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au 20 Nov 08 :
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pour 1388 fics écrites
contenant 3547 chapitres
qui ont générés 7129 reviews
 
     

     
 
Et Harry aima Draco
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance/Drame
22 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 2     Les chapitres     23 Reviews    
Je veillerais sur toi

 POV de Harry 

 Il sait… 

Je crois que je n’ai jamais été aussi mal de ma vie. 

Il sait… 

Je n’ose plus regarder personne, seuls quelques serpentards ricanent, le reste de la classe est silencieuse. 

 Il sait… 

Je revois encore son regard de dégoût. Et l’horreur de la situation m’apparaît avec une clarté affolante. Toute la classe a vu …et lui… 

Il sait… 

Il me hait. Bien sûr je le savais, bien sûr c’était évident mais je crois que quelque part au fond de moi j’avais un espoir. J’ai espéré parfois, non en fait, j’ai espéré souvent que peut être il éprouverait quelque chose pour moi…que peut être il serait amoureux de moi.

Cet espoir vient définitivement d’être réduit en miettes. Il ne devait pas l’apprendre de cette façon. Pas comme cela, pas devant tout le monde… C’est de la faute de Rogue, c’est de la faute de ce connard graisseux ! 

Pourquoi se taisent-ils tous ? Que quelqu’un parle, par pitié ! Ce silence est insupportable ! J

e lève mes yeux vers Ron , il me regarde d’un air inquiet, puis il semble comprendre que le silence me gêne puisque je le vois ouvrir la bouche dans l’intention de parler. 

-Je crois que le cours est finit. 

Ce n’est pas Ron qui vient de parler…c’est LUI. Mes yeux presque malgré moi se tournent dans sa direction, il a déjà ramassé ses affaires et s’apprête à sortir comme s’il ne s’était rien passé. Comme s’il ne venait pas de découvrir que j’étais fou amoureux de lui. 

Il sait… …et il s’en moque. Une boule se forme dans ma gorge, je me doutais que cela ferait mal mais je ne pensais pas que ce serait à ce point. 

-Il me semble, Monsieur Malfoy que je ne vous ais pas permis de sortir !Draco s’arrête mais ne se retourne pas. 

-Avec tout le respect que je vous dois professeur, reprend Draco d’une voix sarcastique, je me moque de votre permission. 

Comme tout le reste de la classe je reste soufflé par ses paroles, alors que Draco sort tranquillement de la salle sous le regard choqué de Rogue. Finalement Rogue reprend contenance et nous ordonne de sortir à notre tour. Le regard des autres élèves ne me lâche pas, Ron et Hermione sortent à mes côtés sans dire un mot mais je vois bien qu’ils ont l’air inquiet.

Sans se concerter, nous allons à la salle sur demande, je sais que je vais devoir leur parler mais je ne peux m’empêcher d’être inquiet pour Draco, il est sortit si vite, j’espère qu’il va bien. Je ne veux pas que ce qu’il vient d’apprendre le mette mal à l’aise, je crois que je le suis assez pour deux. A peine arrivé que je me laisse tomber sur un des fauteuils, Ron s’assoit sans un mot en face de moi alors qu’Hermione commence à faire les 100 pas. 

-Bon, il sait, commence-t-elle, et même s’il semble avoir réagit plutôt…bizarrement, il… 

-Il n’a pas réagit du tout, tu veux dire, je la coupe d’une voix lasse, il s’en fout…et il a raison. 

Ron et Hermione ne trouvent rien à répondre, ils savent que j’ai raison, ils savent que c’est sans espoir. Je ferme les yeux pour oublier le dernier regard qu'il m'a lancé mais ça ne marche pas. Je le répugne tellement, son visage d'ordinaire si impassible c'est teinté de dégoût. Lorsque je ferme les yeux je ne vois que lui, et j’ai mal parce que Draco me hait alors que moi… 

-Rogue n’avait pas le droit de te faire cela, s’exclame encore Hermione, c’est de la violation de vie privée, il faut en parler à Dumbledore ! 

