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au 20 Nov 08 :
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contenant 3547 chapitres
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Et Harry aima Draco
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance/Drame
22 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 21     Les chapitres     23 Reviews    
Ouvre les yeux

POV de Harry

Dès mon plus jeune âge, je crois que j’ai fais ce rêve…

Celui de connaître une amitié si forte qu’aucun n’obstacle ne peut parvenir à l’amoindrire.

Celui de posséder une famille qui m’aimerait, avec une maison dans laquelle je me sentirais enfin chez moi.

Celui d’aimer au delà de la vie, au delà de tout, comme dans les romans…comme dans les contes de fée.

Aujourd’hui, je vis ce rêve.

Mais pour rêver, il faut fermer les yeux…

Sinon, le conte de fée se transforme en tragédie…

Mardi 15 mai, chambre de préfet en chef des serpentards, 19H54

Je le regarde faire son devoir. Je souris.

Il est torse nu et, semble-t-il, captivé par son travail.

Je n’ai vraiment pas envie de bosser, moi.

J’ai envie d’autre chose…

Je me lève de son fauteuil où je m’étais affalé et je m’approche de lui sans un bruit.

Hum…

Oui…

J’ai envie…

De toi.

Je glisse mes bras autour de son cou. Je ne vois que son dos, mais je suis sûr qu’il sourit.

-Que veux-tu ? murmure-t-il.

Je passe une main sur sa poitrine chaude et presse entre deux de mes doigts la pointe de son mamelon gauche. Il frisonne.

-Que veux-tu ? répète-t-il d’une voix rauque, en tendant son cou en arrière pour que je puisse m’en délecter.

Je presse un peu plus son bouton de chair, le faisant durcir entre mes doigts et il halète doucement.

-Toi…je susurre à son oreille.

-Humm…C’est que, j’aurais voulu finir cet exposé…

-Oh oui, s’il te plait, expose-toi à moi…

Je mordille la jointure de son cou, il frisonne mais essaie encore de résister.

Je souris contre sa peau, ses efforts sont vains…

-Ha-Harry, je ne plaisante pas…Je-tu as peut-être décidé de ne plus bosser tes devoirs mais moi, vois-tu, je compte bien avoir mes ASPICS et…

-Moi, je compte bien t’avoir…

Il se crispe sous mes doigts. Oups…J’ai peut-être parlé un peu trop vite. Il se dégage de mon étreinte et se lève, agacé.

-Ecoute Harry, dit-il en passant nerveusement une main dans ses cheveux, je ne sais pas ce que tu as depuis quelques semaines mais tu as changé…et je ne comprends pas pourquoi…

-Par pitié Dray ! Pas encore cette discussion !

Je pousse un soupire à fendre l’âme et me vautre à nouveau dans son fauteuil.

Et dire que j’avais envie de faire l’amour…

J’aime ce mec comme un dingue mais ses discours moralisateurs tueraient la libido du plus débauché et stimulé des hommes en moins de temps qu’il ne faudrait pour le dire.

-Si tu ne veux pas de cette discussion alors barre-toi et reviens seulement lorsque tu arrêteras de me prendre pour de la merde !

Je suis déçu, je me lève et époussette mes vêtements.

-Bien, dis-je avec un sourire charmeur, je suppose qu’on ne va pas faire l’amour…Dommage…

-Potter, siffle-t-il, menaçant, je voudrai ne pas m’énerver, ce soir.

-Ok, ok, je me tire !

Je lui fais un petit signe amical de la main et sors en sifflotant.

Ce n’est qu’une fois la porte fermée derrière moi que mon sourire m’abandonne et l’irritation m’envahit petit à petit.

J’ai besoin de me défouler ! Je comptais bénéficier d’une partie de jambes en l’air pour y arriver mais Draco préfère s’occuper de ses devoirs…

Je crois qu’il ne me reste plus qu’à jouer au quidditch jusqu’à épuisement et peut-être que demain Draco sera dans de meilleures dispositions.

Je n’ai pas le temps d’atteindre la porte de sortie que la voix honnie du prof le plus détestable de la planète retentit disgracieusement à mes oreilles délicates.

-Potter.

Je retiens une grimace. C’est la dernière personne que j’ai envie de voir ce soir.

-Professeur, quelle bonne surprise !

Mon ton narquois ne lui échappe pas et lui ne retient pas sa grimace.

-J’ai à vous parler, Potter. Allons dans mon bureau.

Je ricane doucement, comme si j’allais lui obéir.

-Pas ce soir, je le crains. Je n’ai rien à vous dire professeur.

-Ne prenez pas ce ton supérieur avec moi, Potter. C’est justement de cela dont j’ai à vous parler. De cela et de votre ami. Weasley.

Je fronce les sourcils, qu’est-ce qu’il se passe avec Ron ?

-Alors vous me suivez ?

J’acquiesce silencieusement. J’espère juste que cela sera bref. J’ai autre chose à faire de ma soirée.

Une fois dans son bureau, il s’installe tranquillement derrière sa table et me désigne du menton un fauteuil en face. Je soupire d’agacement avant de m’asseoir.

-Potter, cessez donc de soupirer tout le temps. Depuis que vous avez hérité de ces pouvoirs et que vous vous êtes remis des effets secondaires, vous êtes devenus imbuvable ! Je crains fort que votre comportement ne soit un autre des effets de tous ses pouvoirs que vous avez ingurgités. En clair Potter, ce pouvoir n’est pas naturel, il n’est pas adapté à votre personne et tant que vous ne vous en serez pas servi, il vous montera à la tête et vous aurez ce comportement irritant.

