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POV de Harry Dimanche 20 mars, Couloir de Poudlard,15h08 -Allez Harry, ne fais pas ton timide, me taquine Seamus, combien de fois l’avez-vous fait en une semaine ? -Ne lui dis pas, marmonne Ron, ils n’ont pas besoin de savoir ça ! De toute façon, ce n’est pas comme si j’avais compté toutes les fois, il faut que je réfléchisse. -Et bien, dis-je comptant tout haut, dimanche on l’a fait cinq fois, lundi trois, mardi…humm mardi trois aussi, mercredi aucune fois et jeudi, heu jeudi trois ou quatre fois, je ne sais plus…vendredi… -Peut-on savoir de quoi tu parles, Potter ? Je sursaute comme Ron et Seamus alors que Draco vient d’arriver et me regarde en plissant les yeux. -Harry me disait le nombre de fois que Ron et lui ont revu la fameuse feinte au quidditch qui a permis d’écraser votre équipe pas plus tard qu’hier ! sourit Seamus. Draco fronce les sourcils, il n’a pas encore vraiment digéré sa défaite. Il faut dire que 325 à 110 ça se digère plutôt mal. -Tu croyais quoi Malfoy ? ricane Ron. Que Harry était en train d’énumérer le nombre de fois où vous copulez ? Désolé mais rien que d’y penser…berk ! Je ne veux pas y penser ! Draco a un sourire mauvais et s’approche de Ron avant de susurrer d’une voix doucereuse. -Weasley, si tu veux tout savoir, cette semaine nous l’avons fait vingt-huit fois et dans toutes les positions imaginables… -Mazette ! s’exclame Seamus impressionné. Ça fait une moyenne de quatre fois par jour, vous êtes de vrais lapins ! Draco se contente de hausser les épaules avec un sourire satisfait, Ron a considérablement blêmi et moi j’ai envie de pleurer. Sans un mot je me détourne. Cela va faire une semaine que j’ai couché avec Draco et depuis il ne me touche plus. J’ai pu goûter le paradis une seule fois et depuis j’ai l’impression de vivre un enfer. Il a mis une telle distance entre nous ! Une distance que personne ne voit mais moi je le sais, je le sens. Je pensais bêtement que faire l’amour allait nous rapprocher. Je me suis trompé… Je l’entends me suivre et je peux sentir le regard étonné de mes amis sur ma nuque. Je ralentis un peu pour qu’il arrive à ma hauteur. Nous n’échangeons pas un mot. Depuis une semaine il ne me parle que pour me dire des banalités. J’ai l’impression même qu’il se force pour passer du temps avec moi. Même au tout début, il semblait plus content d’être en ma compagnie que maintenant. Je me souviens m’être réveillé dans ses bras, il y a une semaine de cela. Je croyais que j’étais le maître du monde en sentant son corps chaud enlacé au mien. Je venais, il y a quelques heures de cela, de faire l’amour à l’homme que j’aimais. J’ai adoré cela et j’étais heureux. J’ai cru que pour lui c’était pareil. A l’évidence je me suis trompé. J’ai essayé d’engager la discussion sur cette nuit qui a tout changé mais il a vite changé de sujet, il fait cela à chaque fois. Je n’ai pas insisté. Je ne suis pas stupide. J’ai compris. J’avais pourtant cru qu’il avait aimé… Finalement au bout de ce qu’il me semble une éternité, il brise enfin le silence. -Alors Harry, tu veux aller au parc ? Je lui jette un regard noir mais je marche toujours, sans but précis. Son attitude m’énerve. Nous savons lui et moi qu’il y a un problème mais il fait comme s’il n’était pas concerné. Il a à peine effleuré mes lèvres ce matin pour me dire bonjour et encore, c’est parce qu’on était en public. Si on avait été seuls, il m’aurait juste fait un petit signe de la tête, comme il l’a fait hier. -Tu pourrais répondre Potter ! Je ferme les yeux. Il m’appelait Harry quand je lui faisais l’amour… Je m’arrête de marcher et je me tourne vers lui. Puisqu’il veut que je parle, je vais parler ! -Nous n’avons pas fait l’amour vingt-huit fois Draco ! Alors pourquoi raconter des conneries ? Il hausse les épaules et moi je fulmine. Il ne voit donc pas que je ne le comprends plus ? -J’ai un peu exagéré, c’est vrai, répond-t-il d’une voix indifférente, mais quelle importance ? J’ai un petit rire désabusé. Il m’enfonce chaque jour un peu plus une lame acérée dans le cœur et il s’en moque. -Oui ! je m’exclame sentant mes nerfs me lâcher petit à petit. Ce n’est pas important ! Où avais-je la tête ? Tu ne me touches plus mais ce n’est pas important ! Tu me donnes l’impression que je vaux qu’une merde mais quelle importance ? On s’en fout un peu de ce pauvre crétin de Potter et de ce qu’il ressent ! -Ne dis pas ça ! siffle-t-il en serrant les poings. Je ricane mais j’ai envie de pleurer. Pourquoi ai-je l’impression d’avoir tout perdu en couchant avec lui ? -Alors ne me fais pas ressentir ça ! je réponds, énervé. -Tu me fais une scène car on n’a plus baisé depuis dimanche ? Si c’est le cas, sache que ce n’est ni le lieu, ni le moment ! Je ne suis pas un vide boules Potter ! Je frémis. Je le fixe, incrédule. Ce n’est pas lui qui vient de parler ! Ce n’est pas la même personne qui m’a offert son corps…Il n’a pas le droit de salir cette nuit ! Je tremble un peu, je ne pensais pas que de simples mots pouvaient toucher autant. -Si toi, tu as baisé dimanche dernier alors ce n’était pas avec moi. Tu es grossier et blessant. La seule chose que j’ai envie de faire après tes paroles c’est de t’en mettre une et de partir. Il ricane méchamment en croisant les bras, comme pour me défier. -Et bien vas-y Potter ! Je savais que ça allait arriver ! Largue-moi et sois enfin heureux avec un gentil garçon ! Sa voix tremble un peu. Je me sens mal. Il ne veut pas vraiment ça, n’est-ce pas ? -Ce n’est pas un gentil garçon que je veux mais c’est toi, Malfoy ! Mais j’en ai marre de ne pas savoir ce qu’il t’arrive. J’ai l’impression que nous avons fait un pas en avant pour dix pas en arrière. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Cela t’a tant déplu de coucher avec moi ? Il ouvre la bouche pour répondre mais au même moment, on m’appelle du bout du couloir. Je me retourne et reconnaît Colin qui arrive en courant. Je grogne, ce n’est vraiment pas le moment ! -Harry ! s’exclame-t-il sans même jeter un coup d’œil à Draco. Je t’ai vu de loin alors je suis venu te dire bonjour ! Je fais un sourire forcé. Je me tourne vers Draco qui semble impassible mais son regard glacé ne quitte pas Colin. -Salut Colin, écoute, ne m’en veux pas mais là, tu vois je suis assez occupé alors on se verra plus tard. Colin hoche la tête en regardant Draco d’un air sombre. Je fronce les sourcils. -Je vois, dit-il, alors à plus tard, Harry… Je ne réponds rien, j’ai de nouveau les yeux fixés sur Draco qui regarde Colin partir avant d’esquisser un sourire ironique. -C’est quelqu’un comme lui qu’il te faudrait… -Arrête un peu avec ça ! je m’énerve. Tu sais que je t’aime et on dirait que cela t’amuse de me voir dans cet état ! Putain Draco, ça va faire des nuits que je ne dors pas, me demandant ce que je t’ai fait ! Tu n’as pas aimé, je peux comprendre mais dans ce cas, pourquoi restes-tu avec moi ? Il me regarde, incrédule. -Ne sois pas stupide ! Tu sais bien que j’ai aimé, j’ai aimé chaque