A quoi bon, tout me semble vain maintenant, je veux juste oublier que cette journée a eu lieu, je veux juste oublier son air dégoûté. Et Merlin, je voudrais tellement oublier que je l’aime. 

-On laisse tomber pour Rogue. 

-Mais Harry…, commence Hermione encore énervée. 

Je plonge mes yeux dans les siens, je ne veux plus entendre parler de cette histoire, enfin pas pour l’instant, je veux quelques minutes de calme avant de revoir le reste de l’école et Hermione semble comprendre puisqu’elle se tait. Je suis surpris de l’étonnement que j’ai vu sur les visages de mes camarades de classe. Je dois être un meilleur acteur que je ne le pensais.

Cela va pourtant faire plus d’un an que je l’aime. Cela fait bientôt un an que j’en ai mis Ron et Hermione au courant. Ils l’ont mal pris mais je le prenais mal aussi alors c’était bien ainsi. Puis les mois ont passé et mes sentiments ne se sont pas atténués comme nous l’espérions, non, bien au contraire, ils ont augmenté en intensité, tant et tellement que Ron et Hermione ont du s’avouer vaincus et ont fini par accepter ce fait, j’ai commencé moi aussi à l’accepter.

De toute façon ne pas l’accepter reviendrait à ne pas accepter ce qui fait qu’aujourd’hui je suis ce que je suis. Ce que je veux dire c’est que ces sentiments entrent dans la description de ma personne. Si je devrais me définir cela serait ainsi : Je suis Harry Potter, j’ai 17 ans, je suis à Gryffondor en septième année à Poudlard, brun aux yeux verts, je n’ai pas d’avenir ou si peu, je suis un orphelin qui s’est créé une nouvelle famille, mais surtout je suis amoureux de Draco Malfoy pour le meilleur et pour le pire. Cette définition n’est pas très élaborée mais l’essentiel est là. Si je ne dis pas que je suis amoureux de lui alors ce n’est plus moi, je ne suis vraiment Harry Potter que parce que j’aime Draco Malfoy. 

J’ai donc accepté cet état de fait et je dois avouer que ne plus retenir mes sentiments a été un véritable soulagement. Pouvoir en parler avec mes amis, c’était indescriptible, je les admire pour leur loyauté et leur confiance en moi. Hermione m’a dit que si j’aimais Draco alors ils ne devaient pas être si « imbuvable » que cela et elle a commencé elle aussi à voir autre chose en lui, sans pour autant le voir de la même façon que moi, juste d’une manière différente, d’une manière plus nuancée.

Ron ne m’a rien dit au sujet de Draco, lorsqu’on en parle, il n’y a que Hermione et moi qui débattons, Ron se tait juste, au début il serrait les dents pour s’empêcher de l’insulter en ma présence maintenant il se contente d’être présent et je ne le remercierais jamais assez pour cela. Pourtant, il m’en a parlé juste une fois, dans le train qui me ramenait chez les Dursley à la fin de l’année dernière. Dans ce train, Ron et moi, nous nous apprêtions à rejoindre Hermione, Neville et Ginny dans un compartiment, lorsque nous l’avions croisé.

Il était dans un couloir et il parlait avec Zabini, ils ne nous avaient pas encore vu, trop captivés semblait-il par leur discussion. Draco disait que l’amour était une illusion que les adultes apprenaient aux enfants d’une part parce qu’on le leur avait inculqué de la même manière et d’autre part parce qu’ils espéraient en en parlant à leur enfant que ce sentiment était bien réel.

Il disait aussi, que cette illusion devait sûrement être nécessaire à certaines personnes mais que ces personnes étaient alors pitoyablement inintéressantes et que cela restait une illusion. Blaise avait répliqué que Draco était bien cynique, et qu’il devait bien lui aussi rechercher comme tout le monde un petit peu de ce sentiment. Draco avait alors rigolé en disant que la seule chose que tout le monde recherchait c’était ce besoin de n’être plus seul, et qu’il avait heureusement certains atouts pour être en assez bonne compagnie, dès qu’il en ressentait le besoin. 

