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POV de Draco Samedi 3 octobre, 7h 27, chambre de préfet en chef des serpentards Nous sommes le premier week-end du mois d’octobre, et comme tous les premiers dimanches du mois, je vais devoir aller voir mon père en prison. C’est le même rituel depuis plus d’un an…Depuis que le balafré a envoyé mon père en prison. Ai-je besoin de préciser que je hais Potter pour cela aussi ? Cela va bien faire deux semaines que ce crétin de gryffondor, par ses pensées a montré au monde sorcier qu’il était soit disant amoureux de moi Je vais lui faire payer, l’humiliation de la salle de classe, quand je pense qu’à cause de ce crétin fini, tous les gryffondor et les serpentard de septième année m’ont vu nu, j’ai de plus en plus envie de l’étrangler. Je le ferais bien si je n’aurais pas si peur de me salir les mains. Pff, Harry Potter amoureux de moi. Quelle blague ! Cela me fait doucement rigoler. En fait, je rirais presque si je n’avais pas envie de hurler de rage. Ce petit con pense qu’il est amoureux de moi, alors que cela ne peut être le cas. Il dit cela mais il ment, pire même, il se ment. Il ne me connaît pas. Qu’il me désire, même si j’ai du mal à l’avaler, je peux le comprendre, mais qu’il m’aime… C’est impossible. Et qui aurait cru que le balafré était un pédé ? Pas moi en tous cas, surtout lorsqu’on voit toutes les filles qui lui courent après, il n’y a pas deux semaines j’aurais mis ma main à couper que Potty était hétéro...Enfin, c’était avant de me voir nu sur un écran géant ! Bref, demain je dois voir mon père et comme chaque fois, je me prépare mentalement à la confrontation. Il va encore me parler de mon rôle à jouer dans cette guerre. Ne voit-il pas que son uniforme de taulard est à lui seul une bonne raison de ne pas choisir son camp ? Il me parle de son idéologie habillé en loques grisâtre que même Weasley peut se payer. Il a perdu tout mon respect en tombant si facilement de la main de Potter. Mon père que je croyais si fort s’est retrouvé derrière les barreaux, à cause d’un gryffondor âgé de seulement 15 ans à l’époque. Je dois avouer que je suis tombé de haut, lui que je croyais si puissant est maintenant considéré comme un vulgaire criminel par la population sorcière. Pour ma part je pense qu’il est autant responsable de la situation actuelle que Potter. Potter… Je ne peux m’empêcher de grimacer en pensant à lui, sachant pertinemment que lorsqu’il doit penser à moi, lui ne doit sûrement pas grimacer, il doit avoir plutôt un sourire incroyablement niais sur sa sale face de balafré. Merlin ! Si cela se trouve, Potter se touche le soir en pensant à moi ! Ce petit pédé doit se masturber en pensant à moi, ça me donne envie de vomir. Je n’aime pas les pédales, se sont des erreurs de la nature… Finalement cela ne m’étonne pas que Potter en soit, c’était déjà une erreur de la nature sans cela alors ça ne change pas grand-chose. Ce matin je dois me farcir deux heures d’Approfondissement de la Seconde Source. Quand je pense que je suis obligé d’aller à ce cours un samedi matin, cela me gâche ma journée. Cela va faire 10 jours que ces cours stupides ont commencé et à chaque fois c’est un calvaire pour moi de m’y rendre. Je sors de ma chambre à contre cœur, je n’ai aucune envie de prendre mon petit déjeuner dans la grande salle. Avec la chance que j’ai en ce moment, Potter sera là, à attendre mon arrivée (de quoi couper l’appétit de n’importe qui), il n’a pas cours lui, d’ailleurs personnes d’autre que les 5 blaireaux ayant hérité de la magie du cœur n’a cours. Enfin, je ne vais pas changer mes habitudes à cause de cette tantouse. Grégory et Vincent comme chaque matin m’attendent bien sagement, je les salue d’un bref signe de tête et me dirige vers la grande salle, sans faire plus attention à eux. Ce ne sont pas mes amis, ils ne sont là que parce que leurs pères leurs ont ordonné d’être à mon service. Ils sont pathétiques eux aussi. Ce sont des pions comme la plus part des élèves, dirigés par leurs parents, par Dumbledore ou par Voldemort, quelle différence après tout ? Le résultat est le même. Je rentre dans la grande salle et me dirige d’un pas neutre vers ma place, à côté de Blaise, l’un des seuls que je respecte. Je sens encore SES yeux sur moi ! Ce n’est pas possible ! -Cette lavette, n’arrêtera donc jamais ? Je marmonne assez énervé. Blaise regarde en direction de Potter après ma tirade et je fais de même pour m’apercevoir que j’avais raison. Potter est encore entrain de me regarder. -Tu es un peu dur avec lui, souffle Blaise alors que mes yeux ne quittent pas ceux de Potter. -Je n’aime pas les pédés, je réponds presque machinalement. Je dis ces mots en détachant bien chaque syllabe, pour que de là où il se trouve Potter puisse lire sur mes lèvres. Je veux qu’il n’y ait aucune incertitude, je le vois pâlir et je sais alors qu’il a parfaitement compris ce que je viens de dire. Il détourne enfin les yeux et je ne peux m’empêcher de sourire. Ça doit lui briser le cœur