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POV de Harry, Dimanche 4 octobre, 23h 03, dortoirs des gryffondor Je devrais dormir mais je n’y parviens pas. Je reste allongé dans mon lit, écoutant la respiration déjà régulière de mes camarades de dortoir. Je ne savais pas qu’il était possible d’être si triste et si heureux à la fois. J’ai toujours bêtement pensé que ces deux sentiments étaient trop différents pour pouvoir être ressentit au même moment. C’était avant de tenir un Draco Malfoy en larme dans mes bras. Et ce qui c’est passé quelques heures à peine se rejoue sans cesse dans mon esprit. Je n’ai pas pu résister, j’étais dans le parc et m’apprêtais à retourner au château sous le ciel menaçant. Je me demandais comme toujours où était Draco. Il part tous les premiers dimanches de chaque mois dans un lieu inconnu et il en revient toujours avec ce voile de tristesse dans les yeux qu’il essaie vainement de cacher. Je n’aime pas lorsque sa sortie a lieu, je me demande pourquoi il y va puisqu’il est évident que cela le rend triste et je me sens impuissant devant cette tristesse, je ne peux rien faire. J’allais donc à rentrer lorsque je l’ai vu. Il avait l’air si seul, si désemparé et la pluie s’apprêtait à tomber. Je n’ai pas pu résister, je suis resté à le contempler, à l’admirer. Je me faisais l’effet d’un voyeur à le contempler caché à l’orée de la forêt mais je m’en moquais. Je le regardais et je me sentais bien. Puis une chose que je ne pensais jamais voir de ma vie s’est produite. J’en suis resté paralysé de stupeur alors que sous mes yeux je le voyais s’effondrer. J’ai vu Draco Malfoy à genoux, comme brisé et la pluie a commencé à tomber. Je ne pouvais rien faire, cet homme que je croyais intouchable venait de craquer. Cet homme que j’aimais était en train de pleurer, à genoux dans la boue. Et j’ai eu mal alors que la pluie se mélangeait à ses larmes. J’ai eu si mal alors que son corps se mettait à trembler de froid. Il me semblait que sa peine m’atteignait de plein fouet. Je suppose que c’est cela aussi être amoureux, c’est avoir mal pour l’autre, c’est souffrir pour l’autre. Je n’ai pas pu m’empêcher de l’approcher, il fallait qu’il aille mieux pour que je cesse d’avoir si mal au cœur. Je n’ai pas pu faire autrement que mettre mes bras autour de ses épaules tremblantes et je suis moi aussi tombé à genoux, mes jambes soudainement faibles. Je tremblais aussi mais pas de froid et ma tête enfouie dans la chaleur de son cou, je l’ai supplié d’arrêter d’être triste. Je sais que j’ai outrepassé mes droits e je m’en voulais déjà de mon comportement tout en croyant mourir de plaisir juste en respirant son odeur. Comme je devais m’y attendre, il s’est tourné vers moi et m’a demandé d’une voix sourde de dégager. Il ne pouvait pas me demander une telle chose ou alors pas maintenant, pas si vie, j’étais à ma place dans ses bras. J’ai essayé de lui parler mais il s’est mit à crier et j’avoue que sous ce cri de rage j’ai eu peur. Devant moi Draco Malfoy était en train de hurler, de pleurer, je ne savais pas comment réagir face à cette attitude, il se mettait à nu malgré lui et j’étais perdu. Ses yeux emplis de haine m’ont obligé à reculer. Mais il ne m’a pas laissé partir, il me criait de dégager mais s’agrippait à moi. Fini les petites remarques blessantes habituelles, là, sa haine pour moi était un cri du cœur et elle déchirait le mien. Mais bientôt cette haine s’est tournée vers son père alors qu’il frappait mon torse de toutes ses forces et j’ai compris alors l’évidence…Cet homme qu’il devait voir chaque premier dimanche du mois, cet homme qui mettait Draco dans cet état…c’était son père. Je croyais que la personne que je détestais le plus était Voldemort ou même Bellatrix Lestrange, mais à partir de ce moment là, Lucius Malfoy a prit la première place. Je ne sais pas exactement quand Draco a arrêté de crier et de me frapper, j’étais encore en train de maudire silencieusement Lucius Malfoy lorsque mon amour s’est laissé aller contre moi, secoué par des sanglots. Je n’ai jamais su consoler les gens et mon cœur s’est mit à battre à tout rompre alors que d’une main maladroite, je lui ai