C’est à ce moment là qu’ils nous avaient vu et Draco avait bien sûr commencé à nous insulter, Ron avait bien sûr répondu et moi je ne savais pas quoi faire, partagé entre mon envie de remettre Draco à sa place et la peine qui m’accablait à la seule idée de le blesser, même si ce n’était qu’avec des mots, même si mes phrases ne devaient pas le toucher tant que cela. Une fois seuls, Ron s’était retourné vers moi, les yeux encore emplis de haine… « Tu devrais le lui dire Harry, je crois qu’il arrive un moment ou il faut dire à la personne qu’on aime la vérité. Alors que je le regardais les yeux ronds, encore étonné que Ron veuille que je dise à Draco que je l’aime, il avait rajouté avec un petit sourire, que comme cela en plus d’être libéré d’un grand poids, cela aurait le mérite de faire taire la fouine pendant quelques seconde ! 

Ce fut la seule fois où Ron me donna un conseil à propos de Draco mais j'ai pensé tout l’été et j’ai commencé à imaginer diverses façons de lui dire que je l’aimais et j’ai imaginé chaque fois sa réponse. Les jours où je n’étais pas dans mon assiette, j’imaginais alors que Draco se moquait de mon amour, qu’il crachait dessus sans aucune pitié, lorsque j’étais de bonne humeur, le Draco de mon imagination prenait mon « aveu » plutôt bien, me disant qu’il comprenait et que même si ses sentiments ne correspondaient pas aux miens, il voulait bien devenir mon ami.

Je n’ai imaginé qu’une seule fois que Draco m’avoue son amour à son tour, et c’était la fois la plus douloureuse parce que la plus improbable. Je n’ai plus jamais imaginé sa réaction après cette fois là, de peur de rêver encore au dessus des possibilités. Je ne pensais pas qu’il allait l’apprendre de cette façon, c’est si humiliant, à la fois pour lui et pour moi, mais peut être est-ce mieux finalement qu’il sache. Ne plus faire semblant de le détester, j’en ai le droit maintenant. Alors oui, en effet, c’est mieux comme cela. Je sors de mes pensées parce qu’Hermione nous rappelle que c’est l’heure du cours d’Approfondissement de la Seconde Sources ».

Ron bougonne un peu, il va devoir ce retrouver avec beaucoup trop de serpentard à son goût, il a hérité de la magie de l’âme comme seconde source, il se trouve tout de même avec sa soeur et Neville. Moi c’est presque sans surprise que je me suis retrouvé comme la majorité des élèves et de mes camarades de classe dans la magie du corps. Le premier cours commence aujourd’hui pour les septièmes années, il n’y a que pour la magie du cœur que les cours sont en communs, ils sont si peu nombreux. 

J’envie les quelques gryffondors qui possèdent cette source, j’aurais aimé la posséder aussi, j’aurais été avec lui. Hermione m’a dit que c’était une source très puissante et sauvage, que c’était la plus difficile à maîtriser. Je vois bien que Draco ne semble pas être content d’avoir la magie du cœur comme seconde source, mais je trouve que cela lui va bien, et je suis sûr qu’il est capable de la maîtriser, si quelqu’un le peut, c’est bien lui. 

Je me rend donc en cours en suivant docilement Hermione, et je m’aperçois aux regards que me lance tous les élèves que tout le monde est maintenant au courant de mes sentiments envers Draco. Pourtant personne ne me dit rien, même mes amis, c’est peut être à cause des regards hargneux que lance Hermione.  

Nous arrivons enfin devant une salle de classe et nous entrons en même temps que le reste de la classe. Je m’installe à côté d’Hermione et quelques secondes après Dumbledore apparaît. Je dois dire que je suis étonné et son regard bleu se fixe sur moi quelques instants, et je comprend qu’il sait lui aussi pour Draco. 

