moi. Elles sont dures sous ma langue et Draco tangue contre moi alors que je les aspire durement l’une après l’autre. Je lève les yeux une seconde vers lui et j’en ai le souffle coupé, il bouge sa tête de droite à gauche, sa main encore enfoncée dans mes cheveux, alors que je ne cesse de le tourmenter et ses hanches recommencent à se mouvoir pour se frotter contre mon ventre.

Il a les joues rouges et respire fort mais il cesse de bouger quand ma bouche quitte sa poitrine.

Son regard gris voilé se pose alors sur moi mais il ne dit rien, se contentant de m’observer à travers ses cils noirs.

Je ne peux pas me détacher de tout ce gris fabuleux lorsque lentement mes lèvres arrivent sur son ventre et mes mains enlèvent son caleçon.

Il est l’érotisme incarné.

Son ventre plat se tend sous mes coups de langue et sa respiration redevient irrégulière. Moi, je sais juste qu’il est nu contre moi et je crois que j’ai aussi du mal à respirer. Une de mes mains s’égare sur son sexe tendu, il se cambre et sa bouche s’ouvre en un cri muet.

Je me baisse encore, et cette fois mon regard quitte ses yeux pour se poser sur son sexe pâle et dur, en partie prisonnier de ma main.

Je ne respire plus ou plutôt je respire trop…

Ma main reste immobile, seules les hanches de Draco bougent désespérément.

Je suis pétrifié.

Il est si imposant…

Je veux dire, je l’avais déjà vu bien sûr mais au repos, il ne vibrait pas comme maintenant et il n’était pas dans ma main. Je bouge un peu mes doigts, il tremble et siffle mon prénom.

Je n’y arriverais jamais…

Et pourtant, j’en ai envie, je veux le faire…

Mais moi c’est la première fois, moi je n’ai jamais fait ça.

Lui il a déjà dû se faire sucer…

Par des bouches plus expertes que la mienne.

J’ai un sursaut de jalousie avant de me reprendre. Il est dans mes bras maintenant, c’est dans ma main que son sexe vibre, toutes ses filles ne sont pas avec lui ce soir. C’est mon prénom qu’il murmure !

C’est moi, Harry Potter qu’il veut !

Alors j’approche ma tête vers son sexe et la première chose qui m’enveloppe, c’est son odeur plus forte, plus sauvage, plus sexuelle. C’est l’odeur de son sexe et je gémis alors que ma joue le touche.

Il tremble encore plus.

-Harry…Non…S’il…s-s’il te pl-plait…

Sa voix est sifflante et entrecoupée et je sors le bout de ma langue. Son sexe tressaute dans ma main.

Il en a envie, il est même humide pour ça…

-Potter…pas ça…Je ne veux pas…Je t’en prie…

Doucement, je m’approche encore, le cœur battant à tout rompre, mes oreilles bourdonnent…Je l’entends pousser un grognement de plaisir alors que ma langue le touche enfin.

La seconde d’après je suis projeté hors du lit.

Je me relève en une seconde en poussant un cri outré. Draco m’a balancé d’un coup de pied. J’ai mal au ventre et sens la colère monter. Mais qu’est-ce qu’il lui prend ?

Il a tiré les draps sur lui et me fusille de ses yeux gris maintenant glacés. Ses lèvres sont pincées et je remarque, décontenancé, qu’il tremble.

Pou-pourquoi tremble-t-il ? Il a peur de moi ?

-Dra… Draco…

-J’ai dit que je ne voulais pas, siffle-t-il d’une voix encore rauque. Je te l’ai dit Potter !

Il ne m’a jamais rien dit de pareil ou alors je n’ai pas entendu. Je n’aurais jamais fait quelque chose qu’il ne veut pas…

Je fais un pas dans sa direction mais son regard me dissuade de continuer.

-Je ne veux pas que tu me suces Potter, c’est avilissant !

Sa voix a claqué comme un fouet.

Avilissant…

C’est comme cela qu’il considère ce que je m’apprêtais à lui faire. J’ai l’impression que je viens de recevoir un coup de poing dans l’estomac, Draco se lève vivement et sans me jeter un regard s’enferme dans sa salle de bain. Et moi, je reste planté là…

Pour moi ce n’était pas avilissant ou dégradant…

J’entends l’eau de la douche couler…

J’en avais envie…

Je serre les poings alors que l’image de Voldemort hante mon esprit.

Je le tuerai …

Je regarde la porte de la salle de bain, ne sachant trop si je dois sortir de cette chambre ou attendre que Draco en sorte.

Une partie de moi veut fuir, il est évident que cette soirée est définitivement gâchée et il est surtout évident que Draco veut que je m’en aille, même si il n’a rien dit, son regard a parlé pour lui.

Mais si je m’en vais…je serais lâche…et il mérite plus qu’un lâche comme amoureux.

Alors je l’attends, assis sur son lit, je me suis rhabillé. Mes yeux se posent sur les draps froissés et je compte les minutes…

Au bout de ce qu’il me semble une éternité, il sort enfin, habillé d’un pyjama gris en soie. Il me jette un coup d’œil pas vraiment surpris puis fait comme si je n’existais pas.

-Il faut qu’on parle !

Ma voix tremble un peu, il ne me regarde toujours pas. Alors je me lève et m’approche de lui, bien décidé à crever l’abcès. Il faut qu’on parle de ce qui s’est passé cette affreuse nuit…

-Draco, je reprends, nous devons parler…Je sais que tu ne le veux pas mais ça me fait mal de te voir comme ça, te cacher derrière tes draps et me repousser comme si tu avais peur de moi…

Il se retourne brusquement et me pousse durement contre le mur. Ma tête a un peu cogné mais je ne vois que la douleur de son regard et la haine aussi…

-TU VEUX SAVOIR QUOI POTTER ? hurle-t-il me faisant sursauter. TU VEUX QUE JE TE RACONTE COMMENT C’ETAIT ? TU AS TOUT VU POURTANT ET TU ETAIS AUX PREMIERES LOGES !