Je m’efforce de ne pas sourire. Décidément, ce type ne se contente pas d’avoir les cheveux gras, il raconte aussi beaucoup de connerie.

-Je me sens parfaitement bien, je réplique. Je ne me suis même jamais senti aussi bien qu’en ce moment. Je profite de la vie et en vérité c’est cela qui vous énerve. Vous êtes confiné dans votre petite vie insipide et ça vous fait mal aux couilles de savoir que moi, je m’amuse !

-Dix points en moins pour gryffondor, Potter ! me coupe-t-il en me fusillant du regard. Je suis votre professeur alors ne me parlez pas sur ce ton ! Pour ma part, je me moque de votre nouveau comportement. Pour moi, vous êtes toujours le même petit crétin qu’avant. Mais vous n’êtes pas le seul en cause. Au cas où vous l’auriez oublié, nous étions deux à vous accompagner chez O’Donnel et nous sommes censés garder le silence sur le prix que vous avez payé…

Je plisse les yeux. Où veut-il en venir ? Veut-il tout déballer au grand jour ?

-Etes-vous en train de me faire une sorte de chantage ?

Il a un sourire en coin qui ne me plait pas du tout.

-Il se trouve, Potter, que ce n’est pas le cas. Je veux autant que vous que personne n’apprenne ce qu’il s’est vraiment passé, si cela se savait, Lup…Dumbledore ne me ferait plus confiance.

-Mais oui, Dumbledore, bien sûr !

-Qu’importe ! dit Rogue avec un geste dédaigneux de la main. Le fait est que vous êtes devenu extrêmement égocentrique, vous ne vous en rendez pas compte mais votre entourage, lui, le voit. Je suis persuadé que même Draco en a marre de vous…

-Ne mêlez pas Draco à cette histoire !

Rogue commence à m’énerver sérieusement. Il sourit, fier de lui. Il ne voit pas qu’avec mon pouvoir je pourrais le détruire en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

-Vous ne gaspillerez pas ce pouvoir contre moi. Enfin, pas si vous voulez voir le Seigneur des Ténèbres mort.

-Arrêtez de lire dans mon esprit, bon sang !

Je viens de me lever. J’en ai marre ! Je voudrais le frapper et le frapper encore jusqu’à ce que je sois libéré de cette tension qui ne me quitte quasiment jamais !

-Potter vous avez beau avoir des pouvoirs extraordinaires, vous n’êtes même pas capable de bloquer votre esprit. Je gage que vous ne vous entraînez même plus. Vous êtes devenu trop sûr de vous. Vous êtes concentré sur votre petite personne mais vous risquez de tout perdre !

-Pardon ?

Mais qu’est-ce qu’il raconte ?

-Vous ne voyez pas que vos amis perdent patience, que Draco perd patience, quant à Weasley, je parie que vous n’avez rien remarqué.

-Remarqué quoi ?

Il soupire et je me rassois, je ne comprends plus rien.

-Weasley semble avoir du mal à faire comme si rien ne s’était passé. Il est évident que le fait que vous ayez perdu quatre-vingt ans de votre vie, le ronge de l’intérieur. Il est comme éteint, les autres professeurs aussi l’ont remarqué et même s’ils ignorent la raison, cela les inquiète. Et je ne parle pas de Miss Granger ou du reste de votre bande. Les gens savent que quelque chose cloche avec Weasley, je mettrai ma main à couper que même Draco a remarqué.

-Je ne comprends pas, qu’est ce qui cloche chez Ron ?

Rogue soupire et je commence à être inquiet. Je croyais que tout allait bien. J’essaie de me souvenir de l’attitude de Ron ces dernières semaines. Il était normal, enfin je crois… pas très bavard, ni très souriant, c’est vrai, mais de là à dire…

-Il vous regarde avec une tristesse infinie, il ne sourit plus. Je parie qu’il est rongé par la culpabilité…

-Je ne vois pas pourquoi, je coupe, c’est moi qui ai choisi, pas lui !

-Je suppose que c’est parce que c’est un gryffondor. Les gryffondors font des choses comme ça, finit-il avec une grimace.

-Je vous ferai remarquer que je suis aussi un gryffondor.

-Vous, vous n’êtes pas dans votre état normal. Je suppose que cette puissance qui bouillonne en vous ne vous laisse pas en paix. Je suppose qu’elle a envie de s’évader, alors vous faites comme vous pouvez pour la garder enfermée mais cela vous monte à la tête…

-Comment…comment pouvez-vous savoir ?

Comment peut-il savoir que « ça » veut s’échapper ?

-Simple logique, Potter. Imaginons que vous soyez un vase et que la magie soit de l’eau. Le vase que vous êtes ne peut contenir qu’une certaine quantité d’eau. La réaction logique si on remplit trop le vase, c’est de déborder. Donc la magie que O’Donnel vous a fournie cherche aussi à s’évader, seulement vous n’êtes pas un vase, vous avez de la volonté et c’est pour cela que vous arrivez à conserver la magie. Le problème, c’est que votre esprit a compris que vous étiez plus puissant, et c’est si soudain, si prenant que cela vous monte à la tête.

Je plisse les yeux. Son histoire a l’air logique. Peut-être effectivement que je me comporte comme un connard depuis quelques temps, même si je n’en aie pas du tout l’impression.

-Que proposez-vous ? je demande.

-J’ai confectionné une potion qui peut canaliser votre magie et donc éviter à votre cerveau de le faire. Cela ne change rien au fait que vous pouvez utiliser la magie quand vous voulez, là dessus il faudra toujours vous contrôler et ne pas vous énerver, mais pas plus qu’avant toute cette histoire. Par contre vous retrouverez vite votre vrai caractère de bon samaritain et vous éviterez ainsi de perdre vos amis. Vous pourrez même vous occuper du cas de Weasley.