-Je suis votre professeur de ASS, commence-t-il d’un air grave assez inhabituel, étant moi aussi un initié à la magie du corps, je vais faire mon possible pour que d’ici la fin de l’année vous réussissez à faire de la magie sans baguette. Cela sera assez dur je ne vous le cache pas mais les meilleurs d’entre vous devraient y arriver, pour les autres cela améliorera sans conteste votre magie initiale même si vous n’arrivez pas à vous passer de votre baguette. 

Je passe le reste du cours à suivre les instructions de Dumbledore et je m’aperçois qu’il est un assez bon prof, tout le monde semble suivre le cours captivé, lorsque la fin des deux heures est arrivée.  Dumbledore nous dit qu’il est satisfait de nous et je suis comme les autres, je suis fier d’entendre ses mots de sa bouche. Je me demande comment s’est passé le cours de Draco. 

Je ne l'ai pas revu depuis la fin du cours de potion, j'aurais aimé lui parler, je me sens tellement bête. Je ne fais même pas attention au regard des autres. Je m'en moque, je sais juste qu'il faut que je lui parle. Mais là cela va  faire plusieurs heures que je ne l'ai pas vu, je vais sûrement le voir au dîner...  Peut être qu'il acceptera de me parler. Finalement, nous croisons Ron qui sort lui aussi de son cours, Neville me jette un regard noir lorsque nous nous croisons. 

-Il t’en veut, murmure Ron, il ne comprend pas comment tu peux aimer quelqu’un comme Draco Malfoy. 

Je hausse les épaules, que Neville pense ce qu’il veut, cela m’est égal, ce n’est pas sa réaction qui m’intéresse. 

-Potter ! 

Je me retourne brusquement au son de cette voix, Pansy Parkinson me regarde d’un air amusé. Je déteste cette fille, ma main se crispe malgré moi sur ma baguette. 

-Alors, comme cela, on est gay ! 

-Cela te pose un problème ? je demande calmement. 

Son sourire s’accentue et son regard froid brille dangereusement, je remarque à peine que les élèves se sont arrêtés pour attendre la confrontation. Pansy est connue pour être la « future Madame Malfoy », enfin c’est le titre qu’elle vise. 

-Aucun problème Potter, seulement, tu n’es pas réellement amoureux de lui, n’est ce pas ? 

Je me demande en quoi cela l’intéresse, mais elle semble attendre une réponse, comme le reste des élèves qui est suspendu à mes lèvres. Je devrais me détourner et ne pas lui répondre, mais je ne veux pas, je veux qu’ils sachent tous que je l’aime, que mes sentiments sont réels, que Harry Potter est amoureux de Draco Malfoy et qu’il se moque de leur opinion.Je prend une grande inspiration, pour clarifier une fois pour toute cette histoire et pour montrer à Parkinson que l’amour que je ressens pour Draco est plus fort que ce qu’elle ne ressentira jamais. 

-Je suis amoureux de lui, je n’ai aucune honte à le dire, c’est un cadeau que la vie m’a fait en me faisant tomber amoureux de quelqu’un comme lui, il est tout ce dont je n’ai jamais rêvé, il est celui qui fait battre mon cœur plus vite, celui pour qui j’ai envie de me battre, il est… 

Je me tais brusquement, Draco vient de se planter à côté de Parkinson et je comprend avec horreur que depuis le début il devait écouter la conversation, il a l’air furieux, il m’attrape par le col et personne ne fait un geste autour de nous. Draco s’apprête à parler mais il semble aviser que nous ne sommes pas seuls et cela semble encore plus l’énerver. 

Défiant quiconque d’un simple regard de l’arrêter il commence à me traîner alors que je suis encore sous le choc de son arrivée, incapable de faire le moindre geste pour me débattre  et je dois avouer que je n’en ai pas envie, nous arrivons jusqu’à une salle de classe vide. Draco me jette presque dedans, il rentre à son tour et ferme la porte à l’aide d’un sort.

 

Lorsqu’il me fait face, je vois son regard sur moi empli de haine et de fureur.

 

-Alors comme cela tu m’aimes Potter ?

