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contenant 3547 chapitres
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Et Harry aima Draco
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance/Drame
22 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 20     Les chapitres     23 Reviews    
Par pitié que quelqu'un me dise ce qu'il a!

POV Draco

Dimanche 3 avril, couloir de Poudlard, 19h 47

Je marche sans trop savoir où je vais. Je sais juste que je suis hors de moi.

Il m’a menti !

Il m’avait promis d’être prudent !

Je m’éloigne de lui alors que mon cœur me crie de retourner là-bas, de le prendre dans mes bras et de le soigner.

Je déteste être amoureux.

Quand je pense que je le lui ai avoué ! Et devant tout le monde, en plus !

Ce n’était vraiment pas le moment, avec un peu de chance il était trop dans les vapes pour avoir compris quoi que ce soit. Mais comment a-t-il seulement osé penser que si je m’inquiétais, c’était pour le dénouement de la guerre et pas pour lui ! Et puis, c’est quoi cette histoire de passationde pouvoirs ?

Je rebrousse brusquement chemin. Si Harry n’est pas en état de parler, Rogue l’est, lui.

Je cours presque dans les couloirs en direction de l’infirmerie, mais une fois là-bas, il n’y a que Granger devant la porte.

-Où est Rogue ? Je demande d’un ton pressé.

-Dra-Draco, commence-t-elle la voix enrouée, Harry…il…il a perdu connaissance. Pomfresh ne sait pas s’il va se révei…

-Rogue n’est pas là ? Où-est-il ?

Granger me regarde, un peu surprise. Ma question est pourtant simple. Elle s’approche doucement de moi et pose sa main sur la mienne et c’est seulement à cet instant que je me rends compte que je tremble. Je retire vivement ma main et serre les poings pour ne plus trembler.

-Draco, chuchote-t-elle, les larmes aux yeux, tu as compris ce que j’essaie de te dire ?

Je fais non de la tête. Mes yeux se posent désespérément sur la lourde porte en bois de l’infirmerie. Je ne veux pas entendre Granger lorsqu’elle a les yeux si rouges et la voix brisée, pas quand elle est devant une porte et que mon petit copain se trouve derrière, pas quand cette porte est celle de l’infirmerie.

-Je n’ai pas compris, je réponds dans un souffle.

Qu’elle se taise ! Mais qu’elle se taise ! Elle a un pauvre sourire triste avant de reprendre la parole.

-Harry a perdu connaissance, et ses fonctions vitales sont très faibles…J’ai-J’ai peur. Pomfresh ne peut rien faire de plus, il faut attendre maintenant qu’il se réveille mais s’il ne se réveille pas...

Je ferme les yeux. La réalité s’impose petit à petit à mon esprit. Je fixe Granger sans vraiment la voir.

-Ce matin il allait si bien, je murmure, il m’avait promis d’être prudent…il m’a dit que cette nuit, il dormirait dans ma chambre…

-Draco, tu es tout pâle, viens t’asseoir, tu ne dois pas rester seul, on va parler…

Granger me prend par la main et je me laisse faire, encore sous le choc. Une peur étrange me tord le ventre. Je dois parler à Rogue, je dois savoir ce qu’il s’est exactement passé.

Je lâche la main de Granger et m’éloigne sous son regard triste et surpris. D’un pas rapide, je me dirige vers le bureau de Dumbledore, Rogue doit y être, je passe devant la porte de l’infirmerie sans un regard mais mon cœur se serre douloureusement. Potter a intérêt à se réveiller et vite !

Lorsque j’arrive devant le bureau de Dumbledore, mon directeur de maison en sort, la mine fatiguée. Il relève les yeux vers moi et je resserre les dents.

-Un problème, Draco ? demande-t-il d’une voix un peu énervée.

Il ose me demander cela ? Alors qu’il me ramène Harry dans un état pitoyable !

-Que s’est-il passé exactement ! je demande en commençant sérieusement à perdre patience.

-J’aimerais le savoir aussi, s’exclame une voix sèche derrière moi.

Je me retourne, pour voir Remus Lupin des cernes sous les yeux et fusillant Rogue du regard.

Rogue le fixe sans broncher ce qui a l’air d’énerver Lupin encore plus.

-Tu as pris ta potion tue-loup ? demande-t-il d’une voix impassible.

Lupin balaie la question d’un geste impatient de la main.

-Réponds à la question Rogue ! J’aimerais savoir ce qu’il s’est passé pour que Harry revienne dans cet état et surtout si je dois te frapper tout de suite ou attendre encore un peu ! Tu m’avais promis de veiller sur lui !

-Je ne t’ai rien promis, murmure Rogue d’une voix étrangement lasse, mais si vous voulez que je vous explique à nouveau ce qu’il s’est passé, je le ferais, mais pas ici, dans mon bureau.

Lupin serre les poings mais suit Rogue et je fais de même, l’envie de savoir étant plus pressante que jamais. Une fois dans son bureau, à l’abri des regards, il se décide enfin à parler.

-L’histoire est simple en fait, dit-il d’un air blasé tout en rangeant ses papiers, O’Donnel a proposé à Potter de lui transmettre, par un moyen qui m’est inconnu, une puissance magique grâce à laquelle il peut parvenir à vaincre le Seigneur des Ténèbres. Potter a accepté mais une telle quantité de pouvoirs ne se prend pas sans qu’il n’ y ait de conséquences. O’Donnel, l’a prévenu qu’il serait affaibli durant une quinzaine de jours environ…

-Je reviens de l’infirmerie ! s’écrie Lupin. Harry n’est pas affaibli ! Il est entre la vie et la mort !

Je sursaute et Rogue lève les yeux de ses documents pour les poser doucement sur Lupin.

-Il ira mieux, répond-t-il en serrant les dents mais une lueur inquiète brille dans son regard.

-Pourquoi ? Pourquoi si O’Donnel vous avez dit qu’il reviendrait dans cet état, l’avez-vous laissé prendre ses stupides pouvoirs ? je crie sans pouvoir m’en empêcher.

-Ses « stupides pouvoirs » comme tu dis Draco, ont de grande chance de nous sauver la vie à tous ! Et Potter a fait son choix par lui-même. De plus, cet avorton ne m’a jamais écouté. Pourquoi cette fois-là aurait-elle était différente ?

-As-tu au moins essayé de l’en empêcher ? demande Lupin en serrant les poings. L’as-tu seulement raisonné ?

Rogue a un sourire amer mais ne répond pas. Il se lève juste et ouvre la porte pour nous signifier de partir.