au pauvre petit ! Il ne manquerait plus qu’il se mette à chialer devant tout le monde et le spectacle sera complet. -Ce n’est pas le premier mec qui te dit qu’il est amoureux de toi et d’habitude tu n’es pas aussi vindicatif. Je me tourne vers Blaise lentement et plisse les yeux. Que veut-il insinuer par-là ? -Ne me regardes pas comme cela Draco, tu ne m’impressionnes pas. Je constate juste les faits. Et le fait est que pour toi Potter est un cas à part. Un cas à part ? Potter ? Je manque de m’étouffer. J’ai sûrement dû mal comprendre. -Pardon ? -Tu sais que j’ai raison, alors arrête de faire cette tête. En temps normal, si un mec te branche, tu te contente de lui dire de laisser tomber, que ce n’est pas ton trip. Mais avec Potter c’est différent, lui tu ne cesses de le mettre plus bas que terre, lui, c’est un cas à part pour toi. La question est donc de savoir pourquoi. Les yeux de Blaise ne quittent pas les miens, il ne se rend pas compte de l’énormité de ce qu’il avance. Je vois qu’il cherche une réponse à sa question stupide. -Ne dis pas de stupidité, je siffle entre mes dents, Potter n’est rien. Ce qui me met hors de moi, c’est que cette sale tête de balafré s’imagine qu’il m’aime, ce qui me dégoûte, c’est que ce porc doit sûrement se branler en pensant à moi. Alors je suis désolé, si cette image mentale me donne envie de vomir. Je ne comprends pas pourquoi au bout de plus de 6 ans de haine et de parfaite mésentente entre nous, il décide d’un coup, comme cela qu’il est amoureux de moi. Il ne m’aime pas, j’en suis sûr, il se branle en pensant à moi, et la seule excuse qu’il ait trouvé pour expliquer son anormalité c’est de dire qu’il est amoureux de moi. Je reprends ma respiration, je me rends compte que je viens de parler d’une traite et que tous les élèves attablés autour de moi me regardent étonnés. Décidemment, Potter est entrain de mettre à mal ma réputation. A cause de lui, je perds mon calme, je ne me reconnais plus. -Je crois moi, qu’il est très amoureux de toi, dit une voix doucereuse. Je me retourne vers Pansy. Son regard malveillant est posé sur moi et je ne peux m’empêcher de frissonner. Ses yeux sont de plus en plus glacials, et je crois que c’est la première fois qu’elle me regarde ainsi, et là, sous ce regard empli d’une lueur mauvaise, moi Draco Malfoy, j’ai un mauvais pressentiment. -Oui, susurre-t-elle, Potter t’aime. Il semblerait même que tout ce que tu fasses le touche Draco. -Tu dis n’importe quoi ! Je m’exclame. Pourtant en même temps que je dis ces mots, je me souviens du regard de Potter lorsque j’embrassais cette fille devant lui. Je me souviens de la douleur dans son regard, je me souviens que j’ai eu l’impression de suffoquer sous ce regard. Potter avait mal sa douleur et surtout sa colère semblait se répercuter en moi. Il ne pouvait plus supporter ce qu’il voyait et j’en étais heureux. Alors je ne comprends toujours pas pourquoi j’ai fermé cette porte. La seule explication que j’aie, c’est que je ne dois pas contrôler encore ma magie sans baguette et que cette démonstration involontaire est très mal tombée. J’ai eu peur ce jour là, j’ai compris que Potter m’empêchait par un moyen inconnu de me contrôler. Je n’aime pas perdre le contrôle. Je ne me suis plus montré avec une fille en sa présence depuis ce jour. Pansy ricane et fait une moue dubitative. Elle se lève de sa chaise et se place juste derrière moi. -Je vais te prouver Dray que tu es sa faiblesse, me chuchote-t-elle avant de sortir de la grande salle. Je lève la tête et m’aperçois que Potter a de nouveau les yeux fixés sur moi et il fronce les sourcils, il n’aime pas beaucoup Pansy on dirait. Les mots de Parkinson raisonnent encore dans ma tête alors que l’heure de mon cours de ASS (Approfondissement de la Seconde Source) va commencer. Je me demande si Potter sait à quel point cette fille est dangereuse. Ces derniers mots ressemblaient étrangement à une promesse… à une menace. Je me demande si Potter sait que Pansy est une meurtrière, s’il sait qu’elle aime cela, s’il sait que son maître veut le voir mort et qu’elle ferait n’importe quoi pour lui en donner l’occasion. Et finalement je m’en moque, peu m’importe à moi que Potter meurt, du moment qu’on me laisse tranquille, du moment qu’on ne me demande pas de choisir un camp, de participer à cette guerre que je hais. °O°O°O° Samedi 3 octobre, 8h01, salle de cours de ASS. J’entre dans cette salle si particulière où nous avons cours de ASS, si on peut appeler cela un cours, pour ma part, j’ai l’impression de perdre mon temps ici, de toute façon, je n’ai rien à faire ici, je suis toujours sûr et certain que le choipeau s’est trompé. La magie du cœur n’est pas ma seconde source. En attendant le prof, je regarde les bouffons qui suivent le cours ave moi, il y a trois stupides gryffondors, deux garçons de deuxième année et une fille de quatrième, et deux crétins de Poufsouffle, une fille de cinquième année et un garçon de sixième année. Je suis donc le seul serpentard et le seul