|
POV de Draco Il suffit de peu de chose pour que s’effondre un royaume… Vendredi 7 juin, Champ de bataille, près de la Forêt Interdite, 11h43 Je suis tétanisé. Il pointe sa baguette sur moi, seuls ses yeux bleus se voient sous son habit de Mangemort. Les yeux de mon père Comment a-t-il pu sortir de prison ? -Ouvre les yeux Harry, ouvre les yeux…je veux voir ton regard lorsque tu mourras. La voix de Voldemort me sort de ma torpeur et je regarde la scène qui se passe sur ma droite. Je sais que si je fais le moindre geste, on n’hésitera pas à me tuer. Ron et Blaise à mes côtés sont dans la même situation. On dirait que le temps s’est arrêté. Tout est étrangement silencieux soudainement. A croire que tous les affrontements ont cessé. A croire que tout le monde comprend que tout se joue maintenant. Entre eux. Harry est immobilisé contre l’arbre et doucement il ouvre les yeux. Ses yeux si verts regardent dans notre direction et se posent sur moi avec tristesse. C’est cette tristesse qui me fait réaliser la situation. Il a compris qu’il avait perdu et je peux lire des milliers d’excuses silencieuses dans son regard. Mon cœur se met à battre plus vite, et ma respiration s’accélère. Une seule chose imprègne alors mon esprit : il ne doit pas mourir. Le serment, que j’ai fait en offrant la fleur à Harry, lance la sirène d’alarme dans mon crâne et c’en est presque assourdissant. Il faut que je le sorte de là ! IL FAUT QUE JE LE SORTE DE LA ! Quand je pense qu’il a utilisé son pouvoir pour me sauver ! Si on s’en sort, je le tue ! -Stupide gryffondor, susurre Voldemort, cela va être vraiment facile de te tuer. Tu as déjà baissé les bras…Tu avais perdu d’avance. -Laisse-le ! Voldemort sursaute et se tourne vers moi. Il a un sourire amusé. Je dois gagner du temps. -Draco, murmure-t-il, je suis ravi que tu sois aux premières loges pour me regarder tuer Potter. Tu vas voir, c’est très amusant ! -Il ne mourra pas ! Mon ton est sans appel et le regard triste de Harry devient un peu consterné. Je ne le lâche pas du regard. Je m’en balance qu’il pense que tout est perdu, je veux qu’il sache que moi, je crois en lui. Je croiraitoujours en lui. -Il ne mourra pas ? reprend Voldemort de plus en plus amusé. Tu es si sûr de toi ! Tu as toujours la langue aussi bien pendue. Merveilleuse et vicieuse langue, soit dit en passant! -TA GUEULE ! Je sursaute en même temps que Voldemort et les autres. Harry semble s’être repris. Son regard n’exprime plus que de la haine et il se débat contre ses liens tout en crachant des insultes sur Voldemort. Ce dernier ne semble pas apprécier de ce regain d’énergie et mon cœur manque un battement lorsque d’un air nonchalant, il pointe sa baguette dans sa direction. Harry cesse immédiatement tous mouvements mais son regard reste brillant de haine et il ne baisse pas la tête. -Non…, je souffle. Je ferme les yeux pour ne pas voir le sourire sardonique de Voldemort mais je sais, je sais qu’il va lancer le sortilège de mort et je suis incapable de faire quoique ce soit. Mais je n’entends jamais le sort être prononcé, à la place j’ouvre les yeux lorsque je perçois un bruit de chute. Je vois Voldemort, à terre et semble-t-il sonné, tandis que la panthère se relève déjà. C’est elle qui l’a bousculé et déjà tout s’agite autour de nous. Et je ne peux m’empêcher de lancer un cri de joie. Je regarde le mangemort en face de moi, mon père sûrement, et je jette un sort de désarmement qu’il bloque avec un autre sort. Du coin de l’œil, je vois que les combats ont reprit et Lupin semblant surgir de nulle part, jette un sort de libération sur Harry, qui est alors détaché de l’arbre. Mais Harry n’a le temps de rien faire que Voldemort a déjà sa baguette pointée sur lui et cette fois la panthère se jette sur Harry et ils roulent tous les deux, hors de ma vue, dans la Forêt Interdite. Mon père a réussi à atteindre ma jambe et je pousse un juron, tout en essayant en vain de le stupéfier. Je ne le croyais pas capable d’essayer de me tuer. Je suis son fils, je n’ai jamais imaginé avoir à me battre contre lui, un jour. Bientôt, je suis éjecté deux mètres plus loin et je tombe rudement sur le dos. Je gémis de douleur et je l’entends se rapprocher en ricanant. Je me relève difficilement et ma baguette est propulsée plus loin. Je regarde autour de moi rapidement à la recherche d’une aide quelconque mais je m’aperçois que nous aussi nous sommes maintenant dans la Forêt Interdite. C’est étrange, je n’avais pas l’impression d’avoir été éjecté si loin. Il n’y a personne d’autre que moi et mon père, mais j’entends le bruit des combats au loin. Puis un éclair rouge attire mon attention sur ma droite et je vois Harry au loin, dans la Forêt lui aussi, qui semble esquiver les sorts. J’entends un juron qui vient sans aucun doute de Voldemort et mon père a maintenant la baguette pointée sur moi, mais il semble lui aussi écouter attentivement ce qu’il se passe du côté de son maître. -Sale lâche, siffle Voldemort au loin, tu peux te dédoubler tant que tu veux ! Je t’aurai toi et ta copie et ça sera doublement jouissif et après je m’occuperai de ta petite pute blonde ! Je sursaute lorsque je vois Harry grimper à un arbre avec une rapidité impressionnante et je comprends qu’il ne s’agit pas de Harry mais de ma panthère. Comme pour confirmer ma pensée, au même moment un autre Harry un peu plus loin, bloque un sort à l’aide d’un bouclier. -Même à deux contre lui, Potter n’y arrivera pas…J’ai toujours dit qu’il était trop