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au 20 Nov 08 :
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contenant 3547 chapitres
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Et Harry aima Draco
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance/Drame
22 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 7     Les chapitres     23 Reviews    
Il ne m'aime pas...vraiment?

POV de Draco

Mardi 1 décembre, Chambre de préfet en chef des serpentards, 7h02

Je ferme les yeux, désemparé. Ça a recommencé. Une fois de plus. Une fois encore. Je ne peux plus me cacher derrière un stupide dérèglement hormonal pas alors que cela arrive si souvent. Pas lorsque cela arrive quand je pense à lui.

Encore une fois je viens de me réveiller en érection.

Une fois de plus j’ai rêvé de Potter.

J’ai envie d’enfouir ma tête dans l’oreiller et de me rendormir, de tout oublier. Mais je ne peux pas. Pas lorsqu’une partie de mon anatomie est si tendue, la mauvaise partie d’ailleurs. Je me lève difficilement et me dirige vers la salle de bain.

La douche froide.

C’est la seule solution.

Je me déshabille mécaniquement et entre dans la douche. Pourtant ce matin, je n’ouvre pas tout de suite le robinet d’eau froide. Peut être que Potter n’y est pour rien dans cette histoire d’érection matinale. Il faut que j’en sois sûr. Il faut que je sache si comme je commence à le redouter, le balafré me fait de l’effet. S’il est possible que je sois a…attiré physiquement par lui. Merlin m’en préserve !

Un garçon…

Un putain de garçon avec des couilles et un pénis…

Merlin ! Cette image ne me choque même pas. Faites que tout ne soit que le fruit de mon imagination ! Je dois analyser la situation calmement. Je suis intelligent, je sais faire la part des choses. Bon, imaginons que je ne connaisse pas Potter, que je le vois pour la première fois de ma vie. Je ne visualise que son corps sans voir l’horripilant personnage derrière, juste un corps, juste son corps.

Je ferme les yeux pour mieux visualiser le corps de Potter tout en priant pour que mon érection se calme ou au moins qu’elle ne s’accentue pas. Donc je vois Potter exactement comme il était en cours de potion hier après midi. Sa cravate n’était pas vraiment serrée comme d’habitude, les deux premiers boutons de sa chemise étaient défaits. Potter a toujours l’air de sortir du lit, il est toujours débraillé. Ses cheveux étaient pour ne pas changer ébouriffés et je le revois sourire à la belette.

Je suis toujours aussi dur, pourtant ma description n’a rien de sexuelle. Donc ce qui m’arrive n’est sûrement pas à cause de Potter. Je le revois alors comme le soir où il a osé m’embrasser avec son pyjama ridicule. Cette fois il avait vraiment l’air de sortir du lit. Je ne peux m’empêcher de sourire en le revoyant les joues si rouges. Potter est mignon lorsqu’il est gêné. Puis le Potter de mes souvenirs change doucement. Il a toujours le même pyjama et il se tient toujours en face de moi mais son air gêné disparaît pour faire place à autre chose.

Potter se passe lascivement une main dans les cheveux et ses yeux verts derrière ses lunettes brillent d’une lueur appréciative. Il passe horriblement lentement sa langue rouge sur ses lèvres et je frémis seul dans ma douche.

Il avance lentement vers moi, mes jambes tremblent. Potter est sexy. Enfin le corps de Potter est sexy et mon hétérosexualité face à cette illusion en prend un sérieux coup. Ce n’est pas possible d’être aussi sexy.

-Draco, me susurre-t-il d’une voix rauque, tu as besoin d’aide ?

Il descend tranquillement ses yeux sur mon sexe tendu et son sourire appréciateur semble s’agrandir alors que je n’ai jamais eu aussi chaud de toute ma vie.

Puis sans prévenir il avance encore et pose ses lèvres rouges sur les miennes. Je réponds à son baiser avidement et ma langue se faufile dans sa bouche pour le goutter encore plus. Ses mains se posent sur mes fesses et mon érection se retrouve plaquée contre sa cuisse. Je gémis et il gémit aussi. J’ai envie de lui. Il ne cesse de malaxer mes fesses pendant qu’une de mes mains est perdue dans ses cheveux et que l’autre s’agrippe à son épaule.

-J’ai envie de toi, chuchote-t-il d’une voix rauque à mon oreille.

Je réponds en reprenant sa bouche dont je ne peux plus me passer et j’essaie en même temps de lui enlever son pantalon. Je veux me perdre en lui.