septième année. Mes « camarades » de classe adoooooorent ce cours, je n’ai jamais vu des gens aussi déterminé à apprendre quelque chose. Mais même leur détermination ne sert à rien, moi qui me désintéresse complètement de cette matière je suis meilleur qu’eux. J’ai une nouvelle fois une grimace de dégoût alors que mon regard se pose sur notre « salle de classe ». Seule le numéro sur la porte d’entrée peut nous faire penser que nous sommes devant une salle de classe, car une fois à l’intérieur c’est tout sauf cela. Nous sommes dans un grand terrain vague, sans chaise, ni table, juste du sable sur nos pieds, et le plafond magique montre un soleil brûlant. Même les murs sont magiques, si bien qu’on se croirait entouré d’une jungle luxuriante. C’est vraiment n’importe quoi. Ce cours est une parodie de cours et pendant deux heures je vais devoir me coltiner les bouffons et le prof le plus bizarre qui m’est été donné de connaître. Comme toujours il est en retard d’ailleurs, je me demande si ce prof a une mince idée de la notion du « temps ». Enfin, ce n’est pas vraiment un prof, c’est plutôt un plouc que Dumbledore a du trouver dans un de ses nombreux voyages. Il a vu un énergumène un peu fou en Afrique et il a dut trouver qu’il lui ressemblait alors il l’a embauché. Un quart d’heure passe et le professeur N’Dinga arrive enfin. Il a un grand sourire édenté, et nous salut joyeusement. Les bouffons lui rendent son salut tout aussi joyeusement…Je me contente de soupirer de lassitude. Le vieil homme noir s’installe en tailleur comme nous tous, tout en chantant dans sa barbe une chanson de sauvage. -Comment allez-vous Draco ? Me demande-t-il. Il commence toujours son cours en prenant des nouvelles de nous, et comme toujours je me contente de lui répondre que cela ne le regarde pas et comme toujours le vieux cinglé éclate de rire. Je sens que ce cours va être long…très long. Encore une fois, il veut nous faire travailler sur ce stupide claquement de porte, et je refuse de le faire, la magie qu’il nous apprend est trop étrange, c’est la seule qui se fait « instinctivement », c’est la plus incontrôlable de toutes les secondes sources car elle est basée sur les sentiments et les sentiments sont par nature incontrôlables. Cette magie est la plus dangereuse justement pour cette raison, enfin, c’est ce que je pense, essayer de la contrôler reviendrait en quelques sorte à donner à un enfant de 3 ans une baguette magique, c’est dangereux, c’est même irresponsable. Les autres secondes sources ne sont pas si dangereuses, elles permettent aussi de faire de la magie sans baguette, mais prononcer une « incantation » est obligatoire, la magie du cœur n’a besoin d’aucune formule, elle est purement instinctive. -Vous ne travaillez pas Draco ? Ce qu’on peut dire c’est qu’il est observateur ce sauvage. Je ne veux plus apprendre à maîtriser ce qui ne peut l’être, c’est une perte de temps, et si je le fais, je risque sans le vouloir de produire d’autre aberration, comme lorsque j’ai claqué la porte empêchant ainsi Potter de souffrir. Je ne comprends toujours pas pourquoi cela c’est produit, tout ce que je sais, c’est que c’est à cause de cette fameuse seconde source. -Je refuse de travailler sur cette ineptie, ce n’est pas ma seconde source, je vous l’ai déjà dis, je réponds d’une voix neutre et traînante. Mon professeur plonge son regard noir dans le mien et je ne détourne pas les yeux. -La magie du cœur jeune homme est en vous que vous le vouliez ou non, il faut juste que vous l’acceptiez. Je me permets un petit rire narquois mais ce regard me met mal à l’aise. Avant que j’ai pu faire quoique ce soit, j’entends mon prof marmonner une phrase incompréhensible et je crois que ma tête va exploser. Ça fait mal, le bruit des tam-tams est assourdissant et je me tiens la tête des deux mains dans une tentative ridicule de faire cesser la douleur. Mais cela ne cesse pas et je serre les dents pour m’empêcher de hurler alors que j’ai l’impression que ma tête va exploser. Puis tout cesse, la douleur disparaît aussi vite qu’elle est venue, si bien que je crois avoir rêvé, j’ai toujours la tête entre les mains et imagine sans peine le regard étonné de mes camarades de classe, ce n’est pas donné à tout le monde de voir Draco Malfoy perdre ainsi le contrôle. Je me dépêche donc de lever la tête et m’apprête à foudroyer tout le monde du regard mais ce que je vois me fige sur place. Je ne suis plus à Poudlard, je suis au milieu d’un village africain entouré d’une jungle et au fond de moi je sais que ce n’est qu’une illusion provoquée par le fou. Je garde donc une attitude stoïque, les illusions ne sont jamais bien longues et bientôt je me retrouverais en Angleterre et je pourrais dire à l’autre sauvage ma façon de penser. Le soleil tape fort et je m’aperçois que je suis torse nu, portant juste un pantalon beige en toile, je n’ai plus de chaussure non plus, j’ai tellement chaud que ma peau luit de sueur. -Voici donc le blanc qui pense être assez fort pour maîtriser