 

Sa voix reste neutre, aucune émotion ne transparaît. Il n’aurait pas du l’apprendre ainsi, il n’aurait même pas du être au courrant. Mais maintenant c’est trop tard, il ne sert plus à rien de lui mentir. Je me contente donc de hocher la tête et je vois sa mâchoire se crisper de colère. Il doit encore m‘en vouloir pour les images qu’il a vu, je m’en veux aussi, ses images m’appartenaient, c’était mon secret, et maintenant une vingtaine d’adolescents en chaleur a vu Draco entièrement nu. Il ne me reste même pas cela pour moi…Et Draco doit me détester. J’ai violé son intimité. Il faut que je lui demande pardon.

 

Il approche de moi, et j’ai vraiment l’impression qu’il veut me frapper mais je ne recule pas. En fait, je reste captivé par sa personne.

 

A-t-il seulement une petite idée de l’effet qu’il produit autour de lui ? A-t-il seulement conscience de l’effet qu’il produit sur moi ?

 

Je trouve qu’il est beaucoup trop proche maintenant. Merlin, j’en ai des frissons ! Il est magnifique, il est en colère mais il est fascinant. Ses yeux gris me transpercent et je sais que je suis perdu, encore une fois. Je me perd dans sa contemplation, je le dévore des yeux, je mémorise pour la énième fois les traits de son visage, mais il est parfait et je n’arrive à y déceler aucune imperfection, même le trait amer que forme sa bouche je le trouve beau, même ses yeux brillants d’une lueur mauvaise je les trouve beaux. Je suis tellement près de lui qu’il suffirait de presque rien pour qu’on se touche. Mais si je le touche, je pars au paradis.

 

Il se penche à mon oreille, et sa voix susurre quelque chose, j’en tremble presque et je monte au septième ciel alors que je sens son souffle chaud sur moi et l’odeur de sa peau m’envahir.

 

Je redescend seulement lorsque je comprend ce qu’il vient de me dire, j’ai du mal entendre…Draco ne m’a pas demandé de le…

 

-Par…pardon ?

 

-Par Merlin, tu es sourd Potter ! Je t’ai demandé de me sucer !

 

-Quoi ?

 

Ma voix ressemble étrangement à un croassement, je ne comprend pas…

 

Draco a un sourire mauvais alors que je reste planté comme un piquet.

 

-Je veux que tu me tailles une pipe, j’ai besoin de décompresser, et comme tu es là, autant en profiter.

 

Il me sort cela d’un ton désinvolte. Comme s’il me demandait un verre d’eau ou ma dernière note en Métamorphose. Et je me rend compte que je rougis de colère mais aussi de gêne.

 

-Je ne suis pas ta pute Malfoy !

 

Son sourire mauvais se fane, et seul le dégoût transparaît de ses traits et je comprends alors qu’il m’a dit cela juste pour me blesser et que ça a marché.

 

-Tu te surestime Potty, je ne comptais pas te rémunérer pour cela ! Tu es moins qu’une pute, tu es une merde Potter !

 

Je ne dis rien et laisse ses paroles m’atteindre au plus profond de moi. Cela fait mal, je savais qu’il me détestait mais cela n’empêche pas la douleur de m’envahir.

 

Je ne répond rien et cela à l’air d’énerver encore plus Draco. On dirait qu’il cherche à s’attirer ma haine.

 

Draco se recule un peu, détache son pantalon , ses yeux gris et froids sont plantés dans les miens alors qu’il baisse son pantalon en même temps que son caleçon…

 

Je me déteste car je ne peux m’empêcher de le regarder. Je me déteste car je frissonne d’envie alors que de sa voix autoritaire il m’ordonne de le sucer…

 

Je me déteste parce que je le vois trembler de rage, parce que je l’aime, parce que je ne le comprend pas.

 

Son sexe pâle n’est même pas tendu, à quoi m’attendais-je de toute façon ? Ce n’est pas parce que je suis en train de bander que lui aussi. Si seulement ça pouvait être le cas…

 

-La vue te plait Potter ?