Une partie de mon cerveau hurle qu’il s’agit d’un garçon, de Potter. Je ne devrais pas me caresser en pensant à ces choses là. Je devrais m’arrêter avant qu’il ne soit trop tard, avant de me retrouver devant le fait accompli. Mais mon imagination s’envole à nouveau jusqu’à lui. Je l’imagine dur pour moi…

Un garçon…

Et je durcis encore plus. Je l’imagine me susurrer des trucs indécents et se presser contre moi et ma main sur mon sexe accélère ses mouvements alors que Potter entoure mes hanches avec ses jambes.

Je suis perdu…

Je m’imagine enfin me perdre dans ce corps musclé, chaud et étroit dans un va et vient incontrôlable et je jouis dans ma main en gémissant son nom.

Je m’effondre doucement dans ma douche, mes jambes soudainement trop faibles pour me porter.

Je reste quelques minutes sous le choc à fixer le vide et à essayer de retrouver une respiration normale. C’est la première fois que cela me fait un effet pareil. C’est affreux ! Je ne parviens pas à y croire. Pourtant le sperme sur le mur de la douche envahit ma réalité et me donne envie de vomir. Je tourne en tremblant le robinet d’eau et commence mécaniquement à me laver.

Je ne pouvais pas tomber plus bas…

Il semblerait que je sois….

-HOMOSEXUEL ?

Toute la salle commune se tourne vers nous et j’enfonce encore plus ma tête dans mes mains. Il semblerait qu’aujourd’hui cela ne soit pas mon jour. Heureusement qu’entre midi et deux, il n’y a pas grand monde ici.

-Je t’en pris Blaise, je marmonne, crie-le donc encore plus fort, je pense que tout le monde ne l’a pas entendu.

-Je suis désolé Draco, me dit Blaise d’un faux air navré, mais là tu m’as pris par surprise. Peut-on savoir pourquoi au juste tu penses être gay ?

Je le regarde d’un air froid. Ce que je viens de lui annoncer à l’air de bien le faire rire. Pourtant il a vraiment l’air intéressé par l’histoire. Je l’attrape par sa robe et le tire jusqu’à ma chambre. Je n’ai vraiment pas envie qu’il crie sur tous les toits son étonnement à chacune de mes explications. J’ai vraiment besoin de parler de cela, en temps normal je n’aurais rien dit, mais là ce qui m’arrive est trop affreux pour que je me taise. Et puis peut être que Blaise va me rassurer, peut être va-t-il me dire que tous les mecs ont un jour ou l’autre cette phase pendant laquelle ils fantasment comme des dingues sur le mec qu’ils détestent.

Je fais asseoir Blaise sur le fauteuil et lui demande de ne pas m’interrompre pendant toute mon explication. Ce que j’ai à lui dire n’est pas vraiment évident. Il me fait signe de commencer mon histoire, je prends une grande inspiration et je commence à parler. Je lui raconte tout, Potter me tenant dans ses bras dans le parc, son baiser et les rêves malsains qu’il a entraîné et enfin le summum de la déchéance : Le passage à l’acte ce matin. Moi me masturbant en pensant à Potter comme le dernier des ado en manque.

Lorsque j’ai fini, Blaise ne semble pas en revenir. Il me regarde avec des yeux ronds, si bien que je crois qu’il va me faire une syncope d’un instant à l’autre. Puis un sourire amusé étire ses lèvres.

-Toi, tu fantasmes sur Potter ? Demande-t-il en souriant encore plus.

Je serre les dents, il n’y a rien de drôle là dedans.

-Il semblerait que je sois gay, dis-je d’un ton sec.

Je ne suis pas à l’aise avec cette situation. Je n’aime pas ne rien contrôler. Je ne comprends pas pourquoi cela m’arrive maintenant. C’est de la faute de Potter. C’est depuis qu’il a osé m’embrasser que je suis comme cela. Je le déteste.

-Je m’en doutais, dis soudainement Blaise d’un air sérieux.

-Pardon ?

Mais qu’est-ce qu’il raconte ?

-Voyons Draco, tu t’es déjà entendu parler de sexe ? Lorsque par miracle tu me parlais de ta vie sexuelle, tu en parlais comme si tu venais de te faire arracher une dent.

-Le sexe n’a rien de passionnant, dis-je en haussant les épaules.