faible. Je sursaute au son de cette voix alors que les yeux bleus me toisent d’un air supérieur. -Hadès ? je souffle, en fronçant les sourcils. Je peux presque le voir sourire. Comment ai-je pu une seule seconde le confondre avec mon père ? Le mangemort debout devant moi, défait tranquillement sa capuche et une cascade de cheveux noirs s’offre à ma vue en même temps qu’il retire son masque. -Salut cousin, dit-il tranquillement avec un léger sourire. Je veux alors me relever, car je sais déjà qu’il n’a jamais été aussi heureux qu’en cet instant, en me voyant à ses pieds, et ça me donne presque envie de vomir. Mais d’un geste de la main, il m’oblige à rester immobile. J’ai l’impression que chacun de mes muscles est sous son contrôle. Je ne parviens même pas à bouger le petit doigt. -C’est frustrant, n’est-ce pas, susurre-t-il, de voir que j’ai un avantage non négligeable sur toi. Ta magie sans baguette et ta panthère de pacotille, tu t’en sers déjà pour aider la cause désespérée de ton copain empoté, alors que moi, je peux faire ce que je veux. Tu es à ma merci. Je lève la tête vers lui, furieux, mais je n’arrive toujours pas à bouger. Son sourire s’agrandit et il joue avec sa baguette, écoutant toujours la bataille au loin. Un cri déchirant provenant de la Forêt interrompt sa concentration et mon sang se glace dans mes veines car je sais déjà que ce cri n’appartient pas à Voldemort… -Il va bientôt en avoir fini, on dirait, sourit Hadès. Je vais te tuer Draco, il veut s’occuper de toi après, mais moi, j’ai d’autres plans. -Tu ne me toucheras pas, je siffle froidement, ne me souvenant que trop bien de ses attouchements dans le couloir. Il se baisse à ma hauteur et je veux reculer mais je reste encore paralysé. -Voyons Draco, souffle-t-il tout contre mes lèvres, tu verras, je suis sûr que tu vas aimer. Après ce que je vais te faire, je suis même persuadé que tu vas en redemander. -Va te faire foutre ! je crie et je lui crache dessus, y mettant tout le dégoût que j’ai pour lui. Il s’éloigne brusquement et essuie le crachat qui a atterri sur sa joue, comme étonné que j’ai osé lui faire cela. Il se remet à mon niveau et tire violemment mes cheveux et malgré moi, un gémissement de douleur m’échappe. Et puis, je sens avec horreur ses lèvres se poser brusquement sur les miennes et mordre ma bouche. Sous le coup de la douleur j’ouvre mes lèvres et il glisse sa langue à l’intérieur. Paniqué, je mords sa langue durement et cette fois il arrête le baiser. Je vais vomir ! Je tousse et tremble et le vois essuyer le sang qui s’écoule de ses lèvres tout en me jetant un regard furieux. J’ai aussi un goût de sang dans la bouche mais je ne peux même pas essuyer ma lèvre fendue. -Sale pute ! crache-t-il. De toute façon, tu vas y passer ! Et après, une fois que je me serai vidé à l’intérieur, je jetterai ton corps sans vie, à sa vraie place, dans les ordures ! -Tu es malade, dis-je d’une voix rauque. Bizarrement, mon insulte ne l’énerve pas comme je l’aurais cru. En fait, il semble presque se calmer mais la lueur de folie dans ses yeux, elle, semble s’accentuer. -Je suis malade ? répète-t-il. Pourquoi dis-tu ça ? Parce que je veux baiser mon « cousin » ? Je ne réponds pas et il remet négligemment une mèche de ses cheveux en place. -En vérité, reprend-t-il, ce que je veux, c’est être toi. Vois-tu Draco, je vais te dire un secret. D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours souhaité être un Malfoy, ma mère m’a toujours comparé au si parfait et si intelligent Draco, ce garçon si froid semblant tout droit venir du royaume des anges…Moi, j’étais ton opposé, mes cheveux si noirs, elles les avaient en horreur, elle disait que j’étais inutile. Sais-tu ce que cela fait d’être inutile pour sa mère, Draco ? D’être une quantité négligeable, tout juste capable de pourrir sa vie ? Non, bien sûr, tu ne sais rien de cela. Tu ne connais pas le bruit que fait un bâton lorsqu’il s’abat sur ton dos, ni la douleur que cela engendre. Moi, je sais cela…et bien plus encore. Je ne dis rien et il me lance un sourire sans joie. Je n’avais aucune idée de ce qu’il avait pu subir durant son enfance. -Tu étais l’enfant parfait ! continue-t-il. Et moi j’étais l’ « autre », alors j’ai voulu te ressembler. J’ai commencé à parler comme toi et à imiter chacun de tes gestes et ma mère m’a, pour la première fois, regardé avec autre chose que de la haine dans les yeux. De la curiosité, je dirais. Et un jour, lors d’une de ses énièmes crises de colère, elle m’a avoué pourquoi elle était si déçue par moi. C’est le secret que je vais te dire, car je veux que tu saches avant de mourir que ce n’est pas ton cousin qui va te tuer,… c’est ton frère… -Pardon ? -Lucius est mon père, répète-t-il d’un air hautain, je suis autant un Malfoy et un Black que toi ! -Je ne te crois pas…, je souffle, abasourdi. Il hausse les épaules. -Je me moque que tu me croies ou non. Je voulais simplement que tu le saches. En te tuant, je ne ferai, en fait, que prendre la place qui m’était due depuis le début et Lucius sera obligé cette fois, de faire de moi son héritier. J’ai…j’ai un frère ? C’est impossible ! Hadès ment… -Alors maintenant, mon frère, tu vas être gentil et te laisser faire. Je tremble alors qu’il s’approche de moi, commençant déjà à déboutonner son pantalon. Je veux qu’il me tue ! Je veux qu’il me tue, tout de suite ! Je ne veux pas revivre ça ! -Allons Draco, susurre-t-il se délectant de ma panique, tu sais ce qu’il te reste à f… Il ne finit pas