Une veine bat dans son cou et son visage est rouge, c’est la première fois qu’il perd à ce point contenance et je ne peux m’empêcher de trembler, je suis incapable d’émettre le moindre son.

Lorsqu’il reprend la parole sa voix est plus basse mais aussi plus froide, plus tranchante.

-Tu veux savoir que je me lève la nuit en tremblant ? Tu seras heureux d’apprendre que quelque fois je n’arrive même plus à me regarder dans une glace ? C’est ça que tu veux ? Savoir à quel point il a pourri ma vie ? Tu es content Potter ? Tu sais maintenant ! Tu es content ?

Non, je ne le suis pas et je tremble encore contre ce mur. Il semble s’en apercevoir puisqu’il se calme subitement. J’ai envie de pleurer et il me serre dans ses bras. Il me serre fort, ce n’est pas une étreinte tendre. C’est une étreinte désespérée et je le serre aussi contre moi, mes doigts agrippant son pyjama.

-Potter, me chuchote sa voix, je suis désolé. Je m’en veux d’être si affecté par cela, je m’en veux de te traiter comme je viens de le faire…mais je n’y peux rien, ça fait partie de moi maintenant…ça ne s’en ira pas…

Je ferme les yeux et il s’accroche à moi. Comment console-t-on quelqu’un qui a subi ce genre de chose ? Je voudrais dire quelque chose mais rien ne sort. Je voudrais que Draco ait tort…je voudrais que ça s’en aille…

Alors je dis la seule chose qui me paraît naturelle, tandis que le venin de la haine se distille dans mes veines.

-Je le tuerai…Je le tuerai…Je le tuerai…

-Je sais…, chut…, je sais…, calme-toi...

La voix de Draco est douce maintenant et patiente.

J’arrête de trembler, je n’avais pas conscience que je le faisais encore et il se dégage de mes bras pour pouvoir me regarder.

Il pose son front contre le mien et ses yeux gris ne me quittent pas.

-Reste avec moi cette nuit, chuchote-t-il, mais pas pour faire l’amour…pas pour faire l’amour…

Je dis oui dans un souffle et il sourit doucement. Je n’arrive pas à y croire, il me permet de rester cette nuit…Il me permet de dormir à ses côtés…Je suis le plus chanceux des hommes.

De peur qu’il ne change d’avis, je m’empresse d’attraper mon pyjama et de m’enfermer dans la salle de bain.

Lorsque j’en ressorts plusieurs minutes plus tard, la chambre est plongée dans le noir, je vois juste avec la lumière de la salle de bain, la silhouette de Draco sur le côté droit du lit. J’éteins et me dirige à tâtons vers le lit. Je le trouve sans mal avec un soupir de satisfaction. Je me glisse dans les draps frais, soudain intimidé.

C’est la première fois que je dors avec quelqu’un.

Même si j’ai rêvé beaucoup de fois du moment que je suis en train de vivre. J’espère juste que je ne vais pas prendre toutes les couvertures pendant mon sommeil…ou pire, qu’il prenne toutes les couvertures, ou qu’il ronfle !

Je glousse un peu et je le sens bouger dans le lit. Je crois qu’il se rapproche.

Il soupire et passe doucement une main dans mes cheveux. J’arrête de rire.

-Bonne nuit Potter…

Je ferme les yeux de contentement, il ne cesse pas sa caresse. J’ai l’impression que je pourrais ronronner sous son toucher.

-Bonne nuit…

Mon amour…

0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o00o

Dimanche 15 février, 10h23, chambre du préfet en chef des serpentards.

Je me sens bien quoique…un peu tendu. J’ai sûrement dû faire un rêve torride. Je suis sûr que Draco était dedans, ça le fait toujours lorsque je rêve de lui.

Je m’enfouis un peu plus dans les couvertures. J’aime l’odeur de mes draps ce matin…

Je suis bien.

Pour une fois que Ron ne me réveille pas en fanfare. D’ailleurs, je trouve le dortoir bien silencieux.

Quelle heure est-il ?

J’ouvre un œil et puis l’autre.

Vert et argent.

Tout me revient, je me redresse brusquement dans cette chambre aux couleurs des serpentards faisant de ce fait tomber les couvertures sur mes jambes.

Horrifié, je les rattrape vivement pour les remettre sur moi. Il faut dire que la toile de tente que forme mon pantalon ne laisse aucun doute sur mon état.

Mon regard se bloque alors sur Draco, debout devant le lit et je rapproche encore les couvertures contre moi. Il va me prendre pour un obsédé s’il voit !

D’ailleurs il a peut-être vu ! Mon Dieu, faites que cette nuit je n’ai pas fait de truc indécent comme gémir ou me frotter…Faites que Draco ne me prenne pas pour un pervers !

Pour l’instant, il est déjà habillé pour la journée et me regarde avec un sourire goguenard.

J’espère que je ne rougis pas. Je remarque que ce matin, il n’a pas mis de gel dans ses cheveux, il est plus beau de jour en jour…

Ça y est, je crois que je rougis.

-Bon-bonjour…

Et je bégaie en plus ! Avec son sourire toujours en coin, il me demande si j’ai bien dormi.

Je suis sûr qu’il sait pour mon état. Il ne sourirait pas comme cela dans le cas contraire. J’espère que je n’ai pas parlé en dormant !

-J’ai bien dormi, dis-je méfiant et toi ?

Il hausse un sourcil suggestif. Ce type est une bombe !

-J’ai passé une nuit…intéressante…

Il se rapproche de moi et regarde en direction des couvertures qui me cachent, il sourit toujours et je déglutis alors que la chaleur au creux de mes reins s’accentue.

-Intéressante ? je demande d’une voix pathétiquement croassante.

Méchante voix !

Il s’assoit juste à côté de moi sur le bord du lit et se penche vers mon visage.

-Oui Potter, j’ai appris des choses cette nuit, susurre-t-il d’une voix rauque.

Oui, je suis sûr qu’il sait ! Il sait que je suis un dépravé !

-Des…des choses ? je demande quand même en m’agrippant aux couvertures.