Il se lève et va chercher une petite fiole dans un coin de son laboratoire. Il me la tend mais je suis encore sceptique.

-Voyons Potter, je ne vais pas vous empoisonner. Enfin pas tout de suite, vous avez un mage noir à tuer auparavant, reprend-t-il d’un ton docte.

-Et c’est censé me rassurer ?

Il a un minuscule sourire devant mon air inquiet.

-A vous de voir.

Je regarde la fiole pas vraiment rassuré puis la débouche, prends une inspiration et avale le contenu d’un trait.

-L’effet sera vite là, dit Rogue satisfait, dans une quinzaine de minute vous serez comme avant.

-Pourquoi faites-vous cela ? Qu’est-ce que ça vous rapporte ?

Il semble réfléchir à la question puis fixe ses yeux noirs aux miens.

-Si vous retrouvez votre attitude normale, vous allez voir que votre ami Weasley ne va pas bien et vous allez m’aider à le sortir de ce mauvais pas. Voyez-vous, j’ai peur que le comportement de votre ami, finisse par vraiment alerter certaines personnes, comme Granger, Dumbledore ou encore Draco et qu’ils arrivent à lui tirer les vers du nez. Dans ce cas, nous avons tous les deux beaucoup à perdre. Je ne suis pas sûr que Draco vous pardonne une telle chose.

Je déglutis. Je me sens déjà moins bien qu’avant. Je crois que je vais regretter d’avoir pris cette potion.

-J’ai une idée pour éviter toute catastrophe, continue Rogue, vous allez dès ce soir parler à Weasley et lui proposer d’alléger sa peine.

-Comment ça ?

-S’il accepte, je lui jetterai le sort d’oubliette et il oubliera seulement tout ce qui a rapport avec les quatre-vingt ans que vous avez donné. Pour lui, O’Donnel vous aura passé des pouvoirs, point barre. Il sera soulagé et nous aussi. Nous y gagnerons tous les trois.

-Je…je ne sais pas…un sort d’oubliette…

Je me sens de plus en plus mal. Les souvenirs de mon comportement ces dernières semaines, me reviennent en mémoire. Je me suis vraiment comporté comme un connard. Je vais devoir aller m’excuser auprès de beaucoup de monde mais de là à jeter un sort d’oubliette à Ron…

-Parlez-lui, s’il refuse, nous laissons tomber. Mais il se sentira mieux s’il ne se souvient plus de ça. Si cela se trouve, il sera soulagé que ce soit vous qui lui proposez, il y pense peut-être à ce sort d’oubliette sans oser le faire. Je ferai cela proprement et il n’y aura pas de risque de fuite. Draco n’en saura jamais rien.

Je ne peux pas prendre le risque de perdre Draco. Rogue a raison, je dois au moins parler à Ron et voir de moi-même comment il va. S’il le faut, je lui proposerai la solution de Rogue.

-Bien, je vais lui parler. Je vous donnerai sa réponse le plus tôt possible.

Rogue acquiesce et me signifie que je peux prendre congé. Je sors de son bureau, le cœur lourd. J’ai vraiment pris tout le monde de haut, ces derniers temps. Il va vraiment falloir que je m’excuse auprès de Draco mais avant je dois parler à Ron.

Lorsque j’arrive dans la salle commune, la plupart des élèves est encore là. Je monte directement dans mon dortoir.

Neville, allongé sur son lit, lève à peine les yeux de son livre lorsque j’entre. Dean est en train de ranger son coin de chambre même s’il ne semble être là que parce que Seamus est en bas. Ces deux là s’évitent comme la peste même si en apparence ils semblent toujours amis. Ron semble plongé dans un devoir et ne m’a pas regardé une seule fois, depuis mon entrée.

-Ah Harry, mon pote ! s’exclame Dean enjoué. Ça te tente une partie de carte?

Je secoue la tête négativement et il pousse un petit soupir d’ennui.

-Décidément vous n’êtes pas drôle, les gars. On s’ennuie à mourir ces temps-ci…

-Peut-être que tu t’ennuierais moins si tu arrêtais d’éviter Seamus à tout bout de champ, murmure Neville calmement sans quitter son livre des yeux.

Le comportement de Dean change du tout au tout et son air aimable est vite remplacé par un air de dédain.

-Je n’ai pas de conseil à recevoir de ta part, Londubat, siffle-t-il.

Je regarde la scène, incrédule. Je crois que j’ai loupé beaucoup de chose, ces dernières semaines. Neville hausse juste les épaules et pose son livre sur son lit avant de se lever en soupirant.

-Je descends, murmure-t-il, tu me files le bourdon Dean et toi aussi, Ron.

Dean a une exclamation outrée et Ron lève simplement les yeux, indifférent, vers la porte que vient de franchir Neville. Il croise enfin mes yeux mais baisse la tête rapidement. Dean reste quelque seconde avant de descendre lui aussi, sûrement mal à l’aise devant le silence pesant qui s’est installé. Moi aussi j’aimerais bien partir mais j’ai déjà assez fui.

Je me racle la gorge mais Ron reste plongé dans son devoir.

-Il faut qu’on parle, je tente calmement.

Il hausse les épaules mais ne lève même pas la tête. Je me donnerai des baffes. Il ne va pas bien par ma faute et moi je me suis comporté comme une diva pendant des jours ! Nous aurions dû avoir cette discussion depuis longtemps.