seconde ! -Mais alors, qu’est-ce qu’il se passe ? C’était seulement l’attrait de la nouveauté, c’est ça ? Ta curiosité est apaisée ? Draco semble encore plus choqué et il rougit un peu. -Ma curiosité, comme tu dis, est loin d’être apaisée ! Je me demande même si elle le sera un jour et… -Monsieur Potter, Monsieur Malfoy… Draco et moi, nous retournons au son de cette voix froide et impassible. Rogue est à deux pas et nous regarde avec lassitude et contrariété. Draco se tend un peu avant de s’éloigner de moi de quelques pas et je foudroie la chauve-souris du regard. -Qu’y a-t-il ? je demande d’un ton brusque. Rogue pince les lèvres, jette un rapide coup d’œil à Draco avant de hausser les épaules. -Employez un autre ton avec moi, Monsieur Potter ! Je venais vous informer que nous avons rendez-vous avec Monsieur O’Donnel, dimanche , dans deux semaines exactement. Vous devrez être prêt à 13 heures précise, vous et Weasley. Nous partirons à pied jusqu’à Prè-au-lard et de là, je transplanerai avec vous deux jusqu’en Irlande, chez Monsieur O’Donnel. Est-ce clair ? Je hoche la tête, sentant le regard appuyé de Draco sur moi. Après un dernier regard de dédain Rogue nous laisse. Je sens qu’on me prend par la main. C’est Draco. Sa main est douce dans la mienne. Il m’entraîne dans une salle de classe vide. Une veille classe de Défense Contre les Forces du Mal, il y a même encore une veille armoire à glace sûrement avec un épouventard à l’intérieur. Lorsque je regarde enfin Draco, je m’aperçois qu’il n’a pas l’air très content. -Qui est ce O’Donnel ? demande-t-il d’une voix froide. -Une espèce d’ermite très puissant d’après les dires de Dumbledore. Je vais le voir pour essayer de l’amener dans notre camp. Il pourrait être d’une aide précieuse. Mais Dumby a dit qu’il y avait peu de chance pour qu’il prenne part à cette guerre… -Je vois, soupire-t-il, et tu n’as pas jugé utile de me le dire… Je soupire à mon tour. J’en ai marre de devoir me justifier. Je suis fatigué par cette guerre qui n’en fini pas sans même avoir vraiment commencé. Je suis fatigué des entraînements, des cours, des cauchemars. On s’en fout de O’Donnel ! Moi, je veux savoir pourquoi Draco est si distant ! -Je suis désolé, je réponds enfin, ça m’est sorti de l’esprit. Tu sais, c’est juste une visite qui ne va sûrement rien donner… -De toute façon, me coupe Draco, à quoi bon me tenir informé ? Après tout, comme je ne peux plus sortir de l’école, je ne te suis d’aucune aide ! Je suppose que tous tes autres camarades sont au courant. Crivey a dû te proposer de t’accompagner entre deux gémissements pendant que tu le pilonnais ! Je blêmis. Comment peut-il insinuer une seule seconde que je puisse le tromper ? Je sais qu’il a dit cela parce qu’il est blessé et furieux que je ne lui ai rien dit. Je sais qu’il cherche à me faire du mal. Et ça marche à merveille. Je suis incapable de répondre quoi que ce soit et je me déteste pour ça. Je voudrais pourvoir le frapper, l’insulter, le maudire. Mais je n’en suis pas capable…J’ai juste cette étrange envie de pleurer mais ça non plus je ne le ferais pas. Ça lui ferait trop plaisir… -Bien, je prononce d’une voix atone, je vais te laisser… Mais je n’ai pas le temps de me retourner que je suis plaqué contre un mur. Je lève les yeux sur lui pour voir les siens briller étrangement. Il colle son corps brusquement au mien. Je ne peux que trembler. J’aimerais lui dire de me lâcher mais je n’arrive pas à prononcer à seul mot. Pourquoi faut-il que je l’aime autant ? Il se contente de respirer contre mon cou de manière erratique. Il s’accroche à ma chemise et frissonne lui aussi. -Putain, souffle-t-il, je suis désolé Harry…Je n’aurais pas dû te parler comme ça. Je n’aurais pas dû t’éviter toute cette semaine. Mais ne me laisse pas, s’il te plait…Ne me laisse pas… Je chancelle sous ses quelques mots. Et je le serre contre moi. Je ne le laisserai jamais ! Et je m’en veux de ne pas avoir vu qu’il va mal ! Je m’en veux de ne pas avoir essayé de lui parler plus souvent. Je veux qu’il cesse de trembler, je veux qu’il aille bien… -Draco, je ne vais pas te laisser. Je t’aime, je ne te laisserai pas… Il place sa bouche sur mon cou. Je sursaute mais le laisse faire. Sa langue délicieuse ne tarde pas à se poser sur ma peau et cela suffit à me faire fermer les yeux. -Ta peau m’a tellement manqué, murmure-t-il entre deux baisers. -Que s’est il passé ? je demande dans un souffle, essayant de garder mes esprits. Pourquoi ne voulais-tu plus que je te touche ? Il continue de m’embrasser et j’halète un peu lorsqu’une de ses mains se pose sur mon bas-ventre avant de commencer à bouger avec lenteur. -Je ne voulais pas me retrouver seul un beau matin, sans toi, parce que ça serait fini. Je me disais que si je mettais une distance maintenant alors ça serait plus facile…Je ne veux pas que tu me quittes, avoue-t-il d’une voix rauque, jamais ! J’écarquille les yeux et je crois que mon cœur explose de joie. Il vient de m’avouer qu’il voulait une relation de longue durée avec moi ! Il me semble que je n’ai jamais été aussi heureux de ma vie. Mes mains sur son dos se mettent à bouger, à le caresser et je durcis de plus en plus sous son touché. Je le veux tellement ! -Harry, j’ai tellement envie de toi…,annonce-t-il dans un souffle. Une de mes mains se perd dans ses cheveux couleur de lune et ma bouche trouve la sienne dans un baiser presque désespéré. Je me retiens de ne pas lui crier de me prendre sur le champ. Il m’a tellement manqué… Je veux croire en nous. Je veux que ça marche. Et je voudrais que son corps ne quitte jamais le mien. Finalement, je n’arrive plus à retenir mes mots, pas quand sa main sur mon pantalon appuie un peu plus sur mon érection, pas quand il m’embrasse comme si je lui étais indispensable. -Je te veux Draco…Je te veux maintenant… Je le sens sourire contre mes lèvres et ses deux mains s’activent aussitôt à déboutonner ma chemise. Je jette un coup d’œil inquiet à la porte d’entrée qui est certes fermée mais n’importe qui pourrait l’ouvrir et…et puis ensuite mon esprit ne s’occupe plus de rien, parce que Draco a ouvert mon pantalon et sa main s’est glissée à l’intérieur. Je suffoque et m’accroche à ses épaules en gémissant sourdement. Ses mains sont trop précises pour moi ! Sa bouche est trop douée pour me permettre de réfléchir correctement. Je l’aime tellement ! Ses gestes sont un peu brusques, un peu rapides et les miens ne valent pas mieux. J’aime cette douce violence qui semble s’être emparée de lui. J’aime sa main dans mon pantalon qui caresse mon sexe presque avec impatience. Ma tête tourne et j’ai très chaud. Je ne peux que m’accrocher à lui. J’oublie que nous sommes dans une salle de classe, j’oublie la guerre, j’oublie presque l’amour aussi… Il n’y a plus que lui. Draco qui vient de se réincarner en Passion. Je voudrais que cette passion me dévore. Je voudrais que Draco me prenne…je tremble pour ça, je ne me reconnais plus… Je me tourne pour sentir son sexe dur contre mes fesses. Il hoquette avant