Son sourire s’agrandit et je sens son souffle sur mon cou.

-J’ai appris, qu’entre autre, tu étais très sensible à cet endroit…

Et alors que je me demande de quoi il veut parler, il passe une langue taquine sur mon cou, juste sous mon oreille et je gémis en écarquillant les yeux alors que mon sexe devient encore plus dur.

Il a l’air clairement amusé alors que je commence à comprendre.

-Tu…tu m’as tripoté cette nuit ! je m’écrie abasourdi.

Il replace une mèche presque blanche de ses cheveux derrière son oreille avant de murmurer d’une voix séductrice.

-Tripoter ? Non, ce n’est pas le mot que j’emploierai…moi je dirais…toucher, caresser…ou lécher

Il passe sa langue lentement sur ses lèvres en disant ce dernier mot et son regard assombri ne quitte pas le mien.

Je gémis encore. Ce mec est un tortionnaire. Je ne veux même pas imaginer ce qu’il a fait cette nuit. En tous cas, je comprends mieux pourquoi je me suis réveillé dans cet état.

-Tu es si fourbe, je siffle en plissant les yeux.

-Merci, dit-il son regard pétillant de malice.

Je m’enfonce un peu plus dans le lit.

-Ce n’était pas un compliment, je grommelle.

Il rigole doucement avant de se lever. Mais avant qu’il puisse s’enfuir, je l’attrape par la nuque et pose ma bouche sur la sienne. Il entrouvre ses lèvres et glisse sa langue dans ma bouche.

Je grogne. Et le baiser devient très tendre. Mon cœur s’affole dans ma poitrine et il va vraiment falloir que je m’occupe de mon érection. Lorsque ses lèvres quittent les miennes et qu’il pousse un petit soupir de frustration, je me dis qu’il est en effet grand temps que je prenne ma douche.

Plusieurs minutes plus tard, je souris alors que l’eau coule sur ma peau.

Draco m’a tripoté cette nuit…Il a eu envie de me toucher.

J’espère que la prochaine fois qu’il le fera, je serais réveillé…

Lorsque je sors de sa chambre il est près de midi et je me dirige vers la tour des gryffondors, les mains dans les poches, un sourire aux lèvres, encore plus décoiffé que d’habitude à cause de Draco qui s’est amusé à ébouriffer mes cheveux alors que ses lèvres ravageaient les miennes juste avant que je ne le quitte.

Même si cette nuit a failli être gâchée, au bout du compte, je ne regrette rien.

Lorsque je rentre dans la salle commune, il n’y a que Hermione plongée dans des livres, les autres doivent être partis manger. Je pose paresseusement mon sac sur une table et m’assois à ses côtés la faisant sursauter.

-Harry ! Tu m’as fait peur ! s’exclame-t-elle.

-Désolé Mione, je réponds en l’embrassant sur la joue, tu es trop nerveuse en ce moment…

Elle fronce les sourcils et plisse les yeux.

-Et toi je te trouve bien joyeux Monsieur Harry Potter !

Je hausse les épaules et elle me détaille suspicieusement avant de sourire diaboliquement.

-Tu as la tête de quelqu’un qui vient de découcher…en plus tu as les même habits qu’hier !

Hermione est trop observatrice pour son propre bien.

-J’ai découché en effet sui tu tiens à le savoir, mais avant que tu ne me le demandes, saches que je n’ai pas couché.

-Ta vie sexuelle ne me regarde pas, répond-t-elle vexée que je me moque de sa curiosité. En tous cas, rajoute-t-elle avec un sourire en coin, tu as l’air d’avoir passé une bonne Saint Valentin.

-C’est le cas, dis-je en croisant nonchalamment les bras derrière ma tête.

-Malfoy t’a offert quelque chose ? demande-t-elle les yeux brillants.

Et à part cela, elle n’est pas curieuse !

Il m’a permis de rester avec lui cette nuit et c’est le plus beau des cadeaux…

-Non, il ne m’a rien offert enfin rien comme tu l’entends, de toute façon ce n’est pas comme si j’attendais un cadeau. Il s’agit de Draco Malfoy alias Monsieur-je-n-aime-pas-la-Saint-Valentin !

Hermione a un sourire amusé.

-C’est vrai que la tête qu’il a tiré hier quand il est entré dans la grande salle décorée, c’était un instant Kodac !

Je rigole aussi, ce spectacle était sans conteste à ne pas louper.

-C’est quoi ça ?

Hermione a les yeux fixés sur la fleur de Draco qui a glissé de mon sac entrouvert. Je souris doucement.

-C’est Draco qui me l’a donnée. Je l’avais oubliée mais en fait c’est son cadeau, il doit être dans sa période romantique…

-Je n’y crois pas…

Ma meilleure amie a les yeux plissés et attrape la fleur entre ses doigts. Son sourire s’agrandit au fur et à mesure qu’elle la détaille.

-Harry ! s’exclame-t-elle clairement excitée. C’est un serment ! C’est un serment !

-Hein ?

Mais qu’est-ce qu’elle raconte ? Elle me fait un sourire éblouissant avant de me mettre la fleur sous les yeux.

-Ce n’est pas n’importe quelle fleur ! reprend-t-elle. Draco t’a offert un serment ! C’est une fleur magique et très rare.

-Magique ?

Mais pourquoi ne m’a-t-il rien dit. Je fronce les sourcils et prends la fleurs qui a l’air tellement insignifiante si ce n’est qu’elle sent incroyablement bon, elle a l’odeur de Draco…

-Quelles sont ses propriétés ?

-Elles ne peuvent servir qu’une fois, répond Hermione émerveillée, ça doit être pour cela qu’il cherchait ce livre…

-Quoi ? Quel livre ?

-Un livre sur les pierres et les plantes à la bibliothèque. Cette fleur, Harry, lie par un serment une personne, celle qui a jeté le sort et le possesseur de la fleur. Si Malfoy te l’as donnée c’est qu’il a dû faire une promesse ! C’est génial !

-Une promesse…à moi ?

-C’est évident, cette fleur liait des chevaliers à leur Dame au Moyen Age. C’est très romantique.

