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au 14 Sept. 17 :
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Violence
Par Fern
Les Méchants è_é  -  Angoisse
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    Chapitre 1     4 Reviews    
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La méchanceté, ce n'est qu'une question de point de vue.

 

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Les coups pleuvent. Une pluie qui devient déluge puis avalanche. J’arrête pas. Je continue à frapper jusqu’à ce que la peau des jointures de mes poings se déchire. A ce moment là, je stoppe. C’est pas ton sang qui me dégoute, c’est le mien. Le tien il me fait exulter.

Je me relève lentement. J’ai la tête qui tourne. Je suis presque en hypoglycémie. C’est toujours comme ça. La vague d’adrénaline qui m’a étreint quand je me suis jeté sur toi reflue. J’ai encore une fois dépensé trop d’énergie. En attendant que le ciel retourne en haut et le pavé en bas je m’appuie contre le mur de la ruelle. J’inspire. J’expire. J’inspire. La furie qui s’est emparée de moi s’est calmée.

Je prends alors le temps de te détailler.

T’es beau. Complètement désarticulé, les yeux clos. Du cramoisi perle au coin de tes lèvres. Tu es blême comme la lune.

J’aimerais rester là, à te regarder pendant des heures. Voir ta pommette rosir doucement  avant de passer à des teintes jaunâtres ou verdâtres. Et puis à terme la voir se parer un violet si sombre qu’il paraitra noir. Voir le sang sur ton ventre coaguler lentement, s’oxydant avec une odeur de rouille. Le voir sécher sur ton t-shirt. Je crois que je tuerais pour admirer ta grimace de douleur quand tu devras tirer dessus, alors que ta plaie aura cicatrisé. Tu seras obligé de rouvrir cette blessure. Tu auras beau savoir que briser la fine croute sera une torture, tu le feras quand même. Parce qu’un humain ne peut pas vivre avec un bout de tissu dans le ventre.

Tu t’infligeras toi-même de la souffrance. A cause de moi.

Cette idée me fait jubiler.

 

J’aime savoir que tu penseras à moi plus tard. Vous pensez tous à moi d’ailleurs. J’en suis certain.

Vous avez de multiples visages. Vous pouvez être arabes, black ou caucasiens, avoir un regard fuyant ou décidé, être maigre ou grassouillet. Vous êtes des hommes et je suis moi.

D’un coup d’œil dans le métro ou au ciné et je sais qu’il faut que je vous suive. C’est comme un  besoin viscéral,  irrépressible. Je vous épie et vous fixe lourdement pendant quelques jours. Je deviens une mouche. Un truc qui vous agace. Vous ne pouvez rien y faire. Je suis là sans être là. Je me fonds dans votre décor personnel. Je deviens une partie de la tapisserie de votre vie. Et quand vous ne vous étonnez plus de me voir, je frappe.

Vous ne vous y attendez pas. Vous avez beau faire de la muscu en salle trois fois par semaine ou aller courir le dimanche, votre corps vous lâche quand j’abas mon poing sur vos tempes.

C’est toujours comme ça.

Sauf toi. Toi, tu avais un autre air. Un port de tête altier voir un peu frimeur. Tu vrillais ton regard dédaigneux dans le mien. Sans t’en rendre compte, tu m’as mis au défi. Tu te croyais supérieur, inatteignable. Le commun des mortels ne pouvait espérer ne serais-ce que d’effleurer ta personne. Parce que tu vis dans l’hyper centre et que tu achètes tes fringues dans des magasins branchés, tu penses creuser un fossé si grand que ceux qui se risquent à le franchir se retrouvent écrasés en bas. Evidemment, ça m’a piqué au vif. Je devais te faire ravaler ta fierté. Personne ne me dicte quoi que ce soit. J’ai envie de t’atteindre. Alors je le fais.

J’ai pris le temps de t’observer. Puis je me suis envolé vers toi. Et t’es atterri dessus comme un aigle sur son lièvre.

T’as bien essayé de te défendre, de riposter. T’es le premier qui réussit à avoir les couilles de le faire. D’ordinaire, vous êtes si surpris et décontenancés que vous ne réagissez pas, les yeux écarquillés et la bouche ouverte dans un effroi silencieux. Mais sous mes coups, ta jolie assurance s’est fendillée avant de tomber en miettes à mes pieds. Tu es redevenu un corps presque anonyme.