-Il ira mieux bientôt, murmure-t-il d’une voix quasiment inaudible, maintenant laissez-moi.

Lupin s’arrête en face de lui, juste devant l’entrée.

-Je te préviens que s’il ne s’en remet pas, je te tue, annonce-t-il froidement avant de sortir.

Rogue soupire et se tourne vers moi, me questionnant du regard.

-Ne vous inquiétez pas, je murmure, Lupin ne vous tuera pas si jamais Harry meurt…pour la simple et bonne raison que je le ferai avant lui.

Il hausse un sourcil sceptique, il ne m’en croit pas capable mais il a tort. Je sors, énervé, et m’en vais d’un pas pressé à l’infirmerie.

Lorsque je parviens à l’entrée, Granger est toujours devant la porte, elle se redresse à mon arrivée.

-Où est Weasley ? je demande d’une voix froide.

-Je ne sais pas, souffle-t-elle, je crois qu’il est dehors.

-Mais il fait nuit !

-Oui. Ron ne m’a pas adressé la parole depuis qu’ils sont rentrés.

Elle baisse la tête et regarde la porte de l’infirmerie tristement.

-Va le voir, lui dis-je, je vais rester ici, et s’il y a du nouveau, je viendrai vous chercher.

Elle me sourit un peu et presse amicalement mon épaule en passant devant moi avant de s’éloigner.

Lorsqu’elle disparaît au détour du couloir, je me rends compte alors que je suis seul devant cette porte en bois qui ne m’a jamais fait aussi peur. J’ai pourtant déjà vu Potter dans un de ces lits blancs et impersonnels qui jonchent l’infirmerie. La dernière fois, ce n’était il n’y a pas si longtemps, après sa bataille contre Voldemort.

Je me souviens aussi de la douleur que j’ai éprouvée en le voyant si mal en point, sa douleur faisait écho à la mienne, si récente.

Je me souviens que je l’ai détesté d’être dans ce lit et ainsi que son cœur qui battait si faiblement.

Je me souviens, à cette époque je ne pensais pas l’aimer.

Et maintenant que je sais. Maintenant que j’ai compris. Je n’ai jamais eu aussi peur de franchir cette porte.

Mes yeux fixent la poignée de la porte mais ma main ne se décide pas à l’abaisser. Je prends une grande inspiration. Finalement mes doigts tremblants s’enroulent autour de la poignée en marbre. Puis je hausse les épaules et avec un petit sourire nerveux je délaisse la porte et me détourne. Je me dirige vers ma chambre.

Je ne suis pas un stupide gryffondor courageux après tout. Je préfère fuir et alors ? Qui m’en voudrait de toute façon, ce n’est pas ma présence à ses côtés qui va changer quelque chose…Il-Il n’a pas besoin de moi. Et peut-être que je n’ai pas besoin de…

Mais qu’est-ce que je raconte ?

Bien sûr que j’ai besoin de lui !

Je lève la tête et retourne en courant vers l’infirmerie. Je suis trop stupide ! Je l’aime et j’ai peur, c’est vrai ! Mais je m’en moque ! Il n’y a que lui qui compte ! Il n’y a toujours eu que lui !

J’ouvre la porte essoufflé et entre finalement. Lupin discute avec Pomfresh, Mc Gonagall et Dumbledore. Ils se retournent vers moi avec un air grave, je me contente de leur faire un léger signe de tête. Dumbledore me sourit faiblement et pointe du menton un lit aux rideaux fermés, au fond de la pièce.

J’ai toujours peur mais je m’avance vers le lit sans hésiter. Mon cœur bat à tout rompre lorsque je suis devant les rideaux blancs. Je les ouvre en retenant ma respiration.

Je souris faiblement lorsque je le vois. Il est aussi pâle que moi, je crois, et ses beaux yeux sont fermés. Son buste se soulève à peine sous le drap blanc, au début j’ai même cru qu’il ne se soulevait pas du tout. Je m’assois sur le bord du lit. J’avais raison, ça fait mal de le voir comme ça mais je ne partirais plus maintenant.

-Tu entends Harry, je chuchote à son oreille, je ne te laisserai plus maintenant.

Je serre sa main étrangement froide dans la mienne.

-Je t’aime.

Il ne répond rien bien entendu mais je souris quand même.

Il s’en sortira. Je le sais. Il a intérêt à s’en sortir. Et je presse un peu plus sa main dans la mienne.

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Mardi 5 avril, infirmerie de Poudlard, 17H56

Cela va faire presque 48 heures qu’il est dans le même état. Je viens de finir ma journée de cours alors je suis venu le voir. Granger est déjà là. Weasley n’est pas encore venu, je crois. Il est étrange depuis leur retour, je pense qu’il s’inquiète beaucoup pour Harry et pourtant il ne va pas le voir et il refuse de parler de lui. Il a juste l’air triste.

Il ira mieux quand Harry sera sur pied. Et puis, ce n’est que Weasley, même si je n’éprouve plus de mépris pour lui, ses états d’âme m’importent peu.

Granger me sourit et je m’installe sur une chaise à côté d’elle. Je prends directement la main de Harry, toujours aussi froide.

-Pomfesh n’a pas vu d’amélioration, chuchote-t-elle.

-Ne t’inquiète pas, il ira bientôt mieux.

J’ai un sourire amer, je dis ça plus pour me rassurer, moi Elle me murmure un « oui » quasi-inaudible et nous restons tous les deux silencieux. Pourtant la peur sournoise dans mon ventre ne me lâche plus.

Il va s’en sortir…

Il m’aime.

Il a dit qu’il ne me laisserait jamais…

Il me l’a dit alors je le crois…

-Draco, ne craque pas, s’il te plait…

Je lève les yeux vers Granger, c’est alors que je me rends seulement compte que je suis sur le point de pleurer. Je détourne le regard, gêné, et Hermione d’une voix faible me dit que c’est parce que je suis courageux, qu’elle l’est aussi. Que si je craque alors elle le fera aussi, et qu’elle ne veut pas ça.

Sans un regard, je me lève et m’en vais. Elle sait pourtant que je ne suis pas courageux. Je ne suis pas comme lui.

Mais je ne pleurerai pas.

Je ne pleurerai pas car Harry reviendra.

Il me l’a promis.

Il ne me laissera pas…

Je t’en supplie Harry, ne me laisse pas…Mon amour…

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Mercredi 6 avril, couloir de Poudlard, 19h01

-Je ne comprends pas, pourquoi tu as laissé Londubat te parler sur ce ton !

Je cesse de marcher et tends l’oreille. Que fait Pansy si près de l’infirmerie à cette heure-là ?