la magie du cœur, s’exclame une voix moqueuse derrière moi. Je me tourne en sursautant et je me retrouve face à un groupe de jeune du village. Ils doivent avoir mon âge et les garçons sont comme moi, torse nu. Celui qui semble avoir parlé se trouve devant le reste du groupe, il est un peu plus grand que moi et plus musclé aussi. Il me toise d’un air supérieur, un air que je ne connais que trop bien puisque habituellement c’est moi qui l’utilise, et cet air sur ce type ne me plait pas vraiment. Je n’aime pas non plus qu’on me traite de « blanc » comme si cela était une tare. -Je suis Draco Malfoy, dis-je d’une voix traînante, et je me moque de ta magie du cœur, je te la laisse, même mon elfe de maison n’en voudrait pas, mais je te rassure, je suis sûr que pour un sauvage comme toi, elle est parfaite. Les yeux noirs en face de moi luisent de fureur. -Sauvage, répète-t-il d’une voix froide. Vous les blancs vous êtes donc si sûr de votre supériorité, je devrais te tuer « sauvagement » pour oser me parler ainsi, mais j’ai mieux pour toi. Je te propose une course à pied, si tu gagnes, je ferais en sorte d’oublier tes paroles insultantes. Cette illusion commence à m’énerver. Et l’autre plouc en face de moi semble vraiment croire que je vais faire la course contre lui. D’une part, je suis sûr qu’il me battrait et d’autre part, je ne vais pas gaspiller mon énergie pour faire mumuse avec lui. -Ecoute sauvage, dis-je de mon ton le plus méprisant, je ne vais pas courir, un Malfoy ne s’abaisse pas à se mesurer à des sous-hommes. Je m’aperçois que je veux provoquer la colère de jeune homme en face de moi, mais il se contente de m’offrir un petit sourire froid, qui d’habitude sied si bien à un Malfoy. -Je me demande pourquoi le vieux sorcier de village parle de toi comme si tu étais exceptionnel, dit-il, tu es vraiment idiot. Et je me demande aussi pourquoi elle t’aime. Il regarde alors sur sa droite, et je regarde aussi dans la même direction que lui. Je la vois, tranquillement installée sur une branche, à la lisière de la jungle. Elle darde ses yeux verts sur moi et mon cœur bat plus vite alors que je reconnais la panthère qui m’était apparu lors de la répartition de la seconde source. Mais le regard qu’elle me jette est empli de déception et pour la première fois de ma vie j’ai honte de mes paroles, pour la première fois, le jugement d’un être vivant me touche au plus profond de moi. -Tu ne la mérites pas, continue l’autre en la regardant toujours, si je gagne la course, elle sera à moi… Je me retourne brusquement vers lui, une haine sans nom m’envahit, de quel droit ce type se permet-il de jouer l’amour de ma panthère à la course. Ne voit-il donc pas, que cet amour est à moi ? Ne voit-il pas que c’est mon âme sœur ? -L’amour n’est pas une chose d’acquise, il faut le gagner, reprend-t-il comme s’il lisait dans mes pensées, et je vais gagner l’amour de la panthère. -Tu ne peux pas gagner un tel présent ainsi ! Je m’exclame outré. Le garçon en face de moi a un sourire froid et sa voix est calme lorsqu’il reprend la parole. -Ici tout est possible, tu es à l’endroit où la magie du cœur permet de faire des choses incroyables et en gagnant cette course je prouverais à la panthère que je suis plus digne de son amour que toi. Et elle m’aimera. Ce type est fou, je ne vais pas courir contre lui, je jette un coup d’œil à la panthère et je la vois plonger une dernière fois ses prunelles vertes dans mes yeux avant de se détourner et de s’éloigner dans la jungle. Elle s’éloigne de moi et mon cœur se serre étrangement alors que je comprends que l’autre a raison, s’il gagne la course, elle va l’aimer. -Le premier arrivé à la rivière a gagné. Tout au bout du village, assez loin, on aperçoit une mince étendue d’eau, c’est la rivière, je ne veux pas faire cette course, je vais perdre, je sais déjà que je suis moins rapide que lui. Merde ! Je ne peux pas perdre ! Je ne veux pas la perdre. -C’est partit ! Merde ! Il vient de partir, et moi qui suis si indifférent à tout habituellement, je cours aussi, comme si ma vie en dépendait…et c’est peut être le cas. La peur de la perdre me donne des ailes et je cours comme je n’ai jamais couru. Mais le chemin jusqu’à la rivière est loin et mon rival cours vite. Trop vite. La distance qu’il met entre lui et moi et de plus en plus grande, et elle devient vite irrattrapable. Et j’ai peur et des larmes d’une angoisse sans nom brouillent ma vue alors que la rivière s’approche de mon ennemi, à moins que cela ne soit l’inverse. Et je m’écroule à genoux alors qu’il est presque arrivé et un cri de rage s’échappe de ma gorge. Un cri animal qui sort de mes entrailles, un cri de douleur et de colère mélangée. Et dans un geste désespéré je tends la main vers l’horizon, vers la rivière si loin… Je n’ose plus respirer, il y a une seconde j’étais à plusieurs centaines de mètres de la rivière et là je suis les deux pieds dedans. Je viens de faire de la magie sans baguette. Je viens de transplaner. Je suis encore sous le coup