-Et là, reprend mon ami continuant sur sa lancée, tu me parles d’une séance de branlette sous une douche comme si tu venais de découvrir le Saint Graal ! Tu ne vois pas une très grosse différence entre tes deux réactions ?

Je n’aime pas ce qu’il insinue. Il veut dire que mon « homosexualité » date d’avant le baiser de Potter. C’est impossible, tout est de la faute à Potter. C’est lui le coupable. Avant j’étais hétéro, j’en suis sûr !

-Tu divagues, ce n’est pas parce que je trouve que coucher avec quelqu’un c’est ennuyeux au possible que je suis forcément gay, je n’ai jamais fantasmé sur personne avant cette histoire de baiser.

-Tu as mal interprété mes propos, me dit Blaise en me regardant dans les yeux. Ce que je veux dire c’est que ce n’est pas « coucher avec quelqu’un » que tu trouves ennuyeux, c’est coucher avec une fille !

-Cela on n'en sait rien, je n’ai couché qu’avec des filles. Pourquoi cela serait-il différent avec un garçon ?

Blaise se met à rire doucement.

-Tu es pas croyable ! Ta séance sous la douche ce matin ne t’a donc rien appris. Tu devrais essayer de coucher avec un mec pour voir la différence.

Il plaisante là ! Je ne veux pas aller aussi loin. Moi, un Malfoy, coucher avec un homme ? Je suis peut-être légèrement homo mais j’ai très bien vécu comme cela toute ma vie, je ne vais pas changer juste parce que je viens de m’en rendre compte. Je serais peut-être toute ma vie frustré sexuellement mais ce n’est vraiment qu’un détail, de toute façon, vu comme s’est parti, je doute de vivre assez longtemps pour regretter de ne pas avoir exploré ma sexualité.

Je regarde, étonné, Blaise en train d’énumérer la liste des homo ou bi de Poudlard.

-Lionel Heftr, 6ème année de poufsouffle mais je crois qu’il sort avec Patrick Gred et qu’il est amoureux, mais bon, tu es tellement mignon que cela ne risque pas de le déranger de faire ton éducation.

-Blaise, dis-je d’un ton lasse, je ne veux pas coucher avec un mec.

-Thomas Triniter, 7ème année de serdaigle, il est bien foutu en plus. Il y a aussi Fred Vinis à poufsouffle, à gryffondor tout le monde sait que Colin Crivey est fou amoureux de Potter mais crois-moi tu as toutes tes chances.

Amoureux de Potter ? Il rêve s’il croit que je vais coucher avec ce Crivey. Je ne l’aime pas ce petit morveux.

-Seamus Finnigan est bisexuel et toujours prêt à faire de nouvelles expériences parait-il.

-Blaise, j’ai dit que je n’étais pas intéressé. Et comment connais-tu toute la liste des gays ?

-Oh je ne les connais sûrement pas tous mais ceux là, il est de notoriété publique qu’ils en sont. Il y a aussi Théodore Nott mais ça tu le sais puisqu’en cinquième année il t’a dragué, à serpentard en sixième année il y a Daniel Frenus et Nicolas Riun. Voilà je crois que j’ai fais le tour des « gays connus » de Poudlard.

Il me sourit fier de lui. Blaise Zabini est vraiment un cas.

-Je ne coucherais avec aucun crétin de ta liste. Je ne vais pas coucher avec un mec juste pour comparer avec mes précédentes expériences.

Il a l’air un instant déçu puis un sourire malin orne ses lèvres.

-Oh j’ai oublié le plus célèbre d’entre tous, dit-il d’un air innocent. Que dirais-tu mon ami d’une partie de jambes en l’air avec notre survivant national ?

Je serre les dents et me contente de foudroyer Blaise du regard. Beaucoup serait mort pour avoir posé une telle question. Ce n’est pas parce que je me branle en pensant à lui que je vais coucher avec lui. Plutôt crever !

-Blaise, dis-je d’un ton froid, je vais faire comme si je n’avais rien entendu.

-Pourquoi ? demande-t-il. Pourquoi alors que tu fais tes activités manuelles en pensant à lui tu ne veux même pas considérer cette solution ?

Je croyais Blaise plus intelligent que cela.

-Je le déteste et il me déteste aussi.