caressé le dos dans le but de le calmer. Sa chaleur m’enveloppait, ses vêtements trempés collaient à son corps d’une manière exquise et son torse tout contre le mien m’a rendu euphorique alors que je sentais son cœur battre de plus en plus rapidement… A la réflexion, c’était sûrement mon cœur à moi qui battait si vite… Je m’en veux d’avoir été heureux dans ses bras alors qu’il était si dévasté. J’étais pourtant parallèlement dans le même état que lui. Moi qui m’étais promis de le protéger, je me suis rendu compte que j’avais déjà échoué. Je veux seulement qu’il soit heureux et ce n’est pas le cas. J’ai eu si froid lorsqu’il m’a laissé sous la pluie. J’ai eu si froid lorsque mon corps a été privé du sien…Je n’ai encore pas parlé de ce qu’il s’est passé entre Draco et moi à Hermione et Ron, même malgré leur air inquiet alors que je suis rentré trempé, même malgré leur question sur mon étrange silence. Je veux garder cela pour moi…encore un peu. Je leur en reparlerais sûrement demain pour m’assurer que ce n’était pas un rêve. Décidément je n’arrive pas à dormir. J’ai serré Draco Malfoy dans mes bras seulement quelques minutes et il me manque. C’est comme si j’avais donné à mon corps un aperçut du paradis et que je le lui avais enlevé brusquement. Et maintenant mon corps réclame celui de Malfoy. Il est si chaud, j’ai senti son dos musclé sous mes doigts, j’ai senti ses cheveux contre ma joue, sa respiration chaude et saccadée sur ma nuque, et ses mains crispées sur ma chemise… Mais ce n’est pas vrai ! Je suis en train de bander ! Je me dégoûte ! Comment puis-je être dans cet état alors que lorsque cela c’est produit, il était en train de pleurer ? Il allait mal et moi en y repensant, je deviens dur. Je m’écoeure… Je me lève rapidement et me dirige dans la salle de bain. Je m’empresse de me déshabiller et j’entre sous la douche. L’eau froide me fait presque mal et je commence à claquer des dents mais mon esprit s’apaise, cette douche froide est une bien piètre punition pour les pensées lubriques que j’ai eues. J’aime Draco Malfoy, je le désire aussi, mais ce désir doit passer en second plan. Je sais que son corps ne sera jamais à moi, Draco est hétérosexuel, je dois me contenter de l’aimer platoniquement, je dois oublier le désir que j’ai pour lui. Je sais qu’il m’est impossible d’arrêter de l’aimer, les sentiments ne se contrôlent pas…mais le désir, je dois pouvoir y arriver…il le faut ! Je n’aurais jamais dût éprouver autant de plaisir « corporel » en le tenant dans mes bras. S’il se doute de cela, il va me détester encore plus si c’est possible. J’appréhende déjà la journée de demain, il va venir me parler, c’est sûr. Je sors enfin de la douche en grelottant, me sèche rapidement, remet mon pyjama. Je tremble encore un peu de froid en sortant de la salle de bain. Je me fige sur place car alors que tous les autres dorment, Neville est assis sur son lit et son visage est tourné vers moi. Il a un sourire moqueur et froid en me voyant trembler de froid. Neville a beaucoup changé depuis que mon amour envers Draco a été mit au grand jour, mon camarade de classe m’a clairement fait comprendre qu’il n’approuvait pas ce choix et en voyant que je ne faisais rien pour changer mes sentiments (comme s’il y avait quelque chose à faire !) il a commencé à se comporter froidement avec moi. Ron m’a dit qu’il avait peur, parce qu’il comptait sur moi et qu’il pense que je vais finir mangemort, Neville est ridicule. -Alors Harry, chuchote-t-il, il hante même tes nuits à présent ! -Cela ne te regarde pas Neville, je réponds sur le même ton. Il se contente de hausser les épaules et retourne sous ses draps après m’avoir lancé un regard noir. Il ne me regarde plus mais sa voix n’a jamais été aussi sérieuse lorsqu’il me parle à nouveau. -Tu sais Harry, je tuerais tous ceux qui se mettent entre moi et elle. Même si c’est ton petit copain, même si c’est toi…Je tuerais Bellatrix Lestrange quoiqu’il arrive. Neville a beaucoup changé, je le vois bien maintenant, il a envie de meurtre, il a envie de vengeance. Je pense que je serais comme lui si je n’avais pas tout cet amour pour Draco qui envahit presque tous mes autres