Je m’assois courageusement en face de lui. Comment présente-t-on ses excuses pour avoir donné sa vie ? Je n’en ai aucune idée.

-Tu as raison de m’en vouloir, je chuchote, j’ai été un connardarrogant pendant des semaines. C’est à peine si je vous ai adressé la parole à toi et à Mione…

-C’est à cause du pouvoir que tu as absorbé, me coupe Ron, il t’a fait péter plus haut que ton cul.

-Comment sais-tu ça ? je demande, étonné.

Ron lève brièvement les yeux sur moi mais ne sourit pas.

-Rogue a émis cette hypothèse, il y a quelques semaines et il a dit qu’il allait faire en sorte que tu te calmes. Je suppose qu’il a réussi.

Je dois avoir l’air d’une chouette à le regarder de cette façon. Depuis quand parle-t-il de ma santé avec Rogue ?

-Heu…oui…

-Bien.

-Tu as parlé de ça à Rogue ?

Cette fois, il referme son livre en soupirant mais évite toujours mon regard.

-Non, c’est Malfoy qui lui a parlé et Hermione a parlé à Malfoy et elle m’a juste rapporté les faits.

-Je vois.

C’est donc pour ça que Draco a réussi à être aussi patient. Je suis soulagé qu’il ait compris que ce n’était pas mon état normal. Avec un peu de chance, je n’aurais pas à me morfondre en excuse pour me faire pardonner.

-Je-je crois que nous devons parler de ce qu’il s’est passé chez O’Donnel. Je sais que tu m’en veux de ce que j’ai fait mais c’était la seule solution et…

Je suis bloqué dans ma tirade par son regard hargneux qui cette fois me fixe sans broncher.

-Réveille-toi Harry ! s’exclame-t-il hors de lui, me faisant sursauter. Tu n’as toujours pas réalisé, on dirait ! Tu as donné ta putain de vie, tu sais ce que cela signifie ?

-Ron, j’ai fait ce choix tout seul. Je ne veux pas que cela te perturbe, dis-je le plus calmement possible.

-Cela signifie, reprend-t-il de plus en plus énervé, que tu n’as plus rien ! Alors réjouis-toi putain, car tu n’as plus d’avenir ! Et tu t’en moques ! Tu t’en moques et moi je devrais faire comme toi et comme l’autre connard graisseux ! Je devrais sourire et faire comme si tout allait bien ! Alors oui, je suis perturbé parce que dès que je pose les yeux sur toi, je sais ! Je sais que tu vas bientôt mourir et que je n’ai rien pu faire !

Je sens une boule remonter dans ma gorge. Je sais que depuis que c’est arrivé, j’essaie de ne pas y penser. Je ne veux pas penser à ça. Je ne veux pas penser à tout ce que je vais perdre. Je veux être égoïste encore quelque temps.

Pourquoi Ron ne me laisse-t-il pas être égoïste ?

-C’est moi qui vais bientôt mourir, dis-je plus froidement que je ne le voudrais, alors je préfère réagir comme si tout allait bien !

Il ricane et penche un peu la tête sur le côté.

-Tu as raison Harry, dit-il d’une voix railleuse, sois heureux et ferme les yeux. Je ne t’en veux pas, reprend-t-il avec un sourire ironique, c’est à moi que j’en veux. Je ne sers décidément pas à grand chose. La seule fois où il fallait que je fasse quelque chose, je n’ai rien fait. Si j’avais regardé ce type te poignarder sans lever le petit doigt, cela serait revenu au même.

-Ne dit pas ça, je m’exclame en fronçant les sourcils. Tu ne pouvais rien faire et pourtant tu as essayé. Je t’interdis de t’en vouloir pour ça, je suis le seul coupable et je ne regrette rien !

Il ne me regarde plus et baisse les épaules, désabusé.

-Tu ne regrettes pas, murmure-t-il comme pour lui-même, tu mens bien entendu, tu n’as simplement pas encore réalisé tout ce que tu allais perdre…

-De toute façon, Voldemort m’aurait tué sans ça ! Et même maintenant rien n’est sûr !

-Moi, je croyais en toi, souffle-t-il. J’y ai toujours cru. J’espère juste que tu me pardonneras un jour de ne pas avoir pu te sauver…mon frère…

Ses yeux hantés se posent sur moi et je comprends que rien de ce que je pourrais dire ne pourra le consoler. Je réagirais exactement comme lui si nos rôles étaient inversés.

-Je n’aime pas te voir comme ça Ron, surtout à cause de moi…

-Ne t’en fais pas, murmure-t-il, je vois juste ce que tu refuses de voir.

-Peut-être, je commence en posant une main sur son épaule, que tu pourrais faire ce que Rogue m’a proposé. Il peut te jeter un sort d’oubliette sur toute cette histoire de pierre de vie, comme ça tu n’y penseras plus, tu ne seras plus triste pour moi…

Il tremble légèrement et lentement accroche ses yeux aux miens.

-Ne me demande pas ça Harry, souffle-t-il. Je t’ai laissé te sacrifier mais si j’oublie alors je ne pourrais pas me regarder en face. Quel meilleur ami accepterait d’oublier une telle chose ?

-Je ne t’en voudrais pas, je veux juste que tu ailles bien…

-Moi, je ne veux pas oublier. Puisque tu as décidé de n’en parler à personne, je veux que tu m’en parles à moi. Je veux te soutenir. Quand tu auras ouvert les yeux alors je serais là…je ne te laisserais pas tomber…

Je lui fais un sourire rassurant qu’il ne me rend pas et je lâche enfin son épaule. Je ne veux pas ouvrir les yeux.

-Si tu changes d’avis, je comprendrai.