de faire des mouvements de bassin irréguliers contre moi, et je peux sentir son érection à travers son pantalon. Je me cambre contre lui, souhaitant qu’on n’ait plus nos vêtements. Draco semble souhaiter la même chose, ses mains se posent vivement sur mes hanches avant de baisser rapidement mon pantalon et mon boxer, je sens l’air frais sur mes jambes nues. Je l’entends murmurer mon prénom d’une drôle de voix et je tourne la tête pour le voir. Il a les yeux brillants et les joues rouges. Il est beau. Je l’aime. Il attrape mes lèvres et m’oblige à me pencher et appuyant son corps sur moi. Je pose les mains sur le bureau en face de moi pour garder l’équilibre et le baiser cesse. Je ferme les yeux. Ma tête tourne toujours. Je l’entends derrière moi ouvrir son pantalon et je déglutis. J’ouvre les yeux mais je ne vois que mes mains sur le bureau de bois sombre. Je sens la sueur couler sur ma tempe et puis soudain alors que le silence devenait inquiétant, son corps me recouvre une nouvelle fois mais cette fois-ci, je sens son sexe vibrant contre ma cuisse nue et je gémis. Ses doigts voyagent doucement sur mon visage comme pour me calmer alors que je ne peux m’empêcher de bouger contre lui dans un va et vient qui ne m’apporte rien. -Harry…chuchote-t-il, je vais te faire l’amour, ici, contre cette table… Je gémis encore plus, je ne suis plus capable de parler. Je pourrais jouir juste au son de cette voix. Ses doigts voyagent encore tendrement sur ma joue avant d’atterrir sur mes lèvres dans une caresse infiniment douce. Comment peut-il être à la fois aussi doux et aussi excitant ? Je ferme les yeux et laisse un de ses doigts s’introduire dans ma bouche. Je suis tellement excité que mes mouvements de hanches reprennent. Qu’attend-t-il pour venir en moi ? Mais son sexe ne bat que contre ma cuisse. J’ai envie de crier de frustration mais je me contente de sucer ce doigt blanc avec application et je gémis lorsqu’un deuxième doigt vient à son tour dans ma bouche. -Potter, susurre-t-il à mon oreille, si tu savais combien de fois j’ai rêvé de te posséder…mes mains en tremblent, Potter…mon corps en tremble… Je ferme les yeux et ses doigts quittent ma bouche. Presque immédiatement Draco me penche un peu plus et bientôt je sens un doigt glisser entre mes fesses. Son autre main se remet sur mon sexe et son doigt entre et sort plusieurs fois et j’accompagne ses gestes du mouvement de mes hanches. Je gémis encore lorsque petit à petit deux autres doigts rejoignent le premier. Je suis prêt, je suis plus que prêt mais je ne peux que gémir pitoyablement. S’il continue, je viendrait avant même qu’il me pénètre. -Je vais te posséder Harry, reprend-t-il d’une voix essoufflée, et mon cœur en tremble… J’écarquille les yeux, me demandant ce qu’il essaie de me dire. Mais c’est alors que ses doigts quittent mes fesses. -Lève la tête… Sa voix est douce et je me demande où il veut en venir. Il place ses mains sur mes hanches et je lève la tête. Je tremble violemment mais il me tient bien alors que devant moi, je nous vois, dans le miroir de la veille armoire à glace. Il a les yeux fixés aux miens à travers le reflet et d’une douceur que personne n’est censé avoir il me pénètre très lentement. Je vois son visage se crisper de plaisir petit à petit et à ce moment je voudrais fermer les yeux pour me protéger de lui. Il est beau. Il est en moi. Je suis incapable de détourner mon regard de son visage. Il a l’air émerveillé par ce qu’il voit. Je ne comprends pas. Nos deux respirations sont erratiques et j’essaie de ne pas pleurer lorsque enfin il est complètement en moi. Le sexe de Draco Malfoy est en moi et je ne suis pas en train de rêver… Je ne suis pas bien. Je suis déchiré. Je ne suis pas bien et pourtant j’aime ça. Il se retire doucement et j’ai l’impression qu’une partie de moi s’en va. Il revient et je me sens revivre. Il fait ça longtemps et doucement et son visage trahit son effort pour ne pas se laisser aller à plus de brusquerie. Alors c’est moi qui bouge contre lui, je m’en moque d’avoir l’air d’un assoiffé de sexe. Je suis assoiffé de son sexe. Il gémit et accompagne mes mouvements, il fait quelque chose dans mon corps et je crie de plaisir. Il refait le truc encore et encore, à chaque fois, à chaque coup de rein. Je nous regarde dans le miroir, à moitié déshabillés, je remarque alors seulement que je pleure vraiment, je remarque que ses yeux à lui n’ont pas lâché les miens depuis le début et lorsque je les croise de nouveau, il gémit plus fort et ses coups de rein se font plus violents, plus rapides, plus incontrôlables… Je le regarde et cela suffit à me faire jouir, ça et son sexe vibrant. Il ne m’a même plus caressé depuis le début. Je ferme les yeux sous la jouissance, je tremble, je crie, je vibre, je chancelle. Je pourrais tomber mais il me tient… Je pourrais voler mais il me tient… Par Merlin, qu’il ne me lâche jamais ! -Mon amour ! Ses doigts sur mes hanches s’enfoncent dans ma peau, alors qu’il vient en moi. Ses mots raisonnent dans ma tête à me faire mal. Il m’a appelé… Il se retire de moi et j’ouvre les yeux, il me regarde toujours et me retourne enfin vers lui. Je tremble encore mais il me tient bien. Je sais que je ne tomberais pas avec lui à mes côtés. Ses bras me serrent contre lui et son cœur bat aussi vite que le mien. - Ça va ? demande-t-il inquiet la respiration encore un peu haletante. -Je t’aime…je me contente de répondre. Il ne dit rien mais me sourit faiblement, nous jette un sort de nettoyage et avec douceur me rhabille, son regard évite le mien mais ses mains sur ma peau se font caresse. Il reboutonne ma chemise et se baisse pour relever mon pantalon. Je l’arrête à mi-chemin, me demandant ce qu’il lui prend. -Draco, je souffle, qu’est-ce qu’il y a ? Son regard s’accroche au mien. -Tu as pleuré, murmure-t-il d’une voix rauque, et tu trembles encore…je suis désolé de t’avoir blessé… -Draco, est-ce que j’ai eu l’air d’avoir mal ? -… -Je n’ai jamais ressenti autant de plaisir et j’ai encore envie de toi. Il écarquille les yeux d’étonnement. -Maintenant ? demande-t-il Je hoche la tête un peu gêné et son regard se pose sur mon sexe à nouveau érigé. Il me fait un sourire amusé. -Et si on poursuivait cette discussion dans ma chambre ? J’acquiesce. Il sourit encore. -Décidément, murmure-t-il, vous êtes plein de surprises, Monsieur Potter… Je baisse les yeux sur son corps et je souris à mon tour, en voyant qu’il a l’air aussi « en forme » que moi. -Vous aussi, Monsieur Malfoy… Il me répond par une œillade suggestive et se rhabille. Je fais comme lui mais je souris encore… Il m’a appelé mon amour… « Harry Potter l’amour de Draco Malfoy. » Cela sonne si bien. Qu’importe pour le moment qu’il ait dit cela sous le coup de la jouissance… A cette seconde précise, je trouve juste que ma vie est belle. O0O0O0O0O0O00O0O0O0O00O0O0O0O0O0O0O0O0O0O0O0O0O00O0O0O0 Dimanche 3 avril, chambre du préfet en chef des serpentards, 11h 34 Je me sens bien, une main chaude passe sensuellement sur mon ventre. Je