-Je ne vois pas de quoi tu veux parler. Mêle-toi de tes affaires !

Et que fait mon cousin avec elle ?

Je m’approche un peu de l’origine des voix, cela vient d’une salle entrouverte juste devant la porte de l’infirmerie.

-Justement, il s’agit de mes affaires lorsque mon petit copain se laisse marcher sur les pieds par le plus pitoyable des gryffondors !

Un silence inquiétant accueille la déclaration de Pansy et je ne peux qu’imaginer la tête que doit faire Hadès.

-Tu ne peux pas comprendre, siffle-t-il, froidement.

-Bien sûr que si. Seulement tu ne veux pas me dire ce que la seconde source de Draco t’a montré ! Je sais que ça a un rapport avec Londubat ! Tout le monde l’a compris !

-Et bien tout le monde à tort, lâche-moi avec ça ! Et aide-moi plutôt à savoir pourquoi Potter est à l’infirmerie dans un état effroyable.

Pansy grommelle quelque chose que je n’entends pas mais Hadès se met à ricaner méchamment.

-Non, il m’a fait comprendre qu’il voulait le finir lui-même. Et puis je suis sûr que l’infirmerie est sous surveillance.

-Il est si faible, chuchote Pansy, c’est dommage, cela aurait été facile.

-Ne t’en fais pas, même en pleine forme, le Maître n’en fera qu’une bouchée. Potter n’est vraiment pas à la hauteur !

Des pas se font entendre de l’autre côté du couloir et Pansy et Hadès cessent de parler et sortent rapidement de leur salle sans que je puisse m’éclipser.

Je me retrouve donc en face d’eux en flagrant délit d’espionnage.

Je les toise et un sourire mauvais éclaire les traits de mon cousin.

-Dray ! Nos rencontres dans les couloirs me plaisent de plus en plus ! Je suppose que tu es venu rendre une petite visite de courtoisie à la belle au bois dormant ?

-Je me moque de ce que tu penses, dis-je froidement, sache juste que si je vous revois traîner près de cette porte, je vous tue.

Pansy me regarde avec un sourire amusé alors que Hadès ricane.

-C’est si émouvant, s’exclame Pansy d’une voix haut perchée, je n’aurais jamais cru te voir un jour aussi accro à quelqu’un. Le Prince des Glaces qui fond pour le Survivant, ça ferait un bon titre pour une histoire.

-Et que penses-tu de ce titre, renchérit Hadès. « Lorsque l’amour mène au tombeau ! », c’est un peu ton histoire, hein Draco ? Une tragédie moderne tellement émouvante et triste !

-La ferme ! je siffle.

Pansy et Hadès échangent un sourire.

-Voyons Hadès, tu es incurable ! Combien de fois devrais-je te dire que tu ne dois pas dévoiler la fin avant qu’elle n’arrive ! Excuse-le Draco, tu n’auras plus de surprise, maintenant !

Je me retiens de la frapper et serre les poings. Après un dernier sourire, Pansy part, visiblement contente d’elle. Hadès me regarde encore quelques secondes puis se tourne vers la porte de l’infirmerie.

-J’espère que tu souffres, murmure-t-il, sans même me regarder.

-Pas autant que tu souffriras, je promets.

Il hausse les épaules et plonge juste une seconde ses yeux bleus dans les miens.

-Nous verrons…murmure-t-il avant de partir.

Ce n’est que lorsqu’il est hors de ma vue que je me rends compte à quel point mon corps était crispé. Je prends une grande inspiration et lorsque je me sens mieux, j’entre dans l’infirmerie.

Il n’y a personne. Tant mieux.

Je m’avance jusqu’au lit du fond. Là où se trouve Harry. J’ai une drôle d’impression cette foi-ci. Avant même que je tire les rideaux, je sais qu’il y a quelque chose de différent.

J’ai peur et je ne sais pas pourquoi.

Il y a plus de couverture que d’habitude et il fait très chaud tout autour du lit. D’une main tremblante, je tire un peu les couvertures pour pouvoir le voir.

Je sursaute car pour la première fois depuis des jours, il bouge.

Mon cœur n’a pas le temps de s’emplir de joie que je comprends.

Il bouge certes mais pas d’une bonne façon.

Il tremble, il ne cesse de trembler. Il claque des dents tout en dormant encore. Ses lèvres sont bleuies de froid et lorsque je pose ma main sur lui, sa peau est brûlante.

C’est impossible !

-Il est comme cela depuis le milieu de l’après-midi.

Je me retourne en sursautant vers Pomfresh qui a les traits tirés.

-Que…

-Nous ne savons pas ce qu’il a, reprend-t-elle, nous l’avons réchauffé et mis son corps à température correcte mais c’est comme si son esprit refusait de comprendre que son corps est au chaud. Je dois encore en parler avec Dumbledore, restez-là si vous voulez. Mais vous devez savoir que personne ne peut survivre très longtemps dans le froid…

-Mais c’est impossible ! Son corps est bouillant ! Il ne peut pas mourir de froid !

-C’est un froid différent, c’est un froid intérieur. Il est magique et si on ne trouve pas une solution…Je-je dois aller voir Dumbledore…

Je reste sous le choc alors qu’elle me fait un petit sourire triste avant de s’éloigner.

Mes yeux se posent directement sur Potter. Il ne va quand même pas mourir bêtement de froid !

Ses tremblements ne cessent pas, j’attrape sa main et la frotte entre les miennes mais sa main n’est pas froide et ses tremblements ne s’arrêtent pas.

Putain !

Je le secoue un peu. Il se laisse faire comme une poupée de chiffon.

J’en ai marre, je suis mort de peur !

-Harry ! Allez, réveille-toi !

Je le secoue encore, énervé, puis embrasse presque avec désespoir ses lèvres bleues et pourtant chaudes.

Je le sens trembler contre moi, peut-être encore plus qu’avant.

-S’il te plait, réveilles-toi ! je gémis en me détachant de lui.

Je crois le voir cesser de trembler un instant mais la seconde d’après ça recommence. Je le serre dans mes bras et le berce doucement.

Il claque des dents.

Ce que je fais ne sert à rien ! Je ne me suis jamais senti aussi inutile que maintenant !

-Tu vas aller mieux Potter ou je fais de ta vie un enfer ! je souffle contre son cou.

Il cesse une seconde de trembler et ça recommence.

-Mais tu ne vas pas crever de froid quand même !

Il cesse encore de trembler un instant.

-Potter ?

Les tremblements s’arrêtent. Je me tais et les tremblements reprennent.