Il ne répond rien.

J’espère ne jamais ouvrir les yeux.

Je l’ai fait une fois et j’ai pleuré dans les bras de Draco…

J’ai décidé de ne plus trembler, de profiter de la vie et de garder les yeux fermés.

Si seulement, moi, je pouvais oublier…

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Mercredi 16 mai, salle de potion, 10h06

-Il a refusé.

Rogue me lance un regard courroucé.

-Et cela ne vous inquiète pas ? demande-t-il d’un ton sec.

-Je suis sûr qu’il ne dira rien, je réponds d’une voix froide.

Rogue siffle quelque chose entre ses dents que je ne comprends pas.

-Je l’espère pour vous, Potter. N’oubliez pas que vous pouvez perdre beaucoup. Sortez maintenant !

Il me montre la porte du doigt et je sors sans m’attarder. J’ai horreur de l’atmosphère de cette pièce.

-Alors qu’est-ce qu’il te voulait ? me questionne Ron dans le couloir.

-Rien, encore cette histoire de devoir en retard.

-Potter et son assiduité légendaire !

Je me tourne vers la voix traînante alors que les serpentards autour de lui ricanent. C’est la première fois que je me retrouve face à lui, depuis qu’il m’a jeté dehors. C’est dans ces moments-là que je regrette de ne pas avoir toute mon assurance d’hier. Enfin, c’est cette assurance qui m’a mis dans cette situation.

-Alors Potter, tu as perdu ta verve ? J’ai entendu dire que tu étais redevenu un gryffondor à part entière !

Il en rajoute et son public semble jubiler. C’est vrai que ça faisait un moment qu’il n’avait plus fait son show. Je me rends compte que ça ne me manquait pas du tout. Je préfère quand il est moins en forme de ce côté-là.

-Je préfère quand tu m’appelles Harry, je réplique.

Un léger sourire orne ses lèvres et son regard d’argent ne me quitte pas. Il se penche vers moi et tire doucement sur ma cravate de manière à ce qu’on ne soit qu’à un souffle l’un de l’autre.

-Je t’attends ce soir dans ma chambre, « Harry », susurre-t-il d’une voix mielleuse.

-J’y serais, je murmure, résistant à l’envie de lui voler un baiser.

Il s’en va après un dernier sourire ravageur et me laisse planté là, le souffle un peu court. Je ne comprends pas comment il fait pour me faire autant d’effet encore maintenant. Il lui suffit de moduler sa voix et de me fixer avec des sous-entendus plein les yeux pour que je tombe dans ses filets.

Le rire d’Hermione me réveille et je rougis alors que Ron grimace de désespoir.

-Il te mène à la baguette, s’esclaffe Hermione. Il ne pouvait pas le faire quand tu es devenu Harry-Je-Prends-Tout-Le-Monde-De-Haut mais je crois qu’il va se rattraper.

-Je crois aussi, je souffle faussement désespéré.

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Mercredi 16 mai, Chambre du préfet en chef des serpentards, 23H54

Je m’écroule en sueur sur lui.

Je crois que ça n’a jamais été aussi bon.

Les lumières dansent encore sous mes paupières et mon cœur continue de battre follement.

Son souffle saccadé se pose sur ma nuque.

Je tremble.

Je bouge un peu mais ses bras se posent sur mes épaules.

-Non, reste. Juste un peu.

Sa voix est rauque.

J’acquiesce doucement. Il se détend et pose ses mains en bas de mon dos. J’enfouis ma tête dans son cou, restant en lui, laissant ses cheveux chatouiller mon front.

Et je ne pense plus à rien, je m’enivre simplement de son odeur, de sa chaleur et de sa douceur.

Et je ferme les yeux…

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Salle de potion, Mercredi 23 mai, 18H17

-Vous vouliez me voir, professeur ?

J’espère qu’il va être rapide, j’ai un entraînement de quidditch dans dix minutes.

-Oui Potter, c’est à propos de Weasley. Il est venu me voir hier soir…, commence Rogue

-Vous l’aviez mis en retenue, il est donc logique qu’il soit venu, je réplique narquoisement.

-Cessez de jouer au plus malin, voulez-vous ! J’ai vu Weasley et il m’a dit qu’il avait changé d’avis. Je lui ai donc effacé la mémoire.

-QUOI ?

-Il ne sait plus que vous avez donné quatre-vingt années de votre vie, reprend Rogue, évitez donc de faire une gaffe.

Je fronce les sourcils. Ron ne peut pas avoir changé d’avis ou alors il m’en aurait parlé.

-Mais ce n’est pas possible, la semaine dernière encore il disait que…

-Il ne vous en a pas parlé ? demande Rogue, étonné. Il faut dire qu’il avait l’air assez mal à l’aise le pauvre…

-Je ne comprends pas, je souffle.

Rogue me sourit d’un air compatissant.

-Il faut vous dire que c’est mieux pour lui. Il l’a lui-même admis.

C’est vrai que Draco et Hermione me posaient des questions sur lui. Je ne savais plus quoi inventer pour ne pas paraître suspect. Et c’est vrai qu’aujourd’hui, Ron s’est comporté comme avant. Et moi qui pensais que c’était parce qu’il allait mieux…il a tout oublié.

-Mais il se souvient d’être venu chez O’Donnel ?

-Bien entendu, il a juste oublié la partie qui concerne le prix que vous avez payé, ainsi que toutes les discussions ou pensées qu’il a eues à ce sujet. Nous ne sommes plus que deux à savoir…

Une drôle de pensée traverse mon esprit et l’espace d’une seconde mon estomac se contracte comme en proie à une mauvaise intuition.