sa phrase et à la place s’écroule sur moi, le souffle haletant et en gémissant de douleur. J’essaie de le dégager mais je n’arrive toujours pas à bouger. Par contre à l’orée de la Forêt Interdite, je vois Londubat la baguette encore levée. Il me regarde froidement et l’espace d’un instant j’ai l’impression qu’il va aussi m’achever, sans le moindre remord. Mais il se contente de baisser sa baguette et de partir vers la clairière en boitant bizarrement. Je comprends alors que Londubat vient sûrement de me sauver la vie et je sens les effets du sort de paralysie de mon cousin s’estomper petit à petit. Et je le dégage de moi avec l’impression qu’il pèse une tonne. Il tombe sur le dos, le regard levé vers les arbres et il respire faiblement, une respiration sifflante et saccadée. -Draco ? siffle-t-il. Je sursaute, pas encore capable de me lever et me traîne difficilement jusqu’à lui, jusqu’à me retrouver au niveau de ses yeux, mais étrangement, je crois qu’il ne me voit déjà plus. Je ne sais pas ce que Londubat a jeté comme sort, mais c’est diablement efficace. -C’est Neville, n’est-ce pas ? Je suis surpris par la douceur avec laquelle il prononce le prénom de Londubat, encore plus que par la question en elle-même. -Oui, je réponds, comment… -La panthère, me coupe-t-il d’une voix hachée et de plus en plus faible, je savais…je savais qu’il serait mon meurtrier. Le gentil et ti-timide Neville, j’ignorais quand il allait le faire. Je savais et je ne suis jamais parvenu à le tuer. -… -Ce-ce n’est que Neville, souffle-t-il, mais impossible de lev-lever ma baguette sur l-l-lui… -Pathétique…, je souffle doucement, comprenant sûrement mieux que personne ce qu’il ressent. Un sourire douloureux ourle ses lèvres alors que du sang s’écoule de sa bouche. -Tu l’as dis, murmure-t-il,…mon…fr… Son torse a cessé de se soulever et malgré moi, je pleure. Il a voulu me violer et me tuer mais je pleure. Je me souviens d’un petit garçon brun captivant qui venait jouer avec moi tous les dimanches. Je voulais être comme lui… Non…en vérité… Je voulais avoir un frère comme lui… Je me relève lentement, maintenant libre de mes mouvements et je marche en direction de la clairière puis je me souviens que Harry se bat de l’autre côté alors je reviens rapidement sur mes pas et m’empare de la baguette de Hadès. J’ignore où la mienne a atterri. Je cours maintenant dans la forêt, inquiet de ne plus entendre aucun bruit. Puis une douleur figurante traverse ma poitrine et je m’écroule comme une masse. La douleur s'intensifie brusquement et mes lèvres s’ouvrent dans un cri muet. Je vais mourir. Je le sens. Et déjà, le noir m’envahit…Je n’arrive même plus à l’imaginer. Tout est noir. J’aurais aimé le voir une dernière fois. Dommage… Il avait pourtant des yeux verts magnifiques… Harry… °O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O° Trois semaines plus tard… Vendredi 28 juin La psychomage m’a demandé d’écrire dans un journal ce que je ressentais. Elle pense que cela peut m’aider à aller de l’avant. Je me demande si elle l’a proposé aux autres aussi. Je me demande surtout pourquoi je le fais. Je me sens parfaitement bien. Nous avons gagné, Harry a gagné alors je ne peux que bien aller. Il a vaincu sans l’aide de la magie de O’Donnel. Il m’a raconté que Voldemort ne savait pas qui était le vrai Harry, lui ou ma panthère. Et à un moment, il a jeté le sortilège de la mort sur la panthère pensant que c’était le vrai Harry et c’est pour cela que je me suis évanoui sous la douleur. Le vrai Harry en a profité pour tuer Voldemort. N’Dinga m’a expliqué que la panthère n’était pas morte, elle ne peut mourir que si moi je meurs ou si je ne crois plus en elle. Par contre je peux être affaibli, comme ça a été le cas. Lorsque je me suis réveillé, j’étais à Sainte Mangouste et la guerre était finie depuis deux jours. J’ai cru pleurer quand j’ai vu que Harry n’avait que quelques égratignures. Je savais qu’il était le plus fort, qu’il pouvait s’en sortir sans la magie de O’Donnel. Finalement, il n’avait pas besoin de ça. Lorsque je lui en ai parlé, il m’a dit que la magie avait servi à me guérir, que sans ça je serais mort alors que si c’était à refaire, il referait tout de la même façon. Je n’ai pas trop compris ce qu’il a voulu dire. Il avait l’air à la fois triste et résigné. En fait, je lui trouve souvent cet air triste et résigné. Je crois que c’est à cause de cette bataille. Nous aurions tous aimé ne pas avoir à participer à cela. C’est le destin. Et puis il y a plus de deux semaines la nouvelle est tombée. Pour notre bien être mental, ils veulent que nous subissions des séances chez les médicomages. Tous les jours, pendant une heure.. Ses séances obligatoires m’énervent. Et ça ne fait que deux semaines qu’elles ont commencé. Je n’aime pas parler de ma vie à une inconnue, même si elle a l’air compétente. Pourquoi veut-elle savoir si je repense aux morts ? Qu’est-ce que ça peut lui apporter que je lui dise quel effet cela fait de tuer et de voir mourir les gens ? Je me demande si les autres parlent de ça ? Je ne pense pas…Granger peut-être…Weasley, je ne crois pas, même si, lui, ce sont des membres de sa famille qu’il a vu mourir… Je suis persuadé que Harry ne dit rien. Il ne m’en parle pas à moi alors pourquoi en parlerait-il à une inconnue ? Je n’ai pas besoin d’en parler. Si j’y pense, c’est normal, cela ne fait que trois semaines après tout. Pas mal de personne sont mortes ce jour-là mais je me demande à quoi cela servirait de