-Si je parle, tu n’as plus froid, c’est ça ?

Les tremblements s’arrêtent encore un instant et le poids sur mon estomac s’allège un peu. Il semble que j’ai trouvé la solution.

-Je savais que tu aimais ma voix Harry mais à ce point ! Bien alors puisqu’il faut parler, je vais parler, heu, et bien, aujourd’hui nous avons eu cours de potion et tu connais Rogue, il a commencé par…

Une heure plus tard…

-…et donc si tu mets de l’essence de Montiflore dans une potion de Crilunis c’est obligé, mathématique, le précipité va devenir vert ainsi que…

-Que faites-vous, Draco ?

Je sursaute et me dégage du lit et des bras de Potter, je m’étais un peu installé, je l’avoue. Dumbledore et Pomfresh me regardent avec inquiétude. Et Potter, vu que je me suis arrêté de parler, se remet à trembler.

-Si je parle, il ne tremble plus ! dis-je, assez fier de moi.

-Voyons Draco, c’est ridicule !

-Allons Pompom, laissons Draco nous montrer…

Je remercie le directeur d’un signe de tête.

-Et puis, si tu mets une branche de lixinus dans le reste de la potion alors dans ce cas tu crées un explosif très puissant !

-Vous lui parlez de potion ? demande Dumbledore, amusé.

Je hausse les épaules.

-Les composants les plus corrosifs avec le sang de licorne sont aux nombres de cinquante-deux. Je vais te donner leurs caractéristiques, alors,…

-Draco a raison, murmure Dumbledore, ravi, en me faisant signe de continuer à parler. Harry ne tremble plus !

-C’est incroyable, s’exclame Pomfresh, il ne lui reste plus qu’à parler jusqu’à ce que Potter soit réchauffé.

-Tu t’en sens capable ?

Je hoche la tête, parlant toujours et après quelques minutes de discussion, Pomfresh et Dumbledore me laissent seul avec Harry.

Trois heures plus tard …

Je baille, parlant toujours, on est bien dans ce lit, et puis j’aime bien sentir sa présence contre moi. Je replace une mèche de ses cheveux sur son front et soupire. Je viens de finir mon exposé imprévu de potion.

-Qu’est-ce que je vais bien pouvoir te dire ? je chuchote.

Il ne me répond pas bien sûr.

-Je n’ai pas vraiment l’habitude de parler de moi, mais de toute façon puisque tu dors…Bon alors on va commencer par mon enfance. Je suis né, le 19 juin, il y a presque dix-sept ans. Il faisait beau ce jour-là et ma mère m’a souvent dit que j’étais le plus beau des bébés du monde, pour ma part je ne crois pas qu’elle ait menti…

Deux heures plus tard…

-…et nous arrivons donc à cette année où tu sais à peu près ce qu’il s’est passé. Il m’est arrivé des choses horribles, des choses que je ne souhaiterai à personne et pourtant il m’est aussi arrivé une chose formidable. Je suis tombé amoureux. De toi. Et ça va faire presque deux heures que je te parle de moi comme si j’étais contaminé par une poufsoufflerie aiguë, et j’ai sommeil, je commence à avoir mal à la tête et ma voix part en vrille. Est-ce que si je m’arrête de parler tu trembles encore ?

-Bon, tu trembles encore ! Je t’aime mais tu es un peu chiant ! Je ne sais pas moi dans les histoires, c’est lorsque le héros embrasse l’héroïne ou lorsqu’il la prend dans ses bras qu’elle va mieux. Pas en lui parlant pendant des heures ! Décidément, tu ne fais jamais rien comme les autres ! C’est comme en cinquième année, ça, quand en cours de potion Monsieur a voulu faire son malin et qu’il…

Trop d’heures plus tard…

-Voilà, je crois que j’ai vidé mon sac et il est à peu près trois heures du matin, dis-je en baillant encore. J’ai vraiment sommeil Harry, je n’aurais jamais cru que je passerais une nuit blanche avec toi de cette façon…Pfff…Si au moins, je pouvais te lire un truc…

Je me penche vers ses affaires.

-Il y a peut-être un livre de cours dans ce que Granger a apporté. Il s’agit de Granger après tout…Ah oui ! Il y a un livre ! Voyons voir… « La fouine : Comment en faire un bon animal de compagnie Cadeau de Noël de Ron et Hermione pour notre amoureux des fouines bondissantes… » Putain Potter, je vais tuer tes amis !

Encore plus tard…

Je n’y crois pas, cela va faire deux heures que je lis ce livre. Je jure que Potter me revaudra ça ! Surtout que Weasley a trouvé amusant de ponctuer le livre de ses stupides annotations !

-…il faut donc, lors de la pénétration pendant l’accouplement, que les conditions soient idéales, je passe encore les commentaires idiotsde ton pote, sinon la femelle risque de ne pas tomber enceinte. L’acte sexuel est très rapide…, putain je vais tuer Weasley , mais intense, une fois cela fait, le mâle s’en ira pour dormir, encore une sympathique remarque de ton copain l’ami des bêtes, il me cherche lui ! La femelle quant à elle…

Il est plus de six heures du matin lorsque Potter cesse de trembler complètement, ses lèvres ont repris une couleur normale et j’en sais plus que n’importe qui sur les fouines. Je baille et me lève finalement, je préviens Pomfresh que je pars me coucher.

Bien entendu, il ne s’est toujours pas réveillé…

Bien entendu…

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Vendredi 8 avril, 17h45, infirmerie de Poudlard.

Je le regarde.

On dirait qu’il dort et qu’il va se réveiller d’une minute à l’autre.

Je suis sûr qu’il suffirait de peu pour qu’il se réveille. Je le secoue un peu par l’épaule lorsque Pomfesh a le dos tourné. Moi, lorsqu’on me secoue de cette façon, je me réveille toujours mais lui, il ne bouge même pas d’un cil.

Il m’énerve.

Je m’ennuie de lui.

Il me manque.

Heureusement que je suis sûr qu’il va se réveiller ; car je ne crois pas que je pourrais supporter ce manque de manière définitive.

Cela fait cinq jours qu’il est à l’infirmerie.

Je regarde brièvement si Pomfresh me surveille et voyant qu’elle est occupée, je pose doucement ma tête sur son torse. Je plisse les yeux de plaisir lorsque j’entends tout contre mon oreille les battements réguliers et rassurants de son cœur.

Je ne reste jamais longtemps dans cette position, les gens pourraient croire que je suis dépendant du cœur de Potter.

Donc je reste seulement quelques secondes. Cela m’apaise. C’est le seul contact que je me permets depuis la nuit où j’ai passé mon temps à lui parler en le serrant dans mes bras.