-Des questions, Potter ?

-N-Non…

-Et bien allez-y, il me semblait que vous aviez un de vos « si importants » entraînements de quidditch.

Oui, je risque d’être en retard d’ailleurs. Je pars sans perdre une seconde.

Et j’ai un sourire satisfait dans les couloirs.

Mon secret va être bien gardé maintenant…

O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O

Vendredi premier juin, chambre de préfet en chef des serpentards, 17h51

-Merde !

-Jurer ne changera rien…

Je me tourne, furieux, vers Draco. Je me force à rester calme alors que j’ai envie de hurler.

-S’il te plait, dis-je en serrant les dents, je ne veux pas que tu y sois…

Il plante son regard gris et imperturbable dans le mien et je sais déjà que je n’arriverai pas à le faire changer d’avis. Je me déteste pour cela.

-J’y serais, murmure-t-il. Tu ne peux pas me demander de fuir et de te laisser.

Je sais qu’il a raison et c’est ce qui m’énerve encore plus.

-Merde ! Putain de Merde !

J’ai envie de chialer maintenant, de chialer et de crier. Je parie que même Draco s’en rend compte, il détourne le regard.

La carafe d’eau sur la petite table explose et Draco sursaute.

-Arrête cela ! siffle-t-il.

Je quitte la pièce, énervé, en claquant la porte. Et je crie des insultes dans le couloir et me mets à frapper du poing le mur en face de moi ?

Ce matin, Dumbledore nous a annoncé qu’il venait d’apprendre par Rogue et Crabbe que Voldemort comptait attaquer l’école d’ici une semaine.

Dumbledore a décidé de défendre l’école. Il va de toute évidence s’agir de ce que tout le monde se plait à appeler « la bataille finale ».

Il a été décidé que les élèves de la première à la cinquième année ainsi que tous les autres qui le désirent seront évacués. Les aurors vont arriver d’ici trois jours pour nous prêter main forte.

Je croyais, j’ai toujours cru que Draco ne participerait pas à la bataille et il vient de m’annoncer qu’il n’a aucunement l’intention de ne pas se battre.

Je ne comprends pas pourquoi il veut se mettre ainsi en danger ?

Je frappe ce mur pour me faire mal. Je voudrais que la douleur efface l’impuissance que je ressens.

Ron et Hermione aussi restent et moi j’ai peur.

Je meurs de peur en imaginant ce qu’il pourrait leur arriver.

J’ai demandé à Dumbledore de les convaincre de tous partir.

Je voudrais qu’il ne reste que moi.

Moi et Voldemort.

Mais Dumbledore a répondu qu’il ne pouvait pas plus les empêcher de rester que moi.

Je suis censé être tellement fort et je ne parviens même pas à mettre à l’abri ceux qui comptent pour moi.

Je ne pourrai pas tous les protéger…

Pas tous…

Je n’y arriverai pas…

J’ai si peur.

Les coups ont cessé contre le mur et je sanglote comme un enfant, la main en sang qui me lance douloureusement. Mais je m’en fous !

Je sens ses bras s’enrouler derrière moi et je me sens encore plus faible. Je tremble et mes jambes flagellent mais ses bras me retiennent.

-Allez viens Harry, chuchote-t-il d’une voix triste à mon oreille, on va soigner ta main…Viens avec moi…

Je ne veux pas le perdre. Je ne veux pas le perdre. Je ne veux pas le perdre. Je ne veux pas le perdre…

-Viens, répète-t-il d’un ton presque suppliant.

Je me tourne alors vers lui et son regard inquiet plonge dans le mien.

-J’ai peur aussi…souffle-t-il, mais ce ne sera qu’une journée et après tout sera fini…

-…

-Nous allons y arriver Harry…ensemble.

Alors je prends la main qu’il me tend. Je voudrais tellement croire ce qu’il dit. J’ai toujours aussi peur pourtant.

J’ai toujours aussi peur…

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Vendredi 7 juin, dortoir des gryffondors, 8h18

Ron et Seamus entre en riant dans la chambre et je délaisse mon bouquin que je n’aurais pas dû entamer, de toute façon. Il est nul, ce livre !

-Ah Harry, tu as loupé le discours que je qualifierai « le plus sensationnel » de Dumbledore. Tu n’es pas d’accord avec moi, Seamus ?

-C’est clair, il l’a bien peaufiné, j’ai même failli verser une larmichette. Tout y était, un brin d’humour, une pincée d’émotion, un soupçon d’inébranlabilité…

-Ça n’existe pas « l’inébranlabilité », le coupe Ron.

-Et alors ? demande Seamus.

-Et alors trouve un autre mot, ta phrase ne tient plus debout sans ça.

Seamus grimace avant de lever les yeux au ciel.

-Harry, demande-t-il, tu ne trouves pas que Ron traîne beaucoup trop avec Hermione ?

Je souris alors que Ron bougonne une phrase incompréhensible.

Demain c’est le jour de l’attaque. Depuis une semaine Poudlard ne fait plus office d’école mais accueille toutes sortes de combattants, que ce soit des Aurors, des demi-Géants, ou autre.

Je crois même qu’il y a deux ou trois vampires mais je ne vois clairement pas à quoi ils peuvent servir étant donné que la bataille va se dérouler en plein jour.

J’ai été étonné du nombre d’élève de sixième et de septième année qui sont restés. Presque les trois quarts.

Par contre d’autres sont partis et certains d’entre eux de toute évidence pour se battre du côté de Voldemort.

Depuis une semaine, je fais en sorte de graver chaque seconde dans mon esprit. J’ai toujours aussi peur et je crois que les autres ressentent la même chose. Seulement nous le cachons tous.