sentiments. Je sais bien que je focalise mes pensées sur Draco, mais ainsi je ne pense plus à la guerre. Il m’est impossible de penser à Voldemort lorsque Draco envahit mon esprit. A ces moments là, il y a juste ce jeune homme blond, un peu trop pâle et le reste n’a plus d’importance. Je ne repense qu’à la guerre, qu’à Voldemort et au reste, parce que je sais qu’il faut que je le protège de tout cela. -Je ne mettrais pas en travers de ton chemin, mais si tu touches à Draco, je devrais te tuer, tu sais ? J’entends Neville soupirer mais il ne se retourne toujours pas. -Je sais, dit-il, c’est justement pour cela que j’ai si peur. Jusqu’où serais-tu prêt à aller pour lui Harry ? Que serais-tu prêt à faire s’il te le demandait ? Je ne réponds pas. Cette question, je ne veux pas qu’on me la pose. Je refuse de me la poser parce que la réponse me fait peur. Que m’as-tu fais Draco ? Neville soupire de nouveau devant silence car lui connaît la réponse, cette réponse qui me fait si peur si jamais elle se révèle être en effet la bonne. Je regagne mon lit silencieusement. Et j’essaie d’oublier la question de Neville qui semble ne plus vouloir quitter mon esprit et je m’endors finalement. O°O°O°O Lundi 5 octobre, Grande salle, 7h42 Mes yeux ne peuvent se détacher de lui alors qu’il entre dans la grande salle. Mais depuis que mon secret a été révélé au grand jour, je ne me retiens plus, je m’abreuve de sa vue encore et encore. Cela a du bon finalement que tout le monde sache, je n’ai plus à jouer l’indifférence, ou pire, le mépris. Je le regarde donc comme chaque matin et je le trouve bien évidemment magnifique. Draco est toujours impeccable, ses vêtements sont élégants, sa démarche maîtrisée, ses cheveux plaqués de manière à ne laisser passer aucun épis, et il marche la tête haute, toujours. Et il regarde le monde de haut avec son air supérieur mais moi je le vois encore son regard d’enfant. Je vois parfois ses yeux briller lorsqu’un de ses amis sort une bêtise, ou lorsqu’il vient de terminer brillamment une potion. Oui, moi je sais que Draco n’est pas cet être sûr de lui et insensible qu’il se plait à montrer. J’en ai eu la preuve hier. Il a pleuré dans mes bras. Je suis entrain de penser encore une fois à son comportement de la veille lorsqu’il tourne son regard vers moi. Ses yeux froids ne laissent passer aucune émotion autre que le mépris et ils ne lâchent pas les miens. J’avais bêtement pensé qu’après avoir pleuré contre moi, Draco serait gêné, ou alors qu’il n’oserait plus me regarder, ou dans le pire des cas qu’il feindrait l’indifférence. Mais son regard me défit de détourner les yeux. Et je suis bloqué par ses yeux gris, le temps c’est arrêté je crois, il n’y a plus que lui debout dans la salle et moi assis stupéfié avec juste mon cœur qui bat comme un fou. Pourtant je perds le combat visuel car mes yeux presque malgré eux descendent. Ils s’attardent juste un peu sur les pommettes parfaites et le nez droit pour aller plus bas, pour regarder ses lèvres. Elles sont d’un rose pâle, parfaitement ourlées, et la lèvre inférieure est légèrement plus charnue que l’autre. Le dessin qu’elles forment est parfait. Et ma résolution de combattre le désir que j’ai pour lui vacille alors que je reste là à regarder cette bouche. Je la vois justement se mettre en mouvement mais je n’entends rien, je reste captivé par les dents blanches et la langue rouge que j’aperçois alors qu’il continue de parler. Je veux l’embrasser. Je veux mordiller sa lèvre inférieure, sucer sa langue, et découvrir de la mienne cette bouche…Je veux sentit nos souffles se mélanger avant de connaître le goût que peut avoir ses baisers. Je veux ses lèvres sur les miennes… Je suis brusquement ramené à la réalité par le ricanement général qui provient de la table des serpentards alors que Draco se détourne enfin avec un sourire mauvais aux lèvres. Et les mots que je n’entendais pas, trop captivé que j’étais à regarder ces lèvres envoûtantes, raisonnent finalement douloureusement dans ma tête : « Arrête de baver Potter, tu me donnes envie de vomir ! ». Je baisse les yeux rouges de honte en me rendant compte que je me suis donné en spectacle et que encore