Oh oui, ce trou du cul de gryffondor me hait, il s’est bien foutu de moi. Il m’a consolé comme si j’étais important pour lui, il m’a tenu dans ses bras. Il m’a embrassé comme on embrasse lorsqu’on est amoureux, enfin j’imagine. Il m’a même mordillé ! Il n’a cessé de me regarder jour après jour avec cette fausse lueur de tendresse. Et à cause de cet amour même pas réel je me retrouve marqué. Bien sûr, il lui a suffit de voir la marque pour être dégoûté. Il a vite volé en éclat son amour. Il s’est moqué de moi. La seule chose qui l’intéressait c’était de se faire Draco Malfoy. Son attitude est quand on y repense assez serpentarde. Heureusement que cela n’a pas marché. De toute façon le résultat est là. A cause de lui je suis devenu mangemort et tout cela pour rien. Il doit bien rire le soir dans les bras de Crivey du pauvre Malfoy si fier qui a maintenant un maître. Il doit jubiler de me savoir à cette place. Draco Malfoy enfin mâté. J’y ai presque cru à son amour, moi qui prenais ce sentiment pour une fable. Potter m’a fait douter. De toute façon comment aurait-il pu tomber amoureux de quelqu’un comme moi ? Comment peut-on tomber amoureux de quelqu’un comme moi ? Je ne suis pas une personne que l’on peut aimer. Potter a réussi à me faire douter un bref instant à ce sujet mais maintenant c’est fini.

-Je ne vois pas où est le problème ! Au contraire si c’est purement sexuel tu n’auras aucun mal à te servir de son corps. Tu le baiseras avec rage, tu jouiras, tu seras content et lui aussi.

-Ton raisonnement est ridicule. Potter ne sera jamais juste un corps pour moi !

Oui, je verrais toujours le crétin de gryffondor derrière ce corps. Blaise me regarde soudainement avec beaucoup de sérieux et sa voix est étrangement douce lorsqu’il reprend la parole.

-Donc, c’est en pensant à Potter dans son ensemble que ce matin tu as joui.

Mais qu’est-ce qu’il raconte encore ? Il est cinglé ! Il insinue que…De toute façon cette discussion n’a que trop duré. J’attrape mon sac de cours et me dirige vers ma porte.

-Non cette fois, c’était juste un corps pour moi, dis-je d’un ton sec sans me retourner. Nous allons devoir aller en cours, l’heure approche.

Je l’entends se lever du fauteuil et quelques instant plus tard, il passe devant moi.

-Je trouve que tu te contredis beaucoup Draco, souffle-t-il avant de sortir.

Et moi je trouve que toute cette histoire commence sérieusement à me prendre la tête. C’était tellement plus simple avant. Avant j’étais encore libre d’être mon propre maître. Avant Blaise ne se mettait pas à raconter des conneries. Avant Potter me détestait et cela me plaisait.

Il me déteste toujours…

Alors pourquoi je me sens si mal ?

O0o0o0o0

Mardi 2 décembre, parc de Poudlard, 18h23

Je garde un visage impassible alors que devant moi mon cousin jubile de joie. Pansy, Crabes et Goyle sont avec nous. Cette réunion de dernière minute me déplait fortement. En plus je n’ai rien pris pour me couvrir. Je suis transi de froid mais je me tuerais plutôt que de le leur montrer. Qu’ils me disent vite ce qu’ils ont envie de dire et qu’on en finisse. Je dois avouer que je ne suis pas tranquille en leur compagnie, il y a une grosse différence entre eux et moi. Que ce soit Grégory, Vincent, Pansy ou mon cousin, ils ont tous tué. Je suis étrangement le seul à ne pas avoir les mains tachées de sang. Je me demande si je serais capable d’enlever la vie. J’ai toujours cru que cette question était sans importance, que dans le feu de l’action, on tue s’il le faut, mais j’ai eu tort de penser cela. Je ne pense pas pouvoir tuer sur commande. Je ne suis pas assez conditionné pour cela. Je ne suis pas encore comme eux.

Ils n’ont eux même pas toujours été comme cela. Vincent était malade dès qu’il voyait dans le journal des blessés, il ne supportait pas la vue du sang. Grégory en troisième année, avait formé un club de protection des animaux domestiques, il entrait dans une rage noire dès qu’il voyait un maître battre son chien. Pansy voulait juste devenir Madame Malfoy, la guerre ne l’intéressait que très peu. Je me demande si elle n’a pas choisi cette voie pour atteindre son but. Mais elle sait pourtant qu’elle perd son temps avec moi. De toute façon elle a l’air de très bien s’entendre avec Hadès.