La famille de Ron aussi est là, au grand complet.

J’espère que tout se passera bien…

-Allez Harry, il faut y aller, dit Ron soudainement sérieux.

Je hoche la tête silencieusement. Je ne suis pas prêt mais je pense que je ne serais jamais prêt pour ce genre de truc.

Lorsque j’arrive dans le parc, ils sont tous déjà là. Des gens que je ne connais même pas me lancent des regards de soulagement.

Remus me fait un sourire d’encouragement et j’ai la brusque envie de le serrer contre moi, comme un enfant.

Mais je me contente de lui sourire faiblement à mon tour. J’entends les frères Weasley plaisanter dans la foule mais je ne les vois pas.

Ils ont tous l’air si déterminé. Dumbledore a l’air triste, lui.

Je le suis aussi.

Nous devons êtres en tout près de cinq cent.

Je reste près de Dumbledore comme convenu et je cherche Draco des yeux. Je le trouve facilement près d’un groupe de serpentards, il regarde dans ma direction et la peur que j’ai redouble d’intensité.

Puis notre échange visuel est brisé par l’arrivée de centaines de mangemorts qui apparaissent en transplanant devant nous.

Apparemment ils ont trouvés le moyen de briser les protections de Dumbledore.

Rapidement, je n’ai plus le temps de penser, juste celui de me battre. Les cris ne tardent pas à retentir dans le parc.

Je sais juste que je dois trouver Voldemort et le tuer.

Mais je ne le vois pas. Les minutes passent et je ne le vois pas.

Je me rends compte aussi que je suis entouré constamment d’aurorsqui me couvrent. Je maudis Dumbledore pour cela.

Les mangemorts me semblent de plus en plus nombreux et l’auror juste devant moi tombe. Un autre prend sa place. Je ne veux pas ! Je ne veux pas qu’ils meurent pour moi !

Enervé, je bouscule l’un d’eux pour me battre et jette mon premier sort de la bataille qui touche de plein fouet un mangemort et le désarme.

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Cela fait deux heures que la bataille a commencé, j’ai du sang qui s’écoule de mon arcade sourcilière et je vois la scène en rouge, les aurors sont presque tous tombés et les élèves sans protection commencent eux aussi à être touchés.

Je serre les dents en entendant crier une fille. Je suis en train de faire un cauchemar. Devant moi, je reconnais Hermione qui se bat, même si son bras gauche pend bizarrement, elle a l’air d’avoir le dessus. Je décide de rester près d’elle.

-Harry, souffle-t-elle en me voyant, j’ai perdu Ron de vue. Tu l’as vu ?

-Non, et toi tu as vu Draco ?

Elle secoue la tête et au même moment quatre mangemorts arrivent sur nous.

Hermione évite de justesse un sort et réplique en même temps que moi. L’homme tombe raide mort à nos pieds.

C’est le sixième que je tue aujourd’hui.

J’ai envie de vomir.

Un sort me touche à la jambe et une douleur fulgurante me fait trébucher.

-HARRY ! crie Hermione.

Je me retourne trop tard pour voir une lumière rouge arriver dans ma direction. Mais alors que je pensais être touché de plein fouet, une masse noire se jette sur moi et m’aplatit sur le sol.

La chose qui m’écrase se relève bien vite et je l’entends gronder et former une sorte de sphère argentée autour de Hermione et moi.

A présent aucun sort n’arrivent à nous atteindre et je regarde étonné la panthère de Draco qui gronde furieusement contre les attaques des mangemorts.

Je fronce les sourcils. Bien sûr je suis content qu’elle soit là, ça prouve que Draco va bien mais je préférerai qu’elle soit à ses côtés.

-C’est bon ! je lui crie. Va plutôt protéger Draco !

La panthère se contente de me jeter un regard noir.

-Harry ! s’exclame Hermione, son bouclier ne va plus tenir longtemps ! Tiens-toi prêt !

J’acquiesce et serre ma baguette alors qu’en effet la sphère qui nous protégeait s’estompe peu à peu.

Lorsqu’elle a définitivement disparu nous reprenons le combat, la panthère à nos côtés semblant plus enragée que jamais. Les ennemis ne peuvent pas approcher sans qu’elle ne se jette sur eux avec une rapidité et une férocité fulgurante.

Et puis mon regard est attiré par un vêtement couleur gryffondor sur ma gauche. Je reconnais Seamus mais il est trop loin. Puis quelqu’un lance un sort que je ne connais pas sur lui et je m’entends crier.

Il ne m’entend pas et Dean que je n’avais pas vu se met entre le sort et Seamus.

J’ai fermé les yeux et quand je les rouvre, je vois Dean, à terre, des couteaux dans le torse et du sang partout et j’entends Seamus hurler en le prenant dans ses bras.

Je crois que je crie aussi, j’ai si mal au cœur. Je me bats avec une envie de faire mal autant que j’ai mal et je vois Seamus, le visage ravagé par les larmes se jeter sur les mangemorts et le vois jeter des sorts impardonnables et je crois bien que je pleure.

Un feulement de douleur me fait détourner les yeux. La panthère de Draco se tord de douleur et pourtant aucun sort n’est jeté sur elle.

Mais qu’est ce qu’elle a ?

-Harry, crie Hermione, Draco doit avoir des problèmes !

Je regarde ma meilleure amie sans comprendre et puis soudainement la peur revient si forte que je chancelle.

La panthère gémit sourdement maintenant et elle ne bouge plus.

-Non…

-Harry ! Il faut le trouver !