une fois Draco en a profité. A côté de moi j’entends Ron qui ne cesse de maugréer contre ce qu’il appelle « la fouine crétine » alors que Hermione me regarde d’un air compatissant comme la plupart des autres gryffondors. Je sais qu’ils doivent tous se demander ce qu’il m’a prit de tomber amoureux de ce type froid et cruel…mais ils ne savent pas… Ils ne se doutent pas qu’hier il m’a laissé le prendre dans mes bras…hier j’ai senti son cœur battre tout contre le mien. Hier, alors que je croyais cet amour impossible, Draco a semé l’espoir en moi…Je veux garder encore cet espoir un petit peu, même s’il est vain, même si la réalité va douloureusement me rattraper… Ce que je sais c’est qu’hier durant un instant, j’ai pu être dans ses bras et cela suffit à me rendre heureux. L’arrivée du courrier détourne l’attention des élèves sur autre chose que Draco et moi. Je me jette précipitamment sur la gazette du sorcier dans le but de penser à autre chose qu’aux derniers mots de Draco envers moi. Et c’est en même temps que les autres que j’apprends une nouvelle qui me fige sur place. « Durmstrang, la célèbre école de sorcier a été détruite par Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom et ses mangemorts. Les pertes sont terribles. Il s’agit d’un véritable massacre ! » Je suis soufflé par le titre qui s’étale sous mes yeux et un silence inquiétant envahit la grande salle. Tout le monde semble absorbé par cette effroyable nouvelle et c’est avec une peur sournoise au ventre que je poursuis ma lecture. « L’école a été attaquée Dimanche 4 octobre dans l’après midi, il n’aura fallu que 8 heures aux mangemorts pour la mettre sous leur joug. Ce fut un vrai carnage, sur les 758 élèves étudiants à Durmstrang, 308 ont été retrouvé morts ainsi que tous les professeurs et le directeur de l’établissement. 104 élèves ont été portés disparus, le ministère de la magie les soupçonne d’être eux même des mangemorts et ‘avoir aider Le Seigneur des Ténèbres à s’emparer de l’école. Les barrières magiques de sécurité des autres établissements publics (hôpitaux, ministères, écoles…)ont été multipliées par 100. Les élèves ayant survécus resteront soit chez eux où seront répartit à Beaubaton (en France) et à Salem ( USA), Poudlard étant elle-même une « zone à risque » n’accueillera personne… » J’ai la nausée et je ne peux plus continuer la lecture alors que plusieurs photos magiques montrent des cadavres dans les ruines de ce qui fut autrefois Durmstrang. Il s’est attaqué à une école ! Ce monstre a attaqué des enfants ! Je jette un regard perdu à mes amis mais ils sont aussi sous le choc que moi, Hermione tremble légèrement mais ne lâche pas des yeux le journal. Certains élèves se mettent déjà à chuchoter la peur se lisant sur leur visage. D’autres pleurent silencieusement en regardant les noms sur la liste des victimes ayant sûrement reconnu, le nom d’un cousin, d’une amie, d’un frère ? Je lève les yeux vers Draco et croise son regard gris étrangement sérieux. Je m’aperçois que je suis aussi désemparé que les autres, moi qui suis sensé être leur sauveur à tous. Je regarde Draco désespérément dans le but de me raccrocher à une réalité, mais il détourne les yeux attirés par une lettre que lui apporte un faucon noir. Il blêmit juste un peu et commence à décacheter l’enveloppe mais je dévie mon regard sur Dumbledore qui vient d’entrer bruyamment dans la grande salle accompagné de tous les autres professeurs. Il regarde les journaux dans nos mains d’un air triste et commence à parler. -Je constate que vous êtes tous au courant, dit-il, j’ai moi-même appris la nouvelle tôt ce matin. Comme vous le voyez, Voldemort ne se contente plus d’attaquer des petits groupes de personnes. Cette fois ci il s’en est prit à une école. La perte de tous ses élèves est une tragédie. Même si je suis conscient du danger, pour nous cela ne change rien, l’école est en danger depuis près de 3 ans maintenant, alors les cours vont continuer normalement jusqu’à ce que je le décide. Bien sûr, si certains de vos parents demandent à vous retirer de l’école je n’y verrais aucun inconvénient. Tous les élèves ont les yeux fixés sur le directeur, ils savent