 

Je sursaute à ses mots et m’oblige à regarder ses yeux. Je suis pathétique. Il est là à moitié nu devant moi et je suis écrasé par son mépris, par sa prestance. Détruit par sa haine.

 

Je dois faire pitié à rester là, les bras ballants, rouge de honte, attendant une autre de ses paroles blessantes.

 

-Mais, suis-je bête continue Draco, j’avais oublié que tu connaissais déjà !

 

Je le vois remonter son pantalon, il pousse un soupire de lassitude et me regarde d’un air contrarié.

 

-Ecoute moi bien, le balafré, je me fou de ton amour, je n’y crois pas, je vais être clair une bonne fois pour toute, la seule chose que j’accepte de toi c’est ta haine. Alors je te le demande gentiment cette fois : déteste moi…c’est tout.

 

Il croit peut être que je n’ai pas essayé ? Sait-il seulement à quel point je me sentirais mieux si je pouvais le haïr ? Sait-il que tomber amoureux de lui est la pire chose qui pouvait m’arriver ?

 

Je le vois se retourner et s’apprêter à sortir de la salle.

 

-Je crois que cela ne va pas être possible…

 

Je ne sais pas ce qu’il m’a prit de parler, en fait je crois que la vérité c’est que je veux qu’il sache que je l’aime, et que cela ne va pas changer.

 

Draco s’arrête un instant. Je vois son corps se tendre de colère.

 

-C’est ce qu’on verra ! Murmure-t-il d’un ton menaçant.

 

Il quitte enfin la pièce, me laissant seul…

 

O°O°O°O°O

  

Je crois que j’ai menti à Parkinson en disant qu’aimer Draco était un cadeau de la vie, ce n’en est pas un, c’est une malédiction. Cela va faire trois jours que nous avons eu notre discussion dans la salle de classe et depuis il s’emploie en effet à être le plus imbuvable possible. Il est blessant dès qu’il me croise, il se moque devant tous de mes sentiments, dès qu’il m’adresse la parole c’est pour m’insulter. Et depuis ce matin il sort avec Andréa Luis une 6ème année de serpentard. Je l’ai bien sûr déjà vu en compagnie de filles, Draco a du succès, ce n’est pas une nouveauté pour moi mais cette fois ci je sais que s’il sort avec cette fille c’est dans le but de me blesser. Et il y parvient très bien. J’ai encore l’image de Draco se laissant dévorer la bouche par cette pimbêche.

 

C’était ce matin, je me trouvais en salle de classe, en cours de sortilège avancé que nous avons avec les serdaigles, et comme à son habitude, le professeur a laissé la porte de sa salle ouverte. D’habitude j’aime bien parce que cela me permet de regarder les passages de couloirs et faire un peu passer le temps, je me trouve en effet juste placé pour avoir une vue sur le couloir, d’ailleurs il y a une semaine de cela j’avais déjà vu Draco passer, les serpentards n’ont pas cours à ce moment là, il m’avait vu le regarder, mais à l’époque il ne savait pas la vérité, alors il s’était contenté de grimacer à ma vue. Je n’aurais jamais cru qu’il se souviendrait de cela mais il s’en est souvenu. Il s’est souvenu que le vendredi, de 8h à 10h, je suis en cours de sortilège et que j’ai une vue sur le couloir.

 

Il s’en est souvenu…et il l’a emmenée ici.

 

La fille ne disait pas grand-chose lorsque Draco s’est adossé au mur, elle n’a pas vu qu’il me regardait, pour être sur que je comprenne bien que c’était à moi qu’il offrait ce spectacle. Elle devait être totalement absorbé par sa beauté pour ne pas voir qu’ils se trouvaient devant une porte de salle de classe, pour ne pas voir son petit sourire cruel.

 

Moi je l’ai vu, et ce sourire m’étais adressé. Je ne connaissais pas le nom de la fille, je me suis renseigné après, mais elle était assez jolie, très féminine, comme toutes les conquêtes de Draco. Et elle a pressé ses lèvres et son corps contre lui et je n’ai pas pu détourner le regard.