Mon cœur bat à tout rompre. Draco m’a offert un serment. Draco a promis quelque chose pour moi…

-Et qu’a-t-il promis ?

-Ça on ne peut pas le savoir, je suppose que lui seul te le dira s’il en a envie…Mais cela doit être un truc important pour lui. On n’utilise pas ces fleurs pour des promesses ridicules.

Je fronce les sourcils, quelque chose cloche…

-Hermione, je murmure, que se passe-t-il lorsqu’on ne peut pas tenir sa promesse ?

Elle réfléchit un instant et j’ai peur de la réponse.

-A mon avis, c’est impossible, le pouvoir est trop fort, il fait partit de nous, la personne devra tout faire pour tenir sa promesse.

-Mais si cela ne suffit pas ?

Ma voix est presque inaudible, j’ai mal au ventre.

-Alors dans ce cas, répond Hermione, la personne peut aller jusqu’à donner sa vie s’il le faut.

Je sursaute et foudroie Hermione du regard, je jette la fleur sur la table. Je ne veux pas, je ne veux pas…

-Je n’en veux pas ! je m’écrie. Je ne veux pas de ce serment ! Tu entends Hermione ! Débarrasse-moi de cette fleur et débarrasse-le de sa promesse !

-C’est impossible ! Et calme-toi ! s’énerve-t-elle. Tu ne sais même pas quel est son serment. Draco n’est pas suicidaire, il a dû faire une promesse qu’il pense pouvoir tenir ! Alors arrête d’avoir tout le temps peur et aie confiance en lui ! Tu devrais être content d’avoir eu ce genre de cadeau. Lui, il ne t’a pas offert un livre en payant avec sa vie !

Elle s’est levée et ses yeux brillent de chagrin et de rage. Ça me calme un peu, même si je vais sérieusement devoir m’expliquer avec Draco.

Pour l’instant, je crois qu’il est temps que mes deux meilleurs amis cessent de se faire du mal.

-Tu veux en parler ? je demande calmement.

Hermione émet un rire sarcastique qui m’étonne avant de me répondre.

-A quoi bon ? Je sais que tu prendras sa défense ! Tu le fais toujours…

-C’est faux et tu le sais !

-Tu vas me dire peut-être que tu ne le comprends pas ? Je ne crois pas Harry, tu le comprends, enfin tu crois le comprendre. Pour toi ce qu’il a fait est un acte d’amour. Pour moi c’est de l’égoïsme ! A-t-il seulement pensé à moi en vendant sa vie ? Non, il s’en fout ! Tout ce qui compte c’est sa petite personne, c’est le grand sacrifice qu’il a fait ! Oh pauvre Ronald qui a donné cinq année de sa vie pour impressionner une fille ! Laisse-moi rire ! Je ne méritais pas cela ! Il n’avait pas le droit !

Hermione est clairement hors d’elle mais ses yeux sont de plus en plus larmoyants.

-Je sais tout cela, je réponds, mais regarde-toi un peu et regarde-le ! Tu reste plongée dans tes bouquins presque jour et nuit et lui, il ne rit plus, parle par monosyllabes et continue de me faire croire qu’il va bien ! Mais il ne va pas bien et toi non plus !

Ma meilleure amie pose ses yeux sur ses livres pour éviter mon regard.

-Tu crois quoi ? répond-t-elle d’un ton haché. Tu crois que je cherche quoi dans ses livres ? Je cherche un moyen pour réparer sa connerie! Mais il n’y en a aucun Harry ! Il n’y en a aucun…

Sa lèvre inférieure tremble, je ne veux pas qu’elle soit triste. Je connais ce sentiment d’impuissance. Je sais à quel point cela fait mal.

-Tu es sûre que tu ne trouves rien ?

Si elle ne trouve pas alors c’est qu’il n’y a rien à faire.

-J’ai cherché des failles, souffle-t-elle, mais je n’ai rien trouvé, tous les livres disent qu’une fois la vie absorbée par les pierres de vie alors c’est définitif. J’ai tout regardé…sauf le livre que j’ai prêté à Malfoy mais je doute même que ce livre fasse mention de la pierre. Harry, je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas quoi faire…

Je m’approche d’elle et la serre contre moi. Elle tremble contre moi…

-Je demanderai à Draco le livre, je t’aiderai… Hermione, je n’aime pas penser à cela, mais nous sommes en guerre tu sais. J’aimerais que Ron et toi sortiez de là sains et saufs mais je ne suis pas stupide, je sais que je peux très bien vous perdre, comme je peux très bien perdre Draco…alors je profite…c’est lâche peut-être…Mais je ne pense qu’au présent, au-delà de la bataille finale je n’ai pas de futur, tu sais…Ne croies-tu pas que tu devrais faire la même chose ? Il t’aime Hermione, depuis si longtemps…Et tu l’aimes aussi. Alors ne sois pas stupide…sois intelligente pour deux…et donne-lui une raison de survivre à cette guerre.

Elle ne répond rien mais cesse de trembler. Lorsqu’elle se détache de moi, son regard est déterminé. Au même moment la porte s’ouvre sur Ron, Seamus, Dean et Neville.

Hermione détourne les yeux et ramasse sa pile de livre, Ron baisse la tête lorsqu’elle passe devant lui. La porte se referme sur elle et je me dis qu’il va falloir plus qu’un discours pour arranger la situation.

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Lundi 16 février, 10h18, couloir de Poudlard.

Je n’ai pas eu le temps de voir Draco depuis que nous nous sommes quittés au pas de sa porte.

L’entraînement d’hier soir m’a lessivé.

Je n’y arrive pas.

Je fais mon possible mais je n’arrive même pas à battre Rogue, ni Rémus et encore moins Dumbledore, alors comment puis-je seulement envisager de vaincre Voldemort ?

J’ai même passé la nuit dernière à l’infirmerie et ce matin, j’ai loupé la première heure de cours.

Je ne comprends pas. Draco est censé être ma force. Être avec lui est censé me rendre plus puissant.