souris et sens le sommeil me quitter en même temps que mes perceptions se font plus fortes. Je peux entendre maintenant sa respiration et sentir contre mon cou son souffle chaud alors que tout son corps nu est collé contre le mien. Mes yeux s’ouvrent, et je remarque qu’il fait déjà jour et sûrement depuis un bon moment. Je pose mes yeux sur lui et je me dis que je suis sûrement encore en train de rêver. Il ne dort plus, sa main sur mon ventre le prouve mais sa tête reste enfouie dans mon cou. J’adore lorsque que je le vois dans cette position : quand je me réveille, je le trouve tout contre mon corps, j’imagine qu’il a passé la nuit entière dans cette position et je me sens tout chaud à l’intérieur. Dieu, qu’est-ce que je peux l’aimer ! Depuis deux semaines j’ai l’impression que je vis sur un nuage. Je suis, je le sais, le plus heureux des hommes. Je glisse paresseusement une de mes mains dans ses cheveux et il relève la tête. Ses lèvres ne sourient pas mais ses yeux oui. Ses magnifiques yeux gris qui m’ensorcellent chaque jour un peu plus. -Bonjour, murmure-t-il. -Salut… -Bien dormi ? -Oui… Il se dégage un peu et je le resserre contre moi avec un gémissement contrarié. Je ne veux pas qu’il me laisse maintenant. Heureusement, il ne fait plus mine de laisser de la distance entre nous et me laisse le serrer dans mes bras. -C’est dimanche aujourd’hui. Je pense qu’il va faire beau. On pourra peut-être jouer au Quidditch ? -Oui… -Il faut aussi que je finisse mon devoir de sortilège. -Moui… Je ne l’écoute qu’à moitié, je suis très bien où je suis pour seulement penser à plus tard. Il soupire. -Décidément, le matin au réveil tu es aussi loquace qu’une langue de plomb. Je remue un peu. Nos corps nus s’épousent un peu plus par ce fait. -Mmmm…C’est que je suis si bien dans tes bras que j’en reste sans voix ! Il rigole et une de ses mains se pose au creux de mes reins. J’aime la sensation de sa paume chaude qui épouse parfaitement cette partie de mon corps. -Potter, ton baratin ne marche pas et je vais te montrer que dans mes bras, tu ne peux qu’user de ta voix ! Je frissonne puis gémis lorsque sa main glisse sur mes fesses et que ses lèvres attrapent les miennes dans un baiser passionné. Il m’a déjà fait crier toute la nuit et je crois bien que ce matin, il projette de faire la même chose… Cool. Cela va faire deux semaines qu’il n’y a eu aucune dispute entre nous et ce fut aussi, soit dit en passant, deux semaines de sexe torride. Ai-je déjà dit que j’aimais ma vie ? J’écarte déjà les cuisses pour lui, je l’aime tellement, il me rend si heureux. Il est doux quand il me prépare, encore plus lorsqu’il me pénètre. -Je t’aime, je gémis entre deux va et viens. Il ne répond pas mais sa cadence s’accélère et un râle rauque sort de sa bouche. Je le laisse mener la danse, je le laisse me rendre fou, mon corps lui appartient, ma vie lui appartient. Je suis à lui. Et lorsque plusieurs minutes plus tard, je viens en gémissant son prénom, je peux voir les étoiles et qu’importe s’il fait jour, je les vois danser devant mes yeux. Je le sens se tendre et jouir en moi par saccade et je souris. Il se dégage doucement, essoufflé et mouillé de sueur, me prend dans ses bras et ramène les couvertures sur nous. Je tremble comme toujours mais maintenant au lieu d’être inquiet, ma réaction fait apparaître un sourire tendre et satisfait sur ses lèvres. Il a finalement compris que lorsque j’ai un orgasme de folie, je ne peux que trembler. Il l’a compris lorsqu’une fois je n’ai pas tremblé, pas que ce n’était pas bien cette fois-là, c’est toujours bien, mais cette fois-là j’avais quand même un peu moins apprécié, il faut dire aussi que j’avais mal à la tête et que je n’avais rien osé dire à Draco. Enfin, il a bien vu que cette fois-là, n’était pas la meilleure et il a bien vu que je ne tremblais pas et depuis qu’il a fait le rapprochement, il met un point d’honneur à me faire trembler toute les fois. Et il est très satisfait de lui lorsqu’il y arrive, c’est-à-dire tout le temps. Tout contre moi, je peux sentir son cœur battre la chamade au même rythme que le mien, comme si nos cœurs entamaient un dialogue connus d’eux seuls. Draco grommelle, se lève un peu et retire en grimaçant, un vêtement sur lequel il était allongé qui devait le gêner. Il le regarde un instant et je reconnais mon haut de pyjama que j’ai porté dix minutes en tout avant que Draco ne me l’enlève hier soir. Il balance le vêtement sur un fauteuil pas bien loin et me regarde d’un air mécontent, je pourrais presque y croire s’il n’y avait pas cette lueur amusée dans ses yeux. -Je suis déçu Harry, ce pyjama n’est vraiment pas marrant, tu pourrais faire un effort quand tu viens me voir et au moins apporter mon ami le pyjama avec son charmant petit cœur…il me manque tellement… Son ton mélodramatique me fait rire. Tout ça parce que je n’ai pas apporté le pyjama que m’ont offert les jumeaux. Je rougis légèrement en me souvenant de quelle manière Draco m’avait fait l’amour, il y a trois jours, me laissant juste le fameux haut de pyjama. J’ai beaucoup tremblé cette nuit-là. -Draco, je dois bien le laver un jour, et puis tu avoueras qu’avec toi, les pyjamas ne restent jamais bien longtemps… -C’est parce que je te préfère nu…, réplique-t-il, boudeur. Je l’embrasse sur le front en souriant et me colle à lui. On sent le sexe à plein nez mais pour l’instant c’est le dernier de mes soucis. J’aime rester un instant dans ses bras après l’amour. Il plaisante souvent légèrement dans ces moments-là, ou alors, il ne dit rien et se contente de me caresser distraitement une épaule, une hanche ou encore les cheveux, j’aime à penser qu’il est heureux et qu’il aime autant que moi les câlins après l’amour. -Quelle heure est-il ? je marmonne quelques minutes plus tard d’une voix ensommeillée. Il tend paresseusement le bras et attrape sa montre posée sur sa table de chevet. -Il est midi et demi, dit-il d’une voix encore rauque. Je souris et pose ma tête sur son épaule. J’adore le dimanche… Minute ! Dimanche ! -Putain ! je m’exclame en me levant brusquement. -Harry ? Qu’est-ce qu’il se passe ? -Draco, j’avais complètement oublié O’Donnel, c’est aujourd’hui que je dois le voir et Rogue m’attend à 13 heures avec Ron dans le grand hall ! -Ah oui, c’est vrai, soupire Draco avant de se rallonger. -Je peux prendre ta salle de bain ? -Oui, vas-y… Je fonce dans sa salle d’eau et avant de fermer la porte j’ai le temps de l’entendre me dire de ne pas mettre de l’eau partout comme la dernière fois. Ce qu’il peut être maniaque quelque fois ! Je me lave en vitesse. Quand je pense que j’avais complètement oublié O’Donnel !J’espère que Ron, n’a pas oublié, lui. Je n’ai pas envi de passer l’après-midi tout seul avec Rogue et un parfait inconnu. Lorsque je sors de la salle de bain, Draco a enfilé un pantalon de pyjama noir mais il est toujours allongé dans son lit. Je donnerais n’importe quoi pour le rejoindre. Il me lance un sourire amusé. -Je ne savais pas que tu étais un exhibitionniste Harry ! Mais ne t’inquiète pas, ça ne me gêne absolument pas de te voir déambuler tout nu dans ma chambre…au contraire, susurre-t-il d’une voix dangereusement sensuelle. Je rougis. -J’ai laissé mes vêtements ici… Je me dirige vers mes affaires un peu éparpillées et commence à m’habiller rapidement. Je sens les yeux brûlants de Draco posés sur moi. -Tu es si beau, souffle-t-il. Je me tourne vers lui en finissant de reboutonner ma chemise. Je crois que mes joues sont de plus en plus rouges. -Merci, je réponds, gêné. Il se lève, attrape ma cravate qui traînait au pied du lit et s’approche de moi avec une démarche sexy au possible. -Ce soir, tu dors ici ? demande-t-il en passant la cravate autour de mon cou. -Oui, si tu veux. -Je le veux. Je souris alors qu’il s’applique à faire le nœud de ma cravate. -Je viendrai alors. Je n’arrive jamais à faire ses fichus nœuds ! -Je sais Potter, ta cravate est toujours mise comme si quelqu’un avait tiré dessus pour pouvoir t’embrasser dans le cou… -Ah bon ? -Oui, et je trouve cela vraiment séduisant, c’est pour cette raison que je te fais un vrai nœud de cravate, pour que tu sois un peu moins sexy…après tout personne ne connaît ce Loik O’Donnel, c’est peut-être un de ces types, beau, riche et puissant…Je ne veux pas que tu sois trop sexy pour lui, à mon avis tu devrais même porter une cagoule ou carrément ta cape d’invisibilité pour qu’il ne te voit pas du tout ! Je souris et lorsqu’il a enfin fini de s’acharner sur ma cravate, je dépose un petit baiser dans son cou. -Si je ne te connaissais pas mieux Draco, je pourrais croire que tu es jaloux… Il écarquille les yeux et parait un instant gêné avant de détourner son regard du mien. Je crois que je viens de le mettre mal à l’aise. Il n’a pourtant pas à s’en vouloir, il sait bien que je ne m’attends pas à ce qu’il m’aime en retour. Il m’offre déjà tellement. -Je vais y aller, dis-je doucement. Il lève enfin ses yeux gris vers moi et son visage est redevenu impassible. -Bien, à ce soir alors… -Oui. -Tu devrais passer rapidement par les cuisines et te prendre un petit quelque chose à manger. -Oui, je vais le faire. Il hoche la tête silencieusement, pousse un drôle de soupir et finalement s’avance pour m’embrasser doucement. -Sois prudent, murmure-t-il en se détachant de moi. -Ne t’en fais pas, tout ira bien. Il ne répond rien alors que je m’attendais à ce qu’il me raille gentiment en disant qu’il ne s’inquiète pas car un Malfoy a autre chose à faire que de s’inquiéter pour son prochain etc. etc… Mais il ne dit rien et je le regarde, étonné. On dirait qu’il est vraiment inquiet. Il n’y a pas de quoi pourtant. Le pire qui puisse m’arriver, c’est que Rogue me perdre « bêtement » en route pendant le transplanage. -Ça ira, je lui répète en plongeant mes yeux dans les siens. Il hoche la tête. -A ce soir, murmure-t-il. -A ce soir. Je lui souris et m’en vais finalement de sa chambre. Rogue doit m’attendre. Lorsque après un bref détour par les cuisines, je rejoins le grand hall, la bouche encore pleine d’un délicieux croissant, Rogue et Ron sont déjà là à m’attendre, il y a même Remus. Remus me regarde légèrement amusé, par contre un net dégoût emplit les yeux de mon cher professeur de potion. -Salut ! me lance Ron avec un grand sourire. -Je remarque encore une fois que la ponctualité n’a pas grande importance pour vous Potter, vous vous attendez peut-être à ce que le temps s’arrête de tourner pour vous. J’ai le malheur de vous annoncer que vous n’êtes pas encore assez célèbre pour cela. Je grimace légèrement. Je n’ai même pas cinq minutes de retard. Je regarde Remus avec l’espoir qu’il nous accompagne aussi. -Désolé Harry, dit-il comme s’il lisait dans mes pensées, je vous accompagne seulement jusqu’à la sortie de l’école où vous pourrez transplaner, je ne peux pas venir, la pleine lune est pour cette nuit... -Ha, fais-je déçu, je suppose en effet qu’il vaut mieux rester prudent. -Oui, acquiesce Remus, mais ne t’en fais pas, je suis sûr que le professeur Rogue prendra soin de vous. Rogue toussote comme s’il venait d’avaler de travers et semble faire un grand effort sur lui-même pour ne pas lancer une de ses fameuses remarques sarcastiques et Ron regarde Remus d’un air incrédule. Rogue nous amène d’un pas pressé jusqu’aux limites de Poudlard et nous demande de le tenir chacun par la main. Ron me regarde en grimaçant mais met quand même sa main dans celle de Rogue et je fais de même et après un dernier salut à Remus, une drôle de sensation s’empare de moi. Tout tourbillonne, mon seul point d’ancrage semble être la main chaude de Rogue dans la mienne. Je m’y cramponne sachant que si je le lâche je pourrais me retrouver n’importe où et après ce qu’il me semble une éternité tout se stabilise et Rogue secoue ma main pour m’obliger à le lâcher. Lorsque j’ouvre enfin les yeux, nous sommes dans une ruelle sombre et Rogue s’essuie les mains d’un air dégoûté sur sa robe. Ron regarde les alentours, visiblement intéressé. -Où sommes nous ? demande-t-il. -Pas très loin de chez Loik O’Donnel. -C’est étrange mais quand Harry m’en a parlé, j’imaginais ce type comme une sorte d’ermite vivant dans une grotte. -Ce n’est pas parce qu’il vit dans un endroit civilisé que ce n’est par un ermite, lance Rogue sèchement. -Et vous en savez quelque chose, ricane Ron. Je souris à mon tour, c’est vrai que Rogue n’est pas réputé pour avoir une vie sociale très répandue. -Allons-y, il doit nous attendre. Nous traversons plusieurs rues sous un ciel orageux, et Ron et moi suivons Rogue sans un mot. Au bout de même pas un quart d’heure de marche, il s’arrête devant une petite maison quelconque entre deux grands immeubles gris à l’air délabré. Rogue frappe à la lourde porte en bois mais personne ne répond, il frappe une nouvelle fois et la porte s’ouvre d’elle-même dans un grincement sinistre. Il nous lance un bref regard avant de s’engager dans la demeure et nous le suivons. Poussiéreux. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit pour qualifier cet endroit. La porte d’entrée mène directement à une petite salle quasiment entièrement recouverte de poussière. -Vous êtes sûr que quelqu’un habite ici ? souffle Ron. Rogue ne prend même pas la peine de répondre et ouvre une autre porte. -Il y a quelqu’un ? demande-t-il d’une voix forte. Personne ne répond et Rogue hausse les épaules. Il n’y a pas plus de quatre pièces dans cette maison. Toutes aussi poussiéreuses les unes que les autres, je doute sérieusement que quelqu’un vive ici. -Il n’y a personne, dis-je déçu, une fois que nous sommes revenus dans la première pièce. -Harry ! Professeur ! Venez voir ! Ron nous appelle de la seconde pièce. Il a soulevé un vieux tapis et une trappe apparaît sous nos yeux. Il la soulève sans forcer et un escalier apparaît. L’escalier semble étrangement propre lui. -Et bien Weasley qu’attendez-vous ? Descendez ! Ron grogne et descend, je m’empresse de le suivre et j’entends Rogue qui fait de même, derrière moi. Les escaliers mène à une cuisine brillante de