le reporter sur une feuille. Dumbledore, Dean Thomas, Hagrid, Crabbe, Arthur Weasley, Charly Weasley, Perceval Weasley, Fol-Œil, Tonk, Flitwick, Chourave, Goyle, mon frè (le mot est raturé) Hadès,ma tante et mon oncle, Andersy, Cholio, Abhot, Carine Montoya, Natacha Haslung, Terry Blion… J’en oublie… Comment puis-je en oublier ? De toute façon ça ne sert à rien de noircir leur nom sur une feuille…ils ne vont pas réapparaître. Dimanche 30 Juin Aujourd’hui, juste après le déjeuner, Harry m’a murmuré qu’il m’aimait. Ça faisait longtemps qu’il ne me l’avait pas dit. Je l’aime aussi…plus qu’avant… Lundi 1er juillet J’ai demandé à Harry si lui aussi on lui avait suggéré d’écrire dans un journal intime. Il m’a répondu que oui, qu’il écrivait chaque soir mais qu’il brûlait à chaque fois ce qu’il venait d’écrire. Je lui ai demandé pourquoi. Il m’a dit que ça le soulageait d’écrire ce qu’il ressentait mais que ça le soulageait encore plus de savoir que personne ne tomberait dessus. … Moi, ce qui me soulagerait c’est qu’il me parle de ce qui le rend triste parfois. Samedi 6 Juillet Décidément cette psy me prend la tête ! Elle ramène toujours le sujet à la bataille ou pire, à mes parents ! Comme si elle n’avait pas lu tous les journaux ! Heureusement Harry va m’emmener dîner ce soir. Cette fois, juste nous deux, pas de Weasley, Granger ou Zabini dans nos pattes ! Je me suis rendu compte hier que depuis la veille de la bataille finale, Harry et moi n’avons pas fait l’amour… Plus de trois semaines… Et ce n’est que depuis hier que j’en éprouve le désir… Pourtant Merlin sait à quel point faire l’amour avec Harry c’est bon. J’avais besoin de lui à mes côtés, après tout ça, c’est évident mais le sexe, je n’y ai même pas pensé. Il y a eu tous ces enterrements, ces interviews, ces entretiens avec tel ou tel ministre, ça n’a pas arrêté. Mais hier, j’ai ressenti une brutale bouffée de désir envers Harry. A croire que toutes ses semaines à ne plus avoir d’envie venaient de se rattraper en une seule minute. Je ne me suis jamais senti aussi mal à l’aise. Nous étions en train de dîner chez Lupin avec tout le monde et Harry m’a simplement chuchoté une banalité à l’oreille et là, je me suis mis à bander dur…très dur… Je suis persuadé que ça s’est vu sur mon visage, mais impossible de me lever pour me soulager. Et Potter qui continuait à parler… Je me suis simplement excusé et j’ai transplané chez moi. Harry m’a dit plus tard que tout le monde pensait que j’étais malade. Je lui ai fait croire que c’était le cas mais que ça allait mieux et il m’a invité au resto pour ce soir. Ce soir je lui saute dessus ! Soirée complètement ratée. Pourrie. Nulle. Affreuse. A vomir. J’ai les nerfs ! Je viens juste de rentrer. A cause de ce crétin de Crivey, ma folle nuit de débauche et retrouvailles avec Harry n’a pas eu lieu. Ce microbe était dans le resto et il ne lui a pas lâché la grappe de la soirée. Je n’ai jamais eu autant envie d’étrangler quelqu’un que ce type. « Et Harry qu’est-ce que tu vas faire l’année prochaine ? » « Harry, que penses-tu de ma nouvelle coupe de cheveux ? » « Harry s’il te plait, fais-moi l’amour, là tout de suite, sur la table ! » C’était pas ça mais presque ! Du coup, j’étais tellement dégoûté que j’ai transplané chez moi (encore) et j’ai laissé Potter et l’autre finir la soirée ensemble. En ce moment, ils en sont peut-être au dessert, peut-être que Crivey exécute une gâterie sous la table et que Harry gémit en fermant les yeux. Ça me rend malade ! Malade ! MALADE ! Je hais Crivey et je hais Harry ! Dimanche 7 Juillet, manoir Malfoy, 9h23 Je me réveille avec un mal de tête pas possible. J’ai mal à la tête. Je me lève en grimaçant et aperçois sur mon bureau mon journal intime encore ouvert. Je survole la dernière page avant de le refermer. Comme si je pouvais haïr Harry Potter. Par contre Crivey, c’est facile ça, mais Harry… Certes, il m’a énervé hier mais je crois que j’ai réagi un peu brusquement en partant de cette façon. Je sais bien que le fond du problème ce n’est pas Crivey. Même si ce morveux m’énerve énormément. Non, le problème c’est que je suis nerveux. Depuis que Hadès m’a parlé avant de mourir, ça me travaille. Je n’en ai parlé à personne. J’ai besoin de savoir. Besoin d’être fixé. Une seule personne peut encore me dire la vérité. Aujourd’hui c’est le premier dimanche du mois. Cela fera neuf mois que je n’y suis pas allé. C’est pour cela que depuis quelques semaines je suis nerveux. C’est pour cela qu’hier j’ai perdu patience. Mais ma décision est prise. Aujourd’hui, je vais voir mon père. Je vais savoir si Hadès était mon frère… O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O Même jour, prison d’Azkaban, 15h28 Cela fait cinq minutes que je patiente dans la fameuse salle des entretiens. Rien n'a changé, toujours aussi gris, toujours pas de fenêtre et j’y suis toujours aussi mal à l’aise. A 15h30 précisément, un gardien ouvre la porte et laisse passer mon père. -Vous avez une heure, grogne-t-il avant de refermer la porte derrière lui. Je l’entends s’asseoir mais depuis le début, je n’ai pas levé les yeux vers lui. Enfin, après ce qui me semble une éternité, sa voix mesurée s’élève et raisonne dans la pièce. -Neuf mois…Neuf mois ont passé depuis ta dernière visite. Je me demande donc… Que me vaut cet honneur… Je lève les yeux vers lui et la première chose qui me frappe c’est son regard. Le même que celui d’Hadès, à la fois, si froid et si hautain. Et pourtant, je m’aperçois qu’il