de l’étonnement, lorsque j’entends une respiration essoufflée derrière moi. Elle appartient à l’autre crétin, et je souris, car j’ai gagné. -Elle est à moi, dis-je d’une voix froide sans me retourner. -Tu as gagné c’est vrai. Et tu as compris maintenant pourquoi tu as cette seconde source. Je ne desserre pas les dents, mais un bruit sur ma gauche attire mon attention, et au milieu des feuillages, je la revois. Mon cœur bat plus vite et je me sens « magique », il n’y a pas d’autres mots et je comprends alors qu’en effet la magie du cœur est ma seconde source, pour la simple et bonne raison que mon destin est de me battre pour mon âme sœur. C’est elle ma force, je le sais maintenant. Je viens à peine de me faire à cette idée que l’illusion s’évapore. Je me retrouve dans la salle de classe et le vieux fou me sourit de toutes ses dents, enfin des quelques dents qui lui restent. -Alors Draco…tu vas t’entraîner maintenant ? Je me contente de hocher la tête, laissant l’image de la panthère envahir mon esprit et un sourire effleure mes lèvres…car aujourd’hui j’ai gagné le doit d’être aimé par elle. Je suis heureux. Alors oui, je vais m’entraîner, je me dis que si j’arrive à apprivoiser ma seconde source, j’arriverais peut être à apprivoiser la panthère. °O°O°°O Samedi 3 octobre, chambre du préfet en chef des serpentards, 20h45. Plus on approche de dimanche et plus je me sens nerveux, je me passerais bien de cette entrevue avec mon père. Je n’ai aucune envie d’aller lui parler. Je ne veux pas l’entendre encore une fois parler de son maître avec cette lueur de folie froide dans les yeux. Je ne deviendrais pas comme lui. Je suis vraiment nerveux et je n’aime pas réagir ainsi, cela ne devrait plus me toucher et pourtant devant lui je me sens si peu sûr de moi, devant lui je redeviens cet enfant qui a peur de décevoir, qui a peur d’être punis. Et je me dégoûte car dans sa prison je le sais pourtant qu’il ne peut pas m’atteindre mais la peur sournoise est quand même tapie au fond de moi. A chacun de nos entretiens, j’ai l’impression que c’est moi qui suis enfermé, que je n’ai, comme il le dit si bien, pas le choix, et que mon avenir est déjà tracé. Il a tort mon avenir m’appartient encore, n’est ce pas ? Il faut que je me change les idées, sinon je ne vais pas en dormir de la nuit. Or, la nuit, à part le sexe, je ne vois pas grand-chose à faire. Après tout, ce n’est pas une si mauvaise idée, cela me permettrait en plus de me détendre, et puis cela va faire plus de deux semaines que je n’ai rien fait, pas parce que je n’en ai pas eu l’occasion, j’ai toujours l’occasion de m’envoyer en l’air, mais parce que je n’en avais pas le besoin. S’envoyer en l’air…cette expression est étrange…je ne la comprends pas, c’est comme l’expression atteindre le septième ciel ou voir les étoiles, elles ne servent qu’à tromper les jeunes vierges. Je ne suis pas comme on se plait à le dire « un dieu du sexe » mais j’ai quand même une activité sexuelle assez conséquente, je veux dire pour un élève de 7ème année, je me situe dans la moyenne, Blaise par exemple baise toutes les nuits ou presque, moi c’est loin d’être le cas. Ce que je peux dire, c’est que le sexe n’a rien de vraiment terrible, je me demande même pourquoi Blaise remet cela chaque nuit, je n’ai jamais atteint le septième ciel, même pas le premier, je suis toujours resté à terre, juste un peu plus détendu, juste un peu plus fatigué, rien de bien exaltant. Je ne comprends vraiment pas pourquoi les gens font un tel tapage sur le sexe, cela devient ridicule à force, il ne se passe rien d’extraordinaire, je prends plus mon pied en lisant un bon bouquin ou encore en jouant au quidditch. Oui, ce qui m’exalte dans la vie c’est une bonne partie de quidditch contre gryffondor, alors là oui, je décolle, au sens propre comme au figuré, se mesurer au balafré au quidditch me fait frissonner une bonne semaine à l’avance et une bonne semaine après. En fait, la haine que j’éprouve pour lui est beaucoup palpitante que n’importe quelle soirée de baise, mais encore une fois, ce crétin avec son « amour » mal placé à tout gâché. Mais ce soir je n’ai plus aucun de mes livres à finir (il faudra que j’aille en rechercher à Près-Au-Lard la prochaine fois), Potter est à éviter en ce moment (avec la chance que j’ai, il risque de me sauter dessus), donc je crois que ce n’est pas plus mal de coucher avec une fille. Je me dirige vers ma salle commune, il n’y a pas grand monde ce soir. Le samedi, les élèves de ma maison sortent pour la plupart, et de cela aussi je me moque, alors qu’en tant que préfet je devrais faire quelque chose. Je souris alors que Natacha, une fille de 5ème année me fait signe de la main, c’est justement elle que je cherchais. Ce matin, elle m’a fait comprendre, que si ce soir j’étais libre, elle ne serait pas contre « visiter de nouveau ma chambre », c’est la troisième fois qu’elle va la visiter et la troisième fois que moi je « la visiterais elle» de la plus intime des manières. Natacha est très