J’ai repris mon ouvrage. Déversant mon trop plein intérieur sur toi. On m’a dit que je devais m’extérioriser. Ne plus garder tout pour moi. Alors je fais mon bon élève et m’exécute. J’extériorise. La vague à l’intérieur de moi qui enfle depuis des jours s’enfuie par toutes les fibres de mon corps. Tu es le Singapour de mon tsunami.

 

Il parait que je pourrais être beau. Sans mes joues creuses et mon regard fou. Mes colocs me le disent. Silvia me le dit. Silvia… ça devrait me vexer que ma copine ne me trouve pas « beau ». Je suis sur que c’est le genre de truc que tu n’aimerais pas toi. Tu l’aurais jarter de ta vie. Mais tu vois, moi je m’en fiche. Elle n’est pas belle non plus, avec sa peau cireuse, de la même couleur que les clopes qu’elle fume à longueur de journée, ses ongles manucurés et ses jambes trop courtes. Je devrais l’aimer. Elle aime bien regarder des films sortis de nulle part, elle est un bon coup et le plus important, elle ne s’immisce pas dans mes affaires. Je pense que j’étais amoureux au départ.

Ma respiration se calme peu à peu. De bruyante elle devient silencieuse. Je fais bouger mes doigts. Mes poings étaient tellement serrés que faire ce simple mouvement me fait souffrir. Je me fiche de la douleur. C’est quelque chose de tellement présent dans une existence que l’on finit par ne plus y prêter la moindre intention. A la grimace qui s’étend sur ton visage meurtri, j’imagine que tu n’as pas encore intégré cette leçon de vie.

Je suis ravi d’avoir pu être ton professeur.

Tu sais, il parait que ça n’est pas normal. De vouloir connaitre un être humain aussi intimement par le contact physique, quel qu’il soit. Enfin, c’est un truc que j’ai retenu du psychiatre que j’allais voir en primaire. Ça date. Il parlait de réciprocité aussi je crois. Un consentement mutuel.

J’ai jamais trouvé ça nulle part. On m’avait conseillé la boxe. Une connerie monumentale. C’est tellement aseptisé. Les coups sont étouffés, atténués par les gants comme un cri dans une cellule capitonnée. J’avais vite arrêté. Dans un combat de boxe, rien ne reste. Pas de couleurs chatoyantes sur la peau.

J’avais besoin d’authentique. J’ai besoin d’authentique. L’art c’est un truc qui a une certaine forme de pureté. On peut pas y mettre de chaine au risque de tout rater. Quand l’inspiration croit à l’intérieur de soi, c’est quelque chose de fort. D’irrépressible même.

Faut que ça sorte.

Pour le dessinateur, c’est sous la forme de croquis furieux esquissés sur un petit carnet abimé. Pour le compositeur, c’est sous la forme de discrètes pulsations sur sa table et de sons silencieux murmurés pour lui-même.

Pour moi c’est sous la forme de coups à votre encontre.

C’est pour ça que je vous cherche.

Mes années de thérapies m’ont été utiles sur ce point. Parler m’a permis de comprendre ce qui se tramait dans ma tête. Et surtout d’agir en conséquence. Avant, je tournais comme un lion en cage, me débattant contre un ennemi invisible. Je m’arrachais les cheveux, partais dans des crises incontrôlées où je terminais à terre, me tordant comme pour fuir quelque chose d’inconnu. Je pleurais. Mes yeux étaient constamment creux. J’étais une plaie à ciel ouvert.

Une plaie que je ne maitrisais pas, qui restait dans l’état, comme un champ en jachère. Je ne maitrisais pas mon corps. Je n’étais pas celui que je voulais être et ça me rongeait complètement. D’après le docteur, je voulais même que ça me ronge de telle sorte que mon physique en soi modulé. Je m’en rendais pas vraiment compte. Je voulais changer vite. Beaucoup plus vite que la croissance normale. Je voulais un corps arc en ciel et qui aie autant d’aspérités qu’une peinture à l’huile.

Je voulais agir sur le monde.

Le changer et le magnifier, même pour un si court instant.

 

Dans un des journaux gratuits qu’ils distribuent le matin devant le métro, ils expliquaient que toucher un individu sans raison apparente, c’est de la violence gratuite.