m’a manqué. Sa voix m’a manqué. Sa personne m’a manqué. Je retiens un sourire ironique. Il m’a manqué, je l’avoue mais je suis sûr que moi, je ne lui ai pas manqué. -Bonjour père, je murmure, ça fait longtemps en effet… -Oui, et beaucoup de chose se sont passées si j’en crois les bruits de couloir. Neuf mois que nous ne nous sommes pas parlés et nous adoptons un ton si neutre que cela en est presque effrayant. Mais il semblerait que ce soit le ton avec lequel nous sommes le plus à l’aise. -Je suppose que si tu es venu rendre visite à ton père, c’est dans un but précis. Pas par simple courtoisie… -Disons que notre dernier entretien m’a déçu et j’en ai eu marre d’être le seul à faire des efforts. Je n’ai pas pu empêcher la rancœur de transparaître dans ma voix et ça m’énerve assez. Il a toujours beaucoup plus de contrôle que moi et il le sait, c’est pour cela qu’il se permet un léger sourire amusé. -Que veux tu ? Je prends ma respiration et me compose un visage impassible. -Je suppose que tu es au courant de la mort d’Hadès. Il ne répond rien et se contente de hocher la tête. -Il est mort sous mes yeux, je reprends d’une voix froide. Et il m’a raconté une histoire juste avant… -Je vois. Et si tu es là, c’est pour savoir si cette histoire était vraie. -Exact. Il a un ricanement mauvais et son regard se fait encore plus glacial. -Puisque tu veux savoir, je vais moi aussi te raconter une histoire. Il était une fois, une famille, une puissante famille de sorcier. Chaque nouvelle génération, n’a qu’une seule priorité, le pouvoir. Alors chacun dans cette famille fait en sorte d’être du côté des plus forts et quelque fois, il arrive que l’un d’entre eux se trompe. Mais cette famille sera toujours finalement la plus puissante et c’est pour cela que certaines personnes elles aussi attirées par le pouvoir veulent entrer dans cette famille et pour cela tout les moyens sont bons. -Vous n’avez pas répondu à la question. Est-ce que Hadès était mon demi-frère ? -Oui. Sa voix est sèche et je retiens ma respiration. -C’est une autre histoire, poursuit-il. Celle du pion qui voulait devenir Roi. Il était mon fils, c’est vrai, mais il était un pion. Il est venu me voir tous les mois quand toi tu as décidé de ne pas venir. Je connaissais son but. Il comptait sur une victoire du Seigneur des Ténèbres et sur ta mort. Ensuite, il voulait que je fasse de lui mon héritier. Il avait une grande ambition mais il lui manquait une chose essentielle pour être un Malfoy…de la classe. Il a oublié qu’il suffit de pas grand-chose pour que s’effondre un royaume. Un pion ? C’est comme cela qu’il le voit… C’est ainsi que je me suis vu aussi et pendant longtemps. Hadès était mon frère… Tout aurait pu être différent. -Vous parlez de classe alors que vous êtes en prison. C’est ridicule. Il était votre fils et vous le saviez depuis le début ! Vous auriez pu faire quelque chose ! Mais vous l’avez abandonné ! -N’élève pas la voix contre moi ! Je suis encore ton père ! J’ai fait ce qui était le mieux pour les Malfoy ! Tu devrais me remercier ! Je reste bouche bée quelques secondes devant son éclat. -C’est ridicule ! je m’exclame. Je me demande pourquoi je suis venu ici ! Tu ne changeras jamais ! J’ai participé à une guerre ! J’ai vécu des choses horribles ! Je viens d’apprendre que j’avais un frère et toi, tu ne penses qu’à ton nom. Tu ne m’as même pas demandé comment j’allais ! Je me rends compte que je viens de passer du vouvoiement au tutoiement mais je m’en moque. Mon père n’a pas l’air plus surpris mais il me toise avec un rictus mauvais. -Draco, susurre-t-il, ton cousin m’a tout raconté, il y a un mois, il était assis à ta place et tu étais son sujet de conversation favori. Tu veux de la considération ? Mais tu es comme moi, tu as choisi le bon camp, c’est tout. Tu as misé sur le bon cheval, je te l’accorde. La considération, tout le monde t’en donne en dehors de cette prison, alors ne compte pas sur moi pour faire la même chose. Je sais que tu es avec Potter. Tu veux parler de ça ? Tu es venu pour ça en vérité ! Pour que je bénisse ta relation ! Et bien, c’est d’accord ! Je te félicite, fils, tu te fais sauter par la bonne personne ! J’ai l’impression qu’il vient de me gifler et je sens que je pâlis. -Tu te trompes, dis-je dans un souffle, je n’ai pas agis par calcul, mais pas amour. Il hausse un sourcil méprisant et je me lève énervé. Je veux sortir d’ici. -Vraiment ? demande-t-il. Je m’approche de la porte. Mais à quoi ai-je pensé en venant ici ! A chaque fois que je suis en sa présence je me sens pitoyable. -Tu ne le sauras jamais, je réponds sans me retourner, tu es incapable d’aimer. Il reste silencieux et ce silence brise mes dernières parcelles d’espoir. -Tu t’en vas ? Ma main est sur la poignée et sa question m’arrête un instant. -Oui. J’en ai assez entendu. Je crois l’entendre soupirer mais je reste bêtement les yeux fixés sur la porte. -Tu sais Draco, dit-il dans un murmure, je sais ce que c’est aimer quelqu’un…Si un jour tu deviens père, tu comprendras… Ma main tremble sur la poignée. Je reste sous le choc des quelques mots que je viens d’entendre. Une émotion stupide monte en moi jusqu’à former une boule dans ma gorge. Je n’ose pas me retourner. Je n’en ai pas besoin. Je peux presque le visualiser, la tête droite, regardant en face de lui, exactement comme je le fais. Peut-être que ses mains tremblent légèrement, comme les miennes… -Je croyais que tu devais partir, reprend-t-il. -J’y vais. Je maudis ma voix d’être