jolie et elle a le mérite d’être discrète. Je lui murmure en quelques mots que si elle est toujours partante, c’est maintenant que ça se passe, elle se contente de sourire encore et je sais qu’elle me suit alors que je retourne dans ma chambre. Nous ne parlons pas, nous nous contentons de nous déshabiller, nous n’avons rien à nous dire de toute façon. Elle est vraiment jolie et elle se tient nue devant moi, me détaillant d’un air gourmand et pourtant je ne suis même pas encore excité, je sais et elle le sait aussi, qu’il va falloir qu’elle me touche pour que je durcisse. Il va falloir aussi que j’éteigne la lumière, je préfère être dans le noir, je préfère ne pas voir les filles se tordrent de plaisir sous moi, les entendre c’est déjà assez contraignant. J’éteins donc la lumière, la prend par la main et l’emmène jusqu’à mon lit. Elle se colle à moi et pose ses mains impatientes sur mon corps, comme toutes les autres elle fait une obsession de mon corps, et ses mains commencent à me caresser alors je l’embrasse et elle gémit un peu. Ma langue joue avec la sienne et mes mains partent aussi à la redécouverte de son corps doux. Je sais exactement où appuyer pour la faire réagir, et presque machinalement je caresse sa poitrine, la chute de ses reins, ses fesses, son ventre et je ferme les yeux très forts alors qu’elle touche mon sexe encore au repos, elle fait quelques mouvements de la main et c’est alors que comme toujours j’oublie qu’il y a quelqu’un sous moi et je me laisse juste aller, heureux de bander enfin, je m’empresse d’ouvrir mon tiroir pour prendre un préservatif, c’est peut être la seule invention moldue qui sert à quelque chose. Je l’enfile vivement sur mon pénis et reprends le cours de mon exploration. Je ne la vois pas mais ses gémissements sont de plus en plus forts alors que ma main trouve son clitoris, et elle écarte les cuisses en grand pour avoir plus, ce n’est que lorsqu’elle me supplie de la prendre que je m’enfonce en elle. Ses cris n’ont rien d’excitants, ils sont tellement « aigus » qu’ils me donnent plutôt mal à la tête. Mais Natacha bouge bien, de manière un peu brusque, exactement comme j’aime, alors je me déconnecte un peu plus et mes mouvements en elles se font plus rapides, plus insistants, elle s’agrippe à mes épaules et cris mon nom, et m’ordonne de continuer, de ne jamais arrêter, elle pousse des « oui » et des « encore » toutes les deux secondes et je sens aussi ma jouissance arriver. Ma respiration se fait un peu plus saccadée et mes coups de reins deviennent incontrôlables, je veux juste me libérer. Je sens qu’elle jouit alors qu’elle hurle mon prénom et ma verge se retrouve compressée par son orgasme, je bouge encore en elle sans plus me préoccuper de rien et enfin j’éjacule dans son corps chaud, libérant ainsi la pression de ma journée. Quelques secondes après je me retire enfin, enlève la capote, et rallume la lumière. Je me sens poisseux, détendu mais poisseux. Je me lève et me dirige vers ma salle de bain. -Je vais prendre une douche, dis-je sans me retourner. -Tu veux que je t‘accompagne ? Son ton est aguicheur mais je crois que j’ai eu ma dose pour ce soir. -Non-merci, je vais me débrouiller, dis-je en la regardant cette fois. Elle fait une moue délicieuse mais qui ne m’atteint pas, puis elle hausse les épaules. -Comme tu veux Draco, je vais y aller alors. Je hoche simplement la tête essayant d’oublier son regard empli de désir sur mon corps. Elle n’en a donc jamais assez ? Je m’en moque après tout, j’ai une douche à prendre et je sais que lorsque je serais revenu, elle ne sera plus là. C’est ce qui est bien aussi avec Natacha, elle n’est pas collante, et c’est tant mieux, j’ai autre chose à faire que de virer des filles en mal d’amour. C’est pour cela que je ne couche qu’avec des serpentardes, elles calculent sûrement leur coup pour devenir la future Madame Malfoy mais elles n’attendent pas de l’amour de ma part, pas parce qu’elles ne sont pas intéressées, non, mais parce qu’elles ont compris que je suis incapable de leur en donner. Je prends ma douche et quand je reviens, Natacha est en effet partie, je change vite les draps et me glisse dans mon lit. Je sens le sommeil arriver et je suis content car mon père m’est complètement sorti de l’esprit. Par contre une pensée insolite envahit mon esprit juste avant que je m’endorme. Je me demande si Potter a déjà atteint le septième ciel. Ce n’est que lorsque je me convaincs que la réponse est non que je parviens enfin à m’endormir. Potter ? Voir les étoiles dans des bras inconnus ? Impossible. N’est-ce pas ? °O°O°O° Dimanche 4 octobre, prison d’Askaban, 14h58. Comme chaque fois je suis dans une petite pièce grise sans fenêtre, avec une unique porte. Il s’agit de la « salle des visites », c’est ici que les détenus peuvent voir leurs visiteurs et je n’aurais jamais imaginé que j’y mettrais un jour les pieds. Je ne me ferais jamais à cette pièce, cela fait pourtant plus d’un an, qu’une fois par mois j’y vois mon père. Quoiqu’il se