comme moi que quoiqu’il en soit Poudlard est l’endroit le plus protégé au monde. Si Poudlard tombe alors c’est que le reste sera déjà tombé et que Voldemort aura gagné. Je remarque que seuls Draco ne regarde pas le directeur, lui regarde sa lettre et il est de plus en plus pâle. -Cependant, reprend Dumbledore, des cours de défenses et d’attaque seront rajoutés à vos emplois du temps. Je sais, continue-t-il d’un ton plus grave, que certain d’entre vous ne se battront pas de notre côté et ils devront répondre de leur acte le moment venu. Mais vous êtes mes élèves, tous autant que vous êtes, et je veux que vous mettiez toutes les chances de votre côté pour survivre. Cette fois Draco lève brusquement la tête vers Dumbledore et le regarde comme s’il était devenu fou. Il est vrai que Dumbledore vient ni plus ni moins de proposer de donner des cours de combat à de possible mangemort. Je ne sais pas ce qu’il espère en faisant cela. Dumbledore nous a parlé encore longtemps et nos nouveaux emplois du temps ont été distribué. Ils n’ont pas beaucoup changé, si ce n’est que des heures ont été rajoutées en soirée. J’ai remarqué aussi que mon emploi du temps différait de celui de mes camarades, j’ai beaucoup de cours « particuliers ». Je ferme les yeux doucement, ils comptent tous sur moi mais parfois j’ai envie d’oublier qu’il y a cette guerre, cette…prophétie. Pourtant, lorsque je vois mon emploi du temps qui commencera la semaine prochaine, je me rends compte qu’il est fait de telle sorte pour que je n’oublie pas un seul jour quel est mon destin. Tuer ou mourir. Je lève une dernière fois les yeux vers Draco, il discute avec Blaise. Je veux vivre. Je ne l’ai jamais autant voulu qu’en ce moment. Parce que pouvoir le regarder suffit à me rendre heureux. Alors mon choix est fait : Je tuerais. Je suivrais leur entraînement et je ferais mon possible pour tuer Voldemort, comme cela je resterais en vie encore un quelque temps et je pourrais le contempler. O°O°O Vendredi 9 octobre, dortoir des gryffondor, 22h01 Cinq jours sont passés depuis l’attaque de Durmstrang, la vie à Poudlard n’a pas changé. Aucun élève est parti mais nous ne sommes quand début d’année et d’ici l’attaque finale, il y aura sûrement mois d’élèves. Je l’espère sincèrement. Ce que j’aimerais c’est que ce jour là, il n’y ait personne. Juste moi et Voldemort mais ce n’est pas un duel, c’est une guerre et dès lundi, je vais être entraîné à me battre ainsi que les plus âgés d’entre nous. Comme souvent, je laisse mon esprit s’évader loin de cette guerre et c’est à Draco que je pense et j’ai moins peur. Il a passé le reste de la semaine à se comporter comme si ce qui c’était passé dimanche n’avait jamais eu lieu. Il a continué à lancer ses remarques blessantes et ses regards dédaigneux qui me blessent tant. Dès que moi je le vois, je ne peux m’empêcher de repenser à ses bras sur moi, à son visage contre moi, à sa chaleur, et je crois que je fais une obsession sur ses lèvres. A chacune de nos rencontres, je n’ai pu en détacher les yeux et j’ai rêvé toutes les nuits de cette semaine que je l’embrassait et c’était divin. Je n’arrive décidemment pas à dormir, je suis dans mon lit, mes yeux sont fixés sur l’heure qui clignote sur ma montre. Je sais parce que Hermione me l’a dit que tous les mardis, les jeudis et les vendredis soirs, Draco fait une ronde de 21h30 à 22h30. J’avoue qu’il m’arrive d’aller le voir sous ma cape d’invisibilité, juste pour m’assurer qu’il aille bien et qu’il ne risque pas de se faire attaquer. Je peux bien aller jeter un coup d’œil pas longtemps, de toute façon je n’arrive pas à dormir. Je me lève rapidement, Ron ne dort pas encore, il me regarde d’un air ensommeillé. -Tu vas encore aller le voir ? Comment cela encore ? Ce n’est pas comme si j’y allais à chaque fois ! Je réponds à mon meilleur ami que : oui, je vais en effet m’assurer qu’il aille bien. Ron soupire puis me lance un sourire amusé. -Et tu vas y aller comme cela ? me dit-il en regardant mon pyjama. Je rougis, ce pyjama est un « charmant cadeau » de la part de ses frères George et Fred que j’ai eu pour mon anniversaire. Je ne sais pas pourquoi je le mets, à part