Je suis plus heureux et plus amoureux que jamais mais je ne suis pas plus puissant.

Rien n’a changé ou peut-être des choses infimes mais c’est dû à des heures de combat intensif.

Et puis il y a cette histoire de serment…Je me demande ce qu’il lui est passé par la tête ! Qu’importe, je vais lui demander de retirer sa promesse. Il est déjà assez en danger comme cela !

Bon, sauf si c’est une promesse marrante, comme « je jure de faire tous les devoirs de potion de Potter » ou encore « je promets de laisser Harry me faire l’amour encore et encore et encore et encore et… »

-Alors Potter, encore en train de rêvasser !

Je fusille du regard Rogue qui m’a fait sursauter. Il ne m’a pas loupé hier ce connard, je vais boiter pendant trois jours encore et c’est de sa faute !

-Professeur ! je siffle.

Mon ton n’a pas l’air de l’impressionner. Il hausse un sourcil hautain et me regarde avec dégoût.

-Je vois que vous vous permettez de vous promener dans les couloirs alors que vos camarades sont en cours…ce n’est pas cette attitude qui va vous aider à obtenir vos ASPICS, si tant est que ce diplôme intéresse le grand survivant ! raille-t-il.

Je serre les poings et avance sans répondre.

-Oh mais Potter vous boitez ! s’exclame-t-il faussement contrit.

Je me tourne et il a un sourire sadique. Mais comment Remus peut-il l’aimer ?

-Laisse le tranquille Rogue !

Tiens, quand on parle du loup…

Remus qui vient d’arriver toise Rogue avec colère puis il me regarde avec inquiétude.

-Tu es blessé Harry ? Tu veux que j’aille chercher Pomfresh ?

-Heu, non je viens de l’infirmerie, ne t’inquiète pas, d’ici trois jours je n’aurais plus rien.

Remus hoche la tête, toujours inquiet cependant.

-Bon si tu as besoin de quoi que ce soit, tu viens me voir, d’accord ?

J’acquiesce en souriant.

Remus se tourne de nouveau vers Rogue en fronçant les sourcils, Rogue répond par un haussement d’épaule moqueur.

-Un problème Lupin ? demande-t-il d’un air ennuyé

Remus me jette un bref coup d’œil avant de soupirer de lassitude.

-Oui, j’ai un problème, je veux que tu cesses de t’en prendre à Harry !

Le ton de Remus est dur et je suis un peu gêné. Rogue va sûrement le remettre à sa place et Remus sera blessé.

Mais Rogue ne dit rien, il se contente de partir sans un mot mais visiblement excédé.

Je crois que c’est la première fois que je vois Rogue se laisser marcher sur les pieds. Remus semble déçu qu’il n’ait rien répondu et souffle doucement en le suivant des yeux, l’air triste.

-Tu devrais aller en cours Harry, dit-il d’une voix lasse.

Je hoche la tête, de toute façon c’est là que je me rendais. Je n’aime pas le voir ainsi mais je ne sais vraiment pas quoi faire. Peut-être qu’il vaut mieux qu’ils se débrouillent…

Peut-être…

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Lundi 16 février, 14h05, hall d’entrée de Poudlard

J’arrive à rattraper Draco juste avant qu’il ne sorte pour se rendre en botanique avec le reste de sa classe. Je l’attrape par l’épaule et il se retourne surpris avant de me sourire.

-Salut Potter…

Son air aimable me ferait presque oublier la raison de mon courroux mais je ne dois pas me laisser déconcentrer.

-Salut Malfoy…

Le fait que je l’appelle par son nom semble le décontenancer. Irrité je lui mets la fleur sous le nez.

-Je veux que tu te dégages de ce serment !

-Comment sais-tu…dit Draco en plissant les yeux, mais bien sûr la sang de…Granger a dû te mettre au courant.

-En effet et Draco je ne plaisante pas. Je veux que tu annules ce serment.

Il me regarde avec colère maintenant. Mais je me moque de sa colère, je ne veux pas qu’il prenne de risque inutile.

-Tu exiges que je brise un serment ? Mais Harry, dit-il moqueur, si je le brise je vais en mourir !

J’ai l’impression de recevoir une masse de plomb dans mon estomacMais qu’a-t-il fait ?

-Ce n’est pas vrai, je souffle, tu n’as pas fait ça ?

-Je ne vois vraiment pourquoi cela te met dans cet état. C’est mon problème Potter et je respecterai mon serment !

J’essaie de garder mon calme alors que je n’ai qu’une seule envie, hurler.

-Qu’as-tu promis ?

Ses yeux se plissent encore et il croise les bras sur son torse.

-Je n’ai pas à te le dire…c’est personnel, maintenant si tu as finis de me harceler, j’aimerais bien aller en cours !

Il se retourne et je l’attrape de nouveau pour l’obliger à me faire face. Il ne comprend donc pas ?

-Je ne veux pas qu’il t’arrive malheur par ma faute!

Il se dégage de ma poigne d’un geste brusque et me toise avec hauteur.

-Tu m’énerves Potter, je ne t’ai pas vu de la journée et toi la première chose que tu viens faire c’est m’agresser. Ce cadeau, je te l’ai offert et tu ne peux rien y changer ! Quand je pense que j’ai eu la stupidité de croire que cela pourrait te faire plaisir ! Mais encore une fois je me suis trompé. Avec toi je me trompe tout le temps ! Je n’arrive pas à te comprendre, Potter ! Tu acceptes et comprends le geste de ce crétin de Weasley envers Granger et pas le mien alors que le mien n’a pas le millième du sacrifice de celui de la belette !

-Cela n’a rien à voir ! Et ton serment peut s’avérer dangereux, Hermione m’a dit que tu pouvais en mourir ! Et Ron a fait cela par amour ! Et toi, pourquoi l’as-tu fait ?

Il écarquille les yeux et je me maudis d’avoir posé cette question. Je ne veux pas de réponse…je ne veux pas qu’il réponde car je sais déjà que ce ne sera pas celle que mon cœur espère.