si rauque. -Bien. Je frappe à la porte et le gardien m’ouvre. -Je reviendrai le mois prochain, j’annonce toujours sans me retourner. Je sors et je crois l’entendre dire un seul mot : Merci. Je suis toujours aussi pâle quand je quitte la prison et sûrement encore sous le choc. Il fait beau aujourd’hui et je respire l’air à grande goulée. -Draco ! Je me retourne, surpris. Sur ma gauche, je vois Harry en train de courir vers moi. -Harry ? Mais que fais-tu là ? je questionne une fois qu’il est arrivé à ma hauteur. Il a les joues délicieusement rouges et la respiration encore saccadée. -Depuis hier, j’essaie de te joindre. Tu as bloqué ta cheminée et les lettres ! Et quand un de tes elfes s’est enfin décidé à ouvrir, tout à l’heure, il m’a annoncé que tu étais allé à Azkaban. Alors je suis venu. Comment te sens-tu ? Il a l’air inquiet et je lui fais un sourire rassurant avant de me reprendre. Je suis sensé lui en vouloir encore pour Crivey ! -Je vais bien, je siffle, et toi ? Ta soirée d’hier s’est bien terminée ? Il fronce les sourcils et je ne peux pas m’empêcher de le trouver sexy. -Ecoute, commence-t-il, je sais que tu n’aimes pas Crivey mais je trouve que tu exagères. Cette fois, je ne le trouve plus sexy, et je sens la colère m’envahir. Alors comme ça, c’est moi qui exagère ? -J’exagère ? je m’exclame. Mais ouvre les yeux Potter ! Hier, il s’est ramené et toi tu as commencé à parler avec lui, sans plus te soucier de moi ! -C’est ridicule ! C’est toi, qui es resté prostré dans ton coin. Je ne l’avais pas revu depuis la bataille et il avait été blessé. On avait forcement des choses à se dire ! -Alors cela veut dire, que moi, puisque tu me vois tous les jours, c’est forcement moins intéressant de passer du temps en ma compagnie ? Ça y est, il a réussi à m’énerver vraiment. -Tu sais bien que non, dit-il en fourrageant une main dans ses cheveux. Mais ce que je ne comprends pas c’est pourquoi tu ne l’aimes pas. Il s’est excusé pour le baiser, dès le lendemain. A part ce geste déplacé, il a toujours été gentil ! -Ce que tu peux être crédule parfois ! je m’écrie. Je me moque qu’il soit gentil ! Il peut même devenir un Saint, je m’en contrefous ! Ce que je sais, c’est qu’il est amoureux de toi, que c’est un gryffondor, donc qu’il est obstiné et prêt à tout ! Et j’en ai marre qu’il soit le sujet de nos discussions ! Je voudrais que ce mec n’ait jamais existé ! Au fur et à mesure de ma tirade, Harry me regarde, de plus en plus étonné. Et puis soudainement un léger sourire éclaire son visage. -Tu es jaloux, souffle-t-il d’un air émerveillé. Je lève les yeux au ciel, il n’est vraiment pas très futé parfois, même si je n’avouerai jamais à haute voix, qu’il a raison. -Ne dis pas de connerie, je siffle. Il sourit encore plus devant mon air boudeur, puis redevient sérieux. -Tu es sûr que ça va aller ? reprend-t-il en regardant la prison d’un air anxieux. Je hoche doucement la tête. -Il m’a dit qu’il m’aimait, je murmure. Harry ne répond rien mais sourit doucement. -Je t’en veux encore, je reprends pour la forme et pour changer de conversation. -Je n’en doute pas, dit-il sérieusement, je vais te laisser m’en vouloir tranquillement, je dois voir Remus. Tu viendras chez Ron ce soir ? -C’est cela, fuis donc ! Oui, je serai là ce soir, je grogne. -Alors à ce soir, mon amour… Il pose doucement ses lèvres sur les miennes et transplane immédiatement avec un sourire canaille sur les lèvres. La journée avait plutôt mal commencé mais je sens que la fin va être bien ! O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°°O°O°O°O°O°O°OO°O°O°O°O Même jour, Manoir Malfoy, 19h15 -Draco, tu es prêt ? Blaise s’impatiente en bas des escaliers alors que je finis de faire mon nœud papillon. Je jette un dernier coup d’œil sceptique au grand miroir de ma chambre, mon reflet se permet un sourire charmeur, un sourire que je n’ai plus fait depuis longtemps. Je me contente de lui jeter un regard froid et il cesse immédiatement de sourire. -Dray, mais qu’est ce que tu fous ? On va être en retard ! Je grimace intérieurement. Blaise n’a vraiment aucune patience. Tout ça parce que ce soir on va dîner chez les Weasley et qu’il veut être bien vu. -Et bien pas trop tôt, grogne Blaise en me voyant descendre l’escalier. -Tu grognes car tu es jaloux mon ami, dis-je en enfilant ma cape en velours noire et les gants assortis. -Jaloux de quoi ? De ta façon de faire poireauter les gens ? -Non, ça tu le fais aussi bien que moi ! Toi, tu es jaloux de mon charisme à couper le souffle. -Mais bien sûr ! s’exclame Blaise. Si tes chevilles n’ont pas trop enflé, tu vas peut-être enfin pouvoir passer ta porte d’entrée et nous pourrons peut-être enfin aller à la soirée. -Oui, je poursuis tout en sortant, et toi, tu pourras enfin revoir Ginny et vous pourrez recommencer à faire votre truc dégoûtant et bien baveux, brrrr, rien que dit penser, j’en ai la nausée ! -On appelle ça « embrasser » Draco et ça n’a rien de dégoûtant. Tu fais la même chose avec Potter, je te signale. J’ai un sourire amusé et l’attends dans la zone de transplanage. Nous avons décidé d’y aller tous les deux, dans une vaine tentative de faire front commun face à tous ces gryffondors. -Cela n’a rien à voir, lorsque Potter et moi on s’embrasse, ce n’est que beauté et perfection. Même les étoiles brillent plus fort pour pouvoir nous éclairer ! -Pfff, vous bavez autant que nous, voir plus ! Et si Potter est siii bien, pourquoi n’est-ce pas à lui que tu as demandé de t’accompagner ? -Nous sommes en froid, figure-toi, à cause de ce microbe de Crivey ! Mais ce soir, je compte bien réchauffer tout ce qu’il y a à réchauffer, si tu vois ce que je veux dire… Blaise grimace et marmonne qu’il voit malheureusement parfaitement de quoi je parle. Pour ma part, j’ai pris ma décision. Il est possible, en effet que cette dispute était légèrement ridicule, mais j’étais tellement frustré que je me suis énervé. Bon, je suis toujours frustré mais comme Harry a fait son gentil petit copain en allant me retrouver en prison, je lui en veux un peu moins. Et puis surtout, j’ai envie de lui à un point où je ne peux hélas pas me permettre de lui en vouloir plus longtemps. Mais si je revois le microbe, je l’écrase ! Nous transplanons finalement pour atterrir à quelques mètres de la demeure des Weasley. Le regard noir de Blaise me retient de faire tout commentaire mais je dois avouer que j’ai toujours imaginé la belette vivre dans un truc pareil. Et encore nous sommes dans le noir, je parie que de jour c’est encore plus coquasse. Nous n’avons pas le temps de frapper à la porte qu’elle s’ouvre sur la belette. -Les serpentards sont là ! crie-t-il derrière lui. Il se tourne vers nous avec un léger sourire. -Salut les gars, entrez donc ! N’ayez pas peur…susurre-t-il. -Je ne sais pas toi, je murmure à Blaise, mais c’est justement quand il dit ça qu’il me fout les boules. Blaise acquiesce silencieusement et je me décide à entrer. -Draco ! Blaise ! Nous nous retournons vers Molly Weasley qui nous serre tour à tour dans ses bras. Depuis la fin de la guerre, nous avons eu l’occasion de la voir de temps en temps et elle semble nous avoir adoptés. Je reste impassible comme chaque fois qu’elle me prend dans ses bras mais je respire son odeur. J’aime l’odeur de Molly Weasley, elle a l’odeur d’une mère. Je ne le dirais jamais mais je me sens bien quand elle me prend dans ses bras. Peut-être qu’un jour, je lui dirais…dans longtemps… Je lui dirai que j’ai l’impression d’avoir une famille quand elle fait cela. Ma mère aussi me faisait ressentir cela quand j’étais enfant. Finalement, une fois que tout le monde nous a salué, nous nous installons à table. Harry est à côté de moi et parle déjà avec Bill sur sa droite. Il m’a à peine embrassé du bout des lèvres tout à l’heure. Je décide de ne pas penser à son attitude pour l’instant et de discuter de mon côté. Ce n’est qu’au milieu du repas qu’il me prend doucement la main. Je me tourne vers lui, étonné, et il me fait un léger sourire avant de continuer sa conversation. Je ne peux m’empêcher de sourire aussi. Quatre heures plus tard, la soirée se finit enfin. Je me retrouve avec Harry sur le pas de la porte. -Chouette soirée, hein ? J’essaie de ne pas sourire devant son air penaud. -Oui, je murmure en m’approchant de lui, c’était bien. Bonne nuit alors… Je l’embrasse brièvement avant de me reculer. -Attend ! dit-il en m’attrapant par les hanches. Comment veux-tu que je passe une bonne nuit sans toi ? Je hausse un sourcil mais ne me défais pas de son emprise. -Serait-ce un moyen détourné de me demander de passer la nuit avec toi ? je susurre à son oreille. Il frémit et approche encore nos corps l’un de l’autre. -J’admets que ça m’a traversé l’esprit, sourit-il, pour tout avouer, j’y pense souvent depuis quelque temps. Tu étais là mais ton corps m’a manqué… Il devient sérieux tout à coup et dans la pénombre je ne vois pas la couleur de ses yeux mais étrangement je vois très bien leur éclat. Ils luisent presque dangereusement alors que le reste de son visage est impassible. Il a décidément un regard captivant et des paroles séduisantes. -Ton corps m’a manqué aussi, j’avoue dans un souffle. Il ne répond rien et se contente de plonger la tête dans mon cou et de l’embrasser langoureusement. -Harry…je gémis en m’agrippant à ses épaules. -J’ai envie de toi… -Alors amène-moi, chez toi… Et fais vite. Harry nous fait transplaner sans plus de cérémonie dans son appartement moldu, dans lequel il a investidepuis seulement une semaine. Nous atterrissons dans une pièce noire et étroite et Harry se cogne avant de jurer. -Merde, me suis trompé, je crois que nous sommes dans les toilettes ! Harry Potter ou comment casser l’ambiance en deux secondes ! -Quel romantisme ! -Ce n’est pas drôle, aide-moi plutôt à trouver l’interrupteur. Je hausse les sourcils mais bien sûr il ne voit pas et pendant qu’il me bouscule sans aucun tact pour trouver son stupide interrupteur, je sors ma baguette et murmure un « lumos » blasé. Je le vois rougir et se tourner vers moi, soudainement penaud. -Je suis vraiment un crétin, n’est-ce pas ? Je hoche la tête d’un air désolé et il ouvre enfin la porte des toilettes. -Pardonne-moi, commence-t-il, je voulais une soirée parfaite et là déjà je gâche tout… -Ce n’est pas grave, je murmure en l’enlaçant par derrière. Montre-moi, ta soirée parfaite. -Tu es là, alors elle est déjà parfaite. -Flatteur ! -Je me rattrape comme je peux… Je rigole doucement, il n’a que lui pour me faire me sentir si bien. Il attrape doucement ma main et m’entraîne à l’étage, jusqu’à sa chambre. D’un geste de la main, il allume une multitude de bougie qu’il avait placé et je souris encore plus. -Tu gagnes des points, je murmure contre son cou. -Je fais mon possible. -Je suis si difficile à contenter ? je demande en défaisant les lanières de sa cape. -Ce n’est pas ça, dit-il en enlevant aussi ma cape, c’est que pour toi, je veux faire le maximum. Je veux te rendre heureux…autant