Hadès. Mon cousin dont je ressens la haine pour moi depuis que notre enfance, haine qui n’a cessé de s’accroître. Il est dans les petits papiers de Voldemort. Je vois le meurtre dans ses yeux lorsqu’il les pose sur moi. Il veut me tuer, je le sais, je le sais depuis toujours je crois. Il veut ma vie. Il n’est qu’un Lestrange et il veut devenir un Malfoy. Il s’habille et se comporte comme moi depuis si longtemps déjà que cela me parait à moi aussi presque naturel. Mais le petit garçon que je connaissais n’était pas comme cela. Il y a longtemps c’était mon ami. Et un beau jour sans que je sache pourquoi il a commencé à changer. Pour l’instant il n’a rien tenté sur moi, je pense que Voldemort a encore besoin de mes services. Mais nous savons tous les deux que son obsession sera fatale à l’un de nous.

-J’ai reçu un message du Maître, commence Pansy d’une voix calme, il a une mission pour nous.

Une mission ? Depuis que j’ai reçu la marque, Voldemort m’a relativement laissé tranquille, enfin surtout depuis que Potter est au courant. Le sourire de mon cousin s’agrandit alors que je commence à craindre le pire.

-Hadès, Draco et moi devons espionner Potter !

Quoi ? C’est tout ? Ce n’est pas ce qu’ils font déjà jour après jour ?

-Le Maître, reprend Pansy, a été très déçu d’apprendre que le Survivant ne t’aimait pas. Cependant il a un gros doute à ce sujet, nous sommes chargés de regarder si d’une manière ou d’une autre il a menti.

Je sens que je blêmis et je m’efforce de garder mon visage impassible. Seul mon cousin a perçu ma peur et un sourire mauvais étire ses lèvres et l’air me semble encore plus froid que tout à l’heure. Je ne dois pas trembler. Un Malfoy ne tremble pas. Si jamais Potter a effectivement mentit, je suis mort. Je deviendrais l’instrument de Voldemort. Mais Potter me déteste, il est incapable de jouer la comédie si longtemps.

-Potter n’a pas menti, dis-je d’un ton blasé, il ne m’aime pas, il me hait et cette haine est réciproque.

-Nous verrons bien Draco, susurre-t-elle, le Maître nous a donné des amulettes, vous les aurez ce soir. Elles nous permettront d’être invisibles aux yeux de tous sauf pour les porteurs des autres amulettes. Ainsi nous pourrons voir Potter n’importe quand, connaître tous ses secrets, et ses points faibles.

Crabbe et Goyles ricanent bêtement, je ne vois, pour ma part, pas ce qu’il y a de drôle. Je hausse les épaules, Potter a lui-même une cape d’invisibilité, ce n’est pas pour autant qu’il sait tout de nous…

Enfin j’espère…

Si cela se trouve, il a pu entrer dans ma chambre sans que je m’en rende compte et il était peut être là quand hier je me suis laissé aller sous la douche…J’ouvre les yeux en grand, si ça se trouve, il m’a entendu crier son prénom alors que je…

-Un problème Draco…

Je sursaute et me tourne vers Hadès, les autres sont déjà parti et je ne m’en suis même pas aperçu.

-Aucun.

A part que j’ai vraiment très froid, que Potter hante mes pensées, que je vais être obligé de l’espionner et donc de le voir encore plus…

-On ne dirait pas, tu as les joues rouges, mais c’est peut être le froid ?

Il a un sourire presque doux lorsqu’il me dit cela mais la lueur malsaine qui brille dans ses yeux me rappelle que c’est mon cousin qui est en face de moi. Je n’aime pas lorsqu’il me regarde ainsi, cela lui arrive de temps en temps. Je ne lis pas que le meurtre dans ses yeux à ce moment là, j’y lis aussi de l’envie, une envie qu’une personne ne devrait pas avoir pour un membre de sa famille. Mais la lueur disparaît à chaque fois très vite et je me dis que j’ai rêvé.

Cette fois là ne fait pas exception, l’indifférence a fait place à la lueur. Il regarde le pull fin que je porte alors que j’essaie encore de ne pas trembler de froid. La neige est tombée tôt cette année. Nous sommes début décembre et le sol est recouvert de neige. Le ciel blanc laisse à présager une nouvelle tombée pour bientôt. Mes mains sont rouges et me picotent. J’ai oublié mes gants aussi, je suis vraiment sorti trop vite.

-Je n’ai pas froid, dis-je en haussant la tête, je vais même faire un tour au parc avant de rentrer.