-Je te l’ai dit Potter, c’est juste un cadeau de Noël en retard. Mais en voyant ta réaction, il eut peut-être mieux valu que je ne fasse rien.

-J’aurais préféré en effet, je murmure dans un souffle.

Il a l’air blessé mais se reprend vite.

-J’ai cours, dit-il d’une voix froide en se tournant.

Non !

Je ne veux pas qu’il me quitte de cette façon.

Pour la troisième fois en quelques minutes je l’attrape par l’épaule et le force à se retourner. Son soupir agacé se perd contre mes lèvres alors que sans réfléchir plus longtemps, je l’embrasse.

Il se raidit d’abord puis à mon grand soulagement répond à mon baiser. Je l’aime tellement !

Lorsque nous nous séparons, il me regarde avec sérieux et soupire une nouvelle fois mais de lassitude on dirait. Il pose sa main sur ma joue et je frissonne.

-Pourquoi est-ce que je ne peux pas résister à tes lèvres Potter ? murmure-t-il en passant doucement son pouce sur ma bouche.

-Pourquoi est-ce que je ne peux pas te résister ? je réponds sur le même ton en souriant faiblement.

Il ne sourit pas lui. Il me dévisage de son regard trop sérieux comme s’il cherchait une réponse et lorsque sa voix s’élève à nouveau elle est étrangement douce.

-Tu ne peux pas passer ton temps à t’inquiéter pour moi. Tu as un combat à livrer et je veux que tu gagnes. Je ne veux pas être un poids, alors ne t’inquiète pas pour le serment et tout le reste. Je suis un grand garçon Potter, je n’ai pas besoin d’une nounou, d’accord ?

Je hoche la tête et il sourit un peu.

-Je dois y aller, souffle-t-il avant de déposer un léger baiser sur mes lèvres.

La seconde d’après il se détourne et cette fois je le laisse partir.

Qu’importe ce qu’il me demande. Je sais déjà que je m’inquièterais tout le temps pour lui.

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Mercredi 18 février, salle commune des gryffondor, 18h15

-Echec…

La voix de Ron est lasse alors que je m’empresse de déplacer mon fou afin de protéger mon roi. Cela fait vingt minutes que nous jouons. Il regarde de temps en temps Hermione qui parle avec Lavande et Padma pas très loin de nous.

-Alors t’as pas encore perdu ?

Je jette un regard noir à Seamus qui vient de se pencher sur le jeu.

-Dean et Neville ne sont pas avec toi ? demande Ron.

-Non, ils bossent à la bibliothèque mais ils arrivent bientôt, enfin c’est ce qu’ils m’ont dit avant que je ne me fasse jeter de la salle par l’autre vieille bique !

Je regarde Seamus avec amusement, je ne sais pas comment il se débrouille mais il se fait tout le temps virer par Madame Pince. Seamus jette un coup d’œil dans la salle et se rembrunit en remarquant Lavande. Il faut dire qu’entre Dean et elle, ça a l’air de marcher.

Des sixièmes années entrent en chahutant et Colin vient vers nous avec un grand sourire.

-Salut les gars ! Je voulais savoir si vous aviez gardé vos cours de Métamorphose du second semestre de l’année dernière.

-Comme si j’allais garder mes cours, ricane Seamus.

-Tu devrais essayer de demander aux filles, dis-je en souriant, elles sont plus organisées que nous je crois…

Colin me fait un grand sourire. Il est vraiment sympa, il a changé, je ne comprends pas pourquoi Draco ne l’aime pas.

-Merci Harry, me répond-il, tu as raison comme toujours, je vais leur demander !

Il part et Seamus me regardent en papillonnant des yeux.

-Oh merci Harry ! répète Seamus en sautillant autour de moi. Tu as toujours raison !

Un léger sourire apparaît sur les lèvres de Ron. Moi cela ne me fait pas rire, Seamus exagère.

-Arrête, il est sympa…

Seamus secoue la tête, désespéré.

-Décidemment Harry tu es trop naïf !

-Je veux bien te prêter mes cours, dit Lavande à Colin, je suis dans mon jour de bonté !

Les autres rigolent alors que Colin répond d’une voix pleine de sous-entendus.

-Ton jour de bonté ? C’est Dean qui va être content…

Lavande se met à rougir et Seamus blêmit.

-Je pense que tu devrais parler à Dean, dit Ron, et arrête de faire cette tête, tu crois qu’il faisait quoi avec elle, du tricot ?

-Je suis son meilleur ami et de cela on n’en parle jamais…tant mieux d’ailleurs, je ne le supporterais pas…, souffle Seamus.

Au même moment Dean et Neville reviennent et Dean après un bref signe de tête dans notre direction, s’approche du groupe des filles et embrasse doucement Lavande avant de s’assoire à ses côté.

-Vous avez raison, il faut que je lui parle. Je sais que c’est sans espoir mais l’entendre de sa bouche m’aidera à réaliser et je pourrais peut être passer à autre chose.

Je ne sais vraiment pas quoi conseiller à Seamus. J’espère juste que Dean ne le fera pas trop souffrir.

Plusieurs heures plus tard, Seamus nous a dit qu’il a eu sa fameuse discussion et que Dean l’a en effet rejeté. J’ai eu de la peine pour lui mais il avait l’air de tenir le coup.

Non, ce qui était bizarre c’était que Dean avait l’air encore plus triste que lui, comme s’il venait de perdre quelque chose d’essentiel. Et j’ai compris que pour lui l’amitié qui le liait à Seamus est au moins aussi forte que celle qui me lie à Ron.

Je me suis demandé alors dans quel état je serais si je perdais l’amitié de Ron. Et je me suis rendu compte que je serais sûrement dans le même état que Dean.

Je n’avais jamais pensé à ses sentiments à lui, je m’étais inconsciemment mis du côté de Seamus dans cette histoire, car il était l’amoureux inavoué et il me faisait penser à moi…Mais Dean est hétéro et Dean pense sûrement qu’il vient de perdre son meilleur ami.

Et Dean pleure dans son lit ce soir alors que les autres dorment.