 

Il l’a laissé prendre sa bouche, il l’a laissé mettre la main dans ses cheveux et il a posé ses mains sur ses fesses et j’ai eu mal, alors que Draco me montrait tout ce que je ne pouvais avoir. La jalousie a tordue mes entrailles, je voulais les frapper alors que je n’ai aucun droit sur lui, alors que je ne suis rien pour lui. Mais je voulais le frapper pour avoir l’air si bien dans ses bras qui n’étaient pas les miens, pour me laisser avoir mal à quelques mètres de lui. Et elle, cette petite connasse, je voulais lui arracher les lèvres parce qu’elles osaient toucher les siennes, la langue, les mains qui se déplaçaient sur lui, et tout le reste de sa personne pour les remplacer par moi, par mes lèvres, ma langue, mes mains…

 

Le baiser en face de moi devenait intense et la fille se frottait sans aucune pudeur contre Draco, si intense, qu’elle a gémit. Je voulais crier à Draco d’arrêter, je voulais m’enfuir loin de ce spectacle dont la seule représentation était pour moi, et j’avais mal bien malgré moi, j’étais partagé entre la tristesse et la colère lorsque la porte fut brutalement claquée.

 

Toute la classe sursauta alors que je recommençais à respirer normalement, soulagé de ne plus voir Draco, et lorsque le professeur ouvrit la porte de nouveau, il n’y avait plus personne. Pourtant aucun courant d’air n’était venu perturbé le cours et je me demande encore comment la porte a pu se fermer.

 

Depuis je l’évite, j’ai peur de revoir la même scène, le pire c’est que je ne lui en veux plus, je sais qu’il fait cela pour que je le déteste, il doit penser que c’est une bonne solution. Mais il a tord, ça ne marche pas.

 

Nous sommes au repas du soir et Hermione lit encore une fois la gazette des sorciers, il semblerait qu’il y ai encore eu des attentats, la page nécrologique est de plus en plus chargée et j’ai encore vu un élève s’effondrer en pleurs ce matin, c’était un poufsouffle et son frère s’est fait tuer.

 

C’est lorsque je vois cela que je comprends que finalement ce n’est pas très important que Draco m’aime ou pas, ce qui est important c’est qu’il aille bien.

 

Alors il peut se faire toutes les filles qu’il veut devant moi, il peut m’insulter, me frapper, renverser sa haine sur moi jour après jour, cela n’a pas vraiment d’importance, tant qu’il est là, devant moi en chair et en os.

 

Je voudrais pouvoir lui épargner cette guerre, l’empêcher de souffrir, je crois que c’est ce que je vais faire dorénavant, il ne m’aime pas, soit, mais cela ne m’empêchera pas de vieller sur lui. Je regarde les serpentards et mes yeux atterrissent enfin sur lui, il lève la tête et son regard plonge dans les miens.

 

Une des gryffondor, qui fait partie de ceux qui possèdent la magie du cœur, discute pas très loin de moi avec ses amies…mes yeux ne quittent pas le regard gris en face de moi et je ne peux m’empêcher d’écouter la conversation qui se déroule à mes côtés.

 

-Aujourd’hui, nous avons fait un peu de magie sans baguette…

 Tu as des yeux magiques Draco. 

-C’était dur, mais le but c’était d’arriver à faire claquer une porte sans baguette, sans prononcer de sort…

 Je ne peux me détacher d’eux et tu le vois bien hélas. 

-Je n’y suis pas arrivée, avec moi la porte a juste un peu bougée…

 

Je veillerais sur toi mon amour, personne ne te fera de mal.

 

-Ce n’est pas très grave, je m’entraînerais encore…dans le groupe une seule personne à réussit…

  Fronce les sourcils si tu veux, grimace de dégoût si tu veux, cela ne change rien au fait que… 

-C’était Malfoy.

 …Je t’aime. 

A suivre…

  
 
 
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