Il semblerait que le froid me fasse dire des stupidités. Je devrais rentrer avant de sérieusement tomber malade mais bien sûr un Malfoy ne montre pas qu’il a froid et j’ai appris à être très fort à ce jeu là. Mon cousin me sourit encore une fois froidement, il n’est pas dupe, puis il s’en va en direction du château.

Il ne me reste plus qu’à le faire ce tour, de toute façon il faut que je réfléchisse au calme de tout cela.

Cela va faire 30 minutes que je marche sans trouver une seule solution. Je n’ai aucune envie d’espionner ce crétin de Potter mais je sais très bien que Voldemort surveille mes agissements. Il a sûrement demandé à Parkinson ou à Hadès d’observer mes moindres faits et gestes. Je sais qu’il n’aime pas Potter mais je me demande pourquoi il veut à tout prix le détruire. Ce n’est qu’un gryffondor idiot avec une chance incroyable. A croire que Voldemort a peur de lui. Je vais faire ce qu’il m’ordonne pour l’instant, je vais jouer au parfait petit mangemort. Ma haine envers Potter devrait m’aider dans cette résolution. Je suis son ennemi depuis tellement longtemps que je sois mangemort ou non ne change rien à ce fait.

J’ai vraiment froid maintenant et la neige commence tomber. Je me suis plus éloigné du château que je ne le pensais. Je me décide à rentrer avant de ressembler à un bonhomme de neige. J’accélère le pas, regardant la buée blanche due au froid sortir de ma bouche à chacune de mes expirations. C’est alors que je vois une cape sur un banc. Quelqu’un a dû l’oublier. Je vais la ramener avant qu’elle ne soit ensevelie sous la neige, et si elle est à ma taille je pourrais la mettre pour le trajet parce que là, j’ai encore une bonne demi-heure de marche et de loin personne ne sera que ce n’est pas ma cape. J’attrape le vêtement gris, la matière est de bonne qualité, c’est déjà cela, je secoue un peu la neige qui a commencé à tomber dessus et je vois à ma grande horreur le blason des gryffondors apparaître.

Plutôt crever que de porter un truc appartenant à gryffondor, même si de loin personne ne le verra, j’ai ma fierté. Je relâche le répugnant vêtement et reprend mon chemin.

Un de ses tarés de gryffondors a oublié sa cape, ça ne m’étonne pas. J’espère qu’elle va être ensevelie sous deux tonnes de neige et que personne ne la retrouvera. En fait même pour un gryffi, c’est étrange que cette cape, se retrouve juste là, sur un banc, sur mon chemin, semblant tranquillement attendre qu’on la ramasse…

Que je la ramasse ?

Je m’arrête net sur le chemin et me retourne doucement pour regarder la cape. Je plisse les yeux. A qui appartient cette cape ? Je me rapproche jusqu’à revenir vers le banc. Je prends la cape et la tourne sous toutes les coutures. Elle appartient à un gryffondor de ma taille à peu près ou juste un peu plus petit. Comme Potter.

Et elle est sur ce banc, comme si son propriétaire avait fait exprès de la laisser là…

Comme si on l’avait laissée pour moi…

Pour ne pas que j’attrape froid.

Mon estomac se serre étrangement. Quelqu’un s’inquiète pour moi ? Un gryffondor ? Potter ? Non, Potter me déteste ! J’en suis sûr, pourtant…

Pourtant je ne sais pas pourquoi mais penser que cette cape lui appartient me rend étrangement ému. S’il l’a laissée là pour moi, c’est qu’il s’inquiète. S’il s’inquiète, cela veut dire que je compte pour lui et que peut être il est toujours amoureux de moi.

Je pose la cape sur mes épaules et une douce chaleur m’envahit, presque aussi agréable que lorsqu’il m’avait pris dans ses bras ce dimanche de pluie. Je crois même que je sens son odeur ! Je suis soudainement impatient de rentrer au château, de retrouver Potter et de lui dire que je sais qu’il m’aime toujours, qu’il n’a pas réussi à me berner. Je cours presque sur le chemin du retour, la cape toujours sur moi, je n’ai plus froid maintenant. Je ne sais pas si je dois être content ou pas de ma trouvaille. Je suis sensé le détester, je vais lui dire de me laisser tranquille et d’arrêter avec ses fichus sentiments. Je vais lui jeter sa cape à la figure et le remettre plus bas que terre.