J’aurais préféré dormir aussi pour ne rien entendre…

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Vendredi 20 février, couloir de Poudlard, 01h22

L’entraînement vient de se terminer. Je suis exténué mais ce soir je ne suis pas blessé. Heureusement d’ailleurs car lorsque Draco s’est rendu compte que je boitais, j’avais bien l’impression qu’il me faisait une scène et il m’a même bombardé de question.

« Et comment tu t’es fait ça ? Et qui t’entraînait ? Et pourquoi est-ce que je ne devrais pas massacrer Rogue ? Tu prends sa défense ? Tu es allé à l’infirmerie ? Pomfresh a dit trois jours ? Et tu comptes retourner aux entraînements ? Je refuse ! Comment cela je n’ai pas mon mot à dire ? Tu es blessé ! J’espère bien que tes amis t’aident ! Est-ce que au moins Weasel, oui je sais, Weasley, te porte ton sac ? Est-ce que Crivey t’as encore tripoté ?…Est-ce que… »

Mes frêles oreilles en bourdonnent encore. Je n’ai toujours pas compris pourquoi il avait ramené Colin à cette discussion…Il faut dire que Draco n’est pas quelqu’un de facile à suivre.

Enfin, je suis plus prudent depuis et je fais attention à ma défense. Mais cela est loin de suffire. Je ne suis pas assez puissant. Demain à la première occasion je parlerai à Dumbledore mais avant je dois prendre une douche et dormir.

J’arrive devant le portrait de la grosse dame et murmure le mot de passe.

La porte s’ouvre et lorsque je rentre un spectacle des plus inattendus s’offre à moi.

Mes deux meilleurs amis sont à un mètre l’un de l’autre, essoufflés et les joues rouges, on dirait qu’ils viennent de se séparer précipitamment.

-Harry c’est toi ! s’exclame Hermione faussement intéressée.

Elle a les cheveux décoiffés et ses yeux brillent.

Je ne peux m’empêcher de sourire.

-C’est moi, je réponds, vous m’attendiez ? je demande innocemment.

Ron a le haut de sa chemise de pyjama déboutonnée et les cheveux encore plus décoiffés que ceux d’Hermione. Il a aussi un sourire béat sur les lèvres. Sans plus de cérémonie il se rapproche d’Hermione par derrière et entoure sa taille de ses bras avant de caler son menton sur son épaule, me fixant avec un air de vainqueur. Hermione rougit un peu et soupire de bonheur.

Mon sourire s’agrandit.

-Je suis content pour vous, dis-je en me dirigeant vers le dortoir, mais là je vais me coucher et puis je suppose que vous voulez être seuls !

Hermione rougit encore alors que Ron me fait un clin d’œil avant de me dire un « merci » silencieux du bout des lèvres.

Je n’ai même pas encore fermé la porte du dortoir que le bruit de leurs baisers emplit la pièce du bas.

J’en connais qui vont passer une bonne nuit.

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Vendredi 20 février, 15h35, Bureau de Dumbledore

Cela va faire une heure que je discute avec Dumbledore. Il ne veut pas comprendre ma position. Je ne fais pourtant que lui relater les faits.

-Harry, soupire-t-il, tu dois apprendre à être patient, tu es plus fort que tu ne le crois…

-Etre patient ? Mais professeur, Voldemort peut décider d’attaquer à tout moment ! Je suis incapable de le battre. Je ne suis pas assez fort ! Lorsque j’y suis allé, je me suis fait démolir seulement par une poignée de ses mangemorts ! Si Remus et Crabbe n’étaient pas venus me chercher je serais mort !

Dumbledore ferme les yeux un bref instant avant de me regarder à nouveau.

-Si tu n’as pas confiance en toi. Tu n’arriveras à rien !

-C’est une chose d’avoir confiance et une autre d’être réaliste, je réplique agacé. Vous savez bien que je ne parviens pas à vaincre ni Rogue ni Remus et vous encore moins. L’amour n’est pas mon arme. Vous vous êtes trompés ! Voldemort même si ça me tue de l’avouer est plus puissant que nous tous réunis alors comment est-ce que moi tout seul pourrais-je le vaincre ? Je dois changer de technique, je dois trouver un autre moyen car il faut qu’il meure ! J’ai promis à Draco, je me le suis promis aussi !

-Et ta seconde source ? Tu es devenu fort en magie sans baguette ! Très fort ! Harry, je suis persuadé que tu peux le battre !

Décidemment Dumbledore se berce d’illusion. Son héros n’est pas à la hauteur de cette tâche.

-Il est au moins aussi fort que moi en magie sans baguette. Je n’ai jamais vu une telle puissance !

-Il existe des personnes encore plus puissantes, réplique Dumbledore distraitement, moi je pense que ta seconde source…

-Attendez, je le coupe, vous dites qu’il existe des personnes plus puissantes que lui ? Vous les connaissez ?

Pourquoi ne m’a-t-il rien dit avant ?

-J’en connais un seul, on ignore si les autres sont encore en vie. Mais Harry, j’ai déjà essayé de le faire participer à ce combat et il refuse.

-Comment peut-on ne pas participer avec autant de puissance ?

-Voldemort aussi a essayé de l’avoir dans son camp. Mais Loïk O’Donnel, c’est son nom, ne s’intéresse pas à nous en ce moment. Il a vu passer beaucoup de guerres et le sort de celle-là l’indiffère.

Je n’arrive pas à comprendre comment on peut être blasé par les guerres…

-Et si moi j’allais le voir, je pourrais le convaincre de nous aider !

Dumbledore fronce les sourcils.

-Non, dit-il assez sèchement, cet homme n’est pas une personne que l’on doit avoir dans ses fréquentations.

-Je me moque de ça, dis-je excédé, je ne veux pas devenir son ami ! Je veux qu’il nous aide ! Et même si je n’arrive pas à le convaincre il pourra peut-être me montrer quelques trucs s’il est si fort que vous le dites !

-Oh oui, tu n’as pas idée de sa puissance…

-S’il vous plait professeur !

Dumbledore soupire et je sais que j’ai gagné la partie.