propreté, on ne s’attarde pas et Ron ouvre la seule porte qui donne dans un somptueux salon. Immense. Il fait à lui tout seul, le double de l’étage. Il a sur les quatre murs des centaines de livres, des milliers même. Il y a aussi un bureau, des fauteuils, une télévision et tout un tas de bibelots étranges et mystérieux. J’ai l’impression d’être dans la caverne d’Ali Baba et je crois que les autres ont la même impression que moi. -Wahou ! s’exclame Ron les yeux brillants, cette pièce est sensas ! -En effet, imagine seulement la tête d’Hermione devant tous ces livres ! -On ne pourrait plus la sortir de là ! répond Ron amusé. Rogue est étrangement silencieux, il est devant la bibliothèque et il tremble un peu. -Je n’arrive pas à croire que ce livre existe, murmure-t-il pour lui même. Il approche sa main du livre qui semble le mettre dans ce drôle d’état. -N’y touchez pas ! Rogue sursaute. Nous nous retournons vivement vers l’origine de la voix. Un étrange garçon se trouve dans la pièce. Enfin, il s’agit d’un enfant d’environ dix ans mais quelque chose dans son regard me met mal à l’aise. Il a les cheveux noirs et les yeux de la même couleur. Il nous regarde avec un sérieux que je n’aurais jamais cru voir chez un enfant de cet âge. Il ne sourit pas. Il est habillé comme un petit Lord et son visage respire la noblesse. Il me fait un peu penser à Draco. -Nous sommes venus voir Loik O’Donnel, annonce Rogue froidement. L’enfant hoche la tête et nous détaille l’un après l’autre presque avec ennui. -C’est moi, dit-il enfin simplement. Je suis Loik. -Mais tu es un enfant ! s’exclame Ron, abasourdit. L’enfant a un curieux sourire et j’ai soudainement la chair de poule. Il se retourne vers Ron et le fixe de son regard si étrange. Ron recule d’un pas. -Je n’ai rien d’un enfant…J’étais déjà né lorsque ton pays n’était encore composé que d’une multitude de tribus où les seigneurs se faisaient la guerre pour un vague morceau de terrain. En ce moment j’ai l’apparence d’un enfant, mais je peux très bien me montrer devant vous demain en étant un vieillard. C’est le privilège d’être passé par tous les âges de la vie des dizaines de fois. Il cesse de parler et plante son regard noir sur moi. Je comprends alors ce qui me gênait. Il a un regard sans âge. Un regard qui a vu trop de choses pour que j’en aie seulement une vague idée. -Harry Potter, murmure sa voix fluette d’enfant, j’ai entendu parler de toi ces dernières années. Dumbledore et Voldemort sont venus me voir aussi. Qu’est-ce qui te fait croire que je t’aiderais toi alors que je n’ai rien fait pour eux ? -Voldemort est venu vous voir ? Il a un petit sourire en coin. -Oui, quelques années avant ta naissance. Mais asseyez-vous, je vous en prie. Nous prenons place sur des fauteuils et très vite Rogue le questionne à nouveau. -Que voulait-il ? demande-t-il -La même chose que vous, je suppose. Mais cette guerre ne m’intéresse pas plus maintenant qu’il y a vingt-cinq ans, donc je n’y prendrai pas part. Son ton est sans appel et ça me met hors de moi. -Comment pouvez-vous être si indifférent ? Des gens souffrent dehors et vous avez les capacités de les aider pourtant vous ne faites rien ! Il a une sorte de ricanement qui est assez étrange venant de la bouche d’un enfant. -Les gens souffrent constamment, jeune homme ! Ils ne cesseront jamais, c’est dans la nature même de l’être humain. Et crois-moi, j’ai donné plus que quiconque ne donnera jamais pour les autres au cours de ma vie. J’ai fait plus de guerres que tu n’en étudieras jamais en classe. Alors oui, je suis devenu indifférent pour ne pas devenir fou. Les mortels ne m’intéressent plus vraiment, seuls les Autres m’intéressent. -Les autres ? demande Ron. -Oui, dit-il d’une voix douce, le regard dans le vague, je ne suis pas le seul dans ma situation, nous étions dix au tout début, quatre sont morts, deux sont endormis depuis longtemps, une a disparu, personne ne sais où elle est et le dernier vit au Japon, je crois. Enfin, il y vivait il y a cent vingt-sept ans de cela. -Ils sont comme vous ? je demande. Il grimace légèrement. -Nos pouvoirs sont à peu près équivalents, si c’est cela ta question. Mais nous sommes différents. Galid vous tuerait avant que vous ne puissiez ouvrir la bouche. Il aime la souffrance et la guerre. Votre Voldemort n’est qu’un bouffon comparé à lui. Mais en ce moment, il se tient tranquille, je crois qu’il cherche quelque chose, peut-être recherche-t-il Leiminia, c’est la seule qu’il n’ait jamais aimée. Un bref éclair de douleur traverse ses yeux noirs avant que son regard ne redevienne impénétrable. -Maintenant, me demande-t-il, dis-moi donc pourquoi tiens-tu tellement à recevoir mon aide ? -Si cette guerre n’est pas la vôtre, elle est la mienne. J’ai promis que je le tuerai, je l’ai promis à moi-même et à beaucoup d’autres. Je ne suis cependant pas assez fort, j’en suis conscient mais je donnerai ma vie pour pouvoir le battre ! Il hausse un sourcil intrigué et assez amusé. -Tu es si jeune, souffle-t-il, et tu es si déterminé que je suis impressionné. Je suppose que c’est l’amour qui te donne des ailes. Je blêmis. Comment peut-il savoir ? -Comment savez-vous ? je souffle Il sourit encore plus. -Tout le monde est amoureux à ton âge et tout le monde croit que cet amour est plus grand que tout ! Je n’ai fait que tirer des conclusions. Mais tu verras, un jour l’amour s’en va… -Pas le mien. Cette fois, il rigole et je serre les poings. Je n’aime pas que l’on se moque de mes sentiments. Son rire clair raisonne dans la pièce, je me lève irrité. Il se calme sur le champ. -Tu me plais bien, dit-il en souriant. Tu es si sûr de toi, je me demande ce que cette personne a bien pu te faire…Je suppose que c’est à elle en particulier que tu as fait ta promesse de tuer Voldemort. Ahhh l’amour… ! Son ton ironique me déplait mais il sourit encore. Il pense donc que tout ceci est un jeu ? -Oui, je lui ai promis et je tiendrais ma promesse avec ou sans votre aide ! Il cesse de sourire et me regarde avec sérieux. -Tu fais erreur mon jeune ami, tu n’y arriveras jamais sans mon aide… Il me scrute encore et un sourire malin éclaire ses traits enfantins. -Mais tu m’as fait rire et je n’avais pas ri depuis longtemps. Je veux bien t’aider. Je peux te donner la puissance nécessaire pour vaincre ton ennemi. Je veux bien t’aider au nom de l’amour, ricane-t-il, mais ça ne sera pas gratuit. Si j’ai appris quelque chose au cours des siècles c’est que rien n’est gratuit en ce bas monde. Je le regarde abasourdit et les autres font de même alors qu’une bouffée d’espoir m’envahit. -Vous…Vous feriez cela ? Il hoche la tête. -Les sorciers d’aujourd’hui ont oublié l’ancienne magie, la magie-mère…Connaissez-vous les secondes sources ? Ron hoche la tête et Rogue plisse les yeux, de plus en plus intrigué. -Pour vous, il s’agit déjà de veilles magies, mais ce que les gens ont oublié c’est qu’avant d’être séparées en plusieurs morceaux, l’âme, le cœur, l’esprit et le corps, toutes ses magies venaient d’une même