Il m’aime…

Je suis presque arrivé, je me délecte déjà de son air gêné et de ses grands yeux emplis de tendresse. Je vais me faire un plaisir de le remettre à sa place.

Il m’aime…

Je souris sans m’en apercevoir et j’entre essoufflé au château. Les élèves se trouvant au alentour me regardent étonnés mais je m’en moque, Potter est en face avec ses amis et je me dirige vers lui.

Je suis sûr qu’il m’aime…

Son regard ne lâche pas le mien au départ, puis il descend sur la cape que je porte. Il regarde au niveau de mon cœur et je me demande soudain s’il peut savoir à quel point il bat vite. J’espère que non. J’ouvre la bouche pour lui annoncer que je sais, mais sa voix étrangement moqueuse et froide retentit dans la grande salle.

-Pitié Malfoy, ne salit pas l’emblème de ma maison en le portant sur toi !

Il me regarde avec un véritable dégoût et je m’aperçois que j’ai gardé la cape, j’ai oublié de la retirer avant de rentrer et maintenant tous les élèves du coin ont les yeux fixés sur moi. Je me contente de rester planté là, alors que Weasley ricane et que Potter semble se désintéresser de moi. Ce n’est pas sa cape. Je me suis trompé. Ce n’est pas sa cape. Il ne m’aime pas. Ce n’est pas sa cape. Pourquoi ai-je si mal ?

Blaise me sort de ma torpeur en me tapant sur l’épaule. Je me tourne vers lui et acquiesce alors qu’il me demande si je veux aller dans notre salle commune. Avant de partir, je laisse glisser la cape sur le sol. Elle n’a plus aucune importance maintenant. Je vois Potter qui a les yeux fixés sur elle mais son air de dégoût a disparu. Il a juste l’air triste. Cela doit lui fendre le cœur que j’ai osé porter une cape appartenant à sa maison. Je devrais peut être expliquer à ce crétin que je ne l’ai pas contaminé, c’est plutôt le contraire. Enfin, il pense ce qu’il veut, je m’en moque. Je suis Blaise sans un mot avec juste cette étrange douleur dans la poitrine qui ne me quitte pas depuis que je suis rentré.

O0o0o0o0o0o0o

Mardi 16 décembre, couloir de Poudlard, 01h15

Deux semaines ! Deux putains de semaines que nous espionnons Potter en vain. Ce mec est un bloc. Aucune faille et je dois l’avouer une puissance phénoménale. Je ne croyais pas Potter si fort mais j’assiste incognito grâce à mon amulette à chacun de ses entraînements. Et je crois qu’en effet Voldemort à de quoi être anxieux. Jour après jour la puissance de Potter augmente. Ses entraînements sont de plus en plus durs, ils sont donnés par les professeurs de Poudlard, et ceux de Rogue sont sans conteste les plus sans pitié, à croire qu’il veut nous achever le survivant avant le Lord noir !

Encore un soir à regarder Potter parer des sorts et en jeter d’autres. Encore un soir à le voir au bord de l’épuisement et se relever tout de même et recommencer à parer, à attaquer, jusqu’à que le professeur estime que cela suffise pour la soirée. Ce n’est jamais Potter qui demande à arrêter. Pansy et Blaise comme chaque soir sont allés de coucher dès la fin de l’entraînement. Je vois l’inquiétude et le doute dans les yeux de Pansy chaque soir alors que Potter gagne en puissance. Hadès quant à lui, suit tout cela avec beaucoup d’intérêt mais il ne semble pas inquiet. « Potter est loin d’être aussi fort que le Maître, très loin même. » C’est ce qu’il me dit chaque soir et pour l’instant je sais qu’il a hélas raison.

Je reste devant la salle d’entraînement, Potter est encore dedans, je suis sorti en même temps que les autres mais comme chaque soir, je ne vais pas directement me coucher. Comme chaque soir, je vais le suivre jusqu’à l’entrée de sa salle commune, invisible et silencieux. Je vais le regarder dire le mot de passe et s’engouffrer dans cette salle où je ne peux pas aller. Et comme chaque soir je vais me demander ce qu’il fait une fois entré.