-Non…

Pas lui. Par pitié, pas lui. Pitié. Pitié. Pitié. Non. Non. Je vous en supplie. Je vous en supplie !

Je marmonne cette phrase inlassablement tout en courant dans le champ de bataille, je ne cherche même plus à éviter les sorts. Plus rien ne compte.

La panthère n’a même pas réussi à se lever pour me suivre. Je l’ai vu essayer, le regard empli de douleur puis échouer et retomber comme une masse sur le sol.

Je ne sais pas combien de temps j’ai couru, je sais juste que je suis à proximité de la Forêt Interdite quand je vois Blaise Zabini et Ron qui font face à une dizaine de mangemorts et puis mon sang se glace dans mes veines lorsque je vois, étendu sur le sol, juste derrière eux, un corps qui ne bouge pas. Un corps aux cheveux blonds qui restent les plus beaux pour moi, malgré la terre qui semble les maculer.

Je cours jusqu’à eux, en éjectant au passage trois ou quatre mangemorts.

-Que s’est-il passé ?

-Ils ne nous ont pas lâché une seconde ! s’exclame Ron. Attention, derrière toi !

J’évite de justesse un sort et réplique les yeux fixés sur le visage pâle de Draco et sur…

-Que s’est-il passé ? je répète d’une voix blanche.

Il a…

-Je suis resté prêt de lui Harry, je te le jure, mais ils se sont acharnés…

La voix de Ron est tremblante alors que lui et Blaise continue de se battre.

Je tombe sur les genoux, les yeux rivés sur le trou béant dans la poitrine de Draco.

Il.

Ne.

Respire.

Plus.

-Draco ? je croasse d’une voix trop aiguë.

J’attrape son visage et tombe sur des yeux gris vitreux. Et puis c’est comme si je n’entendais plus rien aux alentours.

Il n’y a plus les bruits de la bataille, plus les paroles angoissées de Ron, ni les cris de rage de Zabini.

Juste lui dont le souffle léger me prouve qu’il n’est pas encore tout à fait mort.

Mais il n’est déjà plus avec moi…

-Je t’en supplie, je souffle, ne me laisse pas…

Ça fait trop mal.

J’ai si mal.

Je pleure et je tremble.

J’aurais dû rester à ses côtés. J’aurais dû l’empêcher de venir.

La douleur en moi balaie tout le reste et je crie, je le secoue encore et encore.

Je ferais n’importe quoi pour qu’il ne meure pas.

Je t’en prie, Draco, mon amour, mon amour, tu n’as pas le droit, je t’en prie…

-Potter ! Bordel ! Qu’est-ce que tu fais ?

J’entends la voix de Zabini comme dans un rêve alors que quelque chose d’étrange se produit en moi. La magie donnée par O’Donnel s’échappe de ma main et se dirige directement vers le corps de Draco qui est alors agité de secousses.

Ça ne dure pas plus d’une minute et quand c’est fini, je ne sens plus rien de O’Donnel en moi…Par contre, je sens la poitrine de Draco se soulever contre ma main.

Il ouvre les yeux et je pleure de soulagement. Je le serre contre moi en riant et en murmurant des phrases sans queue ni tête.

Et puis doucement, il se dégage de mon étreinte et me regarde, paniqué.

-Harry, souffle-t-il horrifié, tu as utilisé le pouvoir…

-C’est ce qu’on dirait ! s’exclame une voix froide et sifflante sur ma droite.

Je me sens projeter contre un arbre et des lianes s’enroulent autour de moi pour me maintenir alors que la phrase de Draco et l'horreur de la situation éclate dans mon cerveau.

Voldemort se tient devant moi, un sourire amusé aux lèvres. Ron, Blaise et Draco sont tenus en joue par des mangemorts, incapables de faire le moindre geste.

-Tu vois Harry, reprend Voldemort, je me suis demandé pourquoi Dumbledore acceptait de livrer bataille. Je viens de le tuer, soit dit en passant. Et donc j’ai pensé que c’était parce qu’il était sûr de ta victoire sur moi ! Stupide vieil homme !

Dumbledore est mort…

J'ai un gout de bile dans la gorge.

Je ne peux pas y croire. Je suis sûr que Voldemort ment!

Par pitié, faites qu'il mente!

-J’ai donc attendu de voir ce qui te rendait si exceptionnel ! continue Voldemort. Tu es un petit cachottier Harry ! Tu as réussi à te faire donner de la magie très puissante. Tsss. Tsss. Et regarde finalement où ça te mène. Tu as gaspillé bêtement ta seule chance de vaincre pour sauver un ancien mangemort. La vie d’un homme contre celle de tout un peuple. Enfin, tu as choisi, tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même.

Je ferme les yeux. Il a raison. Je ne suis plus rien à présent. Mais comment aurais-je pu ne pas sauver Draco ?

-Il mourra de toute façon, poursuit la voix sifflante, juste après toi. Tout cela n’aura servi à rien.

Je tremble contre l’arbre. C’est donc comme cela que tu dois finir ? Je ne pouvais de toute façon rien faire ?

-Ouvre les yeux Harry, me dit Voldemort d’une voix presque douce, ouvre les yeux…je veux voir ton regard lorsque tu mourras.

J’obéis presque malgré moi.

Mes yeux s’ouvrent simplement pour voir tout ce que je vais perdre. Comme Ron le disait.

Je suis tellement désolé Draco, je ne vais pas pouvoir tenir ma promesse.

Je ne vais pas pouvoir le battre, mon amour.

Je suis tellement désolé…

Tout ce que je peux faire, c’est ouvrir les yeux…

et regarder la mort venir…

A suivre…

 
 
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