Violence gratuite. Ça ne veut rien dire. Tu as déjà entendu parler de violence payante toi ? A tes chemises bien proprettes je suis persuadé que tu es en école de commerce, tu dois être calé en la matière. Enfin, j’imagine que jamais un mec a décrété « tiens, je vais ouvrir une entreprise. Concept simple : un coup de pied dans le tibia dix euros, dans le pif, trente. Supplément hématomes garantis : plus sept euros et cinquante centimes. »

Si je bossais dans un tel truc je serais milliardaire. Rien que toi, tu en aurais pour une joli petite facture. A vu de nez quatre vingt dix – cent euros. Quoique, si tu as une cote cassé il faudrait majorer ça. Ça te couterait presque un bras haha !

Mais je ne pourrais pas travailler dans le but simpliste et cruel de faire mal aux gens. Non. Moi je me place plutôt du coté de l’artiste. Je crée des œuvres éphémères. Les bleus se résorbent, les plaies se referment. Un être vivant est en perpétuel mouvement. Et vous devenez les modèles de mon imagination.

Vous êtes comme des sculptures de glaces, on a beau vous modeler, vous sublimer, vous transformer, à la fin tout revient comme avant.

C’est se battre contre des moulins à vents.

Qu’importe. Au moins je me sens vivant. Intensément vivant. J’imprime mon empreinte sur le monde extérieur. Et surtout dans vos pensées intérieures. Vous ne m’oubliez pas. Marquage au fer rouge invisible. J’existe en chacun d’entre vous. Dans tes yeux affolés, je sais que j’ai raison. J’atteins le but ultime de l’homme. L’omniprésence. Je suis partout.

Je me rapproche de toi. Tu halètes et n’arrive pas à reprendre ton souffle. Tu es paralysé. Par ma présence. Mon être se remplit d’une fierté sans nom. Je m’accroupis à ton niveau. Quand ma main se rapproche de ton visage tu tentes dans une vaine tentative de te dégager. Tu n’arrives pas. Tu as la force physique pour le faire pourtant.

Tes yeux se ferment quand mes doigts se posent sur ta tempe. Tu attends la suite dans silence résigné. La naissance de tes cheveux a été éclaboussée de sang. Il a coagulé et plaqué tes petites mèches contre ton crâne. C’est dommage, parce que tes cheveux semblent doux. Je t’effleure lentement. Ton front. Tes pommettes. Tu as un visage bien dessiné. Sans artifices. Mille fois plus beau que celui de Silvia. Une dernière caresse sur ta peau meurtrie et je me relève.

Je quitte la petite ruelle sans un regard en arrière. Je retourne dans le monde de tous jours, je vais marcher en silence, user mes fonds de jeans sur une chaise inconfortable pour un stage minable non rémunéré, sortir boire un café avec les colocs en terrasse pour profiter des derniers rayons du soleil d’octobre, m’endormir tard après avoir étreint Silvia sauvagement. Je vais retrouver mes habitudes.

Toi tu vas rester là hagard. Et tu quitteras cette ruelle transformé. Tu rentreras chez toi sous les regards méfiants des passants et tu panseras tes plaies. Tu vas tout remettre en question, ta vie tes peurs. Tu vas surement déposer une plainte au commissariat du coin. Mais je suis trop banal pour que ton signalement puisse donner quelque chose. Mes traits seront gravés en toi, sans que tu arrives à les retranscrire correctement. Les blessures physiques disparaitront, ta peau violacée retrouvera sa couleur pâle. Mais les autres, les plus profondes, celle qui sont imprimées au fer rouge dans ton esprit resteront. Tu iras surement chez l’un des psychanalystes les plus prisés de la ville, pour tenter de me sortir de ta tête. Ça ne marchera pas. Tu reprendras confiance en toi et en le genre humain. Mais moi je serais toujours là. Petit fantôme de tes pensées.

Tu ne m’oublieras jamais.

C’est le plus important.

 

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Voila. C'est la première fois que je publie ici, donc j'espère que je n'ai pas fait de bétises. En tout cas, ce concours m'a bien inspiré, même si j'aurais aimé réussir à faire un texte plus lourd... Plus malsain. Qu'importe. Mon personnage est fou, malade. Un méchant inconscient. Il me plait bien haha

 
     
     
 
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