source : la magie que l’on nomme la magie-mère. Moi et les Autres, nous contrôlons cette magie. Nous n’avons pas oublié comment transmettre le pouvoir… -Quel pouvoir ? demande Rogue. -Par exemple le pouvoir de vaincre son ennemi…répond l’enfant-qui-n’en-est-pas-un en me regardant. Je pourrais te transférer une faible partie de ma magie, juste de quoi vaincre peut-être ton ennemi, il faut voir ce que ton corps et ton esprit peuvent accepter. Mais une fois la magie libérée elle ne reviendra pas vers toi, puisqu’elle ne fait pas partie de toi, tu n’es pas un Autre. Tu retrouveras ta magie si simple et si faible. Alors si tu acceptes ma proposition, tu dois bien comprendre que tu n’auras pas plusieurs chance. Si tu utilises la magie-mère, assure-toi de l’utiliser pour ce que tu veux vraiment. Cela serait dommage que tu l’uses avant ton combat contre le mage noir, n’est-ce pas ? Tout cela a l’air trop beau pour être vrai. Il semblerait que j’ai enfin trouvé le moyen de vaincre Voldemort. Je suis heureux : si ce type dit vrai, alors la guerre sera bientôt finie. -Vous avez parlé d’un prix à payer, il me semble ? La voix sèche de Ron me sort de mes pensées et je remarque que O’Donnel lui sourit méchamment. -Enfin, un qui a les pieds sur terre, susurre-t-il. Bien entendu qu’il y a un prix à payer. Vous venez me voir, moi, vous m’appelez Loik O’Donnel mais mon nom, mon véritable nom, vous ferait peur si vous l’entendiez. Je n’ai rien d’un bon samaritain. Je suis la Neutralité. Je ne ferais donc pas le bien sans faire le mal en retour. -Quel est votre prix ? je demande d’une voix basse. Ses yeux luisent d’une joie malsaine et je frissonne. J’ai un mauvais pressentiment et sans que je sache pourquoi l’image de Draco tourbillonne dans ma tête. Je tremble un peu, en face de moi le sourire de l’enfant s’agrandit. -Un vrai prince des glaces, murmure-t-il, décidément tu sembles vraiment amoureux de lui, mais ne t’inquiète pas, je vais te demander ce que tu es de toi-même prêt à donner. Tu me l’as dit, il n’y a même pas quelques minutes. Je ne toucherai pas à ton amour, cela serait trop cruel, et puis, il est si mignon… -Ne parlez pas de lui comme ça ! -Si nous reparlions du prix à payer, reprend Rogue, peut-être que quelqu’un d’autre que Potter peut vous rembourser ? -Seriez-vous volontaire Severus ? demande l’enfant avec une petite moue qu’en d’autres circonstances je qualifierai d’adorable. -C’est le cas, répond Rogue avec le plus grand sérieux. Je le regarde, ébahi mais il fixe O’Donnel. -Moi aussi je peux payer, dit Ron d’une voix étrangement calme, car je suppose que ce n’est pas de l’argent qui vous intéresse ? -Que c’est charmant ! s’exclame notre hôte. Ne trouves-tu pas cela charmant Harry ? Tes amis prêts à payer pour toi ! Mais le problème c’est que je ne veux pas de leur sacrifice. Toi seul m’intéresses. Il fait un geste de la main et une pierre étrange et toute blanche vole jusqu’à lui. -Tu as dit que tu étais prêt à donner ta vie s’il le fallait, n’est-ce pas ? Je fronce les sourcils mais acquiesce silencieusement. Je jette un regard inquiet à Ron étrangement blême qui ne cesse de fixer la pierre que tient O’Donnel. -Sais-tu quelle est cette pierre ? -Non. -Ton ami, le sait, lui. Dis-lui Ron. Je me tourne vers mon meilleur ami dont les yeux brillent de rage. -Une pierre de vie ! siffle-t-il. Mais je ne vous laisserai pas faire ! Il se lève et attrape mon bras brusquement. -Viens Harry, partons d’ici ! Nous n’avons pas besoin de lui ! -Je suis d’accord avec Weasley pour une fois, dit Rogue qui s’est levé à son tour. Allons-nous en ! O’Donnel se contente de sourire alors que Ron me traîne vers la porte. Je me dégage soudainement de sa poigne et fixe l’enfant. -Combien ? je demande d’une voix dure. -Quatre vingt. -Ans ? Il hoche la tête silencieusement tout en souriant toujours. Je n’entends pas les exclamations outrées de Ron, ni les grognements de Rogue qui me demande de partir. Je ne vois plus que O’Donnel et sa pierre de vie dans sa main qui semble luire d’une lueur blafarde inquiétante. Ron me tire encore en traitant O’Donnel de fou mais Ron ne comprend pas. O’Donnel lève négligemment une de ses mains et Ron et Rogue se retrouve assis sur leur fauteuil incapables de bouger et aucun son ne sort de leur bouche. -Juste le temps de discuter calmement, m’explique O’Donnel. J’acquiesce sous le regard furieux des deux autres. -Ce pouvoir pourra vraiment me permettre de vaincre Voldemort ? je demande après m’être de nouveau installé sur un fauteuil. L’enfant s’assoit en face de moi, souriant des tentatives désespérées de Ron pour se libérer de son sortilège. -Tu dois bien comprendre Harry, que je te propose un marché à double tranchant. Si tu acceptes de me donner quatre-vingt ans de ta vie, tu pourrais aussi bien mourir sur le champ. Tu as quel âge ? -Dix-sept ans. -Si tu me donnes quatre-vingt ans, tu peux mourir sur l’heure, personne ne sait quand sa fin doit venir mais si tu acceptes le marché, tu sais que toi tu mourras quatre-vingt ans avant ta vraie mort et cela peut bien être aujourd’hui, demain, ou même pendant le combat contre Voldemort si ton destin était de mourir quatre-vingt ans après, jour pour jour. -Mais si je donne ma vie et que je ne meurs pas tout de suite, cela voudrait dire que de toute façon j’aurais vécu assez longtemps pour vaincre Voldemort. -Cela ne marche pas comme ça, peut-être est-ce parce que tu fais le choix de donner ta vie et donc d’avoir plus de puissance que tu vas vaincre Voldemort ou peut-être que de toutes façons tu l’aurais vaincu même sans mon aide. Je ne t’offre aucune garantie, si ce n’est celle de ne plus avoir beaucoup d’années ou de mois à vivre. Es-tu prêt à prendre ce risque ? -Je peux donc quand même mourir pendant mon combat. -Oui, si ta mort devait tombait justement quatre-vingt ans plus tard, mais tu peux aussi mourir la veille ou le lendemain, personne ne peut savoir. -Ce n’est pas très différent de ma vie de tous les jours, je n’ai pas peur de mourir. Avec ou sans toute cette histoire personne ne peut prédire la date de sa mort. Elle peut frapper à tout moment. -Bien entendu, mais tes jours à toi seront comptés si tu acceptes. Les sorciers vivent assez vieux mais guère plus de 11O ans, il te restera au mieux une dizaine d’année à vivre. Je ferme les yeux. En gros il me demande quasiment toute ma vie en échange d’un pouvoir éphémère et je n’ai aucune garantie de réussite. J’ai presque envie de rire. Quand je pense que j’ai engueulé Ron car il avait donné cinq ans de sa vie. Cinq ans perdus. Mais moi ce n’est pas pareil…Je dois le battre. Je suis loin d’être assez puissant, même si Dumbledore dit le contraire. J’ai promis à Draco. Quatre-vingt ans…je ne pense même pas atteindre l’année prochaine alors à quoi est-ce que toutes ces années vont bien pouvoir me servir ? J’ai dit que je donnerai ma vie pour le battre s’il le fallait, je n’imaginais pas ça comme cela. Je pensais plutôt à un combat à mort, pas à une vulgaire pierre qui pomperait