Je ne l’embrasse jamais. Je ne le caresse pas non plus.

A quoi bon !

Si c’est pour sentir des lèvres inertes. Une peau qui ne frissonne pas.

A quoi bon, si c’est pour toucher sa peau sans pourvoir y goûter vraiment, si c’est pour embrasser ses lèvres et mourir de ne pas recevoir de réponse ?

Je regarde l’heure et soupire.

J’ai entraînement de quidditch mais il pleut à verse. Je préfèrerais rester au chaud dans ma chambre…

Non, en fait, je préférerais que Harry me tienne chaud dans ma chambre.

Je suis pathétique…

Enfin, j’ai toujours su que devenir amoureux et devenir pathétique allaient ensemble.

Un peu comme…une fourchetteva avec un couteau.

Hé ! Je n’ai jamais dit que j’étais un poète !

Enfin, il me manque c’est indéniable.

J’ai le mal de lui.

Je sors de l’infirmerie avec toujours le même nœud à l’estomac mais je me compose un visage impassible.

Je fais un bref signe de tête à Pomfresh. Je ne compte plus revenir aujourd’hui. Demain, je reviendrai le voir, juste après les cours…

Peut-être que demain il se réveillera…

O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°

Vendredi 8 avril, chambre de préfet en chef des serpentards, 22h21

Je n’arrive pas à dormir et pourtant l’entraînement de quidditch m’a crevé.

Mais je n’y arrive pas.

Mes pensées sont sans cesse tournées vers Harry. Je me demande si j’ai bien remis la couverture sur lui avant de partir.

Je sais, c’est con mais c’est ça qui m’empêche de dormir.

En plus Granger, Lupin ou Pomfresh ont dû aller le voir depuis mon départ et si j’ai oublié l’un d’entre eux l’aura correctement couvert.

Je n’ai pas envie qu’il attrape encore froid, que ce soit intérieurement ou extérieurement.

Enervé, je me lève, prends mon amulette d’invisibilité et sors de ma chambre.

Je fronce les sourcils, la porte de l’infirmerie est ouverte.

Je m’avance doucement. Il y a une petite lumière allumée, au fond de la pièce, près du lit d’Harry. J’avance plus vite, je m’en moque maintenant de faire du bruit ou pas. J’ouvre les rideaux d’un geste brusque.

Je m’attends à tout. Peut-être est-il réveillé ? Peut-être est-ce Granger ou Lupin ? Peut-être est-ce Pansy ou Hadès ?

Je m’attends à tout…

Sauf à ça !

Qu’est-ce que ce connard de Crivey fait en train d’embrasser Harry ?

Une rage sourde envahit chaque parcelle de mon corps. Il a ses putains de lèvres sur celles de Potter !

-Tu joues à quoi là ?

Il sursaute, je l’attrape par le col et le tire brutalement.

-Qu-qu’est-ce qu’il se passe ? bégaie-t-il, affolé, alors que je le plaque contre le mur.

-Il se passe que tu as posé ta répugnante bouche sur celle de MON copain !

-Mal-Malfoy ?

Je fonce les sourcils, puis je m’aperçois que j’ai encore mon amulette, d’une geste rageur je l’arrache et Crivey peut enfin me voir.

-Ecoute Malfoy…je-je sais ce que tu vas dire ! Mais-mais je l’aime moi aussi et je me disais que si je l’embrassais comme dans les histoires, alors il se réveillerait peut-être…

Je plisse les yeux. C’est l’excuse la plus bidon qu’on ne m’ait jamais dite. J’ai un sourire mauvais et je serre le poing. Il va s’en prendre une et il va enfin comprendre que je ne veux plus le voir trai…

-Hnn.

Je tourne la tête brusquement vers l’origine du gémissement. J’en lâche même Crivey.

Harry gémit à nouveau et ses yeux papillonnent légèrement. Mon cœur bat à tout rompre.

-Harry…je murmure en écarquillant les yeux.

-Il se réveille ! s’exclame Crivey. Mon baiser l’a réveillé !

Il prend son élan pour se jeter dans les bras de Harry mais je le bloque au passage. Il croit quoi lui ?

-Qu’est-ce que c’est que ce boucan ?

Pomfresh en chemise de nuit (décidément, rien ne m’aura été épargné dans ma courte vie), vient d’apparaître, elle nous regarde d’un air furieux. Mais son visage s’éclaire lorsqu’il se pose sur Harry.

-Monsieur Potter, vous êtes réveillé !

-C’est grâce à moi ! rayonne Crivey.

-La ferme, je siffle entre mes dents.

Alors que Pomfresh pose sa main sur le front, Harry semble de réveiller complètement et la regarde d’un air perdu.

-Qui êtes-vous ?

Sa voix est rauque. Et sa question laisse Pomfresh perplexe.

-Je suis madame Pomfresh, l’infirmière de Poudlard. Vous vous souvenez ?

Harry la fixe avant de hocher la tête doucement.

-Oui, dit-il, ça me revient.

Pomfresh sourit, soulagée et se tourne vers nous.

-Monsieur Crivey, allez donc prévenir Dumbledore que monsieur Potter s’est réveillé.

-Mais…

-Ne discutez pas et allez-y !

J’émets un ricanement moqueur devant l’air de dépit de Crivey, ce qui a pour conséquence d’attirer l’intention d’Harry dans notre direction.

Il regarde Crivey une seconde et puis ses yeux se posent sur moi pour ne plus me lâcher.

Je retiens ma respiration devant son regard trop sérieux. Colin part sans qu’aucun mot ne soit prononcé. Je tremble un peu et il fronce les sourcils.

-Monsieur Potter, est-ce que vous savez qui est la personne que vous regardez ?

-Oui, dit-il simplement sans détourner les yeux. C’est Draco Malfoy…

Son regard se trouble. Je ne sais pas quoi dire ou quoi faire. Je n’imaginais pas son réveil de cette façon. C’est presque comme s’il était perdu. Peut-être qu’il ne se souvient pas de nous ? Peut-être même qu’il n’est plus amoureux de moi ?

Merlin, tout mais pas ça !

-Comment vous sentez-vous ? demande Pomfresh

Faible…j’ai mal au cœur…

-Faible…murmure Harry comme un écho à mes pensées, en délaissant mes yeux pour regarder l’infirmière.

-Je vais vous ausculter, dit-elle. Monsieur Malfoy, vous pouvez regagner votre chambre maintenant.

Je frémis, j’aurais aimé rester. Je voudrais savoir ce qu’il lui arrive.