passe dans le future, je sais déjà que l’image de mon père dans cet endroit restera gravée en moi. Il a traîné dans la boue le nom des Malfoy mais il est mon père. Je déteste ce que je vois une fois par mois mais il reste mon père. La porte s’ouvre enfin laissant passer comme ils se plaisent à l’appeler le n°564, et mon père, dans ses loques grises entre en me toisant et j’ai l’impression d’être plusieurs années en arrière et j’ai du mal à soutenir son regard parce que malgré tout, je reste son fils. La porte se referme derrière lui et je sais que nous sommes seuls pendant une heure exactement. Il me salut d’une bref signe de tête et il s’assoit en face de moi, posant ses mains blanches sur la table grise. Tout est gris ici et mon père Lucius Malfoy montre clairement son dégoût en regardant la couleur de mes yeux. Je ne lui apporte aucune bouffée d’air lorsque je viens le voir, il plonge ses yeux bleus dans les miens si gris et il voit alors sa déchéance. Je le lui rappelle chaque fois qu’il est plus bas que terre, et je le toise à mon tour, essayant de me comporter en homme, essayant de lui montrer qu’il n’a aucun pouvoir sur moi. -Alors Draco, as-tu réfléchis à ce que je t’ai dis la dernière fois ? Je grimace légèrement, j’aurais du me douter que cela allait se passer ainsi. Mais c’est plus fort que moi, à chaque fois j’espère une amélioration, un changement et à chaque fois je suis déçu. Je me contente de prendre un air dégagé avant de répondre à la question qu’il aurait du poser. -Bonjour. Je me porte très bien, merci père de vous en inquiéter, et vous, comment allez-vous ? Il garde son air si froid et me regarde de haut en bas. -Je n’ai pas de temps à perdre en vaine discussion Draco, épargne-moi alors ce discours erroné, et cette pâle imitation d’un dialogue entre un père et son fils. Je me moque de savoir comment tu te portes et tu te moques de savoir si je vais bien. Maintenant répond à ma question. Je serre les dents alors qu’un mince sourire étire ses lèvres, il aime m’écraser de son mépris. Il sait pourtant que je ne cherche qu’un peu de sa considération. J’aurais pourtant aimé savoir s’il allait bien car après tout…il est mon père. -La réponse est la même que les autres fois, je ne prendrais pas part à cette guerre. Je ne veux pas finir comme vous. Il cesse de sourire et ses yeux si froids ne quittent pas les miens. -Pourquoi es-tu ici Draco ? Demande-t-il abruptement. Je ne sais pas quoi répondre, c’est la première fois qu’il me pose cette question, je cherche un appui autour de moi mais il n’y a personne. J’ouvre la bouche pour parler et je la referme, je ne sais pas quoi dire, je suis perdu. Il ricane un peu et reprend la parole. -Je vais te dire pourquoi tu es là puisque tu ne sembles pas le comprendre. Vois-tu Draco si tu viens tous les mois me voir c’est parce que tu veux me voir dompté. Tu veux voir ton vieux père perdre de sa superbe, tu veux assister à ma chute et dire : « tu vois papa où cette guerre t’a menée, tu n’es plus rien ». Mais qu’est-ce qu’il raconte ? Avant que j’ai pu dire quoique ce soit, il s’est levé et m’attrape brutalement par le col. Pour pouvoir respirer, je suis obligé de me lever à mon tour, mais je ne cris pas, je ne gémis même pas alors que sa poigne se resserre sur mon cou…ça lui ferait trop plaisir. -Tu es fou, je chuchote avec le peu de voix qu’il me reste. Cela a au moins le mérite de lui faire relâcher brutalement sa prise, il se rassoit sur sa chaise et ricane méchamment alors que je me masse doucement le cou. -Tu as tort Draco, tu as tort si tu penses cela, mon maître va venir me chercher, il ne va pas me laisser ici, il va venir, tu sais cela ? Je regarde mon père répéter inlassablement que Voldemort viendra le chercher comme le ferait un petit garçon pour se rassurer. Et ses yeux bleus me supplient de répondre par l’affirmative. Mais je ne réponds rien, atterré de voir mon père dans cet état. Cela n’a duré qu’un instant et déjà il se redresse et me défit silencieusement de faire la moindre remarque. -Pourquoi viens-tu me voir ? Répète-t-il d’une voix lasse. Je me lève et m’approche doucement de lui, parce que la réponse me vient naturellement et logiquement à l’esprit cette fois-ci. Il a un mouvement de recul alors que je m’accroupis près de lui et prend sa main dans les miennes. Mais il ne la retire pas, au contraire il serre ma main très fort, comme s’il avait besoin de moi, moi la seule personne qui lui rend visite depuis qu’il est enfermé. Moi, dont les yeux gris ne lui rappelle que trop sa condition. -Parce que je veux savoir comment tu vas. Il me sonde de ses yeux bleus qui ont bercé mon enfance et je lui en veux de me mettre dans cette situation, je lui en veux de me faire jouer l’adulte dans notre relation, je lui en veux de m’avoir laissé tout seul, d’avoir préféré suivre un fou que de s’occuper de son fils. Il me regarde encore et pour la première fois depuis longtemps j’ai l’impression que je retrouve mon père et je me dis que peut être il y a quelque