que c’est le seul pyjama qui est à ma taille et qu’en effet j’y suis bien dedans. C’est un pyjama en coton bleu foncé, le pantalon est tout ce qu’il y a de plus normal mais au centre du haut de pyjama se trouve un cœur rouge ayant des ailes d’ange de chaque côté. Ce cœur bouge magiquement sur tout le haut, il s’en va parfois dans le dos, sur une épaule, en fait, il fait un peu ce qu’il veut, le plus souvent il se cache à l’intérieure et on ne le voit pas (heureusement d’ailleurs). Ron dit que c’est parce que le cœur est timide…n’importe quoi ! Mais ce n’est pas cela le pire, le pire c’est l’inscription qu’il y a sous le cœur et qui le suit partout : « si tu m’attrapes, je t’appartiendrais pour toujours ». Devant Ron, le cœur ose hélas se montrer et il est en ce moment sur mon épaule, battant faiblement des ailes. Je regarde Ron furieusement, il sait que le cœur veut bien se montrer devant lui alors il fait exprès de me taper la discute à chaque fois que je le porte, une fois il m’a même parlé toute la nuit, je n’ai appris que le lendemain qu’il avait été intérieurement mort de rire. Je trouvais cela étrange aussi qu’il se morde sans cesse nerveusement les lèvres. Je regarde donc furieusement mon « ami », attrape rapidement ma cape d’invisibilité et la met sur mes épaules. De toute façon, personne ne va me voir cette nuit. Cette nuit, « Discrétion » sera mon second prénom. Je prends la carte des maraudeurs, fait un clin d’œil à Ron qui me rappelle de ne pas rentrer trop tard et de faire attention. -Oui maman, je chuchote alors qu’il lève les yeux au ciel. Je sors le plus discrètement possible du dortoir, il me semble que Seamus et Neville dorment, Dean doit lire un livre, on voit de la lumière à travers ses rideaux. Une fois en dehors de la salle commune je consulte la carte des maraudeurs. La carte ne tarde pas à montrer le nom de Draco se déplaçant dans les couloirs mais je me fige sur place car à côté de son nom se trouve celui de Parkinson. Mon sang ne fait qu’un tour, l’imaginer seul dans les couloirs sombres du château avec cette poufiasse me donne des ailes. Les yeux rivés sur la carte, je cours, je descends les escaliers, longent des couloirs, évite Russard. Et j’arrive enfin, après plusieurs minutes, au couloir qui est juste avant le leurs. Je calme ma respiration et me dirige silencieusement vers eux. Je suis presque à leur hauteur lorsque Parkinson ouvre une porte que je reconnais comme étant la sale de classe de potion et invite Draco à la suivre en prétextant que : là ils seraient mieux pour parler ! Quelle menteuse ! Je suis sûr qu’elle veut lui faire du rentre dedans ! Draco la suit pourtant même s’il n’a pas l’air de faire cela de gaîté de cœur. Et je ne mets qu’une seconde avant de me décider et de les suivre aussi. A peine suis-je entré que Parkinson referme la porte. Je me fais tout petit et me cale contre un mur. Draco allume les lumières magiquement et je vois avec plaisir la serpentard grimacer. Je paris qu’elle voulait une ambiance plus intime ! -Qu’est ce que tu me veux ? demande soudain Draco d’une voix traînante. Je vois avec horreur Pansy venir vers lui et tirer doucement sur sa cravate de serpentard pour approcher son visage du sien. Je serre mes poings à m’en faire mal alors que je l’entends susurrer que ce qu’elle veut, c’est lui. Draco reste de marbre jusqu’à ce que Parkinson ait un rire de gorge, à ce moment là, je peux voir qu’il est troublé et sans le vouloir je pousse un juron. Draco se recule vivement alors que Pansy sourit toujours. Mais personne ne regarde dans ma direction, ils ne m’ont heureusement pas entendu. Je respire tout de suite mieux maintenant qu’ils sont assez loin l’un de l’autre. -Si tu n’as rien d’autre à me dire, je vais pouvoir continuer ma ronde, dit Draco d’un ton toujours aussi froid. -Mais bien sûr Dray, murmure-t-elle d’une voix qui se veut suave, tu passeras le bonjour à Narcissa de ma part demain…Tu vas bien la voir n’est ce pas ? Continue-t-elle d’une voix innocente alors que Draco pâlit. Ce n’est pas ce qui était écrit dans ta lettre ? La lettre ! Je n’y pensais plus à cette lettre qui semblait avoir fait un drôle d’effet à Draco. Ainsi