-Je suis content que tu sois réveillé, je murmure finalement avant de me retirer.

Il tourne sa tête brutalement vers moi et grimace de douleur. Puis un timide sourire orne ses lèvres et je me sens tout de suite mieux. Comment un simple sourire peut-il faire cet effet ? Je n’en sais strictement rien. Je sais juste que Harry Potter a un sourire magique.

J’aime son sourire.

Je l’aime.

-J’y vais, je souffle, je reviendrai demain…

Il hoche la tête doucement et je m’en vais, résistant à l’envie de le serrer contre moi.

Harry s’est réveillé.

Je savais qu’il ne me laisserait pas…

O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°

Lundi 11 avril, infirmerie de Poudlard, 13h09

Cela va faire presque trois jours que Harry est réveillé et aujourd’hui, il peut enfin quitter l’infirmerie. Il est encore faible mais Dumbledore et Pomfresh pensent que c’est mieux pour son moral qu’il retourne dans son dortoir et en cours. Par contre, il n’est pas encore en état de reprendre les entraînements.

Je m’inquiète pour lui. Il a l’air complètement paumé. Il a pleuré. Pomfresh l’a dit à Dumbledore, pensant que je n’écoutais pas. Il a pleuré quelques heures après son réveil et il n’a pas voulu lui dire pourquoi. Avec moi, il fait comme si tout allait bien mais il refuse les approches que je fais vers lui.

Par exemple, hier, nous étions tranquillement en train de parler et j’ai eu envie de l’embrasser, doucement, tendrement comme il sait si bien le faire. Alors je me suis approché lentement, jusqu’à ce que mes lèvres frôlent les siennes et là je l’ai vu rester en apparence stoïque mais ses mains serraient les draps à s’en faire mal. Je ne l’ai jamais vu aussi stressé alors j’ai dévié ma trajectoire et posé mes lèvres sur sa joue et il s’est détendu.

Il ne va pas bien, je le sais. Mais je ne suis pas comme lui. Lui, il me le demande franchement quand quelque chose ne va pas. Moi, j’attends que ça passe. A chaque fois que je le vois, je me dis que ça ne sert à rien d’avoir une explication avec lui, que demain il ira mieux…

Je ne sais pas m’y prendre. Mais je crois que ce qui me gêne le plus c’est le fait qu’il sache que je l’aime et qu’il n’ait fait aucune allusion à ça. Je croyais que puisqu’il m’aimait aussi ça lui ferait plaisir…

Je ne sais plus rien…

Harry Potter est vraiment compliqué.

Il sort enfin de la petite salle de douche de l’infirmerie, tout beau, tout propre et il me sourit. Il a l’air content de sortir d’ici, c’est déjà ça.

J’attrape son sac et me dirige vers la sortie mais sa main me retient.

-C’est bon, je peux le porter.

Je me tourne vers Harry en essayant de garder mon air impassible. J’ai remarqué que si on faisait mine de s’inquiéter pour lui, il prend ça pour de la pitié et s’énerve sans raison. Mais le fait est que lorsque je dis qu’il est faible, ce n’est pas un mensonge. Il peut aller parfaitement bien et la minute d’après, il est soit vidé de ses forces, soit tremblant ou encore en nage.

Enfin, ses phases d’affaiblissement sont de moins en moins nombreuses à mesure que les jours passent et Pomfresh a dit que d’ici une semaine il devrait être complètement rétabli.

-Je garde le sac.

Mon ton est sec et son regard se rétrécit. Il passe devant moi, énervé, mais il ne me dit rien, se contentant d’ouvrir la porte rageusement.

-Tu veux mettre ton sac dans ma chambre ou dans ton dortoir ?

Il se retourne au milieu du couloir et me regarde un peu perdu, toute sa colère semble avoir disparue. Il revient vers moi et me prend la main pour entrelacer nos doigts.

Je le laisse faire, j’aime quand il fait cela.

-Excuse-moi, murmure-t-il sans me regarder, je suis vraiment affreux en ce moment…

-Je ne trouve pas…enfin pas plus que d’habitude, je rajoute en souriant narquoisement.

Il rit doucement.

-J’adore lorsque tu souris ainsi…

Pour la première fois depuis longtemps, il dépose brièvement ses lèvres sur les miennes.

J’écarquille les yeux, sentant une drôle de chaleur sur mes joues. J’espère que je ne suis pas en train de rougir !

Il me traîne par la main dans les couloirs sans me laisser reprendre contenance. Je suis content, on dirait vraiment qu’aujourd’hui il va mieux.

Soudain, la prise sur ma main se resserre et Harry s’arrête, légèrement crispé. En face de nous, Granger et Weasley s’approchent.

Granger nous sourit mais Weasley fait une drôle de tête. Il n’est pas venu voir Harry une seule fois à l’infirmerie à mon grand étonnement. Moi qui commençais à croire qu’ils avaient dû être siamois dans une vie antérieure, Weasley est arrivé à me faire douter de cette hypothèse.

Harry a les yeux fixés sur lui et une drôle de tension monte dans le couloir. Puis soudain, tout va très vite. Arrivé à notre hauteur, Weasley plaque violemment Harry contre un mur. J’ai juste le temps de voir son regard brouillé de larmes avant qu’il ne balance son poing de toutes ses forces.

-RON !

Granger a crié. Harry tremble. Juste à côté de sa tête, le poing de Weasley, encastré dans le mur, commence à saigner doucement et une grimace de douleur déforme ses traits.

-MAIS RON TU ES FOU ! Harry, ça va ?

-Mais putain Weasley! Qu’est-ce que tu as cru faire là !

Je l’attrape par l’épaule mais il regarde toujours Harry avec cette sorte de tristesse mêlée de colère.

-Pourquoi… ? gémit-il.

Pourquoi quoi ? Pourquoi est-ce qu’il a failli frapper son pote ? Ce type est dingue voilà pourquoi !

-Ça, on aimerait bien le savoir ! répond Granger, énervée.

Je suis d’accord avec elle, mais plus je regarde Harry et Weasley et moins je pense que c’était la véritable question posée. Harry regarde la main de son ami d’un air inquiet mais ne répond pas à la question dont, de toute évidence, Granger et moi ne connaissons pas le sujet.

-Tu devrais aller à l’infirmerie, lâche-t-il finalement en désignant la main de Weasley en piteux état.

Mais pourquoi Harry s’inquiète-il alors que l’autre tâche a failli le frapper ? Je ne comprends rien à ce qu’il se passe.