chose à sauver dans cet homme, que peut être, finalement, il m’aime un peu, parce qu’après tout je suis son fils. Sa main lâche les miennes et son regard redevient froid et mauvais, avant même qu’il prononce le moindre mot je sais qu’encore une fois je me suis trompé. Encore une fois il va me décevoir. -Ne me fais pas honte Draco et accepte la proposition de mon maître ! J’ai étrangement envie de pleurer, mais je ne le fais pas, je l’écoute sans mot dire pendant la demi-heure qui suit me parler de son maître avec cette espèce de passion folle au fond de la voix et dans les yeux. Je crois finalement que le petit garçon en moi ne retrouvera jamais celui qui fut son papa. Lorsque le gardien revient enfin, mon père se lève et me regarde de toute sa hauteur. -Nous en reparlerons dans un mois, mais Draco, j’ai bien peur que tu n’ais pas le choix. Je me lève à mon tour, il semble un bref instant décontenancé par ma taille, je suis aussi grand que lui mais il n’a jamais prit le temps de me regarder grandir. Je le regarde sortir emmené par de gardien et ses derniers mots raisonnent à mes oreilles, mon père a raison, je sens l’étau se resserrer autour de moi, plus la guerre avance et plus les deux camps ont besoin d’hommes et moins ceux qui voulaient rester neutre sont laissés tranquilles. Je sais aussi que Voldemort ne peut décemment pas me laisser libre de ce non choix, je reste un Malfoy et malgré l’emprisonnement de mon père, ce nom veut dire quelque chose. Ce nom est à lui seul l’emblème des sangs purs, l’emblème de Voldemort. Ce fou veut un monde à l’image des Malfoy. Je rentre finalement au château alors que le temps commence à tourner à l’orage. Je ne peux m’empêcher de penser que l’image des Malfoy est en réalité une bonne blague. Mon père est en prison et devient fou, et ma mère refuse de lui adresser la parole et se renferme petit à petit sur elle-même. Il ne reste que moi, qui n’ai pas d’avenir autre que la guerre, qui suis en réalité comme tous ces gens que je hais, un vulgaire pion. Je marche dans le parc de Poudlard, je ne veux pas rentrer maintenant, je ne suis pas encore prêt à jouer le rôle du garçon que rien ne peut atteindre. Comme tous les mois après avoir vu mon père je me sens vide, je me sens seul et j’ai envie de pleurer comme un enfant. C’est pour cela aussi que je n’aime pas aller le voir, j’ai les nerfs à fleur de peau après chaque visite. Mais cette fois c’est encore pire car cette fois j’ai vraiment cru que je comptais pour lui comme un fils et non comme un héritier. J’ai vraiment cru qu’il m’aimait et le retour à la réalité m’a fait mal. Et maintenant que je suis à l’abri des regards, je sens les larmes que je n’ai pas versées en prison se mettre à couler sur mes joues. Et je tombe sur les genoux et je pleure encore. Et j’ai froid maintenant et je tremble tout en pleurant, je m’aperçois vaguement qu’il pleut et que maintenant mes vêtements sont trempés. Mais je m’en moque, au contraire, la pluie lave mes larmes. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là, au milieu de la boue, je sais que mes larmes coulent toujours mais je pleure silencieusement maintenant et avec la pluie on ne voit pas que je suis en train de pleurer. J’ai toujours froid pourtant, je tremble encore. Et soudain je sens un poids sur mes épaules, un poids chaud. Je me tourne pour voir que Potter s’est mit aussi à genoux dans la boue, et que le poids que je sentais c’est celui de ses bras qu’il a mit autour de moi et qu’il a enfoui sa tête dans mon cou et qu’il me supplie de ne plus être triste. Je suis tellement étonné par ce spectacle que je ne peux faire aucun geste. Comment ose-t-il se pendre ainsi à mon cou ? Comment ose-t-il me faire me sentir si important pour lui ? De quel droit se permet-il de me donner sa chaleur ? -Dégages… Ma voix est rauque et Potter se détache enfin de moi. Il tend sa main dans le but évident de me toucher la joue. -Draco…commence-t-il d’une voix pathétiquement faible. -DEGAGES !!!!!!!! Il se recule apeuré sous mon hurlement mais je le rattrape, envahis par la colère et le désespoir et je le frappe de toutes mes forces encore et encore contre son torse, comme si je voulais entrer dans ce cœur et que le propriétaire n’entendait pas les coups frappés à sa porte. -JE TE HAIS POTTER, JE TE DETESTE, JE LE DETESTE, IL N’EST QU’UN CON, IL N’EST PAS UN PERE !!! Je ne sais pas combien de temps je lui ai crié ma haine envers lui et envers mon père mais Potter n’est pas partit, il ne s’est pas débattu et bientôt mes coups sur lui ont cessé. Et je me suis retrouvé à sangloter dans ses bras alors que d’une main maladroite il caressait mon dos dans le but de m’apaiser. Il n’a pas dit un mot lorsque je me suis détaché de lui. Il m’a laissé retourné au château et je l’ai laissé dans la boue. Et maintenant, alors que je suis dans ma chambre, emmitouflé sous une tonne de couverture, je me demande pourquoi j’ai moins chaud que lorsque j’étais là bas, dehors, sous la pluie et… …dans ses bras. A suivre… |