donc, il va voir sa mère ce week-end ? Il semblerait que oui, puisque Draco acquiesce lentement, ses yeux dans ceux de Parkinson. -Bien, susurre-t-elle, je te souhaite un week-end délicieux dans ce cas, je suis sûre qu’à ton retour, tu seras un homme changé et que je vais adorer cela. Parkinson part enfin laissant un Draco pensif seul dans la salle de potion. Mon souffle que j’avais retenu si longtemps se relâche doucement, et je me décide à partir le plus silencieusement possible, mais je n’ai qu’eu le temps de faire deux pas que la porte s’est fermée brutalement me bloquant la sortie et me laissant en tête-à-tête avec un Draco furieux. -Alors Potty, dit-il d’une voix froide, on écoute aux portes ? Je n’ose plus respirer. Depuis combien de temps sait-il que je suis ici, et pourquoi n’a-t-il rien dit avant lorsqu’ils étaient à deux ? Je me retourne lentement pour le voir regarder approximativement dans ma direction avec un air de dégoût, les bras croisés sur son torse. -Et enlève cette cape, ais au moins le courage de te montrer ! Je soupire intérieurement, jette un coup d’œil en coin à la porte qui hélas ne s’est pas miraculeusement ouverte pour que je puisse m’enfuir à toutes jambes. Et sous le regard toujours froid de Draco je laisse tomber ma cape. Il a un petit rire méprisant devant mon pyjama ridicule. Je l’avais complètement oublié celui là ! Je le regarde alarmé et je vois horrifié que le cœur soit disant timide et bien en place au niveau de ma poitrine et qu’il bat furieusement des ailes dans le but évident de se faire encore plus remarquer. -Potter, Potter, Potter, susurre-t-il me faisant frissonner délicieusement, si tu me voulais dans ton lit, il y a des moyens plus subtils pour le demander que d’arriver déjà en « pyjama ». Il hausse un sourcil dubitatif en prononçant le mot « pyjama », son regard rivé sur le cœur et son inscription. Je ne peux m’empêcher de rougir alors que ses yeux se promènent sur moi d’un air à la fois surpris et dégoûté. -De toute façon, autant te prévenir tout de suite, quelque soit ta manière de me demander une telle obscénité, ma réponse sera toujours celle-ci : Coucher avec toi, où ne serait-ce que te toucher me donne une furieuse envie de vomir. Les lavettes fouineuses comme toi me dégoûtent ! Je ne rougis plus maintenant et je sens une colère sourde m’envahir et mes mots s’échappent de ma gorge avant que j’ai eu le temps de les retenir. -Je te dégoûte ? Je te donne envie de vomir ? Mais à qui veux-tu faire croire cela ? Pas plus tard que le week-end dernier tu pleurais dans mes bras, accroché à moi comme si ta vie en dépendait ! Je vois Draco blêmir et je sais que j’ai fait une erreur en reparlant de cet épisode. Sa colère devient palpable mais je suis en colère moi aussi. J’en ai assez de ce silence, assez qu’il fasse comme s’il n’avait rien eu. Je n’en peux plus de savoir qu’il arrive à oublier cet épisode si facilement alors que moi je ne pense qu’à cela. Je veux qu’il m’en parle, je veux qu’il y pense ! Draco s’approche et se met juste devant moi. Je peux le sentir bouillonner de rage alors qu’il essaie de rester de marbre. -Ne.Parles.Plus.Jamais.De.Cette.Erreur Son ton est haché, sa voix glaciale et ses paroles raisonnent dans la salle mais je suis de plus en plus furieux, c’est trop facile de ne plus en parler et ce soir je n’ai aucune envie de faciliter la tâche à Draco. -Et pourquoi n’en parlerais-je pas ? Je lui crie exaspéré. Moi je l’ai aimé cette erreur, j’ai aimé te prendre dans mes bras et je ne rêve que d’une chose, c’est de recommencer ! Je suis au moins autant choqué que Draco par mes mots (qu’est ce qu’il m’a prit ?), mais il se reprend plus vite que moi et se recule vivement loin de moi comme s’il avait peur que je lui saute dessus d’un moment à un autre. -Potter, siffle-t-il, tu es vraiment atteint, je te conseille de dégager de ma vue ! Si je n’étais pas aussi surpris par mon propre comportement, je pourrais presque croire que Draco a peur de moi…où plutôt qu’il a peur de se retrouver de nouveau dans mes bras, de la même façon dont moi j’ai eu peur en regardant ses lèvres toute la semaine. De la même façon dont j’ai peur en