Weasley émet un rire nerveux, s’apprête à dire quelque chose puis semble s’apercevoir de notre présence à Granger et à moi alors il se tait.

-Tu es un petit connard égoïste, Potter ! crache-t-il enfin avant de partir d’un pas haineux.

Mais il se prend pour qui, le miséreux ? Je vais lui apprendre qu’on n’insulte pas le petit copain de Draco Malfoy sans en subir les conséquences et en plus ce con a failli le défigurer. A quelques centimètres près, c’était la tête de Harry qui se faisait écraser par son poing.

-WEASLEY !

-RON !

-Laisse Draco, me retient Harry.

-Mais il vient de t’insulter ! je m’insurge.

-Draco a raison, s’exclame Granger, furieuse. Je ne sais pas ce qui lui prend mais là…

-Non Hermione, souffle Harry, ne t’en prends pas à lui, toi non plus Draco.

-Peut-on savoir pourquoi ? je demande, encore énervé.

-C’est mon problème, réplique Harry, je dirais même que c’est de ma faute. En fait…si j’avais été à sa place, je n’aurais pas dévié la trajectoire de mon poing au dernier moment…

-Mais… ?

-J’irai lui parler, d’accord ? En attendant, laissez-le tranquille avec cette histoire…

Je serre les poings. Mais qu’est-ce que c’est encore que cette histoire ? Granger a l’air aussi perplexe que moi. Harry se tourne vers elle en lui souriant doucement.

-Tu devrais le rejoindre, dit-il. Oblige-le à soigner sa main mais surtout ne l’afflige pas. Il a besoin de toi, plus qu’il ne le montre...

Granger hoche doucement la tête.

-Et toi ça va aller ? murmure-t-elle.

Il attrape ma main et sourit encore plus.

-Je suis avec Draco, dit-il, alors ça ira.

Je rougis comme un abruti et Granger nous laisse finalement.

-Je crois, qu’il vaut mieux que je dorme dans ta chambre, murmure-t-il finalement, enfin si tu es toujours d’accord.

J’essaie de ne pas me montrer trop content mais à cette seconde précise, je bénis Weasley d’être un tel connard.

Nous nous dirigeons donc vers les cachots, il y a beaucoup d’élèves qui circulent, les cours reprennent bientôt. Nous avons l’après-midi de libre car McGonagall est absente pour une semaine, donc pas de métamorphose aujourd’hui.

J’ai toute l’après-midi pour m’occuper de Harry…

Une fois dans ma chambre, un drôle de silence s’installe entre nous. Il se tient dos à moi, semblant trouver le sol très intéressant. Il ne va pas bien, je le connais maintenant, je sais que ce qu’il s’est passé avec Weasley le touche plus qu’il ne veut le faire croire.

Je pousse un soupir. Je crois que cette fois-ci, c’est à moi d’engager la conversation. Peut-être que si il m’en parle, ça ira mieux après.

Je m’approche de lui et l’enlace par derrière. Il sursaute légèrement et se tend. Son odeur envoûtante m’enveloppe et je me retiens pour ne pas respirer contre son cou. Je ne sais pas vraiment si j’en ai le droit.

-Harry, je murmure, tu m’as manqué…

Il se tend encore plus et je fronce les sourcils. Il émet un petit rire nerveux.

-Ne dis pas ça, dit-il enfin en se détachant de moi, toujours sans se retourner.

-Pourquoi ne le dirais-je pas ? je demande doucement alors que j’ai envie de le secouer et de l’embrasser follement.

Je sais qu’il sort de convalescence mais j’ai vraiment envie de lui remettre les idées en place. Et j’ai horreur quand il me parle en m’évitant du regard. Il fuit et je n’aime pas ça !

Il ne répond pas à ma question. Ce qu’il me dit à la place me laisse sans voix quelques secondes. Puis, je secoue la tête pour reprendre mes esprits. J’ai sûrement dû mal comprendre.

-Pardon ? Tu peux répéter ?

Cette fois-ci, il se tourne vers moi avec drôle de sourire aux lèvres…un sourire qui se veut impassible, presque méchant mais moi je ne vois qu’un sourire brisé…

Pourtant ce n’est pas possible, j’ai mal compris, j’en suis sûr !

-J’ai bien réfléchi, répète-t-il froidement, je pense qu’il vaut mieux tout arrêter entre nous…

J’avale difficilement ma salive, je crois que mon cœur vient de se transformer en plomb. Je m’assois sur la première chaise à ma portée. Je ne me sens pas très bien. Finalement j’avais bien compris. Il ne dit rien de plus, ramasse son sac et s’apprête à partir.

-Attends !

Il se retourne, me regarde avec son sale petit sourire méprisant. Et moi, je suis là, assis comme un con, me demandant pourquoi il y a une minute il me tenait la main dans les couloirs et pourquoi maintenant il veut me larguer.

Alors je me lève en me disant que mes jambes ne tremblent plus. Je le regarde dans les yeux car eux au moins me diront la vérité.

-Harry, quand est-ce au juste que tu as pris cette décision ?

Il semble un instant décontenancé par mon ton calme mais se reprend bien vite.

-Pendant ma convalescence.

Je me force à respirer calmement mais sa voix est si froide. Il a l’air si sérieux.

-Ecoute Potter, si c’est une blague ce n’est pas…

-Ce n’est pas une blague, me coupe-t-il, c’est mieux comme ça…Laisse-moi partir, s’il te plait…

Je me mets à rire nerveusement. Il veut que je le laisse partir…Il veut que je le laisse… s’il me plait…

Ma fierté combat avec mon incompréhension. La partie rationnelle de mon esprit me dit qu’il y a un problème. Le Harry que je connais, ne me quitterait pas, du moins pas de cette façon, si froide. L’autre partie de mon esprit a envie de lui crier de se barrer, de déguerpir de ma vue, elle a envie que ce sale petit con qui joue avec mes sentiments dégage et me laisse tranquille une fois pour toute !

-Pourquoi ? je demande simplement car c’est ce que les deux parties veulent savoir. Tu ne m’aimes plus, c’est ça ?

-Nous sommes trop différents, répond-t-il, ça ne marchera jamais. Et puis, soyons réalistes, tout cela est purement physique et on se lasse de ces choses et…

-Tu n’as pas répondu à ma question. Est-ce que tu ne m’aimes plus ?

-…sans oublier ta famille et puis ton standing, je ne suis…

-REPONDS A MA PUTAIN DE QUESTION !

Il sursaute. Je fulmine de rage. Mais à quoi il joue ce crétin !