qu’il m’est accordé de le faire. Il a soudainement l’air sérieux et je me recule légèrement pour voir ses yeux. Il y a encore cette étrange lueur de tristesse que je ne comprends pas. -Je veux aussi te rendre heureux, je souffle, et j’ai l’impression parfois que tu ne l’es pas totalement. -Détrompe-toi, je suis heureux. Je t’aime et tu es là. Tu es avec moi, malgré le fait que je fais parfois des choses stupides comme nous faire transplaner dans les toilettes ou ne pas m’occuper de toi lors d’une soirée en amoureux. Je ne peux qu’être heureux que tu restes malgré tout. Je le sens trembler et je le serre contre moi tendrement. -Et comment pourrais-je te laisser ? je chuchote. Je t’aime tellement. Il prend une grande inspiration comme pour se donner du courage mais reste caché contre mon cou. -Draco…tu vas peut-être penser que c’est trop tôt, ou trop soudain. Nous n’en avons pas vraiment parlé. A la rentrée tu vas poursuivre tes études et moi je ne sais pas encore trop ce que je vais faire mais je sais déjà qu’on se verra moins et je n’en ai pas envie. Alors, ça fait longtemps que je veux t’en parler et je comprendrai parfaitement que tu refuses, mais on pourrait peut-être essayer de vivre ensemble dans cet appartement ou dans un autre de ton choix… Harry a parlé très vite et n’a pas sortit sa tête de mon cou et moi j’ai un sourire stupide sur mes lèvres. Moi aussi, je voulais lui proposer un truc de ce genre mais il s’est mis à chercher un appartement et je n’ai pas osé faire le premier pas. -C’est d’accord, je souffle, je veux essayer. Je veux vivre avec toi. Il se dégage enfin et j’ai juste le temps de voir ses yeux pétillants de joie avant qu’il ne se jette sur ma bouche. Je l’embrasse aussi voracement tout en le déshabillant. Je suis heureux. Vraiment heureux. Mes mains courent sur sa peau et il rit de ma hâte. J’aime son rire. Il a un si beau rire. Et je ris aussi sans m’en rendre compte, simplement parce qu’il a ce pouvoir. Parce que c’est Harry. Il m’embrasse et m’allonge sur le lit et sa peau brûlante se colle à la mienne. Nous cessons de rire. Lui, parce que l’amour pour lui c’est sérieux, et moi parce qu’avec l’amour grâce à lui, c’est devenu sérieux. Alors nous ne rions plus, et ses doigts me frôlent doucement et il plane au-dessus de mon corps sans me toucher et je l’admire à la lueur des bougies. Il est beau. Il se penche sur moi et sa bouche me frôle aussi doucement que ses doigts l’ont fait. Il parcourt mon corps de cette façon presque imperceptible et moi, je reste alangui, complètement perdu sur ses draps de soie. Je le laisse me faire l’amour de cette façon si sensuelle et si langoureuse. Je ne sais pas si j’ai été un pion. Mais je sais qu’entre ses bras, je me sens roi. Et bientôt, mon corps se couvre de sueur, et la douce satisfaction de ses doigts et sa bouche courant sur moi fait place à une envie plus forte, plus sauvage et incontrôlable. Nos mouvements se font plus précipités comme nos respirations. -Viens… Je le supplie mais je m’en moque. Je le supplie et je l’attends tellement, je le désire tellement que j’en aie mal. -Viens ! je répète plus fort alors qu’il s’obstine à me préparer. Tellement lentement ! Finalement il retire ses doigts, se place entre mes jambes. Je m’agrippe à ses épaules, place mes jambes autour de sa taille et d’un coup de rein brutal, je m’empale sur lui. Il siffle quelque chose les yeux grands ouverts sous le coup du plaisir et commence enfin à bouger. Je bouge aussi, je ne me reconnais plus. Je crie et le pousse jusqu’à qu’il se retrouve assis et moi assis sur lui. Cette nouvelle position le fait gémir de plaisir et me permet de donner le rythme que je souhaite. J’ai l’impression à la fois de tout et rien contrôler et je tire sur ses cheveux pour l’embrasser brutalement. Je crois même que je le mords. Je ne sais plus trop. Je sais juste que je suis complètement à la merci de mon plaisir. Oh oui ! Je suis le plus chanceux des rois ! Il jouit enfin et je le rejoins peu de temps après, des étoiles pleins les yeux, son prénom au fond de ma gorge et mon cœur entre ses mains. Nous nous écroulons tous les deux, la respiration haletante. Comme toujours, il me faut un peu de temps pour réaliser ce qu’il vient de se passer. Je parie que j’ai un stupide sourire niais plaqué sur les lèvres. Je me sens le plus heureux des hommes. Je me tourne vers Harry et mon sourire me quitte instantanément alors que mon sang se glace dans mes veines. Il est complètement crispé et une grimace de douleur déforme ses traits. Je l'entends gémir sourdement et sa main se crispe sur sa poitrine. Au niveau du cœur. -Harry? Il ne répond rien et halète douloureusement, les yeux hagards. -Harry! Putain Harry! Qu'est-ce que tu as? Je ne comprends pas. Je ne comprends pas. Pourquoi fait-il ça ? Merlin ! Par pitié ! Pas ça ! Pas ça ! -HARRY! Il suffit de peu de chose pour que s’effondre un royaume… FIN Et voilà, cette histoire est terminée. Je sais, vous allez encore me traiter de sadique. Mais « Et Harry aima Draco » devait finir de cette façon et j’en assume les conséquences. Cependant si vous avez des questions, posez-les, j’y répondrai sans problème. Je vous remercie d’avoir lu jusqu’au bout et j’espère que vous avez passé un bon moment. Pour moi, ce fut un plaisir d’écrire cette histoire et surtout de lire vos reviews. Je crois que je ne vous l’ai jamais dit mais je vous adore ! Donc merci à vous tous, c’est vraiment grâce à vous que cette fic existe. A bientôt. Artoung |