-Peut-être que tu as raison. Même si cela me semble impossible. Enfin, tu peux toujours essayer. Tu iras le voir, je vais organiser la rencontre et dès qu’il acceptera tu iras. Mais tu n’iras pas seul, le professeur Rogue va t’accompagner et je suppose que Monsieur Ronald Weasley voudra y aller aussi…

Je souris, c’est clair que depuis que je suis parti en pleine nuit pour tuer Voldemort Ron m’empêche de sortir sans lui. De toute façon, je ne sors plus depuis le jour de l’an. Etant donné que Draco non plus ne peut pas sortir, je reste avec lui alors que les autres vont à Prè-au-Lard.

-Je te ferai part du jour du rendez-vous, s’il accepte mais même cela ce n’est pas sûr et je continue à penser que tu n’as pas besoin de lui Harry.

J’aimerais être aussi confiant que Dumbledore mais c’est loin d’être le cas…Par contre ce Loïk O’Donnel tombe à pic. Il m’aidera, j’en suis sûr…il m’aidera…

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Dimanche 22 février, chambre de préfet en chef des Serpentards, 14h26

-Mais enfin Potter ! C’est pourtant simple ! Tu mélanges le jus de Silphidide avec des essences de Pilouss, tu fais chauffer le tout à 33 degrés précisément et tu obtiens quoi ?

-Heu…

Mais qu’est-ce qui m’a pris de lui demander de l’aide en potion ? Il est encore pire que Hermione.

-Pitié Potter ! s’exclame-t-il. Dis-moi que tu n’es pas aussi débile que ça !

-Enfin Draco, tu exagères un peu, tout le monde n’est pas censé savoir ça !

Il se prend la tête entre les mains et gémit désespérément, il a un goût pour le mélodramatique qui pourrait être marrant si ce n’était pas moi qu’il prenait pour un débile.

-Tu plaisantes, dit-il en relevant enfin la tête, on a appris ce truc en seconde année donc oui tu es censé savoir ça !

Je soupire, décidemment bosser avec Draco c’est pas marrant. Je préfère demander à Hermione.

-C’est bon, je dis en fermant mon livre brusquement, on va arrêter là et…

-Comment ça, on va arrêter là ? siffle Draco dangereusement. Ça va bientôt faire une heure que je m’acharne à faire rentrer deux-trois notions dans ta petite tête et toi tu as décidé d’arrêter comme ça ! Tu t’en fous en fait !

-Bien sûr que non, c’est juste que tu n’es pas un très bon prof et puis j’ai pensé qu’on pourrait trouver une autre occupation…

J’ai un sourire charmeur mais qui se fane vite car Draco a l’air tout sauf charmé.

-Pas un bon professeur ? reprend Draco outré. Mais tu crois peut être que tu es un élève modèle ! Tu sais ce qu’il te dit le mauvais professeur ? Qu’il va falloir te trouver une autre occupation que celle que tu avais en tête !

Oups…je crois que je l’ai vexé. Je soupire, lorsqu’il est comme cela, il faut juste attendre que l’orage se calme.

-D’accord, je vais te laisser alors. Au fait pendant que j’y pense tu peux me filer le livre que Hermione t’a passé sur les pierres et les fleurs ?

Draco hausse les sourcils.

-Décidemment Potter, ce n’est pas la politesse qui t’étouffe !

Je m’empêche de sourire, pourtant j’en ai envie : Draco est vraiment beau lorsqu’il boude. Il pince ses lèvres et me fusille du regard. J’ai juste envie en ce moment de détendre ses lèvres avec ma bouche et de voir le gris glacial de ses yeux fondre doucement et devenir brûlant.

-Auriez-vous l’extrême amabilité de me prêter ce livre, Ô mon Prince !

Il me regarde avec des yeux ronds mais toujours aussi froidement.

-Je ne suis pas un Prince, dit-il d’une voix traînante.

-Pourtant vous régnez sur mon cœur, je réponds avec un doux sourire.

Il semble embarrassé mais se reprend tellement vite que j’ai sûrement dû rêver.

-Potter arrête tes conneries. Je t’ai déjà dit que je n’étais pas un adepte de l’amour courtois !

Je souris, je me souviens très bien de cette discussion.

-C’est vrai, je réplique, tu as dit aussi que tu aimais lorsque mon corps aimait ton corps…

Il a un sourire presque pervers et se penche vers moi jusqu’à ce que je sente son souffle sur mon cou.

-Et est-ce que ton corps aime le mien en ce moment? susurre-t-il doucement me faisant frissonner.

-Oui, je réponds d’une voix rauque, il aime le tien…il se meurt de ton corps…

Draco glisse sa langue sur ma clavicule et ma respiration s’accélère.

-Il se meurt ? répète-t-il sensuellement. A quels moments ton corps se meurt Potter ? Dans quels endroits…Dis-moi… Dis-moi…

Je gémis faiblement et m’accroche à sa chemise, il ne m’a presque pas touché et déjà je me sens vaciller.

-Dis-moi…chuchote sa voix encore.

-D-Dans mon lit, le soir…je réponds perdu. Sous la douche, après les entraînements de Quidditch…Dans la salle de bain des préfets…parfois…souvent…mon corps se meurt Draco…

Draco a un sourire doux et une de ses mains se pose sur mes fesses, je gémis encore.

-Il pourrait mourir maintenant…entre mes bras ? demande-t-il d’une voix rauque.

Je tremble…

-Oui…

-Je voudrais qu’il meure, me chuchote-t-il comme un secret. Mon corps aussi se meurt souvent de ne pas avoir le tien…

Mes yeux s’accrochent aux siens pour ne plus les lâcher.

-Ton corps pourrait mourir maintenant…entre mes bras ? je demande d’une voix que je ne me connaissais pas.

Il donne sa réponse dans un souffle. Je ferme les yeux alors que ses lèvres happent le lobe de mon oreille.

Et le oui de Draco raisonne encore dans mon cœur alors que dans l’air il a depuis longtemps disparu.

A suivre…

 
 
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