-Je-je…C’est quelqu’un comme Colin qu’il me faut, c’est sous la caresse de ses lèvres que je me suis révei…

Je l’attrape par le col et le plaque contre la porte. Il ne se débat même pas ce crétin.

-Ne dis pas de conneries, je siffle, Crivey n’y est pour rien dans ton réveil et tu le sais ! Tu me sors des excuses bidons. Maintenant tu vas répondre à ma question. C’est la dernière fois que je te le demande gentiment. Est-ce que tu m’aimes ?

Je serre les dents. Ses épaules se mettent à trembler et il baisse la tête.

-Oui, gémit-il.

-Merci Merlin, je souffle avant de le serrer contre moi.

Il s’accroche à mes épaules en sanglotant et en me murmurant de lui pardonner. Puis il s’affaisse dans mes bras, murmurant toujours une litanie d’excuses. Je comprends qu’une nouvelle fois, il est vidé de ses forces.

-C’est bon Harry, dis-je en le soutenant et en le traînant tant bien que mal sur le lit. Oublions ça pour l’instant. Calme-toi…Je t’en prie…Calme-toi.

-Je ne suis qu’un poids, murmure-t-il. Je vais te rendre malheureux si tu restes avec moi…Tu ne comprends pas…Tu ne comprends pas…

Mais qu’est-ce qu’il raconte ? Qu’est-ce que je ne comprends pas ?

-Harry…S’il te plait, regarde-moi, Harry…

Il lève les yeux vers moi, et je me penche sur le lit où il est allongé pour lui caresser doucement le visage.

-Je veux que tu saches, que je ne peux pas être malheureux si tu es avec moi. A tes côtés, j’ai chaud…à tes côtés, j’ai envie de vivre, tu comprends ? Tu-tu me fais me sentir vivant. Tu me fais me sentir courageux. Quand tu es près de moi, je-j’ai envie de devenir meilleur car tu es la personne la plus formidable qu’il m’ait été donnée de rencontrer et-et je suis heureux et incroyablement, extrêmement, fabuleusement chanceux que ce soit de moi dont tu es tombé amoureux.

Il me regarde, étonné, mais ma déclaration a au moins eu le mérite de le calmer.

-Je ne savais pas, souffle-t-il, tu ne m’avais pas dit…

-Heu…A vrai dire, dis-je avec un petit sourire contrit, je t’ai déjà dit que tu étais formidable et que j’étais un sacré veinard.

Il fronce les sourcils et semble chercher dans sa mémoire.

-Je ne vois pas, murmure-t-il.

-Le jour de l’an, sous le gui, je marmonne, le sort de silence…

-Oh…

-Oui…

Il me sourit légèrement et soupire doucement.

-Comment te sens-tu ? je demande.

-Incroyablement stupide, répond-t-il, je me disais que si je te quittais, je ne te ferais pas de mal mais j’en suis incapable. Je ne suis rien sans toi…

-Content de l’apprendre, dis-je, moqueur. Mais pourquoi penses-tu que tu vas me faire du mal ?

Il évite de nouveau mon regard et attrape ma main à l’aveuglette pour entrelacer nos doigts.

-Je ne sais pas, murmure-t-il. Tu m’as manqué...

Sa voix se fait caressante, et d’une pression sur la nuque il me force à approcher mon visage du sien.

Je ferme les yeux d’anticipation. Mon cœur battant à toute allure, je sens enfin ses lèvres glisser sur les miennes. Je suis au paradis.

J’ai eu tellement peur…

Je sens sa main se glisser sous ma chemise alors qu’il intensifie le baiser, glissant sa langue dans ma bouche, puis suçant la mienne avec un gémissement qui me fait bander. Je frémis entre ses bras et sa main se pose sur le devant de mon pantalon. D’un geste impatient, il défait la braguette avant de glisser sa main à l’intérieur. Je tressaille, gémis et me cambre vers lui. Il me rend fou.

-Tu-tu es sûr ? je demande en détachant mes lèvres des siennes.

Pour toute réponse, il enroule sa main autour de mon sexe. Il plante ses yeux dans les miens et se lèche sensuellement les lèvres tout en commençant à me masturber.

Je me sens durcir et grossir encore dans sa main. Il me rend fiévreux et impatient. Je le veux tellement !

Alors je cède et je l’embrasse voracement. Je pose mes mains sur lui.

Sur son torse.

Sur ses cuisses.

Sur la bosse qui déforme son pantalon.

Je nous déshabille nerveusement, tout en le touchant partout, tout le temps, j’ai faim de son corps. Je le fais grogner, se cambrer et gémir et j’aime ça.

Je le fais tanguer et supplier et moi je frissonne comme une vulgaire feuille. Mes mains écartent ses cuisses. Mes doigts s’enfoncent entre ses fesses. Ses gémissements deviennent anarchiques. Son corps se balance et je lui fais l’amour avec mes doigts. Je pourrais jouir juste en le regardant alors qu’il se mord le dos de la main, les yeux luisants de plaisir, se retenant pour ne pas crier.

Mais je veux entendre sa voix, alors j’attrape sa main et il plante ses ongles dans la mienne. Sa voix est brisée lorsqu’il gémit mon prénom. Sa voix est ma damnation lorsqu’il me supplie de m’enfoncer en lui. Sa voix fait s’envoler mon âme.

Et puis lorsque enfin, je m’enfonce en lui. Lorsque je sens sa moiteur, sa chaleur, son étroitesse autour de mon sexe, alors c’est à ce moment que je suis perdu. A chaque fois…

Il me brûle.

Il m’aspire…

Il aspire mon cœur…

-Je t’aime !

Je ne reconnais plus ma voix, je ne me reconnais plus. Je lui ouvre juste mon cœur et je me perds dans son corps.

Je le regarde, perdu…Juste pour qu’il me dise comment il fait pour me faire voler sans que je ne quitte son corps.

Mais ce que je vois me fige sur place.

Il pleure…et il sourit en même temps.

-Harry…

-Mon amour…pardonne-moi…

-Harry !

Il lève des yeux emplis de larmes vers les miens et je me retire immédiatement de son corps, le faisant gémir de mécontentement…

-Draco…viens… Continue…

-Non. Pas quand tu pleures…

Je le serre dans mes bras très fort, lui murmurant que je l’aime. Il pleure encore plus sur mon épaule.

Je le berce, perdu. J’ai envie de pleurer aussi. Il a mal…Je sais qu’il a mal…Et moi, je ne peux que lui dire que je l’aime et lui, il ne cesse pas de pleurer…

Mais qu’est-ce qu’il a ?

Par pitié, que quelqu’un me dise ce qu’il a !

A suivre…
 
 
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