mon essence vitale. Je respire longuement. Mon choix est fait bien entendu. Qui refuserait une telle chance de pouvoir enfin battre Voldemort ? Pas moi. Un regard gris flotte sous mes paupières. J’aurais bien aimé le revoir avant de donner toutes ses années. Peut-être que je n’y survivrais pas, ce sera le cas si mon destin était de mourir avant mes quatre-vingt dix sept ans. -Ton choix est-il fait ? me demande O’Donnel Je me tourne vers Ron et lui fait un petit sourire triste. Mon choix est fait, en effet. -Ne m’en veux pas… Il me regarde horrifié avant de secouer la tête et de hurler des phrases que je n’entends pas. -Je dois le faire. Tu comprends ? Il ne comprend pas et ses yeux se voilent de larmes alors qu’il se débat encore inutilement. Merde. Si c’était moi à sa place, je ne lui pardonnerai jamais ce que je m’apprête à faire. Je me tourne vers Rogue qui semble psamoldier pour essayer de briser ses liens. De temps en temps, son regard se pose sur moi avec un mélange de tristesse et de colère. Je suis content de ne pas les entendre. Ils auraient réussi à me faire changer d’avis. -Allons-y, je souffle. -Bien, sourit l’enfant, je veux juste te dire que pendant deux semaines à peu près, si tu survis, tu iras assez mal. On ne se fait pas aspirer quatre-vingt ans de vie sans avoir quelques faiblesses durant quelques temps. Mais après deux semaines de repos, tu seras comme neuf. -Et les pouvoirs ? je demande d’une voix froide. -Tu les auras aussi mais ne les gaspille pas inutilement. Je hoche la tête et me tourne de nouveau vers Rogue et mon meilleur ami. -Vous ne direz à personne ce que je vais faire. Ni à Draco, ni à Hermione, ni à Dumbledore ou à Remus…à personne. Personne ne doit savoir sauf nous trois. Je veux avoir votre promesse. Je tremble un peu car je vois Ron pleurer, toujours muet, me regardant d’un air suppliant, il me connaît assez pourtant pour savoir que je ne vais pas changer d’avis. Rogue lui est étrangement pâle. Je suppose que c’est parce que Dumbledore lui a demandé de me protéger et qu’il a en quelque sorte échoué. -Promettez ! je répète. Enfin après ce qui me semble une éternité Roque baisse les yeux en signe d’assentiment mais Ron secoue la tête faiblement, pleurant toujours. -Promet-le moi Ron ! Il me fixe alors et une tristesse sans nom m’envahit. Il détourne les yeux et baisse la tête à nouveau et je prends cela comme un signe de capitulation. -Merci, je souffle mais il garde les yeux baissés et ses épaules tremblent sous ses sanglots silencieux. Lorsque je reviens vers O’Donnel, tout se passe très vite. Il pose une main sur mon ventre et incante directement. Je hoquette de surprise alors que des vagues de puissance déferlent en moi, la tête me tourne et mon ventre me brûle, c’est presque aussi bien que faire l’amour à Draco. Cela s’arrête trop vite à mon goût et je me sens comme un drogué en manque de magie. Je me sens aussi parallèlement plus puissant, plus empli de magie que jamais. J’ai même un sourire niais lorsque O’Donnel attrape ma main pour la poser sur la pierre blanche. La pierre de vie. Mon sourire me quitte presque instantanément et un long hurlement déchire ma gorge. J’ai mal. On me vole ma vie. Le froid vient par pics dans ma chaire. Un hurlement strident déchire mes oreilles. Je ne me rapelle plus qui je suis. Je n’ai plus conscience de rien, sauf que je meurs petit à petit, année par année. Je voudrais que cela s’arrête. Au bout de ce qui me semble une éternité, la douleur s’en va un peu et je comprends que le hurlement strident vient de ma gorge. Il me faut un effort presque surhumain pour ordonner à ma voix d’arrêter de hurler. -Harry… La voix est chevrotante. J’ai froid. -Harry… Quelqu’un pleure à mes côtés en répétant mon prénom. Je me rends compte alors que je suis allongé, recroquevillé sur moi même sur le béton d’une ruelle et que la nuit est tombée. Deux mains se posent sur mes épaules et je relève la tête. Le professeur Rogue me fixe visiblement inquiet. -Rentrons à Poudlard, dit-il à Ron, il faut l’emmener à l’infirmerie. ! Cessez de geindre Weasley et aidez-moi à le soulever ! Je suis soulevé, on me tient par la taille de part et d’autre et on m’oblige à marcher. Je reprends un peu de force durant le chemin qui mène à la zone de transplanage mais Ron et Rogue doivent encore me soutenir pour que je marche. Rogue m’explique avec des mots hachés que O’Donnel nous a mis à la rue par magie après qu’il m’ait pompé ma vie. Il me dit aussi qu’on va devoir expliquer mon état par l’arrivée des nouveaux pouvoirs en espérant que dans deux semaines, je sois en forme. Ron ne dit rien. Nous transplanons, je sens le froid m’envahir à nouveau. Je suis si fatigué. Je suis traîné de nouveau jusqu’au château. Lorsque nous entrons, ils sont tous en train de manger et des tâches floues dansent devant mes yeux. J’entends des exclamations, Rogue donne son explication. Ron ne dit rien. Je sens un corps chaud me tenir par la taille pour ne pas que je tombe. -Putain ! Mais qu’est-ce qu’il s’est passé ? La voix du corps chaud est inquiète. Draco. J’ouvre un peu les yeux. Je ne savais pas que je les avais fermés. Draco, tout en me menant avec l’équipe des professeurs à l’infirmerie demande des explications d’un ton presque hystérique. -Plus de pouvoir ? Mais c’est une plaisanterie ? Il n’est même pas en état de soulever une baguette ! Je n’aime pas le voir inquiet. Il faut que je le rassure. J’oblige ma voix pâteuse à s’activer alors que dans ma tête quelqu’un joue du tambour et c’est douloureux. -Ne t’inquiète pas, je souffle, je serais bientôt sur pied et je pourrai battre Voldemort. Draco s’arrête de marcher et me lâche. Mes jambes ne me soutenant pas, je m’écroule à terre avant que Remus et McGonnagall ne me relève. Une poigne de fer m’attrape par le col sous les exclamations outrées de l’équipe professorale et je suis plaqué sans ménagement contre un mur. Mais yeux s’ouvrent un peu plus en grand sous le choc. Et là, je le vois. Son regard gris brillant de chagrin et de rage. -COMMENT PEUX-TU PENSER QUE C’EST SA VIE A LUI QUI M’INTERESSE ? TU N’AS TOUJOURS PAS COMPRIS QUE MA PRIORITE CE N’EST PLUS DE LE VOIR MORT ? MA PRIORITE C’EST TOI ! C’EST QUE TU AILLES BIEN ! Il me secoue un peu et j’entends Rogue lui ordonner de me lâcher. Il se calme alors soudainement, prenant sûrement conscience que nous ne sommes pas seuls. Mais sa mâchoire est serrée et il regarde mon allure générale visiblement dégoûté. -Je veux que tu ailles bien, répète-t-il avec une sorte de rage froide et presque à contre cœur. Je t’aime. Il y a un drôle de silence dans la salle alors que sa voix raisonne encore dans les couloirs. Je me sens glisser contre le mur et je crois bien que je pleure. Mon cœur me serre. C’est drôle, c’est quand on ne s’y attend le moins que certaines choses arrivent. J’entends ses pas enragés quitter le couloir et je pleure encore. Mon cœur bat bien trop vite. Ses bras me manquent. J’ai du mal à respirer et tout devient noir autour de moi. A suivre… |