Est-ce qu’il monte directement dans son dortoir pour s’endormir comme une masse ? Est-ce qu’il reste à contempler le feu de sa salle commune, le regard un peu perdu, se demandant où tout cela va le mener ? Est-ce que ses amis la belette et la sang de bourbe l’attendent inquiets ? Est-ce qu’il a un petit copain qu’il embrasse en entrant ? Est-ce que c’est Crivey ? Est-ce qu’il lui fait l’amour contre un mur usant ses dernières forces de la journée pour quelque chose de moins sordide que ses entraînements ? Est-ce qu’il trouve le repos entre ses bras ? Est-ce qu’il est un peu heureux une fois derrière cette porte ?

Toutes ces questions ne trouveront jamais de réponses et je ne suis pas sûr d’en vouloir de toute façon. Je reste donc devant cette porte et je trouve que Potter met beaucoup de temps à sortir cette fois. Une peur étrange me prend aux tripes, j’enlève mon amulette et ouvre la porte.

Je respire beaucoup mieux une fois que je le vois. Il est tout simplement assis contre un mur, les jambes pliés et sa tête est baissée entre ses genoux. L’espace d’un instant j’ai imaginé que Potter avait peut-être tout laissé tomber et qu’il s’était…

Bref, j’ai eu tort et j’en suis soulagé. Je suis le seul à pouvoir mettre fin à ses jours ! Je ne laisserais personne le faire à ma place. Même pas le Seigneur des ténèbres.

Je vais pour faire demi-tour lorsque Potter lève ses yeux sur moi. Il parait étonné de me voir ici et il se hâte de se lever. Ne jamais se montrer en position de faiblesse ! Potter suit ses entraînements à la perfection, il a déjà un visage neutre, aucune émotion ne transparaît. Sans trop savoir pourquoi je suis blessé qu’il utilise les enseignements des professeurs contre moi, je ne le devrais pas, je sais pourtant que je suis son ennemi.

Je n’arrive pas à bouger, je ne sais pas pourquoi. Peut être est-ce à cause de ce regard trop vert, trop Pottérien… Je n’en sais rien, mais à ce moment, tous mes rêves érotiques me reviennent en tête et j’ai soudainement chaud. Cela fait deux semaines que je l’espionne, deux semaines que je le vois encore et encore. Deux semaines durant lesquels il a hanté mes nuits et mes jours. Deux semaines incroyablement longues où j’ai regardé ses lèvres en me demandant ce qu’il se serait passé si je ne l’avais pas repoussé. Deux semaines qu’à ma plus grande honte, je rêve de l’embrasser, de goûter à nouveau ses lèvres et de sentir mon cœur battre à nouveau comme un fou.

Je m’approche. Tant pis s’il s’agit de Potter, je suis un Malfoy. Tant pis s’il me déteste, je le déteste aussi. Et tant pis si demain je m’interne moi-même à Sainte-Mangouste pour avoir voulu cela, cette nuit je vais l’embrasser.

-Malfoy que fais-tu ici ? demande l’hypnotisante bouche de Potter assez froidement alors que je m’approche encore.

Je ne réponds rien et Potter reste stoïquement contre son mur. Il sursaute juste lorsque je mets mes mains de part et d’autre de sa tête, à plat contre le mur. Il ne peut pas m’échapper. Ses grands yeux verts bordés de cils noirs me regardent étonnés alors que je penche la tête légèrement. Ce n’est que lorsque que je sens son souffle précipité sur mes lèvres que je ferme doucement les yeux. Et mon cœur bat de nouveau à une vitesse incroyable alors que mes lèvres caressent les siennes et que je le sens me répondre…

Il a les lèvres douces et j’ai les jambes qui tremblent. J’appuis un peu plus mes lèvres sur les siennes, priant silencieusement pour en avoir plus, pour qu’il ouvre sa sublime bouche, pour le goûter plus intimement. Il gémit doucement, mais ce bruit est d’une intensité érotique qui me fait réagir de la plus primitive des manières. Tout en pestant contre les pantalons trop étroits, je le sens enfin ouvrir sa bouche et c’est à mon tour de gémir alors que je glisse ma langue dans cet antre chaud et doux. Il a un goût de vanille. Et lorsqu’il enroule sa langue lentement autour de la mienne nous frissonnons tous les deux. Je crois que le mot « embrasser » prend une autre signification pour moi. A cet instant, je voudrais que le temps s’arrête alors que je sens une de ses mains se poser sur ma nuque et son bras s’enrouler autour de ma taille pour me rapprocher encore plus de lui. Oui, je veux que le temps s’arrête et que les lèvres de Potter ne quittent jamais les miennes et que son corps touche enfin le mien…

A suivre…
 
 
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