les regardant en ce moment même… Je suis perdu… Je m’oblige à détacher mes yeux de lui et je m’apprête à lui obéir et à partir loin d’ici. -Non, c’est trop facile ! S’exclame-t-il soudain. Avant tu vas me dire ce que tu foutais ici ! Je n’aime pas qu’on m’espionne ! Je soupire de lassitude, je me doutais bien que je n’y couperais pas. Je ne peux décemment pas lui dire que je voulais juste le voir faire sa ronde pour m’assurer qu’il ne lui arrive rien ! Je ne peux pas lui dire non plus que j’étais jaloux lorsque j’ai vu Pansy l’entraîner dans cette salle et que je n’ai pas pu faire autrement que les suivre ! Il a l’ai déjà assez sur les nerfs comme cela pour que j’en rajoute. Ses lèvres ne forment qu’une ligne mince et je peux deviner qu’il fait son possible pour garder don sang froid. -J’attends Potter ! Dit-il d’une voix sèche. Il a croisé les bras et il fait exprès de taper le sol de son pied pour me montrer son impatience. Je crois qu’il faut vite que je trouve une excuse valable. Allons Harry réfléchit….Et s’il arrêtait de posséder des lèvres pendant au moins deux minutes, je pourrais peut être réfléchir correctement ! Là tout de suite, le seul truc que j’ai envie de lui dire c’est : Putain Malfoy embrasse moi ou je vais mourir ! Remarque, si je lui dis cela, il ne risque pas de m’embrasser, si je veux qu’il le fasse je devrais plutôt dire : embrasse-moi Malfoy et je meurs ! Alors là, je suis presque sûr qu’il se dévouerait…Je vais peut être lui dire cela dans ce cas… -Putain Potter, je n’ai pas toute la nuit ! Houlà ! Houlà ! Houlà ! Pourquoi il s’approche? Et pourquoi il emmène ses lèvres avec lui ? Magnifiques lèvres d’ailleurs…roses, pleines, qui s’ouvrent et se ferment… Je viens de me rendre compte que ce n’est pas lui qui approchait de moi mais que c’est moi qui marche vers lui. Je ne le vois pas se raidir, s’empêchant de reculer pour ne pas montrer son appréhension face à mon comportement étrange. Je ne peux que glisser une main derrière sa nuque, le sentant se raidir encore plus, mes yeux toujours rivés sur ses lèvres. -Que…Potter.. ? Les battements de mon cœur s’accélèrent d’une façon inquiétante alors que je pose ma bouche sur la sienne le faisant taire. J’emprisonne doucement sa lèvre inférieure entre les miennes me délectant de sa texture, de son goût…Et je m’envole alors que je sens les lèvres de Draco bouger sous les miennes. Ma main sur sa nuque chaude et douce se crispe alors que je frisonne de plaisir. Et un gémissement sort de ma bouche alors que presque timidement la langue de Draco touche mes lèvres… La seconde d’après il me repousse violemment et je tombe durement par terre sur mes fesses. Il me regarde quelques secondes les yeux agrandis de stupeur et la respiration saccadée alors que je commence à réaliser que je viens d’embrasser Draco Malfoy. -Pu…Putain Potter ! Mais t’es con ou quoi ? S’exclame-t-il d’une voix étrangement rauque. Puis une fureur sans nom semble l’envahir, je le vois s’approcher dans le but de me frapper mais il se ravise et se recule précipitamment comme s’il avait peur de quelque chose. -Merlin, continue-t-il en s’essuyant exagérément les lèvres du revers de sa manche, tu es un grand malade ! Je reste assis et touche mes lèvres doucement encore sous le choc. J’ai embrassé Draco ! Mon attitude semble encore plus énerver Draco alors que je balbutie des excuses. Comment ai-je pu faire une chose pareille ? Comment ais-je pu l’embrasser sans son consentement ? -C’est du harcèlement sexuel, continue Draco inlassablement, je devrais me plaindre à Dumbledore, tu n’es qu’un porc ! Je sais qu’il a raison, je me sens pitoyable -Je te demande pardon, je murmure sans le regarder, je ne sais pas ce qu’il m’a prit… Je fixe le vide tout en continuant à lui demander pardon, j’entends la porte claquer derrière Draco mais je reste toujours prostré. Je lui ai volé un baiser, je me dégoûte car je viens de comprendre que le désir que j’ai pour lui, je ne peux finalement pas en faire abstraction. Je me dégoûte parce que Draco a maintenant raison de me détester. Et je me dégoûte parce que… Je ne peux